VIDEO. Arrêté anti-pesticides : "Quand il y a une obstination à ne pas vouloir changer, il faut saisir les tribunaux", estime Damien Carême
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous serez tout à l'heure dans les rues de Paris à la marche contre l'islamophobie ?
- 0:43RelanceÉludée
Vous l'aviez lu le texte, attentivement, avant de le signer ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Mais surtout, sur le fond, est-ce qu'il n'y a pas un problème avec cet appel à manifester, qui parle par exemple de lois liberticides à l'égard des musulmans ?
- 2:09ComplaisanteRéponse directe
Il n'y a pas d'autres questions autour de cette manifestation ?
- 2:14OuverteRéponse directe
L'islamophobie, ce n'est pas un terme qui vous pose problème.
- 2:59OuverteRéponse directe
Et puis, ça ajoute encore de la confusion sur la laïcité qui fait suite à plusieurs jours, plusieurs semaines, de débats politiques, parfois hystériques, autour de la question du port du voile.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:20Invité politiqueChiffre
« C'est quoi les quotas ? C'est des quotas sur la migration économique qui ne représentent que 12% de cette migration économique, de l'ensemble de la migration. »
- 5:30Invité politiqueChiffre
« Les dix dernières années, j'ai cherché les chiffres Eurostat, donc les chiffres fournis par les gouvernements. Sur les dix dernières années, on a accordé l'asile qu'à 123 000 personnes dans notre pays. »
- 6:36Invité politiqueChiffre
« Le nombre d'étrangers par rapport à la population française. Chiffre est devant nous, Malte est devant nous, la Suède est devant nous, l'Allemagne est devant nous. »
- 18:46Invité politiqueFait
« Moi-même, j'ai porté plainte il y a un an contre l'État pour son inaction en matière de lutte contre le changement climatique. Le dernier rapport du GIEC me donne raison puisqu'il dit que dans le triangle Dunkerque-Calais-Saint-Omer, 40 kilomètres, on sera sous l'eau en 2100, il y aura 300 000 déplacés. »
- 19:40Invité politiqueChiffre
« Non, on sait bien qu'il n'y a que 7% de ce qui est épandu qui arrive sur le sol là où on vise, et que le reste, ça part à l'extérieur. »
- 22:36Invité politiqueFait
« C'est quand même quelqu'un qui était à la tête d'une entreprise qui travaillait beaucoup avec l'Europe, qui bénéficiait de fonds européens derrière, et qui avait beaucoup de portefeuilles d'actions dans cette entreprise, qui les aurait revendues, à qui il les revend. »
Temps de parole
- Damien Carême54 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 214 %
- Présentateur 39 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Notre invité ce matin, Jean-Jérôme, est député européen Europe Écologie Les Verts et ex-maire de Grande-Sainte dans le Nord. Damien Carême, bonjour. Est-ce que vous serez tout à l'heure dans les rues de Paris à la marche contre l'islamophobie ?
J'aurais pu y être, enfin je souhaitais y être, mais j'ai retenu par des engagements familiaux pris il y a longtemps et malheureusement...
Sur le fond, vous êtes effectivement solidaire et pourtant, effectivement, il y a une confusion autour de textes, voire une polémique du texte qui appelait à manifester. Écoutez ce qu'en disait Yannick Jadot il y a quelques jours sur France Info.
Je ne valide pas l'ensemble du texte. Vous l'aviez lu le texte, attentivement, avant de le signer ? Je l'ai lu, il a très mal circulé ce texte, il faut le dire, de la façon dont il a été organisé, il a très très mal circulé. Donc vous ne l'avez pas bien lu ? Je ne l'ai pas, mais encore une fois, il y a une philosophie qui est d'alerter l'opinion publique sur le fait que nous avons un problème, au fond, de trouver la plaine et en tire-plein. Pour les musulmans dans la communauté nationale.
Donc d'abord, c'est un peu étrange, ces textes qu'on signe et qu'on ne lit pas. Il n'est pas le seul, François Ruffin dit un petit peu la même chose avec d'autres mots. Mais surtout, sur le fond, est-ce qu'il n'y a pas un problème avec cet appel à manifester, qui parle par exemple de lois liberticides à l'égard des musulmans ?
