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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 29 septembre 2022 25 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécurité

Medef : Retraites, faillites des entreprises, assurance-chômage... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Geoffroy Roux de Bézieux

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03FerméeÉludée

    Est-ce que vous dites clairement ce matin au micro de France Info, le MEDEF se tiendra aux côtés du gouvernement pour défendre cette réforme ?

  • 2:12OuverteÉludée

    Emmanuel Macron prévient déjà, il envisage de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de blocage. Il a raison de mettre la pression ainsi ?

  • 3:51OuverteRéponse partielle

    Si les Français choisissent une majorité du RN dans les urnes, ça vaudra le coup, tout de même, pour la réforme des retraites, de prendre ce risque.

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Lors de la dernière réforme, vous vous êtes battu pour réduire le nombre de critères de pénibilité. Aujourd'hui, ça va être sur la table. Là, vous êtes prêt à faire un geste ?

  • 5:41OuverteRéponse partielle

    Votre réforme idéale à vous, au MEDEF, c'est quoi ?

  • 7:36FerméeRéponse directe

    Un peu plus de 13 millions de Français attendent de savoir de combien seront revalorisées les pensions de retraite privées au 1er novembre prochain. Est-ce que ce sera bien un peu plus de 5% comme on a pu le lire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:20Invité politiqueFait
    « J'avais dit le 29 août, c'est-à-dire exactement il y a un mois, commençons par faire la réforme de l'assurance chômage, parce que c'est le problème numéro un des entreprises, le recrutement. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « La réforme de l'assurance chômage est au Parlement, et elle sera votée, je pense, à la fin du mois. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « La seule chose, la seule science économique dont on est sûr, c'est la démographie. Or, dans les cinq prochaines années, le nombre de gens qui partent à la retraite et ceux qui arrivent sur le marché du travail s'inversent. »
  • 10:12Invité politiqueChiffre
    « Vous savez qu'il y a à peine 300 entreprises qui ont demandé ces aides, qui sont très compliquées. »
  • 10:52Invité politiqueChiffre
    « On a fait une enquête flash auprès de nos adhérents, ce n'est pas un sondage, mais c'est une enquête flash. Sur 800 entreprises qu'on a interrogées, il y en a 11% qui envisagent de ralentir ou d'arrêter leur production. »
  • 12:12Invité politiqueChiffre
    « Leur facture, qui était déjà en hausse en 2022, c'était 5 millions d'euros. Elle passe à 23 millions d'euros. »
  • 16:17Invité politiqueChiffre
    « Les recettes de 2022 de l'impôt sur les sociétés sont supérieures à celles de 2019. »
  • 16:41PrésentateurChiffre
    « C'est la plus grosse niche des entreprises. Ça coûte 6 milliards d'euros par an. »
  • 17:43Invité politiqueChiffre
    « 170 millions. »
  • 18:41Invité politiqueChiffre
    « C'est 30 milliards d'impôts pour les différents pays qui l'hébergent. »
  • 20:29InvitéChiffre
    « 4 millions et demi de postes à pourvoir sur les 12 prochains mois, dont la moitié en CDI. »
  • 22:15Invité politiqueFait
    « Faire 4 mois, 6 mois de CDD et puis après on a de temps en temps maintenant des refus de CDI. »

Temps de parole

  • Invité politique69 %
  • Présentateur13 %
  • Invité9 %
  • Invité 28 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-François de Bézieux, on ne sait toujours pas à quoi va ressembler la réforme des retraites, mais ça y est, on en connaît désormais le calendrier et la méthode. Il y aura bien une concertation avec les partenaires sociaux, puis une loi cet hiver, c'est ce qu'annonçait Elisabeth Borne après une réunion hier soir à l'Elysée. Il faut laisser une chance à la concertation, même si tous les syndicats sont contre cette réforme.

0:23
Invité politique

Il me semble que sur une réforme aussi importante qui concerne presque tous les Français, peut-être à part ceux qui sont déjà à la retraite, c'était difficile de ne pas faire une concertation. Maintenant, on connaît effectivement, vous l'avez dit, les grandes positions des uns et des autres. On a fait deux ans de concertation il y a trois ans. Sur une autre réforme ? Sur une autre réforme, c'est vrai, mais dont certains paramètres étaient déjà sur la table. Donc nous, on ira évidemment à cette concertation, on répondra, enfin d'abord on examinera ce qui est proposé, puisque vous le dites, on ne connaît pas tous les détails, et puis on aura des propositions à faire, bien sûr.

