Jordan Bardella et Pr. Nicolas Girard - C à vous - 07/03/2023
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Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 20h55 pour toute l'actualité de ce mardi 7 mars. Avec toute l'équipe, Émilie, Mohamed, Mathieu, Pierre et Patrick. Bonsoir à tous les fans. Bonsoir, Mabed. Émilie, votre chaîne actuelle ce soir ?
Florent Pagny, toujours en lutte contre son cancer du poumon. Il n'a pas suivi d'immunothérapie et le regret, c'est ce qu'il a confié dans une interview, vu qu'il parle toujours très ouvertement de cette maladie.
Mais cet exercice de transparence que pratique depuis le début Florent Pagny est d'utilité publique. C'est essentiel, parlez-soine, c'est ce que nous dira Nicolas Gérard,
oncologue et pneumologue à l'Institut du Thorax Curie-Mont-Souris à Paris. Il sera dans un instant sur notre plateau. Mohamed, votre story ce soir ?
Quand les salles de cinéma se transforment en ring de boxe, je vous parle d'une dizaine de bagarres qui ont eu lieu un peu partout en France à l'occasion de la projection du film Crit 3, la suite de Rocky Balboa.
Vous expliquez pourquoi ça donne envie de se battre, ce film ? Patrick, votre édito ?
On fera un point sur la mobilisation d'aujourd'hui contre la réforme des retraites. Beaucoup de monde dans les rues, 81 000 manifestants à Paris, d'après la préfecture de police qui vient de le chiffrer à l'instant. Sans doute plus d'un million dans tout le pays. Et la nouveauté, c'est que ça va continuer. Il y aura des mouvements encore paralysants demain et les jours suivants.
On en parle avec le président d'un parti qui s'oppose à cette réforme des retraites, mais qui n'appelle pas à manifester. Jordan Bardella, et ce soir notre invité. Bonsoir.
Bonsoir, merci de votre invitation.
Merci d'avoir accepté. Mathieu, dans le 5 sur 5.
La réforme des retraites, maintenant, elle est au Sénat. On s'est dit que ce serait plus calme à l'Assemblée nationale. Eh bien, non. Bras d'honneur du garde des Sceaux, cet après-midi, adressé au président du groupe LR, Olivier Marlex. Ça a provoqué plusieurs suspensions de séance, le garde des Sceaux qui assume, puis qui s'excuse. On vous raconte tout ça dans le 5 sur 5.
Et ça, c'était à l'occasion d'une proposition de loi.
Oui, déposée par Aurore Berger, qui vise à rendre inéligibles les personnes condamnées pour violences aggravées. On va en parler aussi. Pierre dans votre oeil ce soir.
La musique adoucit les mœurs. Si vous aimez la musique et le cinéma, si vous aimez Christophe, parti il y a presque 3 ans, vous foncerez demain au cinéma pour voir Christophe définitivement un magnifique film de cinéma qui raconte le travail musical du chanteur avant et pendant ses concerts et nuit et jour.
On ne dit jamais assez aux gens qu'on les aime. Ça vaut pour Christophe, ça vaut aussi pour tous les amis, les coups de cœur, les rencontres qu'a fait Jacques Weber. Tout au long de sa carrière, il se livre dans un ouvrage qui est à paraître demain.
Il sera notre invité à partir de 20h. On reçoit également Nadia Fares et la réalisatrice Nathalie Marchac qui, à l'occasion de la journée des droits des femmes, propose une série sur les siffleurs et le harcèlement de rue. Voilà pour nos invités du dîner qui est préparé ce soir par Mickaël Meunier, le chef du restaurant La Villa Duflo, c'est à Perpignan et non pas à Montpellier, comme affirmé par erreur hier soir. Il est aux côtés de Bertrand Chameroy. Salut à tous les deux. Salut Babette, bonsoir à tous. Journée maritime, la France à l'arrêt. Mickaël à la Saint-Jacques ce soir. Qui ravira tous les poissonniers. Qui nous regarde, c'est bien ça chef ?
C'est bien ça. Donc un patio de Saint-Jacques à la fleur de sureau et de la topinambour confite au saké. Merci beaucoup pour l'émission, Babette.
Merci beaucoup à tous les deux. A tout à l'heure, 280 manifestations organisées aujourd'hui partout en France et à Paris, une fois de plus, l'unité syndicale contre le report de l'âge légal à 64 ans. Louis Amard et Valentin Tibier étaient dans le cortège pour cet avou. C'est la sixième fois que vous manifestez depuis le début du conflit ?
Oui. On est venus aujourd'hui pour dire ça suffit. Il y a nous, c'est 64 ans, mais eux, je ne sais même pas s'ils auront de la retraite. On ne peut pas ne pas entendre la colère de la rue. Les grèves, il ne faut pas qu'elles lâchent. Il faut que tout le monde descende dans la rue.
Rentre dans l'histoire sociale de notre pays.
La plus forte journée de mobilisation depuis le début janvier. Un temps fort, un temps massif. On est vraiment aujourd'hui dans un enjeu de continuer et de continuer en montant d'un cran. Le président de la République d'abord et son gouvernement vont arrêter d'être les professeurs tournesols de la politique et arrêter d'être en apesanteur, couper des réalités du pays et puissent atterrir. Il est temps qu'Emmanuel Macron arrête son délire d'orgueil. Moi, je lui demande soudainement de ne pas fracturer davantage le pays.
De l'argent, il y en a dans les poches du patronat.
On n'a pas le choix d'y croire sinon on ne serait pas là.
C'est peut-être comme ça qu'ils vont changer d'avis. Patrick, les opposants à la réforme des retraites se sont à nouveau fortement mobilisés.
Oui, avec, on vient de le voir, des cortèges très fournis à un niveau comparable à la mobilisation record du 31 janvier, mais avec un peu moins de grévistes que lors de la première journée d'action du 19 janvier. Un agent sur quatre en grève dans la fonction publique d'État, un enseignant sur trois, d'après le ministère de l'Éducation, et 39% de grévistes à la SNCF. Mais la première nouveauté, c'est que les syndicats de cheminots appellent à continuer. La grève reconductible a été effectivement reconduite. La SNCF, qui avait dû annuler quatre trains sur cinq aujourd'hui, prévoit demain d'en supprimer deux sur trois.
Grève reconduite aussi sur l'ensemble des sites de Total Energy, annonce la CGT. Pas de carburant en sortie de raffinerie. Deuxième nouveauté, l'apparition de blocages routiers, barrages filtrants et opérations escargot dès ce matin à Rennes, Perpignan, Poitiers, La Rochelle, Miramas. Enfin, troisième nouveauté, des coupures de courant sauvages. 4000 foyers privés d'électricité à Boulogne-sur-Mer, action revendiquée par la CGT. Le gestionnaire du réseau Enedis dit qu'il va porter plainte. Idem à Anonnet, en Ardèche, l'ancien fief électoral d'Olivier Dussop. Le ministre n'y est plus, mais 5000 foyers se sont vus couper le jus.
Et toujours beaucoup de monde dans les rues.
Voilà, 30 000 manifestants à Marseille, chiffre préfecture un peu plus bas que le 31 janvier. 40 000, 30 000 à Nantes, 22 000 à Brest, record battu. 21 000 à Grenoble, 19 000 à Rennes, 17 000 à Saint-Nazaire, 16 000 à Bordeaux. Autant qu'à Pau, c'est du jamais vu à Pau. 14 000 à Rodez, là non plus, c'est du jamais vu dans une ville moyenne. 14 000 à Rouen, 13 000 à Bayonne, 11 500 à Orléans comme au Havre ou à Perpignan. 8 000 à Châteauroux, 7 000 à Tarbes, 6 500 à Périgueux, 6 000 à Nice, 5 000 à Belfort. Ce sont des chiffres préfectures, donc bien en deçà de ceux des syndicats, mais partout considérables par rapport à l'importance de ces villes ou de ces agglomérations.
