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interviewyoutube.com· 24 août 2024 85 min

Grand entretien : Lucie Castets | #Amfis2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

9:54
Présentateur

de Première Ministre.

9:56
Lucie Castets

Il n'y a pas de déception, merci beaucoup, je suis très heureuse d'être là.

10:21
Présentateur

Je ne déçoive jamais. Pour ce moment, pour ce grand entretien que je vais venir avec Adrien Clouet, notre député admirateur secret de Réa. Évidemment, le temps à Lucie de s'exprimer par court parce que je pense que vous êtes je dois dire personnellement que je la connais depuis un petit moment et que ça ne sera pas non plus un peu folle qui ont précipité la vie de Lucie à se mettre d'accord. L'ensemble des forces de gauche, manque de peau pour Macron, on l'a fait. C'est pas commun dans l'ensemble des circonscriptions de France, le gouvernement national. Toutefois, on nous l'a dit à travers 27... Manque de peau, c'est le nouveau Front Populaire qui a remporté ces élections.

Évidemment, nous n'arriverions pas de Premier ministre sur un potentiel gouvernement. Manque de peau. Épisode, temps à l'autre, on racontera comment ça s'est passé et il est parti pour tenir un point. Pour Emmanuel Macron, c'est à gouverner. Petite question pour vous, l'assistance. Est-ce que vous voulez l'abrogation de la réforme des retraites ? Les Français nationales le soutiennent encore. La question qu'a posée Jean-Luc Mélenchon sur TF1 il y a quelques instants. Les je ne sais quoi d'autre, il paraît même qu'on mange des enfants. Le programme du nouveau Front Populaire. En somme, la question est la suivante. C'est la France insoumise ou c'est le programme du nouveau Front Populaire ?

C'est posé à Lucie Casté, mais que je vous propose qu'on pose tous jusque chez les macronistes. Pour la présenter brièvement pour celles et ceux qui n'ont pas le plaisir de la connaître depuis des années. La lutte contre la délinquance financière, alors croyez-moi, les milliards, elle va aller les trouver. Nos services publics, alors croyez-moi, l'hôpital, depuis qu'on s'est mis d'accord sur son nom, je crois que c'était un mardi, sa vie a été un peu chamboulée. Depuis, elle n'arrête pas un été un peu différent, je crois. De déplacement en déplacement, de médias en médias, de rencontres en rencontres.

Elle a fait la démonstration qu'elle était prête à gouverner pour appliquer un programme de rupture qui va changer la vie de millions de gens. La présentation, on se rend bien compte finalement que la Macronie te reproche une chose, c'est que tu n'as jamais bossé dans la très grande finance. Tu as préféré travailler à la direction du Trésor, dans la diplomatie, la coopération internationale, les collectivités, mais jamais au profit de grands milliardaires privés. Ce qui, évidemment, étonne certains parmi les décisionnaires actuels. Et évidemment, une des premières interrogations qui nous tenait à cœur, c'est de comprendre ce sens de l'engagement pour le service public, pour le non lucratif.

Qu'est-ce qui t'a amené dans toute ta carrière à suivre ce chemin ?

18:10
Lucie Castets

Bonjour à tous, et bonjour Manon, bonjour Adrien. Merci encore pour votre accueil qui me touche énormément et qui m'honore vraiment beaucoup. Merci infiniment. Je suis extrêmement heureuse d'être ici. Alors en quelques mots, c'est une question très introspective. Je vais vous faire une confidence. Quand j'étais petite, je voulais être pompiette. Je ne voulais pas être pompier, non, je voulais être pompiette. Alors je ne sais pas si j'avais un sens déjà de l'engagement public, ou un goût du risque, peut-être les deux. Et peut-être que ça explique en partie pourquoi je me trouve ici devant vous aujourd'hui. Mais c'est vrai, je voulais être pompiette et je le racontais à tout le monde.

Je viens d'une famille avec un très fort ancrage à gauche. Donc j'ai été élevée dans une famille où on parlait beaucoup de politique. mais je ne viens pas d'une famille particulièrement de fonctionnaires. Il y a des profs, notamment, dans ma famille. Je parlais beaucoup avec eux, mais tout le monde n'est pas fonctionnaire. Et surtout, par exemple, je ne savais pas que l'ENA existait. J'ignorais l'existence de cette école. J'ignorais même l'existence de Sciences Po. Moi, je viens de Caen, en Normandie. Il n'y avait pas particulièrement d'école de sciences politiques, de grande école. Je ne savais pas ce que je voulais faire.

Et puis, bon, évidemment, ado, je ne voulais rien faire puisque j'étais en totale rébellion. Mais ensuite, au lycée, j'ai eu la chance de croiser des professeurs d'économie et de sociaux. Donc à l'époque, on appelait ça les SES, sciences économiques et sociales. Et je crois que ça a changé ma vie parce que ça m'a fait découvrir une passion pour ces sujets-là. Et j'ai compris qu'avec l'outil des sciences économiques, on pouvait changer la vie des gens. On pouvait comprendre le monde qui nous entoure.

Et surtout, rapidement, j'ai acquis la conviction que maîtriser les sujets économiques, maîtriser la science économique qui n'est pas une science exacte, on aura l'occasion d'y revenir, j'en suis sûre, ça permettait d'être un outil au service des gens et au service du changement de la vie des gens. Et donc, progressivement, j'ai eu envie de me spécialiser dans ces sujets. J'ai fait des études d'économie, de droit public. Et ensuite, j'ai passé l'ENA que j'ai découvert en étant à Sciences Po. Et voilà comment j'en suis arrivée là, à ne pas travailler dans la grande finance internationale.

20:34
Présentateur

Et donc, en conséquence de quoi tu as exercé dans le service public, dans différents types d'organisations du service public qui t'ont mis en fait aux premières loges des réformes que subit l'appareil d'État, les collectivités, bref, tout le bien public depuis maintenant plus d'une décennie.

20:49
Lucie Castets

Oui, et j'ai pu constater, comme beaucoup d'entre vous, le délabrement des services publics à bien des égards, à la fois dans ma vie personnelle. On voit tous, quand on va aux urgences, à quel point la situation des urgences est extrêmement alarmante. Mais dans mes domaines d'exercice professionnel, j'ai pu aussi constater le recul de la puissance publique, y compris dans des domaines où cela se voit moins et cela se sait moins. Je pense par exemple à la question de la régulation financière et plus largement à la question de la régulation.

Quand on régule, quand on travaille pour l'État, quand on écrit les règles qui s'appliquent notamment aux entreprises, on a besoin d'expertise extrêmement pointue sur le domaine qu'on régule. Or, il n'y a pas suffisamment de fonctionnaires, je l'assume totalement de le dire, il n'y a pas suffisamment de fonctionnaires. Il n'y a pas suffisamment de fonctionnaires pour maîtriser sur le bout des doigts la réglementation. Et en fait, à la fin, la conséquence, c'est que les lobbies, les représentants des entreprises, qui défendent leurs intérêts, pèsent très fort, très lourd dans la détermination des règles qui s'appliquent à elles. Et ça, par exemple, c'est un énorme problème.

On peut penser par exemple à la politique du médicament. On sait que les industries du médicament ont un poids très fort aussi dans la manière dont les décisions se prennent, les décisions qui ont un impact majeur sur la santé publique. Ça, ce sont des conséquences directes sur la vie des gens et qu'on ne connaît pas. Dans un autre domaine que je connais bien aussi, Manon l'a rappelé, sur la criminalité financière, là où j'ai vu les impacts du changement de position sur les services publics, de réduction du champ de la puissance publique, c'est aussi la question de l'inversion des objectifs, l'inversion des priorités.

