Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 10 décembre 2025 26 min

Marine Tondelier : « La méthode Lecornu consiste à ménager la chèvre et le chou »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Marine Tondelier, merci beaucoup d'être notre invitée secrétaire nationale des écologistes et donc candidate des écologistes à la primaire de la gauche en vue de la présidentielle. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesserredon du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.

0:28
Invité

Bonjour Ariane, bonjour Marine Tondelier.

0:31
Présentateur

On commence par le budget de la sécurité sociale qui a donc été adopté hier soir par les députés à 13 voix. Je ne m'y attendais pas qu'on commence par là. C'est une grosse surprise. Est-ce que c'est une victoire pour Sébastien Lecornu cette adoption ?

0:41
Marine Tondelier

Je ne sais pas vraiment qui gagne à la fin avec ce PLFSS parce que vous voyez bien que la méthode de Lecornu qui consiste à ménager la chèvre et le chou en permanence, à faire voter des amendements avec la gauche, d'autres avec la droite et l'extrême droite, conduit à la fin à quelque chose qui n'est pas satisfaisant, il faut le dire en tout cas, qui ne satisfait sûrement pas les écologistes. C'est un marché puisque vous êtes abstenus les écologistes. Oui, alors s'abstenir ce n'est pas être content et trouver qu'on a un formidable texte, sinon nous aurions voté pour.

Moi tout ce que je peux vous dire c'est que je ne suis pas parlementaire, donc je ne vote pas ni à l'Assemblée nationale ni au Sénat, je ne participe même pas à de rares exceptions près au rayon de groupe où sont décidées les positions de vote, mais j'ai toujours fait confiance en mes parlementaires, je suis très en soutien des décisions qu'ils prennent parce que forcément ce sont les bonnes, et après de longues délibérations souvent, parce que c'est des moments où il faut prendre ce temps de se poser, d'analyser à froid et de voir ce qu'il faut faire.

Et en tout cas, moi je suis extrêmement fière de constater que les écologistes ont permis de jouer le rôle d'une force d'interposition finalement entre Emmanuel Macron, entre ses gouvernements et les Françaises et les Français de l'autre côté. C'est ça que nous avons fait, parce que moi j'entends certains sur les réseaux sociaux ou dans les messages que je reçois dire, voilà, le PLFSS c'est à cause de vous. Il faut quand même que chacun se rende compte entre le PLFSS de départ, ce que le gouvernement voulait faire et ce qui va être réellement fait, ce qui a bougé.

Dans les téléspectateurs qui nous regardent ce matin ou qui regarderont ensuite la séquence, il y a sans doute des personnes qui sont au minima sociaux. Et donc les personnes qui sont au RSA par exemple, les personnes qui sont à ce qu'on appelait avant le minimum vieillesse, les personnes qui sont à l'allocation adulte handicapé, où il y a une allocation équivalente pour les enfants également, les personnes qui sont des aidants, qui ont aussi une allocation, les personnes qui bénéficient de l'aide d'urgence pour les femmes victimes de violences, toutes ces personnes, leur aide allait être gelée. C'est-à-dire que le coût de la vie augmente, mais vous, votre minima reste.

Eh bien nous avons fait en sorte que ce ne soit pas gelé. Je pense ensuite aux personnes qui allaient partir à la retraite, donc de la génération 1964, la fameuse, et des générations suivantes, qui vont gagner trois mois. Alors est-ce que ça fait une abrogation de la réforme des retraites ? Non. Mais écoutez, c'est quand même trois mois de gagné pour des centaines de milliers de Français. Ensuite, il y a les personnes qui vont pouvoir bénéficier du congé parental, qui est une nouveauté. Il y a des personnes qui auraient dû, si on avait écouté le Sénat, travailler, tous les travailleurs, 12 heures de plus par an.

Il y a les personnes qui allaient, les apprentis par exemple, qui allaient avoir une augmentation des cotisations pour les apprentis.

3:18
Invité

Vous nous dites que vous avez sauvé ce que vous vouliez sauver.

3:22
Marine Tondelier

Monsieur, pour une fois qu'on a des bonnes nouvelles, je vais aller au bout. Il n'y en a plus beaucoup. Donc voilà, les franchises médicales allaient être doublées pour les Français. 2,3 milliards de coûts pour les Français, les franchises médicales, évidemment en priorité pour les plus malades. Et puis, j'en ai oublié une, parce qu'il y avait beaucoup de choses. Il y avait une augmentation qui allait être prévue de la CSG pour les apprentissages. Je l'ai dit, ça allait être supprimé. Et il y a aussi le fait que les chèques vacances ou vos tickets restaurant allaient être soumis à cotisation. Ça aussi, c'est enlevé. Bon, c'est quand même pas mal de choses.

