Sébastien Chenu et Prisca Thévenot
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France Inter.
Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi à la radio sur France Inter, à la télévision sur France Info et en partenariat avec le journal Le Monde. Et après, qui pourra encore dire que la parole présidentielle n'a plus de poids ? Il aura suffi d'un mot choisi par Emmanuel Macron pour mettre en ébullition les médias, les intellectuels et la classe politique, des civilisations internes pour qualifier les violences de notre société. Et pour évoquer ce climat, mais aussi plus largement les enjeux politiques du moment, nous avons choisi cette semaine de donner la parole à deux députés.
Tout à l'heure, la députée de la majorité et porte-parole de son parti, Priska Thévenot, nous rejoindra. Mais nous commençons l'émission avec le député Rassemblement National du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale, Sébastien Chenu, et l'invité de Question Politique.
Question Politique, Thomas Négaroff sur France Inter.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci d'avoir accepté de passer un bout de votre dimanche midi à nos côtés. Nos côtés, parce que je ne suis pas le seul pour vous poser des questions, bien sûr. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions.
Bonjour Thomas, bonjour Monsieur Chuté, bonjour à tous.
Bonjour Françoise Fressos du Monde. Bonjour Thomas, bonjour à tous. Et bonjour Karine Bécard de France Inter. Salut tout le monde. Allez Sébastien Chenu, première question ce matin. Elisabeth Borne, la première ministre, était au micro de Radio-J. Elle a donné son sentiment sur votre parti, le Rassemblement National.
Vous savez, moi je ne crois pas du tout à la normalisation du Rassemblement National. Je pense qu'il ne faut pas banaliser ses idées. Ses idées sont toujours les mêmes. Alors maintenant, le Rassemblement National y met les formes. Mais je continue à penser que c'est une idéologie dangereuse. Héritier de Pétain ? Oui, également héritier de Pétain. Marine Le Pen, pareil ? Je pense que je n'ai jamais entendu Marine Le Pen dénoncer ce qu'ont pu être les positions historiques de son parti. Et je pense qu'un changement de nom ne change pas les idées et les racines.
Alors idéologie dangereuse, vous êtes vice-président d'un parti héritier du maréchal Pétain. Que dites-vous ?
Je crois qu'Elisabeth Borne est à la fois inculte, indigne et incapable. C'est problématique quand on est Premier ministre, je vous l'accorde. Elle est inculte parce qu'elle oublie d'ailleurs que dans l'histoire du Rassemblement National, de ce qui était le Front National, il y a eu des gens qui l'ont confondé, comme Georges Bidot, qui était président du Conseil et résistant, comme Michel Decamaret, qui était résistant. Il y a eu Pascal Harigui, j'y viens, j'y viens. Il y a eu Olivier Dormesson, qui avait été élu sur l'île de Simone Veil, et puis qui a rallié le Front National.
Et moi, je ne fais pas à Mme Borne le procès d'avoir servi une administration dont le chef était à l'époque François Mitterrand, qui avait reçu la France-Lisque. Et je ne dis pas que Mme Borne a un rapport avec tout cela. Donc je pense qu'elle est inculte. Et je rappelle quand même que la dernière fois qu'on a vu un salut nazi à l'Assemblée Nationale, c'était M. Réberot, député Renaissance, qui l'a fait. On n'en avait pas vu depuis la libération, ou depuis l'occupation plus exactement. Donc elle est inculte. Elle est indigne parce qu'elle masque, à travers ses excès de langage peu dignes d'un Premier ministre, elle masque ses pratiques, Mme Borne.
Elle masque des pratiques peu démocratiques lorsqu'elle rétablit la censure, en faisant saisir ou caviarder un livre qui parle de sa vie, où on découvre qu'elle nous raconte qu'elle est en couple avec quelqu'un qui est paxé avec une autre. Tout ça a l'air bizarroide. Non mais elle fait censurer un bouquin, c'est une pratique assez... Dans une démocratie, qu'un Premier ministre fasse censurer un livre, ce n'est pas tout à fait digne, mais pas seulement. Elle est indigne lorsqu'elle cherche à empêcher, par exemple, qu'il y ait un débat sur la réforme des retraites. Dans une démocratie, ce n'est pas très digne.
Et puis elle est incapable parce que je pense qu'elle ferait mieux de se concentrer, non seulement sur les problèmes des Français, plutôt que d'insulter des millions d'électeurs. Et elle ferait mieux d'essayer de se concentrer sur ce qu'elle nous avait dit, essayer de faire, de construire des majorités. Or, je vois que jusqu'à présent, Mme Borne est incapable de construire des majorités.
C'est-à-dire que c'est fini pour elle ? C'est-à-dire, même si vous avez un texte sur l'immigration... Ça n'a pas vraiment commencé, vous me direz. Si vous avez, en tout cas pour vous, s'il y a un texte sur l'immigration, qui même s'il vous semble incomplet ou pas suffisamment élaboré, ça veut dire que ça sera niette de votre part pour le vote ?
Non mais nous n'avons aucune confiance dans un gouvernement pour s'attaquer au problème de l'immigration, qui a d'abord le bilan que nous connaissons. Si je regarde le bilan de Gérald Darmanin, que ce soit sur les OQTF, il disait sur vos antennes, il y a un an, voire un peu plus, 100% des OQTF seront appliqués. Je pense qu'on peut regarder les résultats. Donc il est obligatoire de quitter le territoire, parce qu'il faut quand même que tout le monde soit. Sur les points de deal, rappelez-vous, il y a un an, parce qu'il nous fait des sorties régulières, Gérald Darmanin, tous les points de deal seront fermés.
Je pense que l'ensemble des élus locaux peut témoigner que les points de deal, en tous les cas, moi je le vois... Quel rapport vous faites entre les points de deal et l'immigration ? Je pense qu'il y a, dans le phénomène migratoire, un communautarisme né de l'immigration, qui fait qu'effectivement, il y a beaucoup de gens qui, dans les condamnés, viennent de l'immigration. Vous voulez dire qu'il n'y a pas de français qui vit là ? Si, bien sûr. Mais je pense que là, en ce qui concerne les annonces de Gérald Darmanin sur les fermetures des points de deal, on était à côté de la plaque sur Iqyoussen.
Le bilan lamentable de la course à l'imam Iqyoussen, qui était, moi je connais bien, il est de ma circonscription. Et j'étais, j'allais dire, bien avant d'être député, j'avais dénoncé cette situation. Donc si vous voulez...
Enfin, la retrouvez, il a été expulsé avec Joussen.
Oui, oui, on se souvient, c'était un peu les épisodes de la 7ème compagnie, il arrive, il part, il est déjà parti, tout ça n'a pas été très glorieux. Donc si vous voulez que Gérald Darmanin nous dise aujourd'hui qu'il va s'attaquer aux problèmes migratoires, je rappelle qu'une immense majorité des Français considèrent qu'il y a un problème avec l'immigration et demandent plus de fermeté. Eh bien, je n'y crois pas.
Alors attendez, parce que vous mélangez un peu tout, pardonnez-moi. Prenons les choses très simplement et très précisément. Par exemple, restons sur l'immigration. La droite, les Républicains, proposent de sortir des traités internationaux et des traités européens pour réussir à être plus efficaces sur l'immigration. Vous dites la même chose, je crois, au Rassemblement National ?
Moi, je dis qu'avant de ça, il y a des choses beaucoup plus faciles à faire. Par exemple, dénoncer... On a un problème migratoire, par exemple, avec l'Algérie. Dénoncer les accords de 68. Et ce n'est pas seulement moi qui le dis, c'est Xavier Driancourt, un de nos plus grands diplomates, ambassadeurs deux fois de France et en Algérie. Vous pouvez juste expliquer, quand même, pour nos auditeurs, les accords de 68, ça permet... Ce sont des accords qui permettent de donner plus de droits et de facilité, bien sûr, à une immigration d'origine algérienne dans notre pays. Et on sait qu'aujourd'hui, on a un problème avec cette immigration.
Eh bien, je pense que, même avant de commencer à s'attaquer aux traités internationaux, même avant de constitutionnaliser le droit des étrangers dans notre pays, eh bien, il y a des choses à faire. Par exemple, cette sortie des accords de 1968. Donc, vous voyez, il y a quand même des choses à faire. Il y a des choses à faire à court terme, à moyen terme, à long terme pour lutter contre l'immigration. Et que les Républicains semblent découvrir l'eau chaude ou l'eau tiède aujourd'hui, alors qu'ils ont été aux responsabilités pendant tellement de temps et qu'il y a eu plus d'entrées sur notre territoire.
