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Podcast / conversationLe Crayon· 14 décembre 2023 58 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleNumériqueSantéJustice

Il est acteur porno, elle est ministre : ils se rencontrent.

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 42 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteÉludée

    C'est quand la dernière fois que vous avez été sur un site pornographique ?

  • 2:03FerméeRéponse directe

    On doit interdire le porno ?

  • 2:10FerméeRéponse directe

    Je suis féministe ?

  • 2:24FerméeRéponse directe

    90% des contenus pornographiques sont violents ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Mon métier est une passion ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Le porno impacte nos comportements sexuels ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40PrésentateurChiffre
    « Selon le rapport du Sénat porno, l'enfer du décor, 90% des contenus pornographiques seraient à caractère violent. »
  • 1:02PrésentateurFait
    « Selon Laurence Rossignol, co-rapporteur du rapport, leur recrutement et leur traitement étaient abominables. »
  • 1:45Invité politiquePromesse
    « Et actuellement, je travaille, j'ai mis en place un groupe de travail interministériel pour lutter contre les violences faites dans l'industrie pornographique. »
  • 3:23Invité politiqueChiffre
    « Oui, de 24% en moyenne. Et même à poste égal, elles sont encore à moins 4,2% de salaire alors qu'elles font le même travail avec les mêmes compétences. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « C'est un des sujets de santé publique. Ce n'est pas le principal, mais c'est un sujet de santé publique, évidemment, notamment sur les maladies sexuellement transmissibles avec le non-respect du port du préservatif ou en tout cas des contrôles qui sont faits sur les personnes qui font des films. »
  • 5:15Invité politiqueChiffre
    « Oui, et je peux même dire que sur les 4 premiers sites regardés, il y a plus de 70 000 vidéos dont le premier mot est surprise. »
  • 10:04Invité politiqueFait
    « Quand on a l'industrie du porno, moi, je dénonce l'industrie du porno parce qu'en fait, elle crée des addictions. »
  • 10:19Invité politiqueChiffre
    « Je vous parlais des 70 000 vidéos, ne serait-ce que sur 4 plateformes, où on a le terme surprise, mais sans parler des gagging et d'autres pratiques où on se retrouve en fait avec des pratiques violentes, où il y en a plus de 100 000 qui sont présentes sur ces plateformes. »
  • 15:30Invité politiqueFait
    « Quand il y a des déchirements vaginaux, anal, des prolapses qui sont de plus en plus répandus sur les contenus pornographiques, on parle quand même de descente d'organes, à un moment donné, vous ne pouvez pas me dire que ça n'a pas d'incidence et que les femmes prennent plaisir à avoir ces destructions ? »
  • 17:19Invité politiqueFait
    « Non, c'est l'inverse. »
  • 22:31Invité politiqueFait
    « D'ailleurs, le lien n'est pas loin entre la pornographie et la prostitution, parce que les réseaux se parlent, et il y en a quand même beaucoup qui sont passés par la prostitution, l'escortent, et qui font aussi des activités sexuelles filmées. »
  • 26:45Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que les violences se sont démocratisées à partir du moment où il y a eu le porno en ligne. »
  • 27:21Invité politiqueFait
    « Zéro limite. Il n'y a même pas de retrait pour les contenus d'actes de torture et barbarie. »
  • 31:36Invité politiqueChiffre
    « Parce qu'aujourd'hui, vous savez que plus de 50% des garçons de 12-13 ans ont déjà regardé des films pornographiques, des contenus. »
  • 32:30InvitéFait
    « C'est dégueulasse. Ça veut dire que les pulsions humaines sont dégueulasses. »
  • 33:18Invité politiqueChiffre
    « Il y a 30% des femmes de moins de 40 ans qui disent qu'on leur a proposé de la strangulation dans leur acte sexuel. »
  • 39:58Invité politiquePromesse
    « On va mettre en place de façon encore plus répandue la vie affective et sexuelle. »
  • 40:13Invité politiquePromesse
    « On va former le personnel de l'éducation nationale. »
  • 49:12Invité politiqueFait
    « Il y a un certain nombre de parlementaires, après le Haut Conseil à l'égalité et donc le milieu féministe qui s'engage particulièrement ces dernières années. »
  • 49:30Invité politiqueFait
    « La domination masculine et la misogynie, le patriarcat qui est encore très présente dans notre pays. »
  • 52:45Invité politiquePromesse
    « Je souhaite vraiment qu'on puisse travailler sur ce sujet donc au retrait particulièrement des contenus qui contiennent actes et tortures et puis actes de barbarie. »
  • 52:57Invité politiquePromesse
    « Permettre le retrait pour les femmes victimes de l'industrie pornographique qui le souhaitent de la porno-criminalité. »
  • 53:07Invité politiqueFait
    « Travailler au respect du droit du travail parce qu'en fait il n'y a pas de raison d'accepter autant de souffrance dans un travail quel qu'il soit. »
  • 54:30Invité politiqueFait
    « le respect tout simplement du droit du travail »
  • 55:56Invité politiqueChiffre
    « plus de 50% des 12-13 ans qui regardent des contenus pornographiques »
  • 56:03Invité politiquePromesse
    « nous avons agi pour cela dans le dernier projet de loi numérique »

Temps de parole

  • Bérangère Couillard54 %
  • Invité36 %
  • Présentateur9 %

6,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Salut à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue sur le podcast du crayon, le média qui ose réunir. Débat, entretien profond ou sur le terrain, notre but, que vous puissiez entendre toutes les opinions françaises sans jugement ni parti pris. Tous les jeudis, retrouvez nos émissions en version podcast. Alors installez-vous confortablement, bonne émission. C'est quand la dernière fois que vous avez été sur un site pornographique ? 52% des jeunes de 15 à 17 ans ont déjà vu une vidéo à caractère pornographique. Si les français consomment de plus en plus de porno, donc c'est aussi le cas chez les jeunes qui peuvent aller gratuitement sur des sites en libre accès.

Mais que se passe-t-il sur ces sites ? Que peut-on y voir ? Et qu'est-ce qu'ils se cachent derrière les vidéos ? Selon le rapport du Sénat porno, l'enfer du décor, 90% des contenus pornographiques seraient à caractère violent. Mais au-delà de ce que l'on voit dans ces contenus et de l'impact que cela pourra avoir sur la jeunesse et son rapport à la sexualité, l'inquiétude se porte aussi sur les actrices de cette industrie. Ce rapport dénonce une violence faite envers certaines femmes de ce milieu. Selon Laurence Rossignol, co-rapporteur du rapport, leur recrutement et leur traitement étaient abominables.

Viol de soumission pour les casser avant le début des tournages, déshumanisation, manipulation, emprise, pratiques non consenties, partenaires multiples imposés, chantage, impossibilité de faire retirer les vidéos sans payer des milliers d'euros alors qu'elles avaient gagné bien moins. Comment dès lors penser la pornographie dans le futur ? Faut-il restreindre les accès aux sites et leurs distributions ? Peut-il y avoir un porno éthique ? Et comment mieux condamner les abus envers les femmes de cette industrie ? Pour en parler, nous avons reçu Quentin.

1:31
Invité

En Marche Noire, Quentin de mon prénom, acteur porno, maître BDSM avec plusieurs soumises.

1:38
Présentateur

Et Bérangère Couillard.

1:39
Bérangère Couillard

Bérangère Couillard, ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes mais aussi la lutte contre les discriminations. Et actuellement, je travaille, j'ai mis en place un groupe de travail interministériel pour lutter contre les violences faites dans l'industrie pornographique.

1:54
Présentateur

J'espère que cette vidéo vous plaira. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un j'aime, à mettre un commentaire et à vous abonner en activant la petite cloche. C'est super important pour nous soutenir. Bonne vidéo. On doit interdire le porno ?

2:04
Invité

On doit interdire le porno, non.

2:07
Bérangère Couillard

Non, si on veut avoir un travail efficace et surtout rapide.

2:10
Présentateur

Je suis féministe ? Non.

2:13
Bérangère Couillard

Oui.

2:14
Invité

Je sais qu'il y a une ministre qui vient. Je ne me suis pas vraiment renseigné sur elle ni sur les rapports qu'elle a fait, etc. Mais je n'ai pas vraiment besoin pour savoir qu'elle et moi, ça ne va pas le faire.

2:24
Présentateur

90% des contenus pornographiques sont violents ? Oui. Oui. Mon métier est une passion ?

2:30
Invité

Mon métier, ce n'est pas le porno, mais le porno, je kiffe ça, oui.

2:34
Bérangère Couillard

Mon métier, c'est une passion. Ce n'est pas un métier, c'est une mission. Mais en tous les cas, c'est un honneur et beaucoup de plaisir à faire le travail que je réalise en ce moment.

2:43
Présentateur

Le porno impacte nos comportements sexuels ? Ah bah oui. C'est une certitude. C'est difficile d'être un homme en 2023 ?

2:51
Invité

Ouais, je dirais oui, quand même. Je dirais oui.

2:54
Bérangère Couillard

Non, je ne crois pas que ce soit si difficile d'être un homme. Je crois que c'est beaucoup plus difficile d'être une femme en 2023 encore. J'attends de pouvoir échanger. Je pense que c'est important de débattre avec tout le monde. Et je crois qu'il ne suffit pas d'entendre les victimes de l'industrie pornographique, mais aussi d'entendre aussi ceux qui participent à cette industrie pornographique pour pouvoir confronter les idées, même si je ne suis pas sûre que nous tombions d'accord.

3:14
Présentateur

Les femmes gagnent moins que les hommes ?

3:17
Invité

Moi, je ne fais pas de statistiques. Je ne vais pas me prononcer. Je préfère laisser Bérangère Couillard se prononcer là-dessus.

3:23
Bérangère Couillard

Oui, de 24% en moyenne. Et même à poste égal, elles sont encore à moins 4,2% de salaire alors qu'elles font le même travail avec les mêmes compétences.

3:31
Présentateur

Le porno est un sujet de santé publique ? Non.

3:36
Bérangère Couillard

C'est un des sujets de santé publique. Ce n'est pas le principal, mais c'est un sujet de santé publique, évidemment, notamment sur les maladies sexuellement transmissibles avec le non-respect du port du préservatif ou en tout cas des contrôles qui sont faits sur les personnes qui font des films.

3:51
Invité

Je lutte contre les violences sexistes et sexuelles ? Je lutte. Je ne les valide pas, mais je ne lutte pas contre elles, non. Je ne suis pas au quotidien en train de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, non.

4:00
Bérangère Couillard

Oui, c'est mon quotidien.

4:02
Invité

Tous les mêmes et il y en a marre ?

4:03
Bérangère Couillard

Alors je dirais non.

4:04
Invité

Non, je veux dire non aussi, mais on aurait pu me la poser dans l'autre sens. Toutes les mêmes et il y en a marre.

4:09
Présentateur

Dans le porno, les femmes sont stéréotypées ? Oui, vrai. Oui, totalement. La société est hétéronormée ? Oui, mais c'est normal.

4:20
Bérangère Couillard

Oui.

4:20
Présentateur

On éduque mal à la sexualité ? Oui, c'est une certitude ça.

