SÉBASTIEN CHENU : « Jean-Luc Mélenchon, c’est l’accélérateur du déclin » (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Bonjour et bienvenue sur RTL, Sébastien Chenu.
- 0:21OuverteRéponse directe
Liana a été tuée par un homme visé par des plaintes restées sans suite. Gérald Darmanin a présenté ses excuses. Et maintenant ?
- 1:53OuverteRéponse partielle
Vous êtes comme Bruno Retailleau qui demande un nouvel organisme ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Il veut une cour disciplinaire de la magistrature avec des citoyens tirés au sort, des magistrats professionnels et des personnalités qualifiées.
- 2:54OuverteÉludée
Gérald Darmanin a dit qu'il y aurait des sanctions s'il est avéré qu'il y a eu des fautes ou des responsabilités établies.
- 3:12RelanceÉludée
Quand il dit il faut vérifier les 70 000 plaintes d'ici au 14 juillet qui concerne les enfants...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:19Invité politiqueChiffre
« Plus de 50% pour les moyens de justice depuis 2017. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« On a à peu près, je crois, 10 000 magistrats dans le pays, c'est-à-dire très loin des autres pays européens par rapport au nombre d'habitants. »
- 3:26Invité politiqueChiffre
« Je rappelle qu'il y a 70 000 plaintes pour mineurs. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« Dans les prisons, 25% des détenus sont étrangers. »
- 9:03PrésentateurPromesse
« Vous voulez supprimer le droit du sol, si vous êtes élu ? »
- 9:09Invité politiquePromesse
« Nous l'avons déjà dit, nous l'avons déjà dit, et ça fait partie de notre programme. »
Temps de parole
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Thomas Soto, RTL Matin. Il est député du Nord, vice-président de l'Assemblée et vice-président du Rassemblement National. Sébastien Chenu est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Sébastien Chenu. Liana avait 11 ans. Liana a été tuée par un homme dont tout indique qu'il aurait dû être mis hors d'état de nuire depuis longtemps, car déjà visé par des plaintes pour viol ou violences sexuelles sur mineurs, plaintes qui sont restées lettres mortes. Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a parlé d'un immense échec et a présenté ses excuses au nom de la justice à la famille. Et maintenant ?
Vous avez raison, l'émotion est immense. Moi j'ai été dans ma circonscription évidemment tout le week-end. Et je peux dire qu'effectivement les Français, en tous les cas ceux que j'ai rencontrés, sont particulièrement touchés par ce drame. Ils se sentent tous concernés ? Oui, tout le monde se sent concerné. Tout le monde se dit que ça pourrait être sa fille, sa cousine, sa voisine, cette petite. Et surtout, tout le monde se dit que la justice dysfonctionne, mais ce n'est pas uniquement un dysfonctionnement. Et en cela d'ailleurs, la marche blanche n'est pas une réponse. On le voit bien, la faiblesse de la réponse du ministre de la Justice également n'en est pas une.
Et on voit que c'est un drame parce qu'en fait c'est la ruine programmée de notre système judiciaire qui est en train de se dévoiler sous nos yeux. La ruine programmée via le manque de moyens, évidemment. Plus de 50% pour les moyens de justice depuis 2017. D'accord, mais enfin, vous voyez bien qu'on n'y est pas. On a à peu près, je crois, 10 000 magistrats dans le pays, c'est-à-dire très loin des autres pays européens par rapport au nombre d'habitants.
Donc la ruine programmée par rapport au manque de moyens, la ruine programmée par rapport à l'absence de responsabilité ou de volonté politique, de responsabilité d'une certaine magistrature qui n'est jamais, lorsqu'elle se trompe, lorsqu'elle ne poursuit pas, lorsqu'elle a été sourde pendant des années, un certain nombre de plaintes et de signalements, n'est pas responsable, ne peut pas répondre de ces manquements. Vous êtes comme Bruno Retailleau qui demande un nouvel organisme ? Je vais y venir.