Lorsque les Républicains, sous Nicolas Sarkozy, gérera le pays que sous Lionel Jospin, ils ont tellement à se faire pardonner.
Ça veut dire qu'il n'y aura jamais de vote LR extrême-droite sur un texte d'immigration.
C'est qui l'extrême-droite ? Vous-même ? Non, je ne suis pas l'extrême-droite, madame. Je ne suis pas l'extrême-droite. Ce débat que vous ne voulez pas avoir et qui vous facilite la vie, il faudra bien un jour le tenir. Je ne l'ai pas. Vous ne pouvez pas me qualifier d'extrême-droite, madame ?
Comme dit Elisabeth Borne, il y a quand même des racines d'extrême-droite. Ah oui, alors d'accord.
Donc, votre référence, c'est Elisabeth Borne. C'est sûr, effectivement, si c'est votre communauté d'esprit, je n'accepte pas ce qualificatif. Mais en tout cas, elle a réussi à vous faire sauter le vernis, là.
Vous êtes assez violent, assez défensif. Non, mais madame, je n'accepte pas
que des millions de Français de bonne foi qui veulent une autre politique souverainiste, une politique d'indépendance de la France, qui veulent une politique qui ne soit pas laxiste, qui veulent une politique dans laquelle on fasse attention à la France du travail, se fasse traiter de nazi. Ce n'est pas acceptable. Elle ne dit pas nazi, là. Elle dit pas nazi, elle dit les héritiers de pétants. On n'est pas très loin.
En revanche, sur la question migratoire,
on a le sentiment, effectivement, alors, le vernis, je ne sais pas, mais en tout cas, il y a un retour à un discours très classique du Rassemblement national héritier du Front national.
Nous, nous n'avons jamais changé. Nous considérons que l'immigration est hors contrôle. Nous considérons que c'est un problème qui n'a fait que s'aggraver. Mais pas seulement nous. Les Français, dans leur immense majorité, je regardais les études dernièrement, où vous avez une majorité de Français dans toutes les catégories politiques, qui disent, par exemple, qu'il faut rétablir la double peine. Donc, on voit bien que les Français... Les LR aussi le proposent ? Oui, mais d'accord. Mais LR, on fait un espèce de copier-coller, un peu tocard, un peu mal fait. Ils vous ont proposé des points, c'est ça ?
D'une proposition qui ne sera évidemment jamais étudiée, parce qu'on débat du sexe des anges. La proposition de loi des députés républicains ne sera pas mise à l'ordre du jour par le gouvernement. Le gouvernement va proposer son propre texte. Le gouvernement peut travailler avec les LR ? Alors, ça, c'est autre chose, effectivement. Gérald Darmanin, je pense, essaye de créer des ponts avec les Républicains. C'est eux qui ne sont pas très clairs, parce qu'ils ont sauvé la tête d'Emmanuel Macron une première fois. Donc, maintenant, ils essayent, peut-être, de se refaire une santé auprès de leur électorat, qui est beaucoup plus raide que sur ces questions-là. Tout ça n'est pas très digne.
Tout ça n'est pas très convaincant, en tous les cas. Et puis, surtout, on les a vus à l'œuvre, tous. On les a vus à l'œuvre, et ça fait combien de temps que les problématiques d'immigration dans notre pays posent question ? 30 ans ? 40 ans ?
Mais aujourd'hui, quand vous dites hors de contrôle ou quand vous dites submersion migratoire, juste, on le quantifie comment ? À partir de quand est-ce qu'on considère qu'il y a submersion migratoire ?
Par exemple, quand les visas ont augmenté de 137% en 2022, on peut considérer... Mais en chiffre absolu, ça fait combien ? On peut considérer... Je n'ai pas les chiffres absolus en plein. On a augmenté par rapport à quand ? Parce que si c'est par rapport à la période Covid... Non, justement. Quand vous pensez que, par exemple, 6%, 7%, peut-être 8% en long, des OQTF sont exécutés, on peut considérer qu'il y a un problème.
Mais attendez, ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est de la difficulté, nous explique à la fois M. Stéphanini, qui est quand même de droite, a priori, ou alors aussi, je n'ai rien compris, et qui a essayé de faire les choses quand il était au pouvoir, dans les années du pouvoir, et la gauche également. Donc vous, vous arrivez, et magiquement, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Maliens...
Non, il n'y a pas de magie dans tout ça. Il n'y a absolument pas de magie. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle nous proposons, et Marine Le Pen l'avait porté pendant l'élection présidentielle, un référendum. Et nous proposons que ce soit... Avec quelle question ? Avec une question qui sera un texte, qui sera un projet de loi. Le projet de loi, Marine Le Pen l'a présenté pendant l'élection présidentielle. Il explique comment on peut acquérir la nationalité, comment on peut éventuellement aussi la perdre, ce à quoi on a droit lorsqu'on est un étranger en situation irrégulière sur le territoire, lorsqu'on est un étranger en situation irrégulière, à quoi on s'expose.
Et nous faisons une proposition qui est très claire, un texte, et nous demandons aux Français « Êtes-vous d'accord avec ce texte ? » Nous vous donnons la parole. Parce que je pense qu'il y a beaucoup de Français qui aimeraient qu'on leur donne la parole là-dessus. Oui ou non. Et puis, si vous n'êtes pas d'accord avec ce texte, vous savez, on a donné des textes très clés. Et vous m'aurez-t-il lui-même dit
« C'est difficilement réalisable, les OQTF, on ne peut pas attraper des gens. »
Mais bien sûr, dans l'absolu, c'est totalement difficile à réaliser parce qu'ils ne veulent pas mettre en place les solutions. Par exemple, sur les OQTF, on le voit bien. Si vous ne négociez pas, j'ai donné l'exemple de l'Algérie sur la nécessaire renégociation des accords de 68. Et je ne vous dis pas, en fait, je dis comme Xavier Dré en cours, je ne vous dis pas que ceci va se faire sans difficulté, que ceci se fera sans heurts. Évidemment, l'Algérie hurlera probablement, rappellera son ambassadeur, mais à un moment, la France doit se faire respecter. Non, mais la France doit se faire respecter. Non, mais il y a aussi des enjeux économiques et commerciaux.
Bien sûr, mais il faut savoir ce que nous voulons. Ou nous considérons que ces enjeux nous amènent à laisser notre pays sans solution, ou nous considérons que nous voulons reprendre la main. Et je pense qu'il faut reprendre le contrôle. Vous dites,
nous, reprendre le contrôle, qui était d'ailleurs le discours et le slogan du Brexit. Est-ce que ça veut dire que ça ne peut pas se faire dans un contexte européen, votre politique migratoire ?
Non, mais ça veut dire qu'il faut constitutionnaliser, je vous l'ai dit, le droit des étrangers, que celui-ci soit supérieur au traité européen.
Vous regardez la Grande-Bretagne. Elle est sortie de l'Europe. Elle a un nombre d'entrées d'étrangers énorme. Vous voyez l'Italie qui a fait campagne, Mélanie a fait campagne sur, au fond, la maîtrise migratoire. Elle n'y arrive pas plus que nous. Donc, est-ce que ce n'est pas quelque chose sur lequel l'Europe doit rester groupée, essayer d'agir, sachant que c'est extrêmement difficile ? Est-ce que vous ne vendez pas au fond du rêve en disant on peut tout contrôler en changeant, on veut un référendum ? En quoi avoir le soutien du peuple sur une politique qui est à la fois mondiale et qui est à la fois... Vous pouvez vous faire rêver comme ça.
Et parce que, madame, la Constitution française doit être supérieure au traité internationale. Non, mais ce n'est pas un problème de traité. Ce n'est pas parce que
le peuple dira qu'il faut faire ça que vous y arriverez.
parce que nous nous donnons les moyens. Je vous donne un exemple avec la CEDH. Vous savez, alors la CEDH, effectivement, j'utilise encore un acronyme. Le groupe européen du droit de l'homme. Voilà. Il y a une disposition que j'ai regardée qui est le protocole 15 qui donne une marge d'appréciation des États. C'est-à-dire qu'en fait, on n'est pas obligé de sortir de tout immédiatement. Il y a dans ce protocole la possibilité que les États, à un moment, de façon éphémère, de façon dérogatoire, pendant un certain temps, sortent des obligations de cette Cour européenne des droits de l'homme. Donc, vous voyez, on n'est pas obligé de faire peur à tout le monde en disant qu'ils vont tout casser.