4:23
Bérangère Couillard

Oui, et c'est pour ça que nous allons mener des travaux importants à partir de l'année prochaine sur le sujet.

4:28
Présentateur

Une grande consommation du porno entraîne une baisse de libido ?

4:31
Invité

Ah oui, c'est vrai. C'est un peu plus ambigu que ça, mais oui, globalement.

4:35
Bérangère Couillard

Oui, quand il y a une consommation qui est virtuelle, pour le coup, on n'a plus trop envie de vivre le réel.

4:41
Présentateur

Les hommes et les femmes sont faits pour s'entendre ? Oui, bien sûr. Il n'y a pas de monde sinon. Absolument. Le porno permet l'émancipation sexuelle de toutes et tous ?

4:52
Invité

Je dirais que ça a permis une émancipation sexuelle, oui.

4:55
Bérangère Couillard

Alors, non, pas de toutes et tous, mais par contre, ça peut être utile pour un certain nombre, et pour le coup, je ne mène pas une bataille contre la pornographie.

5:02
Présentateur

Je suis body positive ? Oui.

5:06
Bérangère Couillard

Oui, également.

5:07
Présentateur

L'industrie pornographique fait l'apologie du viol ? Faux.

5:15
Bérangère Couillard

Oui, et je peux même dire que sur les 4 premiers sites regardés, il y a plus de 70 000 vidéos dont le premier mot est surprise.

5:26
Présentateur

Le but dans la vie, c'est de se reproduire ? Le but, non.

5:31
Bérangère Couillard

Non, le but n'est pas de se reproduire, mais c'est quand même le plus beau des cadeaux.

5:34
Présentateur

Les enfants sont confrontés au porno trop jeunes ? Oui, certainement. Oui, pour sûr. Tout le monde simule dans le porno ? Non, faux.

5:42
Bérangère Couillard

Non, malheureusement, ce serait mieux si c'était de la simulation.

5:44
Présentateur

On peut être viril et féministe ?

5:47
Invité

Ah, oui, oui, oui, quand même. Oui, on peut être viril et féministe.

5:53
Présentateur

Le porno reflète la réalité ? Oui.

5:56
Locuteur

Non.

5:57
Présentateur

Tout le monde prend du plaisir dans le porno ?

5:59
Invité

Non, là, ce serait mentir.

6:01
Bérangère Couillard

Non, pas du tout, je pense.

6:02
Présentateur

Le porno est une forme d'addiction ? Oui.

6:04
Bérangère Couillard

Oui, pour ceux qui le regardent, pas ceux qui le pratiquent.

6:07
Présentateur

Dans les pratiques sexuelles, tout est permis ? Tout est permis quand il y a le consentement mutuel, oui.

6:11
Bérangère Couillard

Tout est permis quand il y a le consentement. Encore faut-il que ce soit toujours consenti au moment où c'est pratiqué.

6:16
Invité

Le porno éthique, ça existe ? Ça existe, mais c'est une minorité. Et pour moi, ça ne doit pas spécialement changer.

6:25
Bérangère Couillard

Non, pour moi, c'est un cash sexe.

6:26
Invité

Dans l'industrie du porno, il existe des femmes. Là, pour le coup, je vais prêcher pour votre paroisse. Il existe des femmes depuis des années qui se battent pour créer du porno éthique. Je ne vais pas vous citer des noms, mais vous devriez les connaître. Surtout vu votre thème et ce pour quoi vous vous battez. Là, je trouve que c'est grave. Il y a carrément des productions qui sont faites pour des cellules porno féministes où les femmes ne souffrent pas, etc. C'est vous qui devriez savoir ça et me le dire. Parce qu'en réalité, ça existe. Il y a déjà de nombreux efforts qui ont été faits parmi la communauté porno intègre.

Donc dire qu'il n'y a aucun travail qui a été fait, je pense qu'ils ne vous ont pas attendu. Il y a des gens dans le porno, ça fait des années que c'est en place déjà.

7:01
Bérangère Couillard

Je vous répondrais que le porno éthique est insignifiant aujourd'hui pour pouvoir être cité. C'est une insulte. Il y a vraiment des femmes qui l'ont fait. On ne va pas aller jusqu'au terme insulte. Mais pour le coup, il y a tellement peu de productions. Et en fait, ça intéresse aussi malheureusement si peu ceux qui regardent les contenus porno que ça ne risque pas d'être généralisé. Donc il y a beaucoup trop de contenus qui sont encore extrêmement violents, qui sont parfois réalisés dans des conditions qui ne sont pas claires. Et donc c'est ça que je dénonce. Moi, je considère aujourd'hui qu'on ne peut pas dire qu'il y a de la pornographie éthique compte tenu du faible nombre.

Donc si certaines ont envie de se battre pour cela, écoutez, très bien. Enfin, je veux dire, ça va dans le bon sens. Et tant mieux, encore une fois, je ne mène pas un combat contre la pornographie. Je mène un combat contre les violences dans la pornographie. C'est quand même différent. Et donc je ne juge personne qui souhaite faire cette activité. Encore une fois, on a encore beaucoup de chemin à faire pour qu'on arrive à de l'éthique dans la pornographie.

8:01
Invité

Mettre les pieds dans le plat direct, alors. Vous dites, c'est insignifiant. C'est vrai, c'est insignifiant. C'est vrai que ça n'intéresse personne. Mais en fait, vous vous en prenez à qui, alors ? Il faut s'en prendre au peuple. Ce n'est pas de ma faute ni de votre faute. Si le peuple aime regarder des vidéos de surprises, comme vous dites, ou d'inceste, parce que je suppose que vous avez peut-être parlé d'inceste, parce que ça, c'est un truc... C'est partout, l'inceste. Je ne veux pas tout mélanger. Non, mais dans ce cas-là, c'est la faute à qui ? Les gens aiment ça. Vous comptez faire quoi ? Parce que, vous voyez ce que je veux dire ?

Si personne regarde du porno éthique féministe, on fait qu'on l'arrête.

8:33
Bérangère Couillard

Il n'y a pas que ça. Oui, oui. Ce que je veux dire, c'est... Vous dites ni vous ni moi, je crois. Ni vous ni moi, en effet. Je veux dire, je ne porte pas de jugement sur ce que vous faites, même s'il y aurait certaines choses à dire. Mais on n'est pas là pour parler de votre activité en tant que telle. Moi, je parle de l'industrie pornographique. L'industrie pornographique, elle doit changer. C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui des producteurs qui se font beaucoup d'argent, et ceux qui réalisent les films, où il y a des pratiques qui ne sont pas correctes, qui ne sont pas correctes pour l'intégrité des personnes, pour la dignité humaine des personnes qui exercent cette activité.

Et à côté de ça, c'est évidemment les femmes qui sont les premières victimes de l'industrie pornographique. Donc c'est ça, moi, que je viens d'énoncer. Ce n'est pas le fait qu'il y ait des femmes, des hommes volontaires.

9:14
Invité

Oui, mais là, vous répondez à côté. Je veux dire, les gens aiment ce qui est violent, ce qui est tabou. C'est ce que les gens regardent. En fait, on est coupable d'acheter. À un moment donné, c'est la même logique pour tout, pour la bouffe, pour ce que vous voulez, le cinéma. D'ailleurs, on pourrait parler de jeux vidéo. Sur la question, vous dites, le porno, est-ce que le porno influence en mal, je ne sais pas quoi. Les jeux vidéo, c'est GTA, la violence écrasée des passants, etc. Parce que c'est à peu près le même combat que vous menez. On n'a pas interdit les jeux vidéo, ils sont toujours là. Est-ce que vous pensez qu'on devrait interdire les vidéos sous ce prétexte ?

Si on doit interdire tout le sucre que les gens aiment bouffer, la mal bouffe, c'est-à-dire les trucs mauvais qui les influencent dans le mauvais sens, la question, c'est est-ce que c'est ce produit ?

9:55
Bérangère Couillard

Le sucre, ne mélangez pas tout. Le sucre est mauvais que pour la personne qui le consomme. Là, pour le coup, vous êtes en train de comparer quelque chose qui n'est pas comparable. Quand on a l'industrie du porno, moi, je dénonce l'industrie du porno parce qu'en fait, elle crée des addictions. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il y a des contenus de plus en plus violents. Et il y a des personnes qui, aujourd'hui, se mettent à regarder des contenus qu'ils n'auraient pas forcément regardés. Et ces contenus sont de plus en plus violents.

Je vous parlais des 70 000 vidéos, ne serait-ce que sur 4 plateformes, où on a le terme surprise, mais sans parler des gagging et d'autres pratiques où on se retrouve en fait avec des pratiques violentes, où il y en a plus de 100 000 qui sont présentes sur ces plateformes. Ce n'est pas du tout la petite scène érotique avec le porno éthique dont on parle. C'est bien des scènes de plus en plus violentes, des contenus de plus en plus violents qui sont véhiculés sur ces plateformes. Et c'est bien ça que je viens d'énoncer, pas autre chose. Donc, il faut dénoncer l'industrie pornographique qui fait de plus en plus de contenus violents. Et puis, également, les pratiques qui sont pas respectueuses.

10:59
Invité

Il faut dénoncer les pratiques. En fait, c'est... Vas-y, termine, termine.

11:02
Bérangère Couillard

Merci de me donner le comment. Terminez si vous me donnez en plus l'autorisation. Mais du coup, l'idée, c'est de dire que sur les scènes qui sont tournées, on ne doit pas y avoir de contraintes. Et ce n'est pas toujours le cas. Je ne parle pas pour l'activité que vous menez, vous, mais sur un certain nombre dans l'industrie pornographique.

11:19
Invité

Pourquoi vous dites ça ? Moi, je fais du porno. Alors, vous me mettez hors du tronc. En fait, vous accusez toute l'industrie du porno. Vous dites, sauf vous, sauf en Marche Noir. En Marche Noir, c'est clean.

11:27
Bérangère Couillard

Vous n'êtes pas une industrie, excusez-moi, mais...

11:30
Invité

Donc, c'est que l'industrie. Mais merci de préciser. Donc, déjà, les amateurs, non. Les indépendants, non. Mais l'industrie, en fait, c'est quoi ? Vous vous attaquez à quoi ? Je vous dis, tu ne m'attaques pas au porno en général.

11:37
Bérangère Couillard

Je me permettais de ne pas faire une attaque à de nominem. Mais si vous voulez qu'on parle de votre façon de faire du porno, on peut en discuter. Non, pas du tout, mais en fait, je ne comprends pas. Parce que j'ai écouté votre interview d'une heure et quart, qui m'a permis d'être bien au courant de ce que vous pratiquez. Ou en tout cas...

11:50
Invité

Donc, ce n'est pas la demande à nominem, mais juste...

11:53
Bérangère Couillard

Mais c'est pour ça. Donc, si vous souhaitez qu'on parle de l'activité que vous menez, moi, je peux vous donner mon avis. Mais ce n'est pas ça, l'objectif. L'objectif, c'est de parler de la pornographie dans son ensemble. Et je crois que votre activité ne reflète pas l'ensemble de l'industrie pornographique, jusqu'à preuve du contraire. Ah, merci. Moi, ce que je veux vous dire, c'est que l'industrie pornographique, aujourd'hui, elle est faite dans des conditions souvent très obscures, où il n'y a pas le respect, aujourd'hui, ne serait-ce que la dignité humaine sur un certain nombre de pratiques. Mais attendez...

