18ème Congrès de Régions de France - Discours de Laurent Wauquiez - 16/09/2022
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Je soupçonne qu'il y ait dans la salle quelques conseillers régionales d'Auvergne-Rhône-Alpes qui sont donc totalement objectifs dans leurs applaudissements et je les en remercie. Monsieur le Président du Sénat, Madame la Première Ministre, Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les parlementaires, cher Nicolas, Madame la Présidente de Région de France, chère Carole, et merci de la fierté que tu as insufflée à la représentation de nos régions. Chers collègues, merci à tous d'avoir fait l'effort d'être présents et plus particulièrement à nos collègues d'Outre-mer.
Monsieur le Président des départements de France, cher François, Monsieur le Président de l'AMF, cher David, qui ont dû nous quitter, Mesdames et Messieurs les élus locaux, et je voudrais également associer tous nos partenaires sans lesquels nous ne pouvons rien faire, nos partenaires économiques, nos partenaires consulaires, nos partenaires du Césaire, chère Carole, et toutes les entreprises avec lesquelles nous travaillons au quotidien pour avancer. Sans vous, nous ne sommes rien et nous ne devons jamais oublier qu'en tant qu'élus, c'est notre capacité à fédérer qui nous permet d'avancer. Je voudrais également vous demander d'applaudir chaleureusement Frédéric Aguilera, toutes les équipes de Vichy et celles de la région, qui ont oeuvré pour vous accueillir au mieux.
Et en rappelant que, à ma connaissance, je vais rare merci de l'avoir rappelé, Frédéric est celui qui détient le record entre le dépôt d'une date de demande pour être reconnu au patrimoine mondial de l'UNESCO et l'obtention, je crois qu'il n'y a même pas eu trois ans entre les deux, Frédéric, vous avez fait un travail absolument colossal, et on est très fiers de vous. C'est la première fois que nous nous réunissons depuis le Covid. C'est-à-dire que c'est la première fois que nous nous réunissons depuis la plus grande épidémie qui a touché notre pays en un siècle.
Et il n'est pas inutile de s'arrêter un instant pour en tirer quelques conséquences. Pendant cette épidémie, il y a des choses qui ont réussi, et il y a des choses qui n'ont pas réussi. Quand les décisions ont été prises de façon trop solitaire, elles n'ont pas marché.
Quand les décisions ont été construites ensemble, elles ont réussi. Quand les décisions étaient trop prises du niveau central, elles n'ont pas abouti. Quand les décisions étaient construites en commun à partir du terrain, elles ont réussi.
Et je veux ici reconnaître d'ailleurs la franchise du ministre de la Santé, Olivier Véran, qui a eu le courage de reconnaître que l'approche nationale qui avait été développée sur les masques avait été un échec total et une erreur. C'est très courageux de la part d'un ministre d'être capable de reconnaître ses erreurs, mais il faut en tirer les conséquences derrière. A l'inverse, madame la première ministre, ce qui a marché, c'est quand on a travaillé ensemble, et je dis bien ensemble, pas les collectivités locales contre l'Etat.
Je ne crois pas à ce modèle. Ici, vous êtes dans une région où on a travaillé avec notre préfet de région de façon très active. On est dans une région, Frédéric, où on a additionné les forces avec nos communes, avec nos départements.
Toutes les régions ont fait la même chose. On a travaillé avec nos industries pour produire des masques, pour organiser des campagnes de dépistage, pour accompagner les campagnes de vaccination. Et nous l'avons fait à partir du terrain, avec du pragmatisme, et en essayant d'être réactifs.
C'est cela qui a marché. Et c'est à mes yeux la grande leçon de la crise du Covid. Et la question qui nous est aujourd'hui posée, c'est aussitôt cette crise passée, est-ce qu'on oublie ou est-ce qu'on en tire les conséquences ?
Est-ce qu'on oublie ce qui s'est passé et est-ce qu'on renoue avec nos vieux modes de fonctionnement ou est-ce qu'on tire les leçons de ce qui a fonctionné et de ce qui n'a pas fonctionné ? Et d'où cette très belle question qui a été posée par Carole Delgarde sur la question de la souveraineté. Souveraineté.
