Canicule : Sébastien Lecornu répond aux accusations des écologistes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Premier ministre, pas de mauvaise polémique entre nous. La canicule n'a pas fait 10000 morts, mais comme d'éminents spécialistes, nous redoutons un bilan terrible. La canicule était prévisible et beaucoup de ces morts étaient évitables.
Alors, je vous le demande, combien de morts faudra-t-il pour que la France soit prête ? Le dérèglement climatique tue d'abord les plus fragiles. Les personnes âgées isolées, les SDF, les enfants, les travailleurs exposés, les habitants des bouilloirs thermiques.
Il tuent aussi le vivant, la faune, les arbres et ruinent les agriculteurs. Vous n'êtes pas seul responsable du réchauffement climatique, mais vous avez la responsabilité de l'adaptation. Réduire ma prime rénove, siphoner le fond vert, revenir sur le Zan, remettre sur le marché des passoirs thermiques, acheter des climatisur en urgence et prolonger les soldes n'est pas une politique d'adaptation.
Allez-vous faire de l'adaptation au changement climatique une priorité nationale et mettre à contribution les plus gros pollueurs ? Quand la guerre est à nos portes, nous trouvons des dizaines de milliards pour la défense. À quand la même mobilisation face à la canicule ?
Monsieur le ministre, gouverner ce n'est pas compter les morts, c'est empêcher qu'il meure. Qu'allez-vous faire ? Il nous va falloir en tirer effectivement un certain nombre de conclusions et de conséquences.
La première, c'est sur l'adaptation. On y reviendra très longuement. Je sais que des débats ont été demandés de 50-1, je crois, par le groupe socialiste ici au Sénat.
J'en discuterai avec le président du Sénat dans un instant, j'y suis évidemment favorable, qui permet peut-être d'objectiver le bilan, ne pas le caricaturer et être en situation d'en tirer des conclusions y compris pour le projet de loi de finance pour l'année prochaine. Deuxième des choses, il y a une urgence sur les hôpitaux, j'y reviens pas maintenant, je le referai dans les 48 prochaines heures avec la ministre. Il y a une urgence en matière de sécurité civile qui va nous falloir encore durcir et je pense qu'au moins nous sommes tous d'accord pour dire que le débat entre atténuation et adaptation est derrière nous et que désormais nous devons faire les deux en même temps.
En tout cas, les choses sont assez simples. Monsieur le président Gontard, si votre question c'était est-ce que le gouvernement est disposé disponible à travailler de bonnes fois dans la mesure des moyens des contraintes budgétaires qui sont les nôtres, vous le savez mais comme des démocrates, comme des élus, nous sommes présents. Si l'objet est malheureusement, comme j'ai pu le comprendre hier, plus politicien, si le but de tout cela n'était que de déposer une motion de censure contre le gouvernement la semaine prochaine, comme si au moment où une reprise potentielle de la canicule nécessitait de rajouter une crise politique et une instabilité politique, de priver justement les services de l'État, d'avoir une direction politique au moment où on a une crise, là je crois que pour le coup, on fait fausse route.
Donc c'est un moment de vérité, président Gontard. Est-ce qu'on avance dans l'intérêt général des quelques semaines qui sont devant nous jusqu'à l'élection présidentielle sereinement, calmement, dans le respect des opinions de chacun ou est-ce que c'est la politique politicienne qui domine le tout et auquel cas je ne pourrais rien faire ?
Sébastien Lecornu