Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com 56 min

Valérie Pécresse - La Grande Interview - Moi, Président

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

2:55
Présentateur

Bonjour, bonjour à tous et bienvenue dans le studio du groupe Nice Matin pour cette grande interview dans le cadre de notre dispositif Moi Président. Alors ce matin, on est plutôt en mode Moi Présidente puisque notre invitée est Valérie Pécresse. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Valérie Pécresse, nous sommes ensemble pendant une heure. Nous allons vous interroger avec Christian Huot, rédacteur en chef du groupe Nice Matin. Cette interview, elle est à suivre en direct sur nos réseaux sociaux, Twitter, Twitch, Facebook et Youtube. Une première question Valérie Pécresse.

Deux jours après le Congrès des Républicains, vous êtes venue dans les Alpes-Maritimes sur les terres d'Éric Ciotti à Saint-Martin-Vésubie. Là, vous êtes à nouveau dans le département. Vous serez à Nice, Antibes, Cannes et au Cannet. Pourquoi autant d'égards pour les Alpes-Maritimes ?

3:43
Valérie Pécresse

Parce que dans les Alpes-Maritimes, il y a un certain nombre de personnalités qui incarnent la droite d'aujourd'hui. Il y a Éric Ciotti qui incarne ces valeurs d'ordre. Il y a David Lissnard, le puissant président de l'Association des maires de France, qui s'est beaucoup engagé sur les sujets qui me sont chers, la déburocratisation, mais aussi la culture ciment nationale. Il y a Jean Léonetti qui incarne cette droite sociale, humaniste, avec une attention aux plus fragiles. Et nous parlerons cet après-midi d'Alzheimer et du grand âge.

Et puis il y a Michèle Tabarro qui est une femme puissante à droite et qui, elle aussi, incarne cette liberté, cette droite libérale qui est proche des entreprises.

4:28
Présentateur

Alors c'est un département aussi où l'opposition est forte entre la droite classique que vous représentez et une droite qui a choisi de rallier Emmanuel Macron. C'est aussi une des raisons de votre présence ici ?

4:38
Valérie Pécresse

Je crois aujourd'hui qu'Emmanuel Macron est profondément dérangé par le fait de voir la droite se remettre debout, se remettre sur pied, avoir une candidate qui incarne les valeurs de la droite, celle de l'ordre, mais aussi, et puissamment, celle de la modernité, celle de, j'allais dire, du social, une gaulliste sociale. Donc ça le dérange, ça le dérange dans le tango qu'il veut mener avec l'extrême droite. Mais je le dis, ce tango est extrêmement dangereux pour la France. Aujourd'hui, avoir un Emmanuel Macron qui veut étouffer la droite, c'est avoir l'extrême droite à 30%. Et jamais le pays n'a été aussi fracturé.

Et seul le retour d'une droite républicaine au pouvoir peut mettre fin à cette montée des extrêmes qui sont là en réaction au pouvoir d'Emmanuel Macron.

5:29
Présentateur

Alors avant de parler de la campagne, quelques questions d'actualité. Après 9 ans de lutte contre le djihadisme, la France et ses alliés ont fait le choix de se retirer du Mali. Il n'y avait pas d'autres solutions possibles.

5:39
Valérie Pécresse

Moi, je ne me résous pas à avoir la France humiliée, que ce soit en Australie, que ce soit en Russie, que ce soit au Mali. Tout a commencé avec la décision d'Emmanuel Macron d'annoncer le retrait du Mali unilatéralement. Et ensuite, vous avez vu ce qui s'est passé. La junte au pouvoir a commencé de se mettre à agresser la France. Et nos soldats, dont le courage est infini, ne peuvent pas payer le prix du sang. 58 soldats morts pour défendre un pays, une population qui ne veut pas de nous. Mais je le dis, la guerre contre l'islamisme, elle n'est pas terminée. La mission de nos soldats n'est pas terminée. Nous devons rester au Sahel. Nous devons réorganiser notre combat.

Nous devons rester dans ce cœur du monde qui est aujourd'hui la clé de notre avenir.

6:31
Présentateur

L'INSEE a publié ce matin les chiffres du chômage au quatrième trimestre. La baisse se confirme. Elle s'accélère même avec un taux de chômage désormais à 7,4% au plus bas depuis 14 ans. C'est un élément positif à mettre au crédit d'Emmanuel Macron.

6:45
Valérie Pécresse

Il y a une énorme volonté de la part d'Emmanuel Macron de masquer la réalité de son bilan économique. Alors oui, la croissance revient. Et oui, à chaque fois qu'un Français retrouve un emploi, je suis satisfaite et je m'en réjouis. Parce qu'aujourd'hui, nous avions chuté. Nous avions chuté beaucoup plus bas que les autres pays d'Europe pendant la crise Covid. Mais il faut voir ce qu'il y a derrière cette croissance. Derrière cette croissance, il y a un certain nombre de chiffres. 85 milliards de déficits de la balance commerciale. Ça veut dire que nous sommes totalement dépendants de l'étranger.

Il y a la baisse de la compétitivité de l'économie française qui vient d'être dénoncée par un nouveau rapport. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, la réindustrialisation n'a pas eu lieu. La promesse d'Emmanuel Macron n'a pas eu lieu. Et aujourd'hui, il y a des chèques et nous avons une croissance qui est nourrie aux importations. Nous achetons des produits étrangers. Et puis, il y a la dette. La dette que va nous léguer ce quinquennat. En disant, 1 000 milliards de dettes supplémentaires. Et là aussi, la Cour des comptes, qui pourtant est dirigée par un très proche du pouvoir, la Cour des comptes tire le signal d'alarme.

Un État qui s'endette, un État qui s'endette, c'est un État qui n'a pas de morale parce qu'il transfère sur les jeunes le prix de nos dépenses d'aujourd'hui. Nous ne pouvons pas accepter ça. Il va falloir faire des réformes. Il va falloir faire des économies. Je suis la seule à dire qu'il va falloir dépenser moins et mieux.

8:15
Présentateur

Alors, vous avez répété qu'Emmanuel Macron avait cramé la caisse. Est-ce que votre position n'est pas en contradiction avec votre action ? Toujours dans son rapport, la Cour des comptes évoque la situation d'Île-de-France Mobilité, la structure organisatrice des transports en Île-de-France que vous présidez. Elle estime que la dette y est trop importante. Elle préconise d'augmenter le prix des transports en commun.

8:35
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est très simple. Emmanuel Macron a décidé, pour des raisons totalement politiciennes, de ne pas aider à renflouer Île-de-France Mobilité, contrairement à ce qu'ont fait tous les autres gouvernements partout dans le monde. C'est sa décision. Et c'était une décision très politique. Et elle est unique au monde. Maintenant, parce que vous voyez bien qu'avec le Covid, il y a eu une baisse des personnes dans les transports en commun. Mais moi, ce que je voudrais vous dire aujourd'hui, parce que les sujets économiques sont évidemment cruciaux, mais il y a un autre sujet. C'est celui de la nation française qui est en train de se fissurer en silence.

Et cette nation française qui se fissure en silence, c'est le grand défi du prochain mandat. Et moi, je veux refaire nation. Je veux que tous les Français aient envie d'avoir un destin commun. Ça n'est plus le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, nous avons une France fracturée, je l'ai dit, entre les ruraux et les urbains, entre les quartiers populaires et les centres-villes, entre les Français issus de l'immigration et les autres. Nous avons besoin de refaire nation. Et ça passe par l'école. Et je veux en parler parce que je pense que le bilan d'Emmanuel Macron en matière de services publics, tous les services publics, tous nos grands services publics, se sont abîmés.