3:48
Présentateur

Vous avez oublié l'augmentation du budget de l'hôpital. C'était aussi... J'allais arriver là-dessus. C'était un critère important.

3:52
Marine Tondelier

Tout ça, en fait, c'est des choses qu'on a empêchées. Et puis, ultime négociation à la fin, parce que ce n'était pas possible de dire, comme d'habitude, on n'augmente pas assez le budget de l'hôpital. Et donc, ils doivent faire plus avec moins d'argent. Même quand c'est un hôpital, même à budget constant, vous voyez bien que comme le coût de la vie augmente, c'est toujours les soignants qui font la verbe d'ajustement et depuis trop longtemps. Et donc, nous avons obtenu à la fin plus de 3,8 milliards d'euros pour Londam, pour les dépenses d'assurance maladie, donc pour l'hôpital et aussi pour les soins de ville, par rapport à la copie initiale du gouvernement.

Et donc, est-ce qu'à la fin, on trouve que c'est un PLFSS parfait, que c'est comme ça que l'on réécrit ? Sûrement pas. En fait, la casse continue. Nous avons réussi à l'amoindrir. Mais maintenant, ce que nous voulons, c'est reconstruire cette sécurité sociale. Et c'est pour ça que quand on dit aux gens « Tenez bon, nous arrivons », ce que je dis depuis des mois, à la fin de chaque rendez-vous, « Tenez bon, nous arrivons », ça ne veut pas dire « Bon, nous, jusqu'à 2027, on prépare 2027 en attendant, c'est l'hécatombe ». Tout ce qu'on peut faire pour alléger les souffrances des Français, on le fait, et même je dis, c'est notre responsabilité.

La politique, ce n'est pas de s'en laver les mains, en disant « Écoutez, moi, je suis privilégiée, je suis un peu tranquille, je ne suis pas au minima sociaux, les franchises, j'ai les moyens de les payer, donc nous, on prépare 2027 ». Non, on se bat quotidiennement dans les villes écolos, par les parlementaires écolos, je suis très très fière.

5:04
Présentateur

Mais chez les écolos, il y a eu des voix pour, il y a eu des voix contre, il y a eu majoritairement des abstentions. Vous auriez voté quoi, vous ?

5:09
Marine Tondelier

Non, alors, je précise quand même qu'on a un groupe écologiste où il y a plusieurs parties. Donc, quand on regarde les adhérents de mon mouvement, les députés, les écologistes, il y en a deux qui ont voté pour, deux qui se sont abstenus, tous les autres, pardon, deux qui ont voté pour, deux qui ont voté contre, tous les autres se sont abstenus. Et donc, voilà, avec des personnes, dont celles qui se sont abstenues, dont ce n'était pas le premier choix, mais qui ont dit, le groupe, majoritairement, on a décidé ainsi, donc pour être lisible, on accepte. Mais vous seriez abstenue, vous auriez voté quoi ?

Moi, j'aurais suivi, oui, la majorité du groupe parce que, en tant que secrétaire nationale, en plus, je n'allais pas dire, bon, alors, je vous laisse tous vous abstenir et puis moi, je vais voter contre. J'ai cité toute la journée que je suis plus radicale que vous.

5:45
Présentateur

En disant que votre présidente de groupe,

5:46
Marine Tondelier

ce n'est pas le choix du cœur et des tripes, c'est le choix de la raison ? Ah ben, il est évident que ce n'est pas le choix du cœur et des tripes et que c'est le choix de la raison. Mais moi, voilà, Cyril Châtelain, je sais à quel point, en plus, ce n'était pas… Enfin, ça a été un long cheminement pour tout le monde que, il faut le dire très clairement, et M. Lecornu le sait, c'est pour ça qu'il l'a fait d'ailleurs, sans cette augmentation de l'ondame, on votait contre. Mais donc, vous ne l'avez pas répondu, est-ce que c'est aussi une victoire de la méthode Lecornu, de la démocratie parlementaire,

6:11
Présentateur

de l'absence de 49-3 ?

6:13
Marine Tondelier

Cette méthode Lecornu ne me satisfait pas à ce que je veux souligner, c'est que c'est quand même un aboutissement du renoncement au 49-3. Et donc, je le dis pour les personnes que je comprends parfaitement, qui disent, mais à quoi ça sert d'avoir voté NFP à l'été 2024 ? C'est sûr, moi, je maintiens, s'il y avait une censure, je pense qu'on la voterait à nouveau, on aurait dû être à sa place. Ça n'est pas nous. On aurait pu dire, bon, si c'est ça, on se résigne, on arrête tout. On a maintenu une pression constante chez les écologistes, qui fait que M. Lecornu, pour tenir, a dû renoncer au 49-3.