Donc quand on parle de criminalité financière, j'ai vu sous mes yeux exploser par exemple les moyens offerts à la lutte contre la fraude sociale, au détriment des moyens offerts à la lutte contre la fraude fiscale, alors que vous le savez tous ici, la fraude fiscale, c'est un phénomène d'une ampleur incommensurable par rapport à la fraude sociale et on préfère aller mettre les moyens pour aller chercher la personne qui aurait fraudé le RSA, qui aurait envoyé le produit du RSA dans un autre pays, alors qu'on a des milliards et des milliards qui disparaissent en matière de fraude fiscale et on met insuffisamment de moyens pour ces grandes enquêtes complexes, ces schémas de fraude internationale, ces schémas d'évasion fiscale internationale et de blanchiment de fraude fiscale.

Et ça, ça m'a beaucoup marqué et c'est aussi ça le recul des services publics.

23:19
Présentateur

Et donc, au cours de toutes ces années, tu étais une serviteuse de l'État, du bien public et là, tu passes de l'autre côté, tu passes du côté de celles et ceux qui réfléchissent à comment on change les politiques du pays. Qu'est-ce que ça fait ?

23:33
Lucie Castets

Alors, je n'ai pas l'impression de passer tout à fait de l'autre côté parce que j'ai l'impression qu'en étant devant vous et en faisant tout ce que Manon a décrit depuis à peu près un mois ou deux, je suis quand même du côté du service de l'intérêt général et du service du bien public. C'est pour ça que j'ai accepté, comme tu dis, Adrien, de passer de l'autre côté. En réalité, ce que j'ai compris quand on m'a appelée, ce que j'ai compris finement, c'est que s'il n'y avait pas d'accord sur un nom, l'union de la gauche explosait.

Or, tu l'as rappelé très bien, Manon, tout à l'heure, l'union de la gauche, c'est ce qui a donné à la fois du carburant pour que les gens se mobilisent pendant la campagne, mais aussi ça a levé après le résultat des élections, là où on a tous eu peur que l'extrême droite l'emporte, ça a donné, ça a levé un immense espoir dans la population française et je me suis dit à mon humble échelle que cet espoir ne pouvait pas être déçu et donc c'est presque naturellement, même si je conviens que ça n'est pas un saut très naturel, c'est presque naturellement que je me suis dit que je devais faire face à cette décision avec responsabilité et voilà comment ça s'est passé.

24:46
Présentateur

Quand tu dis faire face aux responsabilités, est-ce que ça sous-entend que tu ne serais pas manipulée par les insoumis comme on l'entend parfois ?

24:55
Lucie Castets

Je crois que la réponse est dans la question. Écoute, on a entendu beaucoup de choses depuis le début de ces quelques semaines, de ce mois et demi. Je crois que je peux dire assez tranquillement que je ne suis manipulée par personne. Je pense que mes interlocuteurs quotidiens depuis le début de cette grande aventure pourraient le confirmer donc non, je ne me sens en aucun cas manipulée par vous les amis insoumis.

25:29
Présentateur

Et c'est un mois et demi, alors du coup, comment tu les as vécus ? C'est-à-dire, on imagine bien que c'est un bouleversement à la fois personnel, politique, ça amène à beaucoup de rencontres, à se poser beaucoup de questions. Comment tu fais pour tenir depuis ces un mois et demi ?

25:43
Lucie Castets

Je tiens, un peu dans le même état d'esprit que j'ai accepté cette mission que beaucoup qualifient d'impossible, que je qualifie d'audacieuse. Je tiens beaucoup grâce au carburant que me donnent toutes les rencontres que je peux faire avec les syndicalistes. Vous le savez, j'ai vu les syndicalistes en intersyndical et aussi en bilatéral très rapidement parce que c'est vraiment important pour moi de aussi pouvoir parler à la société civile dite organisée. J'ai rencontré énormément de lieux locaux. Évidemment, j'ai rencontré beaucoup de militants, notamment à Lille qui était mon premier déplacement avec cette nouvelle casquette.

Je tiens d'ailleurs encore à remercier les Lillois pour leur accueil formidable. Merci, merci les Lillois. C'était un moment assez incroyable et assez émouvant. C'est ce genre de moment qui donne beaucoup d'espoir, aussi beaucoup d'humilité, il faut bien le dire, mais aussi beaucoup de force pour continuer. Je pense qu'on l'a vu, il y a eu beaucoup d'attaques envers l'unité de la gauche. Ça, ça m'a aussi donné de la force parce qu'en fait, il faut défendre l'unité de la gauche. Je sais qu'on est unis dans ce combat-là ici. Ça, ça donne de la force parce qu'on sait que c'est jamais terminé et on sait qu'il faudra continuer.

Sinon, on décevra nos électeurs, on décevra les gens qui ne sont pas particulièrement impliqués dans un parti, qui ne sont pas particulièrement militants, mais qui croient en l'union de la gauche parce qu'ils attendent concrètement la mise en oeuvre d'un nouveau projet politique. Et c'est ce qu'ils ont dit dans les urnes. Et donc, je pense qu'il faut vraiment entendre ça et c'est ça qui, moi, me donne la force de me lever tous les matins. Et puis, ce genre de moment aussi, évidemment, ça tient debout.

27:32
Présentateur

Alors, maintenant qu'on sait que tu as passé un formidable été grâce à nous, on va entrer dans le dur du sujet. À la fin de cet été, pas plus tard qu'hier, tu as rencontré Emmanuel Macron qui, enfin, a dénié prononcer ton nom puisque juste avant que... juste après que l'on t'ait désigné, nommé, le président de la République, vous vous souvenez peut-être, au début de l'été, a fait une interview et a bien pris le soin de ne pas nommer le nom de Lucie Casté. Je crois qu'en un mois et demi, il a appris ton nom et ton prénom. Et tu l'as rencontré hier avec Mathilde et Manu qui sont présents ici dans la... Et à tous.

Et je crois, Manu, Mathilde, qu'elle l'a plutôt bien fait, mais je vais te laisser nous raconter comment ça s'est passé.

28:20
Lucie Castets

Déjà, je remercie nos amis du NFP des partis de m'avoir fait confiance pour cette séquence qui était périlleuse, mais je crois que nous l'avons collectivement rempli avec brio, puisque nous avons réussi à parler d'une seule voix en étant cohérents, chacun à notre tour, même si, c'est vrai, j'ai eu l'opportunité de m'exprimer au début, en première. En fait, on est allé rappeler au président la situation actuelle qui est celle du pays, c'est-à-dire une situation d'immobilisme intolérable. On lui a dit qu'on ne pouvait pas attendre pour répondre aux espérances des Français. il a lui-même décidé cette dissolution sans aucune concertation, sans que personne comprenne vraiment pourquoi.

Et ensuite, il n'en tire aucune conclusion. On est venu lui rappeler ça, nous l'avons mis devant cette responsabilité. On lui a aussi dit quels enseignements on tirait de ces élections. On lui a dit vous avez demandé une clarification, la clarification est venue. Les Français ont massivement demandé un changement de politique, ont demandé à ce que, enfin, on mette en oeuvre en France une politique sociale, une revalorisation des salaires, une bifurcation écologique, un financement des services publics. Nous lui avons dit tout ça.

Nous lui avons également dit que si le barrage républicain avait fonctionné au second tour, en grande partie grâce à la responsabilité des forces politiques du nouveau Fonds populaire, il faut bien le dire, rappelons ici qu'il y a 34 députés ensemble qui ont été élus grâce au désistement de candidats de la France insoumise. Nous le lui avons rappelé également. Nous lui avons également présenté notre méthode. Nous lui avons dit que nous étions prêts à gouverner, que nous gouvernerions dans les conditions qui ont été présentées à l'ensemble des élus républicains au Parlement en France, c'est-à-dire avec une base idéologique solide et claire qui est le programme du nouveau Fonds populaire.

et qu'ensuite, évidemment, nous irions travailler avec le Parlement texte après texte et qu'en réalité, nous, nouveau Fonds populaire, nous voyons ce recentrage de la démocratie autour du Parlement comme une bonne nouvelle, comme une opportunité, une opportunité d'enfin tourner le dos à sa méthode à lui qui est une méthode brutale, qui est une méthode qui consiste à mépriser le Parlement, les élus locaux et les échelons intermédiaires, les corps intermédiaires.

