Relance économique : "Notre plan est trop compliqué, trop bureaucratique" estime Nicolas Dupont-Aignan
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France Inter. Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur. Président de Debout la France, député de l'Essonne. L'Essonne en région parisienne, zone orange donc. Avec encore quelques restrictions, par exemple dans les cafés-restaurants, seules les terrasses peuvent rouvrir dans l'Essonne. Comment sont vécues d'ailleurs ces restrictions dans votre département ?
Écoutez, je pense qu'aujourd'hui les gens sont contents et on est tous contents déjà que beaucoup, beaucoup de restrictions soient levées. Il en reste très peu et c'est normal. Donc je pense que franchement c'est un week-end positif. Maintenant il faut bien garder les mesures de précaution pour que tout se passe bien et la réouverture des parcs et jardins que je demandais depuis un mois me paraît une bonne chose.
Cette phase 2 du déconfinement, c'est pour enrayer le choc économique, a expliqué Edouard Philippe. Par quel levier doit d'ailleurs passer selon vous cette relance économique du pays au moment où on ouvre un peu les robinets et les subventions à tout va ?
Écoutez, c'est là le problème. La deuxième vague, elle risque d'être économique et sociale avec un chômage absolument énorme. Et pour moi, il faut absolument redimensionner le plan du gouvernement car si le chômage partiel était une bonne mesure, qui a bien marché, en revanche le système de prêts garantis, vous savez pour les entreprises, les entreprises qui sont en grande difficulté, ne fonctionnent pas bien. Et je demande, j'ai proposé avec Debout la France au gouvernement de l'élargir et de prendre pour modèle l'Allemagne qui fait des prêts garantis à 100%.
Et aujourd'hui, il faut savoir, et c'est ce qui m'inquiète beaucoup pour demain, que l'Allemagne a prêté à ses entreprises, je ne sais pas si vous êtes assis, cinq fois plus qu'en France. Et en France, le gouvernement avait promis 300 milliards d'euros pour nos entreprises. En fait, on est aujourd'hui à 83 milliards de prêts parce qu'on ne prête qu'à 90%, les banques prennent un risque sur 10% et donc en fait, on aide les entreprises en bonne santé.
Oui, mais c'est un prêt et il faudra bien un jour le rembourser. Donc moins on prête, moins il y aura à rembourser aussi.
C'est justement ce que fait l'Allemagne qui fait un prêt à 100% de 800 000 euros qui sera quasiment un don. Et nous avons un énorme risque. On le voit aujourd'hui, beaucoup d'entreprises se voient refuser le prêt ou alors ne le demandent même pas parce qu'elles savent, comme vous le dites très justement, qu'il faudra rembourser. Alors que d'autres pays ont un système d'effacement, d'annulation de charges et non pas de report. Et vraiment, le grand danger aujourd'hui, c'est ces petites et moyennes entreprises qui sont en train de fermer, tout simplement, mettant au chômage et si vous voulez, alimentant un risque récessif.
C'est-à-dire que les gens ont peur, épargnent et ils risquent d'y avoir des effets en cascade tout simplement parce qu'on a un plan beaucoup trop bureaucratique, beaucoup trop compliqué par rapport à ce qu'il faudrait faire vraiment pour éviter la chute d'entreprises.
Mais comment est-ce que ça se passe, Nicolas Dupont-Aignan, comment est-ce que ça se passe dans votre département avec un tissu plutôt diversifié d'entreprises et un taux de chômage qui, je crois, est le plus faible d'Île-de-France ?
Oui, mais ça se passe que les banques elles-mêmes le disent et les chefs d'entreprises aussi. Ils préfèrent fermer parfois que demander un prêt qui ne seront pas remboursés. Et quand ils le demandent à la banque, la banque leur demande leurs critères de trésorerie. Et donc l'Essonne est favorisé, bien sûr, par rapport à d'autres départements, mais il y a énormément de départements où vous avez des entreprises qui sont en train de fermer, qui rentrent en liquidation.
Donc j'insiste parce que je vois ce qui se passe ailleurs, je vois ce qui se passe en Allemagne et on ne peut pas se permettre d'avoir une chute comme ça à la rentrée sans parler des grandes entreprises où là je suis en désaccord complet avec la manière dont le gouvernement agit, que ce soit Renault ou Air France, parce que là aussi j'estime que quand on donne des milliards d'euros, 5 milliards pour Renault, on va en parler. On va parler de Renault dans un instant.