0:59
Présentateur

Le gouvernement vous reproche, vous patronat, de traîner les pieds. Est-ce que vous dites clairement ce matin au micro de France Info, le MEDEF se tiendra aux côtés du gouvernement pour défendre cette réforme ?

1:10
Invité politique

On n'a pas à être aux côtés ou en face, ce n'est pas notre rôle. On n'est ni à côté ni en face. Non, bien sûr, nous on soutient depuis le début le principe d'une réforme des retraites. J'avais dit le 29 août, c'est-à-dire exactement il y a un mois, commençons par faire la réforme de l'assurance chômage, parce que c'est le problème numéro un des entreprises, le recrutement. Et quand on aura réglé, en tout cas posé cette réforme, on pourra commencer la concertation avec les retraites. C'est exactement ce qui se produit, puisque la réforme de l'assurance chômage est au Parlement, et elle sera votée, je pense, à la fin du mois. Donc, j'ai à dire, le calendrier correspond à ce qu'on souhaitait.

Entre-temps, un petit problème avec l'énergie dont on parlera tout à l'heure. Et trois mois, je suis bien compris, alors je n'ai pas tous les détails, trois mois de concertation, ça peut paraître court, mais en même temps, comme je l'ai dit, les positions sont connues, c'est des sujets qu'on a très longtemps discutés. Donc, oui, ça me paraît raisonnable comme concertation.

2:06
Invité

Sauf qu'Emmanuel Macron prévient déjà, il envisage de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de blocage. Il a raison de mettre la pression ainsi ?

2:14
Invité politique

C'est une question politique. Moi, je ne suis ni député, ni président d'un groupe politique. Moi, je suis là pour défendre les entreprises et voir comment cette réforme va les impacter. Très clairement, si on allonge l'âge de départ, il va falloir que collectivement, les entreprises soient en capacité d'employer plus de seniors. Et c'est un sujet complexe.

2:34
Invité

Parce que vous entendez ce que dit la gauche. La gauche dit, c'est bien beau de reculer l'âge de départ, l'âge légal de départ, mais ça met beaucoup plus de seniors au chômage ou au RSA. Un Français sur deux aujourd'hui est sans emploi, sans activité.

2:47
Invité politique

Il n'y a pas que la gauche qui dit ça. Vous aussi. Non, mais bien sûr. Bien sûr que c'est compliqué. Il y a plusieurs types de problèmes qui se posent. Il y a des métiers qui sont plus difficiles à exercer à part d'un certain âge. On parle de pénibilité, je préfère parler d'usure au travail. C'est un fait. Je ne vais pas citer les métiers, mais tout le monde sait. Il y a aussi, il faut le dire, des bons technologiques qui font qu'à partir d'un certain âge, on est peut-être moins compétent dans certains secteurs de technologie. Donc tout ça, il faut mettre ça sur la table, sans en faire un sujet, pardon de dire ça, droite ou gauche.

Parce que le travail, l'entreprise, ça n'est ni de droite ni de gauche. On a besoin de travailler plus longtemps dans ce pays. Et pour une raison simple, et ça, personne ne le dit, c'est que la seule chose, la seule science économique dont on est sûr, c'est la démographie. Or, dans les cinq prochaines années, le nombre de gens qui partent à la retraite et ceux qui arrivent sur le marché du travail s'inversent. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a du mal à retraiter.

3:39
Présentateur

Je reviens d'un mot, Geoffroy Aroude-Bazieu. Après, on va essayer d'entrer dans le dur de la réforme sur cette menace de dissolution de l'Assemblée par Emmanuel Macron. Si les Français choisissent une majorité du RN dans les urnes, ça vaudra le coup, tout de même, pour la réforme des retraites, de prendre ce risque.

3:54
Invité politique

Écoutez, vous me posez des questions politiques, je pourrais vous répondre comme citoyen, mais vous ne m'avez pas invité comme citoyen. Dissoudre l'Assemblée nationale, c'est jeter un dé, quelque part. C'est une menace que exerce le président de la République. Moi, je n'ai pas à commenter ce genre de menace. Ça vaut le coup, en tout cas, pour la réforme des retraites. En tout cas, je vais répondre différemment. La réforme des retraites est une réforme indispensable à faire, pour les raisons que j'évoque. Si on veut garder notre système de protection sociale, on ne peut le financer qu'avec la quantité de travail globale.

Alors, évidemment, si le chômage était à 2%, on aurait moins besoin, puisque tout ça, c'est une quantité de travail. Mais malheureusement, il est à 7%, on peut peut-être le faire descendre à 5%, peut-être. Donc, on a besoin de cette réforme. Après la menace de dissolution, je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus.