Ce mot magnifique qui a été investi et redéfini par Jean-Jacques Rousseau, philosophe qui, je le rappelle, a vécu dans notre région, notamment à Chambéry, où il a dit qu'il avait passé les plus belles années de sa vie. Et il n'en a pas eu beaucoup. Jean-Jacques Rousseau revisite ce concept de souveraineté.
Et dit, la souveraineté, ce n'est pas la souveraineté du souverain. C'est la souveraineté du contrat social. C'est celle qui est capable de veiller à ce que ce contrat qui unit le peuple avec ceux qui vont le représenter se traduisent ensuite en actes.
L'assurance que, quand le peuple décide, choisit ses représentants, choisit le chemin qu'il souhaite se donner, ce chemin ensuite pourra rentrer en application. Nous sommes aujourd'hui dans une crise profonde de toutes les démocraties occidentales. Pourquoi ?
Tout simplement parce que les gens nous voient et qu'ils ont le sentiment que nous n'avons plus de prise sur le cours du destin. Que nous nous agitons, que nous faisons des communications plus ou moins habiles, mais que la réalité, c'est que rien ne change et que c'est ouvert, Carole, pour reprendre ce mot que tu as choisi, une crise de la souveraineté. Crise dans notre pays de la souveraineté énergétique, d'abord.
Comment un pays comme le nôtre peut-il envisager, d'ici quelques mois, de se retrouver dans des situations de coupure d'électricité que aucun d'entre nous n'a connues et que seuls nos parents ou nos grands-parents ont connues ? Une crise de la souveraineté dans un pays dont la principale fierté était d'avoir édifié son autonomie énergétique à travers son parc nucléaire. Il n'y a rien de plus saisissant pour les Français et il n'y a rien malheureusement qui s'incarnera à ce point dans notre vie quotidienne.
La crise ukrainienne y a évidemment sa part, mais la réalité, c'est que nous avions renoncé à notre souveraineté énergétique et que nous avions laissé partir en ruine petit à petit notre parc nucléaire. Crise de la souveraineté. Crise de la production.
Et vous n'en êtes évidemment pas responsable parce que c'est une tendance longue. Nous nous sommes tellement habitués à acheter des produits qui viennent de nulle part sans s'interroger sur où ils étaient produits, comment, par qui, en créant quels emplois. Quand on regarde aujourd'hui le déficit commercial abyssal de notre pays, quand on pense que la France d'Henri IV est aujourd'hui en situation de déficit alimentaire, c'est-à-dire que notre agriculture n'assure même plus le fait de nourrir nos compatriotes, ce qui est normalement le premier devoir des responsables politiques parce que nous avons trop affaibli notre agriculture, un pays comme le nôtre.
Crise de la défense. Avec évidemment ce témoignage poignant de l'ambassadeur ukrainien, avant que vous soyez là, qui a témoigné à quel point les nouvelles menaces géopolitiques étaient à nos côtés. Et nous avons souhaité aussi qu'à l'entrée de ce congrès, il y ait le drapeau arménien.
Dans cette période où l'Azerbaïdjan agresse à nouveau les territoires arméniens qui ont besoin de notre défense et de notre mobilisation, qu'une guerre n'étouffe pas l'autre dans la tension médiatique et dans une période où, malheureusement, parfois les attentions sont asymétriques. Eh bien, Madame la Première Ministre, toute cette question, c'est comment reconstruire cette souveraineté. Et il y a deux façons de l'aborder.
La façon tellement classique de notre pays, c'est que la souveraineté est le monopole de l'État. Depuis la construction de l'État français par Louis XI, lui qui part du Dauphiné, depuis ensuite l'édification de la monarchie absolue, puis ensuite la Révolution française, avec ce débat entre Robespierre et Brissot, puis ensuite la Troisième République, la réalité, c'est que notre pays a toujours cru que pour tenir, se construire, faire nation, défendre sa souveraineté, il fallait que ce soit le monopole de l'État. Ma conviction, notre conviction à tous, nous qui sommes des élus locaux, elle est double.
D'abord, un, ça ne marche plus. Ça ne marche plus. Et deux, il est urgent de changer le modèle de fonctionnement sur lequel repose la France pour tirer les conséquences de cette crise dans laquelle nous sommes.
