Après le discours de politique générale
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Alors, ce discours de politique générale de Gabriel Attal au milieu de la crise agricole, bien sûr, nous allons le décrypter ensemble en insistant notamment sur les points importants, les trois mots clés, peut-être désmicardiser, débureaucratiser, déverrouiller. Nous reviendrons sur les réponses aux agriculteurs, nous verrons comment ils l'ont reçu. Gros volet éducation, là aussi avec les syndicats enseignants, volet médecine aussi, naturalisation des médecins étrangers, sanctions lors des rendez-vous non annulés. Un pays qui ne doit pas douter, a dit le Premier ministre, j'ai confiance, un pays qui bouge en guise de fin de discours, aucune raison de céder à la fatalité.
Un Premier ministre tourné, comme il l'était lors de son discours de passation de pouvoir, tourné vers les classes moyennes. Nous avons des invités autour de la table, évidemment. Nous aurons au téléphone les premiers concernés par certaines annonces, certaines mesures. On vous attend, vous aussi, pour commenter avec nous. C'est le téléphone sonne et soyez les bienvenus. Carole, vous êtes la première et vous êtes la bienvenue. Bonsoir. Carole. Bonsoir. Ah voilà, bonsoir Carole. On vous écoute.
Oui, merci. En fait, j'avais laissé un petit message vocal sur votre WhatsApp. Mais donc, la teneur de mon message, c'était vraiment l'impression d'avoir un Premier ministre qui plagiait beaucoup les idées de la gauche et également de la droite, d'ailleurs. Enfin, c'est toujours un peu ce mouvement de balancier entre gauche et droite, plutôt droite, d'ailleurs. Mais je pensais plus particulièrement à la réponse à la crise agricole et donc la volonté d'une exception agriculturelle qui est vraiment une idée de la gauche. Voilà. Donc, qui est une idée recyclée par le gouvernement, par Gabriel Attal et comme ça l'a été d'ailleurs pour la planification écologique.
La planification écologique, c'était au programme de la France Insoumise, de LFI, lors de la présidentielle 2022. Voilà. Donc, moi, ça me fait un peu l'effet, je ne sais pas comment dire, mais oui, d'un plagiat. Et puis, si on va finalement de l'autre côté d'échiquier politique, tout ce qui est annoncé, la fin de la SS, lever, on va dire, les verrous des normes, etc. Là, on est très à droite. Voilà. Donc, c'était un petit peu ce que m'avait, enfin, l'impression que m'a fait le discours du Premier ministre.
Eh bien, merci, Carole. Merci pour vos impressions. Merci pour ce premier appel et d'entamer la discussion que nous allons avoir ensemble jusqu'à 20h autour de la table. Il y a Mathieu Plannes. Bonsoir, Mathieu Plannes. Bonsoir. C'est des économistes, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Yael Gauze est avec nous également. Bonsoir, Fabienne. Bonsoir à tous. Le chef du service politique de France Inter, c'est vous. Et au fur et à mesure, avec les invités divers, nous parlerons agriculture, nous parlerons éducation, nous parlerons aussi santé. Yael Gauze, moi, je trouve ça intéressant ce que nous dit notre auditrice.
La tendance et la petite voix, depuis qu'il a fini de parler, dit l'inverse sur les emprunts. Elle, elle voit aussi des emprunts de gauche. Comment vous le sentez marcher entre sa jambe droite et sa jambe gauche, ce Premier ministre ?
C'est d'abord, c'est moi-je. C'est beaucoup moi-je. J'agis, j'annonce immédiatement. J'assume. J'assume. Donc c'est Gabriel Attal lui-même, du haut de ses 34 ans, né en 1989, il le dit, et qui se réfère très très peu à des courants de pensée plus anciens, ou à des prédécesseurs, ou à des figures historiques de la gauche ou de la droite. Il ne cite, je crois qu'une seule fois, ses trois prédécesseurs, Castex, Born, Édouard Philippe, dans un même paquet, mais très rapidement. C'est vraiment, l'attalisme en germe. Il a voulu marquer ça, Gabriel Attal. Il y a un côté, attrape-moi si tu peux.
C'était déjà le sentiment qu'on avait avec le bougisme qu'il avait, ses déplacements, tous les jours un déplacement depuis sa nomination, ou presque, avec rencontre avec les Français, la Haute-Garonne sur le barrage, la botte de paille avec le pupitre dessus. Et là, c'est la même chose, mais version discours sur les mots, sur le fond, avec un côté, attrape-moi si tu peux. C'est-à-dire qu'essayer de me classer, ça ne va pas être évident. C'est l'idéologie du pragmatisme.
Avec un côté Macron 2017, on a beaucoup entendu se référer à 2017. Est-ce qu'on dit qu'il y a une espèce de tentative de retrouver l'esprit 2017, ou pas du tout ?
Alors, il a été nommé pour régénérer le macronisme, très clairement. Et puis, c'est la dernière ligne droite. 2027 est une autre histoire, avec d'autres acteurs, d'autres candidats. Emmanuel Macron ne pouvant pas se représenter. Donc, il y a évidemment ici un passage de flambeaux, mais avec une sauce Attal nouvelle, qui va être intéressante à observer, avec beaucoup de moi-jeu. Et puis, quand même, ces pistes un peu brouillées, parce que quand on l'écoute, ça ressemble à du « take back control », qui était le grand slogan britannique du souverainisme, du Brexit. Vous vous souvenez, reprendre le contrôle de son destin.
Et c'est plein de fois dans le discours d'Attal, reprendre son destin en main. Un souverainisme. Et puis, en fait, non. C'est un souverainisme, mais pas à la française, pro-européen. Et là, à la fin, on a une charge absolument forte de campagne contre l'ERN, alors que les mots étaient ceux, par moment, on avait la sensation de mots souverainistes.