Oui, certes, il y a des choses dedans qui sont gênantes dans ce texte. Je suis attaché à la laïcité et aux textes qui ont été adoptés depuis, pour qu'on préserve cette laïcité qui est une avancée, je pense. Et voilà. Après, il peut y avoir des mots qui choquent. Sur le fond, je pense que la stigmatisation d'une certaine partie de la population est vraiment problématique. Mais en France, c'est ce qu'on vit régulièrement. Là, ce sont les musulmans. Mais il y a aussi les retraités nantis d'un certain nombre d'activités, etc. Donc, on est sur une fragmentation de la société. Et alors, les musulmans en France sont en ce moment victimes.
Il n'y a pas d'autres questions autour de cette manifestation ? Comme le slogan même, effectivement, la lutte contre l'islamophobie. L'islamophobie, ce n'est pas un terme qui vous pose problème. Et puis, certains signataires, le comité contre l'islamophobie.
Oui, encore une fois, mais il y a d'autres signataires dedans. Et l'intérêt, c'est quand même d'aller tous manifester. Et je pense que pour la majeure partie de la population, on va chercher un mot, on va chercher une phrase, on va chercher des personnes qui ont signé. Mais globalement, quand même, et le fond du problème est la lutte contre cette fragmentation et contre une mise à l'index d'une partie de la population française, complètement française et intégrée à la France. Et donc, voilà, c'est ce qui est révoltant aujourd'hui. Mais comme il y a un problème, parfois, avec les juifs aussi.
On en vient à se demander si cette manif était une bonne idée, finalement, parce que la gauche se fracasse un peu dessus, elle se divise. Et puis, ça ajoute encore de la confusion sur la laïcité qui fait suite à plusieurs jours, plusieurs semaines, de débats politiques, parfois hystériques, autour de la question du port du voile.
Mais le problème, c'est la manière dont on amène les débats en France. On le voit aussi sur le sujet de la migration. Ce ne sont pas des vrais, véritables sujets. On en fait à un moment, on sort à un endroit, quelque part, parce qu'il y a un élu RN dans un conseil régional, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui fait une réflexion. Oui, il n'avait pas à faire cette réflexion. Oui, il doit être condamné pour cette réflexion qu'il a fait. Mais du coup, ça devient...
C'est calculé, on en fait pour faire diversion, comme on dit certains ?
On ne parle que des thèses portées par l'extrême droite dans ce pays. La migration, l'islamophobie...
Mais qui ne parle que des thèses ? Soyez précis.
Le milieu politique, enfin... Le milieu politique, c'est qui le milieu politique ? Ah ben là, le gouvernement. D'accord. C'est le gouvernement. C'est lui qui impulse les choix de société qu'on met en avant. Donc c'est l'extrême droite qui alimenterait ce débat et qui donnerait le tempo, finalement, du débat politique ? Mais bien sûr. La migration, regardez dans le grand débat qui a suivi le révolte des Gilets jaunes, la migration n'était pas un thème qui était retenu en priorité, mais on en fait un thème qui arrive à l'Assemblée nationale, bien avant la lutte contre la pauvreté, et qui s'accentue, bien avant la fraude fiscale, qui a augmenté dans notre pays.
Damien Carême, donc vous êtes contre les mesures proposées par le gouvernement, que ce soit les quotas d'immigration économique, que ce soit la restriction dans l'accès aux soins ?
Mais bien sûr. C'est un épiphénomène. C'est quoi les quotas ? C'est des quotas sur la migration économique qui ne représentent que 12% de cette migration économique, de l'ensemble de la migration. C'est peanuts derrière. Et on sait que les problèmes de quotas, ça n'a jamais fonctionné. Encore une fois, il y a des titres de la presse que j'ai lus cette semaine, Nicolas Sarkozy en rêvait, Macron le fait. Et c'est quelque chose dont se réjouit aujourd'hui le Rassemblement National.
Mais du coup, le débat, il est un peu coincé finalement. Et vous, vous connaissez bien le problème de l'accueil des migrants, puisque, on le rappelle, vous avez été maire de Grande-Synthe dans le Nord, où il y a un campement qui a été plusieurs fois démantelé. On va y revenir. Mais du coup, quand le gouvernement se saisit de cette question de l'immigration, tout de suite, on dit, ah ben non, c'est électoraliste. Ah ben non, c'est populiste, c'est poujadiste. Du coup, quand est-ce qu'on en parle de ces questions à tête reposées ?