Moi, je demande, en fait, à terme, à travailler sur le retrait des tortures et actes de barbarie.

12:25
Invité

Des tortures, actes de barbarie. Non, mais...

12:27
Présentateur

En fait, vous avez... Il n'y a pas de tortures et d'actes de barbarie sur les sites pornographiques, aujourd'hui ? Non.

12:33
Invité

Non, mais excusez-moi, vous êtes ministre française. Oui. Il y a des vrais actes de torture et de barbarie qui sont commis, avec des gens qui sont condamnés pour ça, quand même. Et vous employez ces termes, ces termes de loi. Pour l'industrie du porno, c'est grave.

12:46
Bérangère Couillard

Quand vous avez...

12:48
Invité

Non, mais en plus, vous êtes là sur... Non, mais attendez. Là, vous avez parlé pendant 2 minutes 30. Si vous voulez, je vous laisse parler.

12:54
Bérangère Couillard

J'ai l'impression de vous couper la parole.

12:55
Invité

Non, mais je peux relever les termes que vous dites. Vous dites, c'est conçu dans des conditions obscures, etc. Qu'est-ce que vous en savez ? En fait, j'aimerais bien savoir c'est quoi votre enquête. Parce que moi, je suis du milieu. Je sais ce que c'est un plateau de tournage de porno, pro comme amateur, d'ailleurs, j'ai vu. Mais quelles conditions obscures ? Vous avez quelque chose là-dessus ? Ah oui. Parce que...

13:16
Bérangère Couillard

Un rapport parlementaire, un rapport dû au conseil à l'égalité. J'ai également reçu des victimes de French Boukake. Je peux vous parler d'un certain nombre.

13:23
Invité

Oui, French Boukake, oui, d'accord. Non, mais French Boukake, c'est pas l'industrie du porno.

13:27
Bérangère Couillard

Il y a un procès qui va être en cours. Oui, je sais, il est en prison.

13:30
Présentateur

Bon, ben voilà. Alors, juste 30 secondes, je vous explique ce que c'est l'affaire French Boukake. French Boukake, c'est une plateforme de site pornographique où plein de contenu est diffusé. Et plusieurs hommes, le dirigeant de la plateforme, un associé, un recruteur d'actrices et des acteurs vont être jugés pour viol en réunion, traite d'êtres humains en bande organisée ou encore proxénétisme aggravé. En fait, un des recruteurs d'actrices faisait passer des soi-disant en test et profiter de femmes vivant particulièrement dans des situations de précarité pour les violer. Je vous laisse avec la vidéo.

13:56
Invité

Vous savez, vous avez en face de vous quelqu'un qui est du milieu. Donc, j'en ai fait des plateaux, des trucs et tout. Je vous dis, je n'ai jamais rien vu. Même une ambiguïté, un malaise avec une fille qui vient, qui n'est peut-être pas très sûre, qui veut reculer au dernier moment. On lui dit non, tu ne recules pas, tu as signé, etc. Jamais. Ça, c'est une illusion. En fait, si vous ne recueillez qu'une partie des témoignages et ce qui ne vous plaît pas, vous faites l'impasse dessus, c'est un biais de confirmation.

14:20
Bérangère Couillard

C'est ce que vous êtes en plein dedans. C'est exactement ce que vous faites aussi. C'est-à-dire que de considérer que tout va bien et qu'il n'y a rien à dénoncer. C'est exactement ce que vous dites à l'instant, Quentin. C'est ce que vous dites. Vous dites que tout va bien, que rien n'est pas remarqué, rien n'est pas signalé.

14:30
Invité

Il y a quelque chose qui s'appelle la majorité et la minorité. Ça, c'est quelque chose qui existe. Donc, moi, je vous parle de ça. Je vous dis que 80% sont clean.

14:38
Bérangère Couillard

Vous n'avez pas fait la majorité des plateaux qui filment des contenus pornographiques. Je ne pense pas. J'en ai fait plus que vous. C'est ça. C'est sûr. Ça, c'est certain.

14:46
Invité

Oui, je suis plus légitime pour parler de ça. Donc, je vous dis qu'il y a une majorité de 80% clean, 20% pas clean. Encore, je suis gentil en vous disant ça. Ça pourrait être 90-10. Dans ce cas-là, on fait comment ? Vous croyez que dans l'industrie agroalimentaire, dans des usines en Thaïlande, etc., il n'y a aucune industrie qui est 100% clean. Donc, je ne comprends pas.

15:07
Bérangère Couillard

Rien n'est comparable avec les activités sexuelles.

15:09
Invité

Je confirme, c'est pire ailleurs. Le porno, je veux dire, les traumatismes sont sans doute les moins graves.

15:15
Bérangère Couillard

J'aimerais quand même revenir parce que vous avez dit qu'il n'y a jamais aucun acte de barbarie ou torture. Quand même, vous vous rappelez qu'il y a certaines pratiques de plus en plus, en tous les cas, pratiquées sur les contenus pornographiques, c'est les doubles, triples pénétrations. Quand il y a des déchirements vaginaux, anal, des prolapses qui sont de plus en plus répandus sur les contenus pornographiques, on parle quand même de descente d'organes, à un moment donné, vous ne pouvez pas me dire que ça n'a pas d'incidence et que les femmes prennent plaisir à avoir ces destructions ?

15:52
Invité

Non, mais alors, je peux vous dire. Déjà, ne parlons pas du porno, parlons du sexe tout court. Ces femmes-là, vous croyez que c'est qui dans leur vie privée ? Parce que moi, je les connais. Hier soir, j'étais avec deux filles, juste avant de venir. Elle n'est pas pour inventer, je vous le dis. C'est sûr, ce n'est pas le même genre de femme que vous. Et effectivement, peut-être que vous n'êtes pas dans votre vie intime du genre à avoir ce genre d'expérience. Mais les femmes qui se lancent dans le porno, ce n'est pas pour rien. Elles savent ce qu'elles font. Ce n'est pas des gamines que vous pouvez taper sur la tête comme ça en disant « Ma pauvre, tu ne sais pas du tout ce que tu fais.

Tu es naïve. »

16:20
Bérangère Couillard

Ce n'est pas ce que disent les victimes de l'industrie pornographique. Vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas des jeunes filles qui ne sont pas attirées. Mais il y a des jeunes filles qui sont attirées dans ce milieu. On leur fait croire à monts et merveilles. Et en fait, la réalité, c'est qu'elles se retrouvent dans des conditions, je parlais, obscures, voire même des conditions où on peut qualifier même des scènes de viol.

16:44
Présentateur

D'accord. Tu condamnes, Quentin, ça ? Je condamne quoi ? Que des femmes, justement...

16:51
Invité

Je condamne que des femmes sont violées ? Oui, plutôt, deux fois qu'une.

16:54
Présentateur

Mais ce n'est pas ça la question.

16:55
Invité

En fait, il y a des femmes violées, il y en a partout.

16:58
Bérangère Couillard

Mais vous considérez qu'il n'y a aucun viol, que toutes les femmes qui vont faire de la pornographique, elles savent ce qu'elles font.

17:03
Invité

Je vous ai dit 80-20 ou pas ? Les 20%, c'est la part de négatif qu'il y a dans toutes les industries, tous les boulots, tous les boulots, et même dans la vie, à vrai dire. Même dans un couple, etc. Mais là, on va dire...

17:16
Bérangère Couillard

80% d'actes de scènes négatives... Non, c'est l'inverse. Même 20% dans les activités sexuelles, c'est quand même grave.

17:24
Invité

Ce n'est pas grave, puisque c'est partout dans le monde entier. En fait, le monde est injuste. Le monde est injuste, et vous ne pouvez pas...

17:29
Bérangère Couillard

Écoutez, on travaille pour ce qui est moins d'injustice, alors, parce que du coup, on ne va pas considérer que c'est normal qu'il y ait 20% d'injustice.

17:34
Invité

C'est impossible, c'est ça le problème. À travailler, à faire en sorte qu'il y ait moins d'injustice, on crée du deux poids, deux mesures. Parce que des injustices, il y en a ailleurs, il y en a des plus graves. Et vous avez décidé de focus sur le porno, parce que le porno, ça fait causer. C'est ça la vérité, en fait.

17:46
Bérangère Couillard

Le porno, c'est pas un sujet primordial. Le travail que je mène, il n'est pas très populaire. Il n'est pas très populaire, parce que là, une chose où je suis d'accord avec vous...

17:53
Invité

Vous le faites par conviction, sincèrement ?

17:56
Bérangère Couillard

Mais bien sûr, je le fais par conviction. Alors, c'est une erreur. Il faut changer de conviction, parce que je vous jure que... Mais qui peut considérer que c'est normal que des femmes soient victimes de violences ? Mais, attendez... Non, mais... Parce que, encore une fois, je ne condamne pas celles qui y vont, parce qu'elles souhaitent faire de la pornographie, comme vous dites. C'est votre opinion. Et du coup, je pense qu'il y en a certaines qui viennent...

18:16
Invité

Mais celle-là, c'est l'extrême majorité, ça. Je suis gentil avec vous en disant 80%.

18:20
Bérangère Couillard

Mais, quand aujourd'hui, dans les scènes pornographiques...

18:24
Invité

En fait, je vous accuse de faire un combat fantôme. Voilà, c'est ça, mon accusation. C'est très bien.

18:28
Bérangère Couillard

Bravo pour l'accusation, je vous accuse. C'était très fort, mais ça ne marche pas.

18:32
Invité

Je vous reproche de faire un combat fantôme.

18:35
Bérangère Couillard

Parce que, en fait, vous, ce que vous faites... Encore une fois, à comparer, c'est-à-dire que vous, vous faites votre propre activité sexuelle avec une thématique, si je puis me permettre, alors qu'il y a certaines, elles répondent, en fait, à des thématiques qui sont de plus en plus répandues et de plus en plus attendues comme contenu pornographique. Et donc, quand je vous parle de double trip pénétration, quand je vous parle de strangulation, quand je vous parle de gagging, de boucaquet, ne me dites pas que c'est quelque chose que toutes les femmes qui exercent...

18:59
Invité

Non, mais là, excusez-moi, c'est pour la vidéo. Là, c'est pour vraiment qu'on cite des termes porno comme ça, tous plus gores les uns.

19:04
Bérangère Couillard

Mais il y a 112 000 vidéos sur les 4 sites internet dont je vous parle. Il y en a 112 000 qui traitent du gagging. Vous ne pouvez pas me dire que c'est juste pour noter dans les vidéos.

19:13
Invité

Mais moi, j'en ai fait du gagging, parce que vous êtes très fiers de vous le citer à tous les ans. C'est bon, c'est pas...

19:17
Bérangère Couillard

C'est pas très fiers. Pourquoi vous êtes méprisant ? Il n'y a pas besoin d'être méprisant. C'est pas parce que je vous parle en tant que ministre que vous, vous êtes un connaisseur de l'industrie pornographique. Il faut avoir du coup pratiqué pour savoir.

19:27
Invité

C'est déjà pas mal. C'est pas mal de pratiquer quelque chose pour savoir.