Et toujours des cortèges inédits dans les petites villes. 650 manifestants, par exemple à Beaune, sous préfecture de Côte d'Or, plus connue pour ses grands vins que pour sa fibre sociale. À Paris, vous l'avez vu, un long cortège s'est déployé du boulevard Raspail à la place d'Italie, en passant par Montparnasse et Sèvres-Babylone. La CGT évoque une influence record à 700 000 manifestants. Laurent Berger, CFDT, parle d'une mobilisation historique. Je vous l'ai dit, la préfecture de police dit qu'il y a eu 81 000 manifestants, ce qui est un peu en dessous de la manifestation du 31 janvier, qui était évaluée, je crois, à 95 ou 97 000.
Et maintenant ?
Alors, le mouvement paralysant devrait durer au moins jusqu'à vendredi, dans un premier temps. Chez les cheminots, le vote décisif aura lieu vendredi, pour savoir si la grève passe le week-end en étant reconduite jusqu'au lundi suivant. Et côté insert syndical, réunions en ce moment au siège de Force Ouvrière, avec conférences de presse prévues aux alentours de 19h30.
Une mobilisation historique à laquelle vous n'avez pas participé, Jordan Bardella, ni vous, ni les élus du Rassemblement National ?
Nous y avons très largement pris notre part à l'Assemblée Nationale,
parce que vous savez qu'on a le premier groupe.
Je pense que le mouvement social est libre de s'organiser. Il y avait beaucoup dans ces manifestations, d'ailleurs, qui vivent partout en France et qui traduisent ce nom du peuple français à l'égard de la réforme. Il y avait beaucoup de nos adhérents, nos militants, nos élus, et puis beaucoup de nos électeurs aussi, parce que dans ces cortèges, il y a beaucoup de gens qui ont voté pour Marine Le Pen. Mais il y a des banderoles d'un grand nombre de partis, notamment les partis de gauche. Il est inimaginable de voir une banderole du Rassemblement National dans un mouvement...
Avec qui sont très durs les syndicats, parce que les syndicats disent à la France Insoumise, faites votre boulot, on fait le nôtre. Et je pense que d'ailleurs, c'est dans cet état d'esprit qu'on doit être. Mais il n'y aura jamais de banderole du Rassemblement National dans ce genre de... Non, parce que si je mets une banderole du Rassemblement National en tant que président du parti, vous allez me dire, mais vous n'avez pas le sentiment de faire un peu de récupération politique ? Non, mais moi je vous parle de vos sympathisants, de vos électeurs. À 70%, ils soutiennent la demande de retrait du projet de l'intersyndicale. Mais ils ont raison. C'est précisément la position...
Est-ce qu'ils vont comprendre que vous n'appeliez pas à Marine Le Pen ? C'est précisément la position du Rassemblement National. Écoutez, je pense que cette majorité de refus, des près de 80% de Français qui ne veulent pas de cette réforme des retraites... 68. Ouais, on était à un peu plus de 72% dans le dernier sondage Elab. Elle vit partout en France. Elle vit au travers du débat public, elle vit au travers des échanges qu'on a sur les plateaux, elle vit au travers des mobilisations populaires que nous soutenons. Et elle vit aussi au travers du débat parlementaire. Nous, on a un parti politique qui a le premier groupe d'opposition à l'Assemblée.
Et notre rôle, c'est d'empêcher que ce texte ne soit adopté au Parlement, de faire un travail de fond pour limiter les dégâts que peut faire cette réforme. Et surtout pour porter de manière concrète aussi au Parlement. Parce que si vous voulez, si on compte sur la NUPES, très bien, la NUPES peut être dans la rue, sauf que la NUPES a confisqué le débat à l'Assemblée Nationale. Et la grève, ça sert à... Et par la stratégie... La grève ? Je vais vous répondre sur la grève. Par la stratégie d'obstruction parlementaire qui a mis en place la NUPES, en fait, on n'a pas voté sur cet article 7 qui aurait pu empêcher l'adoption de la retraite à 64 ans. Donc j'en veux beaucoup...
Le Sénat vient de commencer à l'examiner, l'article 7.
J'en veux beaucoup à la NUPES parce que je pense qu'ils décrédibilisent d'abord leur propre message politique et le message qu'ils ont eux-mêmes porté en disant qu'on est contre la réforme. Mais en faisant ce qu'ils ont fait à l'Assemblée Nationale, en aboyant, en faisant de l'obstruction parlementaire, ils facilitent le travail du gouvernement. La grève ? Ça ne sert à rien ? Écoutez, je pense que beaucoup de Français n'ont plus les moyens de faire grève. Elle est là, la réalité.
Est-ce que ça sert à quelque chose ? On ne vous demande pas si on a les moyens ou pas de la faire. C'est vrai que c'est difficile avec l'inflation.
Écoutez, on verra. Je dis que les conditions de cette grève... D'abord, écoutez, moi je pense que le mouvement social, je l'ai dit, il est libre de s'organiser comme on l'entend. Je pense que la paralysie du pays, elle n'est pas souhaitable parce que c'est la double peine pour les Français. Et notamment les plus modestes. Parce qu'il y a beaucoup de gens...
Ça vous dit comme Elisabeth Borne.
...qu'ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Les infirmières libérales ont besoin d'aller voir leurs patients. Les pompiers, les policiers. Et qui vont être pénalisés par ces files d'attente interminables. Mais je dis une chose qui m'apparaît extrêmement claire. La source de ce blocage et la source des blocages qui pourraient advenir dans les jours qui viennent, c'est Emmanuel Macron. Et la clé de déblocage, et c'est précisément là qu'est notre rôle, de ce qui pourrait advenir dans les prochains jours, je crois que c'est le référendum.
Et je pense que si le président de la République acceptait de dire que cette réforme est une réforme triste, que les Français ne veulent pas, et qu'il soumettait ce texte de loi à l'avis du peuple français par référendum, on n'aurait pas ces blocages, et on pourrait de manière tranquille, sereine, faire trancher cette réforme, que je crois une majorité de Français rejette, par un référendum.
Donc les coupures de courant sauvage dont vient de parler Patrick, les raffineries bloquées, pas de carburant qui peuvent en sortir,
ou encore ce matin, les cheminots en grève, réunis en Assemblée Générale pour durcir le mouvement, vous y êtes opposés.
Réaction juste après ce reportage d'Audrey Payas et Ernest Recouli qui étaient avec les cheminots ce matin.
Cette grève, elle va être dure, elle va être compliquée, parce que vous l'avez bien vu en face, on a un gouvernement qui n'écoute rien, hormis lui-même. Aujourd'hui, on a une possibilité, on a une fenêtre de tir pour pouvoir gagner. Si demain, tout le monde est en grève au conductible, en 24h, c'est plié. La CGT a dit qu'on allait mettre l'économie un genou à terre. Eh bien, nous assumons ce terme. Nous l'assumons clairement. Parce que quand les salariés de ce pays se mettent en grève, eh bien oui, l'économie de ce pays ne tourne pas. Et donc, oui, nous mettrons l'économie à genoux. S'il faut la mettre, qui veut nous mettre à genoux ?
