TÉLÉ / DANS LE PIÈGE DES ÉMISSIONS DE DÉBAT (NICOLAS FRAMONT)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
c'est un média tout entier voué à un combat la bataille culturelle contre la bourgeoisie ces mots ces arguments ces raisonnements et son pouvoir son nom frustration magazine son rédacteur en chef Nicolas Framont et désormais connu sur Twitter pour ses messages organisés en plusieurs postes dans l'objectif avoué de diffuser des armes de combat contre les éléments de langage du pouvoir du monde de l'argent et des médias mainstream en cette fin d'année frustration qui aujourd'hui surtout en une revue en ligne sort une édition papier un beau cadeau de Noël en perspective donc à mettre sous le sapin pour pousser à la discussion autour de la dinde un bel objet que je tiens entre les mains et dont la couverture est riche en mots clés comme bourgeois patriarcat prolo révolution CAC 40 etc et dans cette édition papier les mots les discours le langage est bas ils sont partout et ce sont ces thématiques que je voudrais aborder aujourd'hui avec notre camarades Nicolas Framont qui a mes côtés bonjour Nicolas bonjour Théophile il y a de nombreux articles de belles illustrations et même des jeux façon magazine télé ou magazine féminin dit féminin en tout cas on feuilletera tout ça ensemble au cours de cette discussion mais dans un premier temps je voudrais qu'on se focalise sur une mini BD incluse dans ce numéro spécial donc une BD dont tu es le personnage principal et qui raconte les coulisses des émissions de débat à la télécommande pourrais-tu nous pitcher cette BD en fait cette BD elle part d'un article que j'avais écrit qui était un article témoignage qui racontait comment pendant quelques années j'ai pas fait ça très régulièrement mais assez souvent je suis allé sur des plateaux de Public Sénat ou de France Info c'est à dire ce qu'on appelle les émissions dites de débat ou bah en fait on connaît tous ce format d'émission un des invités sont là on sait pas trop pourquoi mais bon ils vont discuter d'un sujet d'actualité il y a une sorte de ping-pong verbal qui se joue entre eux et il s'agit de défendre certaines certains arguments certaines de ses idées sans qu'elles aient l'air d'être de ses propres idées politiques en fait et dans cet article ce que j'essaie d'exposer c'est un peu parce qu'il se passe dans les coulisses de ces émissions là comment déjà on se retrouve à y être invité parce que souvent on se demande mais pourquoi ces gens sont là bah j'essaie d'expliquer dans cet article du coup est repris en bande dessinée bah ce qui se passe en fait chez les journalistes et les programmateurs des missions de débat en fait ils ont des bons clients ils ont des gens qui passent pour ça qu'on voit tout le temps les mêmes des gens qui savent qui sont plutôt bons en rhétorique qui sont des gens qui ont un avis à peu près surtout qu'on peut appeler du jour au lendemain voire trois heures à l'avance parce que c'est des gens qui sont très disponibles pour faire ça qui sont déjà dans le taxi qui sont prêts à venir c'est une expression être déjà dans le taxi quand on parle des intervenants des plateaux territoires compte comment déjà à la base ces fameux bons clients des plateaux télé sont sélectionnés sur des critères d'abord territoriaux ensuite sur leur capacités tu l'as dit à se rendre disponible et comment finalement il circule entre les différents plateaux par le bouche à oreille le téléphone etc exactement donc dans la bande dessinée qui a été réalisée par Antoine glorieux et Rob c'est en fait ce qu'ils arrivent à montrer de façon assez drôle c'est comment il y a un phénomène de de relais entre les journalistes programmateurs qui sont des gens qui ont un rythme de travail en fait aussi très soutenu c'est-à-dire que ils doivent organisé en gros un débat tous les jours donc en fait il en faut des gens qui puissent appeler et il se les recommandent entre eux donc en fait si vous voyez quelqu'un a une émission et que ça marche bien et ben en fait il y a des chances qu'on vous rappelle pour les missions suivantes parce que vous êtes le bon client et puis surtout le paramètre territorial joue c'est d'habiter à