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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 4 octobre 2021 22 min

Valérie Pécresse : "Il faut écouter la démocratie, le débat sur les modalités de sélection est clos"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente de la région Île-de-France, candidate LR à l'élection présidentielle. Vos questions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va évidemment parler dans quelques instants de la droite, de la présidentielle et de la candidature pour le moment introuvable au sein de votre famille politique. Mais d'abord, quelques mots sur Bernard Tapie qui fait la une de toute la presse ce matin. Hier, vous avez salué son audace, son panache. C'est ça ce que vous retiendrez de lui, Valérie Pécresse ? Un caractère au fond ?

0:41
Valérie Pécresse

Oui, un caractère, un charme, une énergie de quelqu'un qui était en dehors des codes, en dehors des systèmes. Je l'avais rencontré à un classico PSGOM, bien sûr. Ou ailleurs, ou ailleurs, ou ailleurs. Et c'était un être qui était irrésistible. Enfin, on avait vraiment du mal à lui résister, il était très attachant.

1:08
Invité

Il restera comme celui qui n'a jamais varié dans son opposition totale à l'extrême droite, aux idées du Front National. Saluez-vous aussi ce Bernard Tapie-là.

1:16
Valérie Pécresse

Il avait des vraies convictions. Et on a parlé, on a échangé à de nombreuses reprises sur la question des banlieues, sur la question, puisque c'était son sujet, c'était comment est-ce qu'on pouvait changer la France pour que ce ne soit plus un pays d'immobilité sociale. Et lui, c'était son combat. Et plus au-delà même de la lutte contre le Front National, c'était ça son combat. C'était de dire aux jeunes, vous pouvez réussir. Sortir de l'assignation en résidence. Sortir d'un destin déjà écrit. Et la dernière fois que je l'ai eu au téléphone, c'était après sa terrible agression, vous savez, à Comble-la-Ville, et qu'il avait laissé quand même très choqué.

Et là encore, il gardait cette espèce d'énergie à déplacer les montagnes. Et cette énergie, c'est celle dont toute la France a besoin.

2:00
Présentateur

Venons-en donc maintenant, Valérie Pécresse, à la droite.

2:04
Valérie Pécresse

Qui a besoin d'énergie aussi.

2:05
Présentateur

Comment qualifiez-vous la situation de votre famille politique à l'heure où l'on parle ? Vous diriez délicate, larguée, inquiétante. Quel mot ?

2:16
Valérie Pécresse

Jamais aussi ouverte. Jamais aussi ouverte. Monsieur Demorand, vous avez bien vu qu'aujourd'hui, le ticket pour le deuxième tour, il est descendu autour de 16, 17, 18%. Et donc aujourd'hui, il y a une vraie possibilité pour la droite. Si elle affirme ses solutions, si elle affirme son projet pour relever la France, il y a un vrai momentum pour pouvoir être au deuxième tour et battre Emmanuel Macron.

2:44
Invité

Oui, reste à savoir avec qui le momentum. Comme vous dites, il n'y aura pas de primaire, on dit les adhérents LR le week-end dernier. Le candidat sera donc désigné en congrès par ses mêmes adhérents. Xavier Bertrand dit non au congrès parce qu'il dit que ce sera un congrès d'affrontement. Il ajoute que si les adhérents ont écarté la primaire, ce n'est pas pour en refaire une autre sous forme déguisée. Est-ce qu'il n'a pas un point sur ça ?

3:06
Valérie Pécresse

Mais vous savez, il faut respecter la démocratie. Les modalités de la sélection du candidat de la droite, elles ont été décidées par des militants qui sont démocratiquement prononcés. Et ils ont fait le choix, là encore, de la démocratie, une démocratie interne aux Républicains. Ce que je regrette, parce que j'aurais préféré qu'on profite de ce moment démocratique pour rassembler autour de nous, y compris les sympathisants, y compris le centre. Mais peu importe, le débat sur les modalités de sélection du candidat de la droite est clos.

3:35
Invité

Oui, mais moi, c'est très bien, mais Xavier Bertrand ne l'entend pas comme ça. Il dit, je suis en tête dans tous les sondages depuis trois mois, quand on fait le rapport de tous les autres candidats, vous compris. Il faut que tout le monde se range derrière moi. Je vais les rencontrer, je vais rencontrer Valérie Pécresse, Michel Barnier. Et maintenant, ça suffit, quoi. On n'a plus de temps à perdre, il faut venir derrière moi.

