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interviewBACKSEAT· 28 mai 2025 156 min

BACKSEAT - S04E22 - avec Chloé Ridel

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:45
Présentateur

qui nous rejoignent sur Twitch en direct ou qui nous regardent en replay sur YouTube ou qui nous écoutent en podcast, une émission Baxit exceptionnelle ce soir, notamment parce que nous la commencions par un Bifor en partenariat avec la Banque de France. Parce que vous allez voir, on va parler de sujets absolument passionnants et pas avec n'importe qui. Nous avons le plaisir d'être sur ce plateau avec le gouverneur de la Banque de France, François Vildroy de Gallo. Bonjour, Monsieur Vildroy de Gallo.

1:06
Chloé Ridel

Bonsoir, Jean-Machier. Bonsoir, Baxit. Merci de m'accueillir.

1:09
Présentateur

Merci à vous d'être avec nous. Alors, on va commencer par la base. En fait, la raison pour laquelle vous venez, c'est que vous avez écrit une lettre. Une lettre adressée au président de la République, président du Sénat et président de l'Assemblée Nationale, au passage. Et vous allez voir que ça a à voir avec Donald Trump qui fout un peu le bordel. Mais avant ça, on va commencer par la base. Vous êtes gouverneur de la Banque de France. La Banque de France, quand on ne connaît pas, on a l'impression que c'est une banque, comme les autres, sauf qu'elle est de service public. Est-ce que c'est ça ou pas du tout ?

1:33
Chloé Ridel

Alors d'abord, ce n'est pas une banque comme les autres. Mais le service public, c'est très important. Ce n'est pas une banque comme les autres, parce que vous ne pouvez pas y ouvrir de compte. Et ce n'est pas une banque qui fait des crédits. – D'accord. – Mais elle a été créée il y a 225 ans par Bonaparte, à l'époque premier consul. Et elle avait deux missions qu'au fond, elle a gardées aujourd'hui. Le premier, c'est de protéger la valeur de la monnaie. Aujourd'hui, c'est l'euro. Et on y reviendra, on a beaucoup de chances d'avoir l'euro. On vient de connaître les chiffres. D'ailleurs, 79% des Français font confiance à l'euro. Ça n'a jamais été aussi haut.

Et puis l'autre mission, c'est de veiller à la solidité des banques et des assurances pour assurer le bon financement de l'économie. Voilà, ça c'est nos deux grandes missions. Et c'est à peu près 9000 hommes et femmes qui sont installés à Paris et dans l'ensemble des départements français sur le terrain.

2:19
Présentateur

– Alors, n'hésitez pas à rapprocher le micro de vous sur le plateau pour qu'il soit plus près de votre bouche quand vous parlez. Vous êtes gouverneur de la Banque de France. Pourquoi est-ce qu'on dit gouverneur ? Pourquoi pas directeur ou président ?

2:29
Chloé Ridel

– Alors, il y a d'autres pays où ça s'appelle président. Gouverneur, ce titre date de la création. Il a été pris… – Je suis d'accord que ça…

2:37
Présentateur

– Ça fait un peu Bonaparte, enfin ça fait un peu années 1815.

2:39
Chloé Ridel

– Oui, mais c'est une tradition. Et après tout, pourquoi pas ? Ce titre a été repris de la Banque d'Angleterre qui avait été créée 100 ans avant nous. Voilà, ce qui compte, ce n'est pas tellement le titre, c'est la mission et le fait de la faire bien. On doit des comptes aux Français. Et c'est aussi une façon d'en parler ce soir.

2:59
Présentateur

– Et c'est pour ça que vous êtes là, merci. Mais vous êtes indépendant ou pas ? Qu'est-ce qui vous nomme ? À qui vous rendez des comptes ?

3:05
Chloé Ridel

– Alors, je suis indépendant et nous sommes indépendants. C'est-à-dire que dans l'exercice des deux grandes missions que je citais, la qualité de la monnaie, et ça, ça veut dire lutter contre l'inflation, et puis la solidité des banques et des assurances, personne ne peut nous donner des instructions.

3:20
Présentateur

– D'accord.

3:20
Chloé Ridel

– Alors, ça vaut pour les autorités politiques, mais ça vaut aussi pour les intérêts privés. C'est très important. – Oui, les banques privées, les banques privées très puissantes ne peuvent pas vous tordre le bras. – Mais, il faut me nommer. Alors ça, je ne me nomme pas tout seul. Et l'indépendance, elle nous a été donnée par la démocratie. C'est dans le traité de Maastricht qui a créé l'euro, et puis dans la loi française. Et je suis nommé selon une procédure démocratique, c'est-à-dire proposée par le président de la République, et approuvée par le Parlement.

Il se trouve, dans mon cas, j'ai été proposé par un premier président de la République, François Hollande, en 2015, et renouvelé par un autre, Emmanuel Macron. C'était peut-être une marque de confiance. Et les deux fois, une vraie discussion devant le Parlement et plus de 80% des votes favorables. Je crois que c'est une bonne procédure. Mais ça n'empêche pas que dans l'exercice tous les jours, pour lutter contre l'inflation, ou quand il faut surveiller de près les banques, nous sommes indépendants. Et par contre, nous devons des comptes à tous les Français.

4:16
Présentateur

Alors, j'en reviens à la Banque de France. Vous l'avez dit vous-même, notre monnaie, elle s'appelle l'euro. Pourquoi on a encore une Banque de France, alors qu'il y a la Banque Centrale Européenne qui s'occupe de l'euro ?

4:23
Chloé Ridel

Alors ça, c'est parce qu'on a construit autour de l'euro ce qu'on pourrait appeler un système fédéral. Il y a une Banque Centrale Européenne qui est installée à Francfort, qui est d'ailleurs présidée par une Française, Christine Lagarde. Mais dans chacun des 20 pays de l'euro, il y a une banque nationale, c'est la Bundesbank en Allemagne, qui est d'ailleurs aussi à Francfort, la Banque de France à Paris, etc. Et ça, je crois que ça permet que l'euro soit en proximité.

Moi, quand je vais à Francfort, pour décider de ce qu'on appelle la politique monétaire, c'est-à-dire à quel niveau on va mettre les taux d'intérêt quand il faut lutter contre l'inflation, je le fais nourri de toute la connaissance du terrain économique français. J'ai dit qu'on était présents dans tout le territoire. Et c'est pareil dans tous les pays ? C'est un peu moins vrai dans d'autres pays parce qu'ils ont quelquefois moins de réseaux à proximité des entrepreneurs et des Français. Pour visiter l'exemple, j'étais il y a 15 jours à Nancy, à Épinal, à Chaumont. Là, je vois la réalité du terrain.

Quand je vais à Francfort, bien sûr, j'ai les chiffres, j'ai les expertises de la Banque de France, mais j'apporte aussi la réalité de ce que vivent les Français. Et ça, je crois que c'est un grand atout.

5:25
Présentateur

Alors, au début du mois d'avril dernier, comme chaque année, vous avez envoyé une lettre au président de la République. Pourquoi faire ?

5:31
Chloé Ridel

Alors, c'est une tradition républicaine. Effectivement, je l'ai aussi. C'est la même. Depuis 1945. Et ça, c'est aussi pour informer nos concitoyens et informer le débat public en disant, voilà quel est l'état de l'économie, comme nous le voyons, avec notre indépendance, notre expertise. Et puis, comment nous avons accompli notre mission contre l'inflation et un certain nombre de propositions ou de recommandations de politique économique que nous donnons. Alors, vous l'avez dit, cette année, ça tombe dans un contexte très particulier parce qu'il y a le basculement américain, l'arrivée de l'équipe Trump qui fait beaucoup de bouleversements, c'est le moins qu'on puisse dire.

Et donc, nous avons appelé la lettre, ça, c'est un message fort, de la tétanie à la mobilisation générale. Qu'est-ce que ça veut dire, Jean-Massier ? On va en parler. C'est qu'il faut dépasser une espèce de sidération qui nous paralyserait. Mais avec une mobilisation générale, la France et l'Europe ont des vrais atouts.

6:24
Présentateur

Alors, je précise à ceux qui nous écoutent que cette lettre n'est pas un document secret, bien au contraire. Vous pouvez la lire, vous pouvez aller sur le site internet de la Banque de France. Vous tapez la lettre au président de la République, vous verrez. Je l'ai lue ce matin pour préparer l'émission. Un document qui parle, évidemment, de politique économique et monétaire. On va avoir le temps de la décortiquer ensemble.

6:39
Chloé Ridel

Il y a un certain nombre de vidéos, de glossaires. J'espère qu'elle est vraiment la plus claire possible. C'est comme ça qu'on la veut.

6:44
Présentateur

Oui, non, non, c'est vrai qu'il y en a beaucoup. Tant mieux, d'ailleurs. Mais reparlons un petit peu de ce contexte. Et vous l'avez dit, voilà, vous l'avez dit, c'est la réélection de Donald Trump qui a tout changé, aussi sur le plan économique, c'est ça ? Avec un nouveau protectionnisme américain ?

6:57
Chloé Ridel

Alors, on avait vécu toute une série de chocs. Déjà, ces dernières années, la vie économique n'a pas été un long fleuve tranquille. Il y a eu le Covid, il y a eu l'invasion de l'Ukraine, il y a eu ce qui s'en est en suivi, c'était une bouffée d'inflation que tout le monde a sentie. Et heureusement, nous sommes en train de vaincre. Mais là-dessus arrive l'élection. C'était pas tout à fait une réélection de M. Trump. Avec un programme, surtout, qui est un vrai programme de rupture. C'est-à-dire qu'on le voit sur le plan militaire, diplomatique, voilà, qu'est-ce qu'il va faire avec l'Ukraine ?

Visiblement, il antagonise un certain nombre de ses partenaires, dont l'Europe, mais il a des grosses conséquences économiques. Et au fond, si je résume les problèmes économiques que crée l'administration Trump, c'est plus de protectionnisme et plus d'incertitude. Et ça, c'est au moins aussi important, d'ailleurs, ces deux éléments, plus de protectionnisme, ça consiste à mettre des droits de douane à l'entrée des produits aux Etats-Unis. Les fameux tarifs, comme on dit en anglais, et ça, ça pénalise d'abord les consommateurs américains. On ne l'a peut-être pas assez dit, ça veut dire qu'il va y avoir plus d'inflation aux Etats-Unis et moins de croissance aux Etats-Unis.

Ça aura aussi des conséquences chez nous, moins graves, mais négatives. Mais il y a aussi plus d'incertitudes, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'imprévisibilité dans la politique de M. Trump, et ça, c'est jamais bon non plus pour l'activité économique. Si vous êtes un entrepreneur, que vous faites des affaires avec l'Europe ou avec la Chine, que vous ne savez pas à quel prix vous importerez dans trois mois, vous attendez. Et c'est ça qui se passe aux Etats-Unis. La croissance est en train de ralentir. Donc c'est une incertitude qui s'est rajoutée à tous les chocs dont je parlais.

8:34
Présentateur

Mais c'est quoi la stratégie de Donald Trump ? Pourquoi il fait ça ? Pourquoi il déclare la guerre commerciale au monde entier ?

8:38
Chloé Ridel

Ça, c'est une question qu'il faut lui poser à lui, et pas à moi. Je ne prétends pas être dans la tête de M. Trump.

8:43
Présentateur

Moi, ce que j'ai compris, c'est que lui voulait réussir à tordre le bras à tous ses partenaires financiers pour obtenir de meilleurs tarifs douaniers que ceux qu'il a aujourd'hui. En gros, dans son discours, si j'écoute bien ce qu'il dit ou ce qu'il essaye de dire, ce n'est pas toujours facile, les Etats-Unis sont les dindons de la farce du commerce international. Il est temps qu'un président fort vienne imposer des tarifs à tout le monde et ensuite on négocie avec chacun pour essayer de retrouver un rapport de puissance à puissance. Est-ce que c'est ça, sa stratégie ?

9:04
Chloé Ridel

Alors, encore une fois, je ne suis pas le mieux placé pour expliquer, mais je crois qu'il y a deux choses dans ce que vous dites. Dire que les Etats-Unis sont le dindon de la farce de l'économie internationale, ça, objectivement, c'est faux. C'est une des économies les plus brillantes de la planète, la plus innovante. Regardez tout ce qui se passe sur les technologies, les big tech, etc. Et la presse internationale relevait, avant l'arrivée de M. Trump, que l'économie américaine, c'était l'envie du monde entier. Il y a un autre sujet. Alors celui-là, effectivement, il y a un problème, c'est qu'il y a des déséquilibres considérables à l'intérieur de cette économie internationale.

Et que notamment, les Etats-Unis ont accumulé depuis des années, bien avant l'administration Biden, ont accumulé des déficits commerciaux considérables. Alors ça, je crois que les tarifs, ce n'est pas la bonne façon de les traiter. Une des explications...

9:54
Présentateur

On rappelle qu'un déséquilibre commercial, c'est les importations versus les exportations.

9:57
Chloé Ridel

Voilà, exactement. Les Etats-Unis achètent plus au reste du monde qu'ils ne vendent au reste du monde. Alors quand on dit ça, du côté de M. Trump, on oublie une partie assez importante de l'équation, c'est les services. Parce qu'ils achètent plus de biens à l'étranger, mais ils exportent beaucoup de services. Regardez, tous ceux qui sont là et tous ceux qui nous écoutent consomment pas mal de services américains. Bien sûr. Je ne vais pas dire smartphone, mais on l'a le dit. On est sur Twitch. On est sur Twitch et sur YouTube. Voilà, exactement. Et donc, si on inclut les services, il y a beaucoup moins de déficits américains. Ça, l'équipe Trump devrait le faire.

Mais acceptons qu'il y a des déséquilibres. Je crois que cette histoire des tarifs, quand on regarde toujours et partout, ce n'est pas la bonne façon de le traiter. Il y a un déficit budgétaire américain qui contribue beaucoup à ce déficit commercial. Et c'est vrai, il y a un sujet que nous aurions intérêt, Etats-Unis et Europe, à regarder ensemble. C'est le sujet de la Chine. Parce que la Chine, en sens inverse, a un énorme excédent extérieur et qui peut résulter de temps en temps de distorsions de concurrence, de subventions excessives, etc. Mais si on veut traiter ensemble le problème de la Chine, on ne commence pas par taper sur l'Europe ou le Canada ou d'autres alliés.

11:08
Présentateur

Alors, c'est pour ça que dans votre lettre, vous parlez d'un constat de tétanie. En quoi est-ce que ça affecte l'Europe et la France, cette tétanie ?

11:14
Chloé Ridel

Alors, j'ai dit que c'était d'abord la tétanie aux Etats-Unis. Plus d'inflation, moins de croissance, moins d'investissement parce qu'il y a beaucoup d'Atlantisme. Si on regarde, on traverse l'Atlantique, on arrive chez nous, alors nous ne pensons pas qu'il y aura des conséquences sur l'inflation. Ça, c'est peut-être une des quelques bonnes nouvelles, Jean Macier, avec lesquelles j'arrive ce soir. Souvenez-vous, l'inflation, c'était une grande préoccupation. Elle était montée jusqu'à 7% après l'invasion de l'Ukraine. Aujourd'hui, en France, on est descendu sous 1% et en moyenne, en zone euro, parce que nous regardons la moyenne européenne, on est proche de 2%.

Et nous ne voyons pas l'inflation repartir en Europe. Par contre, ça va ralentir un peu la croissance européenne qui, entre nous, n'est déjà pas très élevée. On échappera, je crois, à la récession, c'est une croissance négative, mais on a une croissance française et européenne qui est quelque part entre 0,5 et 1%. Ce n'est pas assez et ça va encore jouer négativement. On ne sait pas encore exactement de combien. C'est là qu'il faut réagir. Il y a des leviers qui dépendent de nous. C'est ça, la mobilisation générale.

12:16
Présentateur

Alors, la mobilisation générale, ça passe, selon vous, par ancrer notre souveraineté monétaire. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

12:23
Chloé Ridel

Oui, alors, dit comme ça, ça paraît peut-être compliqué. Mais là, je vais parler à nouveau de l'euro. Allez-y. Alors, pardon, moi, j'ai connu les années avant l'euro. Donc, je vais dire ça pour tous ceux et celles qui sont là, qui sont... Heureusement, votre génération n'a vécu que l'euro. Mais avant l'euro, quand il y avait des perturbations aux Etats-Unis, comme aujourd'hui, sur le dollar, etc., ça avait immédiatement un effet sur les monnaies européennes. Le marque allemand avait tendance à monter, le franc français a baissé, il fallait monter nos taux d'intérêt. Enfin, voilà, nous étions dépendants. Nous ne le sommes plus. Ancrer notre souveraineté monétaire, qu'est-ce que ça veut dire ?

C'est que nous sommes capables, par exemple, nous, de continuer à baisser nos taux d'intérêt européens, alors même que les taux d'intérêt américains sont beaucoup plus élevés. Et je voulais vous citer des chiffres. On a déjà descendu à 2,25 %, nos taux d'intérêt à nous, là, en France européenne. Les Américains sont presque à deux fois plus, à 4,25. Et il y aura peut-être d'autres baisses dans les semaines qui viennent. Par ailleurs, et ça, je crois que c'est un sujet plus de long terme, il peut y avoir une certaine diversification des monnaies à l'échelle internationale. Comme vous le savez, le dollar est ultra dominant.

Mais ce qu'on constate depuis quelques semaines, c'est face à ces incertitudes de la politique américaine, il y a un intérêt des investisseurs mondiaux pour les actifs européens, pour avoir plus d'euros, etc. C'est ce qu'on appelle le rôle international de l'euro. Ça, on peut sans doute le renforcer. Si vous me regardez une dernière chose très importante sur la souveraineté monétaire, on a parlé des technologies américaines. Il faut que nous construisons, nous, notre monnaie numérique. C'est ce qu'on appelle l'euro numérique. Alors, c'est ce que j'allais vous demander. Pour ne pas dépendre des cryptos américains.

14:08
Présentateur

J'ai été surpris de lire ça. Vous proposez la création d'un euro numérique. C'est quoi ? C'est une crypto-monnaie européenne ?

14:15
Chloé Ridel

Alors, on n'aime pas le terme de crypto-monnaie. Non, je vous l'accorde. Les cryptos, ce n'est pas des monnaies. Ça peut être des placements. C'est des placements qui ont des risques. C'est des actifs. Mais une monnaie, d'abord, ça peut servir à payer partout. Vous ne pouvez pas payer partout avec des bitcoins. et ensuite, une monnaie, il y a des personnes qui sont chargées de sa valeur. Moi qui vous parle, je vous le disais, je suis chargé, avec Christine Lagarde et les autres banquiers centraux européens, de veiller à la valeur de l'euro. Personne n'est responsable de la valeur des cryptos. En particulier, le bitcoin, il a beaucoup fluctué. Mais ça peut être un instrument de placement.

Non, ce qui est important, c'est d'avoir une monnaie numérique. Alors, soit, c'est très intéressant, M. Trump, quand il est arrivé en janvier, il a interdit la monnaie numérique publique aux Etats-Unis parce qu'il promeut les cryptos privés émis par des acteurs américains. Nous, nous n'aurons pas, probablement pas, de cryptos européens parce qu'il n'y a pas de big tech européenne. Et donc, si on laisse faire, on se retrouve avec une quasi-monnaie qui est entièrement privée et entièrement émise par des acteurs non-européens. C'est ça l'objet de l'euro numérique. D'abord, ça va vous faciliter la vie. Ça permet de payer avec un actif numérique de grande valeur.

C'est aussi sûr qu'un billet de banque, mais c'est plus pratique. Et ça sera un actif européen. Donc, c'est un projet, effectivement, sur lequel nous travaillons activement en Europe.

15:33
Présentateur

Vous parlez aussi de retrouver, je cite, notre souveraineté budgétaire. Pourquoi ? On est plus souverain budgétairement ? Alors, ça, c'est un sujet

15:40
Chloé Ridel

plus français. La monnaie, heureusement, on l'a mis en sort. Alors, revenons en France, alors. On est autonome. Le budget, c'est français. Et là, il y a un gros sujet qu'on connaît tous qui est le sujet de la dette publique française et des déficits. On a trop de déficits. On a le déficit le plus élevé de la zone euro aujourd'hui. Et on a trop de dettes. Alors là, je vais le dire de façon très simple pour ceux et celles qui nous écoutent. Quand moi, j'avais 20 ans, Jean Macié, c'était longtemps. Non. Je voulais faire mon coming out. Eh si, il y a plus de 40 ans.

En 1980, je partais dans la vie avec un sac à dos, la dette publique, qui pesait 20% du PIB, c'est-à-dire 20% de la taille de notre économie. Quand votre génération, celle de Brexit, part dans la vie, malheureusement, vous avez un sac à dos qui pèse presque 6 fois plus lourd, 113% du PIB. Eh bien, ça, ce n'est pas un atout. Donc, il faut arriver à faire baisser le poids du sac à dos. Ça, ça veut dire ramener le déficit qui est aujourd'hui malheureusement entre 5 et 6%, le ramener sous 3%. Ça va prendre quelques années.

16:41
Présentateur

Le Premier ministre en a fait son cheval de bataille. Il a annoncé 40 milliards d'euros d'économie à trouver d'ici 2017. Oui, ça, c'est pour l'an prochain. Ça, c'est directement pour l'an prochain. Mais d'où vient ce problème de déficit ? Est-ce que c'est un manque de ressources ? Peut-être ?

16:54
Chloé Ridel

Alors, quand on se compare aux autres pays européens, parce que c'est souvent une bataille assez politique ou idéologique. Moi, j'ai dit la Banque de France est indépendante, donc on regarde les faits. Quand on se compare aux autres pays européens, il y a un modèle social européen auquel moi, je le dis très simplement, je suis très attaché avec beaucoup de services publics, de la protection sociale, moins d'inégalités. Le problème de la France, ce n'est pas ce modèle social. C'est que par rapport aux autres pays de la zone euro, ça nous coûte beaucoup plus cher. Les dépenses publiques en France représentent, à taille de l'économie égale, plus de 260 milliards d'euros de plus que nos voisins.

Alors, je ne suis pas en train de vous dire, Jean-Massier, qu'on peut faire 260 milliards d'euros d'économie comme ça d'un claquant de droit. C'est ce que j'allais vous demander. Mais ça vaut le coup qu'on aille quand même regarder dépense par dépense. Il y a les retraites, il y a la santé, il y a l'éducation, il y a le logement. Je pourrais en citer beaucoup. Quels sont les pays qui font le mieux en Europe ? Est-ce qu'on peut prendre certaines de leurs recettes très pratiques ?

17:53
Présentateur

Non, mais on parle toujours des dépenses publiques. Mais concrètement, on réduit quoi alors ? On réduit quoi ? On réduit l'hôpital ? On réduit l'école ? Quel service public peut se permettre aujourd'hui

18:01
Chloé Ridel

d'avoir une réduction ? La Banque de France est indépendante, mais elle n'est pas en charge de tout. Donc, ça, ce sont des choix démocratiques à faire dans le débat au Parlement et au gouvernement. Le rôle de la Banque de France, ça peut simplement être de dire que sur le volume global des dépenses publiques, on doit pouvoir arriver à gérer mieux. D'ailleurs, dans cette lettre, ce que nous proposons, c'est simplement de stabiliser globalement cette dépense publique en volume. C'est-à-dire, on l'augmente chaque année juste de l'inflation. Donc, vous voyez, ce n'est pas des coupes globales ou une austérité sauvage.