Reprenons quelques éléments de souveraineté sur lesquels il faut basculer d'un modèle où c'est le monopole de l'État des décisions prises à Paris pour basculer dans un modèle où nous travaillons ensemble en partant des territoires. Changement complet d'approche par rapport à tout ce qui est notre histoire. Et je ne sous-estime pas l'ampleur des décisions que cela suppose que vous soyez capable de prendre.
D'abord, la souveraineté financière. Oui, vous êtes en Auvergne. Vous êtes dans une région où nous n'aimons pas le gaspillage de l'argent public.
Vous êtes dans une région où, comme toutes les régions françaises, nous sommes astraints à des règles de gestion et de dépenses, mais que nous respectons et que l'État pourrait lui-même s'astreindre à respecter. Vous êtes dans une région, et je pense que Carole y reviendra, à l'image de toutes les régions et de toutes les collectivités locales, ou alors que l'État est en déficit de 140 milliards, les collectivités locales sont à 4 milliards, mais 4 milliards d'excédent. La question partant de là, c'est est-ce que l'objectif, ensuite, c'est de faire les poches des collectivités locales pour combler les trous qui sont faits par l'État, ou est-ce que l'objectif, c'est d'additionner nos forces et de comprendre que nous pouvons apprendre les uns des autres, que vous pouvez avoir des paroles qui soient tenues dans la durée, que nous pouvons avoir un engagement réciproque où nous, nous sommes prêts à nous engager en investissement.
Vous, vous devez garantir une dynamique de ressources. Et cette question-là, Madame la Première Ministre, elle aura un point de rendez-vous très rapide, c'est celle du budget. Est-ce que, oui ou non, au moment du budget, l'État prend en compte le danger d'une asphyxie financière des collectivités locales avec la crise énergétique ?
Est-ce que nous y répondons ensemble ou est-ce qu'on détourne le regard ? Est-ce qu'on se dit les uns les autres que vos chiffres ne sont pas bons, il faut nous les redonner, réévaluer-les, retestons-les ? Alors que pendant ce temps-là, il y a urgence.
Si vous voulez encore avoir des collectivités locales qui tiennent debout dans ce pays, qui soient capables d'agir, qui puissent être des partenaires à votre égard, il est urgent de décider dans la perspective du budget et de donner une visibilité pour que nous puissions inscrire notre action dans le temps long. Une fois que cette souveraineté financière peut être acquise, nous pouvons ensuite décliner les choses. Je vois vos conseillers qui s'agitent dans votre dos, Madame la Première Ministre.
Je ne doute pas que ces questions aient été explorées avant. Le deuxième sujet est celui de la souveraineté industrielle et agricole. La France a 13% de taux d'emploi industriel.
L'Allemagne a 27%. L'Autriche est à 30% de taux d'emploi industriel. Nous sommes à 13%.
L'Italie du Nord est à 33% de taux d'emploi industriel. Nous sommes à 13%. Toutes les régions, tous les Etats décentralisés sont des Etats qui ont su défendre leur industrie.
Toutes les constructions centralisées sont celles qui ont vu s'effondrer petit à petit leur industrie. Florent Ménégaud, ce matin, nous en expliquait la raison. Pour que ça marche, une stratégie industrielle, il faut qu'elle puisse être mise en œuvre au niveau des territoires en additionnant les forces.
La recherche, Alain. La capacité de structurer l'appareil de formation, faire travailler ensemble les forces économiques, additionner les élus, travailler avec nos réseaux d'entrepreneurs. Nous sommes prêts à tout cela.
Mais déléguer plus. Arrêtons de croire à ce système où on arrête un certain nombre de gosses-plans au niveau national. Et ce n'est pas spécifiquement votre attitude, je le sais, pour faire en sorte qu'on puisse faire respirer nos stratégies industrielles à partir du terrain.
Et construisons la même chose à partir de notre agriculture pour arrêter d'assommer de normes notre agriculture qui n'en peut plus et lui permettre de se reconstruire avec cette diversité de territoires. Et n'oublions jamais, Madame la Première Ministre, une réalité qu'on oublie trop, c'est qu'en matière d'environnement, la première cause d'émissions de CO2, ce sont nos importations. Vous voulez agir pour la planète, la première chose qu'il faut faire, c'est rapatrier les productions sur le territoire français.