Juste un mot encore sur la crise économique. Il y a la tentation à gauche et chez certains économistes en ce moment d'augmenter les impôts des plus aisés. Alors certes le gouvernement en a écarté l'idée pour l'instant. Et vous Nicolas Dupont-Aignan, êtes-vous favorable à une augmentation des impôts pour les plus riches et pourquoi pas un retour de l'ISF par exemple ?
J'ai été favorable, bien sûr, j'ai même été favorable. J'ai proposé à l'Assemblée nationale, sans succès, je le regrette, que les hauts fonctionnaires, les ministres, les parlementaires réduisent à 84% leurs salaires comme les chômeurs partiels. Ce n'était pas la mort de se priver de 16% d'indemnités et ce n'était pas la mort de demander aux plus riches de France de baisser leurs revenus de 16%. J'ai eu un silence poli sur les bancs de droite et de gauche.
Le macroniste Richard Ferrand, lui, n'écarte pas l'idée d'une contribution exceptionnelle, dit-il,
des foyers les plus aisés. En attendant, les contributions, on les fait quand c'est la difficulté. Nos compatriotes attendent une égalité minimum. J'ai proposé aussi, vous le savez depuis longtemps, un ISF, j'allais dire à géométrie variable, c'est-à-dire qu'à l'élection présidentielle, j'avais proposé qu'il y ait zéro ISF quand la personne qui a du bien investi en France, mais qu'en revanche, on laisse l'ISF quand les gens n'investissent pas en France. Tout le problème du pays, et on le sait aujourd'hui, c'est d'orienter l'épargne, d'orienter la richesse vers la relocalisation, vers le fabriqué en France. C'est ça l'enjeu.
On l'a vu avec l'affaire des masques, on l'a vu avec l'affaire des tests. Notre pays a payé l'effondrement de sa base industrielle.
La relocalisation.
Oui, pardon, terminez. Donc il faut orienter, si vous voulez. L'enjeu majeur, c'est qu'on a fait des cadeaux fiscaux, le gouvernement a fait des cadeaux fiscaux ahurissants aux plus riches de France, sans aucune condition. Moi, je veux bien qu'on fasse un cadeau à quelqu'un de riche s'il investit sur le sol français.
Mais je n'accepte pas.
Donnant, donnant.
Le donnant, donnant, c'est ce que propose l'État en ce moment, notamment à Renault. Je précise qu'il y aura une manifestation ce matin des ouvriers de l'usine Renault de Maubeuge, des ouvriers qui sont inquiets des 4000 suppressions d'emplois en France et autres plans d'économie de Renault. L'État a conditionné ses aides aux relocalisations et aussi des aides. S'il n'y a pas de licenciement sec, est-ce que l'État actionnaire a choisi là la bonne stratégie ? Ça, c'est en parole.
Mais si vous lisez entre les lignes, et si vous lisez, vous savez, c'est comme dans les contrats d'assurance en bas, il a dit pour les modèles à haute valeur ajoutée. Et si vous regardez, ça veut dire en gros pour les grosses voitures, et si vous regardez l'accord entre Renault et Nissan, c'est que la France va se spécialiser sur les petites voitures et les voitures électriques. Et il y a un marché à prendre. Il y a un marché à prendre, mais si vous voulez, on va subventionner, là, avec un crédit, mais c'est un crédit à très long terme, etc., 5 milliards d'euros, c'est la première fois que dans un pays, on va donner autant d'argent pour délocaliser, pour acheter des voitures à l'étranger.
C'est complètement délirant ce qui se passe. Et ce que je propose, c'est que les primes à la casse soient conditionnées à la fabrication en France. Ce que je propose, et c'est très simple, c'est qu'on arrête de subventionner ce qu'on a fait déjà en 2008, avec des primes à la casse qui subventionnent la production à l'étranger. C'est complètement délirant. Et j'en ai assez. Et c'est écrit dans le plan, vous pouvez regarder la ligne, on considère, chez les constructeurs français et au gouvernement, qu'on n'est pas compétitif sur les petites voitures. Or, je remarque que le premier producteur en France de petites voitures, vous savez qui c'est ? Dites-nous. C'est Toyota, à Valenciennes.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, je ne comprendrai jamais pourquoi un constructeur japonais a été capable de produire en France avec les mêmes impôts. On nous parle des impôts. L'industrie a profité du crédit impôt compétitivité de François Hollande. Donc, on nous parle toujours qu'on n'est pas capable de relocaliser, qu'on ne peut pas, qu'il faut que ce soit concentré sur certains modèles. Et en fait, on s'aperçoit qu'il y a un constructeur japonais qui produit à Valenciennes avec une bonne compétitivité. Et l'usine dont vous parliez tout à l'heure, MCA, a une très bonne compétitivité. Oui. Donc, il y en a assez. En fait, il y a eu un problème de stratégie chez Renault.