19:29
Bérangère Couillard

Pas forcément, parce que vous avez aussi un biais. J'ai peut-être le mien, mais vous avez le vôtre. Parce que vous exercez. Donc vous ne pouvez pas dire que tout va mal dans l'industrie. Vous ne pouvez pas le dire.

19:39
Invité

Vous êtes là pour la défendre. Non, mais vous êtes là à citer... Non, alors, on va peut-être en parler après. On va peut-être en parler après.

19:44
Bérangère Couillard

Non, mais vous citez gagging, gagging, gagging. Je ne vais pas parler... Je ne l'ai même pas cité deux fois. J'ai cité deux fois. Donc pourquoi vous dites ça ?

19:50
Invité

Non, mais en plus, vous avez mal choisi votre terme. Vous pourriez dire prolapse. Encore, ça, c'est assez rare. Mais le gagging, vous savez combien de personnes en France font ça ? Énormément de gens...

20:02
Bérangère Couillard

Énormément de gens demandent à avoir une descente d'organes.

20:06
Invité

On parle de quoi, là ? On parle du gagging ? C'est quoi le gagging, selon vous ? Parce que j'ai envie de...

20:10
Bérangère Couillard

Le gagging, c'est l'étouffement.

20:11
Invité

Oui, c'est que dalle. Excusez-moi. Mais vous rigolez. Attendez, en fait, je pense qu'il y a une grosse mésentente entre vous et moi. Peut-être que vous... Je ne sais pas quel âge vous avez. Vous ne connaissez pas la jeunesse, etc. Alors, vous allez me dire, oui, la jeunesse a influencé. Peu importe.

20:23
Bérangère Couillard

Je ne sais pas quel âge vous avez. Vous avez quel âge, Antin ? Vous avez quel âge ? Je ne sais pas, j'ai 37 ans.

20:27
Invité

On peut se dire. Ça ne se demande pas, moi. Je suis une femme sur ce sujet-là. C'est le discours, toi. On ne demande pas mon âge. Je n'aime pas.

20:33
Bérangère Couillard

D'accord. Enfin, vous devez être plus jeune que moi, mais pas non plus d'une...

20:37
Présentateur

Voilà. Je vous arrête juste deux secondes. Si vous êtes à ce niveau-là de la vidéo, c'est qu'elle vous plaît. Et ça fait plaisir. Merci. Pensez bien à vous abonner et activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira. C'est toujours important d'une pour nous soutenir et pour vous, pour que vous voyez tout notre travail. Je vous laisse.

20:50
Invité

En fait, je pense que si vous allez dans la rue parler à une de ces filles qui fait du porno, le porno que vous n'aimez pas, et vous lui dites « t'es au courant que tu fais partie d'une industrie... »

21:00
Bérangère Couillard

Non, on peut dénoncer ensemble les violences, quand même. Non, mais je pense que vous allez être très mal reçues.

21:05
Invité

Je pense que vous allez être très mal reçues. Je pense qu'elle va dire « vas-y, qu'est-ce que tu fais, toi ? Va là-bas. » Je pense que c'est ça que vous allez vous prendre comme réponse. Vous n'avez aucune idée de ce que c'est ces femmes, en fait. Moi, je les connais. Elles se disent. Elles peuvent se dire salopes. Elles peuvent se dire chiennes. Elles l'assument, elles aiment ça, et il n'y a aucun problème avec ça.

21:21
Présentateur

C'est les retours que vous avez eus ? Comment ? Non, je m'adresse à Mme Couillard. C'est les retours que vous avez eus en discutant avec...

21:27
Invité

Non, mais en fait, vous, j'ai l'impression, si une femme vous dit elle-même « j'ai envie d'être traité comme une chienne, ouais, je kiffe, faites une chienne et tout », en ouvrant la bouche, vous aimez quoi ? Vous dites « t'es une folle, t'es une pauvre si... » Oui, allez-y. Je me demande parce que ces filles-là, elles existent, elles sont nombreuses. J'ai envie de vous faire une Marine Le Pen, là. Elles sont dans les réseaux sociaux, elles sont partout.

21:44
Présentateur

Allez-y, vous pouvez...

21:44
Bérangère Couillard

Vous voyez ce que je veux dire ? Écoutez, on vous garderez votre référence pour vous, ce ne sera pas la mienne, mais pour le coup... Alors, pour moi, les femmes avec qui j'ai eu l'occasion d'échanger, évidemment qu'il y en a certaines qui se disent favorables, et je ne dis pas le contraire. Il y en a certaines qui y vont et elles veulent faire cette activité de la pornographie. La seule chose, c'est qu'on peut pas nier qu'il y a un exercice de domination dans ces pratiques, et qu'en fait, elles n'y vont pas toujours pour les bonnes raisons. Il y en a certaines qui le souhaitent, elles ont assez de caractère pour prendre cette décision et être en...

voilà, d'avoir ce désir de faire cette activité. Est-ce que je peux finir ma phrase ? Fini. Franchement. Et donc, de faire cette activité, et il y en a certaines qui subissent, en tous les cas, qui ont été tirées dans cette industrie pornographique. D'ailleurs, le lien n'est pas loin entre la pornographie et la prostitution, parce que les réseaux se parlent, et il y en a quand même beaucoup qui sont passés par la prostitution, l'escortent, et qui font aussi des activités sexuelles filmées. Donc là, on parle de pornographie. Mais du coup, il y en a très peu quand même qui sont particulièrement volontaires et qui se disent hyper épanouis de ce qu'elles pratiquent.

22:55
Invité

Mais vous avez le monde à l'envers, en fait. C'est simple, en fait. Tout ce que vous dites, il faut le prendre et il faut le retourner pour avoir la vérité, là, littéralement.

23:01
Bérangère Couillard

Du coup, c'est la vôtre. Mais c'est votre vérité à vous.

23:03
Invité

Mais je vous assure, il n'y a aucune, aucune fille qui va dans le porno parce qu'elle est forcée ou tirée vers ça ou parce qu'elle a... Aucune, aucune. Ça n'existe pas, en fait. C'est un mythe. Vous êtes en haut d'une tour. Je vous jure, c'est un mythe complet. Là, vous êtes hors du monde en disant ça, en fait. Et en fait, je me demande qui... Non, mais franchement...

23:23
Bérangère Couillard

Dans les débats, on tourne un peu en rond, là, en fait. Vous n'arrêtez pas de dire que je délire. Moi, je vous dis que j'ai des retours comme quoi il y a des femmes qui ne sont pas particulièrement volontaires. Enfin, on peut tourner en rond comme ça.

23:33
Invité

Bon, je vais vous poser une question plus concrète. Vous dites, j'ai eu des retours, etc. Les retours, c'est des filles qui sont venues vous voir ou c'est vous qui êtes allé les chercher ? Si c'est des filles qui viennent vous voir, qui viennent se plaindre, ça me paraît logique. Non, mais attendez, laissez-moi finir. C'est chacun son tour.

23:46
Bérangère Couillard

Mais ce n'est pas moi toute seule qui ai fait mes petits travaux. Il y a des travaux qui sont documentés, des rapports, des rapports de parlementaires, des rapports du Haut Conseil à l'égalité. Non, mais là, je vous dis un vrai truc. C'est pas juste moi qui suis allée toute seule avec mon bâton de pèlerin pour aller rencontrer quelques victimes. Mais il aurait fallu. Mais je l'ai fait. Mais je l'ai fait, j'ai rencontré des victimes. Mais ce que je veux vous dire, c'est que du coup, vous n'avez pas la connaissance du milieu de l'industrie pornographique en considérant que tout est super.

Et moi, je ne vous dis pas que tout est affreux, mais il y a beaucoup de choses qui se passent qui ne devraient pas se passer dans ces conditions.

24:16
Invité

Non, mais si c'est des filles qui sont venues vous voir, là, souvent, je connais la chanson, c'est des filles qui ont quitté le porno, qui sont déçues. En réalité, elles quittent le porno parce qu'elles sont pététunes, elles n'en ont plus besoin. Je vous dis la vérité. C'est jamais par trauma ou je ne sais pas quoi. Elles se barrent. Elles vont parler à la ministre de l'égalité des hommes et des femmes pour leur dire ce qui s'est passé. Si c'est vous, avec votre bâton de pèlerin, qu'allez parler aux actrices porno, etc., sans choisir, sans prendre, évidemment, des meufs qui sont sur Twitter avec un drapeau arc-en-ciel ou avec le strass en description, ok ? Puisque soyez neutre, tu vois.

Vous allez leur parler. Et là, vous allez voir les réponses que vous aurez. Et là, vous pourrez faire un rapport plus honnête, plus impartial. Vous voyez ? Mais le problème, c'est que...

24:57
Bérangère Couillard

Je me permets de dire que vous délirez complètement. Elles ne viennent pas du tout me dire qu'elles sont pétées de thunes et elles ne sont pas pétées de thunes. Ces femmes...

25:05
Invité

Évidemment, elles ne vont pas vous le dire. Moi, je vous dis pourquoi on arrête le porno. Moi, par exemple.

25:10
Bérangère Couillard

C'est ce que vous savez, j'ai arrêté. Ces femmes, elles viennent me voir. Elles ont vécu des violences, Quentin. Elles ne viennent pas me dire qu'elles sont pétées de thunes et qu'elles ont juste été un peu mal fêtées.

25:19
Invité

Les femmes qui quittent le porno parce qu'elles ont subi des violences... C'est dur, je subis des violences, donc j'arrête. C'est une extrême minorité.

25:26
Bérangère Couillard

Quand on parle de violences, il y a des viols. Certaines viennent parler de viol.

25:29
Invité

D'accord, mais là, je vais vous redire.

25:31
Bérangère Couillard

Donc alors, elles ne viennent pas juste péter de thunes et elles sont un petit peu déçues par l'industrie du porno. Elles viennent parler à la ministre. Mais vous croyez que c'est suffisant pour venir me parler ? Au moins, attaquez-vous. Tout le monde pense venir parler à la ministre de l'égalité quand on est déçu de l'industrie de la pornographie. Mais enfin, franchement...

25:44
Invité

Je ne sais pas comment vous avez fait votre rapport. Quel est le processus qui vient vous parler ?

25:47
Bérangère Couillard

Ce n'est pas moi qui ai fait le rapport. C'est les parlementaires. C'est-à-dire les députés, les sénateurs qui travaillent. Ce n'est pas le gouvernement. Ce n'est pas le membre du gouvernement qui fait un rapport. Je n'ai même pas commandé le rapport. C'est elles qui se sont autosaisies. C'est des sénatrices qui ont fait le rapport. Et également le Haut Conseil à l'égalité qui est une instance indépendante. Qui n'est pas en lien. Je peux demander un travail au Haut Conseil à l'égalité. Mais elles sont totalement libres d'effectuer leurs travaux. Ce n'est pas du tout moi qui guide les travaux du Haut Conseil à l'égalité. Donc il y a deux travaux à un an successif. Enfin, un an.

Du coup, le dernier a été rendu il y a deux mois. Et l'autre date de l'année dernière. Lisez-le. Regardez-le. Vraiment, c'est très intéressant. Donc en fait...