S'il y avait eu un 49-3, on n'aurait pas eu toutes ces avancées ou toutes ces choses qu'on a pu éviter parce qu'on aurait fait un semblant de débat, tout ce qu'on avait gagné, paf, 49-3, deuxième délibération.

6:55
Présentateur

Mais bon, vous avez du mal à dire qu'il a eu la bonne méthode. Ce n'est pas ce que vous pensez ?

6:58
Marine Tondelier

Non, mais moi, je le remercie sur une chose, c'est d'avoir renoncé au 49-3. Mais ce que nous avions prévu de faire aussi est ce que nous demandions. Donc, c'était en fait une première victoire des écologistes et de la gauche. Et on voit bien que le fait de renoncer au 49-3 fait que le Parlement joue son rôle. Alors, parfois, pour le meilleur et pour le pire, ça, c'est le jeu parlementaire. On ne peut pas dire que c'est bien le parlementarisme quand on gagne et ce n'est pas bien quand on n'est pas majoritaire. Moi, je me battrais pour qu'en 2027, nous ayons un gouvernement de gauche et écologiste et une majorité parlementaire large qui nous permettra d'améliorer vraiment la vie des Français.

En attendant, on est COP. Et on fait tout ce qu'on peut et tout ce qu'on peut faire pour soulager les Français, pour leur épargner des souffrances parlementaires. Notre rôle politique est de le faire et moi, je serai toujours à leur côté.

7:36
Présentateur

– Et votre choix et le choix des socialistes a été largement critiqué par la France insoumise qui vous accuse de trahir les électeurs du nouveau Front populaire qui vous ont élus sur ce programme. Qu'est-ce que vous leur dites ?

7:45
Locuteur

– Je ne leur réponds pas.

7:46
Marine Tondelier

– Rien à dire ? – Je ne perds plus le temps.

7:48
Invité

– Vous êtes fâchée, vous êtes fâchée.

7:49
Marine Tondelier

– Non, je ne suis pas fâchée. Je suis concentrée sur les bons arguments et sur les bons éléments.

7:54
Invité

– Et sur la…

7:54
Marine Tondelier

– Vous voulez à tout prix prendre tout mon temps de parole pour parler de l'AFI ? – Non, non, non, j'ai une question. – Ils ont pris quasiment tout leur temps de parole hier soir pour critiquer les socialistes et les écologistes. – Et là, c'est le mien, voilà. – Ça veut dire que la fracture… – J'ai des ennemis dans ce pays, je sais qui c'est. Je ne me trompe pas d'adversaire. – Et ce n'est pas eux ? – J'ai compris que j'étais leur ennemi, je ne perds pas de temps avec ça. – La fracture, elle est définitive, là ? – Silence.

8:17
Présentateur

– Oui, donc quand même un peu.

8:18
Marine Tondelier

– Ah non, vous allez voir, je suis très obstinée, très étonnée. C'est comme notre négociation avec M. Lecornu.

8:22
Présentateur

– Jean-Philippe Tanguy, là, je sens que vous allez être plus loquace. Jean-Philippe Tanguy, il vous a qualifié de pire sociotraite de tout le paysage politique. – Oui, bien sûr.

8:30
Marine Tondelier

Bien sûr, mais écoutez, je le prends venant d'eux comme un compliment parce que s'il disait du bien de moi, là, je serais vraiment très désarçonnée. Le fait qu'il ne soit pas content me conforte dans ma position et je vais vous dire, je ne prends pas de leçon du Rassemblement National qui, l'année dernière, a été la bouée de sauvetage de M. Barnier pendant des semaines et des semaines, je le rappelle, qui, là, en fait, est fâché parce qu'ils ne sont plus dans une négociation de rien et qu'ils n'ont rien gagné pour les Français, ils n'ont servi à rien, voilà, à rien. Et donc, quand on sert à rien, qu'est-ce qu'on fait ?

Des moulinets avec les bras pour essayer d'attirer l'attention et d'en retirer un quelconque gain qu'ils n'ont pas eu. Et puis, je rappelle quand même qu'avec le Rassemblement National, on n'est jamais déçus, c'est-à-dire qu'ils passent leur campagne électorale à dire à quel point ils sont aux côtés des Français, qu'ils vont les protéger, etc. Ils ont protégé à quel moment ? Quand ils ont refusé de taxer les plus riches ? Quand ils ont refusé de garantir aux Français qu'ils pourraient partir pour certains trois mois plus tôt en retraite ? Je ne comprends pas leur stratégie. Il n'y a rien à en retirer, il n'y a aucun gain pour les Français dans ce qu'ils ont fait.