C'est la première chose à faire. Je voudrais enfin parler d'un aspect qui est si important dans notre pays, c'est la notion des services publics et qui est si étroitement liée à notre conception à la fois de ce qu'est notre pacte social et de ce qu'est notre souveraineté. Il y a aujourd'hui, et Hervé, tu le relevais, une étonnante énigme dans notre pays.
Nous sommes un des pays où il y a le plus haut niveau de fiscalité et nous constatons pourtant que le service rendu par nos services publics ne va qu'en diminuant et en s'effrêtant. Quelle est donc cette énigme française ? Comment avoir d'un côté un tel taux de fiscalité qui devrait se traduire par des services publics qui soient bien meilleurs en termes de performance que les autres ?
Or la réalité est malheureusement toute inverse. On constate des agents engagés dans leurs services publics qui donnent de leur mieux mais qui se heurtent de plus en plus à des règles administratives toujours plus lourdes et qui leur semblent toujours plus éloignées de ce qu'est le cœur de leur vocation. Mais cette énigme est simple.
Ça ne marche plus de piloter tous nos services publics de la même manière et depuis le niveau central. Ça ne fonctionne plus. Nous avons des années de retard en la matière.
Je voudrais prendre un seul exemple. Vous n'êtes pas venus par le train. Je vais vous dire que je ne vous le reproche pas parce que vous aviez à peine quelques minutes de retard.
Si vous étiez venus en empruntant le train SNCF Paris-Vichy, honnêtement, votre arrivée aurait été malheureusement très aléatoire. Madame la Première Ministre et nous est arrivés d'avoir des débats en la matière. Nous étions raisonnablement optimistes.
Nous nous disions que les travaux allaient commencer et on vient d'apprendre avec Frédéric Aguilera qu'une autorité environnementale sans la moindre légitimité démocratique qui n'a pas votre légitimité, qui n'a pas celle des parlementaires, qui n'a pas celle des élus locaux, vient de prendre une décision absurde demandant qu'il y ait des études supplémentaires, François, pour la réalisation des travaux sur la ligne Paris-Clairmont qui va nous faire perdre deux ans. Une autorité soi-disant environnementale dont la principale préoccupation devrait être dater les travaux pour améliorer le chemin de fer et qui prend la décision exactement inverse. On se heurte à toutes les contradictions aujourd'hui de l'État français.
Et je vous le dis, Gérard l'a parfaitement rappelé, si des grandes décisions ne sont pas prises rapidement sur l'état du chemin de fer, nous aurons dans cinq ans exactement le même cataclysme que celui que nous avons aujourd'hui sur le nucléaire. Le système de financement du ferroviaire, Jean a suffisamment travaillé sur cette question, le système de financement du ferroviaire n'est pas à la hauteur des enjeux que nous avons devant nous. L'absence de clarification des responsabilités entre l'État et les régions ne permet plus d'agir sur le système ferroviaire.
Et le danger, c'est que si nous ne travaillons pas tout de suite maintenant en urgence, dans cinq ans, vous aurez une quantité de lignes qui fermeront sur l'ensemble de notre territoire et alors il sera trop tard. Cela fait partie des grands chantiers que nous devons ouvrir, que nous devons ouvrir ensemble et qui sont un des multiples reflets de ce renversement qu'il faut opérer dans le fonctionnement de notre pays. Nous sommes tous, et je sais à quel point Carole est hantée par cette question, marquée par la crise profonde de la démocratie française.
Cette crise, Madame la Première ministre, elle n'est pas de votre fait. Si nous essayons même de sortir des postures politiciennes, elle n'est pas liée à ce qui s'est passé au cours des cinq dernières années, même s'il y aurait bien des débats entre nous sur cette question. C'est une crise qui remonte à quelque chose de beaucoup plus loin et qui doit tous nous interroger sur ce qui se passe dans notre pays et pourquoi nous n'arrivons plus à décider et à agir.