L'école, aujourd'hui, c'est le lieu de toutes les inégalités scolaires. C'est le lieu de l'immobilité sociale. On met six générations quand on est fils d'ouvrier pour devenir cadre. Ça, c'est le bilan Hollande-Macron. De même que le bilan de notre santé, une santé qui a bout de souffle, tenue à bout de bras, par des soignants au courage inouï. On a un hôpital qui est en train de s'effondrer. On a 5 millions de Français sans médecin traitant. Notre justice est noyée. Nous avons 2 millions, aujourd'hui, de Français qui attendent une décision de justice civile. Nous avons des délais de justice. Notre justice, aujourd'hui, c'est la justice des victimes oubliées.

Et ce n'est pas la faute des juges. C'est la faute d'un gouvernement qui n'a pas gouverné la France. Alors oui, si vous voulez des orateurs dans cette campagne, si vous voulez des beaux parleurs, il y en aura plein. Et le président de la République, qui sera bientôt candidat, n'est pas le dernier à avoir eu une présidence bavarde. Mais moi, je veux mettre fin à la détresse des choses ingouvernées. La France, aujourd'hui, n'est pas gouvernée. Et tout ce qui faisait notre fierté, aujourd'hui, est en train de s'effriter sous nos yeux.

10:56
Présentateur

Alors, on va revenir sur les points que vous évoquez. Une dernière question d'actualité. EDF, on le sait, est en une situation délicate, aujourd'hui. La production française n'a jamais été aussi faible depuis très longtemps. Et les mesures qui ont été prises pour limiter la hausse des factures coûtent cher à EDF. Ce matin, EDF a annoncé un plan d'action qui comprendra un renflouement de l'État. Et Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, précise que l'État participera à la recapitalisation à hauteur de 2,1 milliards d'euros. Il y a urgence à venir en aide à EDF.

11:26
Valérie Pécresse

Là aussi, Emmanuel Macron est totalement responsable de la situation. En matière énergétique, il a eu une politique du zigzag absolu. Il a commencé par fermer Fessenheim, alors que personne ne lui demandait, pour donner un gage aux écologistes, annoncer la fermeture de 12 réacteurs supplémentaires. Ça a donné un signal très négatif pour tous les talents qui voulaient rejoindre la filière nucléaire. Et puis, aujourd'hui, de quoi s'aperçoit-il ? Eh bien, la hausse des prix de l'énergie fossile, la dépendance de la France à ses énergies. Et donc, il fait volte-face. C'est un président caméléon. C'est un président qui est capable de virevolte à 360 degrés.

Et aujourd'hui, que fait-il aussi pour assurer sa réélection ? Eh bien, il pompe 8 milliards d'euros dans la trésorerie d'EDF pour s'assurer que les factures d'énergie des Français n'augmenteront pas avant l'élection. Mais moi, je le dis aux Français, méfiez-vous. Parce qu'avec Emmanuel Macron, l'addition, c'est après les élections. Donc, il faut élire une présidente nouvelle qui remettra de l'ordre et qui réinvestira dans ce grand électricien, ce grand service public EDF, et qui fera résolument le pari du nucléaire, et qui saura mener des projets industriels à leur terme. Aujourd'hui, on nous parle de champs éoliens, on nous parle de centrales nucléaires.

Le PR de Flamanville, combien d'années de retard ? Combien de surcoûts ? C'est ça, le bilan d'Emmanuel Macron. Le bilan d'Emmanuel Macron, c'est dans le concret. Ce n'est pas, j'allais dire, dans les grandes paroles et les beaux discours qu'on le trouvera.

12:53
Invité

Alors, on va s'intéresser à votre campagne, Christian Huot. Absolument. Alors, avant de parler de votre capacité à gouverner, parlons déjà de votre capacité à convaincre. Vous avez démarré très très fort la campagne, juste après le Congrès des Républicains. Et puis, il y a eu ce format XXL de ce premier grand zénith et grand meeting parisien, auquel succède aujourd'hui au cadet un meeting un peu plus restreint. Et entre les deux, beaucoup de critiques. Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment est-ce que vous avez utilisé, comme une force, comme des faiblesses, ce que vous avez entendu dans la semaine pour rebondir aujourd'hui ?

13:21
Valérie Pécresse

Écoutez, un meeting ne fait pas l'élection. Et ce qui est important, c'est mes convictions. C'est mes convictions et c'est mon projet. Ce projet de Nouvelle-France. Pourquoi Nouvelle-France ? Parce qu'il va falloir restaurer ce qui faisait la fierté de la France et qui a été abîmée. Il va falloir restaurer une France souveraine, avec des frontières, des frontières respectées. Nous sommes en pleine Bérésina migratoire. 272 000 titres de séjour. Il va falloir remettre de l'or dans la rue. Il va falloir reconstruire l'école avec une logique d'innovation et d'autonomie à tous les étages.

Et puis, il va falloir reconstruire nos services publics, je l'ai dit, la santé, remettre sur pied notre industrie. Et puis, il va falloir entendre les aspirations nouvelles des Français. Parce que la crise Covid les a changés. Ils veulent plus de liberté. Ils veulent travailler différemment. Ils se posent d'ailleurs la question du sens de leur travail. Ils veulent vivre dans des petits villages, dans des bourgs, dans des campagnes. Et puis, ils veulent redécouvrir la valeur famille. Et moi, je serai la candidate des familles. Parce que je crois qu'on a laissé et abandonné la politique familiale une France qui fait des enfants, une France qui protège ses aînés. C'est ça, ma France.

14:30
Invité

Valérie Pécresse, on va revenir sur le fond, mais sur la forme. Vous savez que les Français sont très sensibles à l'image aussi que renvoient les candidats. Donc, il s'est quand même passé quelque chose le week-end dernier. Est-ce que vous estimez d'ailleurs que la manière dont vous avez été traité par vos adversaires, mais aussi par certaines personnes de votre propre camp, ont été injustes ? Vous avez parlé hier soir en Vendée lors d'un meeting de Pécresse bashing.

14:49
Valérie Pécresse

Mais, écoutez, on va cesser le bal des hypocrites. Depuis janvier, je suis la seule sur laquelle La République En Marche concentre toutes ses attaques. La République En Marche est l'extrême-droite, mais l'extrême-droite, c'est normal. Parce qu'ils veulent mes voix. Mais je parle... Mais aussi certains de vos alliés. Attendez, je parle de La République En Marche. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron veut se face à face avec l'extrême-droite. S'il est seul face à l'extrême-droite, il est sûr de gagner. Et donc, voter Zemmour, voter Le Pen, c'est voter Macron. Et il le sait. Donc, c'est pour ça qu'il essaye de m'atteindre, de m'attaquer. Et que je suis la cible de toutes les attaques.

Alors, moi, je le dis à tous ceux qui croient en la droite, qui croient dans les valeurs d'autorité, de liberté, de responsabilité. Je leur dis, ne vous laissez pas voler cette élection. Parce que cette élection, c'est la vôtre. Et 5 ans d'Emmanuel Macron, c'est trop. Et 10 ans, ce sera trop tard.

15:41
Invité

Alors, malgré tout, je sais que comme tous les candidats, vous n'aimez pas les sondages. Mais les derniers qui sont tombés aujourd'hui ne vous sont pas très favorables. Vous perdez un ou deux points. Vous êtes, certes, tout près du trio de tête. Mais peu devant Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que cette séquence un petit peu malheureuse du week-end dernier a beaucoup joué dans l'appréciation que les gens ont de vous aujourd'hui ?