Ils ne servent à rien, donc ils peuvent s'énerver. Ça démontre plutôt leur fébrilité. Vous comprenez le choix de… Oui, moi, je suis très sereine ce matin.

9:35
Présentateur

Vous comprenez le choix d'Olivier Ford d'être allé jusqu'à voter pour

9:38
Marine Tondelier

ce budget de la Sécurité sociale ? Non, pour nous, le vote pour était inconcevable. Donc voilà, ce n'est pas du tout la position des écologistes. Après, comme je vous l'ai dit, j'ai décidé de dédier mon temps de parole maintenant à ne pas critiquer mon grand politique. Et si tout le monde… Non, mais là, sans critiquer, est-ce que vous comprenez

9:54
Présentateur

que les socialistes ont dit, voilà, on a eu ce qu'on voulait, on a obtenu des victoires, il y a eu des renoncements, vous nous les avez énumérés, donc du coup, le vote pour ce budget pour qui passe ?

10:03
Marine Tondelier

C'est un moment conduit à l'abstention, moi, j'aurais été incapable de voter pour ce projet de financement de la Sécurité sociale, parce que voter pour, ça veut dire qu'on soutient cette politique, nous ne soutenons pas cette politique. Nous actons juste que nous avons quand même déminé un certain… enfin, les trucs les plus injustes qui étaient dans ce texte, on a réussi à les enlever. Et donc, si vous n'êtes pas capable, quand vous obtenez autant de choses, de vous abstenir plutôt que de voter contre, vous exonérez dans les prochaines discussions votre capacité à obtenir des choses pour les Français. Mais de là à voter pour, non, je ne le comprends pas.

Ça n'a pas été notre raisonnement, en tout cas, et je pense que ça ne va pas l'être jamais. Donc, pas sur le budget, tout quoi ? Qu'on vote pour le PLF, non, ça, c'est sûr que… Et vous pourriez vous abstenir sur le PLF, sur le projet de loi de finances ? Écoutez, sur le projet de loi de finances, on avait eu la discussion, je pense, ici même, il y a quelques semaines. Pour le coup, l'Assemblée nationale n'a même pas examiné les dépenses, tellement on a passé de temps sur les recettes. Et donc, je le dis aux Français, on n'a pas beaucoup parlé de ce qu'il y avait comme horreur dans les dépenses du PLF, parce que ça n'a pas été examiné à l'Assemblée, c'est en ce moment le cas au Sénat.

Et moi, je suis très choquée. J'étais hier dans un parc national, le parc national de Forêt, en Haute-Marne, parce que j'ai entamé, en tant que candidate à la présidentielle, un tour de France des victimes du projet de loi de finances. Donc, j'étais lundi, premier jour, tenez bon, nous arrivons, jour 1, sur un chantier d'insertion, parce que ce projet de loi de finances fait que sur les 300 000 personnes dans ce pays qui bénéficient d'un poste dans un chantier d'insertion, donc des personnes en chômage de longue durée, au RSA en situation de handicap, de grande précarité, eh bien, il y en a 60 000 sur les 300 000 qui n'auront plus cette possibilité à cause du PLF.

Ça ne veut pas juste dire qu'il n'y a pas de nouvelles personnes qui rentreront dans le dispositif, ça veut dire que très concrètement, dans chaque département, on va devoir expliquer à un tel, un tel, un tel, qui bosse depuis des mois dans une structure, que son contrat s'arrête. On va le renvoyer au RSA, on va le renvoyer dans la précarité, en plus avec un gouvernement qui dit non mais nous le RSA, on supprime la prime de Noël parce qu'on trouve que, voilà, ça ne les pousse pas assez au travail. Ah bon ? Donc, il faut que les gens soient poussés au travail et ceux qui trouvent un travail et à qui on met le pied à l'étrier, on les renvoie dans cette situation-là. C'est incompréhensible.

Les parcs nationaux où j'étais hier sont dans une situation financière difficile, mais comme toutes celles et ceux qui s'occupent d'écologie dans ce pays, encore plus de biodiversité. Et moi, quand je vois que sur le fond vert, je dis à ceux qui nous regardent, le fond vert, c'est quoi ? C'est de l'argent qui permet à vos collectivités de s'adapter au changement climatique, de préparer, en fait, des risques inondations, par exemple, en aménageant des berges. C'est fondamental. Tout le monde a compris en 2025 qu'on avait un problème avec ça. Eh bien, le fond qui sert à adapter les territoires, divisé par deux l'année dernière, par deux encore cette année, divisé par quatre en tout.