Pour faire plier le gouvernement, il faut mettre l'économie à genoux. Vous êtes d'accord ? Non, je pense que ce n'est pas la bonne solution, parce que quand vous mettez l'économie à genoux, ce n'est pas Elisabeth Borne que vous pénalisez. Emmanuel Macron, eux, ils seront payés à la fin du mois. En revanche, il y a beaucoup d'artisans, il y a beaucoup d'infirmières, il y a beaucoup de gens qui ont besoin de leur véhicule pour aller se rendre au travail et qui ne peuvent pas se permettre de perdre une journée de travail, qui vont être pénalisés. Donc, je pense qu'en réalité, on va se tromper de cible. Mais le débat parlementaire, la navette parlementaire, elle n'est pas terminée.
Ce texte va revenir probablement aux commissions mixtes paritaires devant l'Assemblée nationale. Et je pense que ça va être une heure de vérité. Et encore une fois, si cette réforme est adoptée, nous prenons avec Marine Le Pen l'engagement de revenir sur cette réforme lors de la prochaine élection présidentielle. Donc, je dis aux Français, n'ayez pas peur. Il n'y a aucune fatalité.
Comment on soutient le mouvement sans soutenir les blocages
ou sans soutenir les grévistes ? Mais le mouvement social, ce n'est pas simplement la paralysie des raffineries. Le mouvement social, ce sont les marches, ce sont les mobilisations populaires et nous les avons soutenues. C'est le travail du Parlement, c'est le travail de l'Assemblée nationale, c'est le travail des députés d'opposition. Et comment on peut être crédit ? Parce que, M. Cohen, vous m'interrogez tout à l'heure sur des déclarations de la NUPES.
Mais quand les élus de la France Insoumise descendent dans les rues pour s'opposer à ce texte de loi, appeler au blocage, appeler à la paralysie de l'économie, mais qu'ils refusent de voter les motions de censure que nous déposons, qu'ils refusent de voter la motion référendaire du Rassemblement national, qui aurait pu permettre au peuple français de se saisir de ce sujet et de le trancher par un référendum, c'est complètement contradictoire. Donc, je ne suis pas propriétaire du mouvement social. Je dis une chose, si nous étions aujourd'hui à la tête de l'État, eh bien, nous nous engagerions... D'abord, on ne ferait pas cette réforme, mais je pense qu'Emmanuel Macron...
Ce serait quoi l'âge de départ avec vous ?
Je pense qu'Emmanuel Macron devrait faire un référendum. C'est la solution, la clé de déblocage de l'ensemble de ces paralysies qui pourraient intervenir. Nous, nous défendons un départ à la retraite. Nous l'avions financé dans le projet présidentiel de Marine Le Pen. Ça coûte 10 milliards d'euros. Je pense que la pénibilité doit être intégrée dans le critère d'âge et que plus vous commencez tôt, plus vous avez un métier difficile. Et nous, nous pensons qu'entre 17 et 20 ans... Quand vous dites pénibilité intégrée dans le critère d'âge, ça veut dire qu'elle n'est plus spécifiquement. Ça n'est plus un critère spécifique. Je pense qu'il doit y avoir... Alors, il peut y avoir des critères...
Alors, je vais vous expliquer notre réforme. Entre 17 et 20 ans, vous m'avez coupé, vous partez entre 40 ans et 60 annuités à la retraite. Parce que quand vous faites un métier difficile, que vous êtes caissier, que vous êtes électricien, que vous êtes boulanger, eh bien, votre corps est exposé. Et ce que ne comprend pas Emmanuel Macron, c'est que cette France-là, précisément, elle ne peut pas travailler jusqu'à 64 ans. Après, au-delà de 20 ans, il peut y avoir des critères de pénibilité qui se négocient ensuite avec les syndicats et dans le dialogue social.
Mais d'une manière plus large, cette réforme, qui n'a plus aucun intérêt économique, parce que quand on renonce précisément aux 44 annuités, on renonce... J'entendais un économiste l'autre jour indiquer qu'on renonce à au moins un tiers du bénéfice économique de la réforme. Et je vais vous dire, l'objectif de cette réforme, et les Français l'ont bien compris, c'est de faire baisser les pensions. Aujourd'hui, le nombre de Français qui partent avec une décote, c'est 13%. C'était 6% en 2014.
Quand vous allez augmenter l'âge de départ à la retraite à 64 ans, il y a beaucoup de gens, et notamment des femmes qui vont être pénalisées, qui ne pourront pas aller jusqu'au bout et qui vont devoir partir plus tôt avec une décote. Si le gouvernement n'est pas capable de trouver 10 milliards d'euros à l'horizon 2030, alors c'est extrêmement inquiétant. Mais on paye là, avec ce débat sur la réforme des retraites, en réalité, leur faillite économique et la multiplication des déficits. Je rappelle Emmanuel Macron, c'est 600 milliards d'euros de déficits, de dettes supplémentaires entre 2017 et 2022.
La discussion du projet de loi
se poursuit actuellement au Sénat. Mais Patrick,
vous vous êtes intéressé aux amendements proposés par le Rassemblement National
à l'Assemblée. Oui, qui donne une indication sur ce qui vous guide et un principe que vous n'avez pas mis en avant, c'est la préférence nationale. Amendement 17-832, alors ils sont là, ils n'ont pas été discutés, puisqu'on n'est pas allé jusqu'au bout de cette discussion. 17-832, présenté par l'âme Colombier, les membres du groupe Rassemblement National, l'amendement, le sens de cet amendement est de réserver les allocations familiales au foyer dont au moins l'un des deux parents à la nationalité française.
Amendement numéro 19-982, madame Parmentier, réserver les allocations familiales au foyer dont la personne qui assume la charge effective et permanente des enfants est de nationalité française. Amendement 15-878, le bénéfice des prestations familiales doit être réservé aux Français ou aux ménages dont au moins un des parents est français, car les politiques en faveur de la famille sont le moyen de soutenir les familles qui éduquent des enfants. Sous-entendu, quand il y a un parent étranger, les enfants ne sont plus bien éduqués. Ces sources de financement permettront de financer la réforme de retraite juste et équitable que nous proposons à la représentation nationale.
Donc c'est ça la clé, exclure les étrangers du système de retraite pour pouvoir financer celle des autres. Vous n'avez pas l'impression d'être légèrement caricatural ? Tenez. Écoutez, je les connais par cœur puisque c'est nos députés qui les ont déposés. Quel est l'objectif alors
de ces amendements ?
D'abord, M. Cohen, vous êtes un trop bon journaliste pour ignorer que... Ça commence mal. Non, non, mais vous êtes... Non, mais pour le coup, pas du tout. Que le gouvernement a fait un choix qui est de, malgré le choix de civilisation qui se pose avec cette réforme des retraites, de ne pas déposer un projet de loi, mais de rectifier le budget de la sécurité sociale. Et par conséquent, dans le débat parlementaire, on ne peut pas créer de charges. On ne peut pas créer de charges supplémentaires. Ce qui nous a empêché à l'Assemblée nationale de proposer formellement et dans les textes notre projet de loi et le contre-projet qu'a porté Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle.
Sur les amendements que vous venez de citer, c'est extrêmement simple. Les aides sociales qui sont versées aux étrangers chaque année dans notre pays, c'est 12 milliards d'euros par an. Oui, ils ont cotisé. On cherche précisément 10 milliards d'euros par an. Moi, j'en ai un peu ras-le-bol que dans notre société, on demande toujours des efforts eux-mêmes. Et je pense que notre système de solidarité nationale... Les soustraits, les prestations... Exactement. Les pensions retraites. Exactement. Qui ont pourtant cotisé pour cela. Exactement. Qui ont pourtant travaillé... Oui, je pense... Et vous savez, beaucoup de...