3:57
Valérie Pécresse

Eh bien, on n'a plus de temps à perdre pour débattre du fond et des idées. Parce que ce que les Français attendent de nous, c'est des solutions, des solutions à leurs problèmes, à l'autorité qui se délite, à la justice qui est embolisée, à nos frontières qui ne sont pas respectées, à l'école qui subit une crise d'évocation terrible, à la dette qui monte et à la dépense publique.

4:16
Invité

Oui, d'accord, mais vous êtes d'accord sur tout ? Vous êtes d'accord avec sur tout, avec Xavier Bertrand ?

4:19
Valérie Pécresse

Non, on n'est pas d'accord sur tout. Il se trouve que dans mon projet, on parle de sujets qui l'abordent peu ou pas. Je pense notamment à l'école, je pense à l'éducation, je pense à l'écologie, parce que le prochain président de la République devra être un écologiste sincère. Je pense à la famille. Ces sujets-là, je n'entends pas la droite les aborder. C'est pour ça que je me bats. Je me bats parce qu'il y a des défis qui sont les défis de la France de 2030. Si notre école demain baisse, si nous n'arrivons plus à convaincre les meilleurs de devenir enseignants, alors est-ce que la France demain sera encore la France ?

Donc il y a des sujets sur lesquels je porte une voix un peu singulière, les sujets qui sont les miens, et c'est pour ça aussi que je présente ma candidature.

5:02
Présentateur

Mais si vous ne vous ralliez pas vous, c'est-à-dire les autres candidats à lui, si lui refuse le congrès, ça va déboucher sur quoi à la fin ? Sur deux candidats LR ou étiquetés LR ?

5:13
Valérie Pécresse

Nous avons un devoir d'unité, mais il y a des règles collectives. Moi, ces règles collectives, je les respecte et je les respecte depuis le début. Et donc je pense qu'il faut jouer collectif.

5:23
Présentateur

Mais est-ce qu'il ne faut pas au minimum changer de rythme, accélérer, changer le calendrier, ne pas attendre le 4 décembre pour désigner votre candidat ? Ça n'est pas trop tard ?

5:33
Valérie Pécresse

Moi, je me plierai à toutes les règles. L'accélération du calendrier ne me fait pas plus peur que la démocratie. Vous avez Bertrand ce matin dit que le 4 décembre, c'est vraiment trop tard pour se mettre d'accord. Mais il n'avait qu'à le dire aux instances des Républicains. Vous savez, aujourd'hui, il y a des règles, il faut les respecter. Franchement, parlons aux Français de ce dont ils ont envie d'entendre, c'est-à-dire quelle solution la droite peut leur apporter ? Quelle solution elle peut apporter au pays pour le redresser ? Vous avez bien vu que la situation est quand même très inquiétante.

On a un président de la République qui aujourd'hui a inventé un clientélisme présidentiel qui le pousse à dépenser, dépenser sans compter. Quel va être le leg aux générations futures de ce quinquennat ? Quelle dette ? Comment résout-on le problème de la dette ? Comment résout-on le problème de la dépense publique illimitée ? C'est ça, c'est là-dessus que les Français nous attendent et pas sur des querelles d'appareil.

6:27
Présentateur

Alors, on a des questions déjà au standard de France Inter. On va donner la parole à François. Bonjour ! Oui, bonjour ! Vous nous dites que vous êtes électeur LR depuis toujours. Oui, exactement. Eh bien, on vous écoute.

6:40
Auditeur

Voilà. Écoutez, Madame la Présidente, bonjour.

6:44
Valérie Pécresse

Bonjour !

6:45
Auditeur

Je suis très heureux d'une part de vous entendre, mais d'autre part, navré, comme beaucoup d'électeurs républicains, de voir qu'une entente ne semble pas possible dans la mesure où tout revient maintenant à un problème d'égo. Alors, je vous ai entendu parler du programme. Effectivement, moi, je dois dire que je suis la politique de très loin, mais je ne comprends pas comment il n'est pas possible de s'entendre sur un programme commun à au moins deux candidats pour faire ce qui a pu marcher dans certains pays. Oui, c'est ce qu'on appelle un ticket. Un ticket, voilà.

7:33
Présentateur

Et alors, vous voulez voir Valérie Pécresse en ticket avec qui ? Avec Xavier Bertrand ?

7:38
Auditeur

Ben, c'est à elle de choisir. Ah ben, écoutez, on va lui demander alors.

7:42
Présentateur

On va lui demander. Merci, François. François, que répondez-vous donc à ce membre de la famille LR depuis toujours, nous disait-il ? Valérie Pécresse.