Il y a des possibilités. Non, ce n'est pas le problème de faire peur, c'est d'être efficace. Au fond, en quoi votre politique serait plus efficace que celle qu'on essaye de faire ensemble ? Eh bien, parce que nous considérons que demander le droit d'asile dans les pays de départ, c'est quelque chose de possible. Encore faut-il en avoir la volonté. Je note que c'est une proposition qui a été reprise aussi par les Républicains. Et derrière ça, je me dis que finalement, si ce que nous proposons pendant les élections est repris hors période électorale par nos adversaires, c'est que nous ne sommes pas très loin d'avoir peut-être des bonnes solutions.
J'entendais Gérard Larcher au moment des présidentielles dire que c'est un coup de force, etc. Et aujourd'hui,
il est soumis à tout ça.
Est-ce que vous avez un pays modèle dans le monde ? Il n'y a pas de pays modèle. Il y a des pays qui tentent d'autres choses. On pourrait parler évidemment du Danemark, dont on parle évidemment tous. Je ne crois pas qu'il y ait de pays modèle. Il y a des pays qui tentent des choses. Vous savez, très loin d'ici, il y a des pays comme l'Australie qui tentent d'autres approches. Alors, c'est différent parce que l'Australie est une immense île et que donc, ce n'est pas exactement le même cas de figure. Mais d'autres pays en fonction de leur... Ils ne voient pas du tout.
Non, mais qui tentent d'autres choses et qui ont des rapports aussi et des relations avec des pays d'immigration qui sont parfois plus exigeants que nous.
En fait, ce qu'on ne comprend pas dans votre raisonnement ou dans votre discours, c'est en quoi s'attaquer seule, la France seule, à ce sujet de l'immigration, en quoi ça rend le pays plus efficace parce que ça reste un enjeu international de régler la question
de l'immigration. On est obligé de s'attaquer, j'allais dire, de refaire de l'immigration une politique nationale à partir du moment où l'Europe, l'Union européenne, voit l'immigration comme un projet puisqu'il considère dans la même logique qu'Emmanuel Macron que l'immigration, c'est faire venir des gens pour travailler ici et faire baisser les salaires. Donc, il y a évidemment une dissonance avec ce que nous pensons. Donc, nous devons reprendre le contrôle. Nous, nous le pensons. Je vois qu'aujourd'hui, la droite, les Républicains pensent qu'il faut reprendre le contrôle et valide nos propositions. Encore un effort, M. Darmanin, pour valider nos propositions et reprendre le contrôle.
Mais je pense qu'il n'y en a pas. Alors,
on a compris, reprendre le contrôle, c'est l'élément de langage du jour ? C'est ça ? Non,
c'est ma façon de m'exprimer aujourd'hui. Peut-être que je trouverai
un autre élément. Et qui a raison, effectivement,
ça dit très bien les choses.
Reprendre le contrôle. Est-ce que vous allez dire reprendre le contrôle sur BFM ?
Il a expliqué pendant l'élection présidentielle qu'il allait choisir les journalistes auxquels il allait parler. Vous vous rappelez, il avait dit, par exemple, les journalistes de santé qui me poseront des questions sur la santé, il faut que ce soit des spécialistes de la santé, sinon je ne répondrai pas. Mais attendez, on va préciser quand même, il y a une nouvelle journaliste qui arrive à BFM
qui ne plaît pas au Rassemblement National, pardonnez-moi, oui, au Rassemblement National et donc vous avez décidé, dites-moi si vous confirmez, de boycotter en fait cette chaîne. Il y a un journal de Bardella qui l'a évoqué dans une boucle WhatsApp.
Vous boycottez ou pas ? BFM ne traite pas le Rassemblement National depuis un certain nombre de semaines, il n'a plus de journaliste, j'allais dire référent du Rassemblement National depuis un certain nombre de semaines. Qui couvrent l'actualité
du Rassemblement National.
C'est assez original d'ailleurs pour le premier parti d'opposition. Aujourd'hui, on nous propose d'être suivi par une journaliste qui a fait ses armes à quotidien et qui avait la spécialité de désinguer le Rassemblement National. Alors il y a un côté provocateur au minimum de BFM. Je ne doute pas que nous reparlerons à BFM que BFM nous reparlera mais nous avons voulu montrer que nous n'étions pas dupes. Nous ne sommes pas dupes de la façon dont nous sommes traités par un certain nombre de médias. Mais ça montre aussi que vous choisissez les journalistes qui courent. En fait, on a pris le modèle d'Emmanuel Macron qui avait dit moi je choisis les journalistes qui me suivent et qui me couvrent.
On s'est dit si Emmanuel Macron peut le faire avec tous les journalistes peut-être qu'on ne nous en voudra pas à un moment de montrer que BFM se comporte très mal.
Mais dans une démocratie qui fonctionne bien on choisit les journalistes qui courent un parti politique.
Non, d'ailleurs nous ne les choisissons pas parce qu'en général nous n'avons pas beaucoup d'alliés dans la presse qui nous interroge c'est le moins qu'on puisse dire. En général on ne nous fait pas beaucoup de cadeaux. Donc vous retournerez sur BFM et répondre aux questions de Sophie Dupont. Je souhaite qu'une relation s'apaise avec BFM mais nous ne sommes dupes de rien.
Hier soir Justine triée en moment de la Palme d'Or qu'elle reçoit c'en est vaguement mais très sérieusement pris au gouvernement les néolibérales et entrant dans le débat des retraites en considérant effectivement que la marchandisation je cite ces mots était partout est-ce que vous trouvez qu'elle a été injuste quand on connaît le régime des intermittents et les aides au cinéma et l'exception culturelle qui manifestement semble être largement développée en France comme seule dans un seul pays
c'est-à-dire chez nous. Vous avez dit ça vous avez dit ils sont fous ? Non mais j'ai envie de dire Madame Trier il ne fallait pas voter Macron puisqu'elle n'est pas contente puisqu'elle se plaint il ne fallait pas voter Macron or tout ce système Elle a voté Macron ?
Tout le système en tous les cas elle n'a probablement pas voté C'est pas pareil C'est pas pareil c'est le même résultat au bout du compte Tout ce système showbiz était bras dessus bras dessous pour faire barrage à Marine Le Pen Aujourd'hui il déplore la politique que Emmanuel Macron tout ça est assez hypocrite donc moi je pense qu'il y a effectivement un cadre dans notre pays qui protège le développement du cinéma qui finance le cinéma qui est assez ancien d'ailleurs parce que que ce soit l'exception culturelle ou le financement du cinéma qui repose sur à la fois les contributions des entrées mais aussi des chaînes etc me semble être un bon système qui fonctionne bien Elle dit qu'elle souhaite que ce gouvernement ne s'attaque pas à cela moi j'entends effectivement il y a toujours des menaces parce qu'avec un gouvernement qui déconstruit tout ce qui bouge on peut se sentir à un moment menacé mais pour le reste il ne fallait pas voter Macron un mot là-dessus
ce matin Laurent Wauquiez dans le JDD parle évoque la question de la censure culturelle de la guerre culturelle ça c'est au coeur de votre politique aujourd'hui ça j'ai même eu des colloques anti-woke
oui mais le wokisme c'est quoi ? c'est la censure l'idéologisme la contrition c'est l'inverse de l'universalisme le wokisme c'est une nouvelle façon
c'est l'éveil des minorités et des droits des minorités aussi
non c'est des droits spécifiques pour des personnes spécifiques moi je serais toujours intéressé aux mêmes droits pour tous ce qui n'empêche pas de combattre un certain nombre d'ailleurs de discriminations ou de difficultés mais le wokisme porte et c'était la journaliste qui je crois qui se définit elle-même comme de gauche Nathalie Henrique peut-être je me trompe sur son nom dans le Figaro une sociologue pardon dans le Figaro qui s'exprime et qui exprimait les choses de façon très claire je pense qu'il y a une menace avec ce wokisme qui sous des airs j'allais dire un peu bisounours bien pensant installe des hiérarchies dans notre société qui me semblent être totalement à l'inverse des valeurs universalistes auxquelles moi je suis attaché
alors le mot wokisme il traîne dans l'actualité depuis quelques temps il y a un mot qui est apparu cette semaine c'est le mot de décivilisation j'aimerais vous entendre là-dessus Marine Le Pen a dit enfin le Président dit ce qu'on dit depuis longtemps moi je dis en sauvagement c'est la même chose vous avez aussi entendu
la même chose ? qu'est-ce que c'est que la décivilisation ? c'est quoi ? c'est la crise des institutions d'autorité en fait c'est ça c'est la dévitalisation de ce qui fait l'autorité dans notre pays et en cela nous nous le dénonçons depuis très longtemps alors qu'Emmanuel Macron
la question c'est de savoir quand est-ce qu'on l'utilise en fait ce mot ?