La stratégie Ghosn qui a voulu faire toujours plus et toujours plus produire, c'est la stratégie de Carlos Ghosn qui est en cause aujourd'hui. Oui. Et souvenez-vous
quand je critiquais le salaire exorbitant de Carlos Ghosn, quand je critiquais la mauvaise stratégie, on nous disait qu'on ne comprenait rien au libéralisme, qu'on ne comprenait rien à l'industrie automobile. Moi, ce que je remarque, c'est qu'aujourd'hui, les ouvriers français payent cher les mauvais choix stratégiques. Ce n'est plus une question d'impôt contrairement à ce que dit le MEDEF ou le gouvernement. Pourquoi Toyota y arrive et pourquoi Renault n'y arrive pas ? Donc, moi, je veux bien aider Renault. Il faut sauver Renault. Mais il faut rapatrier la production en France. Il n'y a aucune raison que le contribuable paye à fonds perdus. C'est inacceptable.
On lira ce matin dans Le Parisien Aujourd'hui en France l'interview du patron de Renault Dominique Sénard qui explique que les relocalisations ne sont pas vraiment à l'ordre du jour sauf, dit-il, à vendre des voitures plus chères en France. En revanche, les capacités de production seront réduites au Maroc, en Roumanie, en Turquie.
Vous voyez, c'est insensé comme discours. C'est-à-dire que les dirigeants de l'automobile française et de l'industrie française et le gouvernement, les gouvernements, parce que ça ne dépend pas de ce gouvernement seulement, il faut être honnête, ont dans l'esprit qu'on ne peut pas produire en France. Or, les impôts ont été baissés, on a fait des cadeaux fiscaux considérables, maintenant, il faut passer à l'as. Et j'ai proposé, notamment, à l'image du Japon qui vient de créer à l'instant, un fonds de relocalisation de 2 milliards d'euros pour inciter les entreprises mais sur des projets concrets. Vous allez relocaliser telle voiture, on va vous aider à produire.
Vous disiez qu'il faut sauver le soldat Renault. Est-ce que l'État actionnaire doit augmenter sa participation aux capitales de Renault jusqu'à, pourquoi pas, une éventuelle nationalisation ? Oui, bien sûr.
Mais c'est ce qu'on a fait, souvenez-vous, sur Peugeot et ça a été une très bonne affaire pour l'État puisqu'ensuite, l'État a revendu. Je remarque aussi, on nous dit toujours qu'en Allemagne, ils font mieux, etc. sur certaines choses mais en Allemagne, par exemple, sur Lufthansa, Lufthansa va être aidé pour 9 milliards d'euros comme on vient nous d'aider Air France sauf que l'État allemand va prendre une participation, va redevenir actionnaire de Lufthansa. En France, on a donné 7 milliards sous forme de prêts, 2 prêts, 3 et 4 à Air France et on n'a pas augmenté la participation de l'État. Donc, c'est toujours la même mentalité. Quand le privé fait des pertes, l'État doit subventionner.
Quand il fait des gains, on doit disparaître. J'estime là aussi que quand on aide une très grande entreprise et c'est normal de l'aider, il faut la sauver, on doit, la collectivité nationale, c'est-à-dire vous, moi, on doit être actionnaire et puis après, on revend. Il ne s'agit pas de rester tout le temps actionnaire.
Mais le dialogue social n'est peut-être pas le même en Allemagne et en France.
Ce n'est pas une question de dialogue social, c'est une question de volonté stratégique de l'État. Est-ce qu'on a une pensée industrielle ? Est-ce qu'on veut relocaliser ?
Mais vous ne croyez pas au souverainisme industriel qu'Emmanuel Macron a vanté dans son discours mardi dernier ?