15:57
Valérie Pécresse

Écoutez, les sondages se croisent et ça se décroise. Ce que les Français vont voir, c'est que j'ai une énergie indomptable. Et surtout que je veux réparer la France. Parce que la France est mal en point. Il faut absolument ouvrir les yeux des Français sur le bilan d'Emmanuel Macron. S'il n'est pas candidat, c'est qu'il veut échapper à ce dépôt de bilan.

16:15
Invité

Alors parlons un peu de votre positionnement politique, si vous le voulez bien, quand même, dans cette campagne. Vous avez quitté LR il y a quelques années parce que vous considérez à l'époque que sa ligne était trop à droite. Vous y revenez, vous prenez...

16:25
Valérie Pécresse

Non, j'ai quitté LR parce que je n'y considérais pas du tout. J'ai toujours dit qu'il y avait aux Républicains deux droites qui étaient réconciliables dans le même parti. Une droite forte, une droite conservatrice et une droite plus progressiste, plus ouverte, plus libérale et plus européenne. J'ai toujours dit que les deux droites étaient réconciliables dans le même parti. Si j'ai quitté LR, c'est parce que j'ai eu le sentiment que le parti ne voulait plus de moi. Et ça, c'était une déception personnelle.

16:50
Invité

Mais vous n'étiez pas forcément en face quand même avec la partie un peu droitière de ce parti à l'époque ?

16:54
Valérie Pécresse

Non, j'ai toujours considéré qu'elle avait toute sa place. Et mon projet, c'est un projet qui porte toutes les idées de la droite. Mais c'est le mien, c'est le mien. J'ai toujours été une femme d'ordre. J'ai fait de la lutte contre la burqa dans l'espace public, mon combat, dès 2010. J'ai imposé à toutes les associations de la région Île-de-France une charte de la laïcité. J'étais la première. Pas un euro d'argent public pour les ennemis de la République. J'ai mis en place un bouclier de sécurité dans ma région. Donc on ne peut pas me reprocher aujourd'hui d'avoir été aussi puissante sur l'ordre dans ma vie. C'est mon ADN. Je suis une gaulliste et donc je suis une femme d'autorité.

17:35
Invité

Vous faites face à un double défi. Unir, vous le dites vous-même, toutes les sensibilités de votre propre parti. Et puis il faut aussi empêcher la fuite de vos électeurs, soit vers les extrêmes, droite, soit vers l'électorat de Macron, vers le candidat Macron. Mais à force de vouloir garder tout le monde, est-ce qu'il n'y a pas le risque de perdre beaucoup ?

17:49
Valérie Pécresse

Mais non, au contraire. C'est ça l'ADN de la droite. L'ADN de la droite, c'est d'être à la fois d'ordre, un parti d'ordre, mais aussi un parti de liberté et de réforme. Parce qu'Emmanuel Macron vend des réformes mais il ne les a pas faites. Et un parti qui défend la valeur travail, qui défend les territoires, la décentralisation, qui se bat pour la ruralité, qui se bat aussi pour la dignité humaine, la dignité de la personne. Il y a une dimension sociale, mais sociale par le travail, par le mérite, par l'effort. Vous voyez, c'est ça la droite. Et c'est ça qui dérange, et les extrêmes, et Macron. C'est que justement, nous occupions cet espace central.

18:28
Invité

Apparemment, ça dérange aussi certains de vos anciens amis, des Eric Verst, des Christian Estrosi, il y a encore bien longtemps. Et puis même un Renaud Muselier, qui semble-t-il notre président de région PACA, Sud, qui pourrait lui aussi rejoindre Macron. Un petit commentaire ?

18:40
Valérie Pécresse

Ils ont fait alliance avec En Marche pour leur réélection, mais depuis longtemps. Et donc c'est assez logique pour eux. Ils ont décidé de quitter la droite.

18:53
Invité

Vous regrettez le départ de ces poids lourds, d'avant, de la droite ?

18:55
Valérie Pécresse

Mais ils reviendront. Ils reviendront si la droite gagne. Parce que fondamentalement, je représente leurs idées. Les idées auxquelles ils tiennent. Des idées d'ordre, des idées de liberté, des idées aussi de dignité. Donc c'est leurs idées que je défends. Ils partent chez Emmanuel Macron par intérêt politique. Ce n'est pas comme ça que moi, je gouverne et que je dirigerai la France.

19:19
Présentateur

Et s'ils reviennent, vous êtes prêts à les accueillir ou à accueillir certains ?

19:23
Valérie Pécresse

Non, mais attendez. Pour l'instant, mon sujet, c'est de convaincre les Français qu'il y a une troisième voie. Il y a une troisième voie entre l'impuissance et l'immobilisme, entre les zigzags, les présidences bavardes, solitaires et autoritaires, et puis les extrêmes qui amèneront dans le pays la faillite économique et la discorde. Donc entre le désordre et la discorde, il y a une troisième voie. Et cette voie, je la trace avec beaucoup de sérénité et de fermeté. C'est la mienne. Elle me ressemble. Et elle ressemble, j'allais dire, à ce que j'ai fait dans ma région. Et je demande aux Français d'aller voir ce que j'ai fait dans ma région.

Parce qu'aujourd'hui, vous savez, il y a beaucoup d'abstention. Il y a beaucoup de déception vis-à-vis des politiques. Parce qu'on pense que les politiques ne font pas ce qu'ils disent. Eh bien, allez voir dans ma région. Moi, tout ce que j'ai dit, je l'ai fait. J'ai tenu mes engagements. Et donc, ça fait de moi une candidate un peu singulière, je crois.

20:14
Invité

Alors, il y a un soutien officiel, en tout cas, qui vous manque encore aujourd'hui, celui de Nicolas Sarkozy, que vous avez longuement rencontré. Valérie Pécresse, est-ce que vous croyez toujours au soutien plein et indéfectible et loyal de Nicolas Sarkozy dans cette campagne ?

20:26
Valérie Pécresse

Nicolas Sarkozy m'a énormément appris. Nicolas Sarkozy a été le dernier grand président réformateur de la Vème République. Donc, j'ai la conviction que je défends les convictions qui sont les siennes. Et j'essaye de m'inspirer d'une partie de son action. Mais ma ligne, c'est la mienne, évidemment. Elle est un peu différente. Mais je suis persuadée qu'il me soutiendra parce qu'il soutiendra, j'allais dire, les convictions qu'il porte et qu'il a toujours portées. Il les reconnaîtra en moi. Mais plutôt sur les lieux, quand même. Je vois que l'école ne vous intéresse pas. Alors, j'en profite. On va y aller parce que je voulais vous en parler ce matin.

21:08
Présentateur

Justement, on termine sur la campagne. On termine avec une question d'internaute puisqu'on en intègre dans le fil de cette interview. Une question de Virgile. Il a 48 ans. Il habite Villeneuve-Loubet dans les Alpes-Maritimes. J'ai toujours voté pour votre parti, nous explique-t-il. Mais celui-ci est de plus en plus raciste, entre guillemets. Jamais le parti n'a été si proche du Rassemblement national. Pourquoi ni De Gaulle, ni Chirac, ni Sarkozy ne partageraient votre point de vue ? Expliquez-moi.

21:37
Valérie Pécresse

Écoutez, franchement, aujourd'hui, la droite que j'incarne, c'est une droite qui fait de l'intégration de tous les Français, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions, un fil rouge. Moi, je travaille sur ces sujets-là depuis toujours. C'est pour ça, d'ailleurs, que le creuset de l'école est si important. C'est parce que c'est celui qui donne à chaque enfant de France sa chance. Moi, je n'ai de cesse de répéter qu'aujourd'hui, chaque Français, chaque Française a la même dignité. À condition qu'il respecte les valeurs de la République. C'est ordre et République, mon projet. Ordre et République, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut faire aimer la France.