7:50
Valérie Pécresse

Ben, je réponds à François que c'est à lui de choisir. C'est lui qui a le pouvoir de voter et c'est lui qui décidera de qui sera le candidat. Et si, effectivement, il y a des similitudes dans nos programmes, c'est normal. On est de la même famille. On n'a pas d'adversaire dans notre famille. Mais il y a quand même des différences. Et sur le sujet des réformes, par exemple, je veux aller plus loin, plus loin dans les réformes pour que notre pays se relève plus fort.

8:15
Présentateur

Et sur l'idée d'un ticket, c'est celle-là que pose François sur la table.

8:18
Valérie Pécresse

Oui, mais c'est François qui décidera de l'ordre du ticket. C'est François qui décidera de qui sera le chef d'équipe puisque c'est lui qui va voter.

8:25
Invité

Sur la réforme des retraites, par exemple, vous dites que vous voulez aller plus loin. Xavier Bertrand, ce matin, sur France Info, dit qu'il veut passer à la fin du quinquennat à deux années de travail en plus, c'est-à-dire à 64 ans de départ. C'est le même chiffre, le même âge que vous retenez ?

8:41
Valérie Pécresse

Les pays qui nous entourent sont tous à 65 ans. On a perdu 5 ans avec le quinquennat d'Emmanuel Macron. Donc, moi, je dis la vérité. Je pense qu'il faut aller à 65 ans. J'ai même entendu certains... Édouard Philippe nous évoquait déjà les 67 ans. C'est prématuré. 65 ans, c'est l'âge qu'ont retenu nos voisins. C'est l'âge qui équilibrera les régimes. Et sur l'assurance chômage, je pense qu'il faut continuer la réforme. Que cette réforme, elle est indispensable pour aller plus loin, là encore, dans l'incitation au travail. Parce que la société du travail, c'est des hausses de salaire, ce que je propose. 10% de hausse de tous les salaires jusqu'à 2,2 SMIC.

Mais c'est aussi des incitations à retravailler. Et par ailleurs, je m'insurge contre l'idée de RSA Jeunes que défend aujourd'hui, que défendent un certain nombre de partisans du Président de la République. Je pense qu'il faut aujourd'hui un revenu jeune actif uniquement pour les jeunes qui acceptent de se former aux métiers qu'ils recrutent. Il faut qu'on ait le courage de dire aux jeunes qu'on n'est pas là pour faire de l'occupationnel. On est là pour les aider à trouver un emploi.

9:48
Invité

Emmanuel Macron ne retient pas le RSA Jeunes. Son entourage peut en parler, mais lui n'a pas retenu.

9:53
Valérie Pécresse

Le revenu d'engagement dont on parle. Vous voulez qu'on parle d'engagement des jeunes ? Moi, je souhaiterais qu'on mette une épreuve d'engagement au bac. Je voudrais que tous les lycéens au bac puissent avoir 30 heures dans l'année d'engagement pour qu'ils donnent à leur pays un peu de ce que leur pays donne pour eux.

10:11
Présentateur

Une question pour prolonger celle de Léa sur les retraites au standard. Elle revient à cette question très souvent depuis une dizaine de jours. Françoise, bonjour.

10:20
Auditeur

Oui, bonjour Madame Pécresse. Bonjour Françoise. Bonjour à tous. Bonjour. Je vous remercie de prendre ma question. Alors voilà, je suis retraitée de l'enseignement supérieur. Bon, et je voudrais simplement parler des retraites en général des classes moyennes, plus particulièrement. Donc, entre 2007 et 2010, c'est mes dernières années d'enseignement, ma retraite était, mon salaire était gelé. Bon, de 2010 à maintenant, je constate que j'ai à peu près perdu 20% de pouvoir d'achat. Et la situation commence à devenir véritablement difficile, le désengagement pris. Voilà.

Donc, je voulais demander à Madame Pécresse, je voulais donc vous demander ce que vous comptez faire pour revaloriser les retraites des enseignants.

11:14
Présentateur

Merci Françoise pour cette question. Valérie Pécresse vous répond.

11:17
Valérie Pécresse

Françoise, avant de penser à revaloriser les retraites, encore faut-il sauver le régime. Et pour sauver le régime, il faut faire cette réforme des retraites que le Président de la République a repoussé depuis 5 ans. Donc, 5 ans de retard pris, c'est évidemment, ça pèse sur le régime des retraites et ça le rend encore plus déséquilibré. Donc, il faudra faire très vite la réforme des retraites jusqu'à 65 ans. En revanche, sur la question du pouvoir d'achat, du pouvoir d'achat des retraités, moi je veux qu'en contrepartie du travailler plus longtemps, on ait une vraie réflexion sur les petites retraites et notamment les retraites qui sont inférieures au SMIC.