Un autre point que nous avons souligné, pardon, c'est un petit peu technique parce que ça repose sur les questions institutionnelles mais ça me semble extrêmement important, nous lui avons dit qu'il avait le droit d'être en désaccord avec notre programme et c'est normal, nous appelons de nos voeux et nous avons pour objectif de faire un changement radical, nous voulons un programme de rupture idéologique. Et donc, je me suis permise de lui dire qu'il était tout à fait légitime à regretter que nous souhaitions changer de cap.

Mais, mais que si jamais il utilisait ce prétexte pour nous empêcher de former un gouvernement, alors il serait à rebours de la lettre de la Constitution de la Vème République et aussi de la pratique de ses prédécesseurs et c'est extrêmement important. Je ne sais pas s'il l'a entendu mais je le lui ai dit. Enfin, nous lui avons dit qu'il n'y avait pas d'autre option, il n'y a pas d'autre alternative. Le nouveau Front populaire, vous le savez, est la seule coalition à s'être présentée en tant que telle devant les électeurs.

C'est la force politique qui est arrivée en tête des élections et s'il choisissait, encore une fois, contre la logique institutionnelle, contre la logique d'une démocratie parlementaire, de ne pas demander au nouveau Front populaire de former un gouvernement, alors il n'y aurait qu'un seul vainqueur, ce serait l'extrême droite. Alors je dirais, pardon Manon, que nous avons, je vous ai dit tout ce que j'ai dit, maintenant je vais vous dire quelques mots de ce que lui a dit, il faut le prendre avec recul et circonspection, mais il nous a quand même dit deux choses.

La première chose, et c'est un pas vers nous, saluons-le, même si j'attends qu'il passe de la parole aux actes, il nous a dit qu'il prenait acte du fait que les Français avaient demandé un changement de politique, un changement de cap, un changement d'orientation idéologique. Il l'a reconnu, il a dit qu'il était garant de la stabilité institutionnelle, mais qu'il avait conscience qu'il était nécessaire de changer de politique. Maintenant, j'attends de voir. Le second point, en revanche, c'est qu'il semble toujours extrêmement tenté par le fait d'agir comme un sélectionneur d'une équipe.

Il semble tenté par la volonté de choisir son gouvernement, de choisir les uns, de choisir les autres, alors que nous lui avons rappelé que le nouveau fond populaire n'est pas à l'avance. à la découpe. Les quatre partis se sont présentés unis et ils le resteront. Et nous avons enfin dit au président de la République qu'il ne pouvait pas être à la fois président de la République, premier ministre et chef de parti.

34:10
Présentateur

Voilà qui est dit pour ta première rencontre avec Emmanuel Macron. S'il avait encore des doutes sur qui tu étais, je crois que maintenant, il savait à quoi s'en tenir. Un des premiers défis, si tu étais nommé première ministre la semaine prochaine, et on nous le fait peser un peu comme une épée de Damoclès, c'est le fameux budget. Parce que vous comprenez, vous la gauche, vous êtes irresponsable, vous les dépensez des milliards et des milliards. Alors est-ce que, secrètement, Emmanuel Macron est prêt à te nommer première ministre si tu promets de ne pas toucher un seul cheveu des milliardaires ?

34:44
Lucie Castets

Alors j'étais venue avec ma tondeuse, donc si tu veux, je pense qu'il n'a pas osé poser la question. Blague à part, il nous a posé une question sur le budget, il m'a dit, parmi les nombreuses questions-réponses qu'il y a eu entre nous dans un premier temps, il m'a dit « Et comment feriez-vous pour le budget ? » Et donc je lui ai dit « Monsieur le Président de la République, je me permets de vous retourner la question, car en réalité, ma réponse est totalement dépendante du calendrier que vous êtes en train d'imposer à la France. comment peut-on envisager qu'un gouvernement démissionnaire qui dit « Je gère les affaires courantes » soit en train de préparer le budget de l'année

35:25
Invité

qui va s'ouvrir ? »

35:52
Lucie Castets

Et je lui ai dit sur ce sujet que contrairement à lui, nous aurions une politique économique responsable, efficace et claire, puisque ce n'est pas la gauche qui est responsable de l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif à Bruxelles, ce n'est pas la gauche qui a vidé les caisses de l'Etat de 50 milliards d'euros par an en faisant des cadeaux aux plus riches et aux grandes entreprises. Et donc, nous lui avons dit qu'il était déraisonnable et irresponsable de refuser d'activer le levier fiscal. Et il l'a noté très sérieusement sur sa feuille de papier. Je ne sais pas ce qu'il en aura déduit.

36:39
Présentateur

Je vais repasser la parole à Adrien. J'ai juste oublié une petite précision d'organisation. On va essayer d'avoir quelques questions de la salle à la fin. Mais pour être efficace, gagner du temps, on va la faire par papier. Il y a des super volontaires, collègues, camarades qui sont dans la salle qui vont faire circuler des papiers. On va les récupérer, on va les sélectionner. Je tiens à m'excuser par avance avant qu'il y ait un pugilat général. On n'aura probablement pas le temps de faire toutes les questions, mais on essaiera d'en traiter un maximum. Je l'ai dit au début, lui-ci a un agenda très serré, y compris sur l'horaire de fin de la conf.

mais on va essayer de prendre quelques questions donc vous pouvez les faire par écrit, court, ce sera plus simple pour nous, pour les lire. Et je repasse la parole à Adrien. On parlait à l'instant de la rencontre avec Emmanuel Macron et donc évidemment des perspectives lorsque tu seras à Matignon parce que tu as adressé une lettre aux Françaises et aux Français, une lettre qui est adressée à celles et ceux qui ont voté pour le NFP mais aussi à celles et ceux qui n'ont pas voté pour le NFP où tu parles de la manière dont tu envisages de gouverner en disant oui on aura une manière démocratique et inédite de gouverner le pays. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

37:53
Lucie Castets

Oui, alors on a choisi avec les chefs de parti de signer une lettre tous ensemble qu'on adresse aux Français. On a tenu à le faire avant la rencontre avec Emmanuel Macron parce que c'était important pour nous de dire on s'adresse avant tout aux Français parce que c'est eux qui nous ont donné un mandat et c'est fort de ce mandat que nous allons nous présenter au président de la République. C'était extrêmement important en méthode pour nous de pouvoir faire ça.