Mais moi, je suppose qu'il y a un débat, mais qu'on mette les vrais chiffres sur la table et qu'on n'en fasse pas. Mais là, il n'y a pas de débat. On annonce des mesures. Il n'y a pas de débat derrière. Regardez, par exemple, la conférence que donne François Héran, professeur au Collège de France. Et puis, regardons ce qu'est la migration.
Franchement, il y a quand même eu un débat à l'Assemblée Nationale. Certes, il y a duré quelques heures, oui.
Ben oui, il a duré une journée. Ce n'est pas comme ça qu'on fait un débat. C'est un débat qu'il faut avoir régulièrement. Mais je suis d'accord, moi, là-dessus. Mais qu'on donne la réalité de ce qu'est la migration en France, aujourd'hui. Les dix dernières années, j'ai cherché les chiffres Eurostat, donc les chiffres fournis par les gouvernements. Sur les dix dernières années, on a accordé l'asile qu'à 123 000 personnes dans notre pays. Donc, il n'y a pas de problème d'immigration en France. Mais non, il n'y a pas de problème d'immigration. On est capable d'accueillir ça. La sixième puissance économique du monde a capable d'accueillir ça.
Mais encore une fois, on n'est pas capable de bouillir. Parce que regardez, c'est démantèlement encore cette semaine à Paris. Mais c'est parce qu'on ne veut pas. À Paris, c'est 1 200 personnes qu'on a délogées.
Il y en a 500 à Calais, il y en a 700 à Nantes, il y en a quelques-uns. Voilà, c'est quelques milliers de personnes. Dans un pays de 60 millions de personnes, des solutions pérennes, et on en était à quel démantèlement ? Au 80e à Paris ?
Et ça va revenir derrière, ce n'est pas la solution. Quand Emmanuel Macron juge, d'après les chiffres 2018, plus de 120 000 demandes de droits d'asile, c'est-à-dire des chiffres qui continuent à augmenter et qui sont, selon l'exécutif, supérieurs à nos voisins, il a tort de s'en inquiéter.
Mais attendez, il est supérieur en valeur absolue. On n'est que le sixième en rapport, quand on met ça en rapport de la population. Le nombre d'étrangers par rapport à la population française. Chiffre est devant nous, Malte est devant nous, la Suède est devant nous, l'Allemagne est devant nous. Ils sont tous devant nous. On fait peur avec des chiffres. On agite des chiffres, mais on ne donne pas l'intégralité des chiffres et de l'analyse.
Du coup, ça vous fait taper dans le micro, Damien Carme, c'est pas grave. Vous restez avec nous, évidemment. On va continuer à parler de ce sujet et d'autres sur France Info, et notamment des municipales qui arrivent. Ce sera à suivre d'abord à 8h40. On refait un point sur l'info avec Yasmina Adilard. Suite des commémorations du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, des chefs d'État attendus en Allemagne dont Emmanuel Macron, le président de la République rencontrera Angela Merkel avant un dîner avec son homologue allemand. Un appel à manifester contre l'islamophobie. A Paris, le cortège partira à 13h, Gare du Nord, pour se diriger place de la Nation.
Des rassemblements également à Toulouse, Marseille ou encore à Avignon. Manifestations organisées après l'attaque d'une mosquée à Bayonne. Des rassemblements qui divisent la classe politique, notamment à cause de l'organisateur, le collectif contre l'islamophobie en France, accusé par certains d'être en lien avec les frères musulmans. Appel à manifester lancé dans une tribune, publié dans Libération, un texte critiqué, signé par une cinquantaine de personnalités. Déjà, 3 morts et 150 habitations détruites en Australie. Une centaine d'incendies ravagent le nord-est du pays. Les pompiers se disent inquiets. Ils évoquent des feux difficilement contrôlables.