Mais alors, du coup, on dit discours de droite, discours de gauche ? Si on donne un pourcentage, on dit quoi ? On dit un quart, trois quarts, demi-demi, mitch-mitch ?
Il n'y a pas de surprise sur le côté, je m'adresse aux classes moyennes qui souffrent, on a les résonances du sarkozisme, toujours. Les mots sont là, mais on n'est plus surpris, parce que depuis la fin décembre, c'était déjà le virage qu'avait pris Emmanuel Macron. Son remaniement a emporté la couleur, avec Catherine Vautrin, Rachida Dati, nommés, venant des Républicains. Huit ministres sur quatorze, venant typiquement des Républicains. Donc, la couleur était donnée, et Gabriel Attal s'inscrit dans un libéralisme économique.
Mathieu Plannes en parlera mieux que moi, mais on a vraiment tous les ingrédients, et puis même le vocabulaire qui va avec, des bureaucratisations, des verrouillages de l'économie, et puis j'en oublie un.
Et des smicardisations, justement, Mathieu Plannes là-dessus. Moi, je voudrais savoir comment vous le lisez, en fait. Ce qu'il dit, lui, en gros, c'est qu'il n'y a plus aucun intérêt à augmenter un salarié au SMIC aujourd'hui. Et c'est comme ça qu'il voit cette desmicardisation. Comment vous le lisez-vous ?
Oui, alors, je pense que d'abord, le cahier des charges est un peu... Il y a déjà un cahier des charges un peu établi par le Président de la République, quand même, qui a fixé les lignes, déjà, dans le grand oral récent. Il y a aussi un enjeu qui est très fort pour le Premier ministre, c'est que, désormais, il y a aussi peu de marge de manœuvre budgétaire et fiscale. Donc, il faut trouver aussi d'autres leviers pour redynamiser l'économie, pour faire que les salaires augmentent, et pas qu'au niveau du SMIC, pour qu'il y ait des créations d'emplois, pour qu'on vienne au plein emploi, pour qu'on baisse des déficits.
Donc, on voit que c'est quand même une opération qui est complexe, surtout quand on n'a pas ces marges de manœuvre budgétaires. Et donc, désmicardiser, ça veut dire aussi, potentiellement, refiler un peu le bébé aux entreprises. Parce qu'au fond, l'État a la main sur le salaire minimum, mais pas sur les salaires qui sont au-dessus. Donc, ça veut dire peut-être aussi aux entreprises de prendre leurs responsabilités pour mieux rémunérer le travail quand vous êtes au-dessus du SMIC. Parce qu'aujourd'hui, on voit, effectivement, un tassement des salaires vers le bas.
Alors, aux entreprises, effectivement, si on leur donne la main là-dessus, on leur dit, non mais vous inquiétez pas, ce que je vous donne, en revanche, c'est le grand chantier de la simplification des normes. Est-ce que c'est une attente des petites et moyennes entreprises, ça, cette simplification ou pas ? Ou alors, on a l'impression que c'est un peu désormais, avec le mot norme d'ailleurs, dans tous les discours, on va parler agriculture dans un instant, mais ça participe de la même chose.
Oui, non, mais disons qu'il y a un petit mystique là-dessus, c'est-à-dire que c'est assez récurrent comme affaire, c'est-à-dire qu'effectivement, on voit bien que cette question des normes, elle est assez importante, elle revient régulièrement, et c'est un peu aussi une façon d'agiter le cocotier quand il n'y a plus grand-chose à faire, même s'il y a certainement des mesures à prendre. Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas s'attendre.
Je rappelle qu'il y a dix ans, François Hollande avait lancé le choc de simplification, donc ce n'est pas quelque chose de tout fait nouveau, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler là-dessus, mais il ne faut pas s'attendre à des miracles du jour au lendemain sur cette question-là, mon ami.
Même Montaigne, au XVIe siècle, se plaignait de l'excès de normes en France, qu'il fallait diviser par cent le nombre de lois, enfin, bref, mais chaque président a eu son moment anti-norme. Dans le discours d'Attal, ce qui transpire aussi, il faudra être attentif à ça, il ne dit pas désétatisation, mais on pourrait se demander s'il n'en manque pas un dans les trois, parce que la guerre aux normes est totale, alors que les normes, certaines protègent aussi, mais il ne le dit pas. Et puis la taxe, anti-taxe absolue, il faut arrêter la taxe, certains ici croient qu'on peut encore taxer, puis vous taxez, il n'y a plus rien. Sauf la taxe là-bas, sur laquelle on viendra après.
Donc, guerre à l'impôt, la norme et la taxe sont quand même au cœur de l'État, de ce que doit être l'État. Donc, est-ce que dans ce discours, il n'y a pas une facilité à casser le consentement à l'État ? Aussi, c'est une question qui se pose pour la suite.
On a marre que, sur France Inter.fr, qui nous dit quand même, il faut quand même souligner que les normes n'ont qu'un seul but, protéger les citoyens, les consommateurs, et les éliminer, c'est affaiblir la défense de ceux-ci au profit des industriels, des commerçants et des producteurs.
C'est bien sûr toute l'ambiguïté, c'est-à-dire qu'il y a effectivement des superpositions de normes, des normes administratives notamment, qui complexifient le travail d'un certain nombre d'entreprises, qui peuvent poser des difficultés au quotidien, y compris pour des citoyens. Mais effectivement, la réglementation et les normes sont là aussi pour protéger, protéger y compris des entreprises, des professions, des salariés, des citoyens. Donc, on ne peut pas tout mettre dans le même lot et dans le même sac. Donc, effectivement, il va y avoir un travail peut-être de simplification, mais ça ne va pas se faire d'un coup de baguette magique.