Paris ou en proche banlieue parce que il faut pouvoir arriver très vite en taxi sur une de ses émissions donc déjà il y a un premier prix que géographique c'est comment les invités sont sélectionnées ce sont des Parisiens et ça c'est Paris sur des émissions qui sont censés être nationales puis le deuxième prisme c'est le prisme social c'est qu'en fait les gens qui sont invités sur ces émissions de débat c'est des gens qui ont le temps qui sont même préparés pour ça qui souvent en fait sont responsables d'un quelconque fine tank ou d'une fondation et en fait leur fonction est d'inonder les émissions de débat de leurs idées sous couvert de faire de l'information et ça c'est la troisième chose on parle vraiment cette BD c'est en fait l'hypocrisie des émissions de débat c'est qu'on fait passer des gens pour expert pour neutre pour rayon simplement un avis voilà dans le ciel des idées alors qu'en réalité en fait ce sont bien des tendances politiques qui sont montrées et certaines qui ne sont pas montrés et moi ayant un carnet du coup la tendance politique de gauche voir d'extrême gauche j'ai vu comment en fait dans le cadre des émissions de débat c'est très compliqué de ne serait-ce que pouvoir donner certaines idées de pouvoir dire certaines idées il y a des choses et ce qu'on essaie d'expliquer dans la BD il y a des choses qu'on a pas droit de dire on n'a pas droit de parler de bourgeoisie on n'a pas le droit de parler de capitalisme on doit rester dans les cadres du débat socialement acceptable dans ces émissions et puis justement tu parlais des Ting tanks des des groupes de travail de tous ces fondations qui quelque part elles sont financées par les mêmes les mêmes fortunes que les médias et puis d'une certaine manière il y a beaucoup plus de Ting tanks par exemple une idéologie néolibérale que de Ting tank qui qui professe une idéologie mar par exemple exactement la bourgeoisie elle a une puissance de frappe non seulement dans le fait qu'elle possède une partie de ces médias mais même quand elle ne lui possède pas je pense aux médias de service public type France Info en fait la bourgeoisie envoie ses propres émissaires et les fondations effectivement souvent on se retrouve un peu avec des jeunes premiers à nœud papillon ou en cravate qui viennent sur ces plateaux et qui déroulent leurs pensées au nom d'un film tant qu'on prend même pas la peine de présenter mais souvent le film tank en question comme la plupart des films tanks sont financés par des grands mécènes donc en fait la bourgeoisie son temps de parole il est doublé triplés quadruplé dans ses émissions là sous couvert encore une fois d'avoir simplement une discussion entre gens éduqués ça c'était une programmatise une programmatrice d'émission débat qui m'avait dit ça récemment elle me disait c'est une discussion entre gens éduqués on voit bien derrière tout ce qu'il y a de classe derrière c'est à dire qu'on veut des gens éduquer sous-entendus bien comme il faut qui sont capables de respecter ces cadres idéologiques très implicites mais très présent de ce qui les convenu convenable de dire alors tu racontes également comment nous avons et après le plateau une sorte de sociabilité secret et exclue d'une certaine manière les intrus les intrus optimaux de la bourgeoisie et de la sous bourgeoisie comme vous le spécifiez dans le papier qui sont les bourgeois qui est aussi très intéressant mais dont on ne parlera pas parce qu'on avait déjà évoqué cette thématique de l'émission en précédente que qu'on a vu tout le monde à lire donc c'est comment tu arrives avant d'arriver sur le plateau de télé était dans un saste et d'un hall et puis tu rencontres tes tes codes batteurs et quelque chose se joue dès ce moment-là le talent de la BD le talent d'Antoine glorieux dans cette BD c'est d'avoir réussi à montrer la gêne les situations un peu un peu comique mais en fait très gênante quand on n'est pas du tout de ce milieu là par exemple quand on n'est pas parisien comme moi ou qu'on n'a pas l'habitude de ça ben on se retrouve dans un univers social extrêmement hostile en fait ce sont des gens qui se connaissent ils se sont vu généralement sur le plateau de la veille