oui alors est-ce qu'on l'utilise par exemple Emmanuel Macron pour faire diversion parce que moi je crois qu'Emmanuel Macron est malin il utilise des termes il sait très bien c'est un terme qui était celui de Renaud Camus il en a fait le titre dans ses ouvrages pas seulement mais on parle aussi d'un sociologue moi j'ai regardé qui s'appelle Norbert Elias aussi dans les années 30 mais il n'a pas exactement la même approche d'ailleurs que Renaud Camus donc ou il l'utilise pour faire diversion rien à voir même ou il l'utilise pour ce qu'on appelle trianguler c'est-à-dire faire du en même temps c'est-à-dire aller sur le territoire intellectuel d'un de ses opposants pour ça il faut être assez fort pour ça pour vous il est chez vous là ?
en tout cas il valide ce qu'on dit mais pour ça il faut être assez fort sur ses propres bases quand on s'aventure sur les territoires intellectuels des autres ou alors encore une fois je crois qu'il valide ce que nous disons mais je le crois sur ça
mais est-ce que surtout vous vous l'utiliseriez parce que là il l'utilise à l'occasion d'un accident de la route d'un délit routier où trois policiers ont été tués des policiers très jeunes mais est-ce que là il y a un acte un début de commencement de processus de décivilisation sur un délit routier
non mais nous on va parler d'ensauvagement donc on a nos propres termes on n'a pas besoin d'aller les emprunter non mais je vous demandais
quand est-ce qu'on utilise ce mot-là est-ce que là on peut l'utiliser ?
je pense qu'il y a un ensauvagement de la société c'est le terme que moi j'utilise je n'ai pas besoin d'aller chercher les termes des autres je pense qu'Emmanuel Macron avoue d'abord son impuissance face à tout cela parce que ce n'est pas nouveau il avoue aussi une sorte de cynisme parce que évidemment il est co-responsable de la situation que notre pays traverse et puis je vous le dis il valide mais je l'ai vu sur ce thème comme sur d'autres et par exemple c'était sur le thème de la natalité il y a quelques semaines pendant le débat des retraites nous on avait dit pour une autre réforme des retraites il faut activer des politiques natalistes dans notre pays on nous a fait beaucoup de procès là-dessus c'est une honte vous voulez instrumentaliser le corps des femmes qu'est-ce que j'ai entendu il y a quelques semaines Emmanuel Macron dire il faut lancer des politiques natalistes dans notre pays quand Marine Le Pen parle d'ensauvagement de la société aujourd'hui on a Emmanuel Macron qui en écho parle de décivilisation alors donc on a une première ministre
qui vous tape dessus un président qui vous récupère c'est ça que vous êtes en train de dire
parce qu'en fait je pense qu'ils se disent que nous faisons et je crois que nous faisons depuis très longtemps les bonnes analyses que nous avons si je crois les politiques qu'ils essaient de mettre qu'ils aimeraient mettre en oeuvre que nous avons je crois les bonnes solutions mais qu'ils sont piégés par leur positionnement à la fois idéologique mais que vous n'avez jamais mis en oeuvre nous n'avons jamais été aux responsabilités mais nous essayons nous essayons d'y être
à propos de politique publique toute la réforme des retraites s'est faite sur un déni absolu il n'y a pas de déficit on peut encore dépenser sans compter on voit là qu'on commence à avoir des problèmes sur l'endettement sur les déficits que les agences de notation sont aux aguets est-ce que ça vous incite vous à revoir votre projet qui est quand même assez coûteux on l'a vu sur les retraites on le voit aussi quand vous dites baisse de la TVA est-ce que vous vous dites bon on est rentré dans un nouveau cycle et il faut faire attention à la dépense publique
la dépense publique c'est les gens qu'on nous a fait passer pendant les élections pour des experts qui l'ont fait exploser c'est les 600 milliards d'euros de dettes d'Emmanuel Macron la dépense publique ce sont ceux qui nous gouvernent qui en sont responsables en portant si vous accédez au pouvoir vous allez enlever à chaque fois à chaque lien qui sont budgétaires nous considérons que la réforme des retraites qu'a mis en place Emmanuel Macron elle va coûter très cher pourquoi ?
parce que quand vous obligez des gens à travailler plus longtemps jusqu'à 64 ans que ces gens sont et moi j'en rencontre tous les jours j'étais hier dans ma circonscription à Ecodin et je rencontre qu'ils sont dans le BTP qu'ils sont dans des EHPAD etc ils vont avoir des accidents évidemment de santé plus nombreux ils vont se mettre en arrêt maladie tout ça a un coût tellement énorme que ça tue le gain financier qu'on nous a vendu parce qu'il y aura plus de travail
plus de cotisants et un équilibre entre qui ?
c'est la même chanson que celle qu'on nous avait vendue sur 1200 euros de retraite à tout le monde je vous dis juste pourquoi dans tous les pays on fait ça si c'est aussi nocif et j'ajoute parce que c'est très mal calculé dans notre pays on a fait n'importe quoi avec cette réforme des retraites et j'ajoute que le coût de ce qu'ils ont appelé les amortisseurs c'est-à-dire ce qui rendait la réforme soi-disant plus douce était de mémoire 6 milliards d'euros donc pour une réforme qui devait faire gagner de l'argent c'est une réforme qui au final au mieux n'en fera pas gagner au pire en coûtera et en plus elle coûtera en travail en vie en effort à la France qui travaille ou à la France qui aimerait d'ailleurs
et si elle permet à la France que la note de la France soit moins dégradée ça rapportera de l'argent à la France parce que ça veut dire que la France pourra emprunter moins cher sur les marchés
non c'est pas aussi simple que ça parce que je crois que d'abord ça ne le permettra pas mais surtout c'est un projet de société la réforme des retraites c'est quelle société vous voulez quand vous arrivez à la fin de votre vie professionnelle pas n'importe quel coup on avait fait une évaluation budgétaire qui je crois se tenait et qui permettait de démontrer qu'on pouvait 9 milliards d'euros par an voire 10 milliards peut-être dans les plus mauvaises années mais que les taux d'intérêt remontent c'est pas grave ça c'est autre chose et il ne vous a pas échappé que les taux d'intérêt remontent ou baissent pas uniquement en fonction de la réforme des retraites
non en fonction des réformes en général voilà
et de celles qu'on ne fait pas en particulier et de celles qu'on ne fait pas en particulier
cette semaine il y a eu l'Assemblée Générale de Total ça a été extrêmement violent il y a eu beaucoup de manifestations devant l'Assemblée Générale Agnès Pagny-Runacher ministre de la Transition énergétique a demandé à Total d'en faire davantage est-ce que selon vous est-ce que selon le Rassemblement National Total en fait assez ?