Surtout qu'on rentre dans une phase qui est compliquée, qui est celle de la transition énergétique, qui passe aussi par de la régulation et des normes, si vous ne voulez pas passer par la taxe. C'est quand même cette question-là. Donc, si vous reculez sur la fiscalité environnementale et aussi sur la réglementation et les normes environnementales, effectivement, il va falloir compter quand même sur une espèce de transition spontanée qui risque de ne pas forcément émerger. En tout cas, ça pose vraiment la question du rôle de l'État dans cette transition.
Sur le volet emploi, notamment, on reviendra dans un tout petit instant sur la réforme de l'assurance chômage, quand même, ce qui était important. Mais je voudrais quand même qu'on aille faire un tour du côté des agriculteurs. Bonsoir Patrick Benezit.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous. Vous êtes le président de la Fédération nationale bovine et vice-président de la FNSE. Et c'est surtout vous, évidemment, qu'on entend après ce discours. D'abord, est-ce que vous avez le sentiment qu'il en a dit assez ? Est-ce que vous avez été déjà un peu frustré ou pas sur la place que vous prenez dans ce discours quand on sait que vous en prenez en ce moment une très grosse dans la vie des Français ?
Non mais la place, il y a eu de la place pour l'agriculture dans le discours. Mais encore une fois, on n'a pas les mesures et le concret que l'on attend et qu'attendent tous les agriculteurs français aujourd'hui qui sont mobilisés encore aujourd'hui de manière extrêmement forte dans tous les coins de France. Et il n'a pas été plus précis que ça, en tout cas, sur des points sur lesquels nous l'attendions.
Alors, sur certains points, Patrick Benezit, il a été quand même sur la loi Egalim, notamment sur le renforcement des contrôles, sur toutes les aides de la PAC qui doivent vous être versées normalement à partir du 15 mars, sur les aides à l'installation qui doivent être payées aussi le plus rapidement possible. Donc là-dessus, est-ce qu'au moins là-dessus, vous vous sentez rassuré ou pas ?
Alors, sur l'application des lois EGA, alors qu'elles soient contrôlées, c'est encore normal qu'une loi soit contrôlée. Et c'est vrai que ça ne l'était pas. Mais par contre, aujourd'hui, comme l'objectif n'est pas atteint, il faut quand même se demander pourquoi. Le fait que les indicateurs de coût de production, ce qui doit faire le revenu des agriculteurs, ne soit pas appliqué par nos industriels ou par la grande distribution, aujourd'hui, on espère bien évidemment qu'il y aura une révision législative pour aller encore plus loin et pour faire en sorte que nos coûts de production soient finalement couverts. Ce qui, l'objectif n'étant pas atteint, même s'il y a eu des améliorations.
Donc, contrôler la loi ne suffit plus. Il faut la contrôler, il faut la faire appliquer, mais il faut aussi regarder ce qui n'a pas fonctionné et la renforcer.
Sachant que vraisemblablement, il en a encore sous le pied puisqu'il y a encore un rendez-vous de la FNSEA ce soir chez Gabriel Attal avec d'autres mesures qui normalement seront annoncées.
Oui, et puis il y a également d'autres points. Il y a également le sujet notamment des normes. Vous en parliez tout à l'heure. Les agriculteurs ne sont pas contre toutes les normes. Il y en a certaines, effectivement, qui vont beaucoup trop loin et qu'il faut arrêter parce qu'elles n'ont pas de sens. Même certaines qui n'ont pas de sens écologique. Des fois, certaines normes sont contre-productives. Mais par contre, il y a également et surtout le souci qu'on ne nous met pas sur le même pied d'égalité avec des produits qui viennent d'ailleurs. Et ça, là-dessus, les réponses, elles ne sont encore pas là. Et alors là, pardonnez-moi,
normalement, enfin pas normalement d'ailleurs, Emmanuel Macron s'en charge, si je puis dire, dans le rendez-vous européen parce que ça, c'est des décisions qui ne peuvent pas être prises au niveau français, mais sur les 4% de la chair, sur le...
Le Mercosur.
Le Mercosur, sur les céréales, le poulet, le sucre qui viennent d'Ukraine notamment. Là aussi, est-ce que vous avez une forme de confiance, Patrick Bénézite ? Oui, enfin, sur la table européenne, ces questions-là sont mises et après tout, il n'y a pas que la France qui est dessus. Est-ce que vous avez l'impression qu'on vous promène ?
Alors, sur ces sujets, nous avons besoin de garantie, de l'engagement de la France, d'un changement de cap qui va, et qui nous certifie qu'elle va bien changer de position au niveau européen sur pas mal de points, sur les sujets qu'il y a nécessité à débattre où il faut l'accord tout le monde au niveau européen. En revanche, il y a des points européens où la France a son veto. Sur le Mercosur, par exemple, ce n'est pas la peine d'aller discuter avec l'Allemagne ou avec Bruxelles. Les règles européennes font que pour tout accord international, pour tout accord tel que se présente le Mercosur, la France a son droit de veto.
Ça veut dire que, dès aujourd'hui, sans même attendre jeudi, Emmanuel Macron peut dire de manière très claire, je ne voterai pas. Arrêtez de négocier avec le Mercosur. De toute façon, c'est quelque chose que la France ne votera pas. Ça éviterait, par exemple, à la Commission européenne de dire depuis quelques jours que les négociations continuent comme si de rien ne se passait. Et là, pour le coup, on a un vrai droit. On a un vrai droit de rétractation. Là, la France n'a pas besoin de Bruxelles pour refuser le Mercosur.