au soir donc en fait il continue leur conversation et toi tu arrives là-dessus comme un cheveu sur la soupe avec des gens qui sont habillés évidemment d'une certaine façon c'est à dire avec un SMIC sur eux et puis qui en fait évolue dans même au moins un SMIC et qui évolue dans les mêmes petits cercles et donc oui il y a un entre soi très très fort qui se joue là dans ces petits salons on attend son tour pour passer sur le plateau et donc ces gens se connaissent voilà et donc en fait effectivement quand non seulement on n'a pas les mêmes idées que mais qu'on fait pas partie du même milieu que bah on est regardé avec une sorte de de surprise voir un peu de pitié donc c'est voilà c'est une expérience sociologique un peu anthropologique alors évidemment moi je viens en plus peut-être tant que rédacteur en chef de frustration magazine donc rien que le nom frustration bah quand on est bien né et que tout va bien dans sa vie c'est un nom qui déplaît généralement ce qui est pas le cas pour les autres et donc forcément on passe un peu pour pour la bête curieuse donc pour venir dans ces émissions de débat parce que souvent pour que cette BD je pense qu'elle explique un truc c'est quand on monte on me dit il faut faire plus d'émissions comme ça faut aller diffuser dans ses émissions moi je dis toujours oui mais il y a un coup à ça bon déjà un coup financier il faut avoir du temps faut avoir de l'argent faut pouvoir monter à Paris comme ça etc et puis aussi il faut être fort quoi d'ailleurs faut arriver dans cet endroit faut tenir ses positions il faut réussir à vous voulez ces idées malgré le ce cadre idéologique hyper contraint ou ce que la BD raconte aussi bah vous pouvez être vite recadré par l'entourage si vous dites pas les choses comme il faut justement le personnage Nicolas alors je sais pas si c'est un personnage à moitié fonctionnel ben la solution qu'il trouve dans ce contexte un peu hostile c'est d'aller se cacher dans les toilettes en attendant le début de l'émission et c'est un moment de comique assez assez particulier dans dans cette BD et ben oui je l'ai fait plusieurs fois j'avais raconté ce passage quand j'allais à l'émission les informer de France Info alors qui parle très qui partent très mal son nom j'essaie de montrer ben les gens sont pas informés ils font que faire des plateaux ils ont eu les journaux vite fait et ils ont une petite idée sur la question mais ils sont pas des gens informés et donc bah dans ce typiquement dans cette configuration il y a un petit salon on doit discuter avec des gens qui sont mes opposés quoi c'est à dire je sais pas le réacteur en chef adjoint de challenge un journaliste une journaliste de droite du Parisien que dont l'obsession c'est l'islam et vous devez avoir et ça c'est fait partie du code de l'émission débat en fait il faut qu'on s'entende bien on n'est pas censé être dans l'adversité voilà il faut c'est une petite causerie comme il faut donc forcément si vous vous arrivez avec des idées très différentes et que vous aimez pas ces gens parce qu'en fait moi je les aime pas clairement c'est que je combats bah moi j'ai pas envie d'avoir une petite causerie entre amis avec eux autour d'un petit café à se raconter les où ils vont où ils vont aller à leur prochaine vacances alors aussi une sorte de fausses équilibre dans le débat déjà parce que en terme numérique l'équilibre n'y est pas vraiment même si il y a des Russes pour donner l'impression qu'il existe il y a aussi le le l'arbitrage du présentateur ou de la présentatrice qui peut disant faire pencher la balance d'un certain côté il peut y avoir des mini coups de pression y compris dans le langage corporel c'est aussi ce que raconte cette BD exactement ça c'est quelque chose qu'on voit pas souvent quand on regarde la télé on le voit en plateau on le sent mais effectivement l'image télé donne quelque chose de différent on voit moins il y a des choses ils disent des à côté qu'on voit pas donc souvent moi ça m'arrive de dire oh là là c'était super dur je me suis fait bâcher tout le long et des gens me disent non non ça c'est pas vu du tout mais parce qu'en fait c'est des petits trucs c'est des raclements de gorge