Lycée, carburant, énergie... Les annonces de Sébastien Lecornu
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« La plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions. »
- 5:42PrésentateurFait
« Nous avons, vous le savez, renforcé l'aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées, les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile, les infirmiers libéraux. »
- 5:53PrésentateurPromesse
« Le chèque énergie sera versé dès janvier, non plus au printemps, pour les ménages les plus modestes. »
- 6:12PrésentateurChiffre
« Plus de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en bouclier et en aide. »
- 7:18PrésentateurPromesse
« Nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France. »
- 7:55PrésentateurChiffre
« Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole. »
- 9:04PrésentateurPromesse
« Le gouvernement se fixe un objectif concret et ferme. Le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver. »
- 9:55PrésentateurChiffre
« Des milliers d'exploitations sont en péril. »
- 11:24PrésentateurChiffre
« Le déficit est prévu cette année à 5,4%. »
- 11:30PrésentateurFait
« Les taux d'intérêt, vous le savez, se tendent. »
- 11:59PrésentateurChiffre
« Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. »
- 13:09PrésentateurPromesse
« Notre engagement est de ramener le déficit public à 5% en 2027. »
Temps de parole
- Présentateur89 %
- ?11 %
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Les crises se succèdent,
je
comprends la fatigue de celles et ceux qui ont le sentiment qu'à peine une difficulté surmontée,
une
autre se présente.
Cette
réalité, beaucoup de pays européens la connaissent, elle fait naître beaucoup d'inquiétudes. Nous sommes dans une situation difficile,
mais
nous ne sommes pas pour autant sans réponse,
et
c'est dans cet esprit que je veux vous parler ce soir.
Ce
qui se passe dans les lycées nous touche toutes et tous, élèves, parents, enseignants ou simplement citoyens.
Des
lycéens manifestent, c'est leur droit, y compris pour contester le gouvernement.
Nous
avons le devoir de les écouter.
Prendre
les jeunes au sérieux, c'est autant soutenir leur engagement que partager avec eux les difficultés, mais aussi les contraintes.
Mais
nous avons également vu ces derniers jours des violences.
Des
élèves et des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés, des établissements incendiés ou dégradés,
des
milliers d'heures de cours perdues sans oublier les menaces et les insultes.
Les
responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave.
On
ne peut pas jouer avec la sécurité
des
jeunes de France.
Je
veux donc être clair. Contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires.
Elles
doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître, et je veux leur redire notre soutien.
Mais
lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'État droit s'impose à chacun. Mais
la
colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment. Ces lycéens, on le sait, étaient enfants, ou en tout cas, entrés dans l'adolescence pendant le Covid.
Nous
leur avons demandé des efforts considérables. Depuis, ils voient les guerres, le changement climatique, parfois leurs parents ou leurs proches en difficulté. Malgré ces angoisses, nous leur demandons pourtant de choisir leur orientation et de regarder l'avenir
avec
confiance.
La
responsabilité du gouvernement et de l'ensemble des formations politiques doit être de rétablir cette confiance.
Et
cela commence, évidemment,
et
déjà,
par
les écouter.
Les
temps de dialogue engagés aujourd'hui se poursuivront à partir de demain dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine.
La
plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions.
Elle
nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles. Certains ont accueilli l'ouverture de cette plateforme avec moquerie ou dérision.
Ils
ont eu tort. Les 40 000 premières contributions montrent qu'il y avait une attente.
En
particulier, on le sait, sur l'organisation du temps scolaire et sur les conditions matérielles dans les lycées.
Ces
contributions constituent une matière précieuse. Elle nous permettra de répondre à ses préoccupations en lien avec les conseils régionaux.
Tout
sera publié en transparence.
Dans
les huit mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, le gouvernement agira donc avec pragmatisme pour répondre aux attentes des lycéens.
Nous
avons lancé cinq chantiers.
Pour
assurer les cours lorsqu'un enseignant est absent, même si beaucoup a été fait ces dernières années. Pour améliorer les conditions matérielles dans les bâtiments, notamment face aux fortes chaleurs. Pour mieux organiser les temps scolaires, pour rendre Parcoursup plus transparent et intelligible.
Et
pour donner, et c'est peut-être d'ailleurs la principale revendication, un cadre d'expression plus clair et renouvelé aux lycéens dans une démocratie qui évolue, une démocratie vivante.
Les
premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre.
Et
bien sûr,
il
y a la question des moyens.
Le
budget pour l'année prochaine, 2027, porte les crédits de
l
'éducation nationale à 64 milliards d'euros, avec une nouvelle hausse de 1,2 milliard d'euros par rapport à l'année dernière.
C
'est un des rares ministères d'ailleurs qui voit ces crédits augmenter.