On a entendu ce que vous voulez entendre, Patrick Bénézite. Qu'est-ce que vous entendez, ce sera la dernière question, dans Exception agricole française ? Il a juste dit ça, Gabriel Attal, sans plus de précision. Qu'est-ce que vous entendez ou qu'est-ce que vous voulez entendre dans Exception agricole française ?
Alors, ce qu'on aimerait entendre par rapport à ça, c'est qu'il accède le plus rapidement possible aux plus de 120 mesures qu'il nous faut pour remettre l'agriculture à l'endroit et les orientations pour qu'il y ait un cap, un cap partagé avec des réponses rapides. On est prêt à entendre que certaines le seront un petit peu moins, mais en tout cas, qu'il y ait un cap partagé sur lequel, point par point, nous puissions donner des réponses et faire en sorte que l'ensemble de ce qui a été remonté par le bon sens paysan ces derniers temps soit acté, soit travaillé par le gouvernement et qu'on ait ces réponses-là.
Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale Bovine, vice-président de la FNSEA. Merci beaucoup de votre petit passage chez nous. Je voudrais revenir, Mathieu Plannes, sur ce qu'on disait avant d'échanger avec Patrick Bénézit. Appuyer encore sur l'assurance chômage, sur réforme, sur la réforme,
si je puis dire. Oui, oui, réforme. Alors ça, c'est vraiment effectivement une volonté assez forte d'inciter un retour forcé plus ou moins au travail avec, on voit d'un côté social des choses qui peuvent être assez difficiles parce que, typiquement, la suppression de l'ASS, c'est des droits qui s'appliquent aux chômeurs de longue durée.
Allocation spécifique. En gros, ce qu'ils disent, c'est que l'allocation spécifique des chômeurs de longue durée est supprimée, vous basculez directement vers le RSA.
Donc ça veut dire en gros faire des réformes structurelles qui visent à inciter retour à l'emploi. On le voit avec la réforme aussi du RSA en parallèle avec France Travail qui a effectivement cette question-là, qui pose cette question-là dans un environnement économique où le chômage peut potentiellement remonter, peut créer un certain nombre de difficultés. En tout cas, la vision du Premier ministre et qui est celle du Président, c'est que ces réformes-là pourraient ramener au plein emploi.
Mais c'est quand même un risque élevé par rapport à des questions aussi sociales et de pauvreté, sachant qu'il faut savoir que cet ASS profite surtout aussi à des chômeurs de longue durée de plus de 50 ans. Or, on est dans une séquence de réformes des retraites, on va allonger les récoltisations et que potentiellement, un certain nombre de seniors resteront pas en emploi et la question de ces chômeurs-là peut se poser.
La question RSA justement au standard avec vous, Michel, bonsoir.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Oui, c'était par rapport au RSA. Le RSA va obliger à travailler des gens 15 heures par semaine mais sans qu'il y ait un contrat de travail qui les protège quand même de leurs droits et sans qu'il y ait de versement également pour la retraite. Donc, par rapport à un employé qui fait 15 heures de temps partiel, il est mieux protégé qu'avec le RSA. Et deuxième question très rapide, c'était le recul de Gabriel Attal par rapport à la protection de l'environnement et à l'écologie. Et donc, pour plaire finalement à l'économie néolibérale et je ne suis pas écologiste mais je suis soucieux de la santé de nous tous.
Merci pour votre intervention, Michel. Je voudrais qu'on précise sur les 15 heures de travail pour les allocataires du RSA. Yael Gau, c'est une généralisation puisqu'il y a des essais qui ont été faits dans un centre de département et c'est une généralisation.
Oui, oui, mais ça va dans cette philosophie qui consiste à laisser au terme du décénat d'Emmanuel Macron un taux de chômage véritablement à la baisse parce que sinon quelle trace il laisse Emmanuel Macron ? Si ce combat-là du chômage il ne l'a pas gagné quelle est sa trace ? Vraiment. Donc là, il y a un enjeu politique très fort. On voit que le chômage remonce très très légèrement, peut se rapprocher des 8. Oui, c'est la bonne prévision. alors qu'on était à 7,5 il y a 6 mois.
Donc évidemment, là, ils vont mettre le paquet absolument pour déverrouiller ce marché du travail, je reprends l'expression, afin de faire baisser au maximum et d'arriver à cette courbe à la baisse puisque ça, c'est vraiment un enjeu d'affichage, de bilan même, de mandat.
Avec également, je voudrais poursuivre sur la question de Michel qui disait... L'écologie. Oui, recule, dit-il. Alors, il y a eu quelques mots sur l'écologie mais rien sur la planification. Quelques mots sur le service civique écologique. Voilà, c'est le mot que je cherchais. Finalement, pas grand-chose.
Non, mais là, il est vraiment dans la droite ligne d'Emmanuel Macron. Il ne reprend que ses mots. C'est l'écologie populaire, entre guillemets, à la française, entre guillemets. Il faut faire rimer climat avec croissance. Donc là, c'est vraiment... Là, c'est le Premier ministre de campagne. Pardon, mais on y est déjà dans les européennes. On l'a vu face au RN. Grosse charge contre les frexiteurs. Il a repris l'expression. Mais il fait aussi, une grosse attaque sur sa gauche, sur l'écologie, l'écologie des écologistes et de la gauche et de l'ex-Nupes. Voilà, pour lui, ces écologistes-là sont forcément des décroissants.
Donc voilà, on est dans la caricature volontairement politique liée à la campagne.
