L'invité d'Apolline Matin : Prix des carburants, pouvoir d’achat… la colère des Français est-elle vraiment entendue par les politiques ? - 16/09
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- Auditeur 220 %
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Vous
écoutez RMC. Vous estimez, vous, que les Français ne sont plus écoutés ?
Tout le monde le sait. Pourquoi est-ce que l'extrême droite et l'extrême gauche, les gens sont à bout
?
Ils essayent de dire des choses et on a un système qui est complètement, complètement déconnecté. Et là, il
y
a une crise sociale qui atteint la substance du pays. C'est-à
-dire
que vous avez des gens qui ne peuvent plus se déplacer.
Vous
avez des maires, on a des maires au téléphone qui disent que nos services de cantine ne marchent pas.
Parce
que pour que ça marche, il faut qu
'il
y
ait
quelqu'un.
Et
si ce quelqu'un est dans le rouge à partir du 15 ou du 18 du mois, la carte bleue est coupée. Ils ne peuvent
plus
faire le plein,
ils ne
peuvent
plus venir en
voiture et donc,
techniquement,
la cantine est fermée.
Donc vous avez des conseils municipaux qui se réunissent et qui disent que c
'est
nos enfants. Donc on est en train de faire rentrer le pays dans quelque chose qu'il ne peut pas vivre. Donc comment est-ce qu'on fait remonter
face
à une technocratie qui est lunaire ? C'est-à-dire, on est dans des débats. Là, on parle des cantines. Oui,
on
parle de l'alimentation de nos enfants.
On parle de trucs extrêmement concrets. En fait, quand un pays ne peut plus se déplacer,
c
'est l'économie qui va s'effondrer,
qui
est en train de s'effondrer, et des services publics vitaux qui ne marchent plus. Alors nous, on a une solution pour que ça remonte, qui est simple. C'est pour ça que j'ai publié ce livre. On fait l'éloge d'un outil qu'on est en train de mettre en place qui s'appelle référendum citoyen,
qui
est une application qui marche sur une blockchain avec un système, une technologie zéro knowledge. Ça veut dire que vous vous identifiez comme français majeur, vous
ne
pouvez pas voter deux fois. C'est ce qu'on fait de mieux en matière de sécurité technologique, parce qu'il n
'y a
pas de fichier. Donc on ne peut pas être pillé. Et on demande aux Français, on leur pose des questions très précises. Là, il y
a
encore pour quelques jours une énorme question
sur
la question des certificats d'économie d'énergie.
Ce
sont ces 15 à 20 centimes qui ont été rajoutés par litre d'essence et qui abondent une sorte de fonds pour pouvoir financer la transition énergétique vers l'électrique. Et ce
ne sont pas des
taxes.
Ça ne va pas dans le budget de l'État. Ce qui veut dire que si on les suspend, le temps que cette crise passe,
ça
n'affecte pas le budget de l'État.
Et on gagnerait immédiatement
20 centimes.
Tout
de suite.
Lundi prochain, on peut baisser quasiment de 20 centimes.
Vous savez quoi ? Il y a Karim qui nous appelle. Karim et Mathieu qui sont déjà au 32-16. Karim d'abord, vous avez 36 ans. Vous vivez à la Fertémilon dans l'Aisne. Je crois que vous êtes technicien. Expliquez-nous votre situation. Vous non plus, vous ne pouvez plus vraiment vous déplacer ou ça vous coûte très très cher.
Oui, bonjour à tous. En fait, le souci,
c
'est qu'aujourd'hui, moi, je fais 75 kilomètres aller et 75 kilomètres retour pour me rendre sur mon lieu de travail et
à
mon domicile.
Et
aujourd'hui, ça devient très très compliqué. Donc, j'ai décidé d'être auto-entrepreneur dans le nettoyage. Mais au final, c'est une expérience qui ne va pas durer parce que je n'arrive plus à m'en sortir. Mon salaire part dans mes frais de logement, le crédit, mes frais d'essence surtout, parce que je suis à plus de 400 euros par mois d'essence. Donc là, aujourd'hui, je suis à la gorge. Je ne sais plus quoi faire. Je n'y arrive plus. Et là où je suis vraiment à mon... J'estime avoir un jeune âge. Je n'en peux plus.
Je ne sais plus quoi faire. Vous n'en pouvez plus.
Vous avez 36 ans et vous êtes dans une impasse.
Exactement. Et là où je voulais en venir, c'est qu'il
y
a quelques jours, il y avait un sujet sur votre antenne où on parlait de tout ce qui était auto-entrepreneur, les entreprises pour déclarer, etc., la facturation. Moi, aujourd'hui, ça n'est pas mon cas, mais je comprends aujourd'hui quand un auto-entrepreneur ne déclare pas tous ses revenus. Parce qu'aujourd'hui, on n'y arrive plus. Je ne dis pas qu'il faut le faire.
Mais
aujourd'hui, on se
pose
la question. Quand vous dites, Karim, ça ne va pas durer, ça veut dire quoi ? Vous cherchez du boulot par ailleurs ? Peut-être dans le salariat ? Qu'est-ce qui se passe ?
Le souci aujourd'hui, c'est que je travaille déjà pour une entreprise. Mais dans le même temps, comme je n'arrivais pas à m'en sortir, et j'ai ouvert une entreprise de nettoyage. C'est une entreprise de nettoyage classique de base vie, de chantier. Mais je n'y arrive pas. Mais
vous travaillez combien d'heures par jour,
Karim, du coup
? Aujourd'hui, je travaille 13 à 14 heures par jour.