La 13e journée de Ligue 1 de football. Victoire difficile hier pour le PSG de Buzyn face à Brest. Monaco vainqueur 1-0 face à Dijon. 0-0 entre Lille, Metz et Rince-Angers. A suivre dès 15h, Rennes, Amiens. A partir de 17h, Montpellier, Toulouse et Nantes, Saint-Etienne. Ce soir, Marseille reçoit Lyon. Coup d'envoi à 21h. France Info. Et tout est plus clair. Le 8.30 France Info avec le député européen Europe Écologie Les Verts, Damien Carême et Jean-Jérôme Bertolus. On en vient aux municipales avec d'abord une question simple. Faut-il interdire les listes communautaires comme le souhaite la droite ? Écoutez la réponse de Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur.
Il n'existe pas de liste communautaire. Personne ne se revendique ainsi. Et que le fait d'avoir une religion ne vous empêche pas de faire de la politique, y compris à des élections municipales. Par contre, si dans le cadre de ces campagnes, il y a le moindre acte, la moindre parole qui met en cause les fondements de la République, je serai le premier à les interdire.
Et pourtant, le ministre de l'Intérieur va recevoir mardi Bruno Rotaillot, le patron du groupe LR au Sénat, qui vient de déposer une proposition de loi pour interdire ses listes communautaires, Xavier Bertrand, le patron des Hauts-de-France, qui va dans le même sens. Est-ce que ces listes communautaires, c'est une réalité ? Est-ce qu'elles menacent la République ?
Écoutez, moi je n'en ai pas connu en 18 ans comme maire de ma ville, ni aux élections départementales, ni aux élections régionales. Alors, vous n'en avez pas vu non plus ? Dans mon coin, moi, dans mon agglomération, et je n'ai pas de souvenance d'avoir eu quelque chose.
Donc là aussi, c'est un faux débat pour vous ?
Oui, oui. Ça veut dire quoi une liste communautaire ? Ça veut dire une liste où il n'y a que des Blancs, une liste où il n'y a que des musulmans, une liste où il n'y a que des femmes ou des hommes. C'est quoi une liste communautaire derrière ? Qui défend quoi ? Effectivement, je pense, et je suis rarement d'accord avec Castaner, mais c'est les valeurs de la République. C'est qu'est-ce qu'on prône comme discours derrière qui doit être mis en avant.
Alors, les municipales font suite à un autre scrutin qui vous a plutôt réussi. Les européennes, au mois de juin, plus de 13% pour Europe Écologie des Verts au niveau national. Comment concrétiser ce score lors des municipales, en sachant que c'est un scrutin très particulier ? Vous en avez vous-même été l'acteur. Ou finalement, l'étiquette politique, parfois, compte peu ?
Oui, vous l'avez dit, c'est l'étiquette politique. Donc, ça va être les programmes qui vont être mis en avant, qui vont compter. Et je pense qu'il y a une telle urgence aujourd'hui, sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan social, que c'est les programmes qui vont être présentés aux électeurs, qui vont compter. Et parfois, ça sera peut-être Europe Écologie les Verts tout seuls, qui vont porter un programme. Parfois, c'est une alliance. Ça dépend des circonstances locales. Ça dépend qui a le pouvoir dans la ville. Et donc, est-ce qu'il faut s'allier tous pour essayer d'avoir une chance de battre cette personne-là ?
Et Damien, pour reprendre la question de Matteo Maestracci, vous avez fait un bon score aux Européennes. Est-ce que vous allez le concrétiser aux municipales ? Est-ce que vous avez l'ambition de prendre des villes comme Montpellier, Bordeaux, Lyon, Caen ?
Je pense qu'il ne faut pas stigmatiser sur « il faut qu'on prenne telle ou telle ville derrière ». Je ne stigmatise pas, c'est une question. On peut prendre Montpellier, mais si on n'a que Montpellier en France, on n'aura pas gagné. On peut prendre Nantes, mais si on ne prend que Nantes, on n'aura pas gagné. Donc c'est quoi votre ambition quand vous dites ça ? Parce que la France, c'est 35 000 communes. Donc vous visez combien de communes ? Moi, je ne sais pas, je ne suis pas le responsable du parti, mais je ne vais pas en viser. L'important, ce que je vous dis, ce n'est même pas forcément d'avoir les communes en tant qu'Europe Écologie les Verts.