Et puis la ruine programmée aussi, parce que par une justice qui parfois est un tel d'idéologie, et qui aujourd'hui peut amener à des résultats qui ne sont pas satisfaisants en ce qui concerne les poursuites. Vous me parlez de Bruno Retailleau, moi je fais toujours attention à ces gens qui sont un peu toujours les monsieur plus.
Il veut une cour disciplinaire de la magistrature avec des citoyens tirés au sort, des magistrats professionnels et des personnalités qualifiées.
On peut mettre tout ça en débat, moi je crois qu'effectivement la première question à se poser c'est pourquoi est-ce que dans le corps de la magistrature, il n'y a pas de responsabilité ? Un magistrat n'est pas responsable de ses décisions, il ne peut pas en être éventuellement sanctionné. Encore une fois, il y a le conseil supérieur de la magistrature. On voit bien que ce n'est pas satisfaisant. Moi je suis pour une justice indépendante, attention, mélangeons pas les choses, je pense que la justice doit être indépendante, mais elle doit aussi dans certains cas pouvoir répondre de ces manquements.
Et ces manquements, ces signalements, maintes fois répétés dans le cadre de cette affaire, sont gravissimes.
Gérald Darmanin a dit qu'il y aurait des sanctions s'il est avéré qu'il y a eu des fautes ou des responsabilités établies. L'avocat pénaliste Franck Berton a eu ces mots-là sur X hier. Il ne va pas être bon d'être magistrat dans les semaines à venir, je le pressens. Les boucs émissaires sont déjà désignés, il faut sauver le ministre.
Mais c'est pour ça que moi je ne crois pas dans ce cas. Enfin c'est un effet d'annonce quoi Gérald Darmanin.
Quand il dit il faut vérifier les 70 000 plaintes d'ici au 14 juillet qui concerne les enfants...
C'est un effet d'annonce. Chacun sait que c'est extrêmement compliqué d'ici au 14 juillet de vérifier 70 000 plaintes pour mineurs sur 3 millions de plaintes en attente. Je rappelle qu'il y a 70 000 plaintes pour mineurs. Et quand Gérald Darmanin dit la question de l'enfance, de la protection de l'enfance dans la justice est une priorité, mais comme il mettait les autres difficultés, la lutte contre le narcotrafic est une priorité, etc. C'est vrai ou c'est pas vrai ? Non mais quand vous compilez toutes les priorités... Non mais c'est vrai ou c'est pas vrai ? Est-ce que la lutte contre le narcotrafic est une priorité ?
Quand vous compilez toutes les priorités, il n'y en a pas une hors dans ses directives, ou en tous les cas dans les lettres qu'il a pu écrire au parquet... Il y a eu des circulaires qui n'ont pas été appliquées. Et bien c'était une liste à l'après-verre. Moi je pense qu'une justice qui se tient debout, un garde des Sceaux qui sait où il va, il a deux ou trois objectifs prioritaires, puis après il y a des objectifs secondaires. Parmi ces objectifs prioritaires, il y a effectivement la question de la protection de l'enfance. Je vous rappelle quand même que aussi le scandale de la mairie de Paris aurait dû nous alerter, devrait nous alerter et nous scandaliser de la même façon.
Sébastien Chenu, Mathilde Panot, la chef des députés LFI, a appelé à la démission de Gérald Darman. Est-ce que vous la suivez là-dessus ?
Mais ça c'est de la politique politicienne. Vous voyez, moi je pense que j'ai zéro confiance et personne ne peut avoir confiance dans le garde des Sceaux. J'ai zéro confiance et personne ne peut avoir confiance dans ces gens qui depuis dix ans en Macronie se sont succédés. D'ailleurs parfois à la vitesse de la lumière, place Vendôme au siège du ministère de la Justice, avec des politiques qui sont parfois très contradictoires. M. Dupond-Moretti, M. Darmanin, Mme Belloubet, on a eu des gardes des Sceaux qui ne plaidaient pas pour la même chose. Donc aujourd'hui l'idée de dire, comme me dit Mme Panot, la démission de Darmanin, c'est un peu court. En fait personne ne...