C'est de se dire, on a les dépenses publiques les plus élevées d'Europe, et il faut être honnête, même les plus élevées du monde, on arrête de les augmenter au-delà de l'inflation chaque année. Alors, ce n'est pas si facile à faire, mais regardons politique par politique, et il y a pas mal d'endroits où on peut, en regardant les autres, gagner en efficacité.

18:51
Présentateur

Alors, réduire les dépenses publiques d'un certain côté, et d'un autre côté... Stabiliser. Stabiliser les dépenses publiques, si vous voulez.

18:58
Chloé Ridel

Mais c'est vrai, on n'a jamais réussi jusqu'à présent.

19:00
Présentateur

Et de l'autre côté, il faut investir dans la transition écologique. Alors, comment on fait ?

19:03
Chloé Ridel

Alors, et puis, il faut peut-être investir dans la défense, etc. Donc, stabiliser globalement, il y a des plus et des moins. Il y a probablement certaines dépenses où on peut faire de façon plus efficace, année après année. Moi, j'insiste beaucoup sur le fait qu'on fasse ça sur plusieurs années. Le cap 2029, en ramenant le déficit de plus de 5% aujourd'hui à moins de 3% en 2029, si on s'y met sur plusieurs années, et si on s'y met tous, c'est un effort partagé et beaucoup plus juste. Pourquoi je dis si on s'y met tous ? Parce qu'on pense toujours à l'État, le gouvernement, les administrations, les grands ministères.

Mais ça, les dépenses de l'État, ça fait juste un gros tiers des dépenses totales. Il y a les dépenses sociales et puis il y a les dépenses des collectivités locales. Et celles-là, elles continuent à augmenter plus vite. Rien de ce que je dis n'est facile. Mais les autres Européens, ils y sont arrivés et du coup, ils ont beaucoup moins de problèmes de dette que nous. Vous voyez un pays comme l'Italie dont on parlait souvent, l'Italie a moins de déficit. Voilà, nous, on n'est pas plus bêtes que les autres Européens.

20:08
Présentateur

Comment est-ce qu'on augmente les recettes ? C'est une question qui est posée par le Tchat.

20:11
Chloé Ridel

Alors, sur les recettes, ça c'est la question des impôts. Moi, ça fait assez longtemps que je dis qu'il faut faire attention aux baisses d'impôts non financées. C'est-à-dire baisser les impôts alors que vous avez un déficit important, on ne peut plus. Il y en a eu beaucoup ces dernières années. Soyons clairs. Oui, alors là, si vous voulez bien, sur les forces politiques, il y a une tendance assez générale à promettre les baisses d'impôts parce qu'on se dit que c'est plus facile de promettre des baisses d'impôts que des baisses de dépenses. C'est peut-être plus facile, mais c'est ça qui nous a mis dans le mur. Alors, est-ce qu'on peut dans l'autre sens augmenter les impôts ?

D'abord, ça a été fait de façon exceptionnelle dans le dernier budget. Le budget qu'avait d'abord proposé M. Barnier et qui a été adopté sous M. Bayrou. On voit bien là aussi quand on regarde le débat politique que comme la France a les dépenses les plus élevées d'Europe et du monde, elle a aussi un taux d'impôt qui est nettement plus élevé que les autres et donc, voilà, il n'y a pas une grande capacité à augmenter les impôts. Je crois qu'il vaut mieux maîtriser les dépenses mais ne pas baisser les impôts. Vous parlez aussi

21:11
Présentateur

d'investir dans le travail. Ça veut dire quoi investir dans le travail ?

21:14
Chloé Ridel

Alors, là aussi, il y a peut-être une bonne nouvelle, c'est que quand on regarde notre richesse, notre prospérité, on parlait tout à l'heure de la croissance et ça doit être une croissance plus verte, plus écologique et plus juste mais ça, ça dépend de nous. C'est-à-dire que ça dépend de notre travail. In fine, notre prospérité, même si M. Trump nous menace qu'il y a des tas d'incertitudes dans le monde, qu'il y a la guerre en Ukraine, c'est quand même notre travail qui est la première clé. Je vais peut-être vous surprendre mais il n'y a jamais eu autant de Français au travail. Plus de 30 millions et quand je regarde leur nombre d'heures travaillées, ils n'ont jamais autant travaillé.

C'est que ça va alors. Ça, c'est la bonne nouvelle. Maintenant, on peut faire mieux parce qu'on n'est pas encore au plein emploi. On a encore trop de chômage. Ah, c'est le chômage, oui. On a fait des progrès sur le chômage. On est aujourd'hui autour de 7,5% de taux de chômage. Le précédent ralentissement économique qu'on avait connu il y a 10 ans, en 2014, on était à plus de 10% de taux de chômage. Donc ça, c'est un vrai progrès français. Je reste dans les bonnes nouvelles sur l'emploi. Je relève d'ailleurs ce qu'on ne sait pas du tout. C'est que la France, depuis 2014, depuis ses 10 ans, a créé plus de 2 millions d'emplois. Très bonne performance. Simplement, il faut qu'on continue.

Et notamment, quand je regarde les taux de chômage, quand je compare l'emploi en France par rapport à l'Allemagne, il y a aujourd'hui deux catégories où on est en retard, où on pourrait travailler plus. Et il y a des gens qui souhaitent travailler plus. C'est les jeunes. Il y a un chômage des jeunes qui est trop élevé. Et puis, il y a la grande question des seniors. Alors ça, ça touche à la réforme de retraite, qui n'est pas facile. Ça touche aussi à une question du côté des entreprises, c'est qu'il faut accepter d'employer des seniors.

Mais là, dans notre mobilisation par le travail pour créer plus de prospérité, on a fait des gros progrès, mais on a encore deux sujets où on peut faire mieux.

23:02
Présentateur

Mais le travail, ce n'est pas une fin en soi. Il y a aussi la question de la qualité du travail. Quels sont les travaux qui sont proposés, qui sont offerts aux jeunes, notamment pour parler des jeunes ? Une partie de leur chômage est peut-être due et peut-être expliquée par la très très faible qualité des travaux qui leur sont proposés.

23:14
Chloé Ridel

Alors, je ne dis pas que...

23:16
Présentateur

Et la rémunération qui va avec, évidemment.

23:17
Chloé Ridel

Je ne dis pas que tous les travaux sont jugés suffisamment intéressants et rémunérés par ceux qui les font. Mais de toute façon, je crois qu'il vaut mieux avoir un travail que d'être au chômage. C'est une question à la fois de revenus et de dignité. Et puis, je crois que la grande réponse à votre question, c'est la formation. Quand on regarde aujourd'hui les emplois en France, ils sont en moyenne nettement plus qualifiés qu'il y a 20 ans. Et heureusement, parce que les Français qui les occupent ne sont plus qualifiés. Et d'ailleurs, la génération des jeunes, elle arrive sur le marché du travail avec l'atout en général d'une formation. Pas toujours assez.

Il faut qu'on fasse plus d'apprentissage, il faut qu'on renforce la formation professionnelle et puis il faut qu'on réussisse la grande réforme de l'école. Je ne dis pas du tout qu'on est au bout. Mais les leviers de progrès, on les connaît et on a commencé à les suivre.

24:03
Présentateur

Là, on parle de la France, mais est-ce que ce n'est pas l'Europe la bonne échelle pour agir sur tous ces problèmes ? Vous avez raison,

24:07
Chloé Ridel

c'est aussi. Moi, je ne vais pas opposer ce qu'on doit faire en France avec ce qu'on devrait faire en Europe. C'est « et ». Si vous me permettez, c'est « beurre et confiture ». Et si on veut amplifier la croissance française européenne, il y a aussi des solutions européennes. Alors, on a beaucoup parlé, vous vous souvenez peut-être l'année dernière, de ce qu'on a appelé le rapport Draghi. Bien sûr. M. Draghi, c'est l'ancien président de la Banque Centrale Européenne avant Mme Lagarde, puis après, il a été Premier ministre en Italie.

Et, au fond, Mario Draghi, dans ce rapport, il dit « écoutez, l'Europe, ce n'est pas si mal en croissance, mais quand on compare aux États-Unis, on s'est quand même un peu endormi. On a des retards d'innovation, on parlait sur la nouvelle technologie, on n'investit pas assez dans les bonnes technologies et le résultat, c'est que les Américains croissent nettement plus vite que nous et qu'ils s'enrichissent plus vite que nous.

Et donc, je crois que ce qu'il faut faire aujourd'hui, et le choc Trump, là, doit vraiment nous pousser à ça, quand je parle de mobilisation générale, c'est une mobilisation générale européenne, c'est que maintenant, il faut non seulement être d'accord sur la diagnostic, mais il faut appliquer tout ce que M. Draghi propose. Au passage, ça ne suppose pas des dépenses supplémentaires.

Ça suppose simplement, quelquefois, je résume ça par la taille, multiplier par le muscle, multiplier par la vitesse, on a un marché européen, aussi gros que le marché américain, mais il est beaucoup trop divisé, donc il est moins attractif, ça c'est la taille, le muscle, c'est mobiliser l'épargne européenne, très abondante, pour financer des nouvelles technologies et rattraper notre retard, et puis enfin, la vitesse, c'est qu'il faut qu'on aille beaucoup plus vite dans l'innovation, là c'est vrai, il y a trop de normes, il faut vraiment simplifier et réduire la bureaucratie.

Mais tout ça, on est à peu près d'accord, il y a d'autres documents, le rapport, l'État, un autre ancien Premier ministre qui disent la même chose. Maintenant, si vous voulez bien, on passe des mots à l'action, et moi je plaide très fortement pour qu'il y ait une date qu'on se dise, pendant les années Trump, pourquoi pas le 1er janvier 2028, on aura fait tout ça dans les 2-3 ans qui viennent. On peut,

26:17
Présentateur

on peut si on veut. On parle de l'échelon européen, personne n'est d'accord au niveau européen,

26:20
Chloé Ridel

il y a beaucoup d'apports. Si, je crois que sur le rapport Draghi et le rapport de l'État, ce que je viens de vous dire, il y a un très vaste accord.

26:27
Présentateur

Mais alors du coup, quelles sont les décisions qui doivent être prises ?

26:29
Chloé Ridel

Alors, il faut que la Commission européenne mette sur la table ce qu'on appelle les projets de directive de législation européenne, par exemple pour abolir les obstacles à l'intérieur du marché unique, voir comment on mobilise mieux le muscle, c'est-à-dire l'épargne européenne abondante, il faut un certain nombre de dispositions et c'est mis sur la table, c'est discuté à Bruxelles et puis à Strasbourg au Parlement européen puis ensuite on applique. Ça vous paraît peut-être un peu théorique mais alors je vais prendre un parallèle historique qui a marché très bien.

Quand Jacques Delors, on est dans les années 80, arrive comme président de la Commission, il trouve une Europe aussi un peu paralysée, on parlait à l'époque d'eurosclerose et il fait ce qu'on a appelé le marché unique, c'est-à-dire qu'il prend un certain nombre de dispositions pour booster, débloquer la croissance européenne et il met une date le 1er janvier 1993. Maintenant, si on veut avoir cette souveraineté européenne par rapport aux Etats-Unis, cette puissance européenne, il faut faire ça.

27:27
Présentateur

Est-ce que l'élection du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz est une bonne nouvelle et change la donne en Europe ? Je crois que c'est un élément favorable.

27:34
Chloé Ridel

Oui, par rapport à ce que vous disiez sur comment on peut décider en Europe, moi, tous les contacts que j'ai, alors j'ai avec mon homologue allemand, le président de la Bundesbank appelé à cet effort commun dont on parle, mais il y a eu entre le chancelier Merz et notre président de la République un appel commun il y a trois semaines, tout va dans la même direction. Mais maintenant, assez de palabres, urgence de l'action.

27:59
Présentateur

Est-ce qu'on a des bonnes nouvelles aussi pour l'investissement en Europe ?

28:02
Chloé Ridel

Alors, il y a il y a certaines bonnes nouvelles, mais on peut faire nettement mieux. C'est quoi les bonnes nouvelles ?

28:13
Locuteur

Alors,

28:13
Chloé Ridel

les bonnes nouvelles, c'est quand vous regardez le taux de l'investissement en Europe, c'est pas si mal. On est un peu moins que les Etats-Unis, mais si je regarde juste les quantités, il n'y a pas un écart énorme. En particulier, si je regarde l'investissement en France, y compris l'investissement public, ça c'est le bon côté de nos dépenses publiques, c'est assez élevé. Là où c'est moins bien, c'est, alors il faut qu'on fasse un peu plus, mais surtout, il faut qu'on l'affecte mieux. Nous, Européens, on a tendance à investir dans ce qui existe déjà. Quand vous regardez les Asiatiques, à commencer par les Chinois ou les Américains, ils investissent dans les grandes innovations de demain.

Je vais vous citer un exemple très concret. L'automobile, c'est un secteur de force pour l'Europe. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'investissements automobiles en Europe, contrairement à ce qu'on croit. Et on a amélioré nos voitures, il y a des options, etc. Enfin, on le sait tous. Simplement, la voiture électrique qui est la grande rupture, elle n'est pas apparue en Europe. Elle est apparue aux Etats-Unis avec Tesla ou en Chine avec BYD. Donc là, il y a une question qu'il faut qu'on se pose. C'est qu'on a probablement tendance, nous Européens, à investir, certains appellent ça des innovations incrémentales, vous voyez, progressives et pas assez dans les technologies de rupture.

C'est très risqué comme type d'investissement. Quitte à vous surprendre, je crois que c'est lié un peu au problème des normes, qui peuvent décourager les plus fortes innovations et beaucoup au problème des financements. C'est-à-dire qu'en Europe, nous nous finançons par crédit et pas assez par capital risque. Quand vous êtes financé à crédit, vous prenez moins de risques.

29:44
Présentateur

Il y a eu beaucoup de questions dans le chat sur la question de l'euro numérique. Je reviens un petit peu en arrière, mais ça a suscité beaucoup de questions, notamment autour de la question de la crypto-monnaie, etc. C'est quoi la différence entre ce que vous appelez l'euro numérique et le vrai euro ? C'est la même chose ?

29:57
Chloé Ridel

C'est le vrai euro, c'est simplement la forme. Mais c'est l'argent qu'on a sur notre compte en banque, l'euro numérique. Alors non, c'est l'argent, c'est votre banque qui le gérera, mais la contrepartie, si j'ose dire, en face de vous, vous avez la banque centrale. Vous avez une créance sur la Banque de France, c'est-à-dire l'établissement le plus solide qui soit. C'est l'équivalent aujourd'hui d'un billet de banque, exactement. Alors, en temps normal, il y a quasi-équivalence entre la confiance que vous avez dans le billet de banque et puis la confiance que vous avez dans votre carte de crédit, dans votre smartphone pour payer.

Dans les temps de crise, on s'aperçoit que ce n'est pas tout à fait la même sûreté. Quand il y a eu la crise financière de 2008, il y a des gens qui ont fait la queue devant les agences bancaires pour retirer des billets. Mais, je crois que c'est très important de garder un accès direct des citoyens à la monnaie publique, la monnaie de la Banque centrale. J'ai parlé tout à l'heure de notre création par Bonaparte. Quand Bonaparte créait la Banque de France en 1800, il y a une grande innovation technologique, c'est le billet de banque, le billet papier. Ça nous paraît bizarre d'aujourd'hui. Mais avant, comment est-ce qu'on payait ? On payait avec de l'or et de l'argent.

Alors, ce n'était pas très commode parce qu'il y avait des grosses sommes, il fallait trimballer son or et son argent. Aujourd'hui, évidemment, le billet papier, on va le garder. Il y a beaucoup de citoyens qui y sont attachés. Mais enfin, on voit bien que la monnaie est devenue numérique. Donc l'euro numérique, c'est ça. C'est un billet numérique plus. Tous les avantages du billet, la sécurité, la gratuité, c'est accepté partout. Vous ne payez rien pour détenir des billets. Vous payez votre carte de crédit. Mais avec, en plus, les avantages du numérique, on pourra payer, évidemment, sur Internet, on pourra payer offline, etc.

31:35
Présentateur

Alors, toujours dans le chat, il y en a qui se demandent est-ce que le cash a encore de l'avenir ? Ou est-ce qu'un jour, ça va disparaître ? Parce qu'il y a eu un changement dans les comportements au moment du Covid, notamment. De plus en plus de paiements par carte bancaire, avec le sans-contact, c'est de plus en plus facile. Est-ce que vous pensez, vous, François Ville-Roy de Gallo, qu'à l'avenir, les billets, les pièces, ça va disparaître ? Alors ça, ce n'est pas à moi d'en décider.

31:52
Chloé Ridel

Non, je vais vous dire pourquoi. On touche à un point très important. Le rôle de la Banque de France, c'est de garantir le libre choix des Français. On a parlé des différentes formes de monnaie. Il y a la carte de crédit, il y a le smartphone, il y a les virements sur Internet. Et puis, pour la monnaie de Banque centrale, il y a le billet ou demain, l'euro numérique. Plus les Français ont le choix, je crois, plus ils ont confiance dans la monnaie. Certains de nos concitoyens, ceux qui n'ont pas du tout de compte bancaire ou des personnes plus âgées, sont très attachés au billet de banque. Donc, on va le garder aussi longtemps qu'ils en auront besoin.

Et le rôle de la Banque de France, c'est de garantir par rapport à ces différents moyens de paiement, leur égale qualité, leur égale sécurité et leur égale accessibilité. D'accord. C'est-à-dire qu'on peut les trouver...

32:43
Présentateur

Mais si la disparition du cash ne changerait pas grand-chose à la sécurité des autres moyens.

32:46
Chloé Ridel

Oui, mais... D'accord. Le cash décline. Mais il reste très utilisé. Vous avez parlé d'ailleurs, il a décliné au moment du Covid, mais on a vu un petit rebond après. Il y a des moments, des pays où il est plus utilisé. Si jamais... Vous vous souvenez de la grande panne électrique qu'on a vue en Espagne il y a un mois ? À ce moment-là, on est content d'avoir le cash aussi. Ou quand il y a eu des problèmes à Mayotte. Voilà. Donc, c'est un outil de résilience. Et je crois que c'est bien d'avoir différentes formes de monnaie, mais égale qualité, égale sécurité. Ça, c'est ce que garantit la Banque de France.

Ça permet le libre choix pour les concitoyens et une plus grande confiance dans la monnaie.

33:22
Présentateur

Alors, je reviens sur la crypto-monnaie aussi parce qu'on sait que c'est une promesse qui a séduit beaucoup de jeunes, notamment sur Internet, cette idée qu'on va réussir à dépasser les vieilles monnaies. J'ai même vu des discours anti-Banque centrale de gens qui disaient a enfin un outil qui va nous permettre de nous affranchir de ces méchants qui veulent contrôler notre argent. Comment est-ce que vous, la Banque de France, vous vous appropriez ces tendances ? Vous y réfléchissez ? Vous travaillez dessus ?

33:44
Chloé Ridel

D'abord, je ne crois pas qu'on soit des méchants. Je pense qu'on est au service des Français, je l'ai assez dit, et puis au service de la confiance. Et nous ne défendons pas d'intérêts privés derrière les cryptos, il faut le dire très directement. Il y a quelquefois des intérêts privés assez déficients. Voire des arnaques, on peut le dire aussi. Je crois. Il peut y avoir des arnaques. Je crois même voir qu'aux Etats-Unis, il y a certains politiques puissants qui sont derrière les cryptos. Donc nous, nous sommes indépendants aussi de ces intérêts privés. Notre rôle, c'est d'offrir la monnaie dont on a parlé dans les formes les plus modernes, les plus accessibles. Ça, c'est l'euro numérique.

Et notre rôle aussi par rapport aux cryptos, ce n'est pas des monnaies, j'y reviens, mais c'est un instrument de placement. C'est de dire simplement vous pouvez y aller, mais sachez que c'est un investissement risqué. Il y a des hauts, il y a aussi des bas. Il faut se souvenir qu'en 2022, on parlait d'un hiver des cryptos parce que le prix du bitcoin était beaucoup tombé. Quand on regarde début 2025, il y a eu d'abord une baisse et maintenant une hausse, mais il n'y a pas de formule magique. Est-ce que je peux en profiter pour dire quelque chose ? Allez-y.

Si un conseiller un jour vous dit j'ai un produit formidable pour vous, un produit financier, quel qu'il soit, il a un rendement très élevé et il a un risque zéro ou très faible. Fuyez. Ça, c'est le conseil le plus sûr que je peux vous donner. Ça n'existe pas. Si ce conseiller vous dit ça, c'est soit un incompétent, soit un escroc. Parce que la loi la plus vieille de l'économie et de la finance, c'est que si on vous promet de vous rapporter plus, on prend un risque plus important. Donc, voilà, les cryptos, c'est un instrument de placement possible, mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel et on ne peut pas dire que c'est un placement sans risque. Ça, ça serait une fausse promesse.

35:37
Présentateur

La Banque de France veut renforcer son ouverture aux Français et aux jeunes. Comment vous voulez faire ?

35:43
Chloé Ridel

Alors, je pourrais dire d'abord en étant à Baxi. C'est vrai, c'est un bon début. Oui, oui, oui. Si vous me réinvitez, je viens souvent ensuite, je l'ai dit, on est présents dans tout le territoire pour vous citer une opération que nous faisons. On a appelé ça Dialogue avec les Français. Ensemble, dialoguons. Au mois de septembre, on va ouvrir la moitié de nos succursales toute une journée à tous les Français qui veulent venir. Cinq ans de succursales seront ouvertes à tous ? Absolument. C'est à l'occasion des Journées du Patrimoine. Je crois que c'est le 19 septembre. 20 septembre. Je ne sais plus. Samedi 20 septembre. Je donne rendez-vous à tous ceux qui veulent et voilà, on voit une carte.

Il y aura énormément de succursales ouvertes, peut-être même encore plus que ça. Super. On a déjà fait des lives sur les réseaux sociaux sur un certain nombre de questions qui se posent. Vous citiez l'exemple des cryptos ou l'inflation ou la question des tarifs dont on parlait. On ne prétend pas avoir réponse à tout mais on apporte notre expertise et je crois que la garantie qu'on donne dans nos réponses c'est cette fameuse indépendance. Nous ne roulons pour personne. Mais je crois que de plus en plus, il faudra qu'on parte des questions de ceux qui sont en face de nous.

36:48
Présentateur

Alors je précise pour ceux qui veulent en savoir plus qu'il y a aussi des ouvrages que vous pouvez lire. N'hésitez pas. La Banque de France pour les nuls, que sais-je, etc. Il y en a plusieurs. Il y a aussi un podcast économique qui s'appelle Dialogue Éco et l'écho en cours. Des podcasts à ne pas hésiter à écouter. Est-ce qu'on peut...