Alors plusieurs choses d'abord il y a la forme moi je déteste je déteste les histoires de blocage d'empêcher des gens de se réunir etc c'est vraiment l'extrême gauche qui empêche toujours les autres de penser de se réunir de parler je trouve ça lamentable alors ils peuvent taper sur des casseroles ou empêcher les réunions malheureusement parfois le cours du monde continue à dire ainsi sur le fond Total c'est à la fois une grande entreprise française ça ne sert à rien de lui taper dessus mais Total pose des problèmes ils ont une politique effectivement ils continuent à soutenir de nombreux projets sur les hydrocarbures et puis le symbole de l'augmentation de 10% du salaire de Patrick Pouyanné passe très mal dans ces périodes je pense qu'effectivement il faut aller sur des politiques qui soient des politiques de taxation des super profits nous l'avons proposé à l'Assemblée Nationale la gauche renaissance bien sûr mais la gauche a voté contre nos propositions de taxation des super profits il faut aller sur des politiques de développement d'autres énergies je pense par exemple à l'hydrogène et ne pas s'enfermer dans le corner de l'électrique sur lequel aujourd'hui la Chine a la main et je crains qu'en abandonnant le moteur thermique et bien on puisse demain se retrouver dans une impasse donc je pense que voilà ça sert à rien de taper comme des malades sur Total Total doit faire des efforts on doit taxer leurs super profits on doit être plus exigeant d'eux je note aussi qu'ils ont un plan sur les énergies renouvelables il faut regarder les choses telles qu'elles sont qu'il faut
un tiers d'investissement seulement
c'est plus c'est évidemment passé et c'est là où Elisabeth Borne au lieu de raconter n'importe quoi sur Radio J serait peut-être un peu plus utile
sur l'ISF climatique il a été proposé dans le rapport de Pisani Ferry de rajouter un impôt pour les gens qui gagnent le plus d'argent de manière à financer la décarbonation et la suite vous trouvez que c'est une bonne idée d'augmenter les impôts des riches ou non ?
non mais moi ça suffit les impôts dans ce pays notre pays n'en peut plus et d'ailleurs ce ne seront pas les riches qui seront touchés ce sont les classes moyennes donc pas d'ISF climatique en revanche il faut des investissements il faut des incitations financières et l'état doit être exemplaire car je vous rappelle qu'en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre ou le bilan carbone l'état n'est pas exemplaire contrairement aux particuliers l'état coûte plus cher quelque part que les particuliers sur la baisse de 2 milliards
pour les classes moyennes annoncées par Emmanuel Macron la fin de son deuxième quinquennat on baisserait les impôts des classes moyennes justement là
vous avez le droit d'y croire quand les taxes foncières augmentent et qu'elles dépassent ce que coûtait la taxe d'habitation moi je crois que c'est encore les éternelles arnaques de ce gouvernement
merci Sébastien Chenu d'avoir passé un bout d'autre dimanche midi avec nous Sébastien Chenu laisse sa place à Priska Thévenot député des Hauts-de-Seine qui nous rejoint bonjour à vous merci d'avoir accepté notre invitation également je reviens sur ce qui s'est passé hier au festival de Cannes on en a parlé il y a un instant avec Nathalie mais j'aimerais aussi votre point de vue là-dessus hier soir donc je précise sur la scène mondiale du festival de Cannes Justine Trié Palme d'Or pour Anatomie d'une Chute s'en est pris très fortement à votre gouvernement qu'elle a qualifié de néolibérale la ministre de la Culture s'est dit estomaquée Roland Lescure ministre de l'Industrie parle d'ingratitude pourquoi de telles réactions ?
je pense qu'effectivement comme vous l'avez dit hier nous étions sur une scène internationale où nous avons eu la chance petit cocorico de voir notre pays mis à l'honneur nous aurions pu parler effectivement de tas de sujets plutôt que de venir taper comme un sourd sur notre pays ça s'apparente excusez-moi du terme mais un peu à une espèce de rébellion de salon qui cache son nom mais qui s'assume pleinement parce que dans quel pays a-t-on le plus aidé les artistes pendant la période Covid ?
c'est bien la France dans quel pays on subventionne la création avant même de savoir a priori si cette création va un jour connaître un public dans quel pays on a un président de la République Emmanuel Macron qui annonce 350 millions d'euros dans le cadre de France 2030 pour aider à la formation du monde audiovisuel pour promouvoir et développer le 7ème art alors oui il y a une réforme des retraites
mais pourquoi autant de gratitude à votre avis ? qu'est-ce qui fait qu'Emmanuel Macron et que la politique d'Emmanuel Macron soulève autant d'oppositions là il y a un mélange
des genres effectivement ce qu'on a entendu hier c'est un sujet sur la réforme des retraites et bien là encore oui il y a une réforme des retraites oui nous avons eu mandat nous la majorité présidentielle pour mettre en oeuvre cette réforme des retraites mais alors
vous ne pouvez pas dire ça pardonnez-moi
alors non c'est un argument non mais attendez je vais déterminer on ne peut pas dire qu'il a eu mandat pour faire cette réforme pour proposer cette réforme des retraites si il a eu mandat pour proposer cette réforme
quand on est élu sur un front républicain on a mandat excusez-moi
je vais le redire peut-être différemment on a tendance en permanence à venir commenter le second tour des élections présidentielles second tour c'est une réalité il y a eu un premier tour des élections présidentielles et sauf erreur de ma part Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour des élections présidentielles donc 26% des électeurs
ça suffit pour avoir mandat je pense qu'il faut je pense qu'il faut
non mais c'est juste une question je vais vous répondre je pense qu'il faut en finir avec cette petite musique qui viendrait attendre attendre le fil de dire que nous ne serions pas légitimes si nous sommes légitimes et pas non on parle d'une réforme
on parle pas de la légitimité d'un pouvoir
et bien nous avons eu mandat pour proposer le programme d'Emmanuel Macron qui a été élu au second tour des élections présidentielles et qui est arrivé en tête au premier tour des élections présidentielles j'en finis sur le sujet du cinéma puisque c'était celui-là le sujet de la réforme des retraites a été abordé hier dans le cadre du cinéma en France il y a eu un certain nombre voire beaucoup de régimes spéciaux qui ont été supprimés dans le cadre de la réforme des retraites un des régimes qui est resté c'est celui des intermittents
elle ne parlait pas que des intermittents et du cinéma elle évoquait un gouvernement sourd aux revendications
aux contestations
des français
je pense qu'il est important
c'était pas un discours qui était uniquement sur le cinéma
je pense qu'il est aussi important de le souligner oui nous avons la chance de défendre l'exception française culturelle et nous devons aujourd'hui être aussi capables de le reconnaître
Françoise
alors vous défendez fortement la réforme des retraites est-ce que vous avez la potion magique pour éviter toute cette crispation autour de la proposition de loi Liott c'est-à-dire cette proposition de loi qui est déposée par Charles de Courson et celui par l'opposition le 8 juin pour essayer au fond d'abolir la réforme des retraites qui vient d'être votée qu'est-ce que vous conseillez-vous qu'on aille au débat que ce soit déclaré anticonstitutionnel est-ce que Yael Brune-Piévé la présidente de l'Assemblée nationale doit dire il ne faut pas la discuter quelle est votre solution
de façon très factuelle deux choses déjà effectivement ce n'est pas une proposition de loi c'est une abrogation de loi c'est quand même assez inédit qu'on ait un texte qui soit promulgué et que quelques semaines après tout est inédit pendant dans ce cycle-là
tout est inédit
et ça va être inédit je vais finir ma phrase qu'on ait une volonté de l'abroger directement après ce qui est aussi inédit c'est qu'on est en train de se dire que 15 milliards d'euros de dettes supplémentaires du coup et bien on peut simplement le gager sur le tabac alors même que d'un point de vue de santé publique on devrait au contraire essayer d'en finir avec ce cancer pardonnez-moi du mot donc maintenant de façon factuelle je suis en commission des affaires sociales je siège dans cette commission et mercredi je serai en commission des affaires sociales pour débattre étudier cette proposition de loi du groupe Liot vous savez ce qu'il y a dedans
le problème c'est de savoir qui portera la responsabilité de la loi sur les retraites c'est-à-dire en clair pour ceux qui n'auraient pas tout compris les subtilités moi j'ai mis d'autant à le faire ou vous dites c'est inconstitutionnel comme ça vous êtes tranquille et ça sera même pas débattu mais vous vous exposez à ce qu'il y a un retour de ressentiment comme au moment du 49-3 soit vous acceptez de voter et de toute façon le vote n'ira pas plus loin puisque ça restera à l'Assemblée mais symboliquement vous donnerez l'impression que l'Assemblée rejette cette réforme qu'est-ce qui est le moins pire
