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Discours / meetingyoutube.com· 22 novembre 2014 20 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsTransportsEnvironnement & énergieNumérique

[Forum Smart City] Discours d'ouverture - Anne Hidalgo, Maire de Paris

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:39Anne HidalgoFait
    « nous avons avec lui lancé Vélib, »
  • 13:18Anne HidalgoChiffre
    « le refus temporaire d'un investissement privé de 500 millions d'euros, »
  • 17:24Anne HidalgoFait
    « D'ailleurs, les maires européens seront présents à Paris »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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0:24
Présentateur

directeur de ce forum Smart City. Merci beaucoup Jean-Christophe, monsieur le directeur, le président de la tribune. Je voudrais bien sûr saluer chacune et chacun d'entre vous, chefs d'entreprise, start-upers, adjoints, bref, tous ceux qui sont là pour faire bouger Paris et le Grand Paris. D'abord, la ville intelligente, cette Smart City que nous sommes en train de fabriquer ensemble, c'est quelque chose qui n'appartient à personne, qui est en partage et auquel nous devons tous contribuer. C'est ma conviction.

A l'endroit où je suis en tant que maire de Paris, c'est ma conviction, y compris les enfants, parce qu'on part aussi de leurs rêves pour construire cette ville et cette société de demain. Et j'ai beaucoup aimé 14 canettes, c'est une trottinette. Je trouve que c'est un très joli slogan pour l'économie circulaire, qui est aussi le sujet sur lequel nous nous impliquons et qui est très connecté aussi à la Smart City. D'abord, cette Smart City, c'est la ville qui ose. Je suis d'accord avec vous. Osez. Osez, mais avec des valeurs, avec des convictions. Pas oser en fonction du vent qui tourne, des positionnements tactiques et politiciens. Non, oser. Osez en fonction de valeurs et de convictions.

Ma conviction, je sais qu'elle est partagée par beaucoup d'entre vous, c'est qu'aujourd'hui, à l'échelle de la planète, ce qui se passe dans les villes, dans les grandes villes-monde, c'est justement ce mouvement du monde. Dans nos grandes villes-monde, à l'échelle de la planète, on constate, on observe à peu près les mêmes phénomènes. C'est là que se concentrent les populations. D'ailleurs, populations avec toute leur diversité, des plus pauvres aux plus riches, aux classes moyennes. C'est un phénomène qu'on observe partout. Les villes, les grandes villes, les métropoles sont des facteurs d'attraction pour les populations, quel que soit le continent.

Ce sont des facteurs d'attraction pour les populations et ce sont les espaces de création. C'est là qu'on invente les solutions. Les solutions qui peuvent être celles de la débrouille pour arriver à s'en sortir, mais aussi toutes ces solutions qui sont celles de l'innovation. Les grandes villes, les grandes métropoles sont des facteurs d'attraction de toute l'intelligence, de la recherche, de tous les créateurs, de tous les créatifs de la planète qui convergent vers ces grandes villes.

C'est là aussi que les entreprises tentent leurs innovations et essayent de voir si ces innovations correspondent aussi à des besoins, à des évolutions de la société qui trouvent leurs espaces, notamment en termes de marché. C'est dans les grandes villes que tout cela se passe. Alors bien sûr, je vous le disais, il faut des convictions. Tout ce progrès, toute cette intelligence doit être mise au service d'un projet collectif dans lequel la dimension humaine, la dimension humaniste de ce projet doit être extrêmement présente.

Il ne s'agit pas de faire du progrès, de l'innovation, de la connexion, de la ville intelligente en niant, par exemple, le respect qu'on doit à la dignité de la personne et quelle que soit la situation de la personne. Bien sûr, ces valeurs, ces convictions, elles doivent être là, elles doivent nous éclairer, elles doivent nous permettre d'avancer dans cet univers qui est en train de se construire, qui est en train de prospérer.

Et moi, hier, j'ai eu la chance de recevoir ici trois prix Nobel 2013 de médecine, ici à l'hôtel de ville, trois américains, et eux-mêmes me disaient que leur démarche scientifique, elle est aussi dictée par leur responsabilité humaine par rapport à une société et que le progrès, le progrès se conçoit dans le respect de la planète et donc de la personne humaine. Ça, ce sont les valeurs. La conviction, c'est que pour faire la ville intelligente, il faut être sacrément intelligent, mais sacrément intelligent tous ensemble. Voilà.