26:26
Invité

Non mais je n'ai pas besoin de lire le rapport pour savoir ce qu'il y a dedans. Non, je sais déjà ce qu'il y a dedans. Et c'est ça qui est triste. En fait, on sait d'avance ce que ça va être votre rapport. En fait, je vais le dire. Ce rapport, vous auriez dû l'écrire en 1970. Il aurait été... Là, il aurait été... Non mais là, il aurait...

26:42
Bérangère Couillard

Excusez-moi, mais la pornographie en ligne n'existait pas. Et d'ailleurs, c'est bien le problème. C'est-à-dire que les violences se sont démocratisées à partir du moment où il y a eu le porno en ligne. Quand c'était encore... Non, ça, c'est n'importe quoi. C'est n'importe quoi. Alors, ça, ça aussi, c'est documenté. Excusez-moi. Quand vous aviez des films érotiques dans les années 70, dans les années 80, il y a eu de plus en plus de pornos qui ont été réalisés, qui ont été filmés. En effet, le porno était tenu par qui ? Je peux me permettre de dire, c'était tenu en France par Canal+. Il y avait... Donc, c'était quelque chose qui était plutôt cadré.

Et à partir du moment où c'est arrivé sur le web, où c'est arrivé en ligne, aujourd'hui, il n'y a plus de limite. Zéro limite. Il n'y a même pas de retrait pour les contenus d'actes de torture et barbarie. Il n'y a même pas de retrait pour les victimes, pour celles qui demandent le retrait. Ça n'existe pas, Quentin. Aujourd'hui, il y a des copies partout sur tous les sites internet.

27:34
Invité

Ah oui, oui, d'accord. Non, mais franchement, j'ai de la peine pour les gens qui vont lire votre rapport et qui vont croire ce que vous dites.

27:39
Bérangère Couillard

Arrêtez de dire que c'est mon rapport, ce n'est pas mon rapport.

27:41
Invité

Ce rapport, OK ? C'est le rapport.

27:43
Bérangère Couillard

Il y en a plusieurs.

27:44
Invité

C'est le rapport. Oh mon Dieu, d'accord. Pour sortir, pour sortir, pour sortir. Non, mais je peux juste répondre à ça. J'ai de la peine.

27:49
Bérangère Couillard

Ce n'est pas documenté. Vous parlez. Vous êtes juste méprisant pour me répondre. Vous dites tout le temps. Vous dites tout le temps. Vous dites n'importe quoi. Vous ne savez pas. J'ai de la peine pour vous. Vous n'êtes pas obligé.

27:59
Invité

Mais là, je vais vous sortir. Je ne suis pas pour vous. Mais parce que je n'ai même pas besoin de vous sortir un truc concret. C'est ridicule, honnêtement. Je vais vous sortir un truc concret. Je vais vous sortir un truc concret.

28:07
Bérangère Couillard

Ce serait bien.

28:07
Invité

Moi, j'ai déjà sorti une vidéo avec une meuf sur Pornhub. Elle était d'accord. Tout ça, pas de souci. Elle a demandé un an après à retirer son consentement. Je n'ai même pas eu le choix. Pornhub a retiré instantanément le truc.

28:25
Bérangère Couillard

Ça a été copié sur d'autres plateformes. Vous ne connaissez rien.

28:28
Invité

Pornhub, ils ne vous ont pas... Ça a été récupéré. Vous allez vous battre contre Internet. Et alors ? Vous allez vous battre contre Internet. C'est imposable.

28:35
Bérangère Couillard

Vous considérez que la personne qui a tourné une fois, elle l'a pour toute sa vie. Oui.

28:39
Invité

Ça s'appelle l'irréversibilité d'Internet. Tout le monde connaît ça. C'est sur ça qu'il faut édiquer les jeunes.

28:44
Présentateur

Pour faire évoler le débat, s'il vous plaît, on va faire évoler le débat un peu. Du coup, on a parlé un peu des violences qu'il y avait sur les sites pornographiques. Mais j'aimerais aussi parler de la représentativité qu'on peut avoir sans même qu'il y ait des violences ou pas. La question, c'est la représentation qu'on fait dans le contenu pornographique qu'on produit. Est-ce qu'on a une responsabilité quand on le produit ? Et quelle doit être la responsabilité de ceux qui le produisent ?

29:30
Bérangère Couillard

Écoutez, là, pour le coup, il s'agit d'une vidéo amateur qui se professionnalise. Mais là, pour le coup, il semble que les personnes soient consentantes. En tout cas, quand elles font les scènes, elles se disent, tous les trois, vous êtes consentantes. Donc moi, je ne porte pas de jugement là-dessus. Même si, en fait, pour moi, c'est plutôt la représentation, en fait. La domination... Je peux juste finir. La domination, en fait, masculine qui, en fait, rappelle tout le temps que les femmes sont dominées. Et en fait, il y a une forme de jouissance à voir de la domination des femmes. Donc là, je vois qu'elles ont une laisse, en fait, autour du cou.

Et elles sont gentiment amenées auprès du mal dominant. Donc c'est bien ça qui est représenté. Donc moi, encore une fois, chacun fait ce qu'il veut dans sa sexualité. Et je n'ignore pas qu'il y a des gens qui prennent plaisir à ça. La seule chose, c'est qu'on ne peut pas nier que ces vidéos qui sont en libre regard sur les plateformes, donc il suffit de cliquer, faire quelques clics pour les trouver. Du coup, ça véhicule une image de misogyne et de domination. Et donc, du coup, ce n'est pas favorable, en tout cas pour les jeunes qui peuvent regarder. Et c'est pour ça que nous luttons aussi, particulièrement sur l'accès des mineurs à la pornographie, parce que du coup...

30:46
Invité

Non, mais juste, vous êtes contre que cette vidéo soit sur Internet en public, oui ou non ? Juste pour la question.

30:51
Bérangère Couillard

Moi, j'ai deux combats. Mon premier combat, c'est l'accès... Non, mais je vous réponds. Je vous énervez pas. Je vais répondre à la question.

30:58
Invité

Je m'énerve pas, mais le temps de parole n'est pas très équitable. Mais allez-y.

31:01
Bérangère Couillard

Je pense que... Alors là, je peux vous assurer que vous êtes bavard. Juste, moi, j'ai deux combats. Le premier, c'est l'accès des mineurs à la pornographie. Et le deuxième, c'est les violences qui sont faites aux femmes. Et je trouve qu'elles sont de plus en plus nombreuses. Et c'est d'ailleurs documenté. Donc je pense que le contenu que vous mettez sur les réseaux sociaux, il peut être mis sur les réseaux sociaux. Par contre, ce qu'il faut, c'est empêcher les mineurs d'avoir accès à ces images. Voilà. Donc vous voyez, je suis capable de répondre tranquillement

31:28
Invité

à votre question. Non, mais c'est ça. Mais juste...

31:33
Bérangère Couillard

Vous pensez que des mineurs de... Parce qu'aujourd'hui, vous savez que plus de 50% des garçons de 12-13 ans ont déjà regardé des films pornographiques, des contenus. Est-ce que vous pensez que c'est bon d'avoir un regard sur les vidéos que vous réalisez pour ces mineurs ?

31:48
Invité

Je ne pense pas, mais moi, je suis un ultra progressiste. C'est ça qui est marrant. C'est-à-dire que je suis... Écoutez, je suis presque plus progressiste que vous, dans le fond. C'est-à-dire que je ne veux jamais stopper le progrès. Et toutes les dégénérescences, les décadences, parce qu'en fait, je suis contre le porno. C'est ça qui est marrant. Ça ne se voit pas, là, dans la conversation, parce que vous, vous êtes contre le porno, mais de la mauvaise manière. Moi aussi, je suis contre le porno. Je trouve ça dégueulasse. Mais on ne peut pas...

32:09
Bérangère Couillard

Vous l'exercez. Vous ne pouvez pas être contre quelque chose que vous exercez vous-même. Oui, parce que je n'ai pas

32:13
Invité

le même rapport à vous aux choses que je déteste, en fait. Mais ça, c'est un peu plus compliqué. Et on ne va pas faire de la psychologie, là. Mais juste...

32:20
Bérangère Couillard

C'est important quand même de dire pourquoi, parce que ce n'est pas très clair, du coup. Si vous êtes contre quelque chose que vous pratiquez et que vous défendez.

32:26
Invité

Je peux aller plus profond dans le truc. Je suis quelqu'un qui... C'est dégueulasse. Ça veut dire que les pulsions humaines sont dégueulasses. Mais je suis quelqu'un qui reconnaît qu'on ne peut pas se battre contre. On ne peut pas aller à contre-courant, vous voyez ? C'est ça que j'appelle l'ultra-progressif. C'est-à-dire qu'il faut respecter...

32:39
Bérangère Couillard

On peut éviter d'en créer des nouvelles. Peu importe là...

32:41
Invité

Et plus hard encore. Mais non. Peu importe là où l'humanité doit aller. Pour moi, elle doit y aller. On ne doit jamais la stopper. Vous voyez ce que je veux dire ?

32:48
Bérangère Couillard

Plus il y a des contenus hard, plus les gens ont tendance à pratiquer les mêmes actions dans leur vie.

32:57
Invité

Ça, c'est intéressant, mais c'est l'offre ou la poule, en fait. Vous croyez vraiment que c'est à partir du moment où on a créé quelque chose que ça influence, ça corrompt l'humanité. Mais on ne l'aurait pas créé si l'humanité, on n'avait pas envie. Donc, ce n'est jamais fini. Vous ne pouvez pas avoir cet argument.

33:11
Bérangère Couillard

Pourquoi la nouvelle génération qui est la nôtre ? Parce que du coup, c'est les moins de 40 ans. Cet effet boule de neige, il est naturel. Il y a moins de 40 ans. Il y a 30% des femmes de moins de 40 ans qui disent qu'on leur a proposé de la strangulation dans leur acte sexuel. C'était quelque chose qui n'était pas répandu.

33:27
Invité

Ça ne m'étonne absolument pas.

33:29
Bérangère Couillard

Oui, mais c'est parce que c'est de plus en plus visible sur les contenus pornographiques. Et tout à l'heure, d'ailleurs, vous n'avez pas répondu à ma question, je me suis permis de vous en poser une. De vous en poser une, c'était de savoir si les mineurs devraient avoir accès à vos contenus. C'est-à-dire, je parle des mineurs, je ne parle pas du gamin qui a 17 ans et demi. Quel contenu ?

33:46
Invité

Celui-là, pas l'autre.

33:47
Bérangère Couillard

Oui, même ce contenu-là. Est-ce que vous pensez que ça véhicule quelque chose de simple pour construire le citoyen de demain ou en tout cas l'adulte de demain ? Le gamin qui a 12-13 ans. Vous pensez que c'est bien ?

33:58
Invité

12-13 ans, avoir accès à ça ? Non, pas 12-13 ans.

34:01
Bérangère Couillard

Vous disiez, vous vouliez être progressiste. Oui, on peut toujours

34:05
Invité

aller plus loin. Mais ça, c'est à la limite les questions de à partir de quel âge, machin, machin, c'est un truc de législation. Moi, je ne suis pas là-dedans. Mais par contre, il y a un truc intéressant que vous dites, c'est que vous croyez vraiment qu'au Moyen-Âge, en 1200, en gros, c'était les gens, ils étaient en missionnaire et ils se faisaient des câlins. Ça veut dire que la sexualité, elle est violente depuis que le porno existe.