Et il faut tendre la main, mais il faut aussi être dur avec ceux qui sont en infraction, avec ceux qui sont les ennemis de la République. Moi, je considère aujourd'hui que les ennemis de la République, les prêcheurs de haine, les défenseurs de l'islamisme, n'ont pas leur place dans notre pays. Et je le dirais. Et c'est ma droite.

22:39
Présentateur

Alors, on va s'intéresser plus précisément à votre programme et parler du pouvoir d'achat. Un sondage de Doxa publié hier indique que pour 54% des Français, le pouvoir d'achat sera l'enjeu central de cette élection présidentielle. D'après ce même sondage, 89% des Français estiment que la mesure la plus efficace serait la baisse de la TVA sur les carburants, le gaz et l'électricité. C'est une mesure qui est portée notamment par Marine Le Pen et Anne Hidalgo. Ce ne serait pas une bonne mesure ?

23:11
Valérie Pécresse

Le problème, c'est qu'on n'a pas l'argent pour le faire. Ça coûte 12 milliards d'euros. Donc, personne n'a cet argent. Donc, c'est de la démagogie. Et les poubelles de l'histoire sont pleines des promesses des démagogues. En revanche, qu'est-ce qu'on peut vraiment faire sur le pouvoir d'achat ? Augmenter les salaires de ceux qui travaillent. Et c'est mon credo. Aujourd'hui, je veux être la candidate de cette France qui travaille, de cette France qui se lève tôt, de cette France qui veut de la dignité, qui en a assez de voir les revenus d'assistanat si élevés et les salaires si bas par rapport aux revenus d'assistanat.

On ne peut pas dire que les revenus d'assistanat sont élevés en eux-mêmes, mais ils sont trop proches des revenus du travail. Et donc, ça veut dire qu'on n'est pas incité avec les prix de l'essence, avec tout ce que ça coûte d'aller travailler à travailler. Donc moi, je veux que les revenus d'assistanat restent au niveau où ils sont, mais je veux que les revenus du travail augmentent de 10% sur le quinquennat. Et qu'est-ce que je vais faire pour cela ? Je vais baisser les cotisations retraite. Je vais les baisser dès cet été. Et ces cotisations retraite, elles baisseront de 3% et ça permettra de commencer à redonner du pouvoir d'achat.

Pour une personne qui gagne 1 400 euros net, ça fera 500 euros de pouvoir d'achat de plus sur l'année. Et puis, je veux libérer les énergies. Je veux que les heures sub soient totalement défiscalisées, sans plafond. Je veux qu'on puisse transformer les RTT en salaire. Il y a beaucoup de RTT qui n'ont pas pu être prises. Je veux les transformer en salaire. Je veux libérer le cumul emploi retraite pour les jeunes retraités qui ont envie de travailler encore. Je veux que la valeur travail, on retrouve son sens.

Je veux aussi pour les étudiants, créer des dizaines de milliers d'emplois étudiants dans les universités pour que là aussi, ils puissent gagner leur vie en aidant les universités à ouvrir les bibliothèques jusqu'à tard le soir, en accueillant les enfants handicapés. Je veux que le travail paye.

25:05
Invité

Alors justement, rentrons un petit peu plus en détail dans ces propositions. Vous avez parlé vous-même d'un choc du pouvoir d'achat. C'est comme ça que vous avancez sur votre programme. Avec la hausse des salaires, on l'a compris, qui sera le moteur principal de ce programme. Mais aussi avec la défiscalisation des heures supplémentaires. Mais tout ça, ça a un coût. Comment est-ce que vous financez ces grosses mesures quand même ?

25:20
Valérie Pécresse

Sur le bouquet de pouvoir d'achat, j'ai aussi des mesures très puissantes sur le logement et sur l'électricité. Sur l'électricité, je supprime la TVA sur la facture d'électricité. Et sur le logement, je permets à tous les jeunes de pouvoir avoir accès au prêt à taux zéro pour pouvoir devenir accédant sur tout le territoire, pas seulement dans les grandes métropoles parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui veulent s'installer désormais dans les arrières-pays. Et il faut les encourager, c'est une chance pour nos villages. Et on développera aussi le bail réel et solidaire qui permet, vous le savez, d'acheter juste l'appartement mais pas le foncier.

Ou juste la maison mais pas le foncier, ce qui permet d'acheter des choses moins chères.

26:05
Invité

Avec quel argent tout ça ? C'est un peu le quoi qu'il en coûte du pouvoir d'achat ?

26:08
Valérie Pécresse

Pas du tout, je suis la seule à proposer des réformes très importantes. La réforme de l'État, la maire des réformes, avec 200 000 suppressions de postes de fonctionnaires dans l'administration administrante. J'en recrée 50 000 dans les trois missions clés qui ne sont plus assurées aujourd'hui, protégées, éduquées, soignées. Donc 150 000 suppressions de postes nets. Je fais la plus grande décentralisation depuis Gaston Deferre. Une décentralisation qui donnera le pouvoir au territoire. On enlèvera tous les doublons.

26:42
Invité

Donc vous faites plus d'économies pour mieux donner en français.

26:44
Valérie Pécresse

Je fais 75 milliards d'économies en réformant les retraites, réformant l'assurance chômage. Je ferai les réformes que la droite a toujours rêvé de faire, qu'Emmanuel Macron avait promise qu'il n'a pas fait. Il faut dépenser moins pour pouvoir redonner cet argent aux Français.

27:01
Invité

Il y a une proposition que vous avez faite concernant les RTT qui surprend un peu et qui à gauche va pousser des cris d'orfraie. Évidemment, vous dites qu'on pourrait échanger des jours de RTT contre des salaires. Alors c'est un peu iconoclaste et étonnant cette proposition. Et puis d'ailleurs, est-ce que le patronat serait prêt à vous suivre là-dessus ?

27:15
Valérie Pécresse

Alors c'est effectivement une possibilité que j'offre aux entreprises de racheter des RTT sans charge patronale. Et à 110% de leur valeur. Ça veut dire que si votre heure vaut X en salaire, vous toucherez 110% du salaire. C'est une proposition iconoclaste, une proposition qui, à mon avis, permettra aux entreprises de donner du pouvoir d'achat supplémentaire à leurs salariés. Et ça peut marcher aussi dans la fonction publique. Vous le savez, dans la fonction publique, nous avons aussi des heures sup qui ne sont pas payées, des RTT qui ne sont pas remboursées.

27:51
Présentateur

Vous parlez de supprimer les doublons. On voit que c'est difficile à mettre en œuvre. La réforme des régions qui a été portée par François Hollande devait aboutir à réduire un certain nombre de doublons de postes et de dépenses. Ça n'a pas été le cas et ça a presque été le contraire.

28:08
Valérie Pécresse

Oui, mais cette réforme-là, si elle était à refaire, je ne la ferais pas. Maintenant, on ne va pas redétruire ce qui a été fait. Parce que cette France du yo-yo où on détruit, au bout de 5 ans, ce qui a été fait les 5 années précédentes, ce n'est pas possible. Mais aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est avoir le courage que l'État lâche prise. L'État doit lâcher prise. On doit donner tout le social et le médico-social au département. On doit donner toute la politique économique et de l'emploi aux régions. On doit régionaliser Pôle emploi, par exemple. Aujourd'hui, tout le monde fait tout. Et du coup, c'est totalement contre-productif.

28:47
Présentateur

Emmanuel Macron a oublié les territoires pendant ce quinquennat.