Et que la ville intelligente ne peut pas se satisfaire des modes de fonctionnement de l'ancien monde, celui où chacun décidait tout seul, celui où on se référerait à un pouvoir suprême, celui où les forces politiques en présence seraient obligatoirement dans la recherche d'oppositions tactiques pour montrer quelle est leur force. Non, ça, c'est l'ancien monde. Ça, ça appartient à un univers qui n'a rien à voir avec la ville intelligente.

Dans la ville intelligente, on part du principe que les acteurs de cette ville, ses habitants, ses entreprises, ses associations, toute cette énergie qui existe, cette énergie humaine, est intelligente parce qu'elle est ensemble, parce qu'elle arrive et elle accepte et qu'elle considère que c'est en discutant, en travaillant, en établissant des ponts, des connexions, quelles que soient ces connexions, et on va beaucoup parler des connexions numériques, bien évidemment, mais que c'est par ce travail collectif et collaboratif que la ville est intelligente par ses habitants.

Et parce qu'elle est intelligente par ses habitants et par ce travail collaboratif, elle sera intelligente dans les solutions qu'elle va porter pour son développement, son avenir, pour justement rendre les services qui sont nécessaires à ses habitants. Cela suppose des grands changements de paradigme. Changement de paradigme, sans aucun doute, pour le monde des entreprises, mais je le sais, le monde des entreprises a cette capacité à comprendre la réalité, ne serait-ce qu'à travers la réalité du business et du marché, très rapidement.

Et je voudrais saluer ici les entreprises qui nous ont accompagnés, qui ont osé prendre des risques avec nous ces dernières années, et qui en prendront encore dans les années qui viennent. Je vois Jean-Charles Decaux qui est ici. Quand en 2007, nous avons avec lui lancé Vélib, c'était une idée un peu saugrenue. Bertrand Delannoy a dû lutter contre beaucoup de conservatisme de tous bords par rapport à cette idée du vélo en autopartage.

On lui disait, non, il ne faut pas, pas tant que ça, il faut peut-être juste voir si on peut mettre des vélos à la sortie des métros et voir comment on peut faire en travaillant uniquement entre les réseaux de transport actuels et ce nouveau service, comment on peut inventer un nouveau service. Bertrand Delannoy, à l'époque, je m'en souviens, avait très vite dit 20 000 vélos. Et d'autres disaient, oh là là, non, non, non, 3 000, 2 000, 1 000 peut-être pour essayer. Non, il fallait oser, on a osé, mais une entreprise a osé avec nous.

Et aujourd'hui, on voit le succès de ce système de vélos en autopartage, y compris à travers le monde, même s'il y a toujours, toujours à améliorer, à être plus performant. Il y a une autre innovation qui est partie, là aussi, d'une idée d'autopartage. Et cette idée d'autopartage qui avait été lancée dans la mandature précédente, là aussi, cette idée d'autopartage, au début, on nous a dit, mais pas du tout, il faut que la voiture revienne à l'endroit où on l'a prise, si on veut que ça marche. Et on nous disait, il faut que ce soit des véhicules à deux places, parce que ça ne marchera pas, voire à trois places, dont trois devant.

Je me souviens, à l'époque, j'avais dit, mais non, regardons ce que sont les usages des Parisiens par rapport à la voiture. D'abord, c'est bien de pouvoir transporter plusieurs personnes, quatre, c'est pas mal. C'est bien d'avoir un coffre dans la voiture pour y mettre des paquets et une poussette. C'est bien de pouvoir permettre à des gens qui ont des enfants de pouvoir prendre ce véhicule. Et donc, trois places, ça voulait dire que, comme on ne peut pas asseoir devant un enfant de moins de dix ans, dans une voiture, c'était interdit aux familles.

Donc, dans ce dialogue qu'il y a eu entre nous et les entreprises qui ont répondu, une d'entre elles, Bolloré, a gagné ce marché parce qu'effectivement, elle a compris l'intelligence du système et le fait que nous, les élus, nous avions une expertise sur l'usage des Parisiens parce que nous sommes des Parisiens que nous leur ressemblons et que nous fonctionnons comme eux. Le pari a été pris, là aussi, de ce pari, non seulement un très beau service, mais une belle aventure industrielle qui a, aujourd'hui, ses développements à l'échelle internationale. Cette intelligence collective, elle s'exerce à tous les niveaux.