Donc, je sens qu'un de mes prochains déplacements de tous les bons vous arrivons de ce Tour de France des victimes du PLF va porter sur le fond vert. Et puis, j'irai voir des gens qui sont en précarité énergétique et qui n'arrivent pas à payer leur facture parce qu'on a baissé ma prime rénov'. Et puis, j'irai voir des gens qui dénoncent la perte du passeport. Et puis, j'irai voir des MJC. Ce Tour de France va être très, très long. Je pense que j'en ai jusque la fin de la campagne présidentielle, quasiment.

12:57
Invité

Mais nous serons à leur côté. Tenez bon, nous arrivons. – Pour en revenir une seconde sur le vote de compromis d'hier, selon les experts, il conduit à une augmentation de la dette à hauteur de 20 milliards d'euros. Que doit-on en penser ?

13:11
Marine Tondelier

– Alors, je vous réponds très, très clairement que ce que vous dites est de la responsabilité du gouvernement. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas accepté les compromis sur la partie recettes. Et donc, quand vous refusez de taxer les plus riches, quand vous mettez beaucoup d'exonérations, 80 milliards, je pense que c'est le chiffre que Yann Brossat vient de dire. Je l'écoutais en attendant que ce soit à mon tour. Bon, et bien forcément, ça grève les recettes. Donc, à dépenses constantes, ça fait plus de déficit. – Il pourrait vous rétorquer

13:39
Présentateur

que vous, en n'acceptant pas le doublement des franchises médicales, vous grèvez aussi le...

13:43
Marine Tondelier

– Oui, on protège les Français. On estime que c'est plutôt à celles et ceux qui ont les moyens de payer qu'à celles et ceux qui sont malades. Ça, je revendique cette position, je vous le confirme. Mais vous voyez, sur les exonérations, en fait, ce qu'il faut aussi dire, c'est que normalement, quand vous faites... L'État fait une exonération sur... décide une exonération sur une cotisation. Normalement, il compense pour la sécurité sociale. Et là, il le fait imparfaitement. C'est-à-dire qu'en fait, ce budget de la sécurité sociale, il est aussi un peu artificiellement en déficit parce que l'État ne verse pas à la sécurité sociale toutes les compensations qu'il devrait.

Et nous, c'était aussi un point fort de négociation avec le gouvernement parce que c'est trop facile de dire, ah bah regardez, il y a autant de déficits, donc il faut donner au privé un certain nombre de choses, aller hop, retraite par capitalisation, etc. C'est une manière très artificielle pour nous de présenter les choses.

14:26
Présentateur

– Vous venez d'être désignée, Marine Tonnelet, candidate des écologistes à la primaire de la gauche. Elle aura lieu, cette primaire ?

14:31
Marine Tondelier

– J'y compte bien. J'y compte bien. Donc non seulement elle aura lieu, mais en plus, les écologistes qui y auront été pour beaucoup parce que cette primaire, nous l'aurons arrachée, nous nous serons battus pour, comme avec M. Lecornu, et quand elle aura lieu, les absents auront tort, c'est tout. Il reste quelques mois, elle aura lieu à l'automne 2026.

14:47
Invité

– Ça c'est acté. – Ça c'est acté. – Mais avec qui ? – Est-ce qu'elle aurait du sens sans Raphaël Glucksmann ?

14:54
Marine Tondelier

– Vous parlez des absents justement,

14:56
Invité

c'est pour ça.

14:56
Marine Tondelier

– Les absents auront tort. Je ne suis pas Raphaël Glucksmann, donc c'est à lui qu'il faut demander de venir et pourquoi il ne vient pas. Moi je pense que tout le monde devrait y participer. Après je n'ai pas un pouvoir

15:07
Présentateur

de contraintes sur les gens

15:09
Marine Tondelier

et c'est tant mieux, moi je suis pour le consentement. – C'est de qui à qui tout le monde ? – Moi je suis pour que la gauche et les écologistes aient une candidature unique à la présidentielle, mais ça n'est pas juste ma position à moi.

15:18
Présentateur

– Mais à côté de celle de Jean-Luc Mélenchon ?

15:19
Marine Tondelier

– Attendez, je vous donne ma position idéale, candidature unique de la gauche et des écologistes, ce qui n'est pas juste mon avis personnel ou juste celui des écologistes, c'est ce que demandent 72% des électeurs du nouveau Front populaire. Voilà, et bien nous sommes ces 72%, nous sommes avec eux et nous faisons en sorte de l'arrivée. Il est très probable qu'on n'y arrive pas, qu'il n'y ait pas une candidature unique. Donc s'il n'y a pas une candidature unique, prenons acte que Jean-Luc Mélenchon a l'air vraiment de ne pas vouloir venir, c'est la vie, et bien alors faisons une candidature commune. Ce n'est pas parce que Jean-Luc Mélenchon ne vient pas que personne ne doit venir.