est-ce qu'un débat est nécessaire ou pas est-ce qu'un débat est-ce qu'un débat a eu lieu sur la réforme des retraites nous n'avons pas pu avoir de débat sur la réforme des retraites soyons très clairs ceux qui aujourd'hui ceux qui ceux-là même ceux qui aujourd'hui nous disent arrêtez pardonnez-moi
cette formule de rhétorique
mais ceux-là même qui ont empêché qui l'ont dit micro ouvert au sein de l'Assemblée nationale dans l'hémicycle mais aussi bien en commission qui nous ont dit nous refusons le débat et nous ferons tout pour qu'il n'y ait pas de débat nous expliquent qu'aujourd'hui plutôt demain ils seraient prêts à faire le débat mais est-ce que vous n'êtes pas coincé vous faites l'inverse il ne s'agit pas d'être coincé il ne s'agit pas d'être coincé dans les deux cas vous perdez en fait c'est ça qui est compliqué vous ne vous faites pas la question c'est exactement merci de la poser c'est pas nous le sujet c'est pas nous c'est vous c'est de savoir si Emmanuel Macron vous dit on va au vote ou on bloque le sujet c'est fondamentalement notre pays encore une fois il ne s'agit pas de dire qu'on a raison non pas mais d'accord nous avons aujourd'hui quand même un pays effectivement sur lequel nous devons retravailler nos équilibres budgétaires pas simplement pour faire plaisir à Emmanuel Macron ou la majorité présidentielle mais pour assurer la stabilité la pérennité de notre modèle social ce modèle même que nous avons hérité que nous devons être en capacité de transmettre mais aussi pour dégager des manœuvres pour investir dans l'éducation
dans les politiques de soi politiquement on va prendre les choses autrement est-ce que le groupe Renaissance est-ce que vous vous êtes sur la même longueur d'onde qu'Elisabeth et Emmanuel Macron c'est-à-dire en gros c'est inconstitutionnel Yael Brown-Pivet n'a pas pris ses responsabilités et nous on va considérer que ça ne l'est pas et puis on passe à autre chose c'est simple comme ça
je viens de vous le dire juste avant pardonnez-moi si je n'ai pas été assez claire du coup c'est inconstitutionnel du fait de ce gage de 15 milliards d'euros sur les cigarettes je veux dire maintenant le texte va arriver sauf et hors de ma part en commission mercredi je ne vais pas aller bouder dans mon coin je vais prendre mes responsabilités et je vais aller débattre en commission
non mais la question c'est est-ce qu'on va réussir à calmer la contestation pour reprendre les mots de Justine Trier hier ou la colère qu'il y a dans le pays enfin je veux dire est-ce que cette séquence-là elle n'est pas redoutable pour le gouvernement et donc comment vous allez la gérer
est-ce que ça va calmer les gens on va la gérer comme on le fait depuis toujours c'est-à-dire que bien évidemment nous sommes mobilisés engagés au sein de l'Assemblée Nationale aussi bien en commission que dans l'hémicycle mais nous sommes aussi également mobilisés et engagés sur le terrain dans nos circonscriptions et moi je le dis de façon très claire hier j'étais à Meudon je n'ai pas entendu parler de ce sujet de la réforme des retraites nous sommes en train de parler de l'éducation nous sommes en train de parler des incendies de forêt nous sommes en train de parler des soignants bien évidemment je ne nie pas qu'il y a une contestation très forte sur la réforme des retraites Meudon n'étant pas
l'épicentre de la contestation oui mais je suis à Meudon pardonnez-moi pour des tas de gens qui nous écoutent qui ne savent pas où est Meudon Meudon c'est dans les Hauts-de-Seine j'aurais pu vous dire que
il n'y a pas que attendez attention à venir dire que c'était juste un sous-texte alors il y a un mois j'étais à Bordeaux il y a deux mois j'étais à Célesta je peux aussi vous faire la liste si vous voulez je pense qu'on n'est pas aujourd'hui dans un enjeu où en plus alors qu'il y a une violence qui monte on va commencer à opposer les territoires de France les uns aux autres la réforme de retraite les Français sont passés à autre chose on tourne la page justement on ne tourne pas la page on continue à écrire l'histoire on ne peut pas rester éternellement bloqué dans ce jour sans fin que certaines oppositions voudraient nous cantonner à faire nous devons avancer nous avons mandat tous tous pour le faire et c'est ce que les Français nous demandent de faire
précisément il y avait le Président de la République qui avait posé 100 jours je crois qu'on est à peu près à la moitié de ces 100 jours est-ce que vous avez le sentiment d'avoir fait la moitié du chemin qu'avait tracé le Président de la République
ce que je constate c'est qu'il y a toujours un sujet sur la violence je vais en parler juste avant et il y a un sujet sur la violence c'est-à-dire ? cette violence qui est là qui n'est plus du tout larvée qui est sans gêne sans pudeur qui s'exprime partout sur tous les lieux on a eu des drames dans notre pays vous parlez de la décivilisation là ou pas ? on pourrait en parler de la décivilisation oui tout à fait
mais vous pensez que maintenant ça empêche d'avancer cette violence et est-ce qu'il faut s'y attaquer comment ? est-ce que c'est un sujet pour vous ?
oui alors ? nous devons continuer à avancer mais sans avoir les mains sur les oreilles sur les yeux et sur la bouche nous devons pouvoir dénoncer mettre des mots dessus mais trouver des explications et des solutions à cette violence qui monte de façon très claire mais qui monte où ? elle monte partout vous la ressentez vous
en tant qu'élu sur le terrain ?
non mais je peux plus la ressentir par exemple sur les réseaux sociaux où pendant très longtemps c'était ce qu'on appelle des trolls qui venaient effectivement m'insulter et avoir des propos un peu étonnants pour ne pas dire autre chose aujourd'hui non ce n'est plus des trolls c'est des gens qui avancent à visage découvert plus sous couvert de l'anonymat et effectivement on reçoit des courriers moi j'ai reçu des courriers aussi c'est assez étonnant c'est beaucoup les femmes qui reçoivent des courriers mais qui venaient dénoncer mes parents qui venaient dénoncer mes enfants donc oui bien sûr bien sûr qu'il y a cette violence bien sûr que nous en sommes témoins et bien sûr que cette violence au-delà des élus elle touche aussi toutes celles et ceux qui représentent l'autorité de l'état ou une forme d'état les forces de l'ordre les enseignants les soignants il faudrait vraiment ne pas comprendre ce qui se passe pour venir nier aujourd'hui cette violence
c'est quoi votre réaction et vos solutions ?
déjà ne jamais baisser les bras et n'accepter aucune forme de violence parce que c'est ce que nous avons vu au sein de l'hémicycle qu'il y avait un peu de la dénonciation c'est-à-dire que vous poursuivez à chaque attaque vous poursuivez en justice comment vous faites ? quand j'ai eu effectivement des lettres de menace oui bien sûr j'ai porté plainte
vous avez commencé à faire un lien entre l'Assemblée nationale et les violences dans les rues c'est ça ?
et la violence en général
quel lien vous faites ?
il y a de la dénonciation de violences à géométrie variable au sein de l'Assemblée nationale de façon très claire quand il s'agit de soutenir un maire qui parce que victime de violences extrêmement fortes victime d'agressions il fallait se lever on parle de Yannick Maraise
à Saint-Brévent
tout à fait monsieur et bien il y a une partie de l'hémicycle qui ne s'est pas levée vous parlez de l'Assemblée nationale tout à fait
autant les nommer et le climat sur le climat à l'Assemblée nationale est-ce que vous considérez vous comme certains qu'il y a un lien une porosité entre la violence des débats et la violence de la société ?
il peut y en avoir un effectivement vous avez raison on doit y prendre toute notre part moi la première nous devons permettre d'apaiser les débats mais maintenant réduire cela à simplement ce qui se passe dans l'hémicycle je ne pense pas
mais je reviens sur le thème de décivilisation pardonnez-moi parce que le fait de l'utiliser de la part du président ça calme les choses ou pas ? ou est-ce que ça a tendance au contraire à les envenimer d'utiliser ce genre de mots pourquoi ce genre de mots d'utiliser ce genre de vocabulaire
pourquoi ce genre de vocabulaire ?
parce qu'on sait qu'il est notamment par exemple assimilé à l'extrême droite on en a parlé tout à l'heure avec Sébastien Chenu donc est-ce qu'effectivement c'est une bonne manière d'aborder les choses pour essayer de temporiser et de calmer la colère qui est en ce moment dans notre pays puisque c'est ça
pardonnez-moi mais en sommes-nous réduits à cela aujourd'hui à considérer que nous sommes plus là pour commenter des phrases des petites phrases et peut-être essayer d'extrapoler pour nourrir et venir alimenter des polémiques plutôt que de faire de la politique je pourrais commenter à la surface effectivement ce que vient de dire M.
