Les astronautes Thomas Pesquet et Arnaud Prost partiront dans l'espace en 2027
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
ravis de l'accueillir ce soir dans 60 minutes bonsoir Thomas Pesquet merci d'être avec nous depuis Toulouse je crois que vous venez de quitter il y a quelques minutes l l'entraînement puisqu'il y a une très bonne nouvelle pour vous et puis pour nous cette bonne nouvelle c'est que vous allez retourner dans l'espace l'an prochain ce sera la troisième fois retourné sur la Station Spatiale Internationale ça vous avait manqué la pesanteur l'espace à ce point là oui ça m'a manqué c'est vrai qu'il ya un côté un peu rêve il y a un côté un peu voilà de petits garçons mais mais j'ai fait beaucoup de choses en attendant c'est non de se préparer pour ces missions c'est long de se mettre en position en fait de pouvoir y prétendre donc je suis très heureux que ça revienne assez vite j'ai beaucoup attendu ma première mission et depuis j'ai la chance que les deux suivantes s'enchaînent assez rapidement votre réaction je sais pas d'ailleurs qui vous l'a annoncé quand on vous a annoncé c'est bon c'est vous c'est la troisième c'est sûr maintenant on changera pas d'avis c'était quoi votre première réaction ? enfin votre troisième réaction ? sa troisième réaction ? non mais j'étais content alors je vais spoiler un petit peu on l'a vu venir il a fallu faire marcher cette mission là on a essayé de mettre en place pas mal de choses donc ça n'a pas été une surprise brute et franche on va dire mais quelque part c'était une opportunité qu'il fallait saisir en fait on a des besoins de recherche à bord de la station spatiale qui va bientôt elle s'arrêter et puis cette entreprise privée va faire la suite de la station spatiale nous on a eu envie de maximiser notre retour sur investissement pour les expériences qu'on a là-haut toute cette recherche qui va s'arrêter donc en 2032 et on a trouvé que c'était le bon moment de le faire pour la France.
Il y a une nouveauté dans cette troisième mission il y en aura sans doute d'autres Thomas Pesquet c'est que cette fois vous serez le commandant c'est la première fois qu'un non américain va commander donc une capsule américaine ça consiste en quoi commander expliquez nous. Contrairement à la station spatiale la station spatiale c'était plutôt un laboratoire de recherche donc la partie commandement c'est plutôt sauf en cas d'urgence qui heureusement n'arrive jamais mais c'est plutôt de l'encadrement d'équipe en fait comme on pourrait le faire dans un labo sur terre et beaucoup de beaucoup du leadership et de toute façon au sein du centre de contrôle là ça va être quelque chose de beaucoup plus dynamique c'est être le chef d'un équipage donc c'est comme les un commandant de bord d'avion un commandant d'escadron dans le monde militaire dont je peux avoir la responsabilité de ces gens-là, de ces autres astronautes que je vais emmener avec moi, dans des phases qui sont quand même risquées, qui sont quand même dynamiques, le décollage, l'atterrissage, le rendez-vous autour de la station, la NASA veille à ce qu'on n'abîme pas non plus leur station en arrivant n'importe comment et toute la mission à bord donc deux semaines pour emmener tout un équipage international vers la station maximiser le retour de recherche et redescendre sur terre en toute sécurité. Le décollage Thomas Pesquet, c'est dans un peu plus d'un an.
C'est à partir de l'été 2027, ce qui vous laisse un tout petit peu de temps pour vous préparer à ça. Ça consiste en quoi ? L'année avant un nouveau retour dans l'espace.
Dès maintenant, vous avez un programme minute par minute du sport, de l'alimentation ou vous êtes pour l'instant encore un peu tranquille ? J'ai une petite idée de la réponse. Vous connaissons un tout petit peu, mais je vous la pose quand même.
D'accord. Je suis de toute façon assez jamais tranquille en fait. Je suis un peu hyperactif, donc je fais beaucoup de choses.
Là je finis la formation de pilote d'essai au sein des équipes d'Airbus à Toulouse qui m'occupent beaucoup. Je reviens d'un vol cet après-midi. Tout ça va continuer un petit peu et puis je vais assez rapidement reprendre l'entraînement.
Alors c'est un entraînement qui est moins intense par exemple que celui de ma première mission. J'ai pas besoin d'apprendre le russe en partant de zéro, j'ai pas besoin d'apprendre l'intégralité de la station spatiale, on va y passer que deux semaines, on sera par exemple pas amené à réparer quelque chose. Ça c'est le bougot de l'équipage de longue durée, l'équipage qui sera à bord quand nous on va arriver pour ces deux semaines.