Je vois les clauses. Malheureusement, non, je n'y crois pas parce qu'il y a un décalage sincèrement entre l'idée qui est bonne, je vais m'en réjouir, je la défends depuis dix ans, l'idée est bonne mais la pratique ne va pas dans le détail. Or, vous le savez, malheureusement, le diable se niche dans les détails et là, en l'occurrence, les ouvriers de Renault, vous savez, n'y croient plus parce qu'on leur a tenu ce discours 15 fois et à chaque fois, on ferme une usine.
Allez, autre sujet d'actualité à venir, c'est le second tour des municipales le 28 juin. Y êtes-vous favorable d'ailleurs ou fallait-il encore attendre ?
Écoutez, moi, j'étais plutôt pour la rentrée mais vu que le déconfinement se passe bien et que le virus semble vraiment s'évanouir, à partir du moment où on a des informations et à partir du moment où on donne des masques FFP2, c'est-à-dire très protecteurs aux assesseurs qui seront dans les bureaux de vote pendant 12 heures et c'est là où il y avait eu beaucoup de contamination au premier tour. Si on prend les mesures de précaution, il faut... Maintenant, la décision est prise, moi, je ne vais pas polémiquer.
Un vote par correspondance comme le réclament quelques élus, sachant que ce vote par correspondance a disparu depuis 1975. Est-ce que vous y êtes favorable ? Totalement hostile,
je l'ai dit à Place Beauvau, mon représentant, l'a dit au ministre. Parce qu'il y avait eu beaucoup de fraude. Et s'il a été supprimé en 1975, c'est parce qu'il y avait une fraude considérable. Et il faut que, de grâce, dans cette période où la confiance entre le monde politique et les Français est atteinte durablement, il faut vraiment qu'on soit exemplaire et il ne faut surtout pas mettre en place des dispositifs qui pourraient aboutir à des suspicions.
Notre invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne. On va aller faire un tour au standard de France Inter, 01, 45, 24, 7000, avec Claude qui est en ligne. Bonjour Claude.
Bonjour Mesdames, Messieurs, bonjour Monsieur Dupont-Aignan. Nous avons beaucoup regretté que votre mouvement se soit éloigné de ses origines souverainistes et ne préconise plus la sortie de l'Union Européenne. Que diriez-vous à Philippe Séguin s'il vous en faisait le reproche ?
Mais, je suis très surpris, j'ai fait toute une campagne européenne en demandant la renégociation totale des traités, d'ailleurs sur le modèle que j'avais élaboré avec Philippe Séguin quand je travaillais auprès de lui et je me souviens toujours de sa mémoire tellement je l'aimais. Et, si nos partenaires refusaient, nous organisions un référendum où les Français choisissaient. Donc, je n'ai jamais changé d'avis là-dessus, vous le savez très bien. Simplement, ce que j'ai dit et ce que je maintiens, c'est que les Français ne veulent pas une sortie sèche, ne veulent pas un Brexit, un Frexit, les Français veulent une renégociation complète des traités.
Soit nos partenaires acceptent cette renégociation qui est vitale et la crise du coronavirus l'a montré pour retrouver davantage de liberté et pour limiter l'Europe à des projets industriels, scientifiques, mais ne pas intervenir en tout. Soit nos partenaires n'acceptent pas et alors la France en tirera les leçons.
Moi, je reste toujours, vous savez exactement la position, je retrouvais récemment un livre que Philippe Séguin avait écrit qui a toujours été la même chose, souvenez-vous de son magnifique discours pour la France qui a tout écrit il y a 30 ans, c'est-à-dire qu'à force de perdre notre souveraineté, nous disparaissons, mais on peut rétablir notre souveraineté sans tout casser au niveau européen. Il y a un vrai projet, nous avons même écrit à Debout la France un projet de traité pour justement concilier l'idée européenne et la souveraineté nationale.
Cela dit, lors des dernières européennes, Nicolas Dupont-Aignan, vous serez d'accord pour reconnaître que vous avez manqué votre Paris ? Oui, mais oui. Vous avez compris pourquoi aujourd'hui ?