Et
cette augmentation devra permettre de financer les priorités des lycéens,
pas
qu'eux.
Et
le budget de l'éducation nationale sera d'ailleurs discuté à l'Assemblée nationale le 12 novembre prochain.
Cela
nous laisse donc un mois
pour
traduire les contributions et les propositions des lycéens en amendements sur lesquels les députés et les sénateurs devront s'entendre.
Les
débats auront lieu. Chacun prendra ses responsabilités. Le gouvernement en tête.
Je
le dis aussi, dans le passé, il y
a
eu trop de promesses qui n
'ont
pas été tenues,
tout
simplement parce qu'elles n'étaient pas tenables.
Ce
que je souhaite, ce sont des réponses concrètes, rapides
et
donc financées.
Un
gouvernement qui n'a aucune échéance électorale peut s'y engager avec sincérité.
Mes
chers compatriotes,
ces
inquiétudes sur l'avenir, nous les retrouvons aussi dans les familles qui subissent la hausse du prix de l'énergie.
La
guerre au Moyen-Orient, comme d'ailleurs celle en Ukraine, sont entrées dans notre quotidien.
Quand
on habite loin de son travail, sans transport collectif à proximité, faire le plein pour partir le lendemain pèse lourd dans le budget mensuel.
Pour
un artisan ou un transporteur, cela peut même mettre en cause l'équilibre de l'activité.
Nous
avons, vous le savez, renforcé l'aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées, les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile, les infirmiers libéraux.
Le
chèque énergie sera versé dès janvier, non plus au printemps, pour les ménages les plus modestes.
Alors,
je comprends dans le débat public la demande d'aide générale ou d'une baisse massive des taxes.
Mais
il faut le rappeler,
lors
de la précédente crise énergétique, à partir de la fin de l'année 2021,
plus
de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en bouclier et en aide.
Tout
cela a fortement pesé sur les comptes publics de la nation et nous remboursons encore la dette contractée pour le financer et à des taux d'intérêt bien supérieurs, malheureusement, qu'à l'époque.
Nous
ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise, surtout désormais avec des taux d'intérêt plus élevés.
Il
faut le dire clairement, ce serait soulager une facture aujourd'hui en en préparant une autre encore plus lourde pour demain.
Il
faut donc utiliser tous les moyens
dont
nous disposons.
Le
président de la République agit sur le terrain diplomatique depuis plusieurs semaines avec nos partenaires, notamment les pays producteurs, je cite l'Irak, l'Arabie saoudite ou le Nigeria, entre autres,
pour
sécuriser les approvisionnements et par de la même, au-delà, rechercher l'apaisement dans les régions concernées.
Vendredi
dernier, il a réuni en urgence le G7
et
celui-ci a décidé de mobiliser des stocks stratégiques de manière coordonnée. Dans ce cadre, nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France.
Je
signerai prochainement le décret permettant cette opération, prévue pour durer trois mois. Cela a été notifié ce matin à l'Agence internationale de l'énergie.
Les
générations précédentes ont constitué ces réserves pour faire face aux pénuries.
Nous
allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix.
Le
gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours. Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe
dans
un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole.
Je
réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours.
Cette
baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazole et s'ajoutera évidemment aux aides existantes.
Les
cours mondiaux continueront d'évoluer, vous le savez, vous le voyez, mais nous pouvons ainsi amortir une partie du choc.
Les
volumes seront évidemment encadrés pour préserver notre sécurité d'approvisionnement, cela va sans dire, et les opérateurs auront jusqu'à un an pour reconstituer ces stocks.
Cette
mesure nous donne un répit du temps pour réduire une dépendance qui nous expose, crise après crise, à des décisions prises ailleurs.
C
'est d'ailleurs pour ne pas subir les crises décidées à
l
'autre bout du monde, qui sont durables, on le sait,
que
nous avons lancé le plan d'électrification.
Je
ne rentre pas dans le détail ce soir, mais les premiers résultats sont bons, encourageants, les ministres y reviendront.
Mais
dans ce cadre et par cohérence,
je
veux vous dire que le gouvernement se fixe un objectif concret et ferme. Le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver.
Nous
prendrons donc les décisions nécessaires pour le tenir. J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production dans le respect des exigences de sûreté.
Les
investissements que nos prédécesseurs ont réalisés doivent protéger les Français aujourd'hui. Ceux que nous avons décidé nous-mêmes devront rendre le même service à nos enfants. Mais parmi celles et ceux qui subissent le plus durement l'accumulation de ces crises, je voudrais avoir un mot particulier pour nos agriculteurs.
Pour
beaucoup d'entre nous, la canicule appartient déjà à l'été passé.
Pour
eux, malheureusement, ces conséquences sont encore devant.