D'ailleurs, celles et ceux qui ont l'air très obsédés par Jean-Luc Mélenchon ne peuvent pas dire « Ah ben voilà, s'il ne vient pas, je ne viens pas non plus. » Alors s'il vient, ils veulent venir eux ou pas. Raphaël Glucksmann, dis-nous ta réponse de Raphaël Glucksmann. Arrête de parler de Jean-Luc Mélenchon tout le temps. Fais comme moi, tu gagneras du temps de parole. Donc voilà, la question est simple. Mais je le dis, ce qui se passe est très clair. Moi je vais être candidate à la présidentielle. J'ai décidé que cette candidature, c'est la position très très large de mon mouvement, passera par cette primaire.

Si je la gagne, j'en serai honorée et je mettrai toutes mes forces dans la bataille pour gagner. Et si je ne gagne pas, je serai très triste. Mais je soutiendrai immédiatement à la personne qui a gagné. Pourquoi ? Premièrement, parce que c'est les électeurs de la gauche et des écologistes qui auront décidé qu'elle est la mieux placée. Et je leur fais confiance. Qui de mieux placé que nos propres électeurs pour savoir qu'ils ont envie de les voir représentants à la présidentielle. Et deuxièmement, parce qu'une candidature, peut-être pas unique, mais commune à la présidentielle, produit un effet très simple. L'assurance, l'assurance d'être au deuxième tour de la présidentielle.

Ça fait tellement longtemps que ce n'est pas arrivé que certains de nos électeurs n'ont jamais connu ça de leur vie d'électeur. Et donc, on doit leur permettre. Alors, est-ce que... Pardon,

17:01
Présentateur

mais si à Jean-Luc Mélenchon et votre candidature commune, il n'y a aucune assurance d'être au second tour de la présidentielle. Ah si. Pour vous s'assurer.

17:07
Marine Tondelier

Je pense qu'une candidature commune hors Jean-Luc Mélenchon est forcément au deuxième tour. Parce qu'il y aura un appel à l'unité. Nos électeurs sont unitaires. Vous pensez que ce sera vous le vote utile ? Les électeurs de 2022 de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas des électeurs qui appartiennent à Jean-Luc Mélenchon et qui suivront Jean-Luc Mélenchon jusqu'au bout du monde. Ça n'est pas vrai. C'est des électeurs qui ont voté pour Yannick Jadot aux Européennes de 2019, qui pour certains ont voté pour Raphaël Luxman aux élections européennes de 2024, qui peut-être votent pour des listes unitaires aux municipales.

Voilà, c'est des gens qui sont unitaires et qui ont considéré au dernier moment de 2022, on le voit dans l'évolution des sondages, à un moment, ils ont considéré que Jean-Luc Mélenchon était le mieux placé pour être au deuxième tour. Ce sont des électeurs qui veulent que la gauche soit au deuxième tour. Et je pense qu'entre Jean-Luc Mélenchon seul vu qu'elle soit rassembleuse. C'est pour ça que je me présente également. J'ai bien compris qu'il y a des insoumis qui ne voulaient plus jamais de leur vie voter socialiste. Ils le disent tous les jours. Je pense qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Mais c'est une position très ferme et très affirmée.

J'ai compris aussi qu'il y avait des électeurs plutôt sociodémocrates qui ne voulaient plus jamais voter pour Jean-Luc Mélenchon. Nous, on vous propose une candidature écologiste dont je n'ai pas entendu la moitié des électeurs de gauche dire jamais de ma vie, plus jamais, je ne voterai écologiste.

18:22
Présentateur

Il y a une autre candidature écologiste et celle d'Elphine Bateau pour conjurer une réquiquisation et une disparition de l'écologie mais elle, elle ne veut pas de primaire.

18:30
Marine Tondelier

Qu'est-ce que vous en dites ? J'aime beaucoup Delphine Bateau. Je ne suis pas du tout d'accord avec elle sur plein de choses mais je trouve qu'elle est très forte techniquement sur les sujets écologiques. Je suis très contente qu'elle soit députée et deux, dans notre groupe. Je le dis, elle le sait et je le redis au cas où elle ne le sait pas. Mais je trouve qu'il ne faut pas intérioriser notre faiblesse. Dans sa déclaration de candidature, elle dit en fait la participation à la primaire par les écolos c'est une invisibilisation de l'écologie parce que ce ne sera pas eux à la fin. Ah bon ? Donc, elle ne croit pas en nous.

Et je ne vois pas à quel moment on ne serait pas capable de gagner la primaire mais par contre, la présidentielle, oui. C'est-à-dire que si on pense qu'on ne peut même pas gagner la primaire alors on arrête tout de suite, on fait autre chose. Moi, je pense que nous pouvons gagner cette primaire et je me suis battue pour qu'elle existe et je pense que les électeurs savent aussi que cette primaire, si elle a lieu, ce sera en grande partie grâce aux écologistes.