Jean-Christophe a dit tout à l'heure que, sur le Grand Paris, les habitants du Grand Paris, les Parisiens ont envie d'entendre parler des projets, moi aussi. Je pense que c'est autour des projets que l'on va pouvoir, effectivement, avancer. Mais vous avez parlé aussi de la gouvernance. La gouvernance, c'est quand même important parce que c'est le système démocratique dans lequel on fonctionne et qui légitime ceux qui prennent des décisions. Et ce système de gouvernance, je voudrais en dire quelques mots. D'abord, pour que la ville soit intelligente, il faut qu'elle comprenne qu'il faut partir de l'intelligence de ses habitants.

Ça veut dire qu'il faut un gap, un saut qualitatif évident dans les pratiques politiques de ceux qui gouvernent. C'est une évidence. Si ceux qui gouvernent restent accrochés au monde passé, ça ne marchera pas. Et d'ailleurs, les espoirs, l'illusion, cette envie, ce désir d'un monde dans lequel on ne soit pas tous les matins noyé par des décisions ou des situations catastrophiques et pessimistes, ces désirs-là risquent d'être douchés et très refroidis si les gouvernants eux-mêmes n'intègrent pas, n'intègrent pas ce changement de paradigme qui est le leur.

Nous, ici, à Paris, et c'est aussi l'enjeu de la gouvernance que nous sommes en train de construire dans le Grand Paris, il y a deux choix et deux écoles possibles. Une qui me paraît plus moderne et qui me correspond, une beaucoup plus passéiste. Il y a ceux qui considèrent que tout espace de gouvernance doit être, in fine, un espace d'affrontement entre deux fractions de la population, l'une conservatrice et l'autre progressiste. Et qui considèrent que ce n'est qu'à travers la mise en scène de cet affrontement-là qu'on s'en sortira. Et que, de toute façon, c'est le seul horizon possible pour tout système de gouvernance démocratique et politique.

Bien sûr, je rejette totalement cette approche. Et d'ailleurs, une très grande majorité des maires, comme le disait très bien hier un éditorialiste, Thomas Legrand, pardon, sur France Inter, une grande majorité des maires et des élus locaux rejettent cette vision-là de la société. Bien sûr qu'on a des convictions, qu'on est dans des familles politiques différentes et que ça structure notre approche de la société, notre lecture de la société, y compris de la Smart City, différemment. Mais les maires, les élus locaux, jusqu'à présent, ont échappé à cela. Échappé à cela.

Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien que les maires, les élus locaux sont plutôt crédités d'une confiance supérieure à celle dont on crédite les élus qui opèrent à l'échelle nationale. Cette question de la gouvernance du Grand Paris, aujourd'hui, elle est posée exactement en ces termes-là. et j'ai l'honneur d'y travailler beaucoup, de participer avec des maires de gauche, de droite, à l'émergence d'une conception qui serait celle de la fabrication ensemble, aussi de compromis, de propositions, à partir de projets, de projets structurants sur lesquels nous pouvons nous engager ensemble. Il y a cette autre version qui, elle, au contraire, va vers l'affrontement.

Ce que nous avons vécu, d'ailleurs, et je ne peux pas ne pas vous en parler devant autant de décideurs et d'acteurs du monde économique, ce que nous avons vécu, d'ailleurs, au Conseil de Paris cette semaine, très précisément, le refus temporaire, parce que je suis combative et moins jose, le refus temporaire d'un investissement privé de 500 millions d'euros, dans des conditions exceptionnelles pour notre capital et pour le Grand Paris, avec les plus grands architectes au monde, Herzog et de Meurant, Pritzker, avec des innovations environnementales, technologiques, des innovations architecturales magnifiques, un projet d'une exigence majeure, parce que vous imaginez bien qu'à Paris, on a cette exigence majeure pour tous les projets, a fortiori pour des projets qui marqueront durablement notre identité parisienne.

Eh bien, le refus, pour des raisons purement politiciennes, de recherche simplement d'affrontement en déniant l'intérêt général, ce n'est pas acceptable. C'est quelque chose qui existe. Nous sommes dans un monde en mutation. Je pense que ces attitudes, ces pratiques politiques, sont des pratiques qui vont encore tenter, tenter de faire retomber très bas à des niveaux qui ne sont pas les niveaux d'exigence et d'intelligence de la société française et parisienne aujourd'hui. Ces tentatives-là, on va les rencontrer. On va les rencontrer encore dans les années qui viennent.

