Discours du Président Emmanuel Macron au Forum économique mondial 2026 de Davos.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Thank you very much, Larry, for your words. Merci beaucoup, Larry. Distinguished Head of States and Governments, Excellence, President Lagarde, Ministres, Ambassadeurs, Ministres, Ambassadeurs, Chefs d'Entreprise, Mesdames et Messieurs,
Je suis particulièrement heureux d'être parmi vous aujourd'hui.
It's great to be here, as the financial times would say.
Voilà, il est bon d'être ici,
comme le dirait le financial times,
en ces temps de paix, de stabilité et d'imprévisibilité.
Alors, voyons ensemble quels sont les grands défis de ce monde. Dans les quelques minutes qui me sont imparties,
c'est vrai que nous arrivons à un point d'instabilité sans précédent, que ce soit au niveau de la sécurité, que ce soit au niveau de la défense, que ce soit au niveau économique. Regardons où nous en sommes. Nous avons connu une transition vers l'autocratie, plus de 60 guerres en 2024, un record absolu, même si, j'ai bien compris, certaines d'entre elles, certains de ces conflits ont été résolus. Les conflits se sont normalisés, hybridés, se sont étendus à de nouveaux domaines, l'espace, le numérique, que l'information sévère et se passe. Une évolution vers un monde sans règles, où le droit international est bafoué,
où la seule loi qui semble compter est celle du plus fort. Les ambitions impériales qui refont surface,
la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, qui entrera dans sa quatrième année, le mois prochain. Les conflits qui se poursuivent au Moyen-Orient et en Afrique, une évolution vers un monde sans gouvernance, collectif qui fonctionne, qui soit efficace et où le multilatéralisme est affaibli par des puissances qui l'entravent ou s'en détournent et où les règles de droit sont sapées. Je peux multiplier les exemples d'instances internationales qui ont été affaiblies ou que les grandes économies ont simplement quittées.
Lorsqu'on regarde la situation aujourd'hui,
c'est une situation qui doit nous inquiéter parce que nous sommes en train de détruire la structure qui peut nous aider.
Sans gouvernance collective,
la coopération cède la place
à une concurrence acharnée
des États-Unis et Amériques qui parlent des accords commerciaux qui misent à nos intérêts, exigent des concessions maximales
et visent ouvertement à affaiblir et à subordonner l'Europe
combinée à une accumulation sans fin de nouveaux droits de douane qui sont tout fortement inacceptables, d'autant plus lorsqu'ils sont utilisés comme un moyen de pression contre la souveraineté territoriale. La concurrence de la Chine également ont des capacités excédentaires massives
et des pratiques de distorsion menacent
de submerger des pans entiers
des secteurs industriels et commerciaux.
Les contrôles à l'exportation sont devenus de nouveaux outils dangereux déstabilisant le commerce mondial et des systèmes internationaux. Et la réponse, c'est plus de coopération
et construire de nouvelles approches, plus de souveraineté économique,
plus d'autonomie stratégique, particulièrement pour l'Europe.
Dans ce contexte, il y a deux approches.
La première approche consisterait à accepter passivement la loi du plus fort, ce qui conduirait à une vassalisation et à une politique des blocs. approche d'une nouvelle approche coloniale n'a pas de sens.
Tous les chefs d'État,
des gouvernements et de chefs d'entreprise qui seraient trop complaisants manquaient. La seconde consisterait à adopter une posture purement morale en nous limitant à des commentaires. Cette voie nous condamnerait à la marginalisation et à l'impuissance.
Face à la brutalisation du monde, la France et l'Europe doivent défendre
un multilatéralisme efficace
car il sert nos intérêts
et ceux de tous ceux qui refusent de se soumettre à la loi du plus fort.
Donc c'est deux réponses avec d'une part plus de souveraineté, plus d'autonomie pour l'Europe
et d'autre part un multilatéralisme efficace qui permettrait de produire des résultats grâce à la coopération.
Et bien sûr, la France et l'Europe sont attachés à la souveraineté
et à la dépendance des nations aux États-Unis et à sa charte.