Ma conviction, c'est que la façon dont nous gouvernons, la façon dont nous agissons ne marche plus et qu'elle a petit à petit laissé basculer étape après étape d'un pays dans lequel la puissance politique avait une vraie capacité d'impulsion à un pays dans lequel aujourd'hui la puissance politique est comme un guliver qui aurait été lié, cadenassé et qui n'arrive plus à bouger et qui n'arrive plus à rendre à ses compatriotes le sentiment de cette capacité d'action qui est fondamentale dans la confiance de toute république et de toute démocratie. Si on est honnête, je suis absolument convaincu que cette crise renvoie à l'organisation de notre pays dans lequel toutes les décisions se prennent à Paris dans un bureau à deux et parfois à trois personnes. Ça ne fonctionne plus et Tocqueville l'avait parfaitement anticipé.
Lui qui va dans cette première moitié du XIXe siècle regarder la démocratie en Amérique et qui observe un modèle totalement autre que le nôtre et qui comprend à ce moment-là qu'un système où toutes les décisions sont concentrées est un système qui excelle à empêcher mais qui échoue à faire et qui comprend qu'un système où toutes les décisions sont concentrées est un système qui à un moment ou un autre sera condamné à la stérilité parce qu'il n'arrive plus à organiser l'émulation. Entre nous, entre présidents de région, entre élus locaux, il y a cette émulation, la volonté que nous avons tous de faire de notre mieux pour notre territoire. Cette émulation fait respirer la démocratie française.
Nous sommes au XXIe siècle. Il n'y a plus aucune organisation où toutes les décisions se prennent uniquement du niveau central. Nous sommes au XXIe siècle.
Toutes les organisations, que ce soit des associations, des entreprises, quelles que soient les structures, ont toute l'obsession de se dire comment faire en sorte pour faire remonter les initiatives et les idées à partir du terrain. Et nous, nous resterions la seule démocratie occidentale à ce point-là centralisée et à ce point-là dans laquelle toutes les décisions sont concentrées autour de quelques personnes. Je suis absolument convaincu que ça n'est même pas un service que nous vous rendons parce que la réalité, c'est que quand on prétend décider de tout, on ne décide de rien, que quand on est encombré d'une série de petites décisions, on n'arrive plus à prendre les grandes décisions stratégiques.
Et la deuxième chose que nous avons tous ressentie, c'est que dans cette période, les Français ont besoin d'écoute. Ils ont besoin de sentir que quand les décisions sont prises, elles sont prises en partant de leur réalité à eux. La crise des 90 km heure dans toutes ces caricatures a reflété ce sentiment de décision qui ne prenait plus en compte la vie quotidienne de nos compatriotes.
Madame la Première ministre, nous sommes tous face à un grand moment de rendez-vous. Et au fond, vous avez le choix. Soit nous faisons tous les uns et les autres des discours convenus en se renvoyant plus ou moins élégamment la balle.
Et à l'arrivée, on ne change rien, quelques petites mesures techniques à l'image de la loi 3DS, mais on laissera perdurer cette tendance de fond dans laquelle dans notre pays tout se décide d'en haut. Ou vous décidez, et je n'en sous-estime pas l'ampleur et les difficultés, de changer totalement la donne. Et vous comprenez alors qu'au XXIe siècle, une démocratie comme la nôtre doit être revivifiée.
Vous comprenez qu'on ne doit maintenant expliquer et non plus sermoner. Vous comprenez que l'on doit maintenant écouter et non plus dicter. Vous comprenez que l'on doit maintenant consulter et non plus contraindre.
Vous comprenez que l'on doit maintenant associer et non plus imposer. Tout ceci est possible. Nous y sommes prêts.
Nous vous avons montré que nous étions prêts à vous tendre la main. Vous avez une opportunité extraordinaire parce que les difficultés qui sont aujourd'hui à l'Assemblée nationale nous obligent tous à réaliser qu'on ne peut plus piloter un pays juste en produisant des lois et qu'il faut au contraire construire un pays en construisant ensemble des projets. Vous avez la possibilité de transformer ce défi en une opportunité.
Vous avez la possibilité de comprendre que ce n'est plus à travers des lois nationales uniquement que vous ferez bouger la France mais que c'est au contraire en construisant des initiatives communes et en renversant totalement le schéma d'organisation de notre pays. Ne décidez plus d'en haut. Reconstruisez la France à partir des territoires.
Faisons-le ensemble. Si vous prenez cette décision de faire respirer notre démocratie, vous nous trouverez à vos côtés. Merci.
Merci.
Laurent Wauquiez