Vous savez, les Français qui nous regardent ont bien compris que l'immigration coûtait plus aux finances de l'État qu'elle ne rapportait. Mais vous avez parfaitement de raison de rappeler que nous faisons des choix que gouverner, c'est choisir. Et que moi, je ne conçois pas que dans notre pays, nous demandions toujours des efforts eux-mêmes, toujours aux classes populaires, toujours aux classes moyennes et qu'on offre sans limite une générosité aux gens qui viennent de l'étranger et qui parfois n'ont pas cotisé. Donc nous assumons ce choix budgétaire.
Nous instaurons, si nous arrivons à la tête de l'État, la priorité nationale que nous ferons voter dans un référendum où nous donnerons la parole aux Français sur l'immigration. Et dans l'immigration, il y a aussi le volet économique. Et je pense que les aides sociales et notamment les allocations familiales doivent être réservées aux familles françaises. Croyez-moi, on va faire beaucoup d'économies. Eh bien, c'est très clair.
Émilie, dans l'actualité hier également. Hier, Bruno Le Maire
a annoncé avec les principaux distributeurs français un trimestre anti-inflation.
Donc pendant trois mois, les distributeurs s'engagent à proposer les prix les plus bas possibles sur plusieurs centaines
de produits de leur choix. Marine Le Pen énonce une opération de communication. Donc baisser les prix, c'est de la communication ?
Mettre un logo...
Oui, ça, c'est de la communication pour que ce soit clair sur les produits, on est d'accord.
Un logo, mettre une étiquette trimestre anti-inflation sur des paquets de pâtes et d'expliquer que le gouvernement agit pour l'inflation, pour le pouvoir d'achat des Français, oui, c'est un mensonge. C'est un accord qui est réglé aussi avec les distributeurs. Les fins de mon ras sont aujourd'hui l'angoisse de millions de Français. Les enquêtes qui ont été faites rapportent qu'il y a deux Français sur trois aujourd'hui qui n'arrivent plus à se nourrir à sa fin. Deux Français sur trois. Et ça ne touche même plus uniquement les familles les plus précaires, mais désormais, des familles modestes
sont de plus en plus contraintes de se rendre dans l'aide alimentaire.
Oui, mais en vérité, je vais vous dire, le gouvernement n'a rien fait pour enrayer l'inflation. Marine Le Pen a été la première pendant la campagne présidentielle dès septembre 2021 à dire, attention, le mur de l'inflation vient, c'est dès maintenant que nous devons prendre des mesures. Ce qu'elle propose Marine Le Pen, c'est de supprimer la TVA sur les principes produits d'alimentation. Mais ça, ça profite à tout le monde, les compagnies aux plus riches. Extrêmement simple de supprimer la TVA, c'est très simple, c'est très clair, ça coûte 4 milliards d'euros.
Mais ça profite à tout le monde.
Je vais venir de supprimer la TVA sur tous les produits de première nécessité. Le riz, les pâtes, les produits hygiéniques, les couches pour les bébés, on sort totalement la TVA. Ça profite à tout le monde. Oui et non, excusez-moi, je pense que Bernard Arano, je pense qu'il n'achète pas des Panzani. D'accord, tous les Français ne sont pas Bernard Arano. Il y a quand même une marge. Je pense que la classe moyenne qui paye de plus en plus et qui est de moins en moins dans les cases, elle est de plus en plus en moins à se rendre à l'aide alimentaire. Je dis une chose,
je pense que l'inflation
qui est devant nous a en réalité deux origines. Elle a une première origine qui est la hausse des coûts de production et l'incapacité du gouvernement à agir pour protéger les Français de la hausse des prix de l'énergie en remettant en cause notamment les règles de fixation des prix au niveau européen. Les Français paient aujourd'hui une électricité qui ne correspond pas au coût de production de cette dite électricité. EDF est en train d'être pillée.
EDF doit céder par cette fameuse règle de l'arène un quart de sa production à des fournisseurs privés qui se chargent de prendre la production d'EDF, la céder à des fournisseurs privés qui la multiplient par 3, 4, 5, 6, 7 et 10 quand on voit la facture aujourd'hui des artisans boulangers par rapport à l'année dernière et de voir l'électricité adossée au prix du gaz. C'est une règle européenne qui est une aberration qu'il faut évidemment réformer. L'Espagne et le Portugal ont pu obtenir cette dérogation et aujourd'hui une électricité qui est 20% moins chère qu'elle ne l'était au mois de mai. Et deuxièmement, deuxième autre origine, ce sont les surprofits.
Parce que moi, je veux bien qu'on délègue le pouvoir d'achat des Français à l'agroalimentaire et aux grandes boîtes et aux grands groupes. Mais le taux de marge de l'agroalimentaire est passé en un an
de 30% à 45%.
Donc vous avez raison, je pense qu'il faut taxer les superprofits, mettre en place une taxation sur les superprofits que le gouvernement refuse de mettre en place. Aujourd'hui, la taxation sur les superprofits, elle vaut pour les énergéticiens. Elle a mis très longtemps à être mis en place mais je pense qu'elle n'est pas suffisante et qu'il faut l'étendre aujourd'hui à la grande distribution pour financer des baisses de TVA et des baisses de taxes pour soutenir dans la durée le pouvoir d'achat des familles françaises. C'est la seule solution. On peut mettre en place des chèques alimentaires mais les chèques alimentaires c'est une logique inflationniste.
Et en réalité, le moyen immédiat pour l'État d'agir, c'est de baisser la TVA pour soulager le pouvoir d'achat des classes moyennes.
Une dernière question à vous suggérer.
Oui, ce matin, ce mois-ci, le mensuel conservateur L'Incorrect a publié en une pour un entretien croisé la photo des présidents des trois mouvements de jeunesse, celui du Rassemblement National Jeunesse, celui de Génération Z, les jeunes avec Zemmour et celui des jeunes républicains. Trois jeunes responsables politiques qui disent appartenir au même camp. Cela veut dire, donc, si on croit ce qu'ils disent dans L'Incorrect, qu'un dialogue à trois avec vous, Éric Ciotti et Éric Zemmour, est possible. Je vous vois sourire dans les semaines et moi qui vienne.
Ils disent une chose très simple. Ils disent qu'on a des constats communs. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels, oui, évidemment, on peut se retrouver avec des élus de LR, avec des dirigeants de Reconquête. Je pense que le propre de la démocratie, c'est de dialoguer. Et Pierre-Romain Tionnet, qui est le responsable des jeunes du Rassemblement National, qui attire beaucoup aujourd'hui, a décidé de dialoguer, de débattre avec ses adversaires. Et précisément, je pense qu'aujourd'hui, on est le meilleur avocat des idées nationales.
Et moi, j'aimerais convaincre aujourd'hui les patriotes sincères, d'où qu'ils viennent, d'ailleurs, c'est un peu réducteur, pas seulement des déçus de l'ancienne droite, mais qu'ils viennent de la droite, qu'ils viennent de la gauche, que le Rassemblement National est aujourd'hui un parti politique d'avenir, qui dit aux Français, on va faire l'exact contraire de ce qui a été fait depuis 30 ans. Et pour cela, on a besoin de tous les Français, de tous les amoureux de la France.
Et ça a été un peu le sens de la démarche de Pierre-Romain Thionnet, qui a voulu porter aussi ce message d'espoir pour la jeunesse française, qui subit l'inflation, le réchauffement climatique, l'insécurité, la perte de ses valeurs, de son identité, le déclassement. Et c'est vrai qu'on appartient, parce que je m'inclus un peu dans cette génération-là, à une génération qui n'a jamais connu la France qui va bien. Moi, la France qui va bien, je ne l'ai connue qu'au travers de mes parents et de la politique. Vous restez avec nous, Jordan Bardella, d'autres sujets d'actualité à évoquer ce soir, et notamment des nouvelles de Florent Paddy.