C'est pour ça que je pense que, face à ces attitudes totalement rétrogrades, passéistes, y compris d'un point de vue des pratiques politiques mises en œuvre, je pense que l'intelligence collective, le fait de croire, le fait de porter ensemble des projets innovants, structurants, qui non seulement donnent à rêver du monde futur, qui construisent ce monde futur et qui, en même temps, permettent de donner de l'emploi, de l'énergie et de l'espoir à beaucoup de nos concitoyens, je pense que nous serons plus forts ensemble dans cette attitude-là constructive et positive que dans des attitudes dévastatrices et qui sont pour moi irresponsables. Je conclue.

À un moment où beaucoup vantent les mérites d'autres grandes capitales, je pense que nous avons tous les atouts, tous les atouts. Tous les atouts pour être vraiment cette Smart City, ce Grand Paris Smart City, où nous inventons les solutions du XXIe siècle. Nous allons avoir l'année prochaine la conférence sur le climat. La conférence sur le climat, elle est majeure. Elle va faire de Paris, pendant toute l'année 2015 et à la fin de l'année 2015, le lieu où vont converger tous les responsables politiques nationaux, internationaux et locaux, puisque j'ai demandé aux maires des grandes villes et je suis aujourd'hui leur envoyée spéciale sur la question du climat par rapport à la COP21.

Je leur ai demandé de venir aussi à Paris. Donc Paris sera sous le regard du monde entier par rapport aux solutions innovantes qui vont être les nôtres et qui sont dans cette Smart City. J'ai proposé plusieurs rencontres avec les maires. J'ai proposé un certain nombre d'initiatives qui seraient des accélérateurs vers cette Smart City et vers cette transition écologique. Des initiatives comme par exemple le regroupement de commandes en matière de transport, en matière d'énergie nouvelle, en matière d'équipement, des maires à l'échelle européenne pour faciliter l'accélération et l'émergence de nouveaux secteurs industriels qui soient en rapport avec cette transition écologique.

Je pense que nous sommes des accélérateurs et les maires européens et internationaux que j'ai rencontrés sont partants pour travailler sur cette piste-là. D'ailleurs, les maires européens seront présents à Paris le 26 mars prochain. J'aurai l'occasion là aussi d'y revenir. J'ai proposé également une deuxième piste qu'on est en train d'étudier aujourd'hui.

Je souhaite que pendant l'année 2015, Paris soit un immense territoire d'expérimentation, que toutes les expérimentations soient possibles, qu'elles ne se heurtent pas à des règles relatives à des marchés qui empêcheraient de permettre un certain nombre d'innovations, je souhaite que non seulement, lorsque la planète entière viendra à Paris et nous serons sous ce regard, il y ait des entreprises et des présentations au Grand Palais, au Petit Palais, dans beaucoup de lieux, de ce que nous faisons et du génie français, notamment en matière industrielle, mais je souhaite qu'on voit à l'œuvre ces innovations, qu'elles soient en place dans la ville, pas simplement dans une vitrine.

La vitrine, c'est Paris, mais qu'elles soient en mouvement dans la ville. Toutes les initiatives qui pourront naître et qui pourraient trouver place, justement, dans cet espace d'expérimentation que deviendrait Paris pendant toute l'année 2015, toutes ces expérimentations pourraient être utilisées. Parce que l'usage est la clé, justement, du développement de cette Smart City.

Et donc, ça aussi, c'est une proposition que je ferai, que je fais aujourd'hui, mais que nous mettrons en œuvre sur l'année 2015 pour permettre à toutes les expérimentations en matière de mobilité, en matière de chauffage, en matière de construction, d'être mises en œuvre concrètement pour qu'on puisse également se servir de leur mise en œuvre comme élément de cette vitrine et de cette attractivité pour notre ville et pour la valorisation de cette intelligence qu'il y a non seulement dans nos villes, mais d'une façon plus générale dans la société française. Voilà, mes chers amis, je veux vous dire que je suis combative, engagée.

« Oser Paris », c'était pas simplement un slogan, c'est une méthode, c'est une... Voilà, c'est une deuxième façon d'être pour moi. Et donc, nous allons continuer à oser, à produire, à avancer et à faire triompher cette intelligence collective dans la Smart City. Je vous remercie. Merci.

19:53
Locuteur

Merci. Merci.

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