Sébastien Chenu le terme de décivilisation est un terme de recherche employé, utilisé par Norbert Elias qui est un sociologue et excusez-moi on va se le dire de façon très claire ce n'est pas un sociologue d'extrême droite maintenant on pourrait venir essayer de trouver l'origine de ce mot est-ce qu'on pourrait pas plutôt travailler sur les causes de cette violence et c'est ça l'enjeu aujourd'hui ne nous trompons pas encore de débat n'essayons pas de nourrir des polémiques qui viendraient venir toujours en permanence nous mettre les uns contre les autres sur le sujet de la violence la violence dans notre société qui aujourd'hui se répand sur tous les domaines et à l'encontre de tout le monde nous devons plus que jamais être les uns à côté des autres
la difficulté c'est que c'est la répression au fond contre la violence et la répression elle appelle aussi une montée de la violence donc comment vous sortez de ce cercle vicieux la répression à chaque fois qu'il y a violence il y a toujours dire on va dursir telle loi et tout ça et donc on est dans un processus répressif qui au fond fait que les autres aussi disent les flics sont violents l'état est violent tout le monde est violent et donc ça ça alimente un processus comment vous arrivez à remettre de la civilité dans les relations sociales en fait c'est ça
déjà on va remettre aussi les choses dans le bon ordre je me permets de reprendre la phrase que vous avez dit les flics ne sont pas violents c'est ce qu'on entend c'est la petite musique justement il faut lutter contre cette petite musique il faut aussi pouvoir il faut lutter
contre la petite musique ou contre les images de violence commises par des policiers
vous voyez la différence ?
non mais je vous pose la question
c'est pour ça que je me permets je dis encore une fois que l'institution de nos forces de l'ordre n'est pas violente il n'y a pas une violence comme on l'entend aussi sur certains bancs par contre effectivement la famille des policiers n'est pas hermétique à ce qui se peut se passer dans la société et il y a des attitudes des actes singuliers personnels qu'il faut dénoncer et d'ailleurs ils sont dénoncés le préfet Nunez l'a d'ailleurs fait donc je pense que le plus important c'est de pouvoir remettre les mots sur les bons phénomènes et attention à ne pas vouloir aller trop vite dans nos débats dans nos combats à généraliser puisque finalement on n'arrive plus à comprendre ce qui se passe
dans notre pays le risque de l'immobilisme est là si on veut apaiser la société alors que vous êtes plutôt sur la réforme perpétuelle le prochain cap c'est quoi on avait beaucoup entendu parler d'un texte sur l'immigration on en a parlé tout à l'heure on nous avait dit juin on nous a dit septembre on nous a dit on prépare en juin et on soumet en septembre Gérald Darmanin essaie de jeter un pont vers les LR pour essayer d'avoir une majorité quelle est votre position est-ce que vous restez sur les deux jambes la jambe on régularise dans les secteurs en tension les personnes qui n'ont pas de papier et d'un autre côté plus de sévérité pour expulser on en est où de ce débat ?
Vous l'avez très bien résumé
ça va se faire vous allez essayer ou alors vous allez vous dire oh là là ça va être encore
un 49.3 ça va mal finir non non pas du tout je pense qu'il faut aussi peut-être accepter dans la configuration actuelle de notre champ politique avec une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale que le temps du débat politique ne suit pas forcément le tempo du débat du temps médiatique et donc oui ça prend du temps ça se travaille ça ne veut pas dire qu'on va forcément y arriver mais ça veut dire que ça se travaille et donc nous avons là des jours et des semaines pour arriver à travailler cela sachant que un texte a quand même été voté débattu en commission des lois au Sénat donc nous avons une base encore une fois ça serait quand même assez étonnant de se dire qu'on doit pouvoir travailler ensemble qu'on doit pouvoir travailler sur la base de compromis et vouloir que ça se fasse d'un claquement de doigts Non je ne veux rien du tout
simplement on entend que l'exécutif redoute énormément un succès de Marine Le Pen la prochaine fois et qu'on se dit peut-être que certains trouvent qu'il faut régler un certain nombre de choses en attendant qu'elles montent donc pour régler les choses il faut prendre des textes c'est pas que j'ai une obsession du temps médiatique rapide je vous dis simplement vous est-ce que vous pensez qu'il y a urgence ou alors que finalement ce n'est pas le problème pour l'instant que c'est le pouvoir d'achat l'inflation voilà je vous demande votre opinion
mais tout à fait le sujet bien évidemment de l'inflation du pouvoir d'achat de la bonne répartition de la richesse créée au sein de l'entreprise sont des sujets extrêmement importants pour les français et il serait faux de dire qu'il ne se dit pas d'un sujet prioritaire absolument pas et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a commencé cette législature sur ces sujets là je ne dis pas qu'il ne faut pas continuer il faut pouvoir continuer à avancer sur ces sujets là mais on doit aussi pouvoir adresser d'autres enjeux qui nous ont été aussi mis sur la table par les français
même si après la séquence des retraites on peut se dire qu'il est compliqué dangereux de tendre la main de la part du gouvernement à la droite républicaine
on doit pouvoir avancer bien évidemment dans le cadre des valeurs qui sont celles de notre pays et de l'héritage que nous avons sans totem ni tabou sur les sujets qui nous sont adressés et encore une fois on n'a pas commencé par le texte de l'immigration on a commencé fondamentalement sur le pouvoir d'achat pour pouvoir mettre en place le pacte pouvoir d'achat dès la septembre
ce qu'on ne comprend pas très bien c'est au fond comment peut être voté ce texte c'est à dire est-ce que vous êtes obligés de faire des concessions très fortes à la droite sans être absolument assuré d'avoir son vote ce qui risque d'être le processus des retraites est-ce que vous tenez une position extrêmement équilibrée quitte à passer par un 49-3 quelle est votre préférence à vous ?