34:23
Bérangère Couillard

Mais il n'y avait aucun droit. Et les femmes étaient maltraitées à cette époque. Donc l'humanité... On ne compare pas ce qui n'est pas comparable.

34:30
Invité

Mais vous me parlez de strangulation qui est l'acte le plus banal imaginable avec tirer les cheveux. Il n'y a rien de... Strangulation, tirer les cheveux, c'est l'ultra base. Quand je vous dis strangulation, c'est prendre une fille par là, je l'ai fait à chaque fois. Je le fais même pratiquement à chaque fois et elles aiment pratiquement à chaque fois. C'est pour vous dire. Donc juste, c'est l'ultra base de la sexualité en France, dans le monde actuellement, en 2023. Peut-être que vous êtes...

34:56
Bérangère Couillard

Non, excusez-moi, mais je pense que là, pour le coup, je me permets de dire que vous vivez dans un monde parallèle. Strangulation, je ne vous parle pas d'étrangler une fille

35:02
Invité

jusqu'à ce qu'il y a les yeux qui sortent. Je vous parle de l'attraper par la gorge.

35:05
Bérangère Couillard

Oui, mais la strangulation...

35:07
Invité

Non, mais tout le monde fait ça, littéralement.

35:08
Bérangère Couillard

Non, mais tout le monde ne fait pas ça.

35:10
Invité

Mais je pense que...

35:11
Bérangère Couillard

Tout le monde ne fait pas ça et tout le monde n'apprécie pas ça. Ce n'est pas vrai.

35:13
Invité

Les rapports de force

35:14
Bérangère Couillard

dans le sexe, c'est depuis toujours. Mais ça reste un acte violent.

35:18
Invité

Oui, mais le sexe est violent par essence. Moi, je crois à ça.

35:21
Bérangère Couillard

Non, le sexe n'est pas forcément violent. Si, si. Bah non.

35:24
Invité

Bah si. Pour moi, je vous explique...

35:25
Bérangère Couillard

C'est la représentation que vous en avez. C'est du coup... Non, non, non. Bien sûr que si, c'est la virilité et la domination masculine. D'ailleurs, c'est ce que vous pratiquez, c'est ce que vous aimez faire. Il peut être violent. La domination masculine sur des dominés et donc du coup, ça a toujours été le sexe fort,

35:39
Invité

c'est le sexe masculin qui domine les femmes. C'est infiniment plus complexe que ça. Déjà, quand je parle que le sexe est violent par essence, ça peut aller dans les deux sens. Ce que je explique, c'est que pour moi, le sexe, tu vois, juste pour moi, le porno, c'est sale et le sexe est sale même. Il y a le sexe qu'on fait par affection, par amour dans le cadre d'un couple, etc. C'est le seul qui n'est pas sale mais ça, je n'appellerais même pas du sexe. J'appelle ça de l'affection. C'est témoigner notre affection en amour. Mais le sexe, pour le sexe, en tant que fin en soi, pour obtenir du plaisir sexuel, je pense que c'est indissociable des rapports de force et de la violence.

Et vous savez, il y a beaucoup d'hommes soumis qui se font marcher dessus par des femmes avec des talons, qui se font mettre des coups de pied dans les couilles, qui se font détruire. Ça marche dans les deux sens. Vous voyez ? Mais pour moi, pour moi...

36:19
Bérangère Couillard

Les hommes soumis

36:24
Invité

et les femmes dominantes,

36:25
Bérangère Couillard

c'est moins répandu que l'inverse. Les scènes que vous me décrivez, c'est psy. C'est psy ? Oui, c'est psy. Je veux dire, à un moment donné... C'est psy ? Bravo. La sexualité, ce n'est pas que de se... Pardon, je reprends vos termes, de se faire marcher avec des talons et de se faire détruire les couilles. C'est ce que vous venez de prononcer.

36:40
Invité

Je n'ai pas dit que c'était que ça, mais en disant que c'est psy, ce truc-là... Moi, je pense. Vous en faites... Donc, tous les gens qui ont ces fantasmes-là, vous faites quoi avec ? Vous êtes ministre française. Donc, je vous demande. Vous faites quoi avec eux ? Vous les mettez à l'hôpital psy ?

36:53
Bérangère Couillard

Non. Psy, ça ne veut pas dire à l'hôpital psy. On peut se faire accompagner psychologiquement. Oui, vous leur donnez un traitement. Je pense que quand on aime certaines pratiques qui sont des pratiques violentes, on peut quand même s'interroger sur l'équilibre psychologique de la personne.

37:07
Invité

Là, on est en 1940. Un mec qui aime se mettre des coups de pied dans les couilles, vous le traitez. Genre stalinien.

37:11
Bérangère Couillard

Vous adorez dater comme ça

37:12
Invité

les choses. Parce que c'est stalinien, ce que vous dites, en fait. Un mec qui aime se faire des... Vous le traitez ?

37:19
Bérangère Couillard

Non, mais un mec... C'est la première fois qu'une membre du gouvernement d'Emmanuel Macron se fait traiter de communiste. Mais écoutez, peut-être... Je n'ai pas dit communiste. Je serais très bien surpris.

37:26
Invité

Je n'ai pas dit communiste. Mais juste, un mec qui aime se faire prendre des coups de pied dans les couilles, vous le traitez avec des médocs ?

37:33
Bérangère Couillard

Je n'ai pas dit ça. Je dis juste que pour moi, ça relève... C'est ce que vous avez dit. Il faut le traiter, il faut l'accompagner. Ça relève d'accompagnement psychologique parce qu'en fait, on ne peut pas avoir de plaisir dans la destruction d'un organe aussi important que les couilles. Je reprends vos termes. Ce n'est pas la destruction. Quand je dis détruire,

37:50
Invité

je précise, c'est des coups de pied dedans. Ce n'est pas détruire.

37:53
Bérangère Couillard

C'est ce que vous venez de dire.

37:54
Invité

Je parle des coups de pied dedans.

37:56
Bérangère Couillard

On ne va pas débattre. Là, pour le coup, ça va un peu trop loin par rapport à la discussion sur la pornographie. Ça ne va pas trop loin

38:04
Invité

parce que là, on est sur une chaîne YouTube. C'est assez libre. Je suis content. Je ne pense pas qu'à l'Assemblée nationale, vous alliez dans le détail. Je pense que vous restez trop en surface. C'est très bien qu'on puisse aller dans le détail parce qu'au moins, on entend des...

38:13
Bérangère Couillard

J'aurais préféré ne pas parler de destruction de couilles. Pourquoi pas ? C'est bien le sujet. Vous me parlez de prolapse. Et c'est pour ça que je viens assez librement échanger avec vous sur ce sujet. J'aurais pu refuser cette interview. Je ne l'ai pas fait. Cet échange, ce débat, je ne l'ai pas fait parce que je considère que justement, il faut parler aussi avec des personnes qui font partie de la pornographie et qui, pour le coup, se revendiquent comme défenseurs de la pornographie. Donc, j'échange avec vous.

38:36
Présentateur

Est-ce que selon vous, la pornographie doit avoir un rôle d'éducation sur l'éducation sexuelle des plus jeunes ?

38:42
Invité

Non. Non, mais vraiment... Ceux qui pensent ça, c'est une dinguerie de l'autre côté, pour le coup. Moi, je n'ai jamais dit un truc pareil. Non, mais je pose la question. Un mec qui veut des affiches dans les écoles en mode, tiens, c'est comme ça qu'il faut... Non, je ne suis pas du tout là-dedans. Je déteste le porno. Je trouve ça sale. Je vais le redire. Mais je pense qu'on ne peut pas arrêter le progrès, qu'on ne doit pas empêcher l'humanité d'aller où elle veut. Je pense que vous êtes rétrograde, en fait. Je pense que c'est ça qui est paradoxal. C'est moi le progressiste entre nous deux.

39:12
Bérangère Couillard

Si lutter contre les violences et lutter contre l'accès des mineurs à la pornographie, c'est être rétrograde. Alors là, je prends la compétence et la qualité avec grand plaisir.

39:21
Invité

Non, mais sur les mineurs qui n'ont pas accès à des contenus et tout, on est d'accord. Mais il y a un truc que vous ne comprenez pas.

39:25
Bérangère Couillard

Vous disiez, il ne fallait pas arrêter le progrès. Donc le progrès, c'est quoi ? C'est continuer à aller dans plus de violences, continuer à aller dans l'accès des mineurs et de rien faire ? C'est ça le progrès ? Mais je ne crois pas que ce soit le progrès. Non, le progrès... Vraiment, je pense que parfois, à toute raison gardée, il ne faut pas suivre le progrès et parfois être aussi raisonnable et mettre en place un certain nombre de politiques. Et vous parliez notamment de pouvoir... Moi, je ne crois pas que la pornographie soit utile pour instruire nos plus jeunes. Bien au contraire, elle doit être faite à l'école.

C'est pour ça qu'on va mettre en place de façon encore plus répandue la vie affective et sexuelle. Excusez-moi, je n'ai personne... Je finis juste ce que je dis. C'est-à-dire qu'on met en place des cours à la vie affective et sexuelle où on va former le personnel de l'éducation nationale. Et dans ces cours, saurons rappeler justement que ce qu'il y a dans les contenus pornographiques, ce n'est pas la vraie vie. Parce qu'on ne peut pas dire que c'est la vraie vie. Tout le monde ne se fait pas casser les couilles. Tout le monde ne se fait pas avec des pratiques que j'ai citées que je ne vais pas redire parce que vous allez dire encore que je les cite.

Mais je peux également aussi en citer d'autres qui permettront de faire fleurir les noms des pratiques. Mais je pense qu'à toute raison gardée, il faut rappeler à tout un chacun que toutes les femmes ne sont pas obligées d'accepter ces types de pratiques parce que leur conjoint les a vues sur les contenus pornographiques. Parce que c'est ça aussi qui est en train de se propager.

40:49
Invité

Juste, je précise un truc parce que là, je ne sais pas, vous le dites et elle le dit, mais il n'y a personne en France qui veut que la pornographie éduque les jeunes ou la jeunesse. Il n'y a personne en France qui pense ça. Ni moi, ni Mme Couillard, ni vous peut-être. Il n'y a personne. C'est un mythe ce truc. Je ne sais pas pourquoi qui sort ce truc, mais il n'y a personne en France qui veut que la pornographie éduque la jeunesse.

41:06
Présentateur

Mais elle le fait indirectement parce que les jeunes consomment de la pornographie.

41:09
Invité

Et les jeux vidéo, alors ? Moi, à chaque fois, je te prends l'exemple des jeux vidéo ou des films d'action. On fait comment ? Parce qu'en fait, il y a des gens qui voulaient de la violence. On a créé des jeux vidéo violents. Jeux vidéo violents, plus de gens qui veulent de la violence. Plus de gens qui veulent de la violence, des jeux vidéo encore plus violents. Et ainsi de suite. C'est ce que j'appelle le progrès. Vous comprenez ce que je veux dire ?

