L'édito de Paul Sugy : «Quand la diversité piétine le "vivre ensemble"»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Allez, c'est l'heure de l'édito politique de Paul Fugit qui nous a rejoint sur ce plateau. Paul ce matin, vous voulez revenir sur le saccage de l'exposition vivre ensemble place de la Concorde en marge de la demi-finale de la Ligue des Champions. Oui Anthony car au fond comment imaginer plus parfaite métaphore du malaise identitaire que connaît notre cher et beau pays que cette histoire.
Il y avait donc place de la Concorde une exposition photo baptisée vivre ensemble créé par le photographe Yann Arthus-Bertrand et le démographe Hervé Lebras qui entendait représenter la France contemporaine dans sa diversité en exposant en grand format sur des panneaux en bois des clichés pris dans la rue de passant de toutes les origines. Au fond l'exposition se voulait selon une inspiration qui ne brille ni par son originalité ni par sa hauteur de vue conceptuelle une ode à la diversité humaine et à la tolérance. Mais hélas de tolérance et de respect mercredi soir les hordes de représentants de cette chère diversité n'en voulaient pas lorsque à peine sifflé le coup d'envoi de la demi-finale du PSG qui n'était qu'un prétexte, ils ont parcouru les faubourgs et les places de la capitale dans leur cortège grouillant et furieux.
Les images tournées par les journalistes présents ce soir-là ne trompent pas la plupart étaient issus de l'immigration mais plutôt que de tourner autour des panneaux d'Yann Arthus-Bertrand formant une ronde joyeuse en récitant des poèmes de de Gandhi ou de Martin Luther King, bien ces petits-enfants chéris du vivre ensemble, eux ont préféré mettre les panneaux à terre et les piétiner sauvagement en sautant dessus entre deux tirs de mortier d'artifice sur les forces de l'ordre. Ça devrait ramener les les auteurs de cette exposition à la dure réalité de ce qu'est la France aujourd'hui. J'ai plus qu'un doute cher Anthony car vous avez affaire à des croyants fervents que rien ne saurait faire douter.
Yann Arthus-Bertrand confie en avoir pleuré quelques heures cette nuit avant de repartir de plus belle le lendemain matin en scandant de "chef vive le vivre ensemble". Alors ce vieux slogan est né au fond au début des années Mitterrand pour contrer la remise en cause à l'époque de l'immigration de masse qui prenait un un tournant avec l'immigration familiale et la fin du plein emploi en France. Le vivre ensemble au fond c'est une formule magique une incantation liturgique des adeptes de la foi dans cette diversité heureuse qui sont aujourd'hui les papis et les mamies qui se consolent du crépuscule de la social-démocratie en revisitant au cinéma leur nostalgie des années 80 dans le film de de Nakache et Toledano.
Yann Arthus-Bertrand et Hervé Le Bras sont deux professants de cette religion et qui comme dirait Delphine Ernotte, sont deux hommes blancs aussi de plus de 50 ans. Le premier a passé sa vie en avion, en hélicoptère pour alerter sur le changement climatique. Aujourd'hui, il fait la morale à ceux qui prennent l'avion en jurant qu'on ne l'y prendra plus et en engueulant des personnes qui n'ont pas le centième de son empreinte carbone.
Le second, Hervé Le Bras, c'est un démographe universitaire qui a pourfendu d'abord le discours politique sur la natalité en disant que c'était une erreur de raisonner en ces termes, mais qui maintenant euh prône l'immigration de remplacement en interdisant de la mesurer correctement, par exemple en militant contre les statistiques ethniques, quitte à pourchasser Michel Tribalat, euh une autre démographe dont le seul tort est de penser différemment de lui pour l'empêcher de publier. Vous avez l'air de penser que leur combat est d'arrière-garde. Mais c'est pas seulement moi qui le pense, c'est toute la chose.
Ce sont par exemple les gamins qui ont sauté sur ces panneaux qui l'expriment avec leurs gestes et ce sont aussi euh récemment dans les élections municipales les électeurs de Bali Barghouti à Saint-Denis ou encore de Créteil, de Vénissieux ou de Vaulx-en-Velin qui ont à chaque fois dégagé le vieux socialiste pour installer à la mairie des élus insoumis dont le discours ouvertement communautaire sur la nouvelle France semblait leur convenir mieux que le vieux fantasme de cette diversité heureuse à laquelle au fond plus grand monde ne croit. Je crois que la gauche de Touche pas à mon pote ou de la France Black-Blanc-Beur, elle peut bien pleurer avec Yann Arthus-Bertrand et Hervé Le Bras ou afficher tous les panneaux qu'elle veut, mais elle n'enrayera pas pour autant son inexorable déclin. La diversité en France ne veut plus être apaisée ou heureuse, elle veut tenir sa revanche, elle veut faire payer la France pour son passé colonial, la forcer dans un geste maoïste à faire son autocritique.
Elle veut euh installer de gré ou de force des Tacticrusties et des Masterpoulets au nez et à la barbe des vieux maires socialistes des communes gentrifiées de la proche banlieue parisienne et sauter à pieds joints sur les bons sentiments de ceux qui continueront de faire semblant de ne pas voir le problème.
Xavier Bertrand