C'est que l'écologie arrive au pouvoir dans notre pays et que les maires ont beaucoup de pouvoir de faire sur l'alimentation, sur la mobilité, sur le logement, sur l'énergie, sur beaucoup de sujets, sur la lutte contre les perturbateurs endocriniens, sur la lutte contre l'exclusion sociale. Ce sont les programmes municipaux qui peuvent résoudre beaucoup de problèmes. Donc c'est ça qui est important de voir.
Et en même temps, quand vous vous présentez, dès le premier tour, sous effectivement le drapeau Europe Écologie les Verts, à Rennes, à Nantes, à Paris, etc., est-ce que vous ne semez pas la discorde à gauche ? Est-ce que vous, finalement, il n'y a pas un risque que vous fassiez passer votre ennemi, c'est-à-dire la droite dans certaines villes ?
Non, non, c'est une élection de tour. On n'est pas sur une élection à un tour, donc c'est une élection de tour.
Mais vous êtes dans des majorités municipales, et vous ?
Oui, mais vous savez, moi j'ai été dans un exécutif régional, en région Nord-Pas-de-Calais, où c'était un président socialiste et les Verts faisaient partie de cette majorité. C'est beaucoup plus dur de persuader le responsable de l'exécutif de mettre en œuvre un certain nombre de politiques que quand l'élu lui-même, le responsable de l'exécutif, est écologiste. Parce qu'il n'y a pas besoin de le persuader du côté transversal de l'écologie, du côté systémique de l'écologie. Et donc, il faut que tout aille de pair. Et c'est mieux quand c'est des écologistes qui sont au pouvoir.
Donc, les amis de Nantes, les amis de Rennes, qui ont fait des gros scores aux élections européennes, et qui a priori dans les sondages, ces résultats sont confirmés dans les intentions de vote, s'ils peuvent pousser encore plus le taquet de l'écologie, c'est une bonne chose. C'est l'écologie qui viendra vainqueur.
Et faire un beau score pour vous, ce sera aussi l'occasion de manifester que vous refusez que ce soit un débat polarisé uniquement entre la République En Marche, comme aux Européennes, et le Rassemblement National. Parce que justement, dans votre région des Hauts-de-France, le Rassemblement National, qui tient déjà la mairie d'Énim-Beaumont, pourrait progresser et remporter d'autres villes, notamment la vôtre, Grande-Synthe.
C'est un vrai risque ? Non, non. Il ne passera jamais à Grande-Synthe. Il ne cesse le résultat du Front National, du Rassemblement National, pardon, ne cesse de reculer scrutin après scrutin depuis des années. Mais dans d'autres communes de la région, c'est un vrai risque. Bon, il y a une ville à côté de chez moi qui est effectivement menacée. Ben oui, mais forcément, quand on ne fait un débat dans l'actualité, quand les gouvernants n'imposent que des thèses du Front National, quand le Front National arrive en disant, vous voyez, les quotas, on a gagné, l'islamophobie, on a gagné, etc., on lui ouvre la route.
Mais c'est à force d'utiliser la rhétorique de l'extrême droite et de mettre en œuvre ce qu'elle préconise, on lui ouvre le chemin.
C'est le seul déclencheur du vote d'extrême droite ? Non, ce n'est pas le seul déclencheur. Parce que dans l'ancien Bastien de Minier, il y a aussi un refus des partis traditionnels.
Non, mais c'est la pauvreté, c'est la misère sociale. Et ce n'est pas forcément un vote raciste, d'ailleurs, dans ces votes-là. C'est des votes de protestation, de l'inégalité sociale qui augmente dans ce pays. Il y a des problèmes de répartition des richesses dans notre pays.
Mais pour vous, vous dites effectivement que c'est la misère sociale qui pousse notamment à un vote Rassemblement National. Vous êtes d'accord avec Yannick Jadot quand il dit que l'écologie, c'est ni de droite ni de gauche ?
Ça veut dire quoi, gauche ou droite ? Alors, c'est des petites phrases qui font beaucoup parler. Mais j'ai été, j'ai connu et j'ai poussé des gouvernements de gauche qui se sont trouvés productivistes et qui ont continué dans un certain nombre de champs comme le nucléaire, qui poussait aussi Notre-Dame-des-Landes, etc. Donc, si la gauche, c'est ça, pour moi, ça ne veut rien dire d'être de gauche ou de droite puisque c'est la même chose que voulait la droite.