28:50
Valérie Pécresse

C'est plus que ça. Et je pense qu'il les a méprisés. Parce qu'il ne veut voir que des vassaux. Alors, effectivement, quand le maire lui plaît, quand le maire lui plaît ou quand le président de région lui plaît, alors là, c'est effectivement investissement maximum, c'est mobilisation maximum de l'État. Mais quand le président ne lui plaît pas, quand il est de gauche, quand il est de droite, alors c'est vivre coupé. Et vous l'avez bien vu au moment de l'élection de David Lysnard à la présidence des maires de France, Emmanuel Macron voulait mettre tous les maires de France au pas. Il voulait que les maires de France soient comme des petits pois dans une boîte et lui obéissent.

Ce n'est pas ma conception de la démocratie. Aujourd'hui, les élus locaux portent des projets pour leur ville. Je leur rendrai le pouvoir. Je rendrai le pouvoir aux maires de dessiner leur ville. Parce qu'il faut aujourd'hui que les maires, qui sont ceux en qui les Français ont encore confiance, aient beaucoup plus de pouvoir.

29:43
Présentateur

Alors, une question d'internaute sur le pouvoir d'achat, une question de Stéphane, 40 ans, d'Opio. Quelles sont les mesures que vous souhaitez mettre en place, si vous êtes élu, pour la classe moyenne, pour ceux qui travaillent tous les jours, ont un salaire correct, sont souvent propriétaires, paient des impôts sans pouvoir bénéficier d'exonération, car pas assez riche, et ne bénéficient d'aucune aide à l'occasion, car pas assez pauvre.

30:05
Valérie Pécresse

Eh bien, c'est ce que je vous ai dit, c'est que je vais les aider à devenir propriétaires, je vais les aider à pouvoir gagner plus par leur travail, puisque toute cette France-là, elle travaille. Cette France-là, elle a envie d'avoir plus de pouvoir d'achat par son travail. Et cette mesure de hausse de 10% des salaires nets, ce n'est pas une hausse des bas salaires, c'est une hausse de tous les salaires jusqu'à 2800 euros nets, parce que je considère qu'effectivement, on ne peut pas oublier les classes moyennes. Moi, je suis la candidate des classes moyennes.

Je considère que ces Français qui, effectivement, sont trop riches pour être aidés, et pas assez pauvres pour recevoir des subventions, ceux-là, c'est ceux à qui je veux redonner confiance. Je veux qu'ils entreprennent, je veux qu'ils créent, et je veux qu'ils puissent avoir accès au logement. J'ajoute que je demanderai que dans le logement social, on donne priorité aux travailleurs de première ligne, parce que là aussi, c'est très important. Ces travailleurs de première ligne qui ne peuvent pas se loger aujourd'hui, dans les villes dans lesquelles ils travaillent, alors qu'ils lui apportent toute leur énergie. On le voit ici, dans les Alpes-Maritimes, tellement difficile de loger.

Ceux qui sont nos agents d'entretien, nos policiers, nos enseignants, nos caissières de supermarché, tous ceux qui font vivre aujourd'hui la communauté.

31:35
Présentateur

Alors, on va prendre le temps de parler de l'école, Valérie Pécresse. Finalement, on en parle assez peu de l'éducation dans cette campagne. Sur ce sujet, vous voulez provoquer un sursaut national. Alors, on entend beaucoup de déclarations d'intentions en la matière. Comment vous faites et comment vous réformez vraiment ?

31:53
Valérie Pécresse

Alors, deux piliers. Deux piliers. Les fondamentaux. Et puis, l'autonomie. L'autonomie. L'autonomie. Et au lieu d'avoir une école qui va faire, j'allais dire, tout le monde sous la même toise, ce sera une école du sur-mesure, qui s'intéressera aux talents de chaque enfant et aux difficultés de chaque enfant. Comment on fait concrètement pour faire du sur-mesure ? Alors, d'abord, dans le primaire, les fondamentaux. Lire, écrire, compter. Le français, les mathématiques, grandes causes éducatives du quinquennat. Et on mettra deux heures de plus de français par semaine, une heure de plus de mathématiques. Et il y aura un examen avant l'entrée en sixième. Pourquoi ?

Pour qu'on soit sûr que tous les jeunes, qu'on mobilise tout le monde, pour que tous les enfants aient le niveau pour passer au collège. Et ensuite, pour ceux qui ne réussissent pas cet examen, ils rentrent quand même en sixième. Parce qu'on ne va pas laisser des grands gaillards de 12 ans dans le primaire. Ils rentrent en sixième. Mais pour eux, on fait des classes de consolidation, des sixièmes de consolidation des acquis. Parce que ça ne sert à rien de leur apprendre la physique et l'anglais s'ils ne savent pas le français et les maths. Et puis ensuite, ces sixièmes leur permettront ensuite de revenir dans un cursus normal. Et dans ces collèges, on apprendra tous les langages du futur.

Les établissements auront l'autonomie. Ils pourront recruter. Parce que vous savez qu'on n'arrive plus à recruter.

33:19
Présentateur

L'autonomie, pourquoi ? Vous avez mené la réforme des universités autour de cette notion d'autonomie. Pourquoi vouloir le faire pour les établissements scolaires et notamment les lycées ? Et comment ?

33:30
Valérie Pécresse

Alors, oui, j'ai fait l'autonomie des universités. Ce qui permet de concevoir un projet d'établissement pour pouvoir rayonner et pouvoir prendre, j'allais dire, les forces d'un territoire. L'université de Nice est devenue autonome. Ça a été la clé de sa réussite. À l'époque, quand j'étais ministre, on disait qu'il fallait la fusionner avec Marseille. Et grâce à l'autonomie, elle s'est révélée. Donc, ce que je veux, c'est donner à tous les proviseurs, les principaux de collège, des budgets d'autonomie. Pour leur permettre de recruter des enseignants venus aussi de l'extérieur. On fera des contrats de services publics éducatifs de 5 ans.

34:10
Présentateur

Vous allez vous heurter à quelques oppositions, notamment parmi les syndicats ?

34:16
Valérie Pécresse

Oui, c'est vrai, mais on a tellement d'enseignants qui ne sont pas remplacés. Il faut qu'on organise leur remplacement. Et puis, on a besoin aujourd'hui de recruter. On a besoin de recruter dans les territoires qui sont le plus en difficulté scolaire. Dans ces territoires, je créerai aussi des écoles complètement 100% innovantes et autonomes. Et dans ces écoles, tout le monde sera volontaire. Les professeurs seront volontaires. Et les élèves signeront une charte d'engagement. Et donc, on aura la possibilité de faire un programme, dans le cadre, évidemment, des exigences nationales, mais un programme adapté, complètement adapté.

Je veux pouvoir avoir à la fois plus d'autonomie pour les collèges et les lycées, mais aussi ces établissements 100% innovants sur tout le territoire et particulièrement là où se concentrent les difficultés sociales. Parce que vous savez, il y a des enfants aujourd'hui qui ne parlent le français que 6 heures par jour, 4 jours par semaine. C'est à l'école. Et ces enfants-là, nous devons les intégrer. Nous devons leur faire aimer la France. Et nous devons faire nation.

35:18
Présentateur

Alors, un des problèmes de l'éducation nationale, c'est que le métier d'enseignant ne fait plus rêver. Comment on fait pour le rendre plus attractif ?

35:25
Valérie Pécresse

Eh bien, il y a eu une erreur par le passé. C'est qu'on a revalorisé les fins de carrière des enseignants, mais pas les débuts de carrière. Et aujourd'hui, on le voit bien, les salaires de démarrage sont trop bas.

35:34
Présentateur

Ils ont été revalorisés.

35:36
Valérie Pécresse

C'est un début, ils ont commencé à être revalorisés. Mais la première chose, je crois, c'est qu'il faut régionaliser le concours du CAPES, le concours de recrutement des professeurs de collège et de lycée.