41:23
Bérangère Couillard

Est-ce que vous appelez le progrès ? C'est ça que j'appelle le progrès qu'on ne peut pas arrêter. On serait d'accord sur une chose, c'est-à-dire que plus vous avez des contenus violents, plus ça donne envie de regarder des contenus violents. Donc vous êtes d'accord avec moi ?

41:31
Invité

Je suis d'accord avec ça.

41:32
Bérangère Couillard

Vous venez de dire le contraire au début de l'échange ?

41:35
Invité

J'ai dit quoi au début de l'échange ?

41:36
Bérangère Couillard

Si, vous dites que... Oui, d'accord. Je vais préciser. Plus les gens regardent des contenus violents, c'est-à-dire que plus il y a de double trip pénétration, plus il y a de la strangulation, plus il y a d'autres... Des gagues ou autre. Pardon, j'ai en dit une troisième fois. Je vais préciser. Du coup, ça veut dire qu'en fait, on a envie de le refaire avec son partenaire ou sa partenaire

41:52
Invité

dans sa vie quotidienne. Je dis que ça augmente, mais je dis que c'était inévitable.

41:57
Bérangère Couillard

Je vous parlais des 30% de femmes qui disent avoir des propositions de strangulation. Ce n'est pas né de 1940 ou du Moyen Âge. Ce sont des choses qui sont de plus en plus demandées aux jeunes filles qui n'étaient pas le cas il y a 20 ans. Si, justement.

42:11
Invité

Ce que je vous dis, c'est que c'est de plus en plus là, mais c'était en nous, en l'humanité depuis toujours. C'était inévitable qu'on arrive à cela. Mais ce n'est pas pour ça

42:18
Bérangère Couillard

qu'il faut accepter les violences. Ça veut dire que du coup, si on a envie de tuer quelqu'un, ça veut dire que demain, on pourrait laisser la société... Mais vous savez,

42:24
Invité

l'humanité est très violente et il y a des millions de morts sur Terre par jour, des millions de gens qui se tuent. C'est la preuve qu'on ne peut pas empêcher l'humanité de...

42:30
Bérangère Couillard

Heureusement qu'il y a une justice alors. Parce que du coup, sinon, on laisserait tout faire.

42:33
Invité

Je ne dis pas qu'il faut laisser tout.

42:34
Bérangère Couillard

Et donc la justice doit aussi passer dans l'industrie pornographique.

42:37
Invité

Mais la justice, elle n'a pas le pouvoir d'arrêter les gens de se tuer. Vous voyez ? C'est ça le... Vous dites qu'il y a une justice, c'est vrai. Elle a essayé la justice.

42:45
Bérangère Couillard

Elle fait obtenir réparation et elle fait probablement peur

42:48
Invité

à celui qui l'exerce. Dans ce cas, il y a deux paradigmes. Soit, c'est le cas au total, on laisse tout s'être fait, c'est la loi de la jungle, c'est entre guillemets ce que je défends depuis tout à l'heure, l'anarchie. Soit, d'accord, on contrôle tout, il n'y aura plus aucune injustice, il n'y aura plus, j'ai aucun meurtre sur Terre, pourquoi pas, aucune violence sexuelle, etc. Dans ce cas-là, c'est la Chine, c'est la reconnaissance faciale, c'est l'IA, c'est ce que vous voulez. Moi, j'aime bien les deux extrêmes. Soit le contrôle total, aucune injustice, soit le chaos total, l'injustice partout.

43:16
Bérangère Couillard

Moi, je n'aime pas les extrêmes.

43:17
Invité

Moi, j'aime que ces deux extrêmes. Moi, je n'aime pas les extrêmes. En fait, ce que je n'aime pas, ce que je n'aime pas, c'est la demi-mesure. Parce que la demi-mesure, c'est un cirque.

43:24
Bérangère Couillard

On doit pouvoir sécuriser, réguler les choses. Non, c'est soit la Chine, soit le chaos. On ne peut pas considérer qu'il puisse se passer sur Internet quelque chose qui ne se passerait. Enfin, ce n'est pas les mêmes règles que dans la vraie vie. Ça, ce n'est pas possible. Et aujourd'hui, c'est le cas. Donc, ce n'est pas normal. On doit faire en sorte que... Vous parliez tout à l'heure de... On parlait, on évoquait notamment le retrait pour les victimes. Ce n'est pas vrai. Vous avez dit qu'elles doivent accepter et qu'en gros, elles sont condamnées toute leur vie à avoir leur image qui circule sur Internet. Il y a deux choses. Et ça, ce n'est pas possible. Non, il y a deux choses.

43:55
Invité

Je dis que les plateformes... On ne peut pas accepter ça. Non, mais je dis que les plateformes, les productions, les producteurs font déjà ce que vous voulez. C'est pour ça que je vous dis que c'est un combat fantôme. C'est pour ça que je dis que vous êtes 1970. En gros, vous arrivez 40 ans après ce qu'il fallait faire. Mais vous ne pourriez pas dire

44:04
Bérangère Couillard

que c'est copié sur d'autres plateformes.

44:06
Invité

J'y viens, j'y viens. Donc, si on ne trouve pas ce qu'on parle d'oeuvre, on va le trouver ailleurs. C'est simple à comprendre, ça. Juste, vous arrivez 40 ans trop tard. Le boulot est déjà fait. Le boulot est déjà fait par les plateformes.

44:16
Bérangère Couillard

Internet n'existait pas il y a 40 ans. Mais qu'est-ce que vous dites ?

44:17
Invité

Vous arrivez 20 ans trop tard. Ce n'est pas beaucoup mieux.

44:19
Bérangère Couillard

Bon, alors, écoutez. D'accord, écoutez.

44:21
Invité

Bon, voilà. Ensuite, ce qui est repris... C'est pour ça qu'on n'arrive pas à réguler.

44:24
Bérangère Couillard

Internet est allé trop vite alors que Internet, en réalité... Enfin, je veux dire... Non, mais le truc de ré-uploader... Je vais vous expliquer ce que c'est. Google est né en 1998. Donc, en fait, ça a 25 ans. Donc, ne parlez pas de choses qui ne... Enfin, voilà. Datez les choses de façon correcte.

44:37
Invité

Écoutez, le truc de... C'est repris partout sur Internet. Ça aussi, je ne suis pas sûr que vous sachiez ce que c'est. C'est des bots. Il y a des bots. Effectivement, c'est repris sur des millions de sites. Bah oui. Mais vous n'êtes pas...

44:47
Bérangère Couillard

Mais vous n'êtes pas nés de la dernière pluie. C'est comme quand on dit on voit des nuls dans mes camps. Mais la victime, elle a une vidéo d'elle sur Pornhub. Et donc, du coup, sous prétexte que ça arrive sur d'autres plateformes, elle doit se dire parce que Pornhub a fait le travail.

44:56
Invité

Mais ce que vous devez faire, votre seule solution, c'est mettre un panneau devant l'accès à Internet. Attention, ce que vous mettez sur Internet, c'est irréversif, ça va aller partout.

45:02
Bérangère Couillard

Mais on doit réguler. Pourquoi ?

45:03
Invité

Non, c'est impossible de réguler Internet. Vous comprenez ?

45:05
Bérangère Couillard

Mais bien sûr que si.

45:06
Invité

Non, c'est impossible. Mais si ? Et c'est tellement naïf de croire que c'est possible.

45:09
Bérangère Couillard

On ne peut pas réguler. Je ne sais pas si on sera vivants tous les deux pour le voir. Mais en tout cas... Non, la Chine, la Chine, la Chine.

45:15
Invité

C'est ce que je vous disais. Moi, je pense... C'est un extrême ou l'autre ?

45:17
Bérangère Couillard

Mais dans la vie, les choses sont régulées. Pourquoi ça ne pourrait pas être le cas sur Internet ? Ce n'est pas forcément la Chine. Pourquoi vous parlez de ça ? Quelqu'un, une victime qui a... Laissez-moi juste finir ça. La victime qui a tourné un contenu pornographique, dégradant ou pas, elle souhaite, 20 ans plus tard, faire retirer le contenu. On n'a pas à accepter que sous prétexte que ça a été copié des milliers de fois ou peut-être des centaines de fois sur différentes plateformes, que du coup, elle n'ait pas la possibilité de la retirer. C'est son image. C'est le cas dans la vie réelle. Pourquoi ce n'est pas le cas dans la vie réelle ?

45:47
Invité

Je vais vous dire. Vous voulez inventer une technologie. Je ne sais pas, Commission européenne et tout. On va dire que vous avez votre plan dans votre tête. Mais maintenant, Internet, le fait que ce soit libre et que ce soit quelque chose d'absolu, d'incontrôlé, de total, ça a été une des plus grandes bénédictions pour l'humanité depuis que ça existe. Internet, je crois...

46:06
Bérangère Couillard

L'anonymat...

46:07
Invité

Non, je termine. Je ne crois pas. Internet, pour moi, c'est quasiment un dieu sur Terre. Vous voyez ? Tellement ça a été bénéfique pour l'humanité. Tout ce que ça a apporté. Et maintenant, ça apporte aussi du négatif. C'est une évidence. Il n'y a rien qui apporte autant de positifs sans négatifs. Il faut corriger les négatifs. Et ce que vous voulez faire, c'est... Mais non, mais pour corriger le peu de négatif que ça voit, vous voulez changer la nature d'Internet ?

46:26
Bérangère Couillard

Si c'est pas dieu sur Terre, je n'irai pas sur ce volet. Mais par contre, considérer que ça apportait des bonnes choses, oui. Mais il faut voir tous les mauvais côtés. Donc, il faut travailler sur ces mauvais côtés. Pourquoi se refuser à travailler sur les mauvais côtés d'Internet ? C'est comme dans la vie courante. Parce que ça changera la nature d'Internet. Toutes les évolutions.

46:39
Invité

Parce que ça ne sera plus Internet, en fait.

46:42
Bérangère Couillard

Mais Internet apporte quand même beaucoup de violences. Pourquoi ne pas lutter contre ces violences ? On peut quand même travailler sur ces violences sans enlever la capacité d'Internet, notamment à informer.

46:52
Invité

Bon, là, en tournant rond, je vous dis, c'est comme si vous voulez enlever pour enlever les accidents de voiture, il faut interdire les voitures. C'est la Chine, c'est ce que je vous dis. Non, mais on peut mettre

46:58
Bérangère Couillard

des ceintures de sécurité, par exemple.

46:59
Invité

Oui, vous voulez mettre des ceintures, vous voulez réguler, etc. Ça ne changera rien. C'est de l'illusion. Tout ça, c'est de la poudre aux yeux. Pour moi, ce rapport, ce que vous comptez faire avec Internet, soit vous allez le laisser libre et les victimes souffriront toujours et il vaut mieux leur dire que ce qu'est sur Internet. Parce que je pense que vous n'avez pas idée du fléau que c'est Internet pour la partie négative. Vous n'allez jamais empêcher un contenu d'être recopié, recopié. Je vous dis que c'est des bottes. Je vous dis que ça va sur le dark web.