des airs étonnés etc quand on commence à sortir du cadre acceptable par exemple quand je parle de la bourgeoisie qui est une réalité scientifique un labourgeois existe une classe sociale qui a des intérêts etc mais ça fait pas du tout partie de ce qu'il est permis de dire on est censé parler de la population de l'intérêt général de la République française des Français les Français pensent que etc dès que vous mettez de la classe sociale là-dedans bah les gens font des gros yeux vous regardent comme si vous étiez un peu un peu fou fou etc ou on le montre dans la BD aussi vont m'appeler systématiquement jeune homme pour décrédibiliser mon point de vue ça on voit que c'est fait aussi notamment beaucoup plus à l'égard des femmes par exemple qui elles se font encore plus décrédibilisés au point de vue par la façon dont elles sont interpellée bon moi c'était par rapport à mon âge alors que bon je sais plus si jeune que ça mais il y a ce truc de dire quelque part me renvoyer une sorte de colère adolescente c'est une façon évidemment de délégitimer mon propos alors tu dis qu'une des règles tacite c'est de ne jamais évoquer les intérêts matériels de vos contradicteurs au-delà donc des classes sociales pointer en contradicteur en lui disant forcément vous défendez tel opinion parce que vous êtes dans votre dépendant de telles sources de revenus ou bien vous êtes vous profitez de telles mesures fiscales par exemple ça se fait pas et oui en fait bah moi forcément c'est très mal élevé évidemment en fait toute l'illusion c'est de faire croire comme si tous les gens autour de la table n'avaient pas d'intérêt il n'avait pas de point de vue idéologique ils font tous comme s'ils étaient neutres sa première mensonge et deuxième mensonge ils font comme si ils étaient n'importe qui or pas comme je l'ai dit il y a des filtres géographiques et des filtres social qui fait qu'on a plutôt à faire à des Parisiens aisés et donc moi je trouve ça choquant d'avoir ces Parisiens aisés autour d'une table qui parle de pourquoi il faut pas augmenter le SMIC en fait c'est complètement indécent parce qu'en fait ils sont pas du tout concernés je pense qu'ils connaissent personne de concerner et pourtant il se permettent d'en parler et donc ce qu'on raconte dans la BD et ce que je racontais dans le témoignage c'est comment bah la seule fois où je l'ai fait c'est à dire d'interpeller quelqu'un en disant vous donc c'était Mathieu Kassovitz sur le plateau de Frédéric Taddei qui donnait des leçons aux gilets jaunes à l'époque c'était les gilets jaunes qui dit gilets jaunes il devrait faire ce site devrait faire [Musique] [Musique] malgré tout à surnager dans cette alors je sais pas si on va dire une piscine ou bien un océan mais en tout cas dans cet univers là tu parles notamment de Anastasie de de David Guiraud finalement est-ce qu'il y a des secrets pour pouvoir y aller sans se faire noyer je dirais ça fait un peu développement personnel mais un des secrets déjà c'est l'assurance l'assurance de pourquoi on est là il faut quand même être vraiment sûr de ces positions faut vraiment y aller en sachant que on est un intrus dans le dispositif mais on assume donc faut être soutenu il faut être soutenu par son entourage faut bien préparer les choses avant pour ça je dis que ça retient du temps en fait il faut y aller un peu en bande organisée faut avoir des gens qui moi quand quelqu'un m'accompagne par exemple ça m'aide parce que du coup dans la petite causerie de salon ben moi je suis avec quelqu'un comme moi donc ça c'est une des premières choses après il y a un subtil dosage c'est à dire que faut rester le bon client tout en ou tout en développant les idées qui ne sont pas permise parce qu'en fait la réalité c'est que si tu dis les choses choses trop clairement trop abruptement tu ne seras pas réinvité tout simplement parce qu'en fait ces programmateurs ils sont pas faux quelque part disons la masse bien élevée t'en voudras même si elle partage elle peut partager ta colère à certains moments mais en fait finalement on va dire que tu es sorti de tes gonds que tu t'es trop énervé et cetera c'est quelque chose par exemple qui arrive à une de nos collègues