35:45
Présentateur

Comment on fait ? Parce que visiblement, Emmanuel Macron lui envisagerait purement et simplement de supprimer le CAPES qui est considéré par certains comme un peu archaïque.

35:53
Valérie Pécresse

Écoutez, moi, je crois qu'il faut qu'on recrute les enseignants. Je crois qu'il faut les recruter. Mais je crois qu'il faut les recruter là où ils ont envie d'enseigner. Parce qu'il faut mettre fin à ce bizutage institutionnel qui consiste à avoir un jeune qui passe le concours. Et puis, ce jeune, on va le transférer à l'autre bout de la France, dans un territoire qu'il ne connaît pas et qui est un territoire de très grandes difficultés scolaires. Il faut mettre fin à ce système. Il faut aujourd'hui pouvoir faire vraiment une école qui soit une école de proximité. Et puis, il faut confier l'enseignement professionnel aux régions.

Il faut que ce soit les régions avec les milieux économiques qui, aujourd'hui, s'occupent vraiment de l'orientation et de l'insertion. Là aussi, il y a toute une série d'inégalités scolaires. La première, c'est ceux qui maîtrisent les fondamentaux et ceux qui ne les maîtrisent pas. La deuxième, c'est l'inégalité par l'argent. Ceux qui peuvent payer des petits cours à leurs enfants, ceux qui ne le peuvent pas. Et la troisième, c'est celle vis-à-vis de l'orientation. Ceux qui connaissent les bonnes orientations et ceux qui ne les connaissent pas. Sur l'inégalité par l'argent, je mettrai en place une réserve nationale éducative. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que je vais rémunérer des professeurs retraités, des étudiants, éventuellement des parents qui le souhaitent, à venir faire du soutien scolaire gratuit pour toutes les familles. Je veux que chaque enfant de France ait les mêmes chances de réussir.

37:26
Présentateur

Alors, vous avez un programme et un programme détaillé. Est-ce que vous avez déjà en tête le nom de celui qui le mettra en œuvre, votre ministre de l'Éducation ? Ou celle.

37:33
Valérie Pécresse

Ah !

37:34
Présentateur

Ou celle, bien sûr.

37:34
Valérie Pécresse

Je ne distribue pas les postes avant d'avoir... Sans distribuer les postes, vous avez des idées ? Les postes avant d'avoir gagné. Mais ce que je sais, c'est que j'ai derrière moi une magnifique équipe de France de professionnels de la politique. Et ces professionnels de la politique, ils savent à la fois concerter, ils savent travailler, y compris avec des syndicats que le président de la République n'a pas traités. Et ils savent aussi faire régner les valeurs de la République. On n'a pas parlé des programmes scolaires. Mais moi, ce que je veux aussi, c'est que dans ces programmes scolaires, on enseigne la fierté de la France. Et ça, c'est important.

Donc, je veux qu'il y ait une journée des héros français qui ont fait la France, le 10 novembre, pour que nos enfants soient fiers de leur histoire. Et puis, je vous l'ai dit, il faut se projeter dans la France du futur. Dans la France du futur, on aura besoin d'un million de jeunes talents d'ici 2030 dans le numérique. Si nous ne voulons pas être complètement dépendants des GAFAM, si nous ne voulons pas que la France devienne une France vassale des États-Unis sur ces questions du numérique, nous avons besoin de ces talents. Et c'est pour ça que, dès la classe de seconde, il y aura un moment de détection des talents des jeunes qui, au collège, auront tous appris le codage.

Ils auront appris le codage. Et en seconde, on fera cette détection des talents et on les orientera vers les métiers du numérique à tous les niveaux de qualification.

39:00
Invité

Est-ce qu'il faut développer, on le fait beaucoup déjà, mais l'alternance qui, visiblement, fonctionne bien, qui sert de passerelle souvent entre l'éducation, l'enseignement et le monde de l'entreprise ? Est-ce que vous souhaiteriez bien avant là-dessus ?

39:11
Valérie Pécresse

C'est pour ça que je veux que les lycées professionnels passent sous tutelle régionale, parce que je sais que les régions travailleront la main dans la main avec les milieux économiques et les chefs d'entreprise, pour concevoir des filières professionnelles plus proches des besoins du territoire. Et ça, c'est très important. Et dans ces lycées professionnels, je veux que 100% des formations soient en alternance. Et puis, il y a la question de l'apprentissage. Vous savez qu'il y a encore des blocages. Nos enfants quittent la troisième. Et certains de ces enfants voudraient rentrer, ces adolescents voudraient rentrer en apprentissage.

Or, aujourd'hui, s'ils ont moins de 15 ans, ils ne le peuvent pas. Donc, je pense qu'il faut faire sauter ces barrières. Il faut permettre que des enfants, à la sortie de troisième, puissent rentrer sous statut scolaire en apprentissage et qu'on puisse les accompagner, même s'ils n'ont pas 15 ans, pour ne pas perdre une année. Parce que, vous savez, un jeune qui a envie, un jeune qui a une vocation, il faut l'accompagner, il ne faut pas le brider. Et il ne faut pas le mettre dans une classe parking un an en attendant.

40:08
Présentateur

Alors, une question d'internaute, une question de Lilou. 35 ans de Nice, avez-vous prévu d'augmenter les fonctionnaires et notamment les territoriaux, en dégelant le point d'indice et en l'augmentant ?

40:19
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, moi, ce que je souhaite, c'est que les économies qu'on va faire, en débureaucratisant, en enlevant des normes, en enlevant des procédures, en enlevant des doublons, vraiment en fermant des bureaux et en remettant vraiment les agents publics au contact des citoyens, ces économies, elles puissent se répartir en trois tiers. Premier tiers, j'ai dit, des recrutements, éduqués, protégés, soignés. Il faudra plus de médecins à l'hôpital, il faudra plus de juges, beaucoup plus de juges et de greffiers, 25 000, 15 000. Et il faudra aussi plus de personnel dans l'éducation, 10 000. Donc, 50 000 créations de postes. Un tiers pour réduire les dépenses, la dette et les impôts.

Un tiers pour l'augmentation des fonctionnaires. Avec moi, il y aura moins de fonctionnaires, mais ils seront mieux payés.

41:08
Présentateur

On passe au dernier thème, Christian.

41:09
Invité

On va parler de sécurité et d'immigration, Valérie Bécresse, si vous le voulez bien. Vous vous êtes rendu le 15 janvier dernier sur l'île grecque de Samos pour visiter un camp de migrants. Vous l'avez décrit vous-même comme un exemple de la politique d'humanité, je cite, et de fermeté que vous voulez prôner sur l'immigration. En fait, un peu tout le contraire de ce que fait Emmanuel Macron aujourd'hui ?

41:26
Valérie Pécresse

Écoutez, 272 000 titres de séjour qui ont été distribués cette année. On est proche du record de 2019. Ça veut dire qu'on est totalement dans l'impuissance. Dans l'impuissance vis-à-vis des flux migratoires. Et une immigration incontrôlée, plus une intégration ratée, ça disloque une nation. Et c'est là où on est aujourd'hui. Et ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est Gérard Collomb. Donc, le sujet est simple, reprendre le contrôle des frontières. Pour reprendre le contrôle des frontières, il faut travailler au niveau national, bien sûr, avec ma loi constitutionnelle que je ferai adopter par référendum qui proposera des quotas migratoires. Mais les quotas migratoires, c'est important.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on choisit qui on accueille. Et qu'on choisit en fonction des pays.

42:11
Invité

Quel critère ?