Ce n'est pas une manière à l'ancien de vivre le multilatéralisme. Nous n'oublions pas ce que nous avons appris grâce à la Seconde Guerre mondiale
et continuons-nous à nous engager
pour le multilatéralisme. C'est pour cette raison-là
que nous avons décidé de nous joindre à l'effort pour le Groenland simplement pour venir en aide à un allié, à un autre pays européen, le Danemark. Face à cet ordre, face à cette nouvelle situation, cette année, la France est à la présidence du G7
avec une ambition claire,
établir le G7 comme un forum de dialogue francs entre les grandes économies et de solutions collectives et coopératives.
Les guerres commerciales, l'escalade productionniste
et la course à la surproduction ne feront que produire des perdants.
C'est pourquoi la lutte contre
les déséquilibres économiques mondiaux et notre prisé.
Si l'on regarde la situation aujourd'hui, les déséquilibres actuels viennent d'un certain nombre de phénomènes clés et nous avons tous notre agenda. Il y a d'abord la surpommation américaine, la sous-consommation et le surinvestissement chinois
et le sous-investissement et le manque de compétitivité européen. Ces déséquilibres se relèvent également dans les écarts de développement.
Nous ne pouvons plus nous contenter une aide qui n'aie jamais de résultats suffisants
et ne permet pas aux vies de sortir de la pauvreté. Donc, notre objectif dans le cadre du G7 est de démontrer que les grandes puissances mondiales sont encore capables aujourd'hui de parvenir à une diagnostic commun de l'économie mondiale et de s'engager à prendre des actions concrètes. coopérer, ce n'est pas
rejeter la peau de jour,
c'est assumer sa part de responsabilité et contribuer à trouver des solutions. Et l'objectif du G7
est de construire un cadre de coopération afin de mettre en place les relations et comprendre ce déséquilibre en essayant de restaurer
une meilleure collaboration
multilatérale. Construire des ponts
plus de ponts avec les BRICS parce que la fragmentation de ce monde ne ferait pas de sens.
Donc, ça, c'est l'agenda global.
Et puis, nous avons aussi l'agenda européen. Je pense que l'Europe doit répondre à un certain nombre de problématiques, le manque de croissance, le manque de PIB par habitant. La croissance de PIB par habitant est trois piliers de notre stratégie pour permettre une meilleure souveraineté, plus d'efficacité et plus de... C'est la simplification à l'investissement.
Le diagnostic est bien connu. La compétitivité européenne est à la traîne par rapport aux États-Unis. Et lorsque nous devons réagir
également à l'approche chinoise. Donc, d'abord, il y a la protection. La protection ne signifie pas protectionnisme. Je pense que les Européens sont toujours les trois naïfs. C'est un marché unique qui est ouvert à tout le monde.
Et personne ne peut accéder aujourd'hui au marché chinois
comme d'autres pays ont accès au marché européen. Lorsque l'on regarde les États-Unis, le niveau de protection existe. Il est là pour les investissements, pour les échanges commerciaux. Les Européens sont les seuls qui ne protègent pas leurs propres entreprises et leurs propres marchés. Alors que les autres pays ne respectent pas cette règle fondamentale. C'est pour cette raison-là que nous devons être beaucoup plus réalistes si nous voulons protéger nos industries de la chimie, que ce soit le secteur automobile et beaucoup d'autres secteurs industriels, parce qu'ils sont littéralement tués, étouffés à cause de ce manque de respect d'un cadre normal avec des règles partagées.
L'Europe a des outils solides où nous devons les utiliser lorsque nous ne sommes pas respectés et lorsque les règles du jeu ne sont pas respectées. Le mécanisme anticoercition est un mécanisme puissant. Nous ne devons pas hésiter à le déployer. Nous devons également mettre en place le concept de préférence. Il y a une préférence nord-américaine qui existe. Il n'y a pas de préférence européenne. Nous sommes en train de la créer petit à petit dans les tout derniers documents et les tout dernières décisions qui ont été prises. Nous en avons les tout premiers exemples. Et c'est très bien.
Nous sommes en train de nous aligner avec l'Allemagne pour mettre en place un cadre ambitieux et simple. Et c'est un processus décisif et je compte sur la Commission pour continuer à avancer dès 2026 avec un niveau d'ambition particulièrement élevé pour mettre en place tous les secteurs
ce principe de l'acte d'une préférence européenne. C'est une nécessité. Nous devons agir sur les importations en matière de protection.