Il faut faire quoi ? Parce que là, pardon mais vous actez l'impuissance, l'impuissance des politiques, l'impuissance... Il faut faire quoi Sébastien Chenu ? Parce qu'on a l'impression qu'on est face à une affaire d'État. C'est le cas ou pas ?
Bien sûr, c'est un énorme scandale d'État, bien entendu. La première des choses, c'est qu'il faut des moyens pour la justice. Vous avez dit, la justice a augmenté son nombre. Ces moyens, c'est une réalité, ça ne va pas assez loin. Des moyens à la fois dans le recrutement des magistrats, des moyens pour les places de prison. Vous savez, quand Emmanuel Macron a été élu il y a bientôt dix ans, il avait promis des dizaines de milliers de places supplémentaires, je crois, 50 000 places supplémentaires. Il y en aura eu au maximum, construit au bout de dix ans, 15 000.
Vous savez que c'est très compliqué de construire des prisons, que ça prend du temps et que les maires n'en veulent pas, quelles que soient leurs éthiques. Deux choses. Lorsqu'on a voulu reconstruire Notre-Dame, on a pu faire, entre guillemets, une loi spéciale qui a permis de s'affranchir un certain nombre de contraintes. Et deux, je vous rappelle que dans les prisons, 25% des détenus sont étrangers. Pas d'origine étrangère, 25% ont une nationalité étrangère. Ils devraient donc repartir dans leurs pays d'origine, ce qui libérerait 25% des places.
Vous savez aussi, Sébastien Chenu, que dans la plupart des cas, les pays d'origine ne veulent pas les récupérer.
Bien entendu, et d'ailleurs, ce gouvernement n'a pas eu le discours, la poigne, la fermeté, le bras de fer nécessaire pour qu'un certain nombre de pays, dont l'Algérie, puissent reprendre leurs ressortissants délinquants.
Sébastien Chenu, est-ce que vous êtes pour l'interdiction des syndicats de magistrats ? Edouard Philippe s'en est prêt à la syndicalisation des juges ce week-end. Il a dénoncé un pouvoir syndical assez important et qui donne le sentiment d'être assez intouchable. Est-ce que si vous êtes au pouvoir dans un an, vous interdirez les syndicats de magistrats ?
Non, mais je crois que c'est très compliqué en plus d'interdire les syndicats de magistrats. C'est constitutionnel. Donc l'idée, ce n'est pas ça, c'est que les syndicats de magistrats puissent faire leur boulot qui est de défendre un corps. Mais en revanche, des syndicats qui appellent à voter pour des candidats à l'élection présidentielle, comme le syndicat de la magistrature, posent un problème dans cet univers de la magistrature, posent un problème, en réalité se tirent eux-mêmes une balle dans le pied, parce que le mur des cons, ça a décrédibilisé l'ensemble de la magistrature.
Et quand vous signaliez tout à l'heure les propos de Franck Berton, l'avocat, il peut dire merci aux syndicats de la magistrature d'abîmer à ce point la confiance que peuvent avoir les Français en eux.
Est-ce que vous regrettez d'avoir voté contre une proposition de loi transpartisane qui prévoyait en octobre une modification pénale du viol pour intégrer la notion de non-consentement ?
Non, pas du tout. Et d'ailleurs, vous savez, on avait eu ce débat qui est un débat très sérieux. C'est important la prise en compte de la parole des victimes, on se rend compte ? J'allais y venir, mais l'inversion de la charge de la preuve, grosso modo devoir expliquer que votre partenaire vous avait donné un accord avant toute relation sexuelle, nous paraissait évidemment très compliqué et source de conflits, porteurs de conflits multiples sans rien résoudre. Donc prenons les choses avec beaucoup de sérieux, beaucoup de distance, l'accueil de la parole des victimes, que ce soit les femmes, que ce soit les enfants, la place de la victime dans la procédure judiciaire est primordiale.