Le problème, il est l'écologie et où on change notre société, où on met en cause notre modèle de développement, comment on fait pour s'assurer un avenir commun et comment on fait pour répartir différemment les richesses créées dans le pays.
Donc, ça veut dire, au plan local, oui, Europe Écologie Les Verts peut s'allier à un maire de droite qui met en avant les questions écologiques.
Si les questions écologiques sont transversales et systémiques dans son approche. Et je ne suis pas sûr que ce soit le cas chez les gens de droite. Il y a quand même des différences profondes.
Vous allez rester unis au prochain congrès d'Europe Écologie Les Verts qui doit être un congrès de transformation, qui doit, pour aller vite, vous amener à la présidentielle de 2022. Vous, par exemple, vous allez voter pour le ticket Julien Bayou-Sondra Rogol ?
Non, je serai peut-être sur un ticket très, très à gauche avec Alain Lipiettes, par exemple, pour qui j'ai une affection particulière, avec Alain Colombelle.
Donc, vous n'allez pas soutenir la candidate Evassas qui représente Yannick Jadot ?
Oui, mais non, mais c'est un congrès interne. Je pense qu'à la fin, tout le monde s'allira, parce que je pense qu'on est responsable, qu'on ne va pas aller sur le système.
Vous avez reçu les erreurs du passé aussi ?
Mais bien sûr, je veux dire, on vient de loin, les 13,5% qu'on fait aux élections européennes. Il y a peu de gens, il y a trois ans, qui auraient misé sur ce score-là aux européennes. Donc, je pense qu'on va trouver... Il y a des accents à mettre sur un certain nombre de points. Et voilà, ce congrès est l'occasion de mettre des accents, mais je pense qu'on sortira quand même unis.
Et ce congrès est aussi l'occasion de légitimer le leadership de Yannick Jadot chez Les Verts ?
Il n'est pas posé comme ça. En tout cas, Yannick n'est pas signataire lui-même d'une motion. Il n'a pas entraîné une motion. Donc voilà, ce n'est pas dit comme ça, mais au fond, quand même. Ce n'est pas l'enjeu, non. C'est vraiment le fonctionnement interne du parti. Et c'est comme ça qu'il faut se limiter à ça.
Vous restez évidemment avec nous jusqu'à 9h, Damien Carême, puisqu'on va parler dans un instant de l'actualité environnementale, écologique de ces derniers jours, et notamment l'abandon de ce projet Europa City dans le Val-d'Oise, au nord de Paris. Ce sera pour les minutes à venir d'abord à 9h10. On refait un tour de l'info avec vous, Yasmina Adila. La finale de la Fed Cup de tennis et la défaite à l'instant de Pauline Parmentier face à Aya Tomlianovic. Une victoire pour l'Australienne en 2-7, 6-4, 7-5. De partout en ce moment, entre la France et l'Australie, tout se jouera dans le double à suivre.
Emmanuel Macron, ce soir à Berlin, reçu par Angela Merkel, avant de dîner avec le président allemand. On rencontre dans le cadre des commémorations du 30e anniversaire de la chute du mur. Des rassemblements contre l'islamophobie, deux semaines après l'attaque d'une mosquée à Bayonne. Manifestation à Toulouse, Marseille ou encore à Avignon. À Paris, le cortège partira à 13h de Gare du Nord pour se diriger place de la nation. Un appel à manifester lancé par le très controversé CCIF, le collectif contre l'islamophobie en France, accusé par certains d'être en lien avec les frères musulmans.
Ils ont notamment écrit un texte publié dans Libération et signé par une cinquantaine de personnalités politiques. Encore une élection législative en Espagne. La deuxième en six mois, la quatrième en quatre ans. Les Espagnols appelaient à élire le député en pleine crise politique sur la Catalogne. France Info. Et tout est plus clair. Le 8.30 France Info avec notre invité Damien Carême, député européen Europe Écologie-Les Verts et Jean-Jérôme Bertolus. Avant-hier, pour la première fois, la justice a validé les arrêtés anti-pesticides de deux communes de région parisienne, Gennevilliers et Sceaux. C'est une victoire ? Vous le vivez comme une victoire ?