Si le chanteur va mieux, il n'en a pas fini avec son cancer. Plus d'un an qu'il se bat contre la maladie et il craint aujourd'hui une rechute, Émilie.
En janvier dernier, il annonçait qu'il devait annuler sa tournée pour ses 60 ans parce qu'il était atteint de ce cancer du poumon.
Je dois annuler l'ensemble de mes cancers suite à un problème de santé. En effet, on vient de me diagnostiquer une tumeur au poumon, une tumeur cancéreuse, pas très sympathique, qui ne peut pas s'opérer. Donc, je dois rentrer dans un protocole de six mois
de chimiothérapie et de rayon X. Moi et ma moitié devons nous mettre en mode guerrier afin d'affronter cette épreuve
un peu particulière.
En faisant cette annonce sur les réseaux sociaux, Florent Paddy lève un tabou sur le cancer et il va continuer de le faire en parlant des étapes de son traitement, de la chimiothérapie, la radiothérapie et il n'hésite pas à montrer son nouveau visage alors qu'il a perdu ses cheveux.
Il ne me reste plus qu'une chimio.
Je peux vous dire que je vais très bien. Le protocole a plutôt bien marché puisque dès les deux premières chimios
immunothérapie, ma tumeur qui était grosse comme un kiwi s'est transformée en une noisette. Donc, tout de suite derrière, on a envoyé du lourd avec la radiothérapie et les chimios plus intensifs. Quand tout ça sera un peu résorbé, on pourra savoir un peu plus les résultats, mais on a très confiance.
Alors qu'il était en rémission, on apprend ces derniers jours que son combat contre la maladie est loin d'être terminé. Dans l'émission 7 à 8 diffusée dimanche soir sur TF1, Florent Pagny explique
qu'il crée une rechute avec l'apparition de métastases et surtout, il confie l'intérêt remords, le fait de ne pas avoir suivi le protocole de traitement jusqu'au bout et de ne pas avoir bénéficié
d'une immunothérapie, même si rien ne prouve que c'est la raison de cette rechute.
En fait, ça fait chier cette histoire. Ça ne s'arrête jamais. Il y a toujours quelque chose qui finit par réapparaître. L'autre fois, c'était les taches blanches. Maintenant, c'est un ganglion qui marque. Je n'ai pas fait le traitement d'immunothérapie, alors il faut que je retourne vite le faire. Ce n'est pas défini. Ce n'est pas clair. On sait bien qu'il y a toujours des vraies possibilités de rechute et elles arrivent sous toutes leurs formes. J'ai trop profité de tout ça. Et les cinq mois, peut-être que si j'avais été en France, je n'aurais peut-être pas ce ganglion qui apparaît comme ça. Et si j'avais suivi le programme prévu, peut-être. C'est un peu de ma faute.
Bonsoir, professeur Nicolas Gérard, pneumologue et oncologue à l'Institut du Thorax Curie-Montsouris à Paris. Depuis plus d'un an, Florent Pannis dit tout de son cancer. Le poids de l'annonce, le premier traitement, la crâne de la récidive, c'est un exercice de transparence admirable, dit le Parisien aujourd'hui en France. Vous partagez cette analyse ?
Oui, je le partage. Je pense qu'on ne doit pas être seul face à une maladie comme celle-ci, qu'on soit quelqu'un de célèbre ou un patient de tous les jours. Je pense que c'est extrêmement important de se battre avec son entourage, avec ses amis, avec sa famille et partager finalement chaque étape comme ça. C'est ce que chaque patient est amené à faire. Et là, effectivement, ça trouve une résonance importante.
Chez vos patients ?
Chez nos patients, ça les aide aussi. Parce que toutes ces étapes que Florent Pannis peut être amené à décrire, nos patients les vivent au quotidien. Et finalement, il y a ce parallèle qui se fait. Et je pense que c'est extrêmement aidant de ne pas être seul avec son entourage très resserré. Et là, finalement, avec un patient qui va effectivement partager comme ça chaque étape de sa prise en charge, ses désillusions, ses doutes. Et ça, c'est ce que vivent chacun de nos patients.
Florent Pannis pensait le cancer en partie derrière lui. Il admet là face caméra ne pas avoir suivi le traitement prévu. Deux questions.
Quand il dit que c'est peut-être un peu de sa faute s'il doit repartir au combat, est-ce vraiment un reproche qu'il peut se faire à lui-même ? Et deuxième question, est-ce que beaucoup de patients, comme Florent Pannis, sont tentés de renoncer à la poursuite de leur traitement une fois les premières bonnes nouvelles arrivées ?
Alors, je dirais, oui, les patients peuvent effectivement avoir des moments de difficulté dans la tolérance des traitements. La chimiothérapie, la radiothérapie, c'est des traitements très lourds, très difficiles. Il faut être extrêmement courageux au quotidien pour continuer ces traitements. Et avec l'espoir, évidemment, que ces traitements soient les plus efficaces possibles. Après, la culpabilité dans le cancer du poumon, elle est là dès le début parce que le cancer du poumon, c'est un cancer qui est lié au tabac. Tous nos patients ont à un moment exprimé le fait, effectivement, de dire, je regrette d'avoir fumé, etc.
Il ne faut pas oublier que, déjà, tous les fumeurs ne font pas de cancer du poumon, loin de là. Et d'autre part, que le tabagisme, c'est une maladie en soi, c'est une addiction qu'il faut prendre en charge et prévenir.
S'il faut tenir bon et poursuivre son traitement,
c'est que l'immunothérapie, en tout cas dans le cas de Florent Pannis, elle est intervenue après une phase combinée de radiothérapie et de chimiothérapie, que l'immunothérapie, ce n'est pas du tout un traitement anodin,
mais que son efficacité est très importante pour réduire les risques de récidivité de décès.
Oui, l'immunothérapie a complètement changé la prise en charge des patients atteints de cancer du poumon. Elle réduit de moitié le risque de rechute, elle réduit de moitié le risque de mourir de son cancer. Donc, c'est des résultats qui font que l'immunothérapie, aujourd'hui, elle est proposée à une majorité de nos patients, toutes seules ou en association avec les traitements pendant la chimiothérapie ou après les traitements de chimiothérapie.
C'est un traitement qui est moins connu des patients, ce qui peut expliquer le fait que Florent Pagny n'ait pas forcément suivi ce traitement-là.
C'est-à-dire, quand on pense cancer, on pense chimiothérapie, on ne pense pas forcément immunothérapie.
Alors, de plus en plus, parce que l'immunothérapie est une révolution non seulement dans les cancers du poumon, mais aussi dans plein d'autres cancers, c'est un traitement qui est finalement rétabli, quelque chose de naturel chez chacun de nos patients, la défense, l'immunité contre les cellules cancéreuses. Normalement, comme un virus ou une bactérie, notre organisme, il doit détruire les cellules cancéreuses. C'est ce qu'il fait quotidiennement. On fait tous des cellules cancéreuses, on les élimine grâce à notre immunité, mais à un moment, le système est dépassé et c'est là où le cancer peut survenir.
Lorsqu'on fait l'immunothérapie, on rétablit ce processus naturel et donc l'immunothérapie, elle a cet avantage d'être efficace et en plus, elle est beaucoup moins toxique que la chimiothérapie ou l'immunothérapie. Par contre, elle doit être répétée dans le temps. Elle doit être répétée dans le temps et c'est une astreinte pour les patients qui doivent recevoir ces traitements pendant plusieurs mois voire plusieurs années.