Des
récoltes perdues, du fourrage à trouver, des troupeaux en danger, des trésoreries qui ne permettent plus du tout de faire face.
Des
milliers d'exploitations sont en péril.
C
'est inédit.
Un
plan d'urgence a donc été engagé. Demain, au sommet de l'élevage qui a lieu à Cournon, la ministre de l'Agriculture le complétera avec de nouvelles mesures que nous avons discutées récemment ici à Matignon avec l'ensemble des organisations syndicales.
Et
nous travaillons en plus et en parallèle à un plan de relance qui sera proposé au Parlement. Et je souhaite d'ailleurs y associer l'ensemble des forces politiques de la nation.
Les
décrets d'application de la loi d'urgence agricole seront pris aussi rapidement. Je tiens à être rassurant sur ce point.
Mais, je
le dis avec gravité ce soir, l'agriculture française ne pourra pas attendre l'élection présidentielle.
Il
faut permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite. Notre agriculture est un atout essentiel pour nous nourrir, faire vivre nos territoires,
mais
plus que tout aussi pour notre souveraineté.
Mes
chers compatriotes,
cette
volonté de protéger le pays nous oblige aussi à regarder en face notre situation financière. Je manquerais à mon devoir en ne vous en parlant pas ce soir.
Depuis
un an, la stabilité politique a permis d'engager une stabilisation budgétaire.
Je
remercie d'ailleurs les formations politiques qui ont contribué
sans
renoncer à leurs convictions.
Elles
ont fait passer clairement l'intérêt général avant le bénéfice cynique et immédiat d'une crise politique.
Cela
a compté pour le pays.
Mais
les bouleversements internationaux ont depuis ralenti notre croissance. Moins de croissance, c'est moins de recettes pour financer les services publics. Et malgré les mesures de redressement déjà prises,
le
déficit est prévu cette année à 5,4%. Les taux d'intérêt, vous le savez, se tendent. Cela alourdit la charge de la dette et rend encore plus difficiles les projets des entreprises et des ménages potentiellement.
À
cela s'ajoute aussi une réalité démographique.
Notre
pays vieillit
et
donc les besoins en matière de santé, de retraite, d'accompagnement augmentent mécaniquement.
L
'avenir de notre protection sociale pour l'année prochaine doit être assuré maintenant, en dépit des débats, pour l'avenir.
Le
budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros.
Pour
l'activité, l'emploi et le pouvoir d'achat, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale.
Cela
suppose donc que l'État montre l'exemple.
Il
s'impose
par
de la même l'objectif le plus strict
et
le plus exigeant depuis de nombreuses années. En général, une ambition en début de quinquennat avec une majorité.
Si
nous le faisons, c'est parce que prendre ces décisions aujourd'hui, en répartissant l'effort équitablement, permettra d'éviter des décisions beaucoup plus brutales demain. Adopter un budget après la présidentielle prolongerait l'incertitude jusqu'à l'automne prochain, bloquerait des investissements
et
fragiliserait considérablement le pays. Cela le rendrait vulnérable.
Je
suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget.
L
'opposition a le droit de contester. Le texte peut être évidemment discuté, amendé, modifié, ligne à ligne s'il le faut.
Mais
c'est la responsabilité du Parlement, sa première des responsabilités, que de donner un budget
au
pays.
J
'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires. Notre engagement est de ramener le déficit public à 5%
en
2027.
Je
le dis avec gravité, pas davantage.
La
cible initiale est de 4,8 et nous l'avons portée à 5
pour
les besoins de notre défense nationale.
Les
moyens d'atteindre cet objectif seront discutés
et
c'est naturel. Mais nous devons redresser le déficit. Les Français, nos partenaires, mais aussi celles et ceux qui nous prêtent sur les marchés, doivent savoir que cet engagement sera tenu.
Mes
chers compatriotes, dans quelques mois, l'élection présidentielle vous permettra de choisir une direction pour le pays.
Le
gouvernement en préparera le bon déroulement dans la sécurité, la neutralité de l'État, mais aussi évidemment le respect de chacun.
Le
gouvernement sera et devra être entièrement et uniquement consacré à sa mission avec le plus grand des sérieux.
La
France tient
grâce
au travail de millions de femmes et d'hommes qui font leur part, souvent sans bruit.
Ne
doutons pas de nous-mêmes. Nous avons des ressources dont nous n'avons pas suffisamment conscience. Notre jeunesse, nos entreprises, petites comme grandes, nos capacités de production d'électricité, je le disais, notre agriculture, notre diplomatie, notre armée, nos forces vives. Appuyons-nous sur elles pour sortir de nos difficultés.
Et
j'appelle clairement à l'unité.
Le
gouvernement s'y emploiera avec le seul souci de servir le pays
pour
le seul intérêt général. Je vous remercie.