37:06
Chloé Ridel

Vous me permettez d'en rajouter un ? Allez-y. Alors ça c'est plutôt pour les Parisiens physiquement. On a créé une cité de l'économie à Paris, Place Malzère. Alors tout le monde dit qu'il y a une cité de l'économie ça va être très ennuyeux. Personne ne viendra. Plus de 100 000 visiteurs l'an dernier. Une exposition formidable sur Astérix et l'économie. Donc pour tous ceux qui ont envie, venez. Et il y a par ailleurs un site en ligne qui est très bien fait.

37:29
Présentateur

On peut visiter la Banque de France

37:30
Chloé Ridel

à Paris ? Alors on peut visiter la Banque de France à l'occasion des Journées du Patrimoine. Pour des raisons de sécurité, on ne peut pas la visiter en permanence. Mais on est très content quand on accueille beaucoup de nos concitoyens. et chaque fois que je les accueille d'ailleurs je dis une chose très simple Jean-Massier qui surprend quelquefois ceux qui viennent chez nous je dis bienvenue chez vous. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que la Banque de France elle est 100% publique donc elle appartient à tous les fonds. C'est vrai. Et c'est à eux d'abord que nous devons des comptes.

37:56
Présentateur

C'est notre banque. Est-ce que c'est vrai que dans les sous-sols de la Banque de France il y a des tonnes et des tonnes d'or ?

38:01
Chloé Ridel

Oui. Ah. Oui.

38:03
Présentateur

Est-ce qu'on peut le voir ?

38:04
Chloé Ridel

Alors ça je ne peux pas vous le montrer pour des raisons de sécurité encore plus évident. Mais ça sert à quoi ? Mais c'est public et cet or-là aussi il vous appartient Jean-Massier autant qu'à moi. Il appartient à tous les Français. Mais à quoi ça sert de garder autant d'or ? Je vous donne le chiffre parce qu'il est plus public 2436 tonnes d'or. On n'en achète pas on n'en vend pas mais on le garde soigneusement. Alors à quoi ça sert ? D'abord il y a une raison historique si vous vous souvenez ce que j'ai dit tout à l'heure quand on crée la Banque de France à l'époque il n'y a pas de billet et on paye avec de l'or et de l'argent surtout de l'or.

Et quand on introduit les billets de banque les gens apportent leur or à la Banque de France et reçoivent des billets de banque en contrepartie. Les billets de banque ils étaient crédibilisés par cette masse d'or qui était dans les caves de la Banque de France. Alors cette fonction-là a disparu je crois que la confiance dans la Banque de France elle ne tient plus au stock d'or il reste que ça a une vraie valeur et qu'on s'est bien porté de le garder jusqu'à présent. Pourquoi ? Parce que l'or s'apprécie régulièrement dans ce monde très incertain dont on parlait et donc voilà je crois que c'est une valeur importante. C'est le bas de l'aine de la France ? Oui. C'est la sécurité ?

Ça ne peut pas être le seul parce qu'il ne faut pas non plus trop fantasmer sur l'or quand je regarde la valeur de cet or malheureusement ça fait moins que le déficit public dont on parlait tout à l'heure. Imaginons qu'on vende tout l'or on couvrait le déficit d'une année mais on ne couvrait pas du tout la dette donc il faut quand même faire l'effort de mieux maîtriser nos dépenses publiques.

39:40
Présentateur

N'hésitez pas chers amis à vous aussi aller retrouver la Banque de France sur tous ses réseaux sociaux consulter toutes les ressources de son site internet aller visiter la cité de l'économie c'est vachement bien. Merci beaucoup François Villeroy de Gallo d'avoir accepté de venir dans ce before de backseat. On va marquer une petite pause et on se retrouve juste à fait pour le début de l'émission à tout de suite.

Bonsoir, bonsoir le public merci les copains merci d'être avec nous ce soir en direct sur le plateau de backseat pour cette émission exceptionnelle bienvenue à celles et ceux qui nous regardent en replay sur Youtube ou qui nous écoutent en podcast ou alors à toi le chat suivez avec nous ce soir comme tous les jeudis soirs attends c'est pas jeudi ce soir ce soir c'est raté on est mercredi parce que demain c'est férié et on va faire un couze à la con spécial abstention évidemment vous vous en doutez avant ça je voudrais vous présenter les chroniqueurs et chroniqueuses qui ont accepté d'être avec moi ce soir et que je remercie infiniment nous sommes avec Climarks mesdames et messieurs Climarks tu es vidéaste pour l'humanité et Urbania

40:42
Invité

ouais ça fait longtemps que je peux aller chez Urbania mais oui

40:45
Présentateur

c'est vrai on peut retirer Urbania quand je te présente

40:46
Invité

non mais après j'aime beaucoup Urbania mais ils sont très chouettes

40:48
Présentateur

mais oui bien sûr merci d'être avec nous Climarks ça va ?

40:51
Invité

oui ça va et toi ?

40:52
Présentateur

bah écoute ça va très content d'être avec vous on est également avec Emilio Mellet mesdames et messieurs Emilio tu es grand reporter politique et écologie au journal l'humanité c'est ça comment tu vas ? comment se porte l'humain ?

41:07
Invité

bah l'humain ça va moi je t'avoue que je suis pas vrai aujourd'hui je suis saoulé tout me saoule et je me suis fait engueuler par Climarks avant de rentrer apparemment je souris pas assez oh là là

41:15
Présentateur

l'ambiance de merde

41:17
Invité

ça balance les off et tout

41:20
Présentateur

non mais d'accord je suis quand même content que tu sois là Emilio ça me fait plaisir mais moi aussi je suis content d'être là ça ira mieux et on est également avec Usul mesdames et messieurs bonsoir bonjour tu commentes l'actualité politique et médiatique pour Maxit Blast et sur tes réseaux

41:36
Invité

oui et puis Rhinocéros dimanche on va parler des frères musulmans

41:40
Présentateur

ah le rapport le fameux rapport

41:42
Invité

c'est son traitement médiatique puis pourquoi cette obsession autour des frères musulmans ça vient aussi d'un autre moment médiatique on remonte il y a 20 ans des choses folles des narrations extraordinaires je suis fatigué aussi

41:52
Présentateur

putain ça va être super vous inquiétez pas ça va être génial vous inquiétez pas on va se mettre en forme les copains et on va commencer tout de suite avec le quiz à la con c'est parti pour le quiz à la con direct direct le quiz à la con pour se mettre en jambes demain c'est férié chers amis c'est le jeudi de l'ascension et donc on fait un quiz spécial ascension escalade grimpe rando tout ça tout ça c'est pas vrai ouais ouais ouais

42:20
Invité

ok

42:21
Présentateur

et il a fallu trouver des rapports avec la politique à chaque fois et tout vous allez voir non non mais encore une fois la production de la roche de solutré tout ça et oui ce genre là première question on va commencer on va commencer simple avec le quiz à qui calait la rando à qui calait la rando laquelle de ces ascensions d'hommes politiques avons-nous inventé vous allez en avoir 4 la première non vous n'allez rien avoir il n'y a pas d'asset pardon mais vous allez avoir réponse A Laurent Wauquiez et le Mont Mézinc ah bah si vous avez quand même des assets est-ce que c'est la réponse A donc Laurent Wauquiez et le Mont Mézinc est-ce que c'est la réponse B François Fillon et la Rune réponse C est-ce que c'est Arnaud Montebourg et le Mont Beuvray ou est-ce que c'est réponse D Jacques Chirac et l'ascension du Mont Bessou parmi ces 4 propositions il y en a 3 qui sont vraies et il y en a une qu'on a inventée

43:11
Invité

attends mais je comprends même pas la question comment ça il y en a qui sont vraies qu'est-ce qui est vrai oui ça veut définir attention

43:16
Présentateur

il faut définir que il y a c'était quoi déjà le Mitterrand il avait un mont que chaque année il gravissait la roche de solutré la roche de solutré merci c'était donc voilà

43:26
Invité

ok c'est le Kaizen c'est genre le Malaya de Mitterrand le même vieux il le montait puis après c'était un tel rituel il montait avec ses plus proches autour de lui puis après les journalistes ils regardaient tiens lui il a monté à côté de Mitterrand donc il doit être proche en ce moment des trucs de cours quoi et c'était ritualisé il allait faire monter sa petite roche sa petite roche et donc c'est pas le seul super bien Mitterrand qui monte c'est

43:46
Présentateur

c'est Mitterrand du bébé de chaud donc c'est pas le seul c'est pas le seul à avoir son espèce de petit mont à lui dont il a fait l'ascension au moins une fois en invitant des médias ou pas

44:00
Invité

alors Laurent Wauquiez moi je sais que c'est vrai ok et après les autres je t'en pose des questions non je crois que Montebourg c'est vrai aussi Laurent Wauquiez t'as dit c'est vrai ? ouais il fait toujours son truc avec sa petite parquet rouge en au vert c'est bien son style de faire ça regardez un gars comme Mitterrand

44:17
Présentateur

un grand Mitterrand non ouais je sais pas après Fillon en rando

44:22
Invité

moi je vois pas trop Fillon en rando ses costumes et tout

44:26
Présentateur

ils sont tous de droite c'est tous des bourgeois il y a un de Montebourg quand même le redressement productif tout ça ouais ouais c'est pas du miel

44:34
Invité

ou je sais pas quoi Arnaud Montebourg

44:35
Présentateur

c'est un chef d'entreprise Montebourg il s'en vende beaucoup d'ailleurs mais je crois qu'il a un peu arrêté parce que ça marche pas très bien bleu blanc ruche non je l'ai vu il y a pas longtemps ça existe toujours ? ouais je crois je croyais que c'était pété la gueule pardon je suis méchant

44:46
Invité

j'ai un vague souvenir peut-être que je l'ai inventé d'avoir vu un stand au salon de l'agriculture

44:49
Présentateur

ouais mais il s'en vaut je crois que j'avais vu des vidéos du salon où il était là non bah GG GG Montebourg je savais pas désolé

44:55
Invité

mais est-ce qu'il grimpe le Montbeuvray ? est-ce qu'il grimpe le Montbeuvray ? mais oui

45:00
Présentateur

le Montbeuvray se trouve en Saône-et-Loire sachez-le

45:04
Invité

non parce que lui c'est la fête de la rose le truc qu'il fait tous les ans avec la cuvée du redressement c'est tout ça mais est-ce qu'en même temps il monte 10 grammes des trucs ? moi je pense que vraiment Fillon je le vois pas faire une rando du tout

45:14
Présentateur

donc toi tu dirais Fillon réponse B ok les autres vous dites quoi ?

45:19
Invité

ouais Fillon c'est plus la bagnole lui ouais il a pas le temps quoi

45:22
Présentateur

donc Fillon réponse B ouais j'aime bien ouais Fillon ok Emilio Chirac allez Chirac réponse D le chat a voté réponse D également mesdames et messieurs la bonne réponse c'était Chirac réponse D bravo le chat félicitations non non vraiment bravo réponse D alors Laurent Wauquiez monte chaque année depuis 2012 le mont Mézinque effectivement Arnaud Montebourg l'ascension traditionnelle du mont Beuvray c'est depuis 2004

45:48
Invité

traditionnel il a inventé ça en 2004 oh my god voilà

45:54
Présentateur

on est allé chercher des fous

45:55
Invité

mais attends mais Fillon avec son bâton là

45:58
Présentateur

ils sont habillés pareil Wauquiez et Montebourg et donc François Fillon a gravi la rune au Pays Basque pour montrer qu'il était capable de mouiller la chemise lors de la campagne présidentielle de 2017

46:06
Invité

ah là là mais par contre genre la rando en chemise

46:09
Présentateur

oui non mais

46:10
Invité

il n'y a rien qui va je suis d'accord rien ne va après Fillon il aurait pu faire avec les costumes qu'on lui a filé mais ça aurait été un peu chiant

46:16
Présentateur

il les aurait ruiné avant c'est ça et Jacques Chirac c'est cadeau évidemment on ne lui connait pas d'ascension particulière à Jacques Chirac comme qu'on peut faire une carrière politique sans avoir besoin de faire croire qu'on monte des trucs ouais j'ai plein de vannes qui me viennent

46:27
Invité

c'est lui qui a eu la meilleure en plus donc peut-être que c'est ouais ouais

46:31
Présentateur

non mais de loin parce que les autres c'est un peu un échec ça n'a pas marché ça n'a pas marché deuxième question de ce quiz à la con quel grand homme d'état s'est illustré au Mont Beuvray et comment ? c'est le même nom que tout à l'heure

46:43
Invité

c'est vraiment The Place to Be quoi

46:45
Présentateur

on a dit grand homme d'état c'est pas Arnaud Mondo quel grand homme d'état s'est illustré au Mont Beuvray réponse A Versingétorix je crois que ça me dit quelque chose ton truc non réponse A Versingétorix a uni les tribus gauloises

46:56
Invité

ah oui d'accord c'est à l'ancienne genre

46:58
Présentateur

réponse B on va rappeler tous les grands hommes d'état

47:01
Invité

si hommes d'état à une époque même pas d'état si tu veux Versingétorix c'est homme d'état réponse B

47:07
Présentateur

Arnaud Mondo a uni les associations de patrons de PME

47:10
Invité

réponse C

47:13
Présentateur

Napoléon a réuni les unités étrangères de son armée ou réponse D François 1er a décrété l'unité de l'état

47:21
Invité

ah ouais

47:22
Présentateur

carrément

47:23
Invité

ah ouais il faut se mettre dans la tête de Mondo pourquoi il fait ce mont là particulièrement pourquoi est-ce que Montebourg il est vache à 4 il est fan de Versingétorix ah bah non lui ce serait peut-être François 1er je l'imagine pas trop Napoléon non trop de droite c'est marqué il y a des mecs du PS qui sont chauds sur de gauche

47:42
Présentateur

c'est moins de droite

47:44
Invité

que Napoléon

47:44
Présentateur

parce qu'Henri IV je crois qu'on a tous compris que c'était Bayrou on a bien bien bien compris au cas où on avait un d'autres ils nous le rappellent régulièrement François 1er la gauche

47:53
Invité

non mais c'est pas François 1er sur les barricades c'est pareil c'est anachronique est-ce que François 1er était de gauche ou de droite on sait pas on peut pas savoir c'est un roi un gros roi social voilà Jésus était de gauche Jésus était de gauche il partageait et tout Versingétorix ça se trouve gros fachos on est là on sait pas très raciste envers les romains tout ça

48:15
Présentateur

très intolérant Versingétorix

48:17
Invité

très intolérant un peu complotiste d'ailleurs il était populiste même on peut dire mais il a des rapports contre les frères catholiques et tout bon alors

48:32
Présentateur

vos réponses

48:33
Invité

j'allais dire ils sont disparus

48:35
Présentateur

ma réponse c'est Jésus voilà Jésus non faut que tu donnes une réponse qui est dans le tableau

48:39
Invité

et bah François 1er alors parce que l'unité de l'état tu vois c'est quelque chose pour un mec comme Montebourg qui aime l'état

48:45
Présentateur

non mais c'est vrai

48:46
Invité

un côté jacobin et tout voilà il est fan d'état ah il adore l'état il est en état Emilio pour me contredire avec ma vanne du débure dans Montebourg je sais pas je me dis qu'en régie ils sont capables la prod est capable d'avoir filé la blague de bout en bout

49:01
Présentateur

donc c'est Montebourg toi réponse B mais ils ont mis grand homme d'état c'est même pas juste homme d'état justement c'est pour embrouiller les cerveaux peut-être après il fait 1m80 c'est un coup 10 moi je dis François 1er aussi du coup François 1er la réponse D la bonne réponse mais le chat a voté quoi j'ai pas vu ah non le chat on va le voir dans quelques instants ça va arriver c'est incroyable c'est imminent c'est absolument imminent on est dessus en tout cas on a un chat réponse A le chat a voté pour la réponse A Versingétorix ah d'accord et bah la bonne réponse mesdames et messieurs c'était Versingétorix réponse A oui mais c'est grand homme d'état ouais non c'est

49:36
Invité

Versingétorix grand homme d'état mais grand homme historique qu'est-ce qu'on s'en fout c'est un quiz à la con c'est homme d'état

49:41
Présentateur

c'est pas quel mec connu de l'histoire si t'as des réclamations contre le quiz à la con faut les envoyer par mail troisième question de ce quiz à la con que n'a pas dit Emmanuel Macron sur les fameux premiers de cordée

49:55
Invité

oh là là

49:57
Présentateur

je vais vous donner 4 citations 4 citations vous devrez trouver laquelle il n'a pas dite sur les riches là il va sucer les riches réponse A si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c'est toute la cordée qui dégringole ah bah ça c'est oui c'est vrai réponse B attendez c'est mon père

50:15
Invité

qui m'envoie des messages en même temps tu l'embrasses de notre part pour me dire que le mot rune c'est loin de chez François Fillon voilà

50:20
Présentateur

pour l'info merci merci papa Démilio merci on vous embrasse réponse B certains m'accusent de promouvoir l'individualisme son père il regarde lardif déjà à la bourre certains m'accusent de promouvoir l'individualisme mais qui grimpe seul on a beau avoir le baudrier le plus solide ce qui compte c'est la cordée collective j'essaye d'y mettre du mien mais en vrai

50:46
Invité

je vois bien Macron dire ça en plus

50:47
Présentateur

réponse C mais quand il n'y a plus personne qui assure le jour où ça tombe ça tombe complètement ou réponse D ce n'est pas le premier de cordée qui tire les autres sur la corde chacun doit aller aspérité après aspérité prendre sa propre prise

51:05
Invité

ça c'est le lui c'est sûr le aspérité après aspérité c'est tellement Macron la C ressemble à du mauvais sarco l'abbé il fait le bonhomme attend l'abbé c'est quoi il dit qu'il a un gros baudrier ou je ne sais pas quoi tout ça pour se prendre des gifs par sa femme

51:23
Présentateur

on a beau avoir le baudrier le plus solide ce qui compte c'est la corde collective les métaphores pétées c'est lui aussi

51:31
Invité

tout est un peu une métaphore pétée tout est pété quand il n'y a peu de personnes qui assurent le jour où ça tombe ça tombe complètement ça en vrai je le vois trop dire ça aussi mais ouais mais ça veut dire que c'est nous qu'on assure les riches non après sur la C il était peut-être en bras de chemise c'est le moment quand il enlève sa veste et qu'il retrousse les manches c'est le genre de phrase qu'il peut dire ça avec ses mouchoirs

51:52
Présentateur

ou quand il dit que les haïtiens sont cons il va nous manquer le jour où il ne sera plus là on sait ce qu'on perd on ne sait pas ce qu'on gagne

52:01
Invité

et puis en plus le jour où on ne sera plus là quand ?

52:06
Présentateur

ouais un jour voilà d'ici les trois prochaines années

52:08
Invité

on verra on a le temps

52:09
Présentateur

voilà c'est

52:12
Invité

parce que plus personne qui assure je comprends pas il parle de qui qui assure

52:15
Présentateur

quand il n'y a plus personne qui assure ce jour là ça tombe complètement

52:19
Invité

parce que le premier c'est pas celui qui assure celui qui assure c'est si tu tombes il faut que quelqu'un te rattrape donc je sais pas les riches c'est pas le premier du coup c'est les deuxièmes troisième c'est les suivants en fait qui assure bah oui donc du coup là justement il dit pas du bien des riches donc c'est pas normal après il dit que c'est important les suivants aussi c'est pas normal pour Macron normalement pour lui c'est le premier qui compte

52:39
Présentateur

donc moi je dis la C toi tu dis réponse C Climax et Emilio vous dites quoi ouais pareil

52:45
Invité

aucune idée bah du coup moi aussi parce que vraiment

52:48
Présentateur

réponse C pour tout le monde le chat votre réponse C également ok la bonne réponse celle que Macron n'a pas prononcée qu'on a inventée c'était la réponse B

52:59
Invité

ah le baudrier et tout

53:00
Présentateur

le baudrier et tout machin c'est nous qui l'avons inventé les trois autres ont bel et bien été dites par Emmanuel Macron au fur et à mesure du temps il avait tenté d'expliquer sa métaphore des premiers de cordée qu'il avait employé pour la première fois en 2017

53:11
Invité

c'est vrai que même la corde collective c'est tout ce qui est collectif c'est pas non plus non mais tu sais quand tu te sors dans une métaphore comme ça t'as pas forcément le temps tu vas te réfléchir ouais t'es dans les déjà il est là il y a la décathlon dans sa tête il y a les accessoires le baudrier peut-être il a pas capté que ceux qui assuraient c'est ceux qui venaient après et tout peut-être pas forcément fan d'escalade quoi je sais pas j'ai jamais fait d'escalade ça a l'air bien mais c'est vrai les trentenaires sont fans

53:37
Présentateur

ouais c'est vrai truc de trentenaire parisien c'est pas mon cas pas mon cas du tout mais il y en a qui adorent comment ça s'appelle comment s'appelle la commune la plus haute de France c'est notre quatrième question est-ce que c'est réponse A Saint-Véran est-ce que c'est réponse B Sainte-Croix-des-Bornes c'est un ministre est-ce que c'est réponse C Saint-Rocard-les-Cimes

53:59
Invité

oui je pense que c'est la blague

54:00
Présentateur

ah Cimes Saint-Rocard-les-Cimes ouais ou est-ce que c'est réponse D Santa-Ciapa

54:06
Invité

oh là là

54:08
Présentateur

alors

54:09
Invité

impossible

54:09
Présentateur

je vais vous donner les départements à chaque fois ça peut vous aider à réfléchir Saint-Véran c'est dans les Hautes-Alpes

54:15
Invité

Saint-Véran ça a l'air tellement réel

54:16
Présentateur

Saint-Rocard j'aime bien Sainte-Croix-des-Bornes c'est en Savoie Saint-Rocard-les-Cimes c'est dans les Pyrénées-Orientales et Santa-Ciapa c'est en Corse du Sud

54:28
Invité

mais est-ce que ce sont que des villages réels

54:30
Présentateur

oui 100% ah ouais t'as dit que c'était où Saint-Véran on s'est fait chier à aller les chercher

54:34
Invité

t'as dit quoi Saint-Véran

54:37
Présentateur

c'est où Saint-Véran Saint-Véran c'est dans les Hautes-Alpes ah bah dans les Hautes-Alpes ah non pardon ils sont pas tous réels on me confirme de l'oreillette parce qu'ils ne sont pas tous réels bah merci de m'engueuler voilà on s'est fait chier à aller chercher

54:46
Invité

Santa-Ciapa je suis désolée j'y crois make news

54:49
Présentateur

moi je dis Saint-Véran

54:53
Invité

c'est lui qui a l'air vraiment le plus réel et qui a un nom de fromage en plus donc ok qu'est-ce qui est le plus haut les Hautes-Alpes ou la fravoie du Pinard je sais pas je sais pas comme département la Haute-Alpes c'est plus haut ce que je sais c'est que le 20ème arrondissement

55:06
Présentateur

c'est plus haut que la Butte-Montmartre le quoi pardon c'est tout ce que je sais la Butte-Télégraphe est plus haut que la Butte-Montmartre c'est tout ce que je sais voilà

55:13
Invité

Emile a pas une tête genre rien à foutre non je suis en train

55:17
Présentateur

de chercher tu la garderas pour les municipales oui voilà c'est ça je sais comment ça vote attention ouais non qu'est-ce que vous en pensez toi tu dis Saint-Véran Clémarx

55:28
Invité

ouais moi aussi j'aime bien avoir faux avec Clémarx Usul qui dit Saint-Véran également oui

55:34
Présentateur

alors les Hautes-Alpes Saint-Rocard ça me fait marrer Saint-Rocard Carlissime réponse C

55:41
Invité

ça fait un peu station de Balnéaire ça en Carlissime

55:43
Présentateur

le chat vote pour la réponse A la bonne réponse mesdames et messieurs c'est Saint-Véran et voilà on en a une de bonne incroyable effectivement Saint-Véran revendique être la commune la plus haute de France car son église se situe à 2025 mètres d'altitude mais le reste du village il y a une autre une autre ville qui s'appelle Tignes qui conteste cette façon de compter et eux ils estiment que c'est la hauteur c'est l'altitude de la mairie qui compte et si c'est ça ils sont devant ils sont à 2100 mètres

56:12
Invité

alors la laïcité ou pas la laïcité c'est ça l'histoire ?