42:12
Valérie Pécresse

Et attendez, on fait un donnant-donnant avec les pays d'origine. Si vous ne reprenez pas vos clandestins, c'est zéro visa. Zéro visa étudiant, zéro visa de regroupement familial, zéro visa de travail. C'est le cas, par exemple, pour un pays comme le Mali. Nous avons aujourd'hui besoin de reprendre le contrôle. Et puis, nous avons besoin de reprendre le contrôle de nos frontières extérieures. C'est le rôle des pays de première ligne qui sont face au chantage migratoire, la Grèce, la Pologne. Et ces pays, qu'est-ce qu'ils font ? Ils organisent des camps d'hébergement, d'études des situations. Et dans ces lieux d'hébergement, ils arrivent à traiter les demandes d'asile en 25 jours. En 25 jours.

Donc, c'est possible. C'est possible. Nous, aujourd'hui, on a 100 000 demandes d'asile cette année. On sait que 60% sont des faux demandeurs d'asile. Ils vont rester en France. Donc, la puissance, il faut en terminer.

43:18
Invité

Alors, il y a toujours beaucoup de fermeté dans les propos des candidats. Et puis, quand ils sont au pouvoir, on se rend compte que sur l'immigration, parfois, ça ne suit pas toujours. Vous pouvez nous assurer que vous mettrez tout en place avec aussi ce phénomène qu'il y a l'Europe avec vous. Vous n'êtes pas toute seule.

43:30
Valérie Pécresse

L'intérêt du quota, c'est de dire non, par exemple, à un regroupement familial. Si la personne ne parle pas le français, si elle n'adhère pas aux valeurs de la République, moi, je mettrai un examen de français obligatoire. Si vous voulez immigrer en Allemagne ou en Grande-Bretagne, il faut parler l'anglais, il faut parler l'allemand. Moi, je mettrai un examen de français obligatoire et un examen des valeurs de la République. Donc, le regroupement familial automatique, ce sera terminé. Et on revalorisera aussi les revenus nécessaires pour faire venir sa famille. De la même façon, je pense que la nationalité française, elle se mérite.

C'est pour ça que le droit du sol automatique, je n'y suis pas favorable. Je pense qu'il faut demander à sa majorité la nationalité française et prouver là aussi son assimilation. C'est ce que demande le Code civil. Et ça veut dire pas de casier judiciaire, ça veut dire respecter les valeurs de la République. Moi, je crois qu'un pays fort, c'est un pays qui fait respecter ses règles, ses lois et ses valeurs.

44:30
Invité

Vous avez dit lors de votre grand meeting du Zénith qu'il n'y avait pas de fatalisme au grand remplacement et au grand déclassement. En utilisant ces termes, vous le savez, vous avez, en tout cas, c'est ce qu'on vous reproche, légitimé une thèse jugée complotiste et exploitée par Zemmour. On revient un petit peu là-dessus. Quelles étaient vraiment la nature de vos propos ?

44:44
Valérie Pécresse

Mais cette phrase, elle était très forte. Elle voulait dire que je ne me résignais pas au duel Macron-Zemmour. Macron le grand déclassement, Zemmour le grand remplacement. Je ne me résigne pas à ce duel parce que je pense qu'il y a une autre voie. Il y a la voie de l'ordre républicain qui résout les problèmes. Emmanuel Macron, sur ces sujets, est impuissant. Zemmour, sur ces sujets, amènera le désordre et n'arrivera pas à atteindre ni le pouvoir ni des résultats. Donc je suis la seule aujourd'hui à porter un projet qui amène la France à retrouver sa sérénité, à refaire nation.

45:22
Invité

Alors vous parlez aussi d'aides sociales dans votre programme sur l'immigration. Il précise d'ailleurs le programme que celles qui sont non contributives, je parle des aides sociales, et les allocations familiales, pardon, seront réservées aux Français et aux étrangers, jusqu'à 5 ans de ces jours réguliers en France. C'est une proposition qui pourrait caractériser votre courage vert, comme vous aimez à nous le dire régulièrement dans cette campagne. Vous irez jusqu'au bout ?

45:43
Valérie Pécresse

Écoutez, c'était une proposition qui était dans le programme de François Fillon en 2017 déjà. Je crois qu'elle est juste. Quand on vient en France, on ne vient pas pour toucher des allocations, on vient pour travailler, on vient pour s'intégrer. Donc quand on travaille, on a droit à toutes les prestations contributives. Si on vient sans travailler, on n'a pas le droit à des allocations non contributives avant 5 ans de résidence en France. Parce que vous le voyez bien, aujourd'hui, les migrants qui veulent travailler, ils viennent plutôt dans d'autres pays. Et ceux qui viennent en France, c'est surtout parce que nous versons des allocations sociales très généreuses.

46:20
Invité

Parlons maintenant de sécurité. Vous voulez créer des brigades coup de poing, avez-vous expliqué, dans les quartiers difficiles, en unifiant les forces de police, de justice et même le fisc et l'armée. Ce n'est pas un petit peu compliqué de mettre tous ces gens-là en même temps, au même endroit ?

46:33
Valérie Pécresse

C'est comme ça qu'on résoudra les problèmes. Vous savez bien que les délinquants, aujourd'hui, ces grands réseaux de banditisme qui gangrènent nos quartiers, ils travaillent énormément avec le web, avec le cyber, avec le blanchiment d'argent. Il y a beaucoup de flux financiers. Donc si on met le fisc avec la police et la gendarmerie, alors on obtient une vraie task force qui peut toucher au cœur ces réseaux et aller monter les procédures pour les faire arrêter, les mettre hors d'état de nuire.

47:03
Invité

Mais concrètement, elles fonctionnent comment, cette brigade coup de poing ? Vous prenez dans chacun des services un de ces éléments ? Oui, absolument. Vous les regroupez sur un local au milieu des cités ?

47:10
Valérie Pécresse

Non, non, non. Elles sont localisées. C'est des brigades qui sont localisées dans la ville et qui travaillent sur la cité pour vraiment, j'allais dire, démanteler les réseaux, mettre en place des procédures. Parce que le sujet, c'est l'impunité. Aujourd'hui, on connaît les réseaux de dealers. On connaît les réseaux de trafiquants. Les policiers les connaissent. Mais il faut réussir à les mettre hors d'état de nuire. Et pour ça, il faut réussir à les faire condamner. Pour réussir à les faire condamner, il faut avoir cette task force qui utilise aussi le fisc, aussi la cyberpolice pour pouvoir enquêter.

Mais pour que les policiers puissent faire ce travail, encore faut-il que 40% de leur temps ne soit pas pris par la procédure pénale. Là encore, le gouvernement a complètement failli. Il ne sait pas... Il les recrute. Aujourd'hui, des policiers, j'allais dire, en panique, parce qu'ils voient bien qu'avec 32% de hausse des violences, eh bien notre pays risque de basculer dans des zones de non-droit, dans des zones... Aussi des zones de non-France, dans lesquelles le communautarisme règne. Donc ils voient la situation. Ils recrutent en panique des policiers. Mais il ne suffit pas de les recruter. Encore faut-il qu'ils aient les moyens de travailler.

Et donc il faut simplifier la procédure pénale pour que les policiers retrouvent du temps d'enquête.

48:30
Invité

D'accord. Pour qu'ils puissent travailler, les policiers, il faut aussi qu'ils soient parfois armés. Est-ce que vous êtes favorable à ce que toutes les polices municipales de France soient armées aujourd'hui ?