Et dans un contexte de tensions commerciales accrues
et de surcapacité asiatique, l'Europe doit renforcer
ces instruments de défense avec les mécanismes miroirs, par exemple, nous devons améliorer la qualité et la valeur ajoutée des investissements directs étrangers en ciblant les projets à fort potentiel d'exportation. C'est essentiel
pour le rééquilibrage avec la Chine. La Chine est évidemment la bienvenue, mais ce dont nous avons besoin,
c'est plus d'investissements
chinois directs en Europe qui peuvent contribuer à notre croissance au transfert de technologies aussi et simplement pas transférer des produits européens
qui parfois ne répondent pas
aux mêmes exigences ou reçoivent beaucoup plus de subventions là-bas qu'ici. Il ne s'agit pas de protectionnisme, il s'agit simplement de règles identiques
pour tous. Nous devons avoir des clauses de sauvegarde, des clauses miroirs,
cette notion de préférence européenne, des encouragements dans ce sens. Cette stratégie est essentielle et en parallèle, nous devons protéger nos économies et cela demandera une stratégie résiliente tant pour les exportations que pour les exportations afin de réduire les risques liés aux chaînes d'approvisionnement. Je pense aux matières premières, je pense aux terres rares, aux semi-conducteurs, aux puces et l'importance de diversifier nos partenaires commerciaux. Le deuxième pilier de l'économie européenne et de la stratégie européenne doit être le pilier de la simplification.
Lorsque je parle de simplification, nous avons commencé avec la CSRD, la CSRD, mais il reste encore beaucoup à faire dans d'autres secteurs. Nous l'avons fait au cours des dernières semaines dans le secteur automobile, dans le secteur de la chimie, du numérique, de l'IA, dans le secteur bancaire et j'en passe. Au cœur de cette simplification, il faut parfois se débarrasser de certaines réglementations qui ont désynchronisé les choses entre l'Union européenne et le reste du monde. Nous devons également, par ailleurs, accélérer le renforcement du marché unique dans tous les segments.
Les 450 millions d'habitants, les 450 millions d'Européens consommateurs constituent notre marché domestique pour l'ensemble des entreprises européennes. Cela devrait être le cas et ce n'est pas véritablement le cas à cause de trop de complexité. Nous devons donc respecter la neutralité technologique et le principe de non-discrimination. C'est un autre pilier essentiel et qui permettra de simplifier les choses. Une approche neutre en matière de technologie et avec ce principe de non-discrimination.
Nous avons
beaucoup de discrimination, notamment, je pense, aux sources d'énergie. Cela est contre-productif pour les Européens eux-mêmes. Les entreprises ont un rôle important à jouer et nous, vous, devons agir ensemble.
vous devez nous aider
à permettre d'identifier et concrètement nous aider à simplifier lorsque c'est nécessaire. Donc cet agenda de simplification n'est pas une discussion. Il s'agit simplement aujourd'hui de mettre en œuvre, d'aller vite et de le faire à l'échelle. Le troisième pilier de la stratégie européenne pour plus de compétitivité et plus d'autonomie également est basé sur l'investissement et l'innovation. Nous devons innover et investir beaucoup plus. L'écart de PIB entre les Américains et les Européens est énorme. Entre 70 et 70 % de l'explication vient de l'innovation. Les États-Unis ont innové beaucoup plus grâce aux investissements publics et privés.
Donc dans notre budget pour les mois à venir, nous allons négocier beaucoup cette année en Europe. Nous allons devoir investir beaucoup plus dans les secteurs critiques. où se trouve l'innovation, le quantique, la green tech, l'IA, la défense, la sécurité. Notre budget n'est pas à la hauteur aujourd'hui. Nous devons investir beaucoup plus d'argent pour être plus crédibles et nous devons accélérer notre agenda d'innovation. En même temps, si vous regardez la situation aujourd'hui, nous n'avons pas suffisamment d'investissements privés. et c'est une différence très importante. Nous avons l'épargne
beaucoup plus
qu'aux États-Unis. Mais ces épargnes sont surinvesties dans des obligations et parfois dans des équities, mais à l'extérieur de l'Europe. C'est pour cette raison-là que nous devons d'abord avoir un programme de titrisation. Il est préparé. Nous devons aujourd'hui en accélérer la mise en œuvre. Deuxièmement, les marchés de capitaux et plus précisément pour avoir plus d'intégration, plus de simplification et pour avoir un marché de capitaux qui soit efficace, une union des capitaux qui soit plus efficace, plus investir et utiliser l'épargne pour investir dans l'innovation.