Donc c'est vraiment beaucoup de temps au simulateur, c'est un peu du métier de pilote en Californie chez les équipes de SpaceX sur le Crew Dragon, le le même véhicule que mon dernier voyage, le programme scientifique et puis il va y avoir quand même des stages de survie, il va y avoir aussi beaucoup de transmissions en fait. Maintenant je suis le vétéran de cet équipage, ça va être à moi de les encadrer, de les guider. Il y a de fortes chances qu'aucun d'entre eux soit encore allé dans l'espace et c'est à ça que je vais vraiment m'atteler dans l'année qui vient et qui va aller très vite, je suis sûr.
Vétéran de 48 ans, tout va bien Thomas Pesquet, est-ce qu'il y a aussi un entraînement physique ? Il y a ceux qui préparent le summer body avant l'été. Est-ce qu'il faut avoir un space body avant de monter à bord et si oui, en quoi ça consiste ?
Il va falloir être en forme, oui. C'est vrai que tant qu'on ne fait pas quand est le décollage. C'est comme un sportif qui s'entraînerait pour des Jeux Olympiques sans savoir la date des Jeux Olympiques.
On n'est pas au maximum de la performance. Par contre, dès qu'on a une date en vue, tout de suite, il faut se préparer. Cette mission, ça va être un sprint.
Ce n'est pas un marathon comme émission précédente, comme ce que fait Sophie en ce moment à bord de la station. C'est plutôt du sprint, donc il va falloir être en grande forme physique. On n'aura pas le temps là-haut de s'entretenir.
Il va vraiment falloir être en forme. Décollage, rentrée atmosphérique, tout ça, c c'est très dynamique, ça veut dire beaucoup de G, des accélérations dans tous les axes. Ça veut dire courir du cardio, de la salle, du renforcement, un peu tout ce qu'on a envie en fait du moment qu'on maximise un peu cette préparation.
Moi j'aime bien nager, j'aime bien jouer au squash. Donc je vais essayer de m'atteler aussi à tout ça. Il va falloir trouver en plus du temps technique et du temps pour le sport.
C'est ça l'équation qui n'est pas toujours facile dans l'entraînement. Et l'étape suivante, on le sait parce que vous l'avez dit ces derniers mois. Pour vous, votre rêve c'est d'aller un peu plus loin, même beaucoup plus loin, c'est-à-dire d'être le premier Français sur la Lune.
C'est ça votre match d'après, pour filer la métaphore sportive, C'est ça qui vous fait aujourd'hui avancer. Oui, exactement. Je pense que la métaphore sportive, elle est correcte.
On a le championnat d'Europe et ensuite le championnat du monde. On va dire moi, mon championnat du monde, c'est l'émission sur la Lune. C'est ça qui m'anime aujourd aujourd'hui vraiment et c'est mon objectif, on sait que le programme Artemis se met en place, qu'a priori en 2027 il n'y aurait pas de mission spatiale du moins à part une Artemis 3 autour de la Terre, donc qui est évidemment éminemment nécessaire mais qui ne va pas autour de la Lune et que donc pour un Européen, les Français, les Allemands, les Italiens, on pense que les missions les plus intéressantes vont arriver plus tard.
Les l'Agence Spatiale Européenne a voix au chapitre dans ses missions, la France grand pays de l'ESA, le plus grand contributeur quand même à l'Agence Spatiale Européenne depuis très longtemps. Donc tout ça donne des espoirs mais évidemment il faut les matérialiser, c'est bien de s'inscrire au match mais après il faut quand même le gagner. Mais vous ce que vous voulez on l'entend c'est poser le pied, c'est pas juste faire le tour de la Lune, pourquoi c'est si important pour vous d'y aller sur la Lune ?
C'est important alors évidemment c'est pas moi qui veux choisir, moi je peux juste faire de mon mieux pour avoir les compétences, pour avoir les qualités et puis ensuite le jeu des nations, les programmes tout ça c'est une complexité évidemment qui dépasse mon niveau de décision mais en ajoutant cette qualification de commandant de bord de Capsule, encore une fois, c'est quelque chose qui n'avait pas été fait avant et qui montre aussi la reconnaissance de la NASA pour le spatial français, l'agent spatial européen. Et moi, ça me met en position de faire ça. Pourquoi c'est important parce qu'on est des explorateurs, on a envie d'aller plus loin.
Aujourd'hui la Lune, bien qu'on y soit allé dans les années 60-70, c'est quand même un peu le graal de l'exploration. C'est absolument nécessaire d'y retourner, mais pour s s'y installer pour faire quelque chose qu'on n'a pas fait avant, c'est-à-dire vraiment faire des missions longues, une base de recherche sur la Lune et qui nous servira à préparer la suite. Et la suite, c'est Mars.