Et c'était aussi de dire le changement de méthode qu'on appelle de nos voeux ça n'est pas seulement un slogan et on va vous le démontrer tout au long du temps qui nous sera donné pour gouverner on mettra en acte ce changement de méthode c'est-à-dire on va davantage écouter les personnes sur le terrain on va davantage je l'ai dit tout à l'heure écouter les syndicats mais aussi les associations les collectifs vous le savez ça me tient particulièrement à coeur à titre personnel c'est ça qu'on a voulu dire aux Français et on a voulu aussi leur rappeler notre engagement auquel il faudra évidemment qu'on se tienne quoi qu'il arrive dans les semaines qui viennent c'est celui de porter un projet clair et un projet concret dont la vocation est de changer leur vie d'améliorer leur vie quand on va sur le terrain vous le savez très bien les gens ils parlent de quoi ils parlent de leur pouvoir d'achat ils parlent du nombre de profs à l'école ils parlent du nombre d'heures où il faut attendre aux urgences pour être enfin pris en charge ils parlent du fait qu'ils ne peuvent pas avoir un rendez-vous chez le médecin à côté de chez eux ils parlent du fait qu'il n'y a pas suffisamment de transports en commun toutes ces réalités là on les a rappelées dans la lettre et on s'est engagé à en tenir compte une fois qu'on sera au pouvoir et c'est extrêmement important de pouvoir s'adresser directement aux Français tu l'as dit nos électeurs mais aussi les autres parce qu'il y a eu dans le vote notamment au rassemblement national des gens qui ont voté aussi par désespoir pour ce parti se sont tournés vers eux aussi parce que le gouvernement les gouvernements précédents les ont oubliés et parce qu'il n'y a plus de service public à leur côté

39:47
Présentateur

et dans cette assemblée nationale il y a quand même quelques parlementaires de droite qu'est-ce que tu proposes qu'on fasse avec cette situation actuelle pour réussir à mettre en oeuvre nos mesures

40:07
Lucie Castets

alors avant de parler de ce qu'on va faire avec les parlementaires dont ceux qui sont dans la salle aujourd'hui il y a quelque chose que je voudrais clarifier parce qu'on m'a beaucoup posé la question au début je pense que ce qui est très important c'est d'assumer que le gouvernement qui sera issu du nouveau fond populaire c'est un gouvernement qui assume la rupture idéologique avec les politiques qui sont menées et ça pour ça il y a deux raisons la première raison c'est une raison de fond on ne pourra pas adopter des mesures de rupture des vraies mesures de changement pour la vie des gens je le parlais pour les services publics pour le pouvoir d'achat pour la bifurcation écologique dans une grande coalition fourre-tout avec un peu de gauche un peu de droite juste pour faire plaisir sur le papier ça ça n'existe pas ça ne sera pas mis en place et par ailleurs la gauche et la droite ça n'est pas la même chose même si Macron a essayé pendant des années de nous faire croire qu'il n'y avait ni droite ni gauche je pense que c'est extrêmement important de rétablir ce clivage idéologique et je pense que le gouvernement de nouveaux fonds populaires devra l'assumer et dans un second temps la question c'est le travail parlementaire on n'est pas idiot on voit très bien ce qui se passe on est conscient qu'on n'a pas la majorité absolue à l'Assemblée nationale et que donc il faudra travailler texte par texte pour essayer de convaincre néanmoins j'ai une conviction c'est que sur le fond il y a énormément de textes et de propositions qui sont portées par le nouveau faux populaire qui pourront réunir des consensus à l'Assemblée pour peu que les députés du centre et de droite acceptent de dépasser des clivages partisans artificiels qui s'opposera à la revalorisation du salaire des enseignants de la rémunération des enseignants elle est beaucoup trop basse tout le monde le sait qui s'opposera à la revalorisation de la rémunération des infirmières à l'hôpital qui s'opposera à ce qu'on ait plus de profs à l'école à ce qu'on revalorise les PMI qui s'opposera à ce que la médecine scolaire soit mieux traité je pense que dans ce cas là les députés et les parlementaires plus globalement hors nouveau fonds populaires devront répondre de leur vote face à leurs électeurs et ce que nous on propose y compris des sujets comme la réforme des retraites c'est en réalité consensuel dans le pays et c'est pour ça qu'on arrivera à gouverner

42:23
Présentateur

alors maintenant qu'on a dit ces quatre vérités à Macron on a dit comment on allait gouverner t'en as commencé à en parler évidemment tout le monde a hâte de t'entendre sur les priorités tu l'as dit tu l'as rappelé que notre base c'était évidemment le programme du nouveau fonds populaire et c'était pour cela et pour le mettre en oeuvre qu'on allait gouverner et voilà il y a pas mal d'urgences face à nous et une des urgences il y a sûrement beaucoup de parents et d'enseignants dans la salle c'est évidemment la rentrée scolaire dans maintenant à peine plus d'une semaine alors là-dessus évidemment le président de la République Emmanuel Macron porte une lourde responsabilité puisqu'en perdant deux mois il a aussi perdu deux mois pour l'organisation de la rentrée scolaire tu as dit on a parlé du choc des savoirs on ne sait même pas si c'est appliqué ou pas comment toi tu t'y serais prise comme première ministre et par la suite pour organiser une rentrée scolaire qui permette à la France de retrouver son rang en matière d'éducation à la fois pour les enseignants et les élèves

43:35
Lucie Castets

alors bon la rentrée 2024 tu l'as dit c'est une priorité absolue c'est une des questions que tout le monde se pose là on a la ministre démissionnaire de l'éducation qui organise une conférence de presse pour présenter les mesures de rentrée 2024 si ça n'était pas ouais si ça n'était pas une source d'inquiétude majeure on pourrait presque en rire mais c'est en réalité totalement désastreux comment considérer qu'il ne s'agit pas d'orientation politique et donc qu'il faudrait un mandat pour pouvoir présenter ces orientations je ne sais pas je trouve que c'est absolument sidérant on le sait les conditions d'une rentrée sereine en 2024 ne sont pas réunies elles sont pourtant largement connues de nous tous il faudrait suffisamment d'enseignants dans toutes les classes il faudrait des personnels en nombre suffisant on parle beaucoup des enseignants et à raison ils ont un rôle fondamental mais il y a aussi tous les autres personnels scolaires et non scolaires qui travaillent à l'école ils sont en nombre largement insuffisant exactement il y a la question des AESH qui est absolument centrale j'allais y revenir mais vous avez tout à fait raison il y a la question aussi des orientations de fonds qui sont données les profs n'ont aucune orientation claire on ne leur fait pas confiance sur le fonds ils n'ont aucune liberté pédagogique et en même temps on va leur dire que là ils vont probablement mais on ne sait pas vraiment puisque le gouvernement est démissionnaire on l'a dit devoir évaluer leurs élèves à la rentrée pour peut-être les mettre dans des groupes de niveau c'est extrêmement insécurisant et donc c'est aussi un autre point sur lequel il faudra revenir j'y reviendrai et puis par ailleurs vous le savez une des préoccupations majeures des français c'est le pouvoir d'achat il y a beaucoup d'inflation les salaires n'augmentent pas au rythme de l'inflation les salaires sont trop bas et donc les frais de scolarité pèsent énormément pour les ménages et donc il faut se rapprocher le plus possible c'est l'objectif en tout cas du programme du Nouf populaire d'une éducation totalement gratuite pour les familles s'agissant tu m'interroges sur les mesures d'urgence à la rentrée je vois deux mesures très urgentes en tout cas s'agissant de l'école en plus des mesures fondamentales qu'il faudra changer à plus à moyen terme il y a la question du choc des savoirs j'en parlais à l'instant sur l'évaluation des élèves pour les mettre en groupe de niveau je pense qu'il faut annuler ces mesures là et je pense qu'il faut de nouveau

46:01
Invité

il faut redonner

46:07
Lucie Castets

une liberté pédagogique au terrain il faut pouvoir s'appuyer sur les profs qui connaissent leur travail qui sont sur le terrain tous les jours qui sont dans leur classe qui connaissent leurs élèves qui connaissent l'hétérogénéité des profils mais aussi les besoins des élèves et chacun sait que classer les élèves ça n'est pas une bonne orientation et par ailleurs j'ai parlé du pouvoir d'achat c'est une question qui se pose aussi pour les agents publics et une des mesures principales qu'il faut prendre c'est aussi augmenter le point d'indice le programme le prévoit je pense que c'est une urgence à la fois pour des raisons de pouvoir d'achat mais aussi pour des raisons symboliques il n'est pas normal qu'en France qui est un pays extrêmement riche extrêmement performant économiquement on ait des profs qui soient dévalorisés à ce point qu'on envoie un signal aussi négatif sur leur position relative dans la société on a un des salaires des enseignants qui est le plus bas ou des rémunérations qui est plus bas de l'OCDE c'est inadmissible et donc je pense que c'est une mesure à prendre à très court terme

47:10
Présentateur

tu as beaucoup parlé salaire et notamment revalorisation des fonctionnaires il y a eu aussi un débat au cours de l'été sur le SMIC et l'augmentation du SMIC à 1600 euros net certains ont tenté de t'attaquer en disant que ce n'était pas clair ce que tu racontais on le voit un peu comme un tout entre à la fois l'augmentation des salaires et du salaire minimum mais la question aussi de la durée de travail dans le temps avec la brocation de la réforme des retraites est-ce qu'un gouvernement du nouveau Front Populaire le fera tout de suite ou attendra ?