qui participe c'est Hanouna et en fait bon il a dit oui vous étiez trop virulent donc effectivement peut-être que par pur praxis il faut doser bah il faut s'adapter aux dispositifs malheureusement et donc il faut effectivement rester calme il faut être tout le temps souriant faut maintenir la bonne ambiance en fait c'est programmateur essayez de mettre une bonne ambiance ils adorent dire qu'ils ont une sorte de bande de potes et que on discute entre entre copains en quelque sorte donc faut quand même rester le bon copain faut être le bon copain d'extrême gauche mais ça c'est très compliqué à faire parce que ça demande énormément de patience de retenue et voilà quand quand comme moi ou d'autres vous avez des colères sociales en vous c'est très dur de rester conforme aux dispositifs de rester calme en disant l'important c'est que je délivre le message et tant pis si je dois me rogner un petit peu donc en fait sociologiquement et politiquement il y a un travail sur soi à faire qui est pas évident mais voilà qu'il faut sans doute mener effectivement si on veut participer à ces dispositif là sachant que finalement ce n'est pas toute la vie parce que vous écrivez je crois que les émissions les chaînes de télé tout info c'est à peu près 2 % 3% de part de marché c'est pas tout le spectre médiatique exactement je pense qu'on a tendance notamment via les réseaux sociaux les séquences sont ensuite beaucoup repartagées sur les réseaux sociaux là en fait que la force revient voilà et donc c'est pour ça d'ailleurs l'outil pour moi c'est ça faut aller dans ces émissions pour faire une super séquence et qu'ensuite elle soit sur les réseaux sociaux l'émission en elle-même elle est pas si regarder que ça c'est même cnews en termes de part d'audience c'est pas si énorme non c'est dans les émissions de débat qu'on partage sur Twitter en disant mon dieu c'est infuse une idéologie d'extrême droite il faut quand même relativiser faut voir que les gens qui regardent des émissions débat c'est plutôt une population âgée et donc en fait faut pas être sur investir la victoire Emmanuel Macron 2017 et en 2022 alors il n'y a pas que ce sujet dans ce numéro spécial vraiment très plaisant de frustration magazine il y a un autre sujet un autre chant culturel que en aucun autre auteur des friches c'est le champ culturel du cinéma en fait frustration traque le poison bourgeois si on peut dire dans le cinéma et parle du bourgeois gay c'est comme on peut parler du mal qui est d'abord c'est quoi le malgae c'est quoi le bourgeois gays et pourquoi vous considérez que le cinéma notamment le cinéma français à quelque chose d'intéressant bourgeois alors ça c'est une super théorie ou un regard qui a été développé par Rob grims qui est le rédacteur en chef adjoint de frustration on s'est dit bon on veut parler de des billets sociaux qui a dans le cinéma c'est à dire qu'en fait on avait cette impression comme plein de gens que bah il y a beaucoup de films qui finalement développent le point de vue plutôt de la bourgeoisie qui met plutôt en scène des bourgeois et leur malheur c'est que en fait le créneau et qu'en fait les classes laborieuses elles sont mises en scène uniquement dans certains films qui sont labellisés cinéma social et qui ont une certaine façon de présenter les classes laborieuses souvent de façon un peu avec beaucoup de bateaux ou bien qui montrent une accumulation de malheur plutôt que de la résistance et donc robes ce qu'il a dit c'est bon il existe la théorie féministe développer le mail guys donc c'est le regard masculin donc le regard masculin c'est des films qui sont réalisés par des réalisateurs hommes et qui montrent finalement la société à travers le regard d'un homme donc notamment sur le corps des femmes donc les femmes vont être beaucoup plus mises en valeur comme objet par exemple plutôt que comme comme sujet et lui il a calqué ce voilà cette théorie sur la classe sociale en disant bah c'est le regard bourgeois qui s'exprime au cinéma parce que bah l'origine sociale des professions du cinéma c'est plutôt une origine bourgeoise un même très majoritairement c'est comme avec le journaliste d'ailleurs et du coup bah c'est