19:18
Présentateur

Ça commence comme l'échec de l'écologie municipale.

19:21
Marine Tondelier

Ah ben, vous êtes là pour me déprimer ce matin. Écoutez, j'entends ça beaucoup dans les éditos en ce moment et je vous dis une chose, c'est la rançon de la gloire. Il n'y a que celles et ceux qui ont gagné beaucoup de villes qui peuvent risquer d'en perdre. Donc, on va dire qu'on va considérer ça positivement. La position de risque dans laquelle nous sommes. J'ajoute que la plupart des grandes villes que nous avons gagnées, nous les avons gagnées à la droite et au centre. Et donc, ce n'est pas pareil d'être maire d'une ville qui avait voté à droite avant que d'être maire de villes comme Nantes ou Rennes, qui sont des villes socialistes qui ont toujours quasiment été à gauche.

C'est sûr que le défi, il est supplémentaire. L'écologie, c'est souvent un défi. Donc, j'entends partout, c'est horrible, c'est très très dur, etc. Mais nous, on a toujours su que ce serait dur. Et nous, quand c'est dur, on n'est pas là les bras ballants en disant c'est trop dur, on arrête. Nous, quand c'est dur, on se bat. Et je suis là aussi hyper fière des maires écolo que j'ai régulièrement au téléphone et qui font preuve d'une détermination, peut-être que certains aimeront pas ce terme, je m'excuse par avance, mais ils ont envie d'en découdre. Ils sont là, attendez, nous, on a des bilans solides.

On s'est battus pour vous, on revendique ces bilans et on va vous l'expliquer pendant trois mois. On va être sur le terrain, on va défendre ces bilans. Et je précise juste une petite chose avant de prendre votre question, c'est qu'il y a plein de militants qui sont en ce moment sur le terrain, en campagne, que je soutiens au quotidien, je continue les déplacements semaine après semaine pour les soutenir, qui me disent mais nous, on entend à la télé, mais dites-leur, je le dis, que nous, l'accueil est excellent.

C'est-à-dire que parfois, en Garnathé, on est déprimé et ensuite, on va sur le terrain et les gens disent continuez, ne les écoutez pas, nous, on n'avait même pas forcément voté pour vous la fois dernière, mais là, on sera là, la vie a changé, merci.

20:58
Invité

– Ça, c'est sur la forme. Vous jouez gros, on peut parler de Lyon, on peut parler de Grenoble, on peut parler de Strasbourg, notamment. – Et puis le Bordeaux, de Poitiers,

21:06
Marine Tondelier

de Tours, de Besançon, si on est tous, comme ça, il n'y aura pas de jaloux.

21:08
Invité

– Absolument. Quel bilan vous comptez présenter ? Vous qui êtes secrétaire nationale pour ces municipales, quel bilan vous souhaitez défendre ?

21:18
Marine Tondelier

– Un bilan de transformation de ville, c'est-à-dire que ça n'a pas été des maires qui étaient dans leur pantouche, sur leur canapé, en train de dire, bon, je vais en faire le moins possible, comme ça, je ne fâcherai pas trop de gens. C'était des mandats de transformation avec des choses extrêmement courageuses, audacieuses mises en place qui sont des paris réussis. Je vous donne un exemple. l'ordonnance verte à Strasbourg. La mairie Strasbourg qui dit on donne un panier bio offert à toutes les femmes enceintes chaque semaine. C'est une mesure qui est bonne pour la santé.

De la maman, du papa, de l'enfant à naître et les bonnes habitudes qu'on prend pendant la grossesse, souvent on les garde toute sa vie. C'est une mesure très sociale. C'est une mesure qui parle de l'alimentation, qui est un sujet très transversal aussi, qui pour moi est fondateur dans les politiques publiques et donc on ne s'occupe pas assez. – Et d'agriculture. – C'est aussi de l'argent pour l'agriculture. C'est 650 000 euros par an qui sont réinjectés dans l'agriculture de qualité et donc soutien aux agriculteurs, je ne le rappellerai jamais assez. Cette mesure, elle est testée et approuvée à Strasbourg.

Aujourd'hui, elle est mise en place, elle commence à être mise en place dans plein d'autres territoires, des grandes villes, des toutes petites villes, des agglos, des territoires ruraux. Pourquoi ? Parce que nous menons des politiques inspirantes. Là, je vous prends un exemple que je développe, mais je peux vous parler des villes à hauteur d'enfant, c'est-à-dire se mettre à la place d'un enfant. En disant, tu as 6 ans, qu'est-ce que tu penses de cette ville ? Parce qu'à 6 ans, tu n'es pas exposé pareil au gaz d'échappement des voitures. Tu as une vie différente dans l'adulte. Donc, il y a les enfants, par exemple, ils disent, moi, je n'ai plus de bancs entre chez moi et l'école.