47:48
Lucie Castets

Je réassirme le fait que l'objectif c'est un SMIC net à 1600 euros il n'y a aucune ambiguïté là-dessus ce que je dis moi c'est qu'il est absolument nécessaire de garder cet objectif mais qu'il faudra aussi discuter des modalités de l'augmentation avec les partenaires sociaux c'est extrêmement important de pouvoir les remettre dans la discussion on le dit partout Emmanuel Macron a bafoué le dialogue avec les partenaires sociaux il les consulte mais il ne tient en aucun cas compte de leur retour de ce qu'ils peuvent proposer et donc il faudra poser la question aux partenaires sociaux sur les modalités d'atteinte de cet objectif de 1600 euros qui encore une fois doit être réaffirmé le deuxième sujet c'est que j'insiste dessus aussi c'est la question du point d'indice il est extrêmement important de pouvoir revaloriser le point d'indice des agents publics parce que vous le savez les salaires dans le privé n'augmentent pas assez vite mais ils augmentent encore moins vite dans la fonction publique et il n'est pas normal que les fonctionnaires ne puissent pas vivre correctement de leur travail c'est aussi une question d'image et de sens qu'on donne à leur travail il faut qu'on leur envoie le symbole que la société tout entière reconnaît leurs fonctions au service de l'intérêt général et enfin il faudra évidemment travailler avec les plus petites entreprises pour voir des modalités éventuelles de compensation de l'augmentation du SMIC pour leur permettre de continuer à fonctionner correctement dans ces conditions

49:07
Présentateur

il y a un sujet qu'on a qui souvent abordé qu'au moment des catastrophes climatiques et pourtant c'est l'enjeu de notre siècle l'enjeu de notre génération et je voulais t'interroger spécifiquement à travers ton prisme des services publics sur la question écologique qui est intéressant parce que si on veut faire la planification écologique il faut aussi à la fois un état stratège mais des services publics et comment tu vois le rôle des services publics dans la planification écologique pour agir à la hauteur de l'urgence

49:41
Lucie Castets

qui est face à nous sur la bifurcation écologique merci pour cette question parce que c'est vraiment une question fondamentale et tu as tout à fait raison sur le fait qu'il ne faut pas attendre des catastrophes à chaque fois pour remettre un petit coup d'accélérateur sur ce sujet tu le dis très bien le mot central ici c'est la question de la planification et pour pouvoir faire une planification écologique efficace il faut des fonctionnaires qui sont bien formés et qui pensent avant tout à l'intérêt général et donc il ne faut pas avoir à s'appuyer sur des prestataires extérieurs ou des cabinets de conseil qui viendraient nous expliquer comment on organise la bifurcation écologique j'avais oublié de préciser dans son parcours qu'elle avait aussi un peu travaillé sur le sujet je n'ai pas travaillé dans un cabinet de conseil attention coming out et donc il est absolument fondamental que l'état mais aussi les collectivités que la puissance publique en général dispose des moyens suffisants pour penser cette transition écologique cette planification écologique cette bifurcation écologique le second point je pense qu'il est extrêmement important d'assumer le fait que la bifurcation écologique et la planification écologique impliquent des moyens supplémentaires et des moyens supplémentaires ça veut dire des recettes supplémentaires pour la puissance publique pour pouvoir financer la transition on a besoin d'investissements massifs dans la transition écologique et ces investissements ils doivent être financés par le privé mais aussi par le public par l'intermédiaire de l'impôt par l'intermédiaire du levier fiscal et je pense qu'il faut l'assumer l'autre point sur lequel j'aimerais insister c'est sur le fait que la planification écologique et la bifurcation écologique impliquent qu'il y ait une mise à contribution et cette mise à contribution elle ne doit pas se faire sur les plus pauvres et sur les plus précaires mais elle doit être financée par les plus riches par les ultra riches et par les multinationales qui sont ceux aussi qui bénéficient des infrastructures qui bénéficient des services publics et donc ils doivent être mis à contribution à la mesure de ce dont ils bénéficient chacun doit pouvoir contribuer mais eux évidemment en priorité il est par ailleurs absolument inadmissible que des personnes continuent dans les quartiers populaires à vivre dans des bouilloires thermiques dans des endroits où il fait extrêmement chaud alors que les plus gros pollueurs les personnes qui naviguent sur des yachts ou qui utilisent des jets privés payent extrêmement peu d'impôts c'est intolérable et ça n'est pas toi qui va me contretire et donc il faut assumer que cette transition écologique elle n'aura lieu que si on assume une politique de redistribution extrêmement claire et je l'assume totalement tu ne te sépares jamais

52:27
Présentateur

de ta tondeuse en fait

52:27
Lucie Castets

exactement

52:28
Présentateur

une question sur le volet international parce qu'on a souvent dit que en quelque sorte les questions internationales diviser la gauche diviser le nouveau front populaire et notamment la situation absolument dramatique à Gaza où de jour en jour d'heure en heure nous parviennent des images du carnage qui est en train de perpétrer le gouvernement de Benjamin Netanyahou et là aussi on aurait des leviers pour agir tout de suite dès le moment où tu serais nommé première ministre bref comment on retrouve une parole diplomatique de la France qui pèse en faveur de la paix et notamment à Gaza

53:18
Lucie Castets

c'est une question effectivement absolument fondamentale déjà il y a un impératif une urgence c'est un cessez le feu immédiat tu l'as dit il faut mettre fin immédiatement aux massacres qui sont perpétrés par l'armée israélienne sur des civils à Gaza c'est inadmissible les images qui nous parviennent sont absolument insoutenables et donc il faut peser de toutes nos forces pour que ce cessez le feu aboutisse et par ailleurs la voie de la négociation du cessez le feu c'est aussi le moyen le plus efficace pour que les otages soient libérés les otages au moins du Hamas soient libérés et donc toutes nos forces doivent être mises dans l'obtention de ce cessez le feu

53:58
Présentateur

je le rappelle en général c'est le moment où la salle reprend cessez le feu on me l'avait dit