48:37
Valérie Pécresse

Moi, je suis favorable à l'armement des polices municipales. Parce qu'aujourd'hui, dans les villes de plus de 10 000 habitants. Parce qu'aujourd'hui, nous avons des délinquants qui sont de plus en plus violents. Et moi, je crois que la police municipale doit devenir la troisième force. Troisième force aux côtés de la police nationale et de la gendarmerie. Elle doit s'occuper d'avoir beaucoup plus de responsabilités qui lui soient confiées. Notamment, par exemple, celle de pouvoir faire des contrôles d'identité. Et c'est elle qui, parce qu'elle rassure les honnêtes gens, pourra permettre aux policiers de s'attaquer à ces réseaux de délinquance. Et de mener des enquêtes.

Ce qu'ils n'ont plus le temps de faire, je vous le dis. Aujourd'hui, c'est ça le drame.

49:18
Présentateur

Christian Estrosi va créer à Nice un hôtel des polices qui va regrouper l'ensemble des forces de police nationale et municipale. Est-ce qu'il a raison ?

49:27
Valérie Pécresse

Il fait mon programme. Mais écoutez, il n'a qu'à le reconnaître.

49:34
Invité

Une dernière question concernant tout ce grand programme police-justice. Vous évoquez un plan hors sec pour la justice. 9 milliards d'euros pour les tribunaux et les prisons. Vous commencerez par quoi ?

49:43
Valérie Pécresse

Par les deux. Sur les prisons, il faut les construire. Ça fait des années qu'on les promet. Emmanuel Macron en avait promis 12 000 places. Il ne les a pas créées. La prison, c'est absolument indispensable. Nos prisons sont indignes. Elles sont surpeuplées. On en est au stade où nous avons le garde des Sceaux, M. Dupont-Moretti, qui fait des circulaires pour dire aux juges de ne plus prononcer de peine de prison ferme et d'incarcération. Donc, ce n'est plus possible.

50:11
Invité

Mais c'est ça, c'est un serpent de mer aussi à chaque campagne. On nous promet des prisons partout et on ne les voit jamais éclat. À commencer par Nice, par exemple.

50:17
Valérie Pécresse

Ah, je sais, mais il se trouve que dans ma région, j'ai eu le même problème. Alors, pas avec les prisons, mais avec des lycées. J'ai été obligée de mettre les bouchées d'eau parce que tous mes lycées étaient vêtus. Il fallait les sortir très vite. Il faut le faire en partenariat public-privé. Il faut utiliser tous les moyens possibles de simplification des procédures, si on le fait en maîtrise d'ouvrage public. Il faut essayer tous les systèmes qui raccourciront les délais. Et en attendant, moi, j'ai une proposition un peu iconoclaste. C'est de faire des prisons provisoires. C'est de pouvoir prendre des bâtiments publics désaffectés. C'est de pouvoir prendre des hôtels un peu isolés.

De les sécuriser avec de l'administration pénitentiaire. Et d'y mettre sous bracelet électronique. Pardon, il est à la cheville, il n'est pas au poignet. Sous bracelet électronique, les délinquants qui sont aujourd'hui condamnés à des courtes peines, mais qui reviennent aujourd'hui dans leur quartier. Aux grands dames des habitants qui sont, j'allais dire, complètement désespérés, de voir qu'il y a l'impunité aujourd'hui pour ces délinquants, ces caïds décités.

51:24
Présentateur

Alors on va finir avec une question d'internaute, une question d'Alex de Salernes dans Le Var. Il a 70 ans. Pourquoi ne pas organiser un référendum sur l'immigration, sur le droit du sol ou du sang, sur le regroupement familial ?

51:36
Valérie Pécresse

C'est ce que je vais faire. Je vais faire un référendum sur ma loi constitutionnelle. Dans ma loi constitutionnelle, il y aura donc les quotas migratoires. Il y aura aussi l'examen de français obligatoire. Il y aura la fin du regroupement familial automatique, puisqu'il faudra cet examen de français. Il faudra plus de ressources. Et puis, qui dira qu'on ne touche pas, pendant 5 ans, de prestations sociales non contributives, quand on arrive en France, pas avant 5 ans de séjour régulier. Et puis, par ailleurs, j'instaurerai l'asile à la frontière. L'asile à la frontière, c'est très important. C'est ce que je vous disais.

C'est ces centres d'hébergement et de recensement qui sont aux frontières de l'Europe. Mais il faut que ce soit dans ces centres qu'on demande l'asile dans notre pays, dans nos ambassades aussi. Et pour ceux qui arriveront en France et qui demanderont l'asile sur le territoire, il faut qu'ils puissent être placés dans des centres dédiés et que leurs demandes soient examinées dans le délai d'un mois. On ne peut pas laisser s'installer sur le sol français des personnes qui n'ont pas vocation à y rester. Et puis, il faut que Frontex, la force européenne de garde frontière, ait vraiment les moyens à la hauteur de ses responsabilités. Là encore, Emmanuel Macron nous parle de 10 000 hommes.

Moi, j'ai rencontré les gardes frontières de Frontex. Ils sont péniblement à 3 000 et ils n'ont absolument pas les moyens de leur recrutement. Vous savez, il y a 17 États qui ont appelé au secours, qui ont appelé au secours à la conférence de Vinus en disant « Aidez-nous, il faut que l'Europe nous aide à faire respecter nos frontières. » Donc, c'est très important de faire respecter les frontières. Et c'est le préalable aujourd'hui pour pouvoir avoir en France une nation souveraine.

53:21
Présentateur

Alors, pour terminer, Valérie Pécresse, on a une petite rubrique qui s'appelle « Moi, présidente » avec trois petites questions très simples et très rapides. Vous, présidente Valérie Pécresse, vous recevrez plutôt McFly et Carlito ou Alain Delon à l'Élysée ?

53:34
Valérie Pécresse

Écoutez, moi, je recevrai tous les Français dans cette belle maison de l'Élysée le jour des journées du patrimoine. Et par ailleurs...

53:47
Invité

Ça se fait déjà.

53:49
Valérie Pécresse

Oui, bien sûr. Non, mais je le dis. Parce que je ne veux pas que les Français pensent que l'Élysée, c'est juste une maison où on reçoit, j'allais dire, des people. Mais évidemment, Alain Delon sera mon invité, le premier. Les youtubeurs, je les respecte. Ils viendront aussi dialoguer avec moi. Mais ce sera la maison de tous les Français de l'Élysée.

54:10
Présentateur

Alors, vous, présidente, est-ce que le premier monsieur... Alors, je ne sais pas si on dit ça. Est-ce que votre mari, dont vous avez parlé dimanche aux Énites, aura un rôle particulier ? On parle beaucoup des premières dames, mais ce cas de figure ne s'est jamais présenté.

54:22
Valérie Pécresse

Écoutez, je crois qu'il faut... Alors, c'est la spécificité d'élire une femme à l'Élysée. Je pense qu'il faudra respecter l'univers de mon mari, parce que c'est différent, je pense, d'avoir une femme qui ne travaille pas, qui peut se consacrer entièrement à un rôle de première dame et d'avoir le mari de la présidente qui aura sa vie, qui l'amènera indépendamment de moi et sans aucun conflit d'intérêt.

54:49
Présentateur

Vous, présidente Valérie Pécresse, est-ce que vous irez toujours vous ressourcer à Combresol en Corrèze ?

54:54
Valérie Pécresse

C'est indispensable et je n'imagine pas de pouvoir manquer ce rendez-vous de 15 jours que je prends chaque été.

55:03
Présentateur

Merci beaucoup Valérie Pécresse. Merci à tous de nous avoir suivis. Cette interview sera retrouvée demain samedi dans nos journaux, Nice Matin, Var Matin et Monaco Matin, avec les décryptages de nos journalistes, un entretien qui est également disponible en replay sur nos réseaux sociaux. A bientôt pour une nouvelle grande interview, moi président, et bonne journée à tous. Sous-titrage Société Radio-Canada