47:19
Bérangère Couillard

Vous comprenez ou pas ? C'est cuit. C'est comme une colligène. Mais là où on est à désaccord aussi, c'est que toutes les femmes qui envoient un nude à quelqu'un, elle sait que le nude va être partagé sur Internet. C'est la nature humaine. C'est foutu. Quentin, toutes les femmes ne sont pas consentantes et c'est là où on est en désaccord. C'est que vous, vous considérez qu'elles viennent toutes avec plaisir. Ce n'est pas vrai.

Il y a certaines qui viennent du système prostitutionnel qui sont amenées, on leur fait croire que tout va bien se passer et en fait, elles subissent des actes sur lesquels elles n'ont pas signé, elles n'ont pas été d'accord pour pouvoir avoir ces actes et en plus, il y a même des actes de violence, voire de viol qui sont exercés durant ces scènes. Donc vous ne pouvez pas dire en plus que la justice ne peut pas passer sous prétexte que du coup c'est tourné et que ce serait consenti et virtuel et en plus de ça qu'on ne puisse pas imaginer demain le retrait de ces contenus. C'est inimaginable de penser ça.

48:05
Invité

On ne peut pas faire de cas par cas. Il faut éduquer sur Internet, pas réguler Internet. Il faut éduquer et pas réguler. Vous voulez réguler, c'est infaisable. Vous voulez faire du cas par cas ? Il faut éduquer et réguler. Mais combien d'énergie, combien de temps, combien d'argent ça va coûter ? Vous comprenez ou pas ? C'est infaisable. En fait, c'est infaisable juste ce truc.

48:20
Bérangère Couillard

Pourquoi ce serait plus cher d'aller réguler Internet ?

48:22
Invité

Vous ne pouvez pas vous attaquer à Internet et vous allez le découvrir trop tard.

48:26
Locuteur non identifié

Bien sûr que si. Pourquoi est-ce que le féminisme pendant des années a refusé de s'attaquer à la pornographie ? Est-ce que ce n'est pas peur d'être taxé, d'être ringard, réactionnaire ? Pas peur du puritanisme. Est-ce que ce n'est pas une immense erreur de s'être emparée si tardivement de ce sujet de la pornographie qui on le voit à des effets délétères dans la représentation qu'ont les jeunes garçons des filles ?

48:48
Bérangère Couillard

En effet, c'est vrai que pendant longtemps, les féministes, mais globalement la société, n'a pas voulu voir ce qui se passe sur les contenus pornographiques. Il est vrai aussi que les technologies amenant des nouveaux contenus de plus en plus violents, c'est allé très très vite. Et donc, il n'est pas trop tard, évidemment, pour agir. Et c'est pour ça qu'il y a un certain nombre de parlementaires, après le Haut Conseil à l'égalité et donc le milieu féministe qui s'engage particulièrement ces dernières années. Et donc, on va se saisir de cette question.

Mais c'est vrai que c'est un sujet qui est particulièrement tabou et qui, par ces mises en scène, en fait, montre bien, en fait, la domination masculine et la misogynie, le patriarcat qui est encore très présente dans notre pays.

C'est pour ça qu'il faut qu'on continue d'agir et ce groupe de travail que j'ai lancé, ce groupe de travail interministériel, je l'espère, va pouvoir répondre aux objectifs qu'il s'est fixés, notamment sur le sujet des retraits, des contenus, des tortures et actes de barbarie et également pour les contenus pour les victimes qui le demandent parce qu'il y a de nombreuses victimes qui veulent voir disparaître ces contenus et aujourd'hui, ce n'est pas possible et il faut que ça puisse être le cas.

50:05
Invité

Il faut faire du cas par cas. Il faut tout détruire petit à petit et il faut le faire de manière millimétrée. C'est le principe de la déconstruction, du patriarcat, etc. et moi, je ne dis pas que c'est une mauvaise chose, je dis juste que c'est peine perdue, c'est ça mon propos. C'est qu'en fait, vous ne pourrez pas arriver au stade zéro où il n'y a plus aucune souffrance, plus aucune injustice. Tout le monde a une susceptibilité, une sensibilité. Vous allez soigner cela au détriment de ceci, etc. Pour faire société, pour qu'il y ait civilisation, pour qu'il y ait société, il faut accepter qu'il y en a qui souffrent, il faut accepter qu'il y ait des gagnants et des perdants.

Ça, c'est le pragmatisme et ça, c'est ce que moi, je prône. On ne peut pas soigner, guérir le monde, vous comprenez ? L'humanité est telle qu'elle est. Voilà, donc pour moi, tout ça, c'est une illusion. En plus, il y a des problèmes bien plus graves auxquels on pourrait s'attaquer. Moi, quand j'entends parler de ce rapport, enfin, vous allez me dire que c'est du sophisme, mais quand j'entends parler de ce rapport sur les retraits des vidéos, il y a des enfants qui crèvent de faim dans le monde, ça me dérange. Vous voyez ? C'est le principe de l'écriture inclusive, c'est la même chose, ça me dérange. Donc voilà, je pense qu'il faut faire les choses dans l'ordre.

Sur Terre, il y a des vrais problèmes, celui-là, ça n'en fait pas partie. Et on ne pourra jamais millimétrer les choses. Il ne faut pas millimétrer comme ça. C'est peine perdue.

51:28
Bérangère Couillard

Justement, moi, je m'inscris en faux sur ce que vous dites parce que moi, je ne crois pas que c'est peine perdue et d'ailleurs, c'est pour ça que je m'engage en politique depuis maintenant plusieurs années. C'est bien parce que, du coup, je crois qu'il y a un certain nombre de choses à mener et ce travail à faire contre les violences exercées dans l'industrie pornographique, ça doit être réalisé parce qu'en fait, ça crée un certain nombre d'autres soucis.

Vous savez que les violences sont très présentes au sein des familles, au sein des couples et c'est bien parce que, aussi, il y a cette violence qui est véhiculée, véhiculée dans les différents films mais surtout aussi dans les contenus pornographiques qui sont regardés par beaucoup de très jeunes et donc, ces contenus instruisent quelque part nos plus jeunes et font qu'en fait, ils reproduisent ça dans leur sexualité et c'est bien ça qu'il faut lutter, c'est l'accès à la pornographie pour les plus jeunes pour éviter qu'ils aient un regard et qu'ils se construisent avec ces contenus pornographiques mais aussi lutter contre les contenus violents qui sont de plus en plus nombreux, qui se comptent par centaines de milliers et qui doivent disparaître des plateformes pornographiques pour ne laisser que des contenus qui soient non violents et je souhaite vraiment qu'on puisse travailler sur ce sujet donc au retrait particulièrement des contenus qui contiennent actes et tortures et puis actes de barbarie et tortures également aussi permettre le retrait pour les femmes victimes de l'industrie pornographique qui le souhaitent de la porno-criminalité parce que c'est ça qu'il faut dire et puis également travailler au respect du droit du travail parce qu'en fait il n'y a pas de raison d'accepter autant de souffrance dans un travail quel qu'il soit.

C'est un débat animé parfois avec des moments un peu tendus je pense qu'il y a un véritable désaccord entre Quentin et moi-même il invoque connaître l'industrie pornographique très bien et qu'il n'y a pas de soucis et puis après dans un second temps il dit que c'est mal et qu'en effet on ne pourra malheureusement rien faire donc j'ai trouvé qu'il y avait des arguments assez confus je dois dire et que je reste évidemment sur ma position ma position c'est que je n'accepte pas qu'il puisse y avoir des femmes qui soient frappées qui soient mutilées qui soient parfois même sur des contenus électrisés et qu'on puisse considérer qu'il y a des femmes qui acceptent la torture tout simplement et donc je me bats contre ça ces femmes elles sont victimes de violence elles sont souvent en lien avec des réseaux qui sont pas clairs pour pas dire mafieux et donc je considère qu'il faut agir agir sur les retraits de ces contenus qui sont des contenus de torture et actes de barbarie également le retrait pour les victimes qui le souhaitent pour pas qu'il y ait qu'elles soient condamnées à vie à avoir leur image qui circule sur internet de façon incontrôlée et puis le respect tout simplement du droit du travail ces femmes ont peut-être accepté au départ de faire partie de l'industrie pornographique mais c'est pas pour ça qu'elles doivent en subir évidemment des actes extrêmement violents comme c'est le cas et donc du coup tout simplement faire respecter le droit du travail comme partout

54:43
Invité

moi je me suis bien amusé j'étais là pour punchliner entre guillemets donc ça va après je suis surtout là pour que j'ai pas envie que des paroles comme ça soient dites au monde entier sans contradicteur donc c'est tellement éloigné de la vérité selon moi voilà après comme je dis ça me plaît de punchliner mais en fait tout ce que j'ai dit c'est quand même des vérités il y a beaucoup de vérités pour ceux qui écouteront il faut écouter précisément ce que je dis c'est deux visions du monde qui s'opposent totalement et pour moi enfin bon comme je disais j'aurais pu continuer comme ça pendant 5, 6, 7 heures d'affilée parce qu'il y a tellement à dire tellement à contrer ils ont tellement la parole et moi je n'ai tellement pas que ça fait plaisir

55:26
Bérangère Couillard

je pense que évidemment le web a donné beaucoup de bonnes choses notamment la capacité à donner des informations aux français et aux personnes à travers le monde mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses on n'est pas d'accord sur la capacité à résoudre moi je me suis engagée en politique pour trouver des solutions et lui il considère que c'est le progrès et qu'il faut laisser faire et que de toute façon il n'y a aucun moyen d'agir je suis en désaccord sur ce point nous sommes peut-être à peu près en accord sur le fait aussi de devoir lutter contre l'accès des mineurs aujourd'hui il y a quand même plus de 50% des 12-13 ans qui regardent des contenus pornographiques et donc nous avons agi pour cela dans le dernier projet de loi numérique et j'ai cru comprendre quand même même s'il y a eu des tergiversations dans ses réponses que Quentin était plutôt favorable à ce que les gamins de 12-13 ans ne regardent pas ces contenus et je pense que c'est bien heureux

56:16
Invité

un point sur lequel on est en accord le fait que le porno incite au comportement violent mais ça c'est une évidence le porno incite à la violence etc mais comme je disais c'est l'effet papillon c'est l'effet boule de neige c'est inévitable là pour moi elle se voilait la face le porno c'est un des métiers où la femme réussit le mieux et où elle est plus dominante je trouve vraiment que c'est un comble c'est le seul le seul métier justement où elle a totalement l'ascendant sur les hommes c'est le voilà donc je trouve vraiment que c'est un comble ce qui a été dit là il y a tellement de métiers où elle est effectivement maltraitée tellement de combat plus important que voilà sans prendre aux femmes dans le porno alors que pour moi c'est leur moyen d'empowerment justement

56:57
Présentateur

merci d'être resté jusqu'au bout de la vidéo et vous est-ce que vous pensez que le contenu pornographique violent doit encore exister sur les plateformes dites-nous en commentaire ça nous intéresse dites-nous aussi d'ailleurs quel prochain débat vous souhaiteriez voir sur la chaîne c'est toujours intéressant pour nous on regarde tous les commentaires que vous publiez d'ici là pensez bien à laisser un j'aime et à vous abonner en activant la petite cloche c'est super important pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira portez-vous bien salut