Allez, je voudrais qu'on parle éducation. Bonsoir, Sophie Vénédité. Bonsoir. Vous êtes professeure au lycée, vous êtes secrétaire générale SNES-FSU. Gros, gros volet éducation, Sophie Vénédité. On s'est même demandé un moment s'il n'avait pas remis sa casquette de ministre de l'Éducation nationale. Le Premier ministre, maire des batailles, dit-il encore une fois. Il y a plusieurs choses que j'ai retenues. D'abord, la formation, les espèces d'écoles normales du XXIe siècle. C'est comme ça qu'il a cité les choses. Gabriel Attal, comment vous situez-vous ?
C'est vrai qu'il a évoqué, il a utilisé cette formule qui fait toujours un peu penser à ce qui existait avant sur les écoles normales. Après, oui, il y a besoin effectivement de refonder la formation des enseignants avec un impératif, c'est d'avoir une formation de haut niveau, c'est-à-dire un niveau Bac plus 5, parce que c'est ce qui permet vraiment de maîtriser ce qu'on enseigne et ce qu'on transmet. Là, on sent qu'il y a quand même la volonté peut-être de diminuer un peu le niveau de qualification des enseignants, ce qui pose question.
On espère qu'on va reprendre assez vite les discussions sur le sujet, mais il nous semble qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation sur le sujet. Il y a un enjeu très fort qui est de savoir qui on veut comme enseignant au XXIe siècle. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on veut des enseignants bien formés et d'un haut niveau de qualification.
Et bien payés, est-ce que les deux vont ensemble d'ailleurs, j'imagine, parce que ça parle d'attractivité, tout ça en creux ?
Bien évidemment, on est des enseignants bien payés. D'ailleurs, je note que Gabriel Attal n'a pas parlé du dossier salaire. Il a dit ce qu'il avait fait, mais il n'a pas dit ce qui est resté à faire, ce qui pose quand même question.
Il a parlé salaire pour les infirmières scolaires dans votre créneau à vous, si je puis dire, Sophie Vinétité, mais effectivement, pas pour les enseignants, non ?
Oui, c'est une bonne chose pour nos collègues infirmières scolaires, d'autant qu'on en manque quand même cruellement. Après, on manque aussi beaucoup d'enseignants. On a vu par exemple, là, ces derniers jours, on a fait le point sur les inscrits au concours. On a perdu 38% d'inscriptions au concours du second degré depuis 2019. On va devoir recruter 329 000 enseignants d'ici 2030. C'est demain 2030. Donc, il faut parler salaire et recrutement, ce que n'a pas fait Gabriel Attal. Il a plutôt recyclé toutes les mesures qu'il avait pu annoncer quand il était rue de Grenelle, mais ce n'est pas suffisant parce que ça ne répond pas aux enjeux aujourd'hui de l'éducation nationale.
Alors après, c'est des choses qui avaient déjà été annoncées lorsqu'il était justement ministre de l'Éducation nationale. C'est pour ça aussi que je faisais cette introduction-là. Il y a cette idée de redonner à certains égards la main aux enseignants. Je pense au redoublement, par exemple, qui sera décidé uniquement par l'équipe pédagogie qui a eu des exemples de ce type-là qui disent, encore une fois, ce qu'il disait déjà lorsqu'il était ministre, c'est-à-dire redonner la main aux enseignants à l'intérieur des établissements.
Oui, alors sur le redoublement, il y a eu beaucoup de discours de Gabriel Attal quand il était ministre, encore un peu aujourd'hui, mais là aussi, il y a eu beaucoup de communication quand il dit je vais lever un tabou sur le redoublement. Il n'y avait pas de tabou sur le redoublement. Il y avait tout simplement un problème de place dans les classes parce que les classes étaient surchargées et qu'il n'y avait plus de place pour se dire au cas par cas il y a des élèves, vu leur projet, vu leur profil, ça peut être intéressant. Il y a d'autres élèves pour qui ce n'est pas intéressant.
Mais on n'avait même pas la possibilité d'avoir cette discussion-là parce qu'au niveau du ministère de l'Éducation nationale et des rectorats, on nous avait dit non, il n'y a pas de place pour les redoublants. Donc, il faut quand même toujours faire très attention avec Gabriel Attal entre la com et la réalité. Aujourd'hui, la réalité dans les collèges et les lycées, c'est une rentrée qui se prépare très difficilement. C'est un manque de professeurs, c'est le choc des savoirs qui pose plein de problèmes, c'est les groupes de niveau qui posent plein de problèmes et ça, manifestement, il en parle assez peu.
Sa ministre n'en parle pas du tout parce qu'elle est complètement disqualifiée et ça pose quand même la question de savoir quelle est la place aujourd'hui vraiment de l'Éducation nationale dans le dispositif gouvernemental.
Puisque je vous tiens, Sophie Véné-Tité, que la première action à l'Éducation nationale, ce sera la semaine prochaine, ce sera jeudi, est-ce que c'est ça qu'on trouve dans la rue à ce moment-là ? Est-ce que c'est ça les demandes vers lesquelles vous irez et la question subsidiaire, est-ce que sur les panneaux, il y a aussi changez-nous la ministre de l'Éducation nationale ? Est-ce que déjà de votre côté, de toute façon, de ce point de vue-là, le dialogue sera difficile ?
Ce qui est certain, c'est que la confiance est rompue parce qu'elle a quand même eu des débuts où elle a dénigré et insulté l'école publique et celles et ceux qui la font. Donc nous, ce qu'on souhaite, c'est avoir des ministères de plein exercice, un ministère de l'Éducation nationale d'un côté, un ministère de la jeunesse et des sports de l'autre avec des ministres qui soient en mesure de traiter correctement les dossiers. Là, on a quand même du mal à voir comment est-ce qu'elle habite vraiment les habits de ministres.