54:03
Lucie Castets

mais du coup j'attendais mais je suis un peu ils ont perdu

54:07
Invité

l'habitude de la campagne

54:08
Lucie Castets

ce cessez le feu est d'autant plus important que je le rappelle la cour internationale de justice a souligné un risque de génocide à Gaza et donc il faut absolument que ce cessez le feu intervienne le plus vite possible sur ce sujet qui est un sujet qui est un sujet compliqué qui est un sujet avec une forte dimension historique je pense qu'il faut ne pas hésiter à revenir sur le contexte historique c'est un contexte où depuis près de 60 ans il y a une occupation militaire qui est unanimement condamnée y compris je l'ai dit par la cour internationale de justice et donc il faut dire clairement que les politiques et les pratiques d'Israël dans ses territoires palestiniens occupés sont contraires au droit international c'est important de le rappeler et dans et dans ce contexte je pense que la diplomatie française doit peser de tout son poids pour que on reconnaisse l'état de Palestine aux côtés de l'état d'Israël c'est extrêmement important ça doit être fait immédiatement de nombreux voisins européens l'ont fait à la France de le faire nous pouvons le faire par ailleurs il faut soutenir le travail de la justice internationale qui fait appliquer le droit international ça me semble ça devrait aller de soi mais c'est nécessaire je crois encore de le rappeler il faut il faut que la justice internationale puisse faire son travail non seulement la CIJ la cour internationale de justice mais aussi la cour pénale internationale sur ce sujet je pense qu'il faut également utiliser tous les outils à notre disposition je pense également bien sûr à l'outil des sanctions internationales qui est un outil que je connais un petit peu à travers mes expériences professionnelles passées là dessus par exemple on voit qu'on n'a pas encore activé le levier du gel des avoirs qui consiste à une forme de confiscation des avoirs des personnes qui sont connues coupables d'actes contraires au droit international on n'a pas encore d'outil législatif national pour le faire mais on pourrait tout à fait l'envisager c'est une piste extrêmement intéressante qu'on pourrait tenter d'activer en tout cas je pense qu'il faut envisager de l'activer contre le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou qui perpétue des crimes et par ailleurs je pense qu'il faut mettre toutes nos forces pour éviter un risque d'escalade dans la région d'une part et d'autre part pour faire en sorte d'empêcher la répression du camp de la paix en Israël parce que ce camp existe et il est bafoué par Benyamin Netanyahou enfin sur ce sujet je pense que c'est important de signaler aussi qu'il faut que la gauche parle d'une voix claire et unie et je pense qu'on ne peut surtout pas donner de prise à celles et ceux qui accusent la gauche d'antisémitisme parce que ça fait détourner le regard sur le fait que l'extrême droite est la force antisémite et donc on ne peut pas laisser penser à nos concitoyens juifs que nous poursuivons un autre but que l'application du droit international

57:40
Présentateur

Merci Lucie On a fait le tour assez rapidement de nos priorités politiques de la méthode de gouvernement après il y a un principe de réalité politique et on ne vit pas dans une bulle ici même si cette bulle est très sympathique ici à Châteauneuf sur Isère on a bien vu que le président de la république essaie de faire tout ce qu'il pouvait pour que le nouveau Front populaire ne gouverne pas donc vous avez vu les mangeurs d'enfants que sont les insoumises sont le problème probablement les Khmer Verts seront le problème de demain et puis après on rappellera l'histoire du communisme et petit à petit on fera la démonstration que en réalité c'est le programme du nouveau Front populaire qui ne veulent pas mais il y a une question majeure on a vu là à travers l'entretien que tu es prête à gouverner comme première ministre que tu as une méthode de gouvernement qui ne brutalisera pas l'Assemblée nationale mais on a une question pratique comment on maintient la pression sur le président de la République dans l'hypothèse où il bafoue le vote populaire pour la première fois dans notre histoire et ne te nomme pas à Matignon comment on fait comment on s'assure qu'à la fin des fins on a lu Sikasté à Matignon

59:01
Lucie Castets

merci pour cette question qui est en fait en réalité une question de synthèse à toute la discussion qu'on a eu je pense d'une part qu'on maintient l'impression en maintenant l'union de la gauche ça me semble fondamental non seulement pour les électeurs du nouveau front populaire mais aussi pour le reste parce que je l'ai dit tout à l'heure pour moi c'est important de réinstaurer un clivage idéologique un clivage gauche droite et de démontrer qu'on est prêt à mettre en place une politique qui tranchera avec la politique des gouvernements précédents je pense que ça aussi c'est un moyen de pression parler du fond parler des mesures parler aux gens expliquer ce que ça changera concrètement dans leur vie quand le nouveau front populaire arrivera au pouvoir voilà comment on maintient l'impression on maintient la pression aussi en continuant à soutenir l'existence d'un nouveau front populaire et donc une union dans laquelle il y a des différences entre les partis moi je ne suis pas arbitre des partis j'essaye de jouer un rôle humblement de trait d'union mais je pense que cette union là elle doit poursuivre elle doit exister à travers vous les militants et à travers aussi tous les sympathisants et les électeurs de la gauche c'est fondamental

1:00:03
Présentateur

vous avez vu qu'on commence à saboter les micros ça commence à flipper à l'Elysée je vous le dis alors Lucie on arrive vers la fin du moment de l'entretien qu'on anime avec Manon tu parlais d'unité de différence moi c'est le moment il faut que je te pose une question qui me revient tout le temps sur les marchés du sud-ouest Lucie tu dis pas en chocolat ou chocolatine

1:00:42
Lucie Castets

Adrien j'ai peur de me faire des ennemis non sans blague je vous ai parlé pendant maintenant je crois 45 minutes une heure du programme de mes intentions de la manière dont j'aimerais qu'on gouverne j'espère maintenant que vous êtes persuadés que je suis une femme authentiquement de gauche alors là vous vous dites mais qu'est-ce qu'elle raconte mais elle répond pas du tout à la question elle a fait beaucoup de médiatraining elle sait ne pas répondre à la question subtilement pas du tout je vais vous montrer en acte que je suis une vraie démocrate et que je veux rompre définitivement avec la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron et donc nous allons voter qui parmi vous vote pour dire chocolatine qui parmi vous vote pour dire pain au chocolat à la majorité absolue des présents nous dirons aujourd'hui pain au chocolat les amis c'est ça la démocratie et moi je respecte les résultats du scrutin

1:02:03
Présentateur

petit message à envoyer Emmanuel Macron alors là c'est le moment où on me donne les petites questions de la salle il y en a de fil ah elles arrivent elles sont là parfait je fais moitié moitié avec Adrien alors il faut que j'arrive à lire vos hiéroglyphes ah oui on me dit on a déjà reçu une soixantaine de questions on va te poser celle qui revient le plus c'est des paquets par thématique alors je pensais que c'était la question mais c'est la note de celui qui a fait le tri elle est bizarre à lire d'une traite ok premier paquet de questions les médias leur rôle politique leur régulation le service public en gros comment gagner la guerre médiatique les médias sont de droite d'extrême droite voire pour certains comment on les contre on fait question par question ça va

1:03:00
Lucie Castets

alors c'est une question fondamentale et je dois dire que on m'a souvent posé la question qui est depuis le début de cette aventure qu'est-ce qui te surprend ou qu'est-ce qui vous surprend le plus et je dois dire que parmi les choses qui me surprennent le plus c'est pas tellement la plongée dans le bain des relations avec les parties parce que ça si ça me surprend ça me surprend plutôt en bien avec beaucoup de bienveillance et de construction collective non c'est plutôt la relation avec les médias et la difficulté de pouvoir parler en développant une pensée parfois un peu complexe un peu charpentée sans qu'on reprenne un petit mot ou une petite phrase isolée et donc bienvenue dans notre monde

1:03:37
Invité

et donc

1:03:41
Lucie Castets

j'apprends qu'il faut absolument peser chaque mot qui est prononcé et parfois pour une novice comme moi c'est difficile mais j'apprends blague à part je pense que c'est une question extrêmement sérieuse et fondamentale qui est posée là je pense qu'il faut davantage réguler les médias je pense qu'il faut aussi davantage réguler les réseaux sociaux en ce qui concerne les médias à prononcer les mots service public ça me semble extrêmement important je pense qu'Emmanuel Macron a mis en place des conditions défavorables à l'audiovisuel public en supprimant la redevance je pense que c'est une des mesures qui est extrêmement mauvaise pour les médias publics et qu'il faut revenir sur cette question je pense qu'il faut financer un audiovisuel public fort qui peut transmettre des informations qui sont vérifiées et qui permettent de fournir à la population des informations fiables et sérieuses et je pense par ailleurs que quand on parle avec les élus locaux donc vous devez très bien le savoir mais il y a beaucoup de gens qui ont voté pour le Rassemblement National y compris parce qu'ils adhèrent à des thèses racistes mais qui sont des thèses qui sont construites qui ne sont pas le fruit de leur expérience qu'ils auraient vécu dans leur vie quotidienne mais parce qu'en fait ils regardent ces news et que sur ces news c'est dit que les Arabes et les Noirs sont méchants et qu'il y en a trop en France parce que c'est véridique les gens disent ça et c'est parce qu'ils regardent ces news et donc je pense qu'il faut davantage réguler la presse et les médias pour permettre d'avoir des discours beaucoup plus équilibrés