Donc cet agenda
est une priorité, que ce soit au niveau mondial, que ce soit au niveau européen. Cet agenda devra être mis en œuvre au cours des mois qui viennent
et le mot-clé,
c'est l'accélération. La France s'engage sur cet agenda. Nous travaillons en très étroite collaboration avec nos partenaires clés. En même temps, notre objectif pour la France est de stabiliser nos résultats, notre approche macro en restant un pays attractif. Nous sommes le pays le plus attractif depuis six ans en matière d'investissement. et nous devons également consolider nos avantages et nos réformes. En plus de ce cadre, ce cadre commercial, je souhaite très insister ici que nous avons, nous sommes fournis grâce à de l'électricité à bas carbone avec des émissions extrêmement limitées grâce à notre industrie nucléaire.
nous avons des capacités de recherche que nous allons continuer à renforcer et nous avons l'un des meilleurs écosystèmes dans le domaine de l'IA, du quantique, de la transition énergétique avec de nombreuses start-up de licornes et également de grandes capes qui m'accompagnent d'ailleurs aujourd'hui ici à Davos. et puis pour terminer, j'aimerais insister sur la qualité de notre infrastructure, un grand marché avec un pouvoir d'achat fort et nous avons chez nous l'état de droit et continue à être à être à la règle et je pense
que c'est quelque chose
qui est très bien compris par le marché. Au-delà des investissements et de ce que les investissements permettent de faire, au-delà des ambitions, avoir un lieu tel que l'Europe et parfois l'Europe, je le reconnais, peut être trop lente et doit être réformée. Il n'y a pas de doute mais en même temps, en Europe, les choses sont prévisibles. Il y a une loyauté et en Europe, vous savez que la règle du jeu, c'est l'état de droit et à ce titre, l'Europe est un endroit où il fait bon investir aujourd'hui et demain.
Donc,
en 2026, nous allons essayer de continuer à mettre en place cet agenda pour essayer de réduire les déséquilibres mondiaux. Nous allons faire de notre mieux pour avoir une Europe plus forte, beaucoup plus forte
et une Europe plus autonome, basée sur les piliers que je viens d'évoquer devant vous.
Nous en parlons peut-être pendant le dialogue mais nous allons nous engager en matière de défense, de sécurité. Ces investissements sont aujourd'hui nécessaires. Nous sommes convaincus et je le dis
aujourd'hui devant vous,
nous pensons que nous avons besoin de plus de croissance, plus de stabilité dans le monde actuel mais nous préférons le faire dans le cadre du respect, nous préférons en respectant la science et nous préférons l'état de droit à la brutalité. Nous vous souhaitons la bienvenue en Europe et bien évidemment la bienvenue en France.
Monsieur le Président,
une question que j'aimerais vraiment vous poser.
Enfin bon, ce qui est important c'est que vous venez de brosser ou de tracer
un chemin économique pour la France et l'Europe. Si vous aviez à prioriser la façon de transformer la France et l'Europe aussi vite que possible, alors vous dites oui, certes, nous sommes lents, etc. Mais qu'est-ce qui peut être fait immédiatement pour accélérer les choses ou pour faire croître les économies européennes dont nous avons évidemment beaucoup de participants ? Est-ce qu'il y a une baguette magique qui permettrait d'accélérer d'un coup ?
Je ne dirais pas
qu'il n'y a qu'une seule baguette magique
mais je dirais qu'à très court terme au vu de la situation
dans certains secteurs critiques,
la préférence européenne
est une nécessité parce qu'il y a une désynchronisation, un découplage avec les autres et puis bien sûr des simplifications. Le 28e régime qui est en cours d'élaboration à la Commission, l'approfondissement du marché unique sont des points clés. C'est pour ça que j'ai insisté aussi sur l'Union des marchés de capitaux. Je pense que si nous avons l'Union des marchés de capitaux et la préférence européenne, ce sont deux vrais game changers. Oui, alors l'Union des marchés de capitaux en Europe, c'est un peu quelque chose qui retient, qui retarde l'Europe par rapport aux États-Unis. Mais je dirais
qu'on a commencé
l'année dernière, mais là, on y a plus d'accélération, plus d'entrées internationales vers l'Europe. Et c'est sans doute quelque chose qui va permettre d'accélérer les choses.
