Macron et la stratégie Top Gun
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le président se retrouve en phénomène viral sur les réseaux sociaux grâce à ses lunettes et à son "for sure", désormais détourné et mis en musique. ... - Une semaine est passée, et l'accent anglais un peu forcé du président continue d'enflammer les réseaux sociaux.
E.Macron remixé...
Parodié...
Et même imprimé sur du textile. L'emballement est mondial, accentué par le port d'une paire de lunettes aviateur pour cacher un oeil rougi. Les détournements, là aussi, pleuvent sur les réseaux sociaux.
Ici, E.Macron défie D.Trump dans les airs.
Lundi, même le Premier ministre anglais, K.Starmer, y est allé de son clin d'oeil. - De l'autre côté de l'Atlantique, la nouvelle célébrité du président français continue d'agacer D.Trump. - D.Trump: C'était quoi, cette histoire avec ces lunettes?
C'était quoi, ce cirque? - Duel à distance entre les 2 hommes. Au-delà de la forme, la bataille reste politique.
Après Davos, E.Macron et son nouveau look ont fait la une de tous les journaux, mais c'est surtout son discours, véhément à l'encontre du président américain, qui est souligné. - E.Macron: Nous avons besoin de stabilité, mais nous préférons l'Etat de droit à la brutalité. - E.Macron retrouve de l'air et compte bien en profiter.
C'est lui, à Paris, qui reçoit hier la Première ministre du Danemark et le Premier ministre du Groenland. L'accueil se fait même avec quelques mots en groenlandais. - La France se pose en 1er soutien au Groenland et appelle l'Europe à agir vite. - E.Macron: Les événements récents confirment que la situation au Groenland est un appel au réveil stratégique pour toute l'Europe. - Pour moi, la voie à suivre est tout à fait claire.
C'est à nous et à nous seuls, Européens, qu'il appartient de créer une Europe de demain confiante et prospère. Nous devons être capables de nous défendre. - D.Trump a récemment fait marche arrière, évoquant un accord avec l'Otan concernant le Groenland.
Mais qu'en est-il réellement? - M.Frederiksen: Il ne s'agit pas d'un accord.
Nous sommes convenus d'essayer de façon plus traditionnellement démocratique et politique de mettre en place un groupe de travail pour essayer de trouver une solution. Pour nous, c'est très important que le secrétaire général de l'Otan reconnaisse qu'il faut maintenant une présence permanente de l'Otan. Mais il n'y a pas de mandat pour négocier avec Trump. - L'Europe de retour dans le jeu diplomatique.
En France, E.Macron et ses lunettes ont profité de la séquence internationale. Le président a gagné 2 points de popularité. - C.Roux: Si nous mettons de côté les lunettes et le "for sure"...
On a commencé l'émission en parlant de l'Iran. On a presque oublié que la semaine dernière, l'Europe était en panique sur la question du Groenland. Est-ce qu'en termes géopolitiques, stratégiques, ça veut dire que Trump a délaissé ce dossier pour se consacrer au dossier? - L.Menget: On est passés du Venezuela au Groenland et à l'Iran.
D.Trump fonctionne par feuilleton. L'Iran est plus un problème géopolitique pour les Américains que la question groenlandaise.
Il a peut-être compris que les Européens allaient, pour une fois, s'unir, faire quelque chose. En ça, le discours du président français a eu du sens et de l'impact. La Première ministre danoise a expliqué que ce n'est pas fini.
Ca va revenir par une autre porte, une porte diplomatico-économico-militaire. - C.Roux: Ce qui compte, c'est aussi la politique intérieure, pour D.Trump.
Les sondages montrent que les Américains sont plutôt défavorables à une intervention en Iran, mais quand on rentre dans le détail de l'électorat Maga, des supporters de D.Trump, ils soutiendraient une intervention en Iran. Au Groenland, ils étaient farouchement opposés. - A.Bellanger: C'est le seul avis qui compte pour D.Trump.
S'il est impopulaire, il est 2 fois plus populaire qu'E.Macron. D.Trump est à 40 % d'opinions favorables de manière générale.
Ca ne veut pas dire qu'il a une majorité d'opinions favorables, mais 40 %, c'est un bon petit matelas. Il le maintient en parlant à son électorat, qui lui reste très favorable, quels que soient les sujets. - C.Roux: Ils sont notamment favorables à une intervention en Iran. - L.Menget: Mais pas au Groenland. - A.Bellanger: Parce qu'ils ne voyaient pas l'intérêt, ni ce que ça venait faire dans l'histoire récente des Etats-Unis.
Mais l'Iran, c'est un sujet important. Cuba, c'est M.Rubio, l'électorat du sud des Etats-Unis, ce pays à quelques dizaines de kilomètres des côtes de la Floride qui résiste aux Américains, comme le village gaulois, depuis 70 ans, et qui ennuie toutes les présidences les unes après les autres.
L'Iran, c'est pareil. Si D.Trump pouvait obtenir un strike, comme on dit aux quilles, sur cette histoire du Venezuela, de Cuba et d'Iran, il deviendrait à ses yeux un grand président. - A.Levallois: En Iran, il y a une communauté iranienne très importante... - C.Roux: Aux Etats-Unis.
Ils ont quitté l'Iran à cause de la République islamique. C'est une communauté très opposée à la République islamique. C'est une communauté qui a beaucoup de relais au sein des Etats-Unis, de la population américaine. - A.Levallois: Pour un certain nombre d'Américains, même si ça commence à être ancien, l'histoire de la prise d'otages de l'ambassade américaine au Téhéran au moment de l'émergence de la République islamique est encore présente dans les esprits.
Trump l'avait dit, en expliquant que la raison pour laquelle il voulait sortir de l'accord du nucléaire et en découdre avec l'Iran, c'était parce qu'il avait toujours devant les yeux ces images de la prise d'otages par des jeunes étudiants en religion. Ca a été un épisode terrible et un traumatisme pour de nombreux Américains. La relation des Américains avec l'Iran est tout à fait autre que celle avec le Groenland parce qu'il y a un passif avec ce pays.
Il y a cette communauté iranienne qui a un poids significatif. - L.Menget: C'est le vieil "axe du mal" de G.Bush. - Gal F.Chauvancy: Il ne faut pas se laisser aveugler par les grandes tirades de D.Trump toutes les semaines sur un sujet différent.
Il faut revenir au texte publié en novembre sur la stratégie américaine. - C.Roux: Ils disent quoi, sur l'Iran? - Gal F.Chauvancy: Qu'il faut protéger Israël.
C'est le seul pays cité. Aujourd'hui, on se laisse prendre par Trump qui fait son show, mais en réalité, derrière, vous avez des équipes qui rédigent des documents et les appliquent. Les discours qui sont écrits, ce n'est pas seulement l'inspiration de D.Trump.
Parfois, il sort de son discours avec des éléments qui nous font rire, mais il y a une ligne stratégique depuis le début.
Emmanuel Macron