plutôt des bourgeois qui vont avoir accès au financement pour faire des films et qui vont faire des films qui parlent de leur vision de la société de leurs problèmes de leur quartier de leur vie etc et du coup le reste des classes sociales est relativement absent du cinéma ou bien comme je disais quand il apparaît pas c'est pour faire des films qui sont très tristes très pathétiques très accablant et donc il déroule un certain nombre d'exemples là-dessus de comment ça se passe de comment ça se manifeste voilà c'est ça c'est un concept auquel on tient c'est se regard bourgeois et c'est qu'un exemple parmi d'autres parce qu'en réalité dans la production culturelle et médiatique en général le regard Bourgeois est omniprésent tout en ayant évidemment une revendication à l'universel c'est ça qui est terrible c'est qu'en plus c'est pas des films qui se disent c'est pas quand ils font la promo ils disent pas bah voilà j'ai voulu montrer des choses internes à ma classe sociale à la limite pourquoi pas non ils disent j'ai voulu montrer des choses sur la vie sur l'amour voilà sur les rapports humains ils disent pas sur les bourgeois alors c'est dans l'ADN de frustration de mâcher et de remâcher les concepts un article de ce numéro spécial est consacré justement à une thématique qui une des thématiques qui monte et qui structure désormais nos imaginaires c'est l'écologie il y a des raisons pour que cela soit ainsi mais vous parlez donc de l'écologie bourgeoise et pour frapper les esprits cette écologie bourgeoise elle détruit la planète alors que l'écologie a priori c'est pour préserver la planète c'est quoi l'écologie bourgeoise vue par frustration alors l'écologie bourgeoise donc on développe dans l'article un certain nombre de points qu'il a caractérise j'en citerai plusieurs c'est par exemple toujours universaliser le problème on sait les études le monde Greenpeace le monde enfin les différentes assos montrent que bah la pollution ou la destruction de la planète est plus le fait de certains humains que d'autres elle est plus le fait des pays du Nord par exemple et au sein des pays du Nord les décideurs et ceux qui sont les plus gros pollueurs par leur décision et par leur patrimoine ce sont les plus riches mais l'écologie bourgeoise qui est très répandue elle elle dit c'est l'humain vous voyez il y a une sorte de romantisation de dire l'homme détruit la planète l'appétit d'accumulation de l'homme détruit la planète mais déjà ça sur le plan géographique c'est entièrement faux c'est l'homme européen c'est l'homme riche européen bourgeois qui a colonisé le reste de la planète et qui a imposé de force le modèle capitaliste effectivement c'est surtout un Chine que qu'on produit des du gaz à effet de serre aujourd'hui et oui parce que toute une partie des usines du capitalisme mondial se situent en Chine donc en fait bah on a aussi délocalisé toute une partie de notre notre pollution dans d'autres pays donc ça c'est une première chose c'est le fait de toujours il y a une responsabilité qui est située c'est à dire qu'il y a des gens qui ont plus de pouvoir que d'autres sur ce qui se passe et on fait comme si c'était l'homme en général avec un grand H puis deuxième chose c'est la dépolitisation en fait la dépolétisation c'est éliminer le conflit l'écologie si on veut faire un programme écologique et sauvé effectivement la planète bah il va falloir reconfigurer notre mode de production économique et donc certains risquent d'en souffrir à savoir la classe dominance si on veut faire les choses bien à l'écologie bourgeoise elle elle dépolitise elle dit c'est chacun dans notre coin qu'on va pouvoir faire l'effort ça c'est l'écologie des petits gestes c'est celle qui brille oui voilà les colibris chacun dans son coin peut à son échelle faire un effort on voit bien que c'est complètement faux parce qu'en fait les plus pauvres bah eux ils ont pas besoin de faire d'effort leur mode de vie est déjà beaucoup moins polluant parce qu'ils ont pas les moyens de le faire et puis ensuite ben on cite les différentes études même si chacun fait des petits gestes dans son coin ça suffit pas à résoudre le problème parce qu'en fait il y a la