Mais pour ce qui
concerne les priorités, si vous deviez parler à la Commission, leur demander d'être plus rapide dans la transformation de l'Europe
pour qu'elle puisse
concurrencer les États-Unis
et voir
dépasser la Chine et les États-Unis.
Écoutez, je crois que c'est un débat
qui est en cours avec la Commission. Un sommet informel se déroulera en février qui sera consacré à ces sujets.
Tout a été assez largement
exprimé dans les rapports Draghi et l'État. Je dirais que la différence, c'est que le rapport Draghi est sorti avant les excédents chinois vis-à-vis de l'Europe. Il ne faut pas négliger le fait que 2025 a été la toute première année
où, évidemment,
la Chine a un excédent un tiers US, un tiers Europe, un tiers reste du monde. Et pour la toute première fois, le déficit entre l'Allemagne et la Chine, le déficit commercial était au détriment de l'Allemagne. Ça, c'est un peu quelque chose qui a changé les choses en Europe et c'est quelque chose qu'il va falloir résoudre. Et puis, deuxièmement, les droits de douane. Alors, si je pouvais vous dire ce qui pourrait changer les choses
pour nous tous dans l'année à venir,
je dirais
d'abord
énormément de simplification avec ces paquets omnibus de la Commission, secteur par secteur, la préférence européenne, l'union des marchés de capitaux et la fin des droits de douane entre les États-Unis et l'Europe. Parce que dans ce contexte, ce qui n'a pas de sens, c'est que des droits de douane s'appliquent entre alliés. Il faut résoudre la guerre en Ukraine, il faut aider les Ukrainiens à résister, à trouver une paix durable. Il faut résoudre les problèmes de la prospérité dans les démocraties. Et donc, quelle est la logique d'être divisé, d'avoir ces droits de douane et d'être en plus menacés de droits de douane supplémentaires.
Ce qui est fou, c'est qu'on pourrait se retrouver dans une situation où on utiliserait ce mécanisme anti-coercition pour la première fois contre les États-Unis s'ils rajoutent des droits de douane. Imaginez un peu.
C'est fou. Et je le regrette profondément.
Mais c'est une conséquence de l'imprévisibilité et d'une agressivité inutile. Ce qu'il faut faire, c'est tous rester très calmes. Nous avons un agenda plein d'opportunités, plein de défis. Restons concentrés. Pensons à la paix en Europe.
Tout le monde doit aider
les Ukrainiens à trouver une paix durable. Règle du jeu équitable, résolution des problèmes et des déséquilibres avec la Chine parce que c'est un problème pour les Européens et pour les Américains. Et troisièmement, pensons aussi à améliorer la compétitivité de l'Europe. Accélérons. Et c'est tout. Tout au long des séances du jour et de cette semaine, l'IA a été un point très important. Alors comment est-ce que l'IA est en train de se développer en Europe ? Je sais qu'il y a déjà un débat qui a été consacré. Mais quelle est votre vision de l'IA pour la France ? Nous y croyons très fortement. L'année dernière, nous avons organisé un sommet de l'IA à Paris.
Nous sommes un des écosystèmes les plus dynamiques en Europe. Nous sommes très fortement engagés dans le domaine de l'IA
parce que nous sommes persuadés
que c'est un game changer, non seulement en termes de productivité
et de croissance, parce que c'est une véritable révolution.
Nous avons les actifs, vous avez le réseau électrique, vous avez l'électricité, le réseau... Oui, et nous avons de l'électricité, de l'énergie bas carbone. Pas besoin de centrales à charbon,
pas besoin d'extraire du pétrole
pour apporter les capacités dont l'IA a besoin. C'est important. Nous avons 90 TWh qui sont disponibles pour plus d'activités dans l'IA. Nous avons un réseau
électrique national
super pilotable. Nous avons des capacités disponibles pour créer de nouvelles capacités de calcul, de nouveaux data centers. Et nous sommes en train d'avancer sur l'agenda dont c'est l'année dernière. Donc ces capacités sont en train d'être renforcées. Et l'Europe avait pris du retard face aux Etats-Unis et d'autres. Nous avons les talents. Nous avons d'excellents data scientists, d'excellents mathématiciens. Nous sommes en train de booster nos programmes de formation, nos capacités à travers différents hubs que nous identifions. Et puis, nous avons un écosystème critique
avec des champions
des LLM.