Oui, c'est une victoire. C'est une victoire parce que je pense que les maires sont là aussi pour prendre soin de leur population. Vous savez, le maire, il n'a pas à répondre à un ministre ou à un gouvernement. Le maire, il a à répondre à des textes de loi, au code de la famille, au code de l'urbanisme, au code des marchés publics. Et dans le code de la santé publique, le maire doit prendre les mesures qu'il faut pour protéger sa population. Ben voilà, les maires comme Daniel en Bretagne, ils prennent des arrêtés pour protéger leur population. Quand l'État refuse de prendre les lois pour, c'est la justice qui doit trancher.
Moi-même, j'ai porté plainte il y a un an contre l'État pour son inaction en matière de lutte contre le changement climatique. Le dernier rapport du GIEC me donne raison puisqu'il dit que dans le triangle Dunkerque-Calais-Saint-Omer, 40 kilomètres, on sera sous l'eau en 2100, il y aura 300 000 déplacés. Donc la justice, à un moment, va devoir imposer ce que le gouvernement n'a pas...
Le combat politique, et on l'a vu récemment avec la Cour de justice de l'Union Européenne, qui a condamné la France pour la qualité de l'air, on va dire, pour la pollution de ce qu'on respire. En fait, le combat politique, maintenant, il passe par les tribunaux.
Quand il y a une obstination à ne pas vouloir changer, quand l'évidence est là, il faut saisir les tribunaux. Ben oui, malheureusement, je dis bien, on doit en arriver là à certains moments.
Et vous pensez qu'effectivement, les deux arrêtés validés de ces deux maires de la grande région parisienne, vous pensez que ça va faire fléchir le gouvernement qui s'apprête à prendre un décret sur les zones de non-pesticides entre 5 et 10 mètres sur les habitations. C'est suffisant pour vous, ces 5 à 10 mètres ?
Non, on sait bien qu'il n'y a que 7% de ce qui est épandu qui arrive sur le sol là où on vise, et que le reste, ça part à l'extérieur. 5 ou 10 mètres... 93% de ce qui est versé sur les cultures va en dehors... Ça ne tombe pas là, c'est à plusieurs mètres de là. Donc c'est vraiment un... Enfin voilà, c'est le lobby de l'agroalimentaire et de, allez, Monsanto Bayer qui est là derrière et qui impulse les choix législatifs aujourd'hui. Et c'est bien pour ça qu'à un moment, il faut saisir la justice.
Tout de même, l'abandon, je dis, de ce projet de grand complexe commercial et de loisirs EuropaCity, il devait être implanté d'ici 2027 dans le Val d'Oise. Il y a eu avant l'abandon de Notre-Dame-des-Landes, de la Montagne d'Or, parmi d'autres. C'est un nouveau projet du genre, gros projet abandonné par l'exécutif dans ce mandat d'Emmanuel Macron. Est-ce que ça veut dire que malgré tout, on avance et qu'on reconnaît d'une certaine manière que l'État reconnaît bien que l'écologie ou le souci environnemental est devenu une forme de priorité ?
Non, c'est de la communication pour l'instant. Ah ben il y a quand même des projets abandonnés. Il est celui-là, mais on n'abandonne pas la bétonisation d'EuropaCity, on le remplacera par un autre projet. Donc moi pour l'instant, tant que je ne sais pas ce qu'est l'autre projet, je ne dis pas que le projet est abandonné. Celui, ce sujet-là à un moment. La Montagne d'Or, ce n'est pas abandonné complètement. On regarde ce qu'on va faire, donc rien, il n'y a pas d'annonce dans le marbre sur on ne fait rien. Donc Macron n'est pas plus vert ? Mais non, mais non, mais ça se serait. Hulot ne serait pas parti du gouvernement. Mais non, il est dans la communication permanente.
Et comme les verts ont fait 13,5%, il a besoin aussi d'aller essayer, comme il le fait avec l'extrême droite, d'aller chercher des voies chez les écologistes. Mais dans le fond, on ne remet pas en cause. Regardez cet arrêté d'antipesticides dont on parlait il y a quelques minutes. Arrêtons les pesticides. Toutes les études sanitaires montrent que ça a des influences sur la santé. Mais ayons le courage politique, l'audace, de prendre des arrêtés définitifs au lieu de jouer sur 5 mètres, 10 mètres, 15 mètres ou 50 mètres. Ça n'a pas de sens. Ce n'est pas comme ça qu'on change une société et qu'on fait qu'elle va mieux.