56:14
Présentateur

ça j'en sais rien Tignes non ça je sais pas et les autres on les a inventés mais sachez quand même qu'il y a un camping naturiste en Corse qui s'appelle le Schiappa

56:22
Invité

quelle intime

56:24
Présentateur

comme ça vous le saurez on a quand même trouvé ça cinquième et dernière question de Secouz à la con selon Eric Piolle qu'est-ce qu'on peut faire dans un ascenseur grâce à la 5G ? bah oui je sais pas ça c'est bon ça on l'a ça Clémarque tu es là ou pas ?

56:39
Invité

pas du tout ah bah tant mieux tu vas réfléchir

56:41
Présentateur

réponse A avec la 5G dans un ascenseur est-ce qu'on peut voter à la primaire des verres de manière sécurisée ? réponse B regarder des films en haute définition réponse C faire son bilan carbone en seulement 45 secondes réponse D surveiller en direct grâce à des caméras de vidéosurveillance dernier cri ouais

57:01
Invité

bon du coup il n'y a que moi qui joue ?

57:03
Présentateur

ouais c'est ça techniquement alors je vais relire réponse A voter à la primaire des verres de manière sécurisée réponse B regarder des films porno en HD réponse A il y a porno qui est arrivé en seulement 45 secondes réponse D surveiller en direct grâce à des caméras de vidéosurveillance dernier cri Eric Piolle pour fustiger la 5G qu'est-ce qu'il a donné comme exemple après toi

57:29
Invité

c'est pour fustiger ah bah non c'est pas voter à la primaire des verres alors du coup est-ce qu'il y a vraiment besoin de voter à la primaire des verres dans les ascenseurs ? non bah du coup du coup regarder des films porno en HD ça t'arrive souvent dans l'ascenseur ? le porno ?

57:44
Présentateur

bah j'ai pas essayé de regarder un porno dans un ascenseur juste pour voir si Piolle avait raison ou pas maintenant que c'est la 5G c'est vrai

57:50
Invité

c'est considéré comme une agression sexuelle si quelqu'un rentre

57:52
Présentateur

c'est possible c'est tout à fait possible ouais je pense ne le fais pas non t'as raison on va éviter

57:56
Invité

bah ok bah du coup je dis ça

58:02
Présentateur

et bah du coup tu dis réponse B je regardais la réponse du chat le chat a voté réponse B également et bien c'est la bonne réponse bravo à toi et au chat bah oui

58:10
Invité

les autres trucs étaient plutôt positifs enfin surveillant en direct grâce à la vidéosurveillance je sais pas si c'est possible

58:15
Présentateur

bah non quand t'es écolo non c'est ouais

58:17
Invité

tout ça pour nous cliquer encore plus hyper tiré par les cheveux ah oui un coming out de droite là c'est super la vidéosurveillance c'est génial j'adore

58:24
Présentateur

il y a deux partout dans ce quiz à la con chers amis félicitations bravo à vous deux partout ouais

58:31
Invité

on a chacun deux

58:32
Présentateur

bah je crois ouais

58:33
Invité

bah écoute c'est fou

58:33
Présentateur

génial

58:34
Invité

le communisme je me serais pas donné deux moi tu vois ça me fait plaisir

58:41
Présentateur

je vous propose qu'on enchaîne et qu'on parle de politique avec l'actu de la semaine c'est parti pour l'actu de la semaine alors l'actualité cette semaine elle a été marquée par l'adoption de la loi sur la fin de vie la réforme sociétale la plus importante depuis le mariage pour tous en 2012-2013 l'Assemblée nationale a adopté donc en première lecture la proposition de loi qui crée une aide à mourir il y a eu 305 votes pour et 199 votes contre les députés ont également adopté à l'unanimité une autre loi relative celle-ci aux soins palliatifs adoptée donc à l'unanimité les deux textes seront examinés au Sénat a priori à l'automne prochain pour une adoption définitive d'ici 2027 donc on est encore loin de l'entrée en vigueur définitive en tout cas c'est ce que souhaite la ministre de la Santé Catherine Vautrin les groupes politiques à l'Assemblée nationale n'ont pas donné de consigne de vote pour autant est-ce que les clivages au sein d'un parti n'auront pas de conséquences quand même qu'est-ce que vous avez pu observer vous comme clivage au sein des partis Climax t'as vu notamment à gauche ce qui se disait dans les groupes

59:43
Invité

oui après je crois qu'en l'occurrence je crois que LFI ils ont soit tous voté pour il y en a 4 qui sont abstenus un truc comme ça c'est pas de bêtise LFI il y en a un qui a voté contre non c'est Sophia Chikirou qui depuis a rectifié en disant qu'elle voulait s'abstenir elle s'est trompée de bouton je suis allé sur le site de l'Assemblée tout à l'heure et il y avait un petit icône pour dire il y a un problème sur le vote Chikirou ouais je crois qu'elle voulait s'abstenir ouais je crois qu'il disait que personne avait voté contre

1:00:10
Présentateur

en tout cas ce qu'on voit sur ce graphique c'est que c'est une loi qui a été votée par la gauche et par les macronistes les macronistes un peu plus divisés que la gauche

1:00:17
Invité

pour le coup

1:00:18
Présentateur

vraiment divisés effectivement et l'extrême droite elle semble-t-il plutôt unanime en opposition à la proposition de loi

1:00:27
Invité

je crois que les seuls qui ont voté tous contre c'était Ciotti

1:00:29
Présentateur

ouais c'est ça l'UDR ouais non mais ouais dans la gauche démocrate et républicaine donc chez les communistes il y a eu un seul vote contre chez les socialistes il y a eu 4 votes contre chez les écologistes il y a eu un seul vote contre

1:00:42
Invité

j'ai regardé un petit peu les justifications de ces députés socialistes notamment c'est dans le monde ils racontaient et ça rejoint à peu près ce que je disais il y a 2 semaines c'est-à-dire ça reprend un petit peu l'argumentaire des associations d'handicapés aussi qui disent c'est en train d'ouvrir une voie où on va envoyer en fait les plus vulnérables assez vite c'est comme ça que c'est passé dans les autres pays on va comme ça se débarrasser des gens qui se disent eux-mêmes qui vont être commencé à devenir des charges les EHPAD aussi c'est cher c'est une charge pour la famille etc quand t'as une maladie lente, dégénérative tu peux te dire voilà je vais libérer ma famille comme ça et ça va retomber sur les j'ai vu qu'il y avait des doutes aussi Christophe Bex qui est un proche plutôt de Ruffin chez les Insoumis a aussi émis des doutes Ruffin a dit qu'il en avait aussi mais qu'il a voté quand même bon ses arguments n'ont pas percé vraiment jusqu'au vraiment la gauche ne l'a pas discuté ça tellement entre eux j'ai l'impression qu'il y avait l'urgence de voter cette loi parce que ça allait être un progrès il n'y en a pas souvent des progrès vu que c'est un progrès il faut le voter vu que l'extrême droite est contre on vote pour ça a été un peu mécanique

1:01:45
Présentateur

et la mobilisation antivalidiste a été assez tardive par rapport à la mobilisation en faveur de la loi pour l'aide à mourir qui elle remonte à plusieurs années c'est vrai la DHD l'association pour le droit à mourir dans la dignité la DMD elle elle agit elle fait un vrai travail y compris à gauche depuis des années et des années et là c'est vrai que la mobilisation est arrivée peut-être un peu plus tardivement Clémarx ?

1:02:08
Invité

ouais non c'est un peu dommage en fait parce que c'est vrai qu'on a entendu les voix des associations antivalidistes sur le tard et je pense que ça a beaucoup moi y compris je pense qu'à gauche de base on est un peu tous et toutes pour le droit à mourir un peu par principe et puis en fait justement le fait que les associations antivalidistes aient pris la parole sur ces dernières semaines moi ça m'a fait vachement questionner du coup ce que je pensais du droit à mourir et c'est enfin c'est ce que disait Zul sur le fait que c'est pas en soi tant que ça le texte en question mais les risques qu'on peut observer dans les autres pays d'étendre la loi des personnes notamment handicapées ou psychotiques ou autres ce qui serait évidemment une catastrophe et j'ai beaucoup entendu dans les médias les journalistes les médecins etc dire que c'était une rupture anthropologique que c'était une question philosophique et en fait je trouve que ça c'est vraiment quelque chose que je déplore que ça a été traité de cette manière là puisque la question c'est vraiment une question qui est purement matérielle dans quelles conditions matérielles quelles sont les conditions matérielles d'existence peuvent amener quelqu'un à demander une aide à mourir et c'est pas une question de rupture anthropologique c'est pas ça l'enjeu de la discussion qu'on aurait dû avoir et c'est un peu dommage que ces voix ne soient pas arrivées jusqu'à la gauche ça peut être les deux mais je vois ce que tu veux dire c'est un vieil argument la rupture anthropologique c'est pas le mariage pour tous d'ailleurs il me semble voilà le mariage pour tous il y avait ça la rupture civilisationnelle je m'en souviens oui oui civilisationnelle anthropologique l'idée c'est de dire qu'on brise une continuité on sera même plus exactement l'humanité si on fait ça et bon c'est un vieil argument mais c'est vrai que à l'extrême droite ils ont eu l'idée de dire bon ils sont plutôt tous majoritairement contre à titre individuel mais pas donné de consigne parce qu'ils sentaient que dans la population il y avait surtout depuis 20 ans un peu plus de 20 ans l'affaire Vincent Imbert si vous vous souvenez c'était il y a quand même un petit peu longtemps mais c'était quelqu'un qui avait perdu je crois suite à un accident beaucoup de ses facultés y compris la vue la capacité de communiquer etc.

et qui demandait qu'elle a été accompagnée par ses parents je crois qu'il y a eu une aide à mourir pour le coup de ses parents ça s'est terminé il me semble au tribunal et il a été relaxé je crois je ne suis plus il me semble que les parents ne voulaient pas j'ai plus le truc ou l'inverse ses parents ne voulaient pas et que c'était sa compagne de mémoire voilà tu vois et donc du coup ça ça a basculé ça a vraiment fait basculer l'opinion à l'époque il y avait Chirac qui avait réagi et à partir de ce moment là c'est vrai que l'opinion a plutôt basculé là-dessus et que le RN n'a pas pris le risque mais de toute façon c'est ce que fait beaucoup le RN sur les sujets de société c'est suivre le sens de la population générale et de se concentrer sur son coeur de métier qui est le racisme mais alors tout ce qui est voilà les évolutions les grandes évolutions de la société ils essaient d'y aller mollo même s'ils restent eux au fond d'eux-mêmes profondément convaincus qu'il ne faut rien toucher

1:04:50
Présentateur

alors dans les débats à l'Assemblée nationale il y a eu des prises de parole de la députée Sandrine Rousseau qui ont beaucoup ému les gens

1:04:56
Invité

tu peux en parler Emilio ?

elles ont beaucoup fait parler Sandrine Rousseau à un moment elle a été très très active pendant ces débats et elle a pu être à certains moments heurtée par des arguments qui lui étaient opposés de ceux qui étaient contre cette loi et elle a dit qu'elle n'avait pas prévu d'en parler mais qu'on lui contraignait de parler de ce qui s'est passé avec sa maman avec sa mère et en fait sa mère elle avait une maladie très grave elle a énormément souffert elle a été assez peu accompagnée et Sandrine Rousseau raconte qu'elle avait accumulé pendant des semaines tous les médicaments qu'elle ne prenait plus pour un jour au moment où Sandrine Rousseau était dans le train pour venir la voir d'ailleurs avaler tous les médicaments et mourir dans d'atroces souffrances et qu'elle n'avait pas pu dire au revoir à sa mère et que sa mère n'avait pas pu lui dire au revoir qu'il lui manquait des mots notamment le mot je t'aime et qu'en fait elle vivait avec cette culpabilité là aussi en tant que fille parce qu'elle a vu sa mère souffrir qu'elle ne pouvait rien faire et alors j'imagine qu'il y a eu des prises de parole assez fortes parce que j'ai pas suivi l'entièreté des débats aussi du côté des personnes qui s'y opposent mais moi c'est le témoignage de Sandrine Rousseau je l'ai trouvé assez poignant aussi parce qu'elle a fait surgir l'intime dans les débats de la société nationale ce qui est rare où on nous dit souvent que l'intime n'est pas politique la droite en général veut d'ailleurs reléguer l'intime dans la sphère uniquement privée et de voir des députés qui s'expriment aussi sur des cas personnels parce qu'en fait ça relève aussi de la morale personnelle et des expériences passées ça a été quelque chose d'assez fort il y a un truc

1:06:31
Présentateur

qui a été relevé par absolument tous les observateurs c'est que les débats autour de cette loi ont été de bonne tenue pourquoi c'est important de le souligner qu'est-ce que ça dit de notre assemblée nationale voire de notre vie politique le fait que sur un sujet aussi grave et aussi important les députés ont été d'un haut niveau dans leurs échanges dans leurs dialogues dans le respect qu'ils ont les uns envers les autres on pourrait imaginer que ce soit la foire d'empoigne particulièrement sur ce genre de loi là avec une bordalisation sur quelques bancs quels qu'ils soient

1:06:58
Invité

ça l'avait été

1:06:59
Présentateur

pour le mariage pour tous par exemple

1:07:00
Invité

c'est pas le même type de loi mais c'est sur les lois sociétales où il y a beaucoup de positions le mariage pour tous ça avait été une catastrophe sur la façon dont les débats avaient été conduits par la droite qui faisait n'importe quoi et là peut-être parce que justement c'est quelque chose qui transcende les clivages et donc il y avait moins aussi de besoin d'avoir une position très caricaturale et que tout le monde avait compris l'enjeu du débat voilà

1:07:26
Présentateur

je sais pas il y a quelqu'un dans le chat qui dit vu le climat actuel ce serait du suicide politique que de bordéliser une séance de l'Assemblée Nationale sur ce sujet vous pensez que c'est ça ? Vous croyez que les Français les regardent et qu'ils se sentent tenus ?

1:07:38
Invité

je pense pas que ce soit ça non je pense qu'ils ont pris le sujet un petit peu au sérieux voilà et c'est quand même assez rare que cette Assemblée ait le loisir de travailler aussi tout simplement c'est aussi ça qu'on est en train de redécouvrir il va y avoir vraiment les navettes parlementaires vraiment les amendements ça va pas être bazardé pas de 49-3 ça va pas se régler en commission mixte paritaire à la ZOB non tiens pour une fois en fait on a laissé faire le travail parlementaire parce qu'on est en train de se rappeler ah oui tiens c'est ça le travail parlementaire en fait il y a un peu de ça aussi

1:08:04
Présentateur

non mais c'est vrai t'as raison

1:08:06
Invité

parce que là c'est pas en effet le gouvernement avance pas à la bourrine avec une idée en tête la volonté de brutaliser etc là on voit aussi ce que ça donne l'Assemblée quand le gouvernement n'a pas décidé que ça file droit

1:08:19
Présentateur

Climax c'est un sujet la fin de vie qui a soulevé des questionnements assez importants pas seulement intimes mais aussi assez importants sur le rôle des médecins je crois

1:08:28
Invité

ah oui les copains les médecins ouais j'ai fait j'ai fait une vidéo il y a pas longtemps sur l'humain on parlait des médecins ils ont pas kiffé donc je vais encore pas me faire des os désolé les médecins mais oui mais en fait le truc c'est que quand tu il y a moi il y a quelque chose aussi qui me qui me questionnait avec cette loi c'est aussi le rôle encore central qui n'est pas du tout questionné du médecin et donné du coup la fin de vie s'est conditionné à l'accord d'un médecin et là aujourd'hui il y a eu le verdict du procès de Le Square Neck qu'on avait du coup à 20 ans de prison il a été enfin il a été mis en cause par presque 300 enfants de viol sur mineur et en fait il faut ces situations terribles qui se multiplient ces derniers temps dans les médias que ce soit le procès de Mazan tous les procès d'ampleur qu'on voit c'est des situations bêta rame c'est des situations qui peuvent advenir parce qu'on a des situations de hiérarchie extrêmement forte et du pouvoir qui sont donnés à quelqu'un et du pouvoir symbolique qui sont conférés à quelqu'un et on se retrouve tant qu'il y aura ces structures hiérarchiquement très fortes tant qu'il y aura ce pouvoir matériel et symbolique qui sont accordés à ces gens il y aura toujours des situations comme ça d'inceste ou de violence sur les personnes les plus vulnérables les mineurs etc et je pense que c'est quelque chose aussi qu'il faut vraiment garder en tête dans tous ces débats qu'on a actuellement que ce soit autour des violences sexuelles sur mineurs ou autour de la fin de vie etc de comment est-ce que le pouvoir qu'on accorde à certaines personnes dans des institutions je valide complètement d'autant plus que maintenant on commence aussi à parler alors là il y aura peut-être une commission d'enquête sur les violences médicales dans le cadre médical commence à y avoir aussi maintenant des articles qui parlent du racisme dans l'hôpital de la maltraitance qu'il va y avoir sur les femmes en particulier sur les racisés en particulier sans doute sur les enfants aussi sur les personnes handi aussi ces violences-là de gens qui peuvent moins tenir tête à un médecin etc comment on contrôle nos médecins l'ordre des médecins est-ce que les médecins ils se contrôlent entre eux on voit bien que c'est un peu défaillant ils sont capables de laisser à continuer à exercer un de leurs collègues alors qu'il a déjà été condamné à un moment il avait déjà il savait qu'il avait des images photopornographiques il savait qu'il y avait des plaintes etc et voilà

1:10:49
Présentateur

sur ce sujet il y a quand même une évolution ces dernières décennies on a quand même vu le rôle des patients prendre en vigueur quand même on a la loi sur les directives anticipées avant la fin de vie là on a la loi sur la fin de vie qui vient d'être votée en première lecture moi j'ai l'impression que les associations de patients aussi sont de plus en plus écoutées et que l'on réussit à faire remonter tous ces cas aussi parce qu'il y a une forme de libération de la parole et que la toute puissance du médecin est remise en question par des patients qui n'hésitent pas à se défendre puis il y a eu internet aussi qui a un peu changé la donne la capacité qu'on a à trouver sur un forum des personnes qui ont vécu la même chose

1:11:23
Invité

parle-en aux médecins ils vont me dire moi j'ai des cons qui regardent Doctissimo ils m'énervent toute la journée ils croient qu'ils savent mieux que moi j'ai regardé pardon franchement j'ai regardé beaucoup beaucoup de tiktok de jeunes médecins quand j'ai préparé ma dernière vidéo sur les médecins et franchement le nombre de médecins qui font des tiktok ah mais en fait j'en ai marre vous venez vous me demandez j'ai besoin d'un arrêt de travail mais en fait comment ça vous avez besoin d'un arrêt de travail c'est moi qui décide si vous avez besoin d'un arrêt de travail mais c'est non mais je te l'accorde les médecins les médecins sur twitter mais c'est insupportable ça dépend lesquels ça dépend lesquels non ça dépend pas lesquels ok d'accord tous Christine tous voilà en fait Jean évidemment que ça dépend lesquels que tous les médecins évidemment sont pas mais non mais je pense à des jeunes médecins qui font un travail de pédagogie ah la corporation horrible les jeunes médecins des fois ils sont aussi cons que les autres j'ai pas de raison moi j'ai fait 12 ans d'études mais vous faites pas un autre all médecin là tu vois

1:12:19
Présentateur

pardon de défendre le travail formidable que font des jeunes médecins sur les réseaux sociaux pour faire de la pédagogie pour lutter contre les dérives et les fake med etc je suis d'accord avec vous pour dire que je les ai vus les mêmes petits peu que vous ils me sortent par les trous de nez cette espèce de mépris à l'âge de 20 ans vraiment fermez là c'est absolument insupportable mais voilà je voudrais juste aussi souligner le fait qu'il y a des médecins qui font un travail extraordinaire sur les réseaux sociaux merci à vous on a besoin de vous continuez quoi

1:12:43
Invité

et après on peut aussi pour les soulager un petit peu on peut dire aussi que les conditions de travail difficiles aussi des médecins vont aussi créer des situations de tension y compris avec leurs patients quand quelqu'un a attendu 8h dans le couloir il est évident que la discussion après va être plus compliquée que le médecin quand il enchaîne les gardes évidemment que ça va être plus compliqué mais oui la relation patient-soignant elle s'inscrit aussi dans un système de santé bien sûr qui balance les gens aussi les uns contre les autres et ça aussi on pourra l'interroger et un système de santé qui tient aussi beaucoup sur la volonté des internes qui sont quand même des gens relativement sous-payés qui font des heures à n'en plus finir et qui n'ont pas terminé aussi leur formation et donc en fait on les met dans des positions de stress absolu on les met en responsabilité parfois sans la présence de médecins seniors de devoir faire des choix et donc ça met aussi donc en difficulté les patients qui se retrouvent avec eux et c'est pas de leur faute ils sont encore étudiants c'est des gens qui continuent d'apprendre donc ils ont besoin d'être tutorés d'être encadrés et aujourd'hui le système libéral qui s'applique aux hôpitaux publics pose aussi des problèmes à la fois sur les médecins et sur les patients

1:13:49
Présentateur

c'est Sarah Legrin la députée LFI qui va créer une commission d'enquête c'est ça parlementaire sur les violences sexuelles et sexistes dans le monde médical je crois que c'est les violences en général dans le milieu médical

1:13:58
Invité

mais c'est peut-être les VSS les violences gynécologiques aussi là en ce moment il y a un procès je crois dans le 80 sur un gynécologue qui est accusé par je crois 250 femmes de viol voilà

1:14:11
Présentateur

non non mais d'accord très bien

1:14:13
Invité

non mais c'est un truc vraiment énorme mais en fait le truc c'est qu'il faut prendre conscience que notre système de santé il a énormément de défauts notamment le fait que la position du médecin est vraiment toute puissante et d'ailleurs je voudrais quand même préciser les mêmes médecins qui se plaignent d'être même des médecins qui ont toutes les bonnes raisons de se plaindre de leurs conditions de travail mais sont les mêmes qui refusent notamment de donner à des infirmières le droit de faire des premières prescriptions par exemple parce que c'est de la concurrence enfin il y a aussi un truc un peu généralement il faut bien voir que le système de santé est hyper concentré autour de la figure du médecin et que c'est un problème

1:14:48
Présentateur

voilà non mais je suis d'accord je suis tout à fait d'accord il y a une autre loi dont on voulait parler également dans ces sujets de la semaine c'est la loi Duplomb il y a eu une magouille parlementaire un peu bizarre qui a eu lieu lundi dernier à l'Assemblée Nationale en gros c'est une loi qui s'appelle la loi Duplomb qui a été adoptée au Sénat c'est une proposition de loi d'origine sénatoriale c'est un texte qui a été voté en janvier et qui réautorise notamment l'utilisation de certains pesticides pour les agriculteurs c'est une loi qui propose plein de trucs pour simplifier la vie des agriculteurs pour le faire simple ouais certains agriculteurs

1:15:22
Invité

c'est de l'agro-business ouais

1:15:24
Présentateur

j'allais l'expliquer mais je ne l'ai pas l'expliqué les députés de gauche ont déposé plus de 3500 amendements pour faire capoter l'examen du texte à l'Assemblée et pour lutter contre cette obstruction parlementaire il s'est passé un truc très bizarre c'est que la majorité macroniste a décidé de voter une motion de rejet préalable du texte de manière à ce qu'il ne soit pas examiné à l'Assemblée Nationale et à ce qu'il parte directement en commission mixte paritaire et c'est au cours de la commission mixte paritaire que le texte sera négocié avec le Sénat et qu'il pourra être adopté une bonne fois pour toutes à l'Assemblée Nationale mais sans amendement c'est donc un tripatouillage quand même assez étrange c'est quoi cette séquence agricole la Climax ça s'inscrit dans le quoi ?

