Budget : "Nous sommes ouverts au compromis", affirme Olivier Faure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Comment s'est passé hier votre rendez-vous avec le ministre de l'économie et des finances ?
- 0:40RelanceRéponse partielle
Oui, mais comment ça s'est passé ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Mais vous considérez qu'il y a des choses qui sont possibles ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Est-ce que quelque chose a changé ?
- 2:00RelanceRéponse partielle
Sauf que quand ce gouvernement a été nommé, justement, vous aviez dit que ce gouvernement, c'était une forme de provocation...
- 3:29OuverteRéponse directe
Là aussi, c'est un virage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« C'est un rendez-vous que j'espère utile. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Nous aurions pu être dans une opposition totale et considérer que rien n'est possible avec ce gouvernement. »
- 1:01Invité politiqueFait
« Nous ne revendiquons d'ailleurs absolument aucun avantage, ni de poste. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Nous sommes prêts, nous restons ouverts au compromis. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Je vois ce qui se passe aujourd'hui en Europe, je vois ce qui se passe en Autriche. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Ça conduit à ce que ce soit l'extrême droite qui aujourd'hui est appelée au pouvoir. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Très bien ? Très bien, et ce que j'ai dit, je l'ai dit sur la composition du gouvernement. »
- 3:35Invité politiqueFait
« Je l'espère là aussi. »
- 3:46Invité politiqueChiffre
« Cette année, autour de 3 milliards. À la fin de la décennie, 15 milliards. »
- 3:55Invité politiqueFait
« On ne peut pas considérer qu'il suffirait simplement d'abroger et d'en rester là. »
- 5:18Invité politiqueFait
« Il y a eu un vote le 7 juillet et ce vote, il a porté la gauche en tête. »
- 6:02Invité politiqueFait
« aberrant d'avoir 4000 suppressions de postes, aberrant de considérer que l'hôpital public fonctionne bien. »
- 6:18Invité politiqueFait
« qu'on puisse au contraire utiliser ce moment dans un moment où la baisse démographique permettrait d'avoir plus d'enseignants. »
- 8:40Invité politiqueFait
« Je suis toujours Charlie. Je suis toujours pour la liberté d'expression, de caricaturer. »
Temps de parole
- Olivier Faure70 %
- Présentateur30 %
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France Inter, le 7-10.
Sonia De Villers, votre invitée, le premier secrétaire du Parti Socialiste.
Et députée de Seine-et-Marne, bonjour Olivier Faure.
Bonjour Sonia De Villers.
En ces dix ans de la tuerie qui décima la rédaction de Charlie Hebdo, je vous demanderai dans un instant quels sentiments vous traversent aujourd'hui. Mais d'abord, l'actualité, puisque les discussions ont repris dans l'urgence avec le nouveau gouvernement. Il faut un budget pour la France. Comment s'est passé hier votre rendez-vous avec le ministre de l'économie et des finances ?
C'est un rendez-vous que j'espère utile. Et comme vous venez de le dire à l'instant, il faut un budget pour la France.
Oui, mais comment ça s'est passé ?
Et donc, nous avons commencé à discuter. La discussion va se prolonger toute la semaine. Et nous allons voir si nous pouvons arriver à converger sur un certain nombre de points. D'où je vous parle ? Je vous parle de l'opposition. Nous aurions pu être dans une opposition totale. et considérer que rien n'est possible avec ce gouvernement, puisque nous avons nous-mêmes revendiqué le pouvoir. Nous n'y sommes pas. Nous ne revendiquons d'ailleurs absolument aucun avantage, ni de poste.
Mais vous considérez qu'il y a des choses qui sont possibles ?
Et malgré cela, nous sommes prêts, nous restons ouverts au compromis, parce qu'il faut effectivement abutuer pour la France.
Le bar est venu ici hier à ce micro à France Inter. On a tous été assez frappés par le ton qu'il a adopté à votre égard, à celui des écologistes, à celui des communistes. Je le cite, il y a plus de perspectives d'un dialogue fécond avec les partis de gauche qu'avec le rassemblement national. Est-ce que quelque chose a changé ?
Je l'espère, et je partage ce point de vue. Pourquoi ? Parce que je vois ce qui se passe aujourd'hui en Europe, je vois ce qui se passe en Autriche, et je vois que le fait qu'à un moment, on ne puisse pas se parler, là en l'occurrence construire une coalition, ce qui n'est pas notre cas, mais le fait de ne pas pouvoir avoir ce dialogue fécond dont vous parlez, ça conduit à quoi ? Ça conduit à ce que ce soit l'extrême droite qui aujourd'hui est appelée au pouvoir.