13 à 14 heures
par jour et
vous ne vous en sortez pas ?
Je ne m'en sors pas, je ne vois pas mes enfants. Je suis constamment en vadrouille, je travaille le samedi. J'essaie de m'arranger avec mes clients en tant qu'auto-entrepreneur pour pouvoir intervenir l'autre dimanche parce que je n'y arrive pas. Et c'est un constat qui commence à me faire peur parce que je n
'ai
pas de perspective d'avenir, que ce soit pour
moi ou pour mes enfants. Ça arrange bien les
entreprises d'employer des auto-entrepreneurs.
Karim, merci de votre témoignage. Il est précieux et vraiment bon courage à vous. À 7h47, on sait que vous êtes déjà sur les routes pour ce travail. Je voudrais qu'Alexandre Jardin puisse réagir.
Alors là, d'urgence, moi ce que je demande aux gens, vous allez télécharger un référendum citoyen, vous votez là-dessus. Si vous pensez
que c'est important... Mais pardon
Alexandre Jardin, il y a des élections dans 6 mois.
Est-ce qu'à un moment, il ne faut pas
dire aux Français, écoutez, tentez de tenir le coup, il y a des élections et la vie démocratique vous permettra d'exprimer ou d'essayer de trouver un candidat
qui correspondra à vos doléances ?
Justement, nous ce qu'on propose,
c
'est un changement de système. On a un pays voisin qui est beaucoup plus cohérent que nous, qui est la Suisse. Les citoyens ne sont pas virés le soir de l'élection. Nous ne voulons pas que le peuple soit viré au mois de
mai. Pour vous, pardon Alexandre Jardin, les détuités n
'ont
pas de légitimité
?
Le principe de la démocratie représentative, c'est ça. On peut en parler, mais
il y a quand même trois siècles d'équilibre là-dessus. Honnêtement, est-ce que
ça fonctionne
?
Est-ce
que ça
règle les problèmes de Karim
?
Et vous pensez qu'aux États-Unis, où par exemple il y a beaucoup de référendums dans certains États, il n
'y a
pas de crise de la démocratie ? Je pense qu'en Suisse, ils règlent leurs problèmes. La Suisse,
c
'est un petit pays, et on sait bien que ce n
'est
pas un modèle qui est duplicable à l'infini dans des pays beaucoup plus grands.
Alors, moi je propose que plutôt que de vous répondre, je demande aux gens, à partir de la fin de la semaine, sur référendum citoyen,
on
va passer aux cartes d'identité. Jusqu'à présent, on ne pouvait voter qu'avec les passeports, pour des raisons techniques.
On
va passer aux cartes d'identité. Si vous voulez vivre, en gros, est-ce qu'au mois de mai, quand on va donner les clés à quelqu'un,
est
-ce qu'on garde un double des clés
?
Si on élit quelqu'un et qu'on reste un peuple qui a une capacité
décisionnelle... Ça veut dire quoi, garder un double des clés ?
Ça veut dire obtenir le droit de référendum d'initiative populaire.
Je voudrais que Mathieu puisse aussi prendre la parole.
Il
nous appelle de rang dans le Morbihan. Mathieu, vous êtes chauffeur routier. Vous voulez défendre votre pouvoir d'achat, mais vous nous avez écrit pour nous dire « Pour autant, je ne veux plus d'un mouvement comme les Gilets jaunes
». Ah
non,
non,
non, mais là, de ce que j'entends, c'est vrai que j'entends beaucoup de choses et j
'ai
l'impression que tout le monde a un peu déconnecté. Que ça soit, par exemple, l'exemple de Karim qui va étayer mon propos. Hier, Emmanuel Lechypre disait que 30% des Français vous disaient moins de 1800 euros et les 70% restants pouvaient aider les agriculteurs en mettant quelques centimes de plus. Karim, il se crève le cul 14 heures par jour. Il ne va pas pouvoir mettre quelques centimes de plus. Et je pense qu'il fait en sorte de gagner plus de 1800 euros.
Là, on nous dit « Mais attendre la prochaine élection, mais attendre la prochaine élection, on est en période électorale, on va avoir des belles paroles, tout le monde va vouloir défendre le pouvoir d'achat parce que là, c'est le sujet du moment. » Mais voilà, je pense que ce n'est pas défendable. Et les Gilets jaunes ont tué le système de...
Mais alors on fait quoi ? On fait quoi ? Mais on ne fait rien ? On
attend ? Non, non, je pense qu'il faut faire quelque chose. Mais là, je pense qu'on est dans une période où les Gilets jaunes ont tué le mouvement parce qu'à la fin, ils demandaient tout et n'importe quoi. Ça finissait en casse et tout. Moi, si je vais manifester, je n
'ai
pas envie d'être dans une manifestation, par exemple dans ma ville, où on va casser un commerce et que le gars, il
n'a
rien demandé. Et où
ça a basculé dans la radicalisation. C'est difficile. Merci beaucoup. Moi,
je n
'ai
pas envie de radicalisation.
Merci Mathieu. Merci Karim. Merci à tous les deux d'avoir réagi et d'avoir témoigné. Alexandre Jardin,
je
rappelle le titre de votre livre « Les gueux, le retour », sous édition Michel Laffont. Et effectivement, votre appel sur Internet pour ce référendum citoyen.