1:16:03
Invité

ouais en fait cette loi en gros c'est le résultat c'est la suite de la mobilisation des agriculteurs de l'an dernier je ne sais pas peut-être que vous vous en souvenez peut-être que vous ne vous en souvenez pas il y a eu des séquences un peu iconiques Attal sur son balot de paille qui s'est terminé par Attal sur le balot de paille et ça avait vraiment fait ça avait fait date c'était vraiment iconique ouais c'était vraiment marrant et ça c'était il y avait eu des grosses tensions notamment son agriculture il y avait la confédération la coordination rurale qui était arrivée qui a fait réruption il y avait Macron qui avait retiré sa veste et tout ouais c'était ouf c'était intense et du coup ça a été terminé par Gabriel Attal qui avait fait ses annonces et en fait à ce moment-là en fait cette mobilisation des agriculteurs il y a quelque chose qu'il faut rappeler dans le monde agricole c'est que en fait le monde agricole a tout intérêt à ce que vous pensiez que c'est un bloc uni et que défendre les agriculteurs c'est quelque chose de clair qui est porté par des revendications de tous les agriculteurs c'est absolument faux les revendications à l'époque elles n'étaient pas claires ça pouvait être compris comme ce qui a été le résultat de la loi du plomb c'est-à-dire simplifier l'agrandissement enfin d'aller dans le même schéma que ce qu'on fait depuis 50 ans c'est-à-dire la modernisation favoriser l'agrandissement des gros etc ou alors ça pouvait aussi être compris et il y avait de tout dans cette mobilisation aussi des critiques envers la gestion libérale et des agriculteurs notamment des plus petits qui voulaient qu'il y ait un changement de cap en fait et comme ces mobilisations étaient très diffuses et que les voix étaient assez disparates là on voit très bien que ce qui se passe c'est que cette loi c'est le résultat d'un choix qui a été fait de suivre les revendications du syndicat majoritaire dans la FNSEA aussi de la coordination rurale qui est proche du LN les bonnets jaunes les fameux bonnets jaunes c'est ça mais alors que c'est pas du tout ce que le résultat de ce que demandent la majorité des agriculteurs cette loi elle va vraiment favoriser c'est la loi de l'agrobusiness c'est un scandale absolu cette loi à tous les niveaux vraiment et c'est vraiment le résultat de la droite de toute la droite y compris les macronistes qui ont choisi de soutenir les revendications des plus gros et des plus forts dans l'agriculture

1:18:16
Présentateur

je reviens sur ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale c'est quand même particulier Emilio pour une assemblée de se départir d'elle-même de son propre pouvoir d'adopter la loi et de la discuter surtout

1:18:25
Invité

je sais même pas si on a déjà vu une telle manœuvre dans l'histoire de l'Assemblée moi j'ai jamais vu ça c'est assez inédit mais en fait ça puise dans ses raisons ça puise ces explications pardon aussi dans les équilibres politiques du moment c'est-à-dire qu'on a suite aux élections législatives un gouvernement qui a été nommé sans légitimité parce que ils sont minoritaires à l'Assemblée nationale mais avec l'appui des républicains et donc les républicains désormais ils sont en position assez puissante au sein du gouvernement et donc ils peuvent aussi influer sur les politiques qui sont menées faire du chantage pour dire si vous faites pas ce qu'on veut on se casse et donc c'est vrai que ça foutrait Macron et les macronistes dans la merde et donc comme les républicains comme les macronistes mais les républicains particulièrement parce qu'ils sont aussi beaucoup dans les circos dans les circos rurales ils s'appuient énormément sur la FNSEA et donc quand la FNSEA demande les républicains exécutent et donc là comme c'est Annie Gennevar la ministre de l'agriculture qui est elle-même issue des rangs des républicains et bien ça passe comme une lettre à la poste et que ça permet à la fois de gagner du temps parce qu'ils avaient quand même pas envie de s'emmerder à discuter de 3500 amendements qui étaient en réel qui c'est de l'obstruction parlementaire il n'y avait pas que des amendements intéressants sur le fond il y avait beaucoup d'obstuchons mais pas seulement les macronistes ont quand même fui la discussion aussi parce que je pense qu'ils ne veulent pas l'avoir parce qu'ils se savent en difficulté parce qu'en fait ce qui se passe c'est que cette loi elle détricote des choses que les macronistes aussi ont eux-mêmes adoptées donc ça les met quand même aussi dans une situation un peu particulière et ils ont maintenant totalement endossé en fait le discours anti-norme qui avait été notamment tenu tu l'as dit Ariane pendant les mobilisations comme si la norme c'était quelque chose de négatif mais il faut revenir aux bases qu'est-ce que c'est une norme une norme c'est quelque chose qui sert à protéger à la fois les gens qui travaillent parce qu'en fait il y a les travailleurs qui sont dans les exploitations agricoles quand on parle des agriculteurs en soi ça ne veut rien dire c'est des réalités sociales qui sont extrêmement différentes et surtout à mesure qu'on avance il y a de moins en moins de patrons agriculteurs parce qu'en fait il y a une concentration des exploitations ce qui fait qu'il y a beaucoup plus d'ouvriers agricoles et en fait c'est ceux-là qui tringuent parce que c'est eux qui ont la main dans les pesticides et c'est aussi fait pour protéger les consommateurs nous lorsqu'on mange de ce qu'on se met dans l'estomac des gens qui habitent à côté aussi des gens qui habitent à côté éventuellement et tout ça pourquoi parce que c'est une organisation aujourd'hui capitalistique donc qui a vocation de toute façon à amasser du profit et en fait quand on met des normes des fois ça empiète évidemment sur le profit ça peut empiéter sur les rentements etc et donc tout ça pour vous dire aussi que la gauche en réalité je ne suis pas sûr qu'elle avait très envie d'avoir ce débat de l'autre côté aussi parce qu'en fait ils ont eu une difficulté c'est à parler aux agriculteurs ils n'y arrivent pas même si ça ne pèse pas grand chose dans l'électorat les agriculteurs symboliquement c'est quand même quelque chose de fort et parce qu'en fait la gauche n'arrive pas à avoir un discours sur la productivité agricole on leur dit et donc en fait ils ne sont pas audibles vis-à-vis des agriculteurs parce qu'ils leur disent en même temps il faut qu'on produise pour nourrir les gens et la gauche n'arrive pas à se saisir de ça on produit trop on ne produit pas que pour nourrir les gens on produit aussi pour exporter on produit pour faire du biocarburant on produit notamment les grandes exploitations céréalières et c'est ceux-là qui tiennent plutôt la FNSEA d'ailleurs ne font pas ça que pour nourrir les gens et oui donc la FNSEA il faut bien comprendre que le ministère de l'agriculture est un des rares ministères dont on dit qu'il est un peu géré en co-gestion si vous voulez avec ce syndicat historique majoritaire un petit peu comme en effet par exemple au ministère de l'intérieur on co-dirige aussi un petit peu avec Allianz et les syndicats de police tu ne peux pas te fâcher trop au ministère de l'agriculture c'est un peu pareil avec la FNSEA et elle est allée loin Annie Gennevard parce que la FNSEA et les agriculteurs quand ils gueulent ils gueulent quand ils bloquent ils bloquent quand ils ont décidé de déverser de la merde devant ta permanence littéralement de la merde vous avez tous vu les images des tracteurs ils y vont quand ils cassent ils cassent souvent ils ont des fusils aussi parce que dans la ruralité on a des fusils donc il y a une ambiance particulière quand tu parles et quand on les écoute quand on écoute la manière dont ils parlent notamment des écolos en particulier mais même des politiques en général mais des écolos vraiment en particulier on a le souvenir d'élus écolos qui ont été insultés de manière extrêmement sexiste par ces agriculteurs donc il y a une colère qui est entretenue notamment par toute la presse réactionnaire contre les écolos qui marche très très bien sur les agriculteurs qui ont l'impression d'être opposés aux écolos que c'est leurs ennemis naturels et avec un amalgame c'est le mot que tu as utilisé tu as utilisé le mot ruralité en fait ils ont réussi à faire une OPA sur le mot ruralité pour faire l'amalgame comme si les agriculteurs et la ruralité c'était la même chose de même que les agriculteurs de centre-ville le lobby oui le monde dans la ruralité n'est pas agriculteur non c'est pas grand monde les agriculteurs qui a mis de l'huile sur le feu dans le journal Sud-Ouest il n'y a pas longtemps je ne sais pas si vous avez vu elle a dit face aux agriculteurs allez vous en prendre aux élus de gauche parce que les agriculteurs râlaient et elle disait c'est pas moi c'est les écolos et elle a carrément dit et la phrase a été notée parce qu'il y a des gens dans l'assemblée qui étaient là qui étaient choqués parce que quand tu connais les méthodes des agriculteurs quand ils sont fâchés là elle les envoie directement sur les opposants allez vous en prendre aux élus de gauche et la phrase a un peu choqué y compris les journalistes qui étaient présents et les gens qui étaient là donc il y a un climat aussi qui est tendu et je pense que le gouvernement là c'est complètement plié à ces exigences là qui sont donc des reculs écologiques parfois des reculs par exemple sur les méga-bassines c'est assez évident que là par exemple c'est aussi un combat qui est emblématique contre les écolos et voilà et ça a été discuté avec la FNSEA au point que dès qu'il y a eu cette annonce de on va aller en CMP on rejette le texte machin en fait ça avait été discuté au téléphone aussi il y avait eu des consultations avec la FNSEA si on fait ça ça vous va comme plan donc ce plan ce plan bizarre cette magouille bizarre a été discuté avec la FNSEA qui l'a trouvé tout à fait satisfaisant et qui a dit on range les tracteurs maintenant donc voilà encore une belle victoire de la FNSEA mais c'est vraiment ouais avant juste pour répondre sur la dernière chose que tu viens de dire enfin c'est vraiment honteux mais vraiment je sais même pas comment enfin moi ça m'a ça m'a mis vraiment dans une colère pas possible le fait de faire ça il faut bien se rendre compte ce que c'est c'est vraiment toutes les droites qui se plient et qui font des magouilles pour répondre aux demandes de l'agrobusiness vraiment c'est un scandale absolu de revenir sur les faibles acquis qui étaient déjà et je voulais juste dire quelque chose sur ces histoires de normes donc les discours anti-normes dont tu parlais déjà aussi un peu Emilio en fait il faut comprendre qu'il y a de moins en moins de fermes il y a de moins en moins de fermes parce que les fermes sont de plus en plus grandes et de fait les agriculteurs les gros agriculteurs qui gèrent des grandes fermes sont des chefs d'entreprise et quand on est chef d'entreprise et qu'on gère plusieurs centaines d'hectares il faut qu'il y ait des normes et des contrôles c'est normal il y a des normes qui sont plus difficiles que d'autres pour des petites exploitations les normes sanitaires etc.

ça peut être un peu compliqué mais les normes en l'occurrence qui sont visées par ce texte là c'est les normes anti-écolo qui servent les intérêts des plus gros voilà au détriment des populations du taux de cancer dans la population oui mais au détriment aussi des plus petits agriculteurs

1:25:52
Présentateur

moi je m'inquiète effectivement de cette augmentation d'un discours contre les normes contre la bureaucratie l'idée qu'il faut forcément réduire le nombre de normes que la norme elle est source de ralentissement par nature elle est source de décroissance elle est source de choses que négatives tout le temps c'est un truc que je trouve particulièrement inquiétant et qu'on entend dans beaucoup de secteurs c'est un discours qui est un petit peu à la mode et alors pour le coup les questions agricoles sont des questions sur lesquelles je ne suis pas du tout carré bien au contraire mais ça fait écho avec des trucs que j'ai déjà entendu dans l'éducation nationale que j'ai déjà entendu dans d'autres ministères ils veulent moins de normes aussi dans l'éducation nationale j'ai déjà entendu des discours disant qu'il fallait foutre la paix aux enseignants et les laisser faire ce qu'ils veulent comme ils le veulent avec les enfants qu'est-ce qu'on va emmerder les pions dans des internats qui collent des tartes aux enfants ils sont payés pour ça après il y a beaucoup

1:26:45
Invité

de gens qui considèrent que la démocratie s'arrête aux portes de l'entreprise donc à partir du moment qu'ils considèrent que l'entreprise c'est un monde à part qu'il n'y a pas d'intervention extérieure à avoir et que c'est le chef d'entreprise c'est une monarchie pour beaucoup une entreprise c'est le roi décide et les sujets exécutent qui considèrent qu'à partir du moment où c'est dans les murs de l'entreprise les interventions extérieures sont de fait nocives et elles servent à ralentir mais déjà est-ce que ralentir c'est si grave que ça ?

il y avait les taxis aussi là qui gueulaient et c'est marrant parce qu'on dit les taxis les chauffeurs de taxis par contre on dit nos agriculteurs vous ne savez pas que c'est bizarre on ne dit pas nos chauffeurs de taxis non c'est parce que c'est voilà bon j'avais noté ça nos agriculteurs parce qu'il y a beaucoup de discours démago autour nos agriculteurs qui vont manger la France tout le monde a des parents agriculteurs nos parents agriculteurs on ne dit pas nos médecins on dit les médecins on les respecte nos médecins c'est à nous c'est les nôtres c'est bizarre

1:27:42
Présentateur

non mais c'est vrai t'as raison je reviens sur le pataquès ce qu'il y a eu à l'Assemblée nationale avec cette adoption d'une motion de rejet pour que la loi ne soit pas adoptée qu'elle aille ensuite en discussion avec le Sénat et qu'elle revienne pour n'être adoptée qu'en bloc Mathilde Panot la députée LFI la présidente des députés LFI a déclaré que c'était une nouvelle forme de 49-3 alors je pense qu'il ne faut pas not all 49-3 il ne faut pas mettre que des 49-3 partout tout le temps c'est plus compliqué que ça mais j'aime bien la formule quand même parce que j'ai encore une fois jamais vu ça et que je me demande si ça pourrait être utilisé par le gouvernement pour d'autres textes je ne sais pas c'est Macron

1:28:15
Invité

prof de droit Constit depuis 3 ans il nous a tout sorti maintenant l'avantage c'est qu'il fuit beaucoup pour l'éducation populaire c'est que il y a plein de gens qui vont connaître plein de choses de la constitution avec tous les sales coups qu'il a fait mais je ne vois pas pourquoi ils s'en prévraient ils l'ont fait une fois c'est le problème ils font toujours ça ils activent quelque chose qui les arrange au moment où ils sont emmerdés sans se poser la question de la suite sauf qu'en fait à chaque fois ils montrent le chemin aussi à l'extrême droite si jamais elle arrive au pouvoir c'est à dire que si demain Marine Le Pen elle n'a pas une assemblée enfin Marine Le Pen ou Jordan Bardella parce qu'elle n'est pas encore enfin bref ou même Retailleau ou peu importe qui sera là ils montrent la voie à l'extrême droite pour faire tout ce qu'il ne faut pas faire lorsqu'on est dans une démocratie parce que la 5ème République telle qu'elle est bâtie le leur permet et moi je trouve ça assez inquiétant et je ne vois pas pourquoi ils s'arrêteraient là tous les trous à chaque fois qu'ils ont passé un cliquet j'ai l'impression qu'il n'y a pas eu de retour en arrière

1:29:11
Présentateur

attention parce qu'avec cette procédure un peu bizarre à la pyrus il y a quand même besoin d'avoir une majorité au Sénat c'est quand même le Sénat qui fait la loi puis l'Assemblée nationale qui vote la motion de rejet là il se trouve effectivement comme vous l'avez très bien expliqué tous les deux que c'est un alignement parfait de planète entre les macronistes et les républicains mais le jour où c'est sur un sujet qui diverge entre eux ils sont avec qui au gouvernement là ? alors attends ils sont au gouvernement mais ils ne sont pas d'accord surtout tout le temps ils ne sont pas d'accord mais même si l'extrême droite

1:29:37
Invité

arrive demain et que c'est les LR qui sont majoritaires au Sénat moi je ne vois plus trop de différence aujourd'hui entre les LR et l'extrême droite donc ils disent qu'ils sont prêts d'ailleurs à travailler ensemble sur les sujets

1:29:46
Présentateur

mais là je ne te parlais ça dépend des sujets et ça dépend des textes et ça dépend sur quoi ? sur la proportionnelle en tout cas ils ne sont toujours pas d'accord et je les imagine mal se mettre d'accord mais à l'air

1:29:59
Invité

ils ne veulent pas de la proportionnelle

1:30:00
Présentateur

ah non ils ne veulent pas en entendre parler les macronistes non plus Laurent Wauquiez avait même fait monter le ton en disant que c'était limite un casus belli

1:30:06
Invité

il n'y a que Bayrou le RN LFI aussi qui veut de la gauche sauf le PS ils ne savent pas je ne comprends pas pourquoi la gauche veut la proportionnelle parce qu'elle a toujours voulu la proportionnelle on va se faire tarter on fait déjà tarter oui mais au moins avec le scrutin à deux tours tu peux faire barrage là on va se prendre une pelle

1:30:25
Présentateur

tu peux faire des barrages tu peux faire une proportionnelle à deux tours comme les régionales tu fais des fusions de listes c'est possible alors t'imagines les négo ça va être très drôle

1:30:32
Invité

ah ouais

1:30:33
Présentateur

pas de NFP au premier tour négo au second tour

1:30:36
Invité

si c'est par département sans négo

1:30:39
Présentateur

par département ou par région non ça va être très très drôle affaire à suivre en tout cas on verra si ça continue à être utilisé cette bizarrerie législative autre sujet qu'on voulait aborder ensemble la situation à Gaza Gaza Emilio toi tu notes qu'il y a quelque chose qui est en train de changer il y a un moment Gaza il y a un effet Gaza en ce moment

1:30:58
Invité

ouais moi j'avoue que je suis fatigué j'avais l'impression depuis plus d'un an et demi qu'on était assez peu de médias assez peu de personnalités dans le débat public qui a justement porté c'est pas moi perso je veux dire c'est juste une minorité de gens qui qui essayaient de ramer dans le désert sous le cagnard et que personne ne voyait ce dont il parlait aujourd'hui on commence à voir les germes d'un bouger ça fait ça fait dix jours qu'on nous explique que finalement c'est peut-être quand même pas hyper acceptable ce que fait ce que fait Netanyahou on a vu la une de Libé qui avait écrit quand même des trucs assez dégueulasses jusqu'ici qui avait trouvé par exemple l'affaire des explosions de Bipper au Liban c'était juste une prouesse technique voilà et donc le même Libé fait titre pour dire que c'est inqualifiable avec une tribune à l'intérieur de 300 écrivains et écrivaines dont Leila Slimani et Virginie Despentes pour dire qu'il faut arrêter d'utiliser le mot horreur mais dire ce que c'est c'est-à-dire un génocide on a vu qu'Olivier Faure aussi le premier secrétaire du parti socialiste utilisait désormais le mot génocide on a l'impression que c'est le grand réveil en fait sur Gaza pourquoi ?

d'où ça peut venir ? j'ai essayé de chercher parce que des moments au début je ne comprenais pas pourquoi ? qu'est-ce qui se passe maintenant d'un coup ?