1:05:10
Présentateur

j'en profite juste si on a d'autres tas de questions de me les amener pendant qu'elle ne rien parle n'hésitez pas ok il y a un autre paquet alors après le paquet plus de Lucie Casté moins de Vincent Bolloré on a un paquet sur la question de la protection elle était pas mal la garde on la garde il y a un paquet sur la protection de l'enfance avec plusieurs interrogations consistant à demander quid à la fois des services sociaux de protection de l'enfance quid de la maltraitance qui peut être infligée aux enfants qui sont sous la protection publique que comptes-tu faire pour assurer la protection de la partie de la population la plus vulnérable qui est la plus petite

1:06:02
Lucie Castets

merci pour cette question qui est évidemment fondamentale je pense que là-dessus on retrouve très bien la question de la place qu'on donne aux services publics et des moyens qu'on donne aux services publics pour protéger toute la population mais en particulier les plus vulnérables on a coutume de dire que les services publics sont le patrimoine de ceux qui n'en ont pas et je pense qu'en ce qui concerne les enfants qui sont maltraités les enfants qui sont placés c'est encore plus vrai la puissance publique ne peut pas défaillir face à ces enfants qui ont besoin de la puissance publique pour vivre pour survivre et donc je pense qu'il faut considérablement augmenter les moyens qui sont dévolus à la protection de l'enfance à tous les échelons y compris à l'échelon territorial c'est fondamental si tu me le permets je pense qu'il faut aussi élargir cette question à la question du service public de la petite enfance et de l'enfance en général je pense qu'il ne faut pas qu'il faut construire des nouveaux services publics et je pense que ce domaine en fait partie je pense qu'il y a aussi le quatrième âge mais on pourra y revenir je pense qu'il faut que la puissance publique se donne les moyens d'avoir des propositions unifiées uniformes en ce qui concerne l'accueil de la petite enfance pour éviter des logiques de privatisation et de financiarisation de ce secteur qui ont des conséquences on le sait absolument délétères sur l'accueil des enfants

1:07:18
Présentateur

alors là j'ai un paquet méthode de gouvernement mais avant ça je voulais te montrer ce qui avait marqué sur un autre petit papier qui n'était pas une question qui est une interpellation je la montre à tout le monde je te la montre à toi ne nous lâche pas on peut compter sur toi la réponse est oui je ne sais pas si c'était fait pour que je le lise mais voilà c'est fait alors comment allez-vous procéder pour concilier pour concilier le respect du parlement et l'accès aux mesures que nous souhaitons si elles ne sont pas consensuelles au sein de l'Assemblée alors qu'elles le sont dans la société alors imagine des mesures qui sont très consensuelles dans la société et moins consensuelles à l'Assemblée nationale je pense par exemple par établissement de l'ISF comment on fait pour concilier les deux on est majoritaire dans l'opinion publique mais pas forcément à l'Assemblée nationale pas facile

1:08:15
Lucie Castets

c'est pas facile mais en fait je pense que la réponse elle est dans le fait que les députés et les députés qui ne sont pas à nouveau au Front populaire ils seront mis face à leurs responsabilités et face à leurs électeurs ils savent ces députés là ce qu'ils doivent à leur électorat et ils savent aussi quelles sont les préoccupations de leurs électeurs et donc je pense que sur des sujets qui nous tiennent particulièrement à coeur on en a parlé la réforme des retraites le pouvoir d'achat les services publics la transition écologique je pense que là dessus il y a des majorités dans le pays tu l'as dit et je pense que les députés et les sénateurs ne pourront pas ne pas tenir compte de cette attente extrêmement forte exprimée par les français et que s'ils ne le font pas ils jouent leur réélection et donc je pense qu'ils devront prendre leur responsabilité ça n'est évidemment pas qu'un enjeu électoral pour eux mais c'est un enjeu je l'espère d'éthique personnelle et d'éthique politique ils devront prendre en compte le fait que c'est l'attente des français ensuite si le gouvernement propose un texte et qu'il est trop amendé par la droite qu'il ne ressemble plus au gouvernement au texte avec le niveau d'ambition qu'avait le nouveau Front populaire initialement on peut accepter le fait qu'il faudra retirer certains textes et qu'on ne souhaite pas détruire détruire ce qu'on a construit et détruire notre niveau d'ambition parce que ce niveau d'ambition c'est ce qu'on doit aux électeurs du nouveau Front populaire et par ailleurs je me permets de signaler que dans le courrier que Gabriel Attal a adressé à tous les parlementaires je l'ai lu avec énormément d'attention j'imagine que vous imaginez que ça a été un grand moment de mon été il a adressé dans ce courrier un certain nombre d'ouvertures sur les sujets notamment fiscaux Gabriel Attal s'est montré ouvert à l'adoption d'un ISF vert il s'est montré ouvert à la conditionnalité des aides aux entreprises il s'est montré ouvert au fait de réduire les exonérations de charges patronales sur les hauts salaires je choisis de lui dire très bien allons-y et donc on trouvera des compromis sur ce type de texte

1:10:22
Présentateur

alors moi j'ai un petit paquet avec des questions écologiques alors je précise que sur à peu près toutes les questions il y a des petits cœurs qui sont dessinés partout

1:10:28
Lucie Castets

j'espère que les petits cœurs ils sont dessinés y compris par les gens qui disent chocolatine

1:10:34
Présentateur

j'ai aucune garantie mais notez-le sur le papier quand même alors avec différentes interrogations par exemple des questions sur le financement de la bifurcation écologique avec une interrogation qui demande une taxe taubine donc une taxe sur les transactions financières une taxe de transactions financières pour financer une bifurcation écologique oui ou non ?

1:10:58
Lucie Castets

Plutôt oui enfin sur la transition écologique de toute façon il faudra inventer je l'ai dit tout à l'heure des nouvelles façons de la financer il faudra avoir recours au levier fiscal et pour ça il faudra remettre au cœur de nos débats la question du consentement à l'impôt récemment j'ai lu il y a une étude je ne sais pas si vous connaissez qui sort tous les ans sur est-ce que les français sont d'accord pour payer plus ou moins d'impôts et bien pour la première fois dans l'histoire de cette étude qui je crois existe depuis un peu plus de 10 ans les français ont dit en majorité qu'ils étaient d'accord pour payer plus d'impôts si à condition que ça conduise à une amélioration des services publics je pense que ça c'est dans la même veine il faut imaginer que les français comprennent en fait il faut arrêter de prendre les français pour des imbéciles ils savent qu'on a un mur qui est la transition écologique devant nous et je pense qu'ils sont prêts à y contribuer pour peu qu'on fasse de la pédagogie et surtout qu'ils aient le sentiment que cela est fait dans la justice on ne peut pas accepter un système où les ultra riches où les milliardaires payent 2% d'impôt sur le revenu au sens large revenu alors que beaucoup de français payent 20% d'impôt sur le revenu ou 10% d'impôt sur le revenu il n'est pas normal c'est une injustice fiscale flagrante qu'il faudra rectifier ensuite sur le financement de la transition écologique il y a plein d'autres pistes il y a l'ISF vert qui est prévu au programme il y a par exemple il existe une taxe de solidarité sur l'aviation cette taxe de solidarité sur l'aviation elle ne pèse pas sur les jets privés comment expliquer ça on peut imaginer de mettre en place cette nouvelle taxe il y a plein d'autres pistes qui se feront dans la justice et donc qui seront comprises par les français