ma préférence c'est qu'on reste sur effectivement nos lignes et c'est pour ça que là je vais plutôt renvoyer la balle du côté des républicains de façon très claire mais est-ce que vous avez la possibilité
de rester sur vos lignes au fond est-ce que vous bien sûr
bien sûr
la question
la question des lignes la question des lignes que vous me posez à très juste titre nous sommes très droits sur nos lignes en revanche est-ce que les républicains le sont en permanence c'est peut-être ça et donc l'enjeu que nous avons aujourd'hui c'est je pense qu'il est important qu'on puisse continuer à exister chacun sur nos lignes politiques sans avoir à nous renier or on a vu qu'au cours des dernières semaines et des derniers mois il y avait peut-être aussi ce sujet de lignes politiques au sein d'une partie de l'air sur l'équilibre budgétaire sur le traité européen c'est ça qu'il faut questionner aujourd'hui
le risque c'est quand même d'agiter un sujet et puis de ne pas trouver au fond la solution parce qu'il n'y aurait pas d'accord
alors on doit faire quoi on ne doit rien faire
ben non c'est le sujet
donc la question d'où la question nous sommes aujourd'hui rentrés sur une phase de débat sur une phase de discussion sur une phase de travail aussi bien avec effectivement LLR mais il n'y a pas que LLR il y a aussi une partie des centristes notamment des centristes avec le sénateur Hervé Marseille que je connais bien puisque c'est la circonscription voilà donc c'est pour ça à priori dire ça va être compliqué on n'y va pas ces sujets sont des sujets extrêmement importants
vous ne citez jamais la gauche il n'y a aucun accord possible avec une partie de la gauche là-dessus à votre avis voyons
encore une fois je dis encore une fois pas de totem ni tabou avançons sur la base de nos valeurs
pas de totem ni tabou est-ce que la dissolution par exemple ça pourrait être un moyen de sortir de l'immobilisme
de la même façon je le dis aujourd'hui comme je l'ai dit
c'est quoi le point d'esprit des députés au renaissance sur ce sujet
il n'y a pas il n'y a pas de il n'y a pas effectivement excusez-moi mais de dogme à avoir dessus si nous sommes dans l'incapacité de faire avancer le pays de travailler pour le pays de effectivement remplir le mandat qui nous a été confié on peut prendre aussi la décision nous-mêmes de nous remettre en question donc encore une fois on n'est pas attaché à notre écharpe nous sommes de passage nous sommes de passage avec vraiment l'envie de pouvoir agir pour notre pays donc même si un sujet paraît dur a priori et bien nous devons y aller nous devons y aller
il y a un sujet qui paraît dur et qui l'est c'est la question du dérèglement climatique cette semaine le rapport Pizani-Ferry évoque l'importance il a lui-même d'ailleurs dit un grand économiste très proche d'Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017 il dit moi-même j'ai pris conscience des enjeux sociaux qu'il y avait derrière des inégalités sociales et il appelle à effectivement augmenter les impôts pour financer cette question-là Bruno Le Maire a immédiatement fermé la porte c'est quoi le regard des députés sur ce sujet
alors mon regard sur ce sujet il est très simple c'est que quand la première des solutions voire la seule des solutions c'est par défaut de mettre une taxe en place ou d'augmenter une taxe je trouve qu'on est plus dans une démarche de trouver des coupables que de trouver des solutions donc je le dis de façon très claire aujourd'hui nous devons embarquer tout le monde sur ce sujet bien évidemment les entreprises et surtout les grosses entreprises qui représentent à peu près un peu plus de 50% de l'effort que nous devons faire nous devons pouvoir accélérer cela un certain nombre d'entreprises l'ont fait nous devons pouvoir continuer maintenant la facilité serait pour moi de vous dire oui oui on va taxer de façon extrêmement importante etc je pense que nous sommes tous aujourd'hui conscients de l'enjeu climatique la facilité c'est pas
en clair est-ce que philosophie enfin en clair la question de toi était claire l'idée de taxer plus les riches c'est-à-dire faire quand même un truc qu'on appelait l'ISF climatique qui remplacerait non pas le vieux qui n'existe plus est-ce que vous trouvez que philosophiquement ça c'est une bonne solution c'est-à-dire en gros est-ce qu'il faut aller faire payer les gens qui ont plus de moyens quitte à revenir sur les promesses d'Emmanuel Macron est-ce que ce serait juste de faire contribuer un peu plus les gens qui ont plus de moyens parce qu'ils ne seraient pas
seulement parce qu'ils ont plus de moyens c'est aussi parce qu'ils polluent davantage
voilà ça voudrait dire que parce qu'on a plus de moyens on pollue davantage c'est souvent le cas non mais pour beaucoup de grandes entreprises oui mais pour le commun des mortels je ne sais pas et ensuite la question moi je sais qu'ils prennent l'avion
et qu'ils ne prennent pas l'avion par exemple
qui conduit des grosses grosses voitures et qui ne conduit pas des grosses grosses voitures oui non mais je vous entends mais la question est qu'est-ce qu'on ferait de cet argent vous me parliez tout à l'heure
on finance la transition écologique je crois qu'on parle de ça
je permets de finir ma phrase
la question est
qu'est-ce qu'on ferait de cet argent allons-y je ne suis pas en train de fantasmer on en parlait juste en début de cette émission de cet échange il y a un risque que Marine Le Pen arrive au pouvoir demain Marine Le Pen qu'est-ce qu'elle veut faire avec la transition écologique elle veut demander aux français de financer le démantèlement des éoliennes dans ce cas-là est-ce que ça marche comme on est en train de se dire augmenter les taxes
c'est un peu inquiétant d'entendre un parti de la majorité évoquer comme réponse politique ce qu'aurait fait Marine Le Pen
vous pouvez essayer de tirer le trait comme vous voulez la question n'est pas là on vous demande juste et on aimerait comprendre quelles sont les solutions et comment on finance les solutions sont ce qu'on a commencé à mettre en place depuis maintenant 2017 c'est-à-dire aborder ce sujet de façon concrète arrêter de chercher des coupables et mettre en place des solutions dans le quotidien des français en effectivement poussant les entreprises à agir c'est-à-dire la fin du plastique c'est-à-dire l'augmentation des énergies nos capacités d'énergie renouvelable la filière nucléaire c'est-à-dire le plan eau qui vient d'être annoncé récemment voilà des choses très concrètes et puis effectivement il y a le sujet plus global sur effectivement l'enjeu social aussi qui est derrière c'est ces effets de rente sur lesquels nous devons pouvoir travailler et nous devons pouvoir éventuellement s'il le faut légiférer mais rappelons moi j'entendais tout à l'heure monsieur Chenu dire que nous n'avons pas fait travailler sur ce sujet des effets de rente bien sûr que si puisqu'on parlait du pacte pouvoir d'achat tout à l'heure le pacte pouvoir d'achat est en majorité financier par l'impôt que nous avons récupéré de ces effets de rente donc encore une fois il n'y a pas de totem sur le sujet mais simplement tirons le trait et acceptons que c'est un peu plus complexe
non mais c'est pas une histoire de totem c'est une histoire de ligne directrice c'est tout donc alors en revanche sur l'histoire de l'allègement d'impôts des 2 milliards pour les classes moyennes dont Sébastien Chenu dit qu'on est complètement idiot si on y croit est-ce que vous pensez un que c'est faisable deux que c'est souhaitable et que les classes moyennes sont effectivement la cible sont les gens qu'on doit aider c'est-à-dire ceux qui sont trop riches pour être aidés comme les pauvres et pas assez pauvres pour voilà
est-ce qu'aujourd'hui on a de nombreux français qui travaillent et qui effectivement sont trop riches pour avoir des aides et ne gagnent pas assez pour pouvoir vivre correctement du fruit de leur travail oui oui est-ce que nous sommes en train de découvrir le sujet non puisque nous avons commencé dès 2017 est-ce que c'est eux
les priorités est-ce qu'il n'y a pas plus de gens pauvres c'est un problème de choix
je pense qu'il ne faut pas opposer les sujets le pire serait de commencer à dire qu'on oppose les sujets absolument pas nous devons pouvoir adresser l'ensemble des sujets et nous sommes en capacité de le faire nous avons commencé à le faire depuis 2017 nous allons continuer à le faire la taxe d'habitation je suis désolée mais c'était un impôt une taxe profondément injuste et venir nous expliquer que l'état serait responsable de l'augmentation dans certaines dans certaines communes de la taxe foncière c'est pas vrai enfin je veux dire à un moment l'état oui est bien présent mais n'enlevons pas leurs responsabilités la question c'est juste
de savoir si financièrement la France a les moyens aujourd'hui d'accorder 2 milliards de baisse d'impôt
et bien justement parlons-en peut-être jeudi après la proposition de loi Lyot le cercle est là aussi nous proposons si le lien est là je suis désolée quand on se dit que c'est 15 milliards d'euros horizon 2030 c'est pas anodin 15 milliards d'euros 2 milliards d'euros
on a entendu ce matin Elisabeth Borne avoir un ton très offensif face au rassemblement national est-ce que vous sentez qu'au fond il y avait quelque chose une main à reprendre et qu'il fallait éviter cette banalisation du rassemblement national est-ce que ça lance une offensive plus générale dans les rangs de renaissance ou pas ?
l'offensive ne s'est jamais arrêtée en tout cas je parle à titre personnel l'offensive ne s'est jamais arrêtée vous parlez de reprendre la main ben justement regardons les mains les mains de Marine Le Pen on a passé beaucoup de temps à commenter la main de Marine Le Pen qui caressait son char pendant des semaines et des mois et c'est pas un jeu de mots ce que je suis en train de dire regardons plutôt l'autre main celle qui va serrer les paluches de monsieur Orban monsieur Orban qui détricote minutieusement tous les droits aux femmes regardons à cette main aussi qui permet d'écrire des amendements à l'Assemblée nationale ces amendements sur lesquels quand on les regarde il faut y aller il faut les regarder vous n'avez aucune responsabilité dans la montée du Rassemblement national et bien je vous le dis moi je les regarde tous ces amendements et j'en parle il y a des relents identitaires dans ces amendements là ou aussi cette main qui pointe du doigt les médias notamment récemment et Sébastien Chenu s'en expliquait devant vous en disant on choisit nos journalistes donc on refuse
l'extrême gauche et l'extrême droite vous ne mettez jamais de point d'égalité enfin entre l'un et l'autre de signe égal de signe égal non
non merci merci beaucoup merci à tous d'avoir participé à cette émission Sofiane Actib Philippe Duclos en régie Amaury Bauchet et Jean-Philippe Ballas pour la préparation de l'émission merci à toutes les trois on se retrouve dimanche prochain pour un nouveau numéro de questions politiques
Prisca Thevenot