4:38
Invité

Vous parliez à l'instant de l'usure au travail, de la pénibilité. Lors de la dernière réforme, vous vous êtes battu pour réduire le nombre de critères de pénibilité. Aujourd'hui, ça va être sur la table. Là, vous êtes prêt à faire un geste ?

4:49
Invité politique

Non, mais pardon, on s'est battu pour simplifier le système. Et vous avez réussi à faire supprimer plusieurs des critères qui avaient été mis en place par François Hollande. Pardon, on les a fait supprimer. Ce n'est pas pour ça que les gens qui exerçaient ces métiers ne sont pas pris en compte dans le système. Le système actuel à 62 ans. Simplement, on nous demandait globalement de, pardon, de prendre l'expression, de surveiller, presque de fliquer des salariés pour vérifier heure par heure à quelle posture, enfin, quelle était leur posture pénible. Dans le bâtiment, par exemple, sur un chantier de bâtiment, c'était totalement impossible.

C'était une réforme typique d'une bureaucratie qui ne connaissait pas l'entreprise. Donc, encore une fois, dire qu'il y a des métiers usants, on le reconnaît volontiers. C'est un fait que personne ne peut nier. Après, sur la méthode, je pense que la méthode actuelle est la bonne et qu'il faut simplement regarder ça à l'aune de la nouvelle réforme que va nous proposer le gouvernement, qu'on va découvrir. Votre réforme idéale à vous, au MEDEF, c'est quoi ? Je n'ai pas de réforme idéale.

5:46
Présentateur

64, 65 ans ?

5:48
Invité politique

Pardon, alors, je ne suis pas sûr que ce soit le seul paramètre sur lequel il faut se focaliser. C'est évidemment le paramètre qui retient l'attention de tout le monde. Vous savez, aujourd'hui, on a un 62 ans d'âge légal et pourtant, l'âge effectif, c'est-à-dire l'âge auquel les gens partent, n'est pas 62. Il est au-delà de 62 dans le privé et en dessous de 62 dans le public. C'est-à-dire un élément qu'on mettra sur la table.

Il ne faut pas oublier quand même qu'il y a une inéquité dans le système de retraite entre nos salariés, les salariés du privé, qui partent plus tard et qui ont une retraite qui est calculée sur les 25 meilleures années, comme vous le savez, et les salariés du public qui partent plus tôt. Alors, dans la moyenne, il y a aussi les régimes spéciaux, donc il faut faire attention de ne pas tout amalgamer, et avec une retraite qui est calculée sur les six derniers mois. Tout ça fait partie de l'excussion. Ou pas aux régimes spéciaux ? Je crois qu'il sera difficile de demander aux Français de travailler plus longtemps si certaines catégories sont exemptées.

Il me semble que c'est une réforme très difficile pour tout le monde. quand même, il faut le dire, c'est la réforme la plus anxiogène. Et c'est celle qui est susceptible de mettre le plus de monde dans la rue, peut-être. Alors ça, c'est un autre sujet, mais les deux, d'ailleurs, sont liés. Mais je ne vois pas comment on peut demander à une majorité de Français de travailler plus longtemps si on exonère, en quelque sorte, une minorité.

7:04
Invité

On le dit ça aux salariés d'EDF qui sont dans une entreprise en déficit en ce moment et qui ont un doute sur l'avenir ?

7:13
Invité politique

Alors, il y a un sujet EDF, ça on va en parler dans le volet énergie, mais le régime, alors je ne sais plus quel est le nom technique du régime spécial de l'EDF, fait partie, comme d'autres régimes spéciaux, des sujets qui doivent être posés sur la table. Je ne vois pas comment on peut dire aux Français, vous allez travailler plus longtemps, mais il y en a qui vont avoir le droit de ne pas le faire.

7:32
Présentateur

Un tout petit mot, une question, une confirmation plutôt de votre part, si vous voulez bien, Geoffroy Roux-de-Bézieux. Un peu plus de 13 millions de Français attendent de savoir de combien seront revalorisées les pensions de retraite privées au 1er novembre prochain. C'est vous, le MEDEF, qui dirigez l'organisme paritaire, qui gère ce système de retraite privée. Est-ce que ce sera bien un peu plus de 5% comme on a pu le lire ?