Sauf que quand ce gouvernement a été nommé, justement, vous aviez dit, vous, Olivier Faure, que ce gouvernement, c'était une forme de provocation, que c'était une droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l'extrême droite. Or, aujourd'hui, vous êtes face à un ministre de l'économie, que vous dites vous-même un ami, et qui dit au micro de France Inter que si Marine Le Pen veut voter la censure, qu'elle la vote, mais que si ses conditions sont insoutenables, il ne s'y pliera pas.
Très bien. Très bien ? Très bien, et ce que j'ai dit, je l'ai dit sur la composition du gouvernement. Et je veux le juger maintenant à ses actes. Et c'est vrai que je viens de vous dire qu'il faut un budget pour la France. Et c'est d'abord ce qui me préoccupe aujourd'hui. Ensuite, nous verrons si ce gouvernement, avec son aile droite, voire même de droite extrême, poursuit ses propres obsessions. Et bien à ce moment-là, il y aura effectivement une opposition très dure de notre part. Et nous serons au premier rang. Mais ce que je dis, c'est que pour l'instant, ce qu'il faut, c'est un budget pour la France. Parce qu'il faut que la France soit gouvernée.
Parce que je sais aussi que du chaos naîtrait en réalité une situation qui serait d'abord défavorable aux plus vulnérables. Les plus riches s'en tirent toujours. Les crises ne les préoccupent pas en réalité.
Alors justement, il y a un marqueur à propos de budget, de la Macronie, c'est la réforme des retraites. Avec cet âge devenu un symbole, 64 ans. Manifestement, Bercy est prêt à bouger. Sur ce marqueur qui était jusqu'ici, intouchable. Là aussi, c'est un virage ?
Je l'espère là aussi. Et je redis ce que je vous ai déjà dit. C'est que moi, je souhaite non pas partir dans le vide. Nous savons toutes et tous qu'il y a aujourd'hui des besoins de financement. Cette année, autour de 3 milliards. À la fin de la décennie, 15 milliards. Et donc, on ne peut pas considérer qu'il suffirait simplement d'abroger et d'en rester là. Donc, nous proposons quelque chose de très simple. Commencer par suspendre, pour ne pas pénaliser ceux qui sont aujourd'hui pénalisés par la réforme. Avoir une conférence de financement qui prenne plusieurs mois, qui réunisse les partenaires sociaux.
Et à l'issue de laquelle, nous puissions transitionner vers un nouveau système qui va être un financement alternatif.
Moi, je suis d'accord de reprendre les discussions sur la réforme des retraites, mais sans suspendre. Si vous n'obtenez pas cette suspension, est-ce que vous avez besoin du mot suspension ? Est-ce que vous avez besoin que dans le discours de politique générale, le nouveau Premier ministre parle de suspension ? Ou est-ce que si vous n'obtenez pas cette suspension, vous continuez à discuter quand même ?
Moi, je veux une discussion qui soit une discussion globale. Mais oui, je continue à plaider la suspension parce que je crois que c'est un signal important et que c'est une façon aussi de dire que ce gouvernement-là ne sera pas la prolongation des précédents. Parce qu'il y a aussi un besoin de changement qui s'exprime.
S'il n'y a pas de suspension, vous censurerez ?
Mais je dis les choses différemment. Je dis qu'il faut une discussion globale. Je veux que nous puissions parler d'ensemble des sujets. Et oui, je veux une suspension de cette réforme des retraites parce que je pense que le signal doit être donné, que le gouvernement n'est pas là simplement pour prolonger ce qui s'est fait jusqu'ici, qu'il y a une rupture dans ce qui a jusqu'ici donné... Il y a eu un vote le 7 juillet et ce vote, il a porté la gauche en tête. Elle n'est pas majoritaire absolue, mais la droite macroniste non plus.
J'ai Olivier Faure, vous avez un gouvernement qui est prêt à remettre sur le tapis la contribution des hauts revenus. Vous avez un gouvernement qui est prêt à remettre sur le tapis la lutte contre l'optimisation fiscale. Vous avez un gouvernement qui est prêt à remettre sur le tapis ce qu'on appelle la flat tax, c'est-à-dire le prélèvement sur les revenus du capital. Voilà. Donc, est-ce que sur tous ces points, vous continuez à discuter, même si vous n'obtenez pas la suspension ?