Émilie ? Dans sa longue interview, Laurent Pagny raconte toutes les étapes de son combat contre le cancer mais il revient aussi sur ses premiers symptômes. Il explique qu'il toussait beaucoup donc il est allé faire un scanner, c'est là qu'on lui a annoncé qu'il avait une tumeur. Est-ce que son cancer aurait pu être détecté avant et de manière générale quand est-ce qu'on doit s'inquiéter ?
En fait, il n'y a pas beaucoup de signes pour le cancer du poumon et souvent les signes, les symptômes
ils surviennent
quand la maladie est un peu avancée. C'est-à-dire qu'une toute petite tumeur de 20 cm dans le poumon ne va donner aucun symptôme et c'est bien ça le problème et c'est pour ça qu'on parle de plus en plus du dépistage du cancer du poumon.
Il y a des progrès à faire dans le dépistage ?
Oui, il y a des progrès. Le dépistage du cancer du poumon il fonctionne. Il est démontré que le dépistage réduit le risque de mourir d'un cancer du poumon. En quoi ça consiste ? Ça consiste à faire des scanners, donc des radios spécialisées chez les personnes qui sont les plus à risque, c'est-à-dire les personnes de plus de 50 ans qui ont fumé pendant plus de 25 ans. Et aujourd'hui, le dépistage n'est pas mis en place de façon organisée dans notre pays. On est l'un des seuls pays développés à ne pas avoir ce programme de dépistage en place. Ça fait plus de 10 ans qu'il est démontré et que ce dépistage fonctionne.
Fort heureusement, ça y est, c'est dans le programme de l'Institut National du Cancer. Il y a des expériences pilotes qui se développent dans plein de régions en France et donc pas hésiter finalement à y participer.
Est-ce que la meilleure solution pour lutter contre les cancers du poumon c'est toujours de continuer à augmenter le prix des paquets de cigarettes ? Ça reste une bonne méthode ?
C'est une méthode qui fonctionne en tout cas. Ça a été au cours des 10 dernières années ce qui a probablement permis de réduire le tabagisme, notamment chez les hommes et la mortalité par cancer du poumon. Par contre, chez les femmes, ça continue d'augmenter parce qu'effectivement le tabagisme continue d'augmenter chez les femmes.
L'immunothérapie fonctionne pour d'autres mots. Vous l'avez dit, docteur, les anticorps monoclonaux qui ont été utilisés en traitement contre le Covid sont une forme d'immunothérapie et puis on dit que des chercheurs travaillent également sur les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. C'est un espoir fondé ?
Je pense que c'est un espoir fondé. On s'aperçoit que le système immunitaire, nos défenses, finalement, elles s'enrichissent à chaque fois qu'on va rencontrer quelque chose de différent de nous. Donc des virus, des bactéries, plein d'autres stimulants et ce système immunitaire, il a une mémoire et finalement, cette mémoire, elle va être utile non seulement pour se battre contre ces virus, contre ces bactéries mais aussi probablement influencer finalement le développement d'autres maladies, maladies cardiovasculaires, maladies neurologiques comme vous le disiez.
Est-ce qu'on peut imaginer qu'à terme, l'immunothérapie va définitivement remplacer la chimiothérapie ou la radiothérapie ?
Je ne sais pas. En tout cas, elle viendra probablement se positionner pour la plupart des cancers dans une stratégie de prise en charge un peu globale. Il n'y a pas un seul traitement contre ce type de maladie, c'est souvent une séquence de traitement, une combinaison de traitement qui va permettre effectivement d'augmenter le taux de guérison et c'est le cas. Aujourd'hui, la mortalité par cancer, elle diminue chaque année, chaque année, chaque année, depuis une vingtaine d'années. Donc oui, l'innovation en termes de traitement, elle est là et elle profite à nos patients.
Quel est le message qu'il faut adresser
à tous les patients qui souffrent d'un cancer du poumon qui se sont reconnus dans le témoignage de Florent Pagny ?
Je pense que le message, c'est de dire oui, il y a un espoir dans les traitements, même si effectivement, on voit qu'il y a des étapes qui sont difficiles. La rechute, comme ça, telle qu'elle est suspectée ici dans le cas de Florent Pagny, c'est évidemment un moment très difficile pour les patients.
Il ne faut pas être seul, il faut poser les bonnes questions finalement aussi aux médecins qui prennent en charge finalement ces patients et puis effectivement, il faut le plus possible chercher les traitements les plus innovants et aujourd'hui, en France, on est un pays dans lequel on a la chance finalement d'avoir accès aux traitements les plus innovants, les nouvelles immunothérapies, les stratégies nouvelles de prise en charge des patients à Tannes-Cos.
Merci professeur Nicolas Gérard d'être venu ce soir sur le plateau de CETA. Vous restez avec nous ?
Oui.
C'est l'heure de la story de Mohamed Bouafsi.
Mohamed, vous nous parlez de ces bagarres qui éclatent un peu partout en France dans des salles de cinéma
à l'occasion
de la diffusion d'un film.
Oui, c'est le film événement du moment, Creed 3 et le 9e long métrage de la franchise Rocky. On y suit les aventures d'Adonis Creed incarné par Michael B. Jordan, le jeune prodige de la boxe et le RPG de Rocky. Mohamed, tout de suite un micro-main parce qu'il y a un problème des micros. Merci beaucoup messieurs. C'est le film événement du moment, Creed 3 et le 9e long métrage de la franchise Rocky. On y suit les aventures d'Adonis Creed incarné par Michael B. Jordan, jeune prodige de la boxe et protégé de Rocky Balboa. Depuis sa sortie mercredi dernier, les bagarres se multiplient pendant les séances de projection de Charleville-Mézières à Nice en passant par Ivry-sur-Seine et Saint-Etienne.
Excusez-moi,
il y a des enfants en bas. Il y a des enfants.
À Thionville,
les policiers ont dû évacuer 500 spectateurs de la salle du Kiné Police. Ils ont dû quitter la salle à cause d'une bagarre géante qui s'est poursuivie sur le parking. Plusieurs personnes ont été placées en garde à vue. Adreux, un exploitant de salle, a d'ores et déjà pris une décision radicale. Il a décidé de ne plus projeter le film. Pour retrouver une sérénité, pour le bien-être de mon personnel et de mon public, je n'avais pas d'autre choix parce que je ne vais pas vous cacher que samedi soir, j'avais beaucoup d'agents qui étaient très choqués, qui étaient au bord des larmes. On n'est pas là pour subir ce genre d'événements.
Plusieurs cinémas de Haute-Savoie ont pris la même décision et cela ne concerne pas que la France. À Hambourg, en Allemagne, plusieurs cinémas ont été confrontés à des bagarres. En 2019, déjà, le deuxième volet de Creed avait engendré des incidents violents. Si ces films montrent de nombreux combats de boxe, ils n'incitent pourtant pas à la violence. Vous pouvez vous faire une idée avec cet extrait de la bande-annonce de Creed III. C'est que le début de ce que je suis venu te prendre, frérot. Je suis venu te prendre en tout. La Fédération Nationale de Cinéma Français se dit pas inquiète et parle d'épiphénomène. 30 incidents sur les 2500 séances quotidiennes consacrées aux films.
Pour Stéphane Boutsoc, journaliste et spécialiste cinéma d'Hertel, les films de la trilogie Creed sont loin d'être les premiers à donner envie aux spectateurs de se battre. Et la raison est très simple, c'est que ça excite les spectateurs. Alors, ce qui est amusant ou troublant, c'est que c'est pas la première fois dans l'histoire de la saga Rocky que ça se produit.