7:52
Invité politique

Alors, j'ai une petite présentation, ce n'est pas le MEDEF qui dirige, non mais c'est important de le lire. C'est une co-gestion qui fonctionne, qui a des réserves. Comme quoi, parfois, les discussions, ça marche ? Comme quoi, ça marche ? Exactement, non mais ça sera 5,1%. C'est un équilibre qu'on a trouvé entre des demandes, évidemment, qui étaient plus importantes chez les syndicats et le fait de garder équipe.

Juste une petite parenthèse, au passage, dans les sujets sur lesquels on sera très vigilants, il ne faut pas que ces retraites des salariés du privé, qui ont fait des efforts, qui sont excédentaires, qui ont des réserves, soient d'une manière ou d'une autre ponctionnées pour financer d'autres régimes dans la fonction publique, qui sont en déficit. C'est l'histoire de la fourmi et des fourmis des cigales, quoi, vous voyez ?

8:35
Présentateur

Et ça, ça fera partie des lignes rouges sur lesquelles on sera très vigilants. 8h41, le fil info avec Mathilde Romagnon, et on poursuit dans un instant avec vous Geoffroy Roux de Bézieux.

8:45
Invité

Emmanuel Macron n'exclut pas de dissoudre l'Assemblée nationale si les débats sur la réforme des retraites n'aboutissent pas. En cas de motion de censure contre le gouvernement, le chef de l'État envisage de provoquer de nouvelles élections législatives. Ce matin, la Première ministre Elisabeth Borne annonce lancer un nouveau cycle de concertation sur la réforme des retraites pour voter un projet de loi avant la fin de l'hiver. Les 511 magasins camailleux fermeront samedi soir après la décision du tribunal de commerce de Lille. La justice a prononcé hier la liquidation de l'enseigne de prêt-à-porter. Deux ans après sa reprise, 2600 emplois sont supprimés.

Journée de grève interprofessionnelle aujourd'hui à l'appel de la CGT et de Solidaire pour demander des hausses de salaire face à l'inflation. Les syndicats enseignants annoncent 20% de grévistes en moyenne. Parmi les professeurs des écoles, 40% en région parisienne. Les transports en commun sont perturbés en Ile-de-France. L'ouragan Yann est rétrogradé en catégorie 1. Sa puissance diminue après avoir causé d'importantes inondations en Floride. Des pluies torrentielles et des vents violents à plus de 200 km à l'heure se sont abattues au sud-est des Etats-Unis. France Info

9:52
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:57
Invité

Toujours avec Geoffroy Raud-Bézieux, le président du MEDEF. Le gouvernement a décidé de prolonger en 2023 les aides pour les entreprises touchées par l'envolée des prix de l'énergie. Est-ce que vous dites merci à Bruno Le Maire, le ministre de l'économie ?

10:10
Invité politique

Alors, malheureusement, ce n'est pas le bon système. Vous savez qu'il y a à peine 300 entreprises qui ont demandé ces aides, qui sont très compliquées. Là, on est face à un énorme problème qu'on a peut-être sous-estimé, et d'ailleurs qui est médiatiquement sous-estimé, c'est que les factures d'énergie pour les entreprises d'une taille significative au-delà de 10-15 salariés sont souvent sur un système de contrat à 3 ans avec des prix fixes. Et donc, il y a un tiers des entreprises qui, chaque année, renouvellent leurs contrats. Et là, on arrive à la période où on renouvelle les contrats.

Et je reçois de plus en plus d'appels au secours, il n'y a pas d'autre mot, d'entreprises de toute taille et de tout secteur qui me disent « Ma facture va être multipliée par 10 ». Je vais vous donner un chiffre qui m'a beaucoup pas fait. On a fait une enquête flash auprès de nos adhérents, ce n'est pas un sondage, mais c'est une enquête flash. Sur 800 entreprises qu'on a interrogées, il y en a 11% qui envisagent de ralentir ou d'arrêter leur production.

11:03
Invité

Pourtant, Emmanuel Macron leur dit « Ne négociez pas ces contrats en question ».

11:07
Invité politique

Non, alors il leur dit « Ne signez pas ». Oui, j'entends, mais je m'adresse au président de la République. Il y a urgence, et c'est au niveau européen qu'on peut le faire, à changer ce système absurde, enfin qui se révèle absurde, qui fait que le prix de l'électricité est lié au prix du... Alors, ce qu'on appelle le dernier facteur de production, le prix du gaz. C'est très compliqué à comprendre. Je ne vais pas l'expliquer aux auditeurs, je serais même peut-être incapable de le faire. Mais en gros, c'est un prix artificiel qui ne correspond pas à une réalité économique.