Alors, ce qu'on va dire dans la rue jeudi, c'est qu'il faut défendre l'école publique, que nous, on est fiers de faire l'école publique, mais qu'aujourd'hui, l'école publique, elle ne tient que par la conscience professionnelle de personnels qui sont épuisés. L'école publique, elle n'est pas loin d'être dans l'état de l'hôpital public. Et ça, aujourd'hui, il faut que tout le monde l'entende, il faut que le gouvernement l'entende. On n'a pas besoin de nous parler de la couleur des uniformes ou du SNU. On a besoin de mettre des professeurs dans les classes, des adultes dans les classes et de faire en sorte que tous nos élèves puissent réussir sans les trier.
On le dira jeudi et on espère qu'on n'aura pas besoin de se mettre à conduire un tracteur pour être en train de vie.
Merci beaucoup, Sophie Vénédite-Tessin. Vénédite-Tessin, Bonsoir. On vous écoute.
Oui, alors moi, je suis un petit peu étonnée après avoir écouté notre Premier ministre qui est donc un ministre jeune. Il l'a dit plusieurs fois, d'ailleurs, c'était en 89. Et je trouve que ce Premier ministre ne fait pas beaucoup rêver la jeunesse. Et moi, c'est un petit peu ce qui m'a embêtée. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on prend la jeunesse uniquement sous le prisme de la délinquance. Il y a tout un paragraphe là-dessus. Et en revanche, on ne parle pas de tous ces jeunes qui délèrent, qui passent de stage en stage, qui rachèrent leurs parents, qui ont du mal à trouver un boulot.
Enfin, voilà, j'ai l'impression qu'encore une fois, c'est une politique à destination d'un public plus âgé qui a besoin d'ordre et de rigueur et de travail et de conservatisme. Alors, il y a un petit clin d'œil sympathique à sa sexualité peut-être en disant « Soyez ce que vous êtes, ça sera peut-être plus facile pour vous. » Mais en même temps, parallèlement, on explique aux jeunes que l'écologie, ça devient n'importe quoi alors que beaucoup de jeunes sont quand même assez anxiogènes sur le sujet. Voilà, l'univers ne va pas très bien et je trouve qu'on a un Premier ministre jeune, dans un corps jeune avec un esprit un peu vieux, c'est-à-dire l'expression.
Et je trouve que cette jeunesse aurait besoin d'un petit peu de souffle différent de ce qui est inculqué aujourd'hui. On ne s'adresse pas beaucoup à elle quand même.
Merci beaucoup Sandrine, merci pour cette remarque. Une remarque, Mathieu Plannes, là-dessus ? Je ne vais pas vous mettre en difficulté après vous, ce n'est pas votre boulot.
Non, mais c'est vrai qu'on a quelques recettes qui sont déjà un peu qui ont déjà été plus ou moins essayés. J'allais dire, c'est vrai qu'il n'y a pas non plus... Je pense qu'il y a une différence sur le style. Après, sur les mesures annoncées, on n'a pas non plus des nouveautés qui sont extrêmement fortes. Donc, c'est vrai, est-ce que finalement ce discours-là parle aux jeunes ? Je ne sais pas. C'est intéressant.
Sur le fond, elle a raison. Notre auditrice, on a parlé effectivement de la délinquance avec les travaux d'intérêt éducatif et pourquoi pas, c'est intéressant. Mais enfin, c'est de ce point de vue-là qu'on parle des jeunes au-dessous de 16 ans. Généralisation du service national universel. Également, mais effectivement, c'est ce prisme-là. Ou sinon, effectivement, c'est lui qui dit regardez, je suis né en 1989 à une époque, au fond,
à une autre époque. Mais ce n'est pas une question d'âge. Regardez, Joe Biden, il est deux fois plus âgé qu'Emmanuel Macron. Donc, toute la presse américaine aujourd'hui est complètement subjuguée par ce jeune couple premier ministre, président français, 46 ans d'un côté, 34 de l'autre, du jamais vu en France. Mais ça ne signe rien derrière. Ce n'est pas forcément un aveu, une garantie de politique pour les jeunes ou qui s'intéressent aux préoccupations des jeunes. Même, je vais vous dire, c'est très cynique, mais aujourd'hui, dans tous les états-majors politiques, on regarde qui vote, quand, à quelles élections.
Et aujourd'hui, il est trois fois plus rentable, entre guillemets, en termes de voix, de s'adresser aux plus de 65 ans. Donc, de cibler ces mesures et cibler son discours. Et tout ça, je peux vous assurer qu'il y a des experts en communication qui bossent derrière le Premier ministre, derrière le Président pour voir qu'est-ce qui fait mouche, chez qui, dans quel foyer, avec quel âge. Et donc, aujourd'hui, effectivement, le pari, c'est que ça, ça s'adresse aux plus de 65 ans qui iront voter le 9 juin prochain.
On va revenir sur cette dernière phrase dont parlait tout à l'heure notre auditrice à l'instant sur ce que cette France dit avec son Premier ministre homosexuel, notamment, puisque c'est lui qui va sur ce terrain. Je voudrais d'abord qu'on écoute Caroline. Bonsoir. Oui, bonsoir. On vous écoute, Caroline.
Alors, moi, je travaille comme médecin urgentiste et lorsque j'ai entendu l'annonce sur la taxe pour faire payer les patients qui manquaient un rendez-vous médical, ça m'a fait bondir parce qu'en tant qu'urgentiste à l'hôpital public, je constate tous les jours que le système de soins de base, de soins primaires publics ne fonctionne plus du tout. On a énormément de gens qui se retrouvent aux urgences parce qu'ils n'ont trouvé aucun rendez-vous assez rapide pour leur enfant, pour eux-mêmes ou le week-end, évidemment, et donc, ils se retrouvent à attendre six heures aux urgences jusqu'à deux heures du matin pour avoir une consultation parce qu'ils n'ont plus rien d'autre.