Et je pense que, vous savez, il y a quelques années, il y avait un secrétariat d'État aux droits des victimes. Moi, j'avais été d'ailleurs membre du cabinet de Nicole Gage, qui était secrétaire d'État aux droits des victimes, c'était il y a 20 ans. Eh bien, je pense qu'effectivement, on devrait s'inspirer de ce qui avait été fait il y a quelques années. On a oublié quelque part la place des victimes dans le processus.
Au chapitre politique, Jean-Luc Mélenchon, ça ne vous a pas échappé, a tenu son premier meeting de campagne présidentielle hier à Saint-Denis. Il y avait du monde, environ 10 000 personnes, eux disent 26 000 chez LFI. Et il a accusé le Rassemblement National de promouvoir un suprémacisme visant à diviser les peuples en ethnies et en religions. Vous êtes, paraît-il, des obsédés de la race.
Bon, les excès de Jean-Luc Mélenchon, on les connaît. Pour moi, Jean-Luc Mélenchon, c'est l'accélérateur du déclin. C'est-à-dire que c'est le candidat, en fait, des dangers et des vengeances. Des vengeances vis-à-vis d'un tas de gens, des vengeances vis-à-vis même de l'histoire de notre pays. Et qui est obsédé de la couleur de la peau ? Qui, sans arrêt, parle de français racisé ? Qui, sans arrêt, parle de privilèges blancs ? Qui, sans arrêt, parle de minorités visibles ? C'est Jean-Luc Mélenchon, nous ne parlons jamais de la couleur de la peau. Un être humain, quelle que soit la couleur de sa peau, est absolument le même, égal à un autre être humain. Nous, nous parlons de la nationalité.
Alors, si on ne peut plus parler de l'immigration sans être parlé... Il s'en prend à vous parce que vous voulez supprimer le droit du sol, si vous êtes élu ? Oui, nous nous considérons que ça ne suffit pas de naître, évidemment, sur le sol français pour se sentir... Donc vous le supprimerez, purement et simplement. Nous l'avons déjà dit, nous l'avons déjà dit, et ça fait partie de notre programme.
Mais, je veux dire, s'il y a un désaccord aussi fondamental sur l'immigration fait d'adversions politiques des suprématismes, alors ne parlons plus d'immigration et considérons que ce n'est pas un sujet prioritaire, alors que, je vous le rappelle, l'immense majorité des Français, y compris des Français de gauche, considèrent que nous avons un problème migratoire. Mais vous savez, je me souviens à quelques années, parce que M. Mélenchon, c'est aussi quand même le champion des reniements, c'était lui qui disait, est-ce que l'avenir, c'est le déménagement du continent africain ? Il employait ce mot, déménagement du continent africain sur le continent européen.
Visiblement, pour lui, la réponse est oui.
Ça vous impressionne qu'il y ait eu autant de monde hier à Saint-Denis, devant lui ?
Non, vous savez, moi je me souviens... C'était quand même assez impressionnant. Non, mais il sait faire ça. Il sait faire, mais ils sont à Saint-Denis, ils sont dans leur lieu de force, ils sont dans le lieu le plus emblématique des victoires relatives, d'ailleurs, et peu nombreuses. Oui, mais ça c'est autre chose, mais ce que je veux dire, il sait faire... Vous savez, on a connu des gens qui rassemblaient beaucoup de monde dans les salles et qui ont fait des petits scores aux présidentielles.
Merci beaucoup Sébastien. Merci. J'ai vu Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Oui, Marine Le Pen est notre candidate, et si elle ne l'est pas, si elle est privée de cette candidature, Jordan Bardella prendra la relève.
Merci Sébastien, je suis venu ce matin sur RTL, tout de suite, c'est Philippe Cavri.
Sébastien Chenu