11:36
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut le plafonner, comme l'ont obtenu de l'Europe, par exemple, les Espagnols, ce prix de l'électricité ?

11:41
Invité politique

Alors, il y a la solution espagnole, parce qu'en plus, pour compliquer les choses, ce prix est européen, sauf en Espagne et au Portugal, ce qui quand même pose un problème même de concurrence. Ils ont tenu des dérogations. Voilà, entre un fabricant de textiles espagnols et français, il y a un problème. Mais c'est une question, peut-être pas de jour, mais de semaine, parce que, encore une fois, je reçois, je vais vous donner un exemple, parce que ça a parlé à tout le monde. Tu as un fabricant breton, une entreprise de plus de 500 personnes, qui fait des yaourts de la poudre de lait. Leur facture, qui était déjà en hausse en 2022, c'était 5 millions d'euros. Elle passe à 23 millions d'euros.

Ça veut dire que l'entreprise tombe dans le rouge.

12:18
Invité

Mais pourtant, quand on écoute le gouvernement, il y a des dispositifs pour aider les entreprises. Il y a le bouclier tarifaire pour les petites entreprises. Et puis, il y a...

12:24
Invité politique

Le bouclier tarifaire fonctionne pour les moins de 10. Non, mais le guichet...

12:29
Invité

Mais il y a un fond pour les grosses entreprises énergivores.

12:30
Invité politique

Bruno Le Maire l'a reconnu lui-même, d'ailleurs, quand il était au MEDEF en fin août. Le système ne fonctionne pas. Mais nous, on pense que ce système de guichet, qui est, au fond, une espèce de solution temporaire, ce n'est pas la bonne solution. Il faut au niveau de l'Europe. Donc, c'est un combat politique. Je le dis très clairement. L'Allemagne est réticente, il faut dire les choses. Je crois que le président de la République doit aller en Allemagne lundi, au début de semaine.

Il y a un moment où, quand même, là aussi, je ne vais pas faire de politique ou de diplomatie, c'est quand même l'Allemagne qui nous a un peu mis dans cette situation, en renonçant au nucléaire, d'une part, et surtout, en étant dépendants du gaz russe.

13:08
Présentateur

Les Allemands disent la même chose de nous, ce sont les Français qui nous ont mis dans cette situation, en oubliant de faire fonctionner leur centrale nucléaire.

13:13
Invité politique

Pardon, je ne vais pas faire assez de politique. À part tout balle au centre. Bon, si vous voulez, surtout qu'on foute. En tout cas, je pense qu'il faut qu'il y ait une volonté politique de sortir de ce qu'on appelle le market design, ce système qui fixe les prix de l'électricité sur le prix marginal. Si on n'arrive pas à le faire, qu'est-ce qui va se passer dans ces entreprises ? Je suis inquiet. Je suis très inquiet. Vous vous souvenez, moi, je suis plutôt un optimiste. On parlait du mur des faillites. Pendant la crise Covid. La crise Covid qui n'est pas arrivée. Là, il y aura des faillites.

Parce qu'une entreprise qui passe brusquement d'une situation profitable, normale, qui lui permet d'investir, a tombé dans le rouge. Surtout que des entreprises sont endettées. Il y a quand même des entreprises en sortie de crise qui ont les PGE à rembourser. Il y a les prêts garantis par l'État. Il y a vraiment un risque très sérieux. Donc, je lance, je ne sais pas si c'est un OCS ou une alerte. Et je trouve qu'on en parle. Alors, évidemment, on parle de choses qui sont peut-être plus... Comment dire ? Qui concernent plus les Français au quotidien. Mais nos entreprises sont très, très, très inquiets. Il faut vraiment qu'il y ait un mouvement politique fort au niveau de l'Europe.

14:18
Invité

Cette inflation au niveau des prix de l'énergie, elle est la conséquence directe de la guerre en Ukraine. En juin dernier, vous nous disiez que les sanctions allaient nous faire mal. mais que la politique devaient prendre le pas sur l'économie et que c'était, en quelque sorte, le prix à payer par solidarité avec l'Ukraine. Vous dites la même chose aujourd'hui ?

14:35
Invité politique

Je dis la même chose. Les valeurs n'ont pas de prix, si vous voulez. Si on arrêtait les sanctions, si on prend le scénario inverse, c'est donner raison aux agresseurs, c'est donner raison à ceux qui piétinent le droit international, c'est donner raison à ceux qui ne respectent pas la démocratie. Moi, j'ai fait intervenir le président Zelensky au MEDEF, à Longchamp, où là, on réunit les patrons, et il nous a dit exactement ça. Il nous a dit, à un moment, si vous voulez préserver votre modèle, qui est un modèle à la fois de prospérité, mais de démocratie, il faut que soyez de nos côtés, effectivement, ça nous coûte cher.