En même temps, c'est quand même
27 millions de consultations par an, la taxe lapin, enfin, les rendez-vous qui ne sont pas pris. Non, on en aurait.
Mais en fait, là, on va faire peser encore sur les patients un système qui ne fonctionne plus où on a plus 200 rendez-vous qui est disponible, on n'a pas de visite à domicile, on n'a plus personne le week-end ou la nuit et on ne demande rien en fait aux médecins libéraux. C'est-à-dire qu'on les finance quand même avec nos cotisations sécu et en échange, on ne peut pas leur demander de faire du sans-rendez-vous, d'avoir des gardes de nuit, le week-end. Alors du coup,
en termes de garde, on leur demande justement obligation de garde désormais pour les médecins libéraux. C'est ce qu'a rappelé Gabriel Attal ce soir. C'est une menace
qui ne sera certainement pas appliquée. C'est comme toujours en fait, c'est quand même un lobby qui est assez puissant au niveau politique et finalement, on fait passer les patients comme étant les fautifs qui sont responsables du dysfonctionnement du système de soins alors qu'on ne demande aucune contrainte sur les médecins libéraux qui sont quand même financés par l'argent de nos cotisations.
Caroline, merci beaucoup pour votre remarque et Agnès Giannotti vous a entendu. Bonsoir Madame Giannotti. Oui, bonsoir. Vous êtes médecin généraliste présidente du syndicat MG France. Moi, je trouve ça intéressant ce que nous dit Caroline parce que ça dit aussi et notamment sur les obligations de garde qui peut-être vont à nouveau peser sur vous, ça dit aussi parfois le fossé, la différence entre vous, médecin généraliste et aussi les médecins de l'hôpital.
D'abord, sur cette fameuse taxe lapin, faire payer les gens qui ne viennent pas aux consultations alors qu'ils ont pris rendez-vous, les faire payer lorsqu'ils ne disent pas qu'ils ne pourront pas venir, la différence elle est vraiment là. Vous en dites quoi vous Agnès Giannotti ?
Nous, les médecins généralistes traitants on est assez peu impactés, on vient de terminer une enquête qui montre qu'en moyenne un médecin traitant a moins de 3 lapins entre guillemets par semaine parce qu'on connaît les gens, on les suit au long cours, il n'y a pas de soucis. En général, des gens qu'on ne connaît pas. Mais du coup, ils viennent d'où
les 27 millions de consultations ? Probablement,
les autres spécialités sont beaucoup plus impactées que nous. Et les prises de rendez-vous par agenda électronique contribuent à ça parce que c'est des gens, ceux qui posent des lapins sont en général des gens qu'on ne connaît pas. Et en particulier, ceux qui sont adressés par le SAS.
Parce que justement,
ils consomment du soin.
Mais du coup, est-ce que vous dites que c'est au fond anecdotique ou est-ce que ça peut avoir du sens quand même ou pas cette taxe ?
On n'a pas les détails sur ce qu'ils imaginent comme dispositif. Donc, c'est un peu compliqué de savoir ce qu'il en est. Et aussi, souvent, c'est quand même les patients les plus en difficulté qui, enfin nous, on constate ça de notre côté, qui posent des lapins parce qu'ils sont désinsérés du cadre social. Donc, il ne faudrait pas non plus que ça creuse encore les inégalités sociales de santé. Bon, on n'a pas le dispositif donc c'est compliqué d'avoir un avis.
Il y avait beaucoup de choses, Agnès Gianotti, qui vous concernent, vous les médecins, dans les annonces de Gabriel Attal, notamment l'obligation de garde pour les médecins libéraux, quel que soit d'ailleurs que ce soit chez eux, en cabinet, à l'hôpital ou etc. On a l'impression là d'une sorte de retour puisque ça a été le cas pendant un moment puis plus ensuite. Est-ce que vous freinez des cas de fer, Agnès Gianotti, ou pas ?
C'est surtout qu'on a le sentiment que ça ne répond pas à la question parce que si les gens se retrouvent le soir, en plus il y a deux problèmes mélangés. Le SASS, c'est le sans-rendez-vous pendant la journée et la formulation tente à... On a compris en tout cas que si on n'était pas là pendant la journée, du coup on avait des obligations le soir et la nuit. Donc c'est deux questions qui sont différentes et deux organisations qui sont différentes. Le problème... Mais ça dit quand même
soulager les urgences et notamment notre amie Caroline qui nous a appelé juste avant.
Mais oui, mais pour soulager les urgences, il faut des médecins traitants. Donc le problème qui n'est pas évoqué, c'est l'attractivité du métier de médecin traitant aussi bien dans les conditions de travail que dans la rémunération. Alors peut-être que c'est parce que nous sommes en pleine négociation conventionnelle et que du coup le Premier ministre a estimé qu'effectivement ce n'était pas le lieu d'en parler. Ça c'est possible. Mais effectivement, le gros problème c'est d'accéder à un médecin traitant en journée aux heures ouvrables. Ce n'est pas la nuit et les gens se retrouvent le soir parce que la journée ils n'ont pas trouvé de rendez-vous en fait.