Nous avons aussi des startups dans l'IA et le quantique, je ne les oublie pas, qui sont présents dans tous ces différents domaines. Et la preuve en est de cette attractivité, de ce dynamisme. C'est que Yann Le Kuhn a décidé, quand il a décidé
de quitter Meta et de monter sa propre entreprise, il s'est installé en France il y a quelques semaines. Pour moi, c'est un signe. Oui, c'est une belle victoire et on va l'aider à travailler. C'est une entreprise de dimension mondiale, mais qui est installée en France. Donc, nous disposons de tous ces actifs. Mais ce qui est important pour moi aujourd'hui, c'est d'investir, d'aider les startups, d'aider les entreprises à en faire beaucoup plus dans ce domaine.
Et de faire de mon mieux pour que
leur marché national, leur marché domestique, soit le marché européen, il ne va juste le marché français. Et donc, renforcer le marché unique, c'est ce qui permettra d'y parvenir. Parce que le marché domestique, ce n'est pas 68 millions d'habitants, c'est beaucoup plus, 150 millions, enfin, 450 millions. Et puis, il faut aussi un réseau énergétique unifié en Europe, ce qui n'est pas le cas encore. Alors, il nous reste un petit peu de temps. Est-ce que vous auriez un message à délivrer sur la fin de votre mandat, un message qui pourrait résonner à la fois pour les Français, mais aussi pour le reste du monde ?
Écoutez,
je suis persuadé
que nous vivons
bien sûr une époque compliquée, vous avez parlé d'un certain nombre de défis, j'en ai parlé aussi, et je crois qu'on n'a pas été complets sur cette liste de défis, mais en même temps, on voit à quel point des investissements sont consentis dans ce monde. Et cette révolution qui est en train d'avoir lieu, révolution qui est sans comparaison avec ce qui a pu se passer dans les années, voire les décennies précédentes.
Donc,
mon principal message
serait de dire
qu'il ne faut pas être timide,
qu'il ne faut pas
être divisé, qu'il ne faut pas
accepter
un ordre mondial qui serait décider par ceux qui parlent le plus fort.
Mais plutôt,
concentrons-nous sur les défis communs et les intérêts communs. Nous savons quels sont les problèmes à résoudre. La croissance, la paix, le climat. Il ne faut pas oublier le climat dans notre agenda pour l'avenir. Nous voulons la paix, la croissance et le climat.
les investissements,
l'innovation, tout cela doit être consacré à la résolution de ces trois grands problèmes. Pour les résoudre, pensons aux investissements clés, aux innovations clés, mais aussi à notre capacité de coopération. Soyons clairs, Davos a été créé pour restaurer un dialogue mondial. Un dialogue mondial entre les dirigeants d'entreprises, mais aussi les gouvernements, etc. Un dialogue global, c'est un dialogue où chacun est respecté et où on peut apporter des améliorations, des avancées pour l'ensemble des peuples du monde. C'est la seule façon dont ça peut être durable. Et je dirais que c'est comme ça qu'il faut faire.
Et même si c'est moins présent dans le débat mondial aujourd'hui, il faut qu'on retrouve cette approche. Plus de coopération. Et travaillons sur les grands défis pour apporter une paix, une prospérité et une décarbonation pour nos concitoyens. C'est ça, notre devoir. Notre devoir de dirigeants d'entreprises, de chefs d'État et de gouvernement. Et nous avons tout ce qu'il faut pour y parvenir. Il faut simplement nous coordonner. Il ne faut pas perdre du temps avec des idées dingues. Il ne faut pas ouvrir des boîtes de Pandore sur de nouveaux sujets. Ce n'est pas le moment. On n'est pas à une époque de nouveau colonialisme ou de nouvel impérialisme.
C'est une époque de coopération qui est nécessaire pour résoudre les problèmes de nos concitoyens. Alors nous n'avons du temps. Je voudrais remercier le président de la République française Emmanuel Macron pour sa sagesse mais aussi pour son humanité. Merci Larry. J'apprécie.
Emmanuel Macron