ça c'est y est on était à 52 000 il y a eu 52 000 un mort ils se sont dit ah c'est y est ça c'est le mort de trop c'est la question que je voulais te poser il y a déjà je pense le fait que Macron a bougé et que début juin il est théoriquement censé même si on attend de voir reconnaître l'état de Palestine dans un événement à l'ONU coprésidé avec l'Arabie Saoudite il y a ça et je pense qu'il y a aussi le fait que maintenant enfin c'est pas c'est pas d'aujourd'hui mais c'est vraiment mis en lumière avec ce nouveau plan de humanitaire pour nourrir les Gazaouis en fait en fait ils ne les nourrissent pas justement ils ont bloqué l'accès des camions à Gaza ils en ont rentré quelques-uns pour dire maintenant on le regarde et on ne capte pas j'allais te demander c'est quoi la situation humanitaire sur le terrain justement et bien ils ont justement ouvert hier le premier la première distribution alimentaire dans un coin paumé de la bande de Gaza c'est-à-dire tout au sud enfin vraiment à côté de Rafa à côté de la mer sur un terrain vague etc donc loin aussi de là où il y a beaucoup de gens parce qu'il y a 2 millions de personnes il faut le dire et donc c'était une catastrophe c'était une catastrophe ils devaient donner distribuer il y avait plein de conditions reconnaissance faciale etc ça a été une catastrophe il y a eu un mort il y a eu énormément de blessés donc la situation ils ont fait tout ce que les humanitaires disent qu'il ne faut pas faire mais ils l'ont fait l'idée c'était de faire vraiment une opération pour dire c'est nous qui allons faire l'humanitaire parce que sinon le Hamas c'est je ne sais pas quoi et donc avec quelques gros bras y compris de services de sécurité privés américains qui ont été dépassés aussi qu'on ne pouvait pas refuir parce qu'ils ont appelé les gens à l'avance sur les réseaux en disant la distribution aura lieu là normalement tu ne le fais pas tu fais plusieurs points de distrib tu ne préviens pas les gens à l'avance sinon tu vas avoir un effet de mouvement de foule énorme et après ils avaient même carrément des petits questionnaires avez-vous été satisfaits de cette distribution la recommanderiez-vous c'est lunaire ils ont organisé ça de manière lunaire et pris des photos magnifiques de leur belle distribution qui s'est pourtant super mal passée et Netanyahou lui-même a reconnu qu'ils avaient perdu de façon momentanée le contrôle de l'opération c'est-à-dire que non et pour que Netanyahou en vienne à reconnaître c'est que c'était vraiment un immense fiasco et en fait je pense que la communauté internationale mais pas que les médias français les responsables politiques voient ce qu'ils n'ont pas voulu voir pendant un an et demi c'est-à-dire que le Hamas n'était qu'une excuse pour eux pour mener ce plan génocidaire et qui a été taillé par les déclarations que je ne dirai pas là parce qu'elles sont trop insupportables à entendre de nombreux ministres qui veulent détruire la bande de Gaza la récupérer pour en faire je ne sais pas quoi déplacer les Gazaouis etc donc aujourd'hui il y a cette prise de conscience alors je suis fatigué mais elle est bienvenue cette prise de conscience parce qu'il n'y a que ça qui peut faire bouger les choses Clémarx

1:34:44
Présentateur

pourquoi est-ce que toi tu penses qu'il y a ces changements de revirement chez certaines personnalités

1:34:49
Invité

honnêtement je ne sais pas j'ai l'impression que peut-être au bout d'un moment on arrive tellement à un niveau à la fois d'horreur et à la fois d'opinion publique qu'au moment ce n'est plus possible je pense que maintenant c'est intenable j'ai vu le documentaire de Louis Sterrou de la BBC qui a fait un documentaire qui s'appelle Settlers sur les colons en Cisjordanie et c'est terrifiant il y a un peu un truc c'est plus que terrifiant les discours des colons là-bas il n'y a pas de doute ne pas parler de génocide depuis le début le discours à connotation génocidaire c'est depuis le début depuis déjà très longtemps mais le fait qu'aujourd'hui il y a une attention maintenant que ces discours quand ils sont mis dans les médias et publics ils retentissent mais lisez l'article du Monde qui est sorti la semaine dernière un article qui compile toutes ces déclarations publiques à connotation génocidaire mis bout à bout c'est vraiment une dinguerie si vous pouvez le lire lisez-le moi je suis d'accord c'est bien qu'il y en ait qui se réveillent il y en a qui se rachètent une race à peu de frais aussi je trouve dans l'affaire parce que ce qu'il faudra interroger là c'est normal d'être choqué par ce qui est en train de se passer il y en a qui avaient dit que ça allait se passer comme ça on ne les a pas écoutés maintenant moi ce que j'aimerais aussi qu'on s'interroge nous dans la société française c'est aussi pourquoi jusque là ça tenait pourquoi jusque là les mensonges du gouvernement israélien n'ont pas été interrogés ont été relayés mécaniquement y compris sur les plateaux quelles sont les causes de cet aveuglement qui sont aussi les coupables de cet aveuglement il va falloir aussi qu'on s'interroge comment on a pu tolérer ça comment on a pu tolérer ces discours là et qu'est-ce qui nous a rendu perméables à ce niveau de discours de haine et je pense que là avec la séquence sur les frères musulmans etc machin je pense que l'islamophobie en France est aussi responsable à nous a rendu à rendu aux élites françaises plus tolérables le massacre à Gaza parce que dès le début on a fait des liens entre mais oui mais le Hamas en fait c'est comme Al-Qaïda puis en fait c'est comme nos attentats à nous en fait tout ça c'est pareil tout ça c'est vous voyez c'est des islamistes alors là en France il suffit qu'on te dise c'est des islamistes et là tu deviens fou tu fais très bien tu les tous ok très bien c'est ça qui s'est passé il y avait quand même une grande partie c'était de la politique intérieure sur le discours sur au début ce qui se passait c'était en fait des discours de politique intérieure c'était regardez les terroristes islamistes attaques les occidentaux civilisés etc et c'était c'était une manière de justifier des discours islamophobes et des politiques sécuritaires ici en France quoi exactement et ça on l'a dit très vite dans Maxite on l'avait dit déjà à l'époque est-ce que

1:37:41
Présentateur

est-ce que vous pensez qu'il y a aussi l'utilisation de la faim comme arme de guerre qui fait bouger les choses est-ce que c'est cette nouvelle méthode d'utiliser alors peut-être elle n'est pas si nouvelle que ça parce qu'elle était déjà utilisée avant

1:37:51
Invité

Emilio disons que quand on envoie des bombes et que le gouvernement dit c'est pour tuer le Hamas je pense que de façon cognitive il y a des gens qui disent oui en même temps c'est vrai ils servent de boucliers humains etc qui peuvent gober ça parce que c'est relayé là en fait on affame des enfants je pense que c'est con mais il y a un réflexe aussi humain qui fait que je viens de se dire ah ouais c'est peut-être quand même pas ouf mais c'est clair que cette arme de la faim c'est une nouvelle étape mais il ne faut pas oublier que les bombardements continuent on a appris aujourd'hui notamment la mort de l'une des c'est bizarre de dire ça c'est noire non d'une gamine de 11 ans qui était l'influenceuse de la plus connue de Gaza qui a été bombardée avec sa famille et qui est morte là c'était la star de Gaza il n'y a resté plus que ça je ne sais plus si c'est elle qui faisait de la cuisine mais je ne sais pas non mais voilà on en arrive là il y a d'anciens premiers ministres aussi en Israël qui ont pris la parole pour dire mais moi je ne peux plus défendre là jusque là même le mot génocide j'esquivais en disant non les conditions ne sont pas exactes mais là on y est et il faut arrêter tout de suite parce qu'on va finir devant le tribunal international de l'AE en fait il y a des gens dans la société israélienne qui s'en rendent compte et il y a une autre partie de la société israélienne qui a complètement vrillé et qui trouve ça très normal et qui est pour qu'on continue parce que vu qu'on est dans la lancée allons-y il faudrait quand même rappeler

1:39:21
Présentateur

que la situation politique en Israël est un peu particulière c'est à dire que la coalition au pouvoir c'est une coalition entre Benyamin Netanyahou la droite historique et l'extrême droite qui est contestée dans la rue par un mouvement massif de plusieurs centaines de milliers de personnes qui contestent la dérive extrême-droitière du gouvernement or ce gouvernement est en train de mener la guerre injuste que vous savez à Gaza avec les méthodes qui sont les leurs et on sait que c'est l'extrême droite qui fait pression sur Netanyahou pour qu'il continue cette guerre-là dès l'instant où l'extrême droite se sépare de Netanyahou ils sont obligés d'organiser des élections et Netanyahou est sûr de perdre voilà pourquoi Netanyahou fait de la surenchère à l'extrême droite

1:39:56
Invité

il se trouve que j'y suis allé j'étais en Israël il y a deux mois au moment où Jordan Bardella était invité en grande pompe sur une conférence contre l'antisémitisme pour laver toutes les horreurs de son parti et donc j'y suis allé j'ai couvert des manifestations une particulièrement à Jérusalem et c'était il y a deux mois la société israélienne elle a bougé quand je suis arrivé dans la manifestation j'ai parlé à plusieurs évidemment personnes israéliennes qui étaient là et une femme m'a dit vous allez voir en remontant dans le cortège qui n'était pas très très grand plus vous allez avancer moins la question des palestiniens va se poser c'est-à-dire qu'à l'arrière du cortège les gens ils étaient à la fois en défense des palestiniens aussi demandant le retour des otages et contre la guerre et contre la réforme judiciaire de Netanyah parce qu'en fait c'est un millefeuille c'est la réforme de la justice et en fait je me suis rendu compte et ce qu'elle m'avait dit était vrai plus je suis avancé dans la manifestation plus en fait la question des palestiniens l'empathie avec les palestiniens disparaissait c'est-à-dire qu'à la fin quand on arrive en tête de cortège il n'y avait plus que la question des otages c'est la question des otages qui cimentait tout ce mouvement en fait c'est des gens qui manifestent ensemble parce que la question des otages sinon ils ne sont pas d'accord sur le reste c'est-à-dire qu'il y avait même des juifs intégristes qui étaient dans ces manifestations parce qu'ils considéraient que le gouvernement mettaient en danger la vie des otages deux mois après ce mouvement-là il a pris beaucoup plus d'ampleur aussi parce qu'il y a davantage d'informations qui est donnée à la population israélienne il faut savoir que moi j'ai rencontré plein de personnes notamment de la gauche israélienne sur place qui disaient tout simplement les gens les israéliens ne sont pas au courant de ce qui se passe derrière les murs de Gaza tout simplement parce que les médias israéliens ne le relaient pas et ça c'est en fait c'est une guerre d'information aussi et qu'en fait la propagande du gouvernement israélien elle est relayée ad nauseum sur les chaînes israéliennes qui ne montrent pas ce qui se passe réellement à la fois dans les colonies en Cisjordanie où le gouvernement israélien n'a pas l'excuse du Hamas et qui continue la colonisation aussi pour s'approprier les ressources notamment en eau et de l'autre côté du mur de Gaza où sont persécutés plus de 2 millions

1:41:59
Présentateur

de personnes il y a des gens dans le chat qui demandent si internet est coupé là-bas ou filtré non donc sur internet tu peux avoir accès aux infos encore faut-il y aller

1:42:07
Invité

en fait le problème c'est que la plupart des médias israéliens sont aujourd'hui quasiment en soutien inconditionnel à ce qui se passe ce qui est mis en place par le gouvernement de Netanyahou à part le journal Arez qui est un journal de gauche c'est le seul et même eux ils se font taxer c'est-à-dire qu'à la conférence sur l'antisémitisme moi j'ai pas pu rentrer parce que le gouvernement israélien m'a retiré mon accréditation il ne voulait pas que je participe que je vois là mais j'ai évidemment discuté avec mes confrères et consoeurs qui eux ont le droit de rentrer et puis j'ai vu parce qu'elle était diffusée et par exemple le gouvernement israélien a été extrêmement virulent avec le journal Arez qu'ils ont accusé d'antisémitisme c'est-à-dire qu'aujourd'hui la contestation du gouvernement israélien est assimilée à l'antisémitisme y compris pour les gens qui font des accusations visent aussi des journaux israéliens eux-mêmes c'est une dinguerie ce qui se passe il y a une partie de la population qui en effet tolère la violence je veux dire alors souvent on dit parce qu'il y a eu le choc du 7 octobre et que donc du coup derrière la violence vengeance est plutôt bien perçue mais c'est une société qui est violente de toute façon c'est une société de soldats c'est une société où on fait son service militaire et puis même si on sinon ça va être ton fils enfin tu connais quelqu'un dans l'armée c'est une société qui est militarisée plus que ça c'est que moi je suis arrivé je suis monté dans le train en sortant de l'avion et en face de moi j'avais une femme habillée en civil et je ne m'en étais pas rendu compte j'avais un fusil d'assaut pointé sur moi alors elle le portait en détente c'était grave mais en fait j'avais le canon du fusil qui était vers moi et en fait des armes tu en croises partout tout le temps en Israël et ça ajoute à ça les alertes en fait aux missiles aussi qui sont permanents parce qu'il y a les outils au Yémen qui tirent et donc en fait vraiment moi j'ai eu deux alertes aux missiles c'est-à-dire que tout le monde est censé aller aux abris etc et en fait ça rend aussi des sociétés paranaux ça c'est-à-dire qu'on voit sur les visages les gens pleurent et en fait c'est une société qui est agressée et qui agresse en fait et qui ne connaît que la violence et puis il y a une déshumanisation totale des palestiniens et des palestiniennes quoi ça pose vraiment la question d'après quoi parce que là on commence à parler d'état paria notamment parce qu'il y a eu beaucoup de discussions sur le fait que là ils avaient carrément complètement coupé l'aide humanitaire et plus rien rentré à un moment c'est là où on a commencé à dire vraiment Israël se met dans la position mais plus personne va vouloir te parler en fait là c'est trop obvious tu vas devenir un état paria

1:44:23
Présentateur

il y a toujours les Etats-Unis et l'Amérique c'est toujours le problème

1:44:25
Invité

oui oui mais même là

1:44:26
Présentateur

c'est la question que j'allais vous poser est-ce que la reconnaissance par la France de l'état palestinien va changer quoi que ce soit vu que les Etats-Unis continuent à refuser de le reconnaître quand on regarde une carte du monde de qui reconnaît l'état palestinien t'as l'ensemble de la planète à l'exception des pays occidentaux les plus puissants Etats-Unis Europe de l'Ouest et encore pas toutes et l'Espagne Japon etc donc non je sais pas si la solution politique que peut faire la France en fait c'est un peu ça ma question

1:44:55
Invité

on va en parler avec Chloé Rydel à mon avis après parce que ça peut se discuter notamment au niveau européen et que voilà il y a le partenariat Europe-Israël j'avais lu 30% des volumes d'échanges d'Israël c'est avec l'Europe si tu commences à attaquer là-dessus il va falloir qu'ils réagissent aussi c'est même honteux qu'on n'ait pas déjà commencé à le faire ça fait quand même longtemps que ça traîne cette histoire

1:45:21
Présentateur

je suis d'accord je suis d'accord on continue chers amis je vais vous proposer un truc sur le plateau est-ce que vous avez d'autres sujets d'actu qui vous tiennent à coeur Gabriel Attal parlons de Gabriel Attal si tu le souhaites on a un peu de temps je ne sais pas pourquoi

1:45:34
Invité

ça m'est venu Gabriel Attal je ne sais pas il me rend fou qu'est-ce qui devient Gabriel Attal il me rend fou il a encore fait une sortie anti-jeune je crois je ne sais plus quoi j'aurais dit les commissions d'enquête mais vas-y parle de Gabriel Attal parce qu'il a une nouvelle proposition il a égréné ses propositions devant son groupe parlementaire il y avait une réunion de groupe et apparemment j'ai lu ça dans l'EB chez Paul tout à l'heure ça a été un peu compliqué parce que tu as un tiers de son groupe qui est là mais pourquoi tu parles là-dedans dans les nouvelles propositions d'interdiction du voile au moins de 15 ans etc le mec il a eu son moment de gloire avec la baïa et il se dit ça ça va être mon truc le niveau de médiocrité pour en venir à se poser en protecteur de la jeunesse

1:46:13
Présentateur

la baïa pour les jeunes son truc anti-jeune c'est ça l'interdiction du port de la baïa en dessous de l'âge de 15 ans je crois

1:46:18
Invité

non c'est pas la baïa c'est le voile la baïa c'est quand il était ministre de l'éducation c'est quand il était et quand il fait sa rentrée la seule rentrée qu'il a fait il a décidé comme première décision comme acte politique à l'éducation nationale d'interdire la baïa de faire du sujet de la rentrée on en avait parlé sur Backseat je m'en souviens maintenant abonnez-vous et voilà et apparemment à l'intérieur c'est plutôt accueilli il y a un tiers d'enthousiastes un tiers qui est assez indifférent et un tiers qui se dit mais c'était pas ça le macronisme et il est un peu ridicule à faire ça c'est un peu méprisable comme manière de faire en se disant tiens en ce moment le vent est plutôt un mec qui vient du PS en plus tiens en ce moment le vent c'est plutôt faut faire des trucs sur les musulmans ça marche bien comme ça je serai repris sur CNews comme ça je serai au coeur du débat on va parler de moi machin et c'est vrai que c'est méprisable j'avais envie de râler sur Attal il fait énormément de TikTok aussi ouais non mais voilà il y a quand même énormément il y a quand même des politiques plus médiocres que les autres je trouve et ça vaut le coup de le souligner tous les camps politiques ont leur dose de médiocrité oui oui oui c'est pour ça que je parlais d'un mec précis Macroniste décidément toi tu voulais parler de quoi ?

moi le truc qui m'énerve en ce moment c'est les commissions d'enquête en fait c'est pas les commissions d'enquête en elles-mêmes c'est la réaction qu'elles suscitent les paniques qu'elles suscitent notamment alors tu peux rappeler quand même dans la droite le point de départ c'est qu'en fait à l'Assemblée nationale et au Sénat les parlementaires ont la possibilité de créer des commissions d'enquête pour enquêter sur des sujets à partir du moment où ça n'empiète pas sur la justice une affaire judiciaire en cours c'est un outil constitutionnel de contrôle de l'action du gouvernement de l'exécutif c'est une action de contre-pouvoir aussi vis-à-vis des milieux économiques et donc c'est un droit qui a été consacré en 2008 par Nicolas Sarkozy au moment de la réforme constitutionnelle qui dit que les groupes d'opposition et minoritaires ont le droit à une commission d'enquête par an c'est le droit de tirage c'est eux qui choisissent le sujet de leur commission d'enquête et il se trouve que ces derniers temps vous l'avez vu il y a énormément de commissions d'enquête qui sont médiatiques il y a celle qui concerne les violences scolaires post-betteram ça c'est pas une commission d'enquête de droit de tirage c'est la commission des affaires la commission de l'éducation nationale et culture qui s'est transformée en commission mais il y en a d'autres il y a la commission sur les élections l'organisation des élections d'Antoine Léaumant qui voulait inviter le milliardaire d'Extraël Pierre-Edouard Sterrin qui ne s'est pas pointé au Sénat il y a celle il se trouve que c'est le sénateur communiste qui était aussi directeur de l'UMA Fabien Guay qui fait les aides publiques le bilan des aides publiques aux entreprises il y a celle de Benjamin Lucas l'écologiste sur les licenciements et l'inaction de l'Etat face à la vague de plans sociaux etc il y en a beaucoup on a eu aussi l'affaire McKinsey qui avait donné lieu donc il y en a beaucoup elles sont extrêmement médiatiques et on a vu aussi après les réactions que ça suscitait c'est-à-dire que les macronistes notamment les modems après l'audition de François Bayrou criaient au procès politique au stalinisme on a vu des médias comme les échos comme c'est news évidemment le Figaro embrayé en disant que c'était les pièges que c'était les procès politiques etc des patrons qui refusent de s'y rendre ou qui font tout un tintouin pour dire qu'en fait ils sont des cibles politiques tout ça ça vise à décrédibiliser le rôle des parlementaires et je voulais justement rappeler à quel point c'est important d'avoir ce contrepoir parce qu'en fait ils font émerger des sujets ils mettent la lumière sur des sujets extrêmement importants et ils font émerger la vérité pourquoi ?

parce que dedans les personnes un sont obligées de se pointer en théorie pour être auditionnées et deux ils n'ont pas le droit de parjurer c'est-à-dire ils n'ont pas le droit de mentir sous peine de sanction et donc normalement c'est la vérité qu'ils sont censés dire et quelle vérité par exemple dernièrement on a eue il y a eu la commission Nestlé sur les eaux minérales sur comment Nestlé Waters s'est arrangée avec l'Elysée en gros pour faire en sorte que les normes on en revient aux normes qui s'imposent aux eaux minérales ne s'imposaient pas vraiment à elles et de pouvoir contourner un immense scandale sanitaire c'était une commission qui était tenue par le sénateur socialiste Alexandre Ouizi après l'émission d'information d'une sénatrice écologiste Antoinette Gull et en fait tout ça c'est extrêmement important pour la démocratie mais à l'extriculeur il n'est pas venu à cette commission et la justice lui a donné raison exactement et donc là on voit que c'est très intéressant parce que moi aussi je les entends monter ces discours mais pas seulement tu parlais de CNews moi j'écoute beaucoup le service public c'est relayé aussi assez mécaniquement aussi par j'ai envie de dire les petits télégraphistes macronistes du service public aussi qui continuent et qui pareil c'est vrai il y a trop de commissions d'enquête est-ce que c'est pas des fois l'occasion pour les oppositions en fait de se montrer de se faire voir qu'on parle de c'est ça le niveau d'analyse politique de ces gens-là c'est vrai aussi ils choisissent des sujets oui mais d'accord mais ne dire que ça sur les commissions d'enquête alors qu'au contraire bon on voit qu'il y a un intérêt du public pour ces commissions d'enquête depuis surtout la commission Benalla la commission sur le faire Benalla où on avait l'impression que bah ouais le président avait dit qu'il vienne me chercher bah très bien bah qu'est-ce qu'on fait on fait au moins ça on fait au moins une commission d'enquête on essaye au moins de faire vivre le débat c'est quand même un des lieux où on dit des choses qu'on ne dit pas ailleurs où on reçoit des personnes qui n'iraient pas ailleurs et là justement ces personnes-là donc les puissants sont en train de faire un bras de fer ça emmerde les puissants voilà c'est ça qu'il faut retenir de ce truc-là ces commissions d'enquête commencent à emmerder les puissants et les défenseurs des puissants dans les médias aussi qui relaient aussi et les macronistes aussi ça leur les a emmerdés même Bronpivet elle a dit qu'il y en avait peut-être un peu trop oui Bronpivet l'a dit

1:51:30
Présentateur

et toi Climax est-ce qu'il y a un sujet en particulier sur lequel tu voulais

1:51:35
Invité

parler ?

non bah j'ai parlé j'ai parlé des questions des violences sexuelles notamment sur mineurs du coup je vais peut-être pas toujours dire ce que j'en avais parlé je dirais je dirais juste qu'en ce moment j'espère vraiment que tout ce qui se passe ça va nous nous faire prendre conscience à l'échelle enfin qu'on se rende compte en fait encore une fois que que l'ampleur de ce qu'on voit sur les violences ça va nous faire prendre conscience que c'est pas des faits isolés et que c'est pas bizarre en fait qu'on se rende compte qu'il y ait autant de violences qui sont commises dans des milieux comme Bétharame au sein de l'hôpital etc etc et qu'on va vraiment prendre conscience qu'à partir du moment où on donne du pouvoir à des hommes les hommes violent les enfants voilà

1:52:27
Présentateur

littéralement merci Climax on va faire une pause vous pouvez l'applaudir on va marquer une petite pause on se retrouve dans 15 minutes avec notre invité politique Chloé Ridel à tout à l'heure

1:52:37
Invité

This episode is brought to you by FIFA World Cup Launch Edition on Netflix It's a fast fluid game where your phone is the controller and your TV is the stadium You just launch it on your TV scan the QR code with your phone and boom you're shooting and passing in seconds Plus it's included in your Netflix membership with zero extra costs Go to the games tab and play FIFA World Cup Launch Edition now only on Netflix

1:53:07
Présentateur

Bonsoir Bonsoir le public merci d'être avec nous merci les amis bonsoir à vous si vous nous regardez en direct sur Twitch bonsoir le chat tu es avec nous sur le plateau comme d'habitude bonjour à celles et ceux qui nous regardent en replay sur Youtube ou qui nous écoutent en podcast chers amis ce soir dans la deuxième partie de cette émission Backseat nous allons recevoir notre invité politique cette semaine c'est la députée européenne et porte-parole du Parti Socialiste Chloé Ridel Bonsoir Chloé merci d'être avec nous Chloé je précise que tu as par le passé été chroniqueuse de la formidable émission Backseat

1:53:51
Invité

ça fait plaisir de te revoir

1:53:54
Présentateur

comment ça va ?