1:12:33
Invité

et on avait aussi

1:12:42
Présentateur

une interrogation qui est revenue à plusieurs reprises sur le code du travail vous savez c'est le code que les macronistes n'ont jamais ouvert donc le code du travail avec une interrogation qui est récurrente qu'est-ce que tu portes comme projet en matière de représentation du personnel en matière de démocratie dans l'entreprise

1:13:03
Lucie Castets

déjà je pense que ce qui est important de dire c'est que les gouvernements successifs là ont contribué à détruire la démocratie dans l'entreprise et que quand on dit on veut changer de méthode encore une fois c'est pas un slogan il faudra remettre de la démocratie partout ils ont supprimé progressivement en entreprise mais aussi dans la fonction publique c'est important de le dire tous les organismes qui permettaient de la démocratie de faire vivre le dialogue à l'intérieur des structures et ça c'est extrêmement important on a beaucoup moins de moyens pour dialoguer pour organiser des discussions entre les salariés et le patronat et aussi dans la fonction publique entre les agents et la hiérarchie je pense que c'est extrêmement important de réouvrir ces discussions il faut qu'on mette plus de démocratie partout y compris dans l'entreprise donc c'est vraiment très important et le fait aussi de vouloir renouer le dialogue avec les organisations syndicales c'est aussi un signe qu'on apprécie et qu'on veut valoriser la démocratie en entreprise d'ailleurs c'est un des premiers messages qu'ont fait passer les organisations syndicales lorsque j'ai eu l'opportunité d'échanger avec eux c'est à la fois merci sur le fond parce qu'on a eu un échange très riche sur le fond mais aussi merci pour la forme parce que ça fait des années qu'on se sent ignoré par le pouvoir en place donc je pense que c'est une excellente question et c'est évidemment un sujet auquel il faut qu'on s'attèle avec le plus grand sérieux

1:14:19
Présentateur

j'enchaîne sur les questions sur toujours le volet démocratique qui semble beaucoup intéresser les insoumis mais quand je te disais que les insoumis sont créatifs je crois qu'on est à la palme de la créativité donc au milieu des questions il y a une petite prescription du docteur Yann Lambert s'il se reconnaît et qui a prescrit Madame la République française née le 14 07 1789 je prescris un gouvernement NFP avec Lucie Casté en première ministre pour réparer les services publics et améliorer la santé publique je te remets cette prescription est-ce que je peux la garder ?

ouais merci Yann vous êtes vraiment incroyable donc j'en viens aux questions tu te doutes tu as ici des insoumises et des insoumis donc il pose plusieurs questions que faudra-t-il mobiliser comme levier si Macron ne vous désigne pas comme premier ministre on en a un peu parlé mais je pense que tu peux un peu développer là-dessus notamment parce que tu me vois arriver avec la question des insoumis et des insoumis en dessous ensuite pour ou contre la tentative de destitution s'il ne vous nomme pas et que faudra-t-il faire sinon ? ah ouais t'es pas ménagé

1:15:41
Lucie Castets

non mais il n'y a pas de problème de toute façon j'ai eu à répondre beaucoup à cette question dans les médias ce que je dis dans tous les médias et je pense que c'est quand même fondamental de le rappeler c'est que c'est Emmanuel Macron qui nous a mis dans cette situation qui est absolument inacceptable sur le plan démocratique et donc que c'est un peu fort de café de reprocher aux différents partis de nouveaux fronts populaires de chercher des moyens institutionnels pour sortir de cette situation dans laquelle il nous a mis donc là-dessus aucune ambiguïté de ma part je pense que c'est bien normal de chercher ces solutions-là donc pas de difficultés là-dessus ce que j'ai été amené à dire c'est qu'il me semblait que la solution institutionnelle la plus simple et la plus accessible pour mettre un terme à la situation en cas de désignation d'un autre gouvernement c'était la censure je pense que vous êtes d'accord sur le fait que la censure est un outil intéressant puisque nous avons eu tous des discussions à ce sujet et d'ailleurs nos adversaires politiques ne se privent pas pour convoquer cet élément à longueur de journée et pour brandir cette menace sur laquelle nous avons été nous extrêmement urbains jusqu'ici et donc voilà ma réponse à ça c'est que je pense que pour l'instant l'outil le plus efficace c'est la censure parce que vous le savez sur la destitution il faut parvenir à rassembler les deux tiers et donc c'est périlleux mais pourquoi pas si la question se pose à un moment

1:17:02
Présentateur

et toujours à propos de pouvoir abusif mais dans un autre domaine qu'est-ce qu'on va faire il est multitâche

1:17:15
Lucie Castets

cet Adrien après il faudra que nous gardons les petits papiers

1:17:17
Présentateur

c'est ça et puis vous pouvez aussi me louer pour ranger des chaises après si vous voulez par contre à 1600 euros net par mois on te loue par contre c'est ça mais je ne vais pas rester un mois à Valence mais j'ai plein de trucs à faire à Toulouse j'ai vraiment plein de trucs à faire à Toulouse la semaine prochaine je suis désolé mais alors qu'est-ce qu'on va faire vis-à-vis des grandes multinationales notamment sur le plan environnemental des grandes entreprises comme Total comme les grandes sociétés bancaires qui font de l'extractivisme qui investissent dans le pétrole le charbon qu'est-ce qu'on va faire pour leur imposition poser la bifurcation écologique

1:17:52
Lucie Castets

sur les multinationales je pense qu'il faut pardon je le dis beaucoup mais c'est parce que j'y crois vraiment soyez-en sûr il faut un changement de méthode là où on a Bruno Le Maire qui va voir toutes les sociétés toutes les grandes entreprises de distribution les supermarchés les hypermarchés pour leur dire s'il vous plaît n'augmentez pas trop vos prix je pense qu'il faut passer par un levier qui est différent c'est celui de la régulation et il faut assumer le fait que le rôle de l'Etat et le rôle de la puissance publique c'est de réguler et je sais que parmi vous il y a des députés européens qui ont œuvré d'arrache-pied pour travailler sur la reconnaissance du travail salarié pour les travailleurs de plateforme et bien je pense qu'il faut poursuivre dans cette voie je pense que la précarisation des salariés par l'éclatement des situations individuelles c'est une arme terrible et je pense qu'il faut absolument lutter contre ça et donc je pense que là la régulation c'est l'outil et que la bifurcation écologique n'attend pas et elle n'attend pas les bonnes intentions des entreprises et qu'il faut leur donner une voix et un cadre et les contraindre à respecter les règles

1:19:01
Invité

Merci beaucoup Lucie

1:19:10
Présentateur

on arrive au terme de cet entretien est-ce que peut-être tu veux nous faire un petit mot de conclusion d'espoir parce qu'on a décidé qu'on serait de bonne humeur mais aussi de détermination parce qu'on en a besoin je crois que toutes les insoumises et les insoumis qui sont venus ici tu peux voir qu'ils ont beaucoup d'énergie à revendre ils veulent la mettre au profit de notre programme quel est ton dernier message ? Mon dernier message c'est que j'y crois

1:19:39
Lucie Castets

et que vous m'aidez à y croire et donc continuons comme ça ensemble on va y arriver et on va changer la vie des gens merci beaucoup

1:19:47
Présentateur

si longtemps qu'on peut te dire Lucie pour te remercier d'être venue jusqu'à nous surtout après ce marathon et je peux dire au nom des insoumises et des insoumis qu'aussi longtemps que nous aurons cette assemblée nationale tu seras Lucie Casté sera notre candidate pour Matignon merci Manon merci à tous

1:20:54
Lucie Castets

encore merci de votre accueil merci infiniment c'est un grand plaisir et une grande joie pour moi d'être avec vous aujourd'hui donc merci encore infiniment merci