Je ne pensais pas, malheureusement, avoir aussi raison, si j'ose dire, à propos de l'énergie, parce que personne n'a vu venir cette envolée des tarifs.

15:17
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux, vous venez de vous fâcher avec Bruno Le Maire sur la question de la dette. Vous estimez que le gouvernement ne va pas assez vite pour la résorber. Il manque d'ambition, c'est ce que vous avez dit. Le ministre de l'économie vous a répondu que si vous n'étiez pas content, vous n'aviez qu'à renoncer aux 8 milliards d'impôts en moins qu'il a prévu d'accorder aux entreprises. Que lui répondez-vous à votre tour ?

15:38
Invité politique

C'est le jeu démocratique. Chacun, à lui, il défend son budget. C'est normal. Et je pense qu'on est, en tant qu'organisation présentive d'emprise, dans notre rôle, à faire mettre des critiques. 8 milliards pour les entreprises. Effectivement, ce serait de la dette en moins. Effectivement, enfin, d'abord, ce n'est pas 8, c'est 4, puisque c'est divisible en 2. 4 plus 4, c'est sur 2 années. Donc, sur cette année, c'est 4, mais bon, le principe reste. 4 sur un montant de recettes fiscales de 380 milliards. Donc, je ne pense pas que ce soit ça qui compte, mais surtout, et ça a été démontré par la baisse de l'impôt sur les sociétés, ces baisses, elles sont autopayantes.

On a baissé l'impôt sur les sociétés en 3 étapes. Les recettes de 2022 de l'impôt sur les sociétés sont supérieures à celles de 2019. Donc, il y a un moment où, quand vous baissez l'impôt des entreprises, ça se traduit. Oui, mais bien sûr. Non, non, pas que plus de profit. Il y a eu plus d'investissements, plus d'emplois. Tout ça, ça a créé plus de richesses et ça a permis, avec un taux plus bas, de faire plus de rentrées fiscales.

16:34
Présentateur

Mais il y a un exemple, vous savez, qui cristallise le mécontentement d'une partie des syndicats et de la gauche aujourd'hui. C'est le crédit d'impôt recherche. C'est la plus grosse niche des entreprises. Ça coûte 6 milliards d'euros par an. Est-ce qu'il est normal, par exemple, qu'un groupe comme Total, je suis désolé, on parle toujours de lui, qui fait des milliards et des milliards de bénéfices, le touche et touche chaque année 70 millions d'euros de crédit d'impôt recherche.

16:54
Invité politique

Pourquoi est-ce qu'on a des crédits d'impôt en France ? Pour aider les entreprises qui n'y arrivent pas ? Pardon, on a le taux d'impôt global, et en particulier, le plus élevé d'Europe. Plus maintenant. Non, non, globalement. Je parle des prélèvements obligatoires. Et donc, on a créé, effectivement, ce qu'on appelle des niches fiscales pour atténuer cet impact. À quoi sert ce crédit d'impôt, les 6 milliards ? À avoir des chercheurs en France, chez Total, chez Sanofi, mais aussi dans des toutes petites boîtes. Mais vous ne pensez pas que Total, avec ses 10 milliards de bénéfices au premier semestre, il pourrait se payer des chercheurs ? Et donc, vous voulez faire quoi ?

Interdire à une entreprise de bénéficier d'un système ? Mais faire le tri ! Mais faire le tri ! Mais non, on ne peut pas faire le tri. La Constitution fait, soit il y a un système pour toutes les entreprises, soit il n'y a pas de système. Non, ça, ça ne marche pas. Donc, effectivement, en plus, je n'ai pas calé le montant de Total, mais je crois qu'il n'est pas très, très élevé. 170 millions. Voilà. Bon, si tu voulais, ils gardent des chercheurs en France. Mais vous savez, Total, qu'on critique toute la journée, comme c'est vraiment le bouc émissaire favori.

17:51
Invité

C'est un bon exemple, un super concil.

17:52
Invité politique

Mais oui, mais est-ce que vous préférez que Total soit français, continue à investir en France, paye des impôts en France, que Patrick Poignet continue à investir dans des raffines en France où il perd de l'argent, ou que ça soit racheté par une multinationale étrangère et que tout ça parte à l'étranger ? C'est ça, la question. À un moment, l'attractivité du territoire, c'est aussi la fiscalité.