1:53:55
Invité

ça va écoute un peu fatiguée parce que tu sais on est en plein congrès

1:53:59
Présentateur

tu vas nous en parler tu vas nous en parler effectivement le congrès du Parti Socialiste est en train de se tenir aujourd'hui avait lieu les votes sur avait lieu oui les votes sur les textes d'orientation du parti les résultats provisoires qui ont été communiqués c'est que le texte d'orientation d'Olivier Faure le premier secrétaire sortant est de 42% des voix derrière Nicolas Maillère-Rossignol à 40% des voix et en fin dernier Boris Vallaud 18% des voix qui est donc éliminé le vote sur le premier secrétaire aura lieu le 5 juin prochain et verra donc s'affronter Nicolas Maillère-Rossignol et Olivier Faure le sortant ne zappez pas ne zappez pas effectivement est-ce que les chiffres que je viens de donner sont ceux que tu as aussi Chloé ?

1:54:42
Invité

C'est tout à fait juste Olivier Faure et le courant qu'il porte est arrivé en tête avec 42% suivi du texte d'orientation qui est porté par Nicolas Maillère-Rossignol qui est arrivé à 40% et je veux ici dire que c'est une baisse notable par rapport au dernier congrès qui était le congrès de Marseille où le texte de Maillère-Rossignol et d'Hélène Geoffroy qui maintenant étaient unis face à nous face à Olivier Faure ils ont perdu 11% Olivier Faure

1:55:11
Présentateur

j'allais te demander c'est quoi ton interprétation du coup de ce résultat ?

1:55:15
Invité

L'interprétation de ce résultat c'est que l'orientation que nous avons portée avec Olivier Faure est arrivée en tête que les 18% de Boris Vallaud si on parle de la stricte orientation politique est très proche de la nôtre une ligne qui veut que le Parti Socialiste reste ancré à gauche que le Parti Socialiste se place et œuvre à un rassemblement de la gauche cette ligne-là si on ajoute le score de Boris Vallaud au nôtre fait aujourd'hui 60% des militants du Parti Socialiste

1:55:43
Présentateur

Alors si vous ajoutez le score de Boris Vallaud est-ce que c'est sûr que Boris Vallaud va se rejoindre à votre texte à vous ? Je rappelle que tu soutiens Olivier Faure

1:55:50
Invité

Absolument moi j'ai même écrit le texte d'orientation d'Olivier Faure et je l'ai défendu tout au long de ces derniers mois parce que si je suis entrée au Parti Socialiste moi c'était mon premier congrès au Parti Socialiste c'était aussi pour apporter mon soutien à Olivier Faure et pour défendre cette ligne donc je l'ai fait dans le cadre de ce congrès et j'espère que Boris Vallaud va faire un choix premièrement et qu'il va faire le choix deuxièmement de nous rejoindre ok il y a quoi dans sa motion à lui à Boris Vallaud en quoi il se distingue parce que je vois bien Nicolas Maillard Rossignol voilà Carole Delga tout ça là mais Boris Vallaud lui proposait quoi comme alternative Boris Vallaud il faisait beaucoup de propositions sur le fonctionnement du parti il proposait et à très juste titre on proposait la même chose d'ailleurs de recréer un institut de formation militante et de réflexion jusqu'en 2017 on avait la fondation de Jean Jaurès vous savez je ne sais pas si ça vous dit quelque chose qui s'est ensuite complètement autonomisé qui a même appelé à voter Macron etc donc le parti socialiste avait perdu toute structure en fait de formation et de réflexion donc Boris a fait des propositions en la matière il voulait aussi qu'on crée un média mais sur le fond de la stratégie et de l'orientation politique c'était tout à fait similaire à la nôtre il critiquait aussi il disait que le parti socialiste ne travaille pas assez sur le fond justement ok il y avait eu des progrès qui avaient été fait sur les scores électoraux mais que sur le fond le parti socialiste avait arrêté de penser justement et qu'on ne savait plus bien où il se situait parce qu'il y avait eu l'hégémonie de la France insoumise sur la gauche l'hégémonie intellectuelle et que le parti socialiste n'avait pas engagé ce travail mais en fait c'est ça moi ma question c'est aujourd'hui est-ce que vous êtes capables de nous dire le PS pense quoi aujourd'hui notamment sur les questions économiques il se situe où on entend tout le temps le mot de rupture je travaille beaucoup sur le congrès en ce moment donc j'appelle les uns les autres et ils ont tous le mot rupture à la bouche mais alors rupture avec quoi comment on ne sait jamais je suis d'accord avec vous que ce mot de rupture beaucoup l'ont à la bouche et moi j'aime bien qu'on parle concrètement de ce qu'il y a derrière nous ce qu'on porte au part socialiste c'est une politique de rupture vis-à-vis de la politique macroniste menée depuis 7 ans qui a conduit pardon il faut que je parle

1:57:55
Présentateur

tu peux tirer le micro vers toi si tu veux

1:57:57
Invité

qui nous a conduit dans une société de l'héritage où l'héritage le capital est toujours du beaucoup moins taxé que le travail où on a fait des milliards de cadeaux fiscaux à des grandes fortunes où on a laissé détériorer les services publics et donc au Parti Socialiste nous on assume cette politique de rupture avec cette politique économique et sociale là nous sommes des éco-socialistes et ça c'est quelque chose que l'on affirme quand Boris fait ce reproche de dire que le Parti Socialiste n'a pas assez travaillé moi j'observe qu'on a un groupe à l'Assemblée Nationale qui travaille c'est par exemple la députée Fatia Kéloa Hachi qui a porté le repas à 1 euro c'est Philippe Brun qui avait porté la nationalisation d'EDF dans nos niches socialistes à l'Assemblée Nationale on a réussi à faire adopter beaucoup de lois très concrètes de progrès pour les Français aux élections européennes on avait rédigé un programme c'est même moi qui avais en partie tenu la plume donc on avait travaillé peut-être qu'on a des choses à améliorer sur le plan du faire savoir pour imprimer dans l'opinion il y a eu un signal envoyé on a une pensée c'était de ne pas avoir voté la censure c'était un signal envoyé au niveau du faire savoir c'était étonnant alors apparemment c'est quoi c'est Philippe Brun qui a dit non ça va il y a des arrangements apparemment avec Bayrou ça peut le faire c'est lui qui a fait ce travail de conviction en interne je rappelle quand même que vous étiez pour la censure alors moi j'étais pour la censure mais la non-censure qui a été décédée sur le budget et non pas sur la politique du gouvernement Bayrou c'était une non-censure qui visait à laisser passer un budget et à permettre à la France d'avoir un budget dans un contexte où chaque jour nous étions harcelés par des associations des petites entreprises qui sans budget ne pouvaient pas tourner et où si on avait fait tomber le gouvernement Bayrou on se serait réenclenché dans un cycle d'un mois potentiellement deux mois où on aurait eu un autre Premier ministre de droite voire d'extrême droite donc la décision qui a été prise sur la non-censure sur le budget n'est pas excusez-moi une ligne politique qui voudrait dire comme l'ont affirmé les insoumis et moi je trouve que c'est profondément malhonnête que d'avoir fait ça parce que ni les écologistes ni les communistes d'ailleurs nous ont reproché ça ça n'est pas le parti socialiste qui devient un soutien du gouvernement Bayrou Non mais c'était un peu une stratégie ça a été perçu comme une stratégie de distinction à l'intérieur de la gauche Même si j'étais pour la censure encore une fois mais je ne dis pas que la non-censure équivaut aux parts socialistes qui rejoindraient le gouvernement Bayrou c'est simplement ce réseau a laissé passer un but pour la France stratégie de distinction à l'intérieur de l'espace de la gauche en disant nous on est les raisonnables nous on ne veut pas le blocage et là ce que tu dis c'est un peu les élus locaux le PS comme syndicat d'élus locaux qui a voté en disant moi je ne veux pas de blocage d'ailleurs on est les raisonnables on ne veut pas le blocage Je ne crois pas que ce soit que les élus locaux je pense que c'est aussi les députés qui sont interpellés qui ne sont pas des élus locaux qui sont des élus de la nation qui sont interpellés ce n'est pas du tout au niveau local même si tu as raison de dire que ça paralysait grandement les collectivités locales et les collectivités locales c'est des pourvoyeuses de services publics très quotidiens pour les gens et qui ont besoin aussi de pouvoir tourner mais sincèrement cet épisode-là moi je l'ai mal vécu j'ai trouvé que c'était particulièrement difficile parce que les différentes positions pouvaient se comprendre il y avait besoin d'un budget pour la France ce budget était mauvais brutal mais on n'avait aucun levier pour le changer davantage on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale enfin voilà c'était une situation compliquée mais encore une fois je veux répéter que ça n'est pas une ligne ça ne fait pas une ligne pour le parti socialiste qui serait non opposé ou pas dans l'opposition au gouvernement Bayrou Emilio ?

J'entends ce que vous disiez mais pour continuer justement ce travail de définition vous avez dit deux mots que je trouve extrêmement intéressants c'est le mot capital et c'est le mot nationalisation on connaît l'histoire récente du parti socialiste de 2012 à 2017 on connaît la ligne politique qui a été celle du mandat Hollande d'accommodement du libéralisme de politique de l'offre etc alors première question est-ce que le parti socialiste aujourd'hui a définitivement rompu avec cette politique-là et deuxième question quand on parle de choses concrètes derrière la rupture est-ce que ça peut passer par des nationalisations par exemple de banques pour financer l'activité économique est-ce que c'est l'instauration de droits de douane concrètement justement qu'est-ce que vous mettez derrière ?

Alors déjà moi je fais partie d'une nouvelle génération qui est arrivée au parti socialiste moi tout début 2023 et qui n'a rien à voir pas comptable de Hollande avec la période de François Hollande mais je le dis et moi mon parcours politique est le suivant je suis venue à la politique assez tardivement et via l'engagement associatif parce que comme toute une partie de génération de militants de gauche je ne voyais pas l'intérêt de rejoindre un parti politique dans le contexte d'une gauche très morcelée etc et donc j'ai d'abord fait mes armes militantes dans le secteur associatif j'ai d'abord voté Mélenchon j'avais 21 ans j'ai voté Mélenchon j'avais 25 ans j'ai voté Mélenchon en 2012 et 2017 et ce n'est pas grave et je l'assume tout à fait mais par contre par contre déjà dès le soir du second tour de l'élection 2017 à la réaction de Jean-Luc Mélenchon ça m'a posé un premier problème

2:03:09
Présentateur

c'était quoi sa réaction ?

2:03:10
Invité

et tout de suite après c'était une non-acceptation de la défaite et j'étais une fervente soutien de sa campagne mais en fait mes questions sont trop et ensuite et je te réponds non mais et ensuite en 2018 je me suis vite aperçu que ce monsieur là n'était pas à la hauteur de sa responsabilité historique moi je vous le dis je me suis sentie trahie en tant qu'à l'époque électrice de Jean-Luc Mélenchon parce que j'ai compris qu'il ne voulait pas faire gagner la gauche et rassembler largement mais qu'il voulait d'abord et avant tout tuer le PS et à l'époque le PS c'était pas mon problème c'était pas mon problème et donc moi si vous voulez je fais partie d'une génération qui veut que la gauche gagne dans ce pays et donc j'ai fait le choix bien après de rejoindre le Parti Socialiste parce que je pense qu'il fallait renforcer aussi cette partie de la gauche dans le cadre d'un rassemblement de la gauche pour qu'on puisse arriver à créer une majorité de changements d'alternatives de progrès social écologique démocratique

2:04:04
Présentateur

et donc pour vous dire

2:04:06
Invité

moi je fais partie de cette nouvelle génération et donc quand on me ramène à François Hollande oui je n'en suis pas comptable et je rappelle c'est un député de chez vous quand même que Olivier Faure oui tu as raison mais à l'époque son soutien pendant le nouveau Front Populaire ne nous a pas gêné et n'a gêné personne puisque ça nous permettait d'élargir et d'espérer parler à une majorité de français Olivier Faure a fait un inventaire d'ailleurs du quinquennat de François Hollande en posant les termes donc la politique économique qui est la nôtre moi telle que je la vois elle est dans le pragmatisme c'est à dire que par exemple sur la question d'ArcelorMittal le Parti Socialiste a pris position très clairement en faveur de la nationalisation d'ArcelorMittal dans un contexte où ArcelorMittal balade l'état français depuis des années et des années en faisant miroiter à l'état qu'il allait à Dunkerque créer un site pour faire de l'acier vert donc de l'acier décarboné avec de l'hydrogène que ça coûte des centaines de millions d'euros d'investissement et que dans un contexte où on continue de laisser entrer de l'acier à bas coût et produit au charbon de Chine et d'Inde il n'y a aucun monde où ArcelorMittal va décider de garder son site à Dunkerque donc le gouvernement s'est fait balader par Arcelor et dans ce contexte nous on est pour évidemment en tout cas prendre des mesures d'urgence pour mettre des droits de douane et stopper l'invasion de l'acier qui provient d'Inde et de Chine et d'investir résolument dans l'acier vert parce qu'il ne faut pas non plus abandonner un modèle européen qui serait à la fois souverain et capable de produire son propre acier dont on a besoin pour la construction pour le bâtiment pour les voies ferrées enfin vous savez et en même temps avec un modèle écologique qui est le nôtre et qu'on doit défendre donc ça n'est qu'un exemple pour répondre à ta question Clé Marx Oui vous dites que du coup vous êtes détourné de Jean-Luc Mélenchon déçu de Jean-Luc Mélenchon et du coup vous avez fait le choix d'aller dans un parti qui du coup passe beaucoup de temps à taper sur Luc Mélenchon et qui va peut-être élire Nicolas Mayer-Rossignol est-ce que c'est vraiment ça du coup la victoire de la gauche ?

Peut-être élire Nicolas Mayer-Rossignol je ne crois pas je pense que là on peut être plutôt confiant sur l'inverse comme je le disais il y a quand même un paquet de gens qui veulent le voir à la tête du PS 60% des militants du PS qui ont choisi une orientation qui n'est pas la sienne donc moi j'ai de bons espoirs qu'à la fin notre parti choisisse l'orientation qui est celle qui est celle d'Olivier Faure et que je partage S'il gagne vous restez ? Comment ? S'il gagne vous restez ?

Moi je reste dans tous les cas puisque on a cette culture quand même démocratique au Parti Socialiste moi je constate qu'elle est très forte chez les militants j'ai fait ce congrès en me déplaçant partout en France en faisant des assemblées générales de débats dans tout le pays et on débat on s'engueule on n'est pas d'accord mais à la fin il faut respecter ce qui est sorti des urnes

2:07:11
Présentateur

Mais c'est vrai qu'une des questions qui est au cœur de ce congrès c'est la question pas seulement de la ligne du parti mais aussi de sa stratégie d'alliance est-ce que l'avenir du Parti Socialiste va se faire avec ou sans Jean-Luc Mélenchon avec ou sans ce qui restera des macronistes par exemple si demain il y avait une dissolution est-ce que tu peux nous affirmer qu'il n'y aurait pas de nouveau nouveau Front Populaire ?

2:07:32
Invité

Ben ça en tout cas c'est quelque chose qui semble avoir été tranché dans le cadre de ce congrès nous on a fait la proposition en tout cas pour les élections municipales et les élections présidentielles tu as raison de dire que pour les élections législatives bon Mais il y a un signal il est clair là-dessus lui il dit non il l'a dit ce matin mais je crois qu'aujourd'hui l'ensemble des militants socialistes disent non et nous on s'accroche à vouloir construire un rassemblement avec ceux qui veulent bien se rassembler qui sont dans une dynamique positive où on s'attaque d'abord à la droite et à l'extrême droite plutôt que de s'entretuer entre parties de gauche et donc je pense que la ligne du rassemblement qui l'a emporté dans ce congrès est une ligne de rassemblement de la gauche hors Mélenchon Il y a un autre de vos amis et partenaires c'est Raphaël Glucksmann qui lui dit ben en fait quoi qu'il se passe il y aura une candidature sociale-démocrate c'est-à-dire gauche-centriste quoi et lui pareil il va falloir le raisonner s'il y a un truc d'union vous pouvez le tenir Raphaël Glucksmann on voit que à l'époque du NFP il avait dit lui il était sur le plateau de France 2 en train de dire cap clair non non plus jamais d'union avec les autres pendant ce temps-là vous vous étiez déjà en train de travailler avec les autres bon ben est-ce que c'est possible de le calmer vous pensez encore ou comment ça peut se passer alors moi ce que je pense c'est que si on rejoue le match des gauches irréconciliables en 2027 on est mort voilà et donc je m'oppose à quiconque joue ce match que ce soit Mélenchon ou Raphaël Glucksmann s'il est parti dans cette direction-là il a l'air parti c'est la route vers la défaite aucune solution des gauches irréconciliables ne peut l'emporter si c'est Mélenchon qui va dans son sillon sur ce même thème-là ça ne l'emportera pas puisque ça ne gagnera pas puisque aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon s'il arrive à se qualifier au second tour même s'il y a échoué par trois fois au second tour c'est quasiment impossible qu'il l'emporte et ça tous les sondages sont très clairs sur le sujet puisqu'il a accumulé une forme de rejet de sa personne qui est très fort dans le pays et de la même manière si vous avez une autre candidature à gauche qui est dans ce discours des deux gauches irréconciliables elle se passe du soutien de toute une partie de la gauche qui ne veut pas de ce discours-là et du coup soit elle ne gagne pas soit elle gagne mais avec le centre et le centre droit et donc à ce moment-là ça n'est pas le programme de rupture avec la politique menée depuis sept ans que nous voulons et donc la seule façon pour une vraie alternative de gauche de l'emporter en 2027 c'est d'arriver à construire une candidature commune et à dépasser cette logique des gauches irréconciliables moi ce que je veux porter et j'espère qu'on sera nombreux et nombreux à le porter c'est de montrer qu'il peut exister une gauche en même temps comme le dit Raphaël Glucksmann démocratique européenne et aussi qui porte une radicalité de vision et de transformation sur le plan social et écologique de commencer par le programme peut-être de commencer par le programme commun d'imaginer un programme commun une plateforme et régler après l'histoire du casting c'est la raison pour laquelle dans ce congrès nous avons proposé la création d'une plateforme commune qui aura d'abord vocation à être une plateforme programmatique se mettre d'accord sur un programme et sur aussi quelques grandes mesures parce que la gauche a toujours gagné en affichant et en projetant vers le pays des grandes mesures en 1981 c'était la cinquième semaine de congés payés c'était la retraite à 60 ans c'était la dépénalisation de l'homosexualité les radios libres et en 1997 quand Jospin a gagné c'était vous votez pour la gauche vous aurez les 35 heures et puis vous aurez les emplois jeunes etc donc il faut que cette plateforme commune là elle crée un élan populaire autour d'abord d'identifiants programmatiques et ensuite qu'elles se mettent d'accord sur un mode de désignation d'une candidature commune en 2017 ce travail avait été fait ça faisait deux ans que Jospin parlait avec les autres parties de la gauche pour faire un programme machin là j'ai pas l'impression que ça se parle énormément ça se parle beaucoup ça je peux vous le dire mais en fait si vous avez des personnalités très fortes à gauche qui ne se mettent pas dans ce jeu là vous voyez bien que les choses sont rendues difficiles mais moi je compte sur l'aspiration qui est très très largement majoritaire parmi le peuple de gauche pour une union la plus large possible sur des bases qui soient claires de programme et que cet élan là va tout emporter mais cet élan là il faut encore qu'on le crée et qu'on l'organise Emilio mais vous nous dites qu'effectivement vous avez raison en 1980 les socialistes c'est toutes les mesures sociales de Mitterrand il y a Jospin moi je sais aussi puisque j'ai eu une version antérieure de celle qui a été publiée du programme du Nouveau Front Populaire et dans le programme du Nouveau Front Populaire au départ il y avait une sixième semaine de congés payés qui a été retirée parce que les socialistes n'en voulaient pas et ben moi j'en voulais moi t'as vu hein je sais qu'il était aussi question de nationalisation elles ont disparu du programme du Nouveau Front Populaire c'est pas mon obsession les nationalisations mais c'est des marqueurs non mais c'est des marqueurs politiques et justement c'est ces mesures qui réenchantent les électeurs de gauche si c'est pas la sixième semaine de congés payés si c'est pas les nationalisations c'est quoi ?

pardon c'est plein d'autres choses ah oui non mais c'est quoi ?

c'est l'augmentation des salaires c'est la taxation du patrimoine la taxe Zuckman qu'on a tous porté à l'Assemblée Nationale et qui va bientôt arriver au Sénat d'ailleurs c'est la planification écologique c'est le fait de plafonner les prix du gaz et de l'électricité il y a plein plein de choses à porter dans ce pays je veux dire on est dans une société je le redis de l'héritage où vous avez le travail qui est taxé à 45% l'héritage à 6% où vous avez l'école qui est dans un état et les hôpitaux qui sont dans des états exempts donc on a plein plein de choses à porter et je pense que alors pendant le NFP c'est pas tant ça qui était ressorti que le SMIC à 1600 euros mais moi je pense que si on doit faire des propositions pour le pouvoir d'achat parce que c'est aussi ce qui permet de concurrencer l'URN sur un terrain électoral très important et puis voilà il faut comprendre que c'est la première préoccupation des français moi je pense que l'augmentation des salaires ne suffira pas aujourd'hui il faut baisser tout ce qu'on appelle les dépenses contraintes les loyers les loyers ça je vais y revenir l'énergie le transport donc la voiture ou tout autre type de transport et l'alimentation et quand on regarde toutes ces dépenses contraintes là elles ont pour ce qui est du logement mais explosé ces dernières années et pour la jeunesse aujourd'hui c'est quasiment impossible soit de se loger et encore pire de devenir propriétaire et il y a une inégalité générationnelle sur le sujet qui est hallucinante donc la gauche elle doit vraiment prendre à bras le corps cette question du logement du loyer en mettant vraiment une inégalité de classe surtout sur le logement c'est-à-dire que là en effet le logement c'est concentré si on prend les grandes métropoles comme Paris par exemple où t'as eu un triplement des prix et de la valeur des logements en 30 ans je crois je ne suis pas propriétaire à Paris mais par exemple si t'achetais un d'accord mais c'est une classe précise qui a les logements qui possède les logements donc comment on casse ça c'est quoi la mesure forte pour dire aux gens non ça suffit tu n'as plus 4 appartements que tu loues trop cher à des étudiants on fait autrement comment on casse ça alors moi je pense que comment on les met au pas on peut plafonner le nombre de cumuls d'appartements dans une même ville pour un même propriétaire il y a des gens en fait c'est montré c'est-à-dire que t'as une très infime minorité de propriétaires qui possèdent 100% des logements à Paris qui les cumulent tu as la taxation des plus-values puisque pourquoi les gens cumulent c'est parce qu'il y a des fonds des plus-values spéculatifs sur les logements et quand il s'agit de la résidence principale par exemple elle n'est pas taxée pour la résidence secondaire elle est taxée mais on pourrait faire des taux voilà beaucoup plus élevés de taxation de la plus-value et puis ensuite il faut agir sur tout ce qui est plateforme de location Airbnb même si Airbnb moi j'ai plein de gens chez moi dans le Gard pour eux c'est un complément de revenu il y a plein de gens qui partent en vacances en mettant leur logement sur Airbnb donc il faut différencier ceux qui l'utilisent pour mettre du beurre dans les épinards et ceux qui en fait en font un métier donc il y a tout un programme de reconquête populaire de son droit à la propriété et au bien être bien logé qu'on peut porter il y a aussi tout ce qui est habitat collaboratif qui permet de redynamiser les petites villes et les centres de villes moyennes en fait dans ces villes-là en France qui maillent toute la France les petites villes je te parle même de villages tu as des centres-villes des centres-bourgs abandonnés où tu as généralement des sortes de petites maisons de villes où tu peux mettre plusieurs appartements qui permettent si tu y loges plusieurs personnes ou ménages de partager la voiture de partager l'électroménager aujourd'hui chacun chez lui ou chez elle sa machine à laver par exemple moi ma machine à laver personnellement je suis toute seule dans mon appartement je ne l'utilise pas tous les jours ni toute la journée je peux partager non mais on peut on pourrait beaucoup voilà ça c'est l'habitat on peut en parler pendant des heures mais il y a plein de propositions à mettre sur la table