Je discute de tous ces sujets et je discute d'abord des préoccupations des Françaises et des Français. Moi, ce que je veux, c'est que les Français puissent se dire qu'ils ont été entendus sur l'école, aberrant d'avoir 4000 suppressions de postes, aberrant de considérer que l'hôpital public fonctionne bien.
La ministre de l'éducation nationale a dit hier que justement elle se battait pour les sauver, ces 4000 postes.
Eh bien, écoutez, dans ces cas-là, nous nous battrons à ses côtés pour faire en sorte que ce soit non pas 4000 postes qui s'est supprimé, mais qu'on puisse au contraire utiliser ce moment dans un moment où la baisse démographique permettrait d'avoir plus d'enseignants, plus de maîtres, plus de classes, comme on le disait autrefois. On vous entend. Sur l'hôpital, faire en sorte que l'hôpital ne soit pas aujourd'hui le grand abandonné, qu'on puisse financer le Ségur qui a été, l'a présenté comme une avancée mais qui n'a pas été financée, ce que nous avons découvert ensuite avec la question d'enquête qui est créée aujourd'hui. On vous entend. Mais Jean-Luc Mélenchon, lui, hier...
Donc nous avons besoin d'avancer. Mais Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas ma préoccupation. Moi, ma préoccupation, c'est les Français. Mais Jean-Luc Mélenchon, c'était quand même votre partenaire au sein du nouveau Front populaire.
Et hier, citons-le, citons-le, il a accueilli très sèchement votre volonté de dialogue avec le gouvernement.
Très bien. Mais moi, ce que je vois, c'est que l'opposition stérile, ça sert juste à faire du blabla à la télévision. Moi, ce que je veux, c'est des résultats. Ce que je veux, c'est qu'on ait aujourd'hui, pour les Françaises et les Français, des gains sur l'hôpital, sur les services publics de manière générale. C'est une rupture ? Mais ce n'est pas une question de rupture, c'est une question que je peux me poser quand même. Est-ce que c'est une rupture avec les Français ?
Avec la France insoumise, est-ce que c'est une...
Mais il y a un désaccord stratégique avec la France insoumise, je le maintiens. Mais ce que je dis, c'est que moi, ce que je veux, c'est répondre aux Françaises et aux Français. Ce n'est pas répondre à Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon fait ce qu'il veut. Il a fait un choix qui est celui de dire qu'en dehors de la destitution du chef de l'État, rien n'est possible. Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a aujourd'hui besoin...
Donc il y a plus de nouveaux fronts populaires ?
Mais il y a un front populaire avec les communistes, avec les écologistes, qui dialoguent avec le gouvernement et qui souhaitent avancer. Donc c'est Jean-Luc Mélenchon qui sort, c'est lui qui sort du nouveau front populaire ? Aujourd'hui, je constate que dans le front populaire, il y a une majorité de parlementaires qui sont pour le dialogue, non pas un dialogue qui serait un dialogue simplement pour se rallier. Nous ne voulons pas nous rallier, nous ne voulons pas rentrer dans ce gouvernement. Nous allons nous opposer très fermement à un certain nombre de mesures qui seront proposées, notamment par le duo d'Amana Retailleau.
Mais sur la question budgétaire, sur la question de la vie quotidienne des Français, oui, il faut avancer. Sur le logement, il faut avancer. Voilà des sujets sur lesquels les Français nous attendent. Imaginez le besoin aujourd'hui. Je prends l'exemple du logement. Il nous reste quelques secondes. Oui, quelques secondes. Et parlons de Charlie.
Voilà, parlons de Charlie. Voilà. Parlons de Charlie. Parce qu'il y a dix ans, c'était un grand sujet d'unanimité, Charlie, notamment à gauche. Et manifestement, ça ne l'est plus. Et je voulais vous entendre là-dessus.
Je suis toujours Charlie. Je suis toujours pour la liberté d'expression, de caricaturer. Et je me souviens de ce formidable moment. Dans mon bureau, à l'Assemblée, il y a une grande affiche qui est le dessin de Plantu, avec écrit en dessous, nous sommes un peuple. Et ce peuple-là, c'est le mien. Ce peuple qui aime la caricature, qui aime l'humour, qui aime se faire, pour les politiques aussi, se faire brocarder, parce que ça fait partie de ce qu'est notre art de vivre, notre façon de penser ensemble. Et pour moi, évidemment, indiscutablement et définitivement, je suis Charlie.
Merci Olivier Faure.
Olivier Faure