18:11
Présentateur

Bon, puisqu'on parle de Total, désolé, le groupe a donc enregistré des bénéfices records. Il a annoncé hier ce qu'il allait en faire. Il a dit, il y a un milliard d'euros qu'on va investir dans les énergies propres et 2,6 milliards d'euros pour les actionnaires. Ça vous semble être le bon équilibre ? Vous oubliez quand même qu'ils payent 30 milliards d'euros.

18:28
Invité politique

Alors, pas que en France. Pas en France, oui. Eh bien, oui. Mais malheureusement, ou heureusement, d'ailleurs, c'est une entreprise

18:33
Présentateur

qui n'est pas que en France. Un milliard pour la planète, deux milliards et demi pour les actionnaires,

18:36
Invité politique

c'est une bonne ratio ou pas ? C'est une manière comme un peu biaisée de présenter les choses. C'est 30 milliards d'impôts pour les différents pays qui l'hébergent. Au cas particulier, si vous m'interrogez, évidemment, sur les dividendes, ils payent en pourcentage beaucoup moins de dividendes que les autres multinationales du pétrole. Et c'est d'ailleurs un des problèmes, c'est que s'ils ne payent pas des dividendes, il n'aura plus d'actionnaires et il sera à la merci d'un rachat étranger. Moi, je suis fier qu'on ait Total en France, qu'on ait Sanofi, qu'on ait des grandes entreprises qui soient restées chez nous. C'est ça aussi

19:07
Présentateur

qui fait la force du pays. 8h52, le fil infos Mathilde Romagnon et on poursuit dans un instant. Pardon Mathilde pour le retard avec Geoffroy Roux de Bézu. Désolé.

19:15
Invité

Emmanuel Macron pourrait dissoudre l'Assemblée nationale en cas de motion de censure contre le gouvernement sur la réforme des retraites. Ce matin, la Première ministre a annoncé un nouveau cycle de concertation sur le sujet avec les partenaires sociaux et les syndicats. Elisabeth Borne envisage un projet de loi avant la fin de l'hiver sur la réforme des retraites. Nos entreprises sont très inquiètes face à l'inflation et la hausse des prix de l'énergie. Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, lance un appel ce matin sur France Info à plus de régulation sur les prix de l'électricité et du gaz. Ce sont 2600 employés qui se retrouvent sur le carreau.

Après la liquidation judiciaire de Camailleux prononcée hier par le tribunal de commerce de Lille, l'enseigne de prêt-à-porter nordiste maintient son activité jusqu'à samedi soir. Ces 511 magasins fermeront définitivement à 23h. L'ouragan Yann est en train de traverser la Floride et baisse en intensité. Il a été rétrogradé cette nuit en catégorie 1. Hier soir, plus de 2 millions de foyers étaient privés d'électricité dans cet état du sud-est des Etats-Unis. France Info

20:21
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

20:26
Invité

Toujours avec le président du MEDEF Geoffroy Roux de Bézieux 4 millions et demi de postes à pourvoir sur les 12 prochains mois dont la moitié en CDI. C'est ce qu'annonce une étude de l'agence Adéco et pourtant aujourd'hui nombreux sont les secteurs qui disent ne pas parvenir à recruter. Qu'est-ce qui coince ?

20:42
Invité politique

Il n'y a pas de réponse simple parce que c'est multifactorial. Parfois, c'est une question de transport, de mobilité pour aller travailler. Ça coûte plus cher de prendre sa voiture pour aller travailler. Parfois, c'est une question de logement, de déménager d'une région à l'autre. Quand on a un logement à HLM et qu'on doit déménager, c'est très compliqué. Il y a parfois des sujets d'horaire dans la restauration notamment sur lesquels les gens essaient de faire des efforts pour ne pas avoir la coupure, vous savez, la fameuse coupure de l'après-midi. Et les salaires ?

Des sujets de salaires, j'y viens, des sujets de salaires et d'ailleurs ce qui est en train de se passer, vous le voyez, vous allez me dire que ce n'est pas assez mais quand on voit une entreprise comme Air France qui n'est quand même pas en très bonne santé proposer 5%, on voit que les choses sont en train de bouger. Mais c'est vrai que la France a une particularité, c'est qu'on a l'impression qu'on commence à réduire le rupturement à 7% de chômage alors que les autres pays c'est plutôt autour de 4-5% et ce n'est pas complètement évident à comprendre.

21:39
Présentateur

Est-ce que ça justifie pour vous la réforme de l'assurance chômage qui a pour but de durcir les règles quand l'économie va bien et de les relâcher quand ça ne va pas bien et pas l'inverse ?