responsabilité des entreprises et la responsabilité des échanges commerciaux et c'est là-dessus qu'il faut travailler donc l'écologie bourgeoise elle dépolitise toutes ces questions et si on dit l'écologie bourgeoise détruit la planète c'est que on sait bien qu'on est dans un problème d'urgence actuellement et que ces discours saturent l'espace médiatique et du coup empêche d'avancer vers ce qui serait les réels solutions pour s'en sortir bah c'est la fin ou l'amendement très très fort et moi je dirais plutôt à la fin du système capitaliste alors la bourgeoisie salit tout si on suit le raisonnement de frustration y compris le féminisme et l'antiracisme selon vous bon vous parlez du coup du patriarcat c'est peut-être une manière d'articuler finalement la question féministe et le contexte global dans lequel les rapports entre les genres s'organisent quelque part oui il y a quelque chose de qu'on a voulu développer qu'on essaie de tenir dans frustration c'est que originellement on est un média qui parle vraiment de la lutte des classes des rapports de classe des rapports économiques et sociaux et il y a une petite musique à gauche qui est montée de dire bah ça c'est la ça c'est il y a l'anticapitalisme d'un côté et il y aurait les luttes sociétales de l'autre ce qui serait l'antiracisme et le féminisme et nous on est vraiment contre ce partage là pour nous il y a que des questions sociales parmi lesquelles les questions antiracistes et les questions féministes et la lutte des classes et tout ça s'articule parce que le capitalisme a toujours profité des autres modes de domination on dit intersectionnalité nous c'est pas un terme qu'on emploie mais en même temps il dit bien les choses c'est à dire que tout ça est imbriqué et le système capitaliste et la bourgeoisie s'est reposer sur les autres modes de domination pour asseoir son pouvoir le racisme par exemple a notamment été diffusé par la bourgeoisie dans ces dans des épisodes de colonisation pour justifier cette colonisation là et le sexisme participe également de la conservation de la société capitaliste parce que il fige les rapports de pouvoir en donnant une aux femmes une certaine fonction de reproduction de la vie du foyer et à l'homme la fonction de travailleur et puis le capitalisme aussi le grand patronat a toujours su aussi opposer homme et femme quand ça la rangée c'est à dire par exemple sous payer les femmes pour faire concurrence aux hommes jouer sur ces choses-là et donc en déjouant en déjouant le sexisme en déjouant le racisme et ben on contribue aussi à déjouer le capitalisme et c'est pour cela que vous refusez le principe de la hiérarchisation des luttes exactement parce qu'en réalité alors déjà il y a des gens ils sont plus spécialisés sur certaines luttes que d'autres et c'est normal mais surtout ces systèmes étant liés si ont une approche systémique et globale bah lutter contre le racisme c'est aussi lutter contre le capitalisme après faut éviter les raisonnements trophéoriques par exemple il y a tous ceux qui disent bah quand on aura aboli de capitalisme physiquement les dominations de genre et les dominations de race disparaîtront non évidemment c'est il y a des il y a des causes à poursuivre c'est pas parce qu'on vivra dans une société socialiste égalitaire que tout que voilà que d'un coup tous les problèmes seront résolus on évite de tomber là-dedans aussi merci Nicolas et merci pour ce numéro spécial de frustration le magazine de la lutte des classes un bel objet un magazine le magazine de la guerre des classes pardon un bel objet un magazine plaisant à lire qui va au fond des concepts sans perdre son côté ludique joyeux et un peu sale gosse on va dire c'est la vérité je l'ai dit au début je les redis ce serait un beau cadeau à mettre sous le sapin on rappelle justement quand cette fin d'année le média a besoin de celle et de ceux qui l'aiment nous sommes lancés dans notre campagne de fin d'année il nous faut mobiliser 200000 euros d'ici la fin de 2022 pour continuer nous sommes nous en sommes déjà 102.000 euros au moment où nous tournons merci à vous de nous porter merci de continuer d'efforts à connecter aux médias
Jean-Pierre Bataille