Alors Mars, je ne ferai sans doute pas partie. Je pense que ce que C'est vraiment les grandes missions d explorations. On a envie d'aller le plus loin possible.
Aujourd'hui, le plus loin possible c'est la Lune, demain ce sera Mars. Il y a un autre Français, vous l'avez cité tout à l'heure qui va s'envoler dans une autre mission l'an prochain, c'est Arnaud Prost. Il y a une Française en ce moment au-dessus de nos têtes quelque part.
Bien sûr, c'est Sophie Adnaud qui est à bord de la Station spatiale internationale. Il y a une pépinière en France, c'est un effet pesquet. Comment vous l'expliquez ?
On est l'une des rares nations à avoir trois astronautes en activité en même temps. Oui, en Europe on est les seuls et c'était aussi cette opportunité-là qu'on voulait saisir. C'est important d'avoir une équipe de France du vol spatial et puis de montrer aussi le dynamisme du pays.
C'est tout un tissu de formation, académiques, d'industriels, de laboratoires, de centres de recherche, l'agence spatiale, le CNES, qui est un leader de l'Europe spatiale depuis toujours. C'est important de montrer qu'on a ce dynamisme, on a cette réussite. Il y a des choses dans lesquelles on est les meilleurs du monde en France.
Parfois, on a un peu peur de le dire, on a un peu peur de le clamer, mais parfois c'est bien de le rappeler. C'est aussi ça qui fait qu'une entreprise comme Vast a choisi la France pour ce partenariat pour venir installer son siège social en Europe parce qu'on sait que c'est là qu'il y a les talents, on sait que c'est là qu'il y a les opportunités et c'est vrai. On sait que les astronautes rapportent généralement des objets fétiches à bord.
J'ai vérifié pour vous il y a 10 ans, c'était un volant de badminton. Allez savoir pourquoi. Des livres de Saint-Ex, on peut imaginer.
Et votre ceinture noire de judo. Vous emmenez quoi l'an prochain ? Alors je ne sais pas, j'aurais peut-être là maintenant j'ai plutôt envie de laisser les gens avec qui je vais partir emporter ce qu'ils ont envie, c'est leur première mission, moi c'est ma troisième, c'est moins important on va dire pour moi.
Ce qui est toujours bien c'est les objets pour les proches, s'il y a des gens qui sont passionnés de spatial et qui est en rêve. J'avais emmené les alliances d'un couple d'amis passionnés de spatial, qui s'est mariée peu après ma mission. C'est des choses comme ça symboliques qui sont bien à Saint-Exupéry, quelque chose qu'il y a vraiment un message.
Je n'ai pas encore décidé, mais je suis preneur de toutes les suggestions. Un an pour faire sa valise, normalement je suis sûr qu'il y a plein de gens qui vont avoir des idées pour vous. Thomas Pesquet, vous nous ramènerez comme d'habitude, vous nous enverrez des photos des cartes postales de là-haut ?
Oui on va essayer, après ça va être beaucoup plus court évidemment, comme je l'ai dit ce sera un sprint on va peut-être essayer de partager la mission différemment, je ne sais pas, on va y réfléchir intensément dans les semaines qui viennent évidemment, mais oui, évidemment l'idée c'est de partager cette mission et puis d'essayer de faire en sorte que cette étape sur la route de la Lune et d'autres, soit elle emmène aussi les gens avec nous. Il nous reste 30 secondes Thomas Pesquet. Qu'est-ce que vous dites à tous ceux qui ont envie d'être à votre place ?
Tout simplement qu'ils vous regardent et qu'ils se disent pourquoi c'est lui et pas moi Dont moi-même, pour tout vous dire. Je leur dis qu'il n'est jamais trop tard. Alors parfois, il est trop tard, mais que moi, je ne savais pas que j'allais devenir astronaute.
Il n'y a pas de carrière toute tracée. Il faut vraiment juste essayer de saisir les opportunités comme je le fais aujourd'hui. Et puis que, voilà, moi vraiment ces missions-là, je pense à tous ces gens-là, je les rencontre, je parle beaucoup avec plein de gens, que ce soit quand je prends des déplacements ou quand je vais faire mes courses au au supermarché et ça me fait vraiment plaisir de partager ces missions-là.
C'est pour ça que j'ai fait des photos, c'est pour ça que j'ai fait des livres et qu'on a fait tout ce qu'on a pu. On va essayer de continuer à faire ça. On sait que ce n'est pas juste nos petites aventures égoïstes, mais qu'on emmène un parfois les rêves des gens avec nous, c'est une responsabilité.
Merci beaucoup Thomas Pesquet d'avoir pris quelques minutes dans votre agenda
Emmanuel Macron