Ah bah oui, parce que la droite, vous savez ce qu'ils font ? Ils disent qu'il y a trop de SDF sur les bancs. Donc, au lieu de s'occuper qu'il y ait moins de SDF, eux, ils suppriment les bancs. Donc, les villes à hauteur d'enfant, c'est super. Les rues aux écoles, dire devant les écoles, on piétonnise. Comme ça, ta maman, elle reste, tu joues au ballon avec tes copains, elle discute. Ça change la vie, ça protège la santé aussi. Des repas bio et locaux dans les cantines, des arbres plantés. Le nombre d'arbres plantés dans les villes écolo me rend très très fière. Un mot, Marine Tondelier ? Trois vacances pour tous. Enfin bref, il y a plein de choses. Lutte contre le changement climatique.

Un mot sur Paris. Pollution de l'air.

23:10
Présentateur

Un mot sur Paris. Est-ce que les écologistes doivent s'allier

23:12
Marine Tondelier

avec les socialistes dès le premier tour ? J'ai vu que vous avez cuisiné. C'est pour ça que je parle d'alimentation. Yann Brossat avant moi et je n'ai pas grand-chose à vous dire de plus que lui.

23:21
Présentateur

Il faut la question, lui aussi. Est-ce que les écologistes ont accepté l'accord dès le premier tour avec les socialistes et les économistes ?

23:25
Marine Tondelier

Ce n'est pas moi qui décide et sûrement pas sur un plateau télé. C'est David Béliard, notre chef de file avec toute son équipe qui mène cette négociation avec un appui aussi du mouvement national, je le dis parce que c'est notre rôle. Justement. Une subsidiarité, c'est les paris. Est-ce que vous l'encouragez à accepter l'accord ? Nous l'aidons là où nous pouvons aider. C'est ça notre attitude dans toutes les villes écologistes d'ailleurs, ce qui a permis de sceller déjà des accords dans un sens ou dans l'autre dans beaucoup de villes de France.

Après, ce que j'ai dit très clairement aux socialistes, je vais le redire ici, ça leur fera un petit rappel en toute amitié, c'est que, vous savez, on a dit au début des municipales les écologistes sont pénibles parce que comme ils ont la subsidiarité, c'est les adhérents de leur ville qui décident, du coup, ça ne va jamais marcher. Et puis nous, comme c'est le national qui décide, on va devoir les aider alors qu'eux, ils ne le feront pas. Nantes, Rennes, des villes socialistes où nous ne sommes jamais partis ensemble au premier tour. Jamais. On est toujours partis ensemble, séparés au premier tour, ensemble au deuxième tour, on bosse ensemble.

Nous, les adhérents locaux, après des discussions, etc., exigeantes, ont décidé de soutenir les maires socialistes de Rennes et de Nantes au premier tour. À Paris, il y a des discussions quand même bien avancées. À Saint-Étienne, à Toulouse, à Amiens, on soutient, dans des villes de droite, des candidats socialistes dans des villes très gagnables parce qu'on considère qu'ils peuvent gagner. Eh bien, avec la subsidiarité, on a réussi à faire tout ça. Donc, je me tourne vers mes amis socialistes en leur disant pourquoi l'accord n'est pas encore signé à Besançon derrière la maire écologiste, pourquoi à Bordeaux, à Tours, ça a pris autant de temps et c'est en train de se faire.

Mais voilà, d'ici la fin de la semaine, il faut que ça atterrisse. Et je leur dis aussi, dans les villes de conquête, les villes qui peuvent basculer, qui sont pour moi un vrai objectif, on ne peut pas juste se battre en défense pour garder nos villes, dans les villes de conquête comme Metz, comme Lorient, où les écologistes sont clairement les mieux placés pour l'emporter, pourquoi vous ne nous soutenez pas encore ? Comme ils le font, par exemple, à Fécamp, où le maire socialiste, celui d'avant, a décidé de soutenir la candidatée écologiste considérant qu'elle était la mieux placée.

Donc, je veux que cet accord, localement, il soit exigeant, c'est notre travail, c'est en cours, mais nationalement, il doit être équitable. Et aujourd'hui, on n'y est pas encore tout à fait, mais on y travaille. Et je sais que les socialistes aussi, n'ont pas compris. Merci Marie de Tondelier. Mais ce n'est pas juste pour nous, c'est pour les gens qui vivent dans ces villes à la fin, vous l'avez bien compris.

25:30
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.