Donc ce problème-là n'a pas été évoqué, c'est quand même le problème essentiel. Donc on espère que les négociations vont aboutir. Maintenant, la permanence de soins ambulatoires c'est-à-dire le soir et le week-end il y a la très très grande majorité du territoire qui est couverte, 95%. Il y a des zones, des rares zones où ce n'est pas couvert. C'est un vrai souci mais en général ce n'est pas couvert parce qu'il n'y a pas de médecins ou très très peu. Et demander à ces très très peu de médecins qui tiennent tant bien que vaillent d'en faire encore plus en les contraignant mais ils vont partir, c'est tout.
Ça veut dire, Agnès Gianotti, que lorsque le Premier ministre dit en attendant que le virus clausus fasse son effet il faudra régulariser les médecins étrangers, il faudra même aller en chercher, ça veut dire qu'en gros ça travaillera pour vous médecin traitant ou ça travaillera pour l'hôpital au fond et vous, vous n'en recueillerez pas les fruits ?
Cette mesure sur les médecins étrangers questionne, c'est-à-dire que les médecins français qui sont partis à l'étranger, il faut d'abord se poser la question pourquoi sont-ils partis ? C'est quand même que les conditions de travail en France ne doivent pas être aussi attractives que ce que la collègue tout à l'heure semblait penser. Donc, je ne sais pas si en leur mettant des contraintes supplémentaires ça les anticipera à revenir. Quant à aller chercher des médecins étrangers à l'étranger, ça sera dans les pays du Sud, des pays qui ont du mal déjà à soigner leur population. Là, c'est encore de la philosophie sur la santé en général dans le monde. que ça pose.
Est-ce qu'il faut aller piller les pays pauvres de leurs rares médecins ? Ça, je ne suis pas sûre.
Une dernière question pour vous et rapidement Agnès Gianotti. Il y a l'idée de reconnaître ce qu'on a entendu l'expertise des soignants, notamment, je pense aux infirmières anesthésistes qui voudraient ensuite passer du côté des médecins qui pourraient entrer directement en troisième année. Est-ce que là, vous, les médecins traitants, vous dites absolument chiche parce qu'on manque de médecins, donc profitons-en. Est-ce que vous dites attention, c'est que parfois les soins pour les infirmières faits par les infirmières de la part des médecins n'ont pas toujours été bien perçus ? Là, vous dites quoi ?
Je pense qu'il n'y a pas de soucis. C'est une passerelle qui les ferait rentrer en troisième année de médecine. C'est-à-dire que c'est l'équivalent des deux premières années. Donc, c'est vrai que leur expérience professionnelle et leur formation n'est pas à négliger. Donc, après, ils feront toutes les études de médecine et ça sera des médecins comme les autres. Donc, pourquoi pas ?
Merci beaucoup Agnès Vianotti. Merci d'avoir été avec nous. Il nous reste très peu de temps. Il y a une petite chose sur le front de l'emploi qu'on n'a pas évoqué Mathieu Plann et que moi, je trouve intéressant. C'est la semaine à quatre jours tel qu'il le vend. Le Premier ministre dit qu'on sait bien qu'il y a un certain nombre d'entreprises qui sont en incapacité de faire du télétravail. Donc, on essaye la semaine en quatre jours d'abord pour les fonctionnaires. Est-ce que vous avez le sentiment que c'est une attente des gens, qu'on est sur une bonne piste là-dessus ?
En tout cas, c'est une piste qui existe et dans un certain nombre de pays qui est à l'air
En quatre jours et deux quatre jours sont des choses très très différentes. Il faut cumuler les heures. En quatre jours, il faut cumuler les heures. C'est une réorganisation
de la semaine sur quatre jours. Ce n'est pas une diminution du temps de travail. Donc, c'est la réorganisation sur quatre jours. Ça peut être une demande qui a pu être formulée dans un certain nombre de cas. C'est vrai qu'avec l'émergence du télétravail, la réconciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, c'est des choses qui émergent. Ça ne coûte pas plus cher à la fin parce que c'est le même salaire. La question, c'est la réorganisation dans certains services et la possibilité de le mettre en place. Mais il y a certainement une demande derrière tout ça.
Il y a une toute dernière chose. On l'a publié avec notre auditrice précédente qui y a fait allusion. Mais la dernière phrase de Gabriel Attal, nous sommes un pays qui bouge, dit-il. Nous sommes un pays qui aujourd'hui peut avoir un premier ministre ouvertement homosexuel sans que ça pose de soucis. Qu'est-ce que ça vous dit ? Pourquoi ce garçon le dit à ce moment-là dans son discours de politique générale à votre avis ?
Parce que ça, c'est pour revenir à son âge aussi, pour boucler la boucle du discours. Il commence par dire je suis né en 1989 et en 2024, on ne se pose plus la question de savoir quelle est l'orientation sexuelle du premier ministre, de ceux qui nous gouvernent, de ceux qui nous dirigent. C'est tellement banal qu'il n'aurait même plus à le dire. Donc là, il en fait un porte-étendard pour montrer qu'il y a aussi un peu de progressisme dans le macronisme. Voilà, c'est toujours l'idée de se d'être à l'équiliste.
De cette image, par ailleurs, qu'on disait certains de nos auditeurs, ça donne une France vieille et là, ils nous montrent une autre chose.
Parce que la gauche l'attaque sur le Gabriel Thatcher, vous avez entendu. Donc voilà, il répond comme ça.
Allez, merci beaucoup, merci à tous les deux, merci à tous pour vos nombreux appels. La question des petits bateaux, c'est celle de Camélia qui a 11 ans.
J'aimerais qu'on me dise par qui a été inventée la pizza, quand et comment a-t-on l'idée d'inventer cette petite forme ronde et délicieuse. Au revoir.
Merci à Camélia, réponse dans 3 minutes. Merci à Camélia,
Gabriel Attal