2:17:12
Présentateur

je reviens sur la question de la méthode tu l'as dit tout à l'heure il faudra bien trouver une méthode de départage pour une candidature à l'élection présidentielle on a reçu sur ce plateau François Ruffin la semaine dernière François Ruffin tu le sais qui lui aussi appelle de ses voeux une primaire est-ce que le parti socialiste pourrait rejoindre une initiative qui irait vers l'organisation d'une primaire à gauche

2:17:31
Invité

mais à ce stade ça n'est pas ça n'est pas arrêté parce que nous ce qu'on propose et c'est l'orientation qui a été validée hier à 60% c'est la création de cette fameuse plateforme commune et il faudra que le mode de désignation que ce soit une primaire que ce soit un conclave comme l'a aussi proposé Lucie Casté par exemple ou que ce soit une convention citoyenne on peut aussi dire qu'a priori ça nous a réussi parce qu'on a sorti Lucie Casté et qu'elle est très forte mais il y a plusieurs modes de désignation qui sont possibles la primaire est un mode et François Ruffin a pris position sur celle-là mais il faut que ce soit l'objet d'une discussion collective en fait moi ce que j'ai envie de dire c'est qu'il faut que chacun se rende compte que d'abord l'extrême droite est à 40% elle n'a jamais été aussi haute dans notre pays elle n'a fait que progresser depuis 2022 que le total gauche lui est à 32% et qu'il n'y a pas d'hégémonie à gauche donc ça ne sert à rien que d'un côté les insoumis veuillent absolument prendre l'hégémonie sur le PS ou que de l'autre côté le PS veuille absolument prendre l'hégémonie il faut avancer dans un cadre collectif

2:18:41
Présentateur

donc avec la France insoumise donc avec la France insoumise avant c'est ramer tout dans la même direction

2:18:45
Invité

non parce qu'encore une fois nous prenons acte du fait que Mélenchon a acté depuis très longtemps que de toute façon il y aurait une candidature insoumise à l'élection présidentielle et que nous n'avancerions pas avec eux ça c'est quelque chose qui est étrange mais moi il y a un truc que je ne comprends pas je comprends ce que vous me dites sur la présidentielle avec les insoumis parce que Mélenchon serait candidat on fait de la politique fiction demain l'alliance de Ruffin et de Luxemann si tant est qu'elle existe arrive au pouvoir après il y a eu deux candidatures à gauche avec qui vous gouvernez parce qu'en fait le nombre de députés a priori qui seraient issus de cette alliance ne vous permettrait a priori pas d'atteindre une majorité absolue donc qu'est-ce que vous faites de la France insoumise avec quelle majorité vous gouvernez demain ça c'est vrai que c'est une question qui se posera on gouverne avec un pacte de législature ça franchement c'est un peu tôt pour y répondre là on est quand même dans la politique fiction moi je pense qu'il est possible d'accéder au second tour en rassemblant de Ruffin et de Luxemann comme le veut la formule consacrée et que sur cette base on peut arriver à élargir au second tour et à l'emporter voilà et après la dynamique d'une élection législative dans ce cadre là nul ne peut l'anticiper c'est pas que de la politique fiction parce que en fait là je pose la question sur les législatives mais les municipales Nicolas Maillois-Rossignol a dit pas d'alliance au deuxième tour de fusion de listes avec les insoumis dans les municipales il se trouve que la question elle va se poser y compris si c'est Olivier Faure qui gagne ce congrès est-ce qu'il y aura les socialistes et les insoumis pourront faire des fusions de listes aux municipales justement pour gagner des villes peut-être conquérir des villes à la droite parce que c'est comme ça l'objectif à la fin moi je pense qu'effectivement pour les municipales c'est une échéance qui est cruciale pour toute la gauche si on n'a pas une bonne dynamique aux élections municipales on sera mal parti pour les élections présidentielles donc les municipales c'est la première des priorités et dans les élections municipales c'est quand même pardon moi je ne veux pas passer ma soirée à parler de la France insoumise très sincèrement c'est eux qui ont mis pour objectif quand même d'avancer des candidats dans des villes actuellement tenues par la gauche et partout donc voilà la division elle se fait sur cette base là mais après chaque ville a ses spécificités je ne sais pas dire quelles seront les dynamiques de rassemblement au second tour parce que ça dépendra de qui il y a en face par exemple si on prend l'exemple précis je veux bien répondre à ta question de Villeneuve-Saint-Georges avec Louis Boyard c'est lui qui a refusé il y avait une négociation au second tour qui a été il y avait le PS à la table les écolos les communistes sur Villeneuve-Saint-Georges c'est la France insoumise qui porte en grande partie la responsabilité de la non-fusion

2:21:19
Présentateur

ça promet en tout cas pour les élections un peu de positif ouais carrément s'il vous plaît je précise que tu as confondé en 2018 une association qui s'appelle Mieux Voter c'était ça l'engagement dont tu parlais tout à l'heure Mieux Voter qui milite pour le vote au jugement majoritaire est-ce que tu défends toujours cette idée-là est-ce que c'est un truc qui est porté par l'EPS

2:21:37
Invité

Mieux Voter c'est une association qui militait pour des modes de scrutin plus démocratiques et innovants dont le jugement majoritaire tu as raison mais dont d'autres ont porté aussi beaucoup ce qu'on appelle le mode de scrutin par approbation qui conviendrait très bien à une primaire pour moi tu peux nous expliquer ce que c'est s'il te plaît donc scrutin par approbation les militants peuvent approuver autant de candidats qu'ils le souhaitent et à la fin c'est le candidat qui a le plus de voix d'approbation qui l'emporte donc ça, ça évite le vote utile si tu apprécies plusieurs candidats tu peux tous les approuver si tu le souhaites tu n'as pas à choisir ou à faire des stratégies pour voter utile et c'est simple le candidat qui a le plus d'approbation l'emporte donc dans le cadre d'une primaire où a priori les électeurs apprécient plusieurs candidats c'est un mode de scrutin idéal et à un seul tour de vote Ok, d'accord Saint-Réfin il n'en veut pas il a déjà dit c'est trop compliqué je ne désespère pas ce serait un bon moyen

2:22:32
Présentateur

pour faire la synthèse au Parti Socialiste non ? ce ne serait pas un bon moyen pour faire la synthèse au Parti Socialiste

2:22:37
Invité

le vote par approbation

2:22:38
Présentateur

le vote par approbation pourquoi pas ? non j'en sais rien d'ailleurs tu peux nous rappeler la prochaine étape ce qui va se passer le 5 prochain comment ça va fonctionner c'est quoi l'élection ?

2:22:47
Invité

donc hier c'était une élection sur les textes donc l'orientation politique les orientations politiques et sont qualifiées pour l'élection du 5 juin les deux premiers signataires des deux textes arrivés en tête donc Olivier Faure et Mayer Rossignol et l'élection portera sur l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste

2:23:08
Présentateur

sur les sujets internationaux tu as signé une tribune publiée dans la tribune dimanche c'était le 10 mai dernier sur le sujet de Gaza le mot génocide n'y apparaissait pas il y avait à la place l'expression nettoyage ethnique c'est quoi le bon terme aujourd'hui pour toi ?

2:23:22
Invité

moi j'emploie le terme de génocide parce que je pense que toutes les caractéristiques juridiques sont malheureusement réunies pour qualifier ce qui se passe à Gaza ainsi et la tribune dont tu parles était une tribune transpartisane où on essayait de réunir le maximum de députés possible y compris pas de gauche et de la Macronie autour de l'objectif de reconnaître l'état de Palestine parce que Emmanuel Macron organise une conférence internationale avec l'Arabie Saoudite en juin et on veut le pousser à ce qu'il tienne sa promesse de reconnaître l'état de Palestine voilà

2:23:58
Présentateur

et donc c'était bloquant pour certains signataires si le mot génocide

2:24:00
Invité

c'était bloquant pour les signataires les élus macronistes notamment

2:24:03
Présentateur

d'accord des informations pour savoir si ça va fonctionner cette tribune ?

2:24:08
Invité

on verra ça au mois de juin en tout cas je pense que je pense que même chez eux il y a quelque chose qui a changé moi j'ai co-signé cette tribune au retour d'un voyage que j'ai effectué il y a deux semaines en Israël-Palestine où je suis allée en Cisjordanie-Palestinienne où je suis allée à la frontière avec la bande de Gaza où je suis allée à Jérusalem pour rencontrer des militants palestiniens et israéliens qui se battent pour la justice et pour la paix

2:24:33
Présentateur

qu'est-ce que tu retiens de ce voyage ?

2:24:36
Invité

je suis revenue assez en colère pour ne rien te cacher la situation là-bas est dans une impasse et dans une impasse ça ne veut pas dire que c'est désespéré mais on a laissé les choses progresser de telle façon que 90% de la Cisjordanie-Palestinienne aujourd'hui est colonisée par Israël que cette colonisation est organisée par le gouvernement israélien à Jérusalem-Est et en Cisjordanie qu'à Gaza se déroule ce qu'on ne peut pas qualifier autrement à mon sens aujourd'hui qu'un génocide et que vous avez un gouvernement israélien d'extrême droite messianique dont le projet est de faire le grand Israël du fleuve à la mer comme le Hamas voudrait faire la grande Palestine ces gens étaient déjà là il y a quelques mois qu'est-ce qui a changé récemment ?

moi je suis revenue très en colère du fait que l'Union Européenne pendant des décennies n'a rien fait que je suis élu d'un parlement qui est le Parlement Européen où vous avez une très grande majorité de députés qui se disent pour la solution à deux états un état israélien un état palestinien qui vivent en sécurité en égale dignité côte à côte mais qu'il y a très peu de gens qui concrètement agissent pour cela parce qu'agir pour la solution à deux états aujourd'hui c'est stopper la colonisation en Cisjordanie sanctionner le gouvernement israélien décréter un embargo sur les armes suspendre la course d'association entre Israël et l'Union Européenne pas juste le réviser et reconnaître l'état de Palestine c'est ça aujourd'hui justement sur cet accord on en est où c'est faisable sur la suspension de l'accord sur la suspension de l'accord par exemple on met beaucoup de pression je rappelle qu'on parle

2:26:14
Présentateur

d'un accord de coopération entre l'Union Européenne et Israël coopération commerciale économique culturelle je suppose aussi avec les universités etc et aujourd'hui se pose la question de la remise en question de cet accord je te laisse continuer

2:26:28
Invité

absolument et ça a été très compliqué d'en arriver là parce que il faut vous rendre compte que depuis que je suis élue députée européenne le 9 juin 2024 donc il y a presque un an nous n'avons adopté aucune résolution sur Gaza ou sur Israël-Palestine rien pour débattre même de la situation à Gaza on en a été empêché plusieurs fois puisque chaque fois la droite et l'extrême droite s'y opposaient la seule chose dont on a débattu mais avec ferveur c'était est-ce qu'il fallait retirer les financements de l'Union Européenne à l'agence des Nations Unies pour le soutien aux réfugiés palestiniens l'UNRA parce que l'Union Européenne est le premier financeur à la fois de l'UNRA et de l'autorité palestinienne mais jamais on n'a parlé de la colonisation jamais on n'a parlé de ce qui se passe à Gaza rien donc il y avait comment vous dire une sorte de silence et de complicité ahurissante parce que les états membres de l'Union Européenne étaient divisés donc l'Union Européenne était silencieuse et la haute représentante pour les affaires étrangères ou von der Leyen ne s'exprimait pas sur le sujet ne prenait aucune position et donc on a finalement réussi à obtenir la révision de l'accord d'association révision mais pourquoi pour regarder quoi vérifier que la clause droit humain de l'accord d'association n'est oui pas respectée c'est manifeste donc il faut le suspendre sur le champ mais tout est un combat moi il y a un combat que je porte c'est de sauver la Cour pénale internationale face aux sanctions américaines qui ont été prononcées contre la Cour par Donald Trump parce que

2:27:58
Présentateur

suite à ça

2:27:59
Invité

parce que la Cour pénale internationale a délivré un mandat d'arrêt contre le Hamas mais aussi contre Benjamin Netanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza que Trump n'a pas supporté que son allié soit ainsi ciblé par la justice internationale et que par conséquent il a décrété des sanctions qui aujourd'hui menacent la Cour pénale internationale de mort le procureur de la Cour n'a plus accès à ses mails n'a plus accès à ses comptes bancaires les membres américains du personnel de la Cour sont menacés d'être arrêtés s'ils retournent dans leur pays aux Etats-Unis les banques les assurances les services informatiques qui coopéraient avec la Cour ne veulent plus coopérer puisque ils ont peur des sanctions des sanctions américaines donc concrètement il y a un risque de mort ça fait des mois qu'on alerte et qu'on demande à la Commission de faire une simple chose c'est d'activer ce qu'on appelle le règlement de blocage qui est un règlement européen qui permettrait de bloquer l'effet des sanctions américaines et donc de permettre à la Cour de continuer à fonctionner pour poursuivre ses recherches là par exemple elle a dû suspendre la Cour ses enquêtes au Soudan ou en Ukraine et elle ne le fait pas la Commission européenne ne le fait pas parce que Ursula von der Leyen bloque d'accord Ariane oui qu'est-ce qui a pris aussi longtemps au PS pour pouvoir un peu plus clairement dire l'horreur de Gaza et de prononcer dans votre cas le mot génocide je veux dire comment ça se fait que sur un parti qui potentiellement comme vous le dites vous se voudrez de rupture on ne puisse pas parler avoir un discours anticolonial clair comment est-ce qu'on ne peut pas aussi mettre en perspective avec l'histoire coloniale d'Israël etc tout de suite mais tout de suite pardon Olivier Faure donc le parti socialiste par la voix d'Olivier Faure s'est exprimé très clairement d'abord pour dire que les attaques du 7 octobre étaient des attaques terroristes et non pas une offensive armée comme l'a dit le communiqué de la France Insoumise dans le cadre de d'accord donc on a été clair sur la qualification des attaques du 7 octobre et c'était important si on est consistant dans une approche où on veut trouver une solution politique à ce conflit et dès le lendemain lors du premier débat à l'Assemblée nationale sur le sujet qui avait lieu je crois le 10 ou le 11 octobre Olivier Faure a pris la parole dans l'hémicycle et vous pouvez retrouver sa prise de parole puisqu'elle est publique pour dire qu'il fallait un cessez-le-feu immédiat et que la punition collective du peuple palestinien était exclue mais on a assisté par contre et ça je suis très en colère parce que vous voyez les positions que moi je porte et que je tiens sur ce sujet et qui sont celles d'un internationalisme et d'un humanisme conséquent et sans géométrie variable j'ai constaté que pendant des semaines Manuel Bompard et des élus de la France Insoumise allaient dire sur tous les plateaux télé que le Parti Socialiste était un soutien inconditionnel du gouvernement Netanyahou c'est un mensonge éhonté qui a été répété d'antenne en antenne et qui fait qu'il y a toute une frange militante pas le pays parce que personne ne m'en parle sauf quand c'est dans les franges militantes qui pense ça du Parti Socialiste personne à la direction du Parti Socialiste n'a été ambigu vis-à-vis du gouvernement israélien et de ses actions Oui alors vous avez dit que vous ne voulez pas parler de la France Insoumise toute la soirée mais là la première chose que vous dites je sais d'où ça vient je sais d'où ça vient parce que moi je sais ce que mon parti fait et pense et les prises de position qu'il prend et c'est là-dessus que nous entendons être conjugué Moi personnellement de ce que j'ai entendu des prises de position du PS tout de suite après le 7 octobre et pendant très longtemps après je n'ai pas du tout été convaincue par votre discours anticolonial Ah bah ça c'est autre chose de ne pas être convaincue moi je vous cite des exemples très précis là le discours de l'Élysée Fort toutes mes prises de position à moi vous pouvez aller vérifier après si vous n'êtes pas convaincue vous n'êtes pas convaincue mais en tout cas Le mot génocide par exemple il arrive un an et demi après pourquoi maintenant et pas par exemple dans l'Huma on a publié les premiers papiers qui en parlaient c'était dès janvier 2024 En fait c'est en avril 2023 que la Cour internationale de justice me semble-t-il Anne parle de risque génocide Voilà et à partir de ce moment-là nous parlons de risque de génocide et qu'il faut le prévenir parce que c'est ce que prévoit la Convention sur les génocides et donc c'est la parole que nous avons portée risque de génocide et génocide c'est pas la même chose et là aujourd'hui vous ne nous avez pas dit il y a un risque de génocide vous nous avez dit c'est génocide Oui parce qu'il y a une intentionnalité qui a été prouvée depuis singulièrement depuis que l'arme de enfin que la faim est utilisée comme une arme de guerre contre les palestiniens depuis le 1er mars que le blocus humanitaire est en place

2:32:36
Présentateur

Est-ce qu'il faut prendre des sanctions contre Israël ?

2:32:39
Invité

Bien sûr qu'il faut prendre des sanctions contre Israël et ça c'est l'Union Européenne qui a le pouvoir de le faire l'Union Européenne avait été capable de prendre des sanctions très rapidement contre la Russie et là elle n'est pas capable de le faire contre Israël pourquoi ? Parce que les sanctions de l'Union Européenne se prennent à l'unanimité

2:32:56
Présentateur

Unanimité de qui ? Des États ?

2:32:59
Invité

Des États membres

2:33:00
Présentateur

Aïe !

2:33:01
Invité

Et il y avait eu des problèmes avec la Russie avec le veto mis par Victor Orban mais là vous pouvez être sûr que M. Orban qui a d'ailleurs annoncé son retrait de la Cour pénale internationale et qui a accueilli Benjamin Netanyahou il y a un mois ne validera jamais des sanctions donc il faut que ces sanctions se prennent sur le plan national de façon bilatérale c'est possible mais ça aura moins d'impact

2:33:25
Présentateur

Contre des entreprises que des sanctions européennes Contre des médias

2:33:28
Invité

C'est des entreprises qui opèrent par exemple dans les territoires colonisés de Cisjordanie c'est contre des responsables du gouvernement israélien on est capable de viser des ministres Il y a des propriétés en France comme il y avait pour les oligarques russes peut-être aussi Il y a moins ce genre de choses Il y a moins ?

Il y a moins ce genre de choses Mais vous dites qu'il y a des entreprises françaises qui aujourd'hui opèrent en Cisjordanie occupées Ce sera la dernière question Oui ça a été documenté ça a été documenté par un mouvement qui s'appelle Boycott Israël et qui documente que des entreprises comme Carrefour par exemple peuvent opérer peuvent ospérer en Cisjordanie occupée Donc des sanctions contre les colons contre les ministres qui sont responsables notamment ceux qui tiennent des propos génocidaires de façon répétée est quelque chose qu'il faut obtenir tout de suite En fait moi ce que j'ai constaté aussi sur le terrain de la part de Palestiniens bien sûr mais aussi d'Israéliens alors d'Israéliens militants pour la justice et pour la paix je ne dis pas tous les Israéliens mais qui nous disaient agissez reconnaissez l'état de Palestine sanctionnez notre gouvernement parce qu'ils ont conscience que eux-mêmes ne seront jamais en sécurité dans leur pays et ne pourront jamais vivre en paix si les Palestiniens n'ont pas le même droit qu'eux de vivre en paix et en sécurité

2:34:45
Présentateur

merci beaucoup Chloé Riedel d'avoir accepté de venir sur le plateau de Backseat merci d'être venu répondre à nos questions merci à vous pour l'invitation merci Chloé je te dis à très bientôt rentre bien merci beaucoup chers amis on arrive à la fin de notre émission est-ce que vous allez bien tous les trois où est-ce qu'on peut vous retrouver sur les internets si on veut continuer à suivre ce que vous avez à dire Emilio

2:35:09
Invité

évidemment sur le site de l'UMA dans les colonnes du journal etc d'ailleurs je passe un coucou à nos collègues avec Ariane qui sont en ce moment même dans notre émission Twitch parce que c'est Backseat qui a débarqué le mercredi cette fois alors que normalement c'est notre jour bref nous on est là du coup pour faire de l'entrisme avec Ariane et sinon sur X et Blue Sky mais j'utilise beaucoup moins qu'avant voilà ok

2:35:35
Présentateur

et vous les copains Climarch on se retrouve vous

2:35:38
Invité

alors bon sur Instagram toujours et sur la chaîne YouTube de l'Humanité une fois par mois voilà Gaslight

2:35:45
Présentateur

ma chronique Gaslight le nom de ta chronique à retrouver sur la chaîne YouTube de Luma Usul

2:35:51
Invité

Rhinocéros dimanche sur les frères musulmans et je suis dans le dernier Joueur du Grenier aussi où je fais une voix vous pouvez me retrouver dans le dernier Joueur du Grenier c'est inattendu mais je suis là

2:36:01
Présentateur

on n'hésitera pas à aller écouter ça je vous rappelle que Backseat est une émission qui est réalisée grâce à vous grâce à votre participation sur Kiss Kiss Bank Bank n'hésitez pas à vous aussi rejoindre le Club Backseat à partir de 15 euros par mois vous bénéficiez de tous les avantages possibles et imaginables les VOD en avance la newsletter dans sa version max une présence autant que vous voulez dans le public de Backseat chaque jeudi venez boire des nems venez manger des nems et boire de la bière

2:36:26
Invité

venez boire des nems

2:36:28
Présentateur

n'hésitez pas et je vous fais un gros bisou c'est la fin de cette émission salut à tous ciao bye bye merci au public

2:36:32
Invité

merci à tous merci à tous

BACKSEAT - S04E22 - avec Chloé Ridel — Chloé Ridel · Pourquijevote