D'ailleurs, en 1976, quand le premier film est sorti, il y avait eu des bagarres, des bastons dans les salles et ça s'est reproduit dans les années 80 au fil des épisodes suivants comme si, je sais pas, peut-être la philosophie du film, l'affrontement entre le bien et le mal, entre le nord et le sud, entre l'est et l'ouest, exacerbaient un peu la rivalité ou les passions ou la virilité, qui sait, des spectateurs qui voyaient ces films. Puis, il n'y a pas si longtemps, il y a un film d'horreur l'an dernier qui s'appelle Smile qui est sorti en France et dans les salles aussi, les gens jouaient à se faire peur,
à sauter dessus, à hurler, à crier et finalement à se battre. Donc, c'est pas du tout un phénomène isolé.
Une autre raison, malheureusement, à Thionville, deux bandes rivales se sont retrouvées au même moment lors de la même séance dans le cinéma. Pierre, dans un autre registre, quand la grande bouffe de Marco Ferreri est projetée au Festival de Cannes en 1973, le public est très agité et se déchaîne aussi.
Il était agité parce qu'il était très partagé. Il y avait des scènes plus ou moins orgiaques autour de la bouffe, si j'ose dire, mais bien au-delà. Et donc, il y a eu des discussions et des controverses. Ils étaient très partagés et s'opposaient. Il y a eu des échanges de coups, des échanges de crachats et la comédienne Andréa Ferréol a été prise à partie par des femmes qui lui disaient j'ai honte d'être une femme quand je vois ce que vous faites dans ce film. C'était rude.
Voilà, donc c'était pas mieux avant, quoi. Conclusion. C'est l'heure du 5 sur 5 de Mathieu Béliard.
Bonsoir la mète. Bonsoir à toutes et à tous.
Mathieu. Un incident de séance a interrompu les débats à l'Assemblée nationale cet après-midi. Oui, incident de séance, c'est un bel euphémisme. Les députés examinaient aujourd'hui une proposition de loi qui vise à rendre inéligibles des élus condamnés pour violences aggravées. Donc, dans les cas, par exemple, où ces violences sont commises sur un mineur de 15 ans, sur une personne vulnérable ou sur le conjoint. On va venir sur le fond de ce débat dans un instant. Mais c'est après la prise de parole d'Olivier Marlex, président du groupe LR cet après-midi, que ça a dégénéré.
Madame Berger, offrir une séance d'introspection sur le thème que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. Il faut dire que vous avez de quoi faire en la matière. Huit mises en examen, dont celles du secrétaire général de la présidence de la République, excusées du peu, et, pardon, monsieur le garde, celles du garde des Sceaux, accusées l'un et l'autre de prise illégale d'intérêt. Mais qu'est donc devenu ce candidat à l'élection présidentielle qui, en 2017, déclarait qu'un ministre devrait quitter le gouvernement s'il était mis en examen ?
Et en fait, juste après, Éric Dupond-Moretti, qui était cité, vous l'avez entendu, a adressé un bras d'honneur au député LR, geste qui n'était pas filmé. Mais après, le geste choquant, le plus étonnant, quelques instants après, c'est que le garde des Sceaux a assumé son geste. Pendant que notre président de groupe, là aussi, descendait de la tribune, le garde des Sceaux a fait un bras d'honneur. Il n'y a pas un bras d'honneur, il y en a deux, mais accompagnés de paroles à chaque fois, qui sont...
Effectivement, de préciser vos propos, parce que si c'est le cas, ça n'est absolument pas admissible. Alors finissez vos propos.
J'ai dit, madame, j'ai dit, madame, bras d'honneur à la présomption d'innocent. Je l'ai dit deux fois. Bras d'honneur adressé par le ministre de la Justice à un président de groupe de l'opposition, en férance, dans l'hémicycle. Audrey Payas et Anaïs Rucoulli étaient à l'Assemblée. Elles ont pu recueillir la réaction d'élus, à commencer par celui qui était visé, Olivier Marlex. On est en train de discuter d'un texte qui parle d'exemplarité, d'exemplarité des élus. Il paraît totalement invraisemblable qu'un membre du gouvernement de la République française se permette de faire des bras d'honneur à leur représentation nationale. Mais dans quel monde vit-on ?
On pensait jusque-là que c'était le ministre des Racailles. En fait, on s'aperçoit que c'est un ministre Racaille. Il ne respecte rien, ni nos institutions, ni la justice française. Les mêmes qui, il y a quelques jours,
se plaignaient de voir en fait des parlementaires trop véhéments sur un sujet qui est la réforme des retraites. Les voir maintenant sur des faits qui leur sont reprochés et qui sont incontestables, M. Dupond-Moretti est mis en examen. Le simple rappel de ces faits lui fait commettre dans l'hémicycle un bras d'honneur en direction des parlementaires. C'est inadmissible. Après deux suspensions de séance, Éric Dupond-Moretti a un peu changé de ton et présenté des excuses à l'intéressé et aux députés. Je tiens à dire qu'il y avait autour des gestes qui me sont reprochés des paroles qui tendaient non pas à viser le président Marlex mais à viser le mépris.
C'est comme ça que je l'ai conçu qu'il avait pour
le respect de ma présomption d'innocence. Vous avez eu l'image, vous n'avez pas eu le son.
Si vous l'avez pris pour vous, je regrette ce geste. Mais, mais, lorsque j'ai fait ce geste, ce double geste, on m'a dit un, j'ai dit deux, parce que c'est deux, j'ai dit c'est un bras d'honneur à la présomption d'innocence. Je n'ai pas voulu viser le président Marlex mais si mon geste a été mal interprété, je lui présente mes excuses ainsi qu'à toute la représentation nationale. On sera tous d'accord pour dire qu'on a vu de plus plates excuses dans l'histoire. J'en donne Bardella par la suite, immédiatement après, sur Twitter, vous avez affirmé Eric Dupond-Moretti doit partir, vous demandez sa démission ce soir ? Monsieur Dupond-Moretti est ministre de la justice.
Il est le garant de l'intégrité de la justice en France. En faisant un bras d'honneur à la représentation nationale, en fait, c'est aux Français qui font un bras d'honneur. Et ce geste-là, ça incarne la faillite morale de tout un gouvernement. Parce que, en fait, derrière ce geste grossier, ordurier, vulgaire, inadmissible quand on est ministre, je pense que ça traduit vraiment ce qu'est cette réforme sur le fond, cette réforme des retraites sur le fond.
Dont il n'était pas question.
Non, non, mais d'accord, mais je pense que ça traduit vraiment la manière dont le gouvernement considère le peuple français. Et je pense qu'en voyant ces images, les gens se disent mais est-ce qu'un jour, on va avoir en France des dirigeants politiques qui nous aiment et qui nous respectent.
Est-ce que vous pensez que vous pouvez obtenir cette démission du garde des Sceaux ?
Enfin, d'abord, je ne suis pas le président de la République, mais je pense qu'il ne peut pas rester ministre de la justice quand on fait un bras d'honneur. Mais vous vous rendez compte, là, dans les prisons, il doit être très content, il doit applaudir. Déjà qu'il est applaudi quand il va en prison, alors là, il va être reçu avec une standing ovation dans toutes les prisons.
Oui, il avait visité
la prison de Frennes, vous vous souvenez, il avait été applaudi. C'est acquittateur. C'est-à-dire que Dupond-Moretti, je ne le reproche pas d'avoir été avocat, mais c'est un fait, a fait acquitté. Il a défendu les terroristes, les délinquants, etc. Pas de problème, c'est le principe, il était avocat. Mais quand on veut incarner le tournant de la sévérité qui est nécessaire aujourd'hui en matière pénale et qu'on se permet de faire des bras d'honneur, des bras d'honneur, imaginez juste la une seconde, ça avait été un député du Rassemblement National qui avait fait ça. Qui a lancé Retourne en Afrique ? Oui, c'est arrivé il n'y a pas si longtemps. C'était il y a quelques semaines.