21:49
Invité politique

J'espère qu'on a compris. Soyons clairs, oui, il y a dans certains cas des incitations à faire que ne pas travailler ou alterner plutôt des périodes de travail et des périodes de non-travail et plus rémunérateur financièrement que travailler. Il y a des gens qui choisissent le chômage. Il y a des gens qui optimisent et d'ailleurs je ne le stigmatise pas en disant ça parce qu'au fond ils ont un système ils regardent ce qu'ils font et faire 4 mois, 6 mois de CDD et puis après on a de temps en temps maintenant des refus de CDI. C'est un phénomène nouveau. Donc oui, cette réforme est indispensable mais elle ne va pas tout résoudre. Il faut être lucide parce que

22:29
Invité

il y a l'attractivité des métiers aussi qui jouent.

22:32
Invité politique

Bien sûr, mais encore moi j'insiste sur le logement et la mobilité. On va aller voir les régions de France parce que je pense qu'il y a un sujet majeur autour de ça. On voit bien que la France bouge en termes de là où les emplois se créent et que c'est toujours très compliqué pour les Français de déménager.

22:47
Présentateur

La réforme a priori prévoit de mettre en place des critères régionaux c'est-à-dire en fonction du taux de chômage. Non ? Vous me dites non ? Pourquoi ?

22:53
Invité politique

Non, ça a été envisagé. Je vous pose la question

22:55
Présentateur

parce qu'on a un exemple ce matin dans l'actualité c'est Camailleux. Ça voudrait dire que demain une employée de Camailleux qui perd son emploi à Pau ne touchera pas le même chômage qu'un ou une employée qui perd son emploi à Strasbourg par exemple.

23:06
Invité politique

Non, ça avait été envisagé puisque le modèle qui est suivi c'est le modèle canadien. Mais le cas d'être un état fédéral on a une logique nous qui est très différente donc ça n'est plus le cas. Mais si je prends le cas de Camailleux donc il y a 2600 personnes qui vont perdre leur emploi et il y a 4 millions et demi d'emplois. Dedans il y a des emplois qui correspondent à des emplois similaires. La question c'est comment on fait matcher de l'expression ces gens qui vont se retrouver en recherche d'emplois et les emplois qui sont disponibles. On ne manque pas d'entreprises qui recrutent. Enfin vous l'avez dit.

23:38
Invité

Il faut de la formation aussi.

23:39
Invité politique

Oui mais là sur les gens de Camailleux ils ont un métier donc on doit pouvoir trouver qu'il y ait une solution.

23:45
Invité

Geoffroy Roude-Bézieux comment vous réagissez quand vous voyez tout ce qui se passe à gauche autour des affaires de violence physique et morale ? Quel regard vous avez là-dessus ?

23:53
Invité politique

Écoutez nous dans les entreprises on a assez tôt anticipé les choses. C'est-à-dire que quand il y a un signalement en interne il y a très rapidement le DRH qui mène une enquête va et c'est très important décider si oui ou non l'affaire doit être défaire en justice et on ne fait pas la police nous-mêmes. Mais par contre il y a un système d'alerte très rapide. est-ce que la politique est différente de l'entreprise d'une certaine manière non ? C'est une organisation humaine.

24:24
Présentateur

Pendant l'alerte qu'est-ce qu'on fait des personnes soupçonnées ? On les met de côté on les laisse à la maison on continue à les veiller ?

24:30
Invité politique

Écoutez alors il y a tous les cas de figure ça dépend un peu du niveau de l'alerte.

24:33
Présentateur

La question se pose aussi dans les parties politiques

24:35
Invité politique

mais au niveau de l'entreprise. Mais au niveau de l'entreprise il y a tous les cas de figure je veux dire ça dépend de la sévérité en quelque sorte de l'alerte si vous avez un témoignage une parole contre une parole

24:44
Invité

Vous invitez toutes les entreprises à constituer une cellule d'écoute ?

24:48
Invité politique

Cellule d'écoute avoir un référent mais référent c'est en général le DRH enfin le directeur des ressources humaines pardon mais je ne suis pas en train de dire que les entreprises sont exemplaires il y aura toujours des cas de harcèlement de violence parce que la nature humaine est faite de gens qui ont leur faiblesse mais les entreprises ont pris la mesure me semble-t-il du phénomène assez tôt Merci à vous Geoffroy Roux de Bézieux président du MEDEF invité ce matin de France Info

25:13
Présentateur

Bonne journée à vous