J'ai compris qu'il y avait beaucoup d'abstentions, j'ai compris aussi que beaucoup de gens n'étaient pas intéressés par cette élection, j'ai compris peut-être que notre projet n'était pas assez clair, j'ai compris surtout qu'il y avait eu une polarisation autour d'une fausse compétition, toujours la même chose, Macron-Le Pen, et je crois que cette espèce de duel permanent lasse beaucoup les Français. Moi, je maintiens que nous avons un beau projet et je continue à croire en un patriotisme républicain, humaniste et je le défendrai toujours. Et où en sont vos rapports ? C'est pas parce que vous savez, dans la vie, on a une déception, c'est pas parce qu'on a une déception qu'on arrête.
Vos rapports parfois conflictuels avec le parti de Marine Le Pen, vous en êtes où aujourd'hui avec Marine Le Pen et son parti ?
Mais moi, j'en suis exactement comme d'habitude, c'est-à-dire, j'ai fait barrage et j'ai eu le courage de faire barrage à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Vous avez été
un éphémère allié de Marine Le Pen dans l'entre-deux-tours de la dernière présidentielle. Mais vous avez aussi dit que vous aviez été victime d'un procès en sorcellerie à l'époque.
Oui, et vous savez, j'ai beaucoup de Français dans la rue qui viennent me voir et qui me disent « Monsieur Dupont-Aignan, on vous a énormément critiqué, on a même manifesté contre vous dans votre ville, etc. Maintenant qu'on a vu la gestion Macron, on a compris. » Donc, je ne regrette en rien mon choix qui était clair. Mais pourriez-vous réitérer l'expérience
ou êtes-vous échaudé
avec Marine Le Pen ? Et deuxièmement, je l'ai toujours dit, ce n'était qu'un choix de second tour, le choix de premier tour et mon choix de premier tour, c'est que je suis convaincu que ce duel Le Pen-Macron favorise Emmanuel Macron et je suis convaincu que les Français attendent une autre voie qui est une voie à la fois patriotique, c'est-à-dire on reprend en main notre souveraineté. Vous savez, ce mot « souveraineté » avec cette crise du Covid, il n'est plus un gros mot. Mais pour autant, sans tomber dans le corner d'un vote Marine Le Pen, voilà. Maintenant, je suis convaincu qu'il faut proposer cette autre voie et avec tous mes amis de Debout la France, on s'y attèle.
Et puis après, les Français choisissent. Il y a un premier tour, on exprime sa préférence, il y a un second tour, on élimine ce qu'on estime être le pire.
Bon, je vous repose la question, est-ce que vous pourriez réitérer cette expérience de l'entre-deux-tours en vous rapprochant de Marine Le Pen ?
Ce que je voudrais, ce que j'aimerais réitérer, c'est une expérience de premier tour pour offrir un choix qui nous évite ce duel Macron-Le Pen qui fait, j'en suis convaincu, qui lasse les Français et dans lequel veut nous enfermer le président de la République.
Alors, je vais vous parler de vos rapprochements peut-être avec un autre souverainiste, Florian Philippot. Vous vous êtes rapproché de lui, quelles ambitions avez-vous d'ailleurs, vous, les souverainistes, sur la route de la présidentielle pour commencer en 2022 ?
Mais moi, l'ambition, on voit bien que le pays est malade. On voit bien que ce qu'on dit depuis un certain nombre d'années sur le fait que pour être un pays fort, il faut être libre. Ça, je crois que les Français commencent à le comprendre. Vraiment. Et simplement, on ne leur a pas présenté, c'est peut-être la faute des souverainistes. Un projet suffisamment clair, simple, concret. Et donc, moi, j'y travaille, Florian Philippot y travaille, des gens aussi, chez les Républicains, y travaillent, des gens à gauche, vous y travaillerez. Vous y travaillerez ensemble,
probablement ?
Mais j'aimerais, vous savez, moi j'ai proposé même des primaires souverainistes. J'ai proposé, vous savez, de Michel Onfray, de Michel Onfray à Marine Le Pen en passant par des Républicains comme Julien Aubert en passant par Florian Philippot, je suis convaincu que notre pays, le monde d'après a besoin, a besoin à la fois d'une nation forte et de coopération européenne intelligente. C'est la seule solution pour s'en sortir. Nicolas. Je maintiens qu'il faut travailler là-dessus et l'heure de vérité viendra en 2022.
Je ne vous appelez pas par votre prénom, Nicolas Dupont-Aignan. Merci beaucoup. Je ne me permettrai pas. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l'Essonne. Merci d'être... Bon week-end à vous. Merci d'avoir répondu à l'invitation de France Inter. Il est 8h39.
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Nicolas Dupont-Aignan