Donc pour vous, effectivement, l'écologie ne sera pas, comme le souhaite le président de la République, au cœur de l'acte 2 du quinquennat.
Mais moi, j'attends les actes. Vous demandez les preuves. Moi, les déclarations, ça commence à bien faire. J'attends les actes. Et bravo à toutes les associations, à Notre-Dame-Nélande, à EuropaCity, qui depuis des années dénoncent. Et ça montre une chose, c'est que l'opinion publique est en avance sur les décideurs politiques en matière de lutte contre le changement climatique, mais aussi en matière de migration. Tout autre sujet.
Vous allez auditionner, vous, les députés européens. Vous allez auditionner, et notamment la commission juridique, Thierry Breton, le candidat d'Emmanuel Macron, le candidat de la France au poste de commissaire européen. Est-ce que c'est un bon candidat ? Ou est-ce que vous avez un doute ? Et est-ce que vous pourriez voter contre, comme Sylvie Goulard ?
Pour l'instant, moi, je vote contre. On verra les auditions. On verra ce que va dire la commission jury, dont je ne fais pas partie, mais qui va examiner donc les conflits d'intérêts ou non. C'est quand même quelqu'un qui était à la tête d'une entreprise qui travaillait beaucoup avec l'Europe, qui bénéficiait de fonds européens derrière, et qui avait beaucoup de portefeuilles d'actions dans cette entreprise, qui les aurait revendues, à qui il les revend. Et ça, ça participe un peu au flou et à la perte de confiance qu'ont nos concitoyens en l'Europe. Parce que derrière, il y a vraiment ce conflit d'intérêts. Enfin, ces choses mêlées de quelqu'un qui avait des intérêts.
Donc, les décisions qu'il va prendre, en plus, c'est dans son portefeuille de commissaire, les décisions qu'il va prendre, est-ce que vraiment elles vont être neutres par rapport à la position de ses anciens collègues, de son ancienne entreprise ? Ça crée vraiment la suspicion. Est-ce qu'on n'a pas besoin de cette suspicion ?
Vous n'êtes pas dans la suspicion permanente ? Est-ce que vous ne croyez pas à ceux qui disent « Bon, d'accord, il a été patron d'Atos, donc quand Atos, cette société de services informatiques, demandera des subventions à l'Europe, il se déportera, comme on dit, il ne sera pas un parti prenant de la décision ? »
Vous savez, à l'inverse, j'ai pris la parole, moi, pour combattre la nomination d'un responsable de la direction finance de l'Europe qui va partir d'en travailler chez le plus gros lobbying financier. Il part avec des dossiers, il part avec des bases de données, il part avec un certain nombre de choses. Donc il y a vraiment quelque chose à mettre d'étanche entre l'Europe, dans l'institution européenne, et l'extérieur pour éviter ces conflits d'intérêts ou ces influences que peuvent avoir les uns avec les autres. Parce qu'effectivement, Thierry Breton, je ne dis pas qu'il se mettra en retrait au moment où il y aura une subvention à Atos, ce n'est pas le problème.
Mais c'est que les orientations connaissant le problème du privé, les orientations qu'il faudrait mettre en œuvre, etc., est-ce qu'il ne va pas influencer les politiques à mettre en œuvre en tant que commissaire européen pour faciliter le travail d'une entreprise dans laquelle il travaillait ou ceux de ce secteur d'activité ? C'est vraiment un problème. Je pense qu'on avait plein de gens autres compétents qui n'étaient pas autant impliqués. En France, quand même, le président aurait pu choisir des décisions risquées pour Emmanuel Macron. Il y a 67 millions de Français.
Merci en tout cas d'être passé ce matin à France Info. Damien Carême, je rappelle que vous êtes député européen. Europe, écologie, les verts. Jean-Jérôme Bertoulouse, merci. A dimanche prochain. Excellente journée à tous sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.
Damien Carême