En parlant de quoi ? Non mais attendez, tout ne se vaut pas. Retourne en Afrique ? En parlant d'un bateau ?
Retourne en Afrique, on va pas refaire le débat.
Non mais attendez, vous ne pouvez pas dire ça. Grégoire de Fournasse, député du Rassemblement National, le débat a porté sur un bateau de migrants, il a dit qu'il retourne en Afrique en parlant de ce bateau. C'est ce que dit le compte-rendu de l'Assemblée Nationale. Eh bien là, Éric, tu peux m'en rétis et tu le fais. Lui, il dit qu'il a fait un bras d'honneur à l'atteinte à la présomption d'innocence. Donc vous défendez ça ?
Non, je ne défends pas.
Mais là, je veux bien que ce soit tout le temps de notre faute. Si on écoute
les explications des uns et des autres.
Excusez-moi, on ne met pas sur le même plan un débat politique et une violence verbale. Parce que quand on dit un bateau qu'il retourne en Afrique, on est dans l'échange verbal. C'est ça l'Assemblée Nationale. Et l'Assemblée Nationale, c'est la violence des mots plutôt que la violence des mains et plutôt que la violence de la rue. C'est ça la démocratie. Et je pense que quand les gens voient cela, je pense qu'ils sont très inquiets de la conception qu'ont ces gens-là de la démocratie et du débat démocratique en France. Sur le fond ?
Oui, la proposition de loi qui était débattue « Rendre inéligibles les personnes condamnées pour violence », c'est la présidente du groupe Renaissance, Aurore Berger, qui a déposé cette proposition.
La seule question aujourd'hui que ce texte pose, c'est est-ce que, oui ou non, nous voulons que des citoyens condamnés pour des faits de violence aggravés, que ce soit à l'encontre de leurs conjoints, à l'encontre de leurs enfants, à l'encontre de personnes qui auraient une appartenance supposée à une religion, et bien que ces personnes-là puissent demain devenir des élus de la République. C'est la seule question à laquelle vous allez dans quelques minutes devoir répondre et vous prononcer.
Aurore Berger ne le dit pas c'est clairement, mais elle a déposé cette proposition de loi juste après le retour d'Adrien Quatennens dans l'hémicycle. Elle l'évoquera un peu plus tard, le retour d'Adrien Quatennens il y a quelques semaines. Et déjà, il y a quelques jours quand le texte est passé en commission, les élus insoumis dénonçaient un texte très politique.
Il s'agit purement et simplement d'une grossière et dangereuse instrumentalisation de la justice et de la lutte contre les violences faites aux femmes à des fins bassement politiciennes. Nous refusons, nous, l'escalade répressive qui est la seule réponse que vous apportez à tout propos sans jamais vous attaquer aux causes structurelles des problèmes ni mettre les moyens financiers pour y remédier.
Avant l'incident de séance dont nous avons parlé, Audrey Payas et Anaïs Recouli ont trouvé les députés sur cette question divisés. Beaucoup trouvent le texte fourre-tout.
S'il n'y a aucune évolution, c'est compliqué en l'état de voter un texte qui met au même niveau plein de choses qui n'ont rien à voir puisque c'est ce que fait le texte à l'heure actuelle. Il n'y a pas que les violences sexuelles et sexistes. Il y a beaucoup d'autres choses qui peuvent concerner, je ne sais pas, les gens qui font des manifestations par exemple.
On souhaite garder de la proportion et faire en sorte que ce soit d'abord notamment les femmes qui soient protégées, les enfants aussi et aujourd'hui, ce n'est pas le cas dans ce texte qui a été un peu un mêlimélo de tout et qui a perdu de vue son premier objectif tout en étant derrière instrumentalisé à des fins politiciennes. Est-ce que c'est au juge de décider qui peut représenter les Françaises et les Français à l'Assemblée nationale et non pas les électeurs ? C'est là où se trouve peut-être le petit distinguo entre ceux qui vont voter pour et ceux qui vont s'abstenir.
Du côté de la France insoumise, c'est une chose mais même dans les autres camps chez LR par exemple, vous l'avez entendu, il y a de la division, de la circonspection en tout cas sur ce texte. Au-delà des questions qui se posent au sujet d'Adrien Quatennin, c'est-ce qu'il faut étendre l'inéligibilité aux personnes condamnées pour des violences aggravées ? Je pense qu'on a une tradition dans le droit français, c'est qu'il n'y a pas d'automaticité en droit. Et ce texte-là, il va à l'encontre total de ce principe qui est fondateur. Les peines planchées que vous condamnisez ? Ce n'est pas une automaticité. Il y a des peines maximales, il y a des peines minimales. Ce n'est pas une automaticité.
Les peines planchées, ce n'est pas des peines... Ce n'est pas une automaticité. Et d'ailleurs, allons sur ce sujet. C'est contre... Non, ce n'est pas une automaticité. C'est un seuil minimal. Mais c'est un seuil minimal. Mais ce n'est pas une automaticité. Je pense que... D'ailleurs, M. Dumont, qui est député, pourtant qui n'est pas de mon groupe, a raison. Je pense que ce n'est pas au juge ou à un magistrat de décider si oui ou non vous êtes éligible ou inéligible. Et d'ailleurs, je vais même vous dire, ça existe déjà. Les violences aggravées, il est déjà prévu dans ce qu'on appelle les peines complémentaires que le juge puisse prononcer un dispositif similaire.
Donc je vais vous dire, je pense qu'en fait, En Marche, c'est de se racheter une conscience. Parce que pendant la campagne des élections législatives, moi je me souviens que Renaissance avait investi, notamment en Dordogne, M. Perra, qui était un candidat aux législatives qui avait été condamné pour violences conjugales. Donc je pense que Mme Berger ferait aimer de balayer un peu devant les médias. Vous avez raison. Mais je pense que Renaissance devrait balayer un peu devant sa porte. Et je pense que c'est au parti politique. Mais je ne rêve pas de dictature, M. Cohen. Et je suis très respectueux et peut-être c'est là votre, je ne sais pas, votre fantasme autre.
Mais je suis très respectueux, moi, des principes du droit et des institutions de la République française. Et en l'occurrence, je pense que c'est aussi au parti politique de faire le ménage et de ne pas investir des gens qui sont condamnés pour violences conjugales. Moi, c'est arrivé, parce que ça arrive dans tous les milieux politiques. Ça m'est arrivé comme président du RN d'être confronté à des élus, à un élu en l'occurrence. Il y a eu un député européen. Exactement. Armée Juvin. Exactement. Qui est condamné pour violences conjugales.
Dans le quart d'heure où j'ai appris cette décision de justice, encore une fois, dans le respect de la procédure, nous lui avons demandé de quitter le groupe RN. Donc, je pense que c'est au parti politique de faire cela. Et je pense vraiment qu'en démocratie, comme le disait le général de Gaulle, la Cour suprême, c'est le peuple. Et qu'en dernier sens, le magistrat n'a pas à se substituer au peuple. Ce qui n'enlève pas le fait qu'il faut être d'une tolérance, d'une intolérance la plus absolue à l'égard notamment des violences faites aux femmes. Merci Jordan Bardella, président du Rassemblement national et député européen.
Merci beaucoup, professeur Nicolas Girard, d'être venu ce soir nous parler
de la prévention contre le cancer du poumon. Dans un instant, nos invités du dîner, Jacques Weber, Nadia Fares et la réalisatrice Nathalie Marchac,
l'œil de Pierre, les infos express, le vu, GTA SA et les actualités de Bertrand Chameroi. Je crois bien que je n'ai rien oublié. On est prêts, on vous attend. Merci.
Merci.
Jordan Bardella