Donc, je pense qu'avec un report de l'âge de départ à 65 ans, on doit pouvoir financer un minimum contributif au SMIC net. C'est-à-dire que tous les Français qui auront commencé très tôt, qui auront travaillé pendant plus de 40 ans, pourront avoir un minimum contributif égal au SMIC net pour vivre décemment de leur retraite.

12:17
Présentateur

On va retourner au standard dans quelques instants. Valérie Pécresse, on vous posait la question avec Léa, celle des affrontements sur le nom, le mode de désignation du futur candidat LR. Pendant ce temps, Éric Zemmour, dans la dernière enquête d'intention de vote Ipsos Soprasteria de ce week-end, a déjà dépassé les candidats LR, quels qu'ils soient. Xavier Bertrand, vous, Michel Barnier, n'est-ce pas lui le candidat naturel de la droite aujourd'hui ?

12:44
Valérie Pécresse

Dans les élections, vous savez, il y a les diseux et il y a les feuseux. Il y a ceux qui agitent des idées, parfois jouent sur les peurs, et il y a ceux qui proposent des solutions. Moi, j'assume d'être la droite des solutions, la droite qui explique comment elle va faire, comment elle va faire pour faire respecter les frontières et arrêter les flux migratoires par une politique de quotas annuels fixée par le Parlement, des quotas annuels d'immigration qui permettront, pays par pays, type d'immigration par type d'immigration, de stopper, d'accélérer.

13:18
Invité

Vous voulez dire qu'il ne propose rien, c'est ça ? Écoutez, dites-moi. Lui, il propose l'immigration zéro, par exemple. Il dit plus rien, plus personne.

13:25
Valérie Pécresse

Mais comment on fait, mais comment on fait ?

13:27
Invité

Comment on fait, mais comment on fait, madame Salamé ? Sa proposition, c'est fini le regroupement familial, c'est fini les étudiants, c'est fini tout.

13:34
Valérie Pécresse

Mais comment on fait ? Vous voyez à quel point cela est totalement infaisable. Plus d'étudiants étrangers. Vous voulez qu'on ferme la France ? Mais attendez, c'est à lui qu'il faut discuter. Non, mais le sujet, il est simple. Les flux migratoires fonctionnent sur la base de la réciprocité avec des États. Donc, ce que je souhaite, moi, c'est mettre en place des quotas annuels votés par le Parlement qui permettront de dire, écoutez, voilà, une fois qu'on a dépassé le nombre que nous souhaitons, on arrête tout. Et ça permettra, effectivement, de réguler le regroupement familial, l'immigration étudiante. Ça permettra aussi de réguler l'immigration de travail. D'accord, c'est votre proposition.

Mais oui, mais ça, c'est efficace.

14:14
Invité

Sur la dynamique, Zemmour, excusez-moi, quand vous entendez hier, sur notre antenne, dans Question Paul, le député européen LR, François-Xavier Bellamy, qui disait « Nos électeurs ont le sentiment qu'Éric Zemmour dit des choses que nous ne sommes plus capables de dire ».

14:27
Valérie Pécresse

C'est inexact.

Quand j'ai dit il y a quelques années qu'il y avait en France des zones de non-France et que ce qui a été corroboré quand le président de la République s'est rendu à Montpellier et qu'une maman lui a dit que son fils Mohamed ne savait pas si Pierre était un vrai prénom, parce qu'il n'avait pas de petit Pierre dans sa classe, quand j'ai demandé au président de la République de faire un vrai plan banlieue pour éradiquer les ghettos et le séparatisme urbain, quand je me suis élevé, justement, contre le port de tenue confessionnelle dans les piscines et que j'ai dit que j'interdirais, justement, le port de tenue confessionnelle et que j'ai demandé le soutien de l'État et que j'ai ensuite été poursuivi par la défenseur des droits, moi, je fais, je me bats tous les jours, Mme Salamé, pour que, justement, cette question de faire nation soit au centre du débat politique.

Mais je bats et j'agis.

15:20
Présentateur

Dans l'actualité, Valérie Pécresse, il y a la hausse spectaculaire du prix des énergies. Le gouvernement va geler le prix du gaz jusqu'en avril prochain pour protéger, vous souriez, vous allez nous dire pourquoi, pour protéger les Français des nouvelles hausses qui se profilent dans les semaines, qui viennent, c'est un bouclier, dit l'exécutif. Jean Castex, a-t-il eu raison de prendre cette mesure qui s'ajoute au chèque énergie pour 6 millions de Français les plus modestes ?

15:44
Valérie Pécresse

D'abord, effectivement, la hausse de l'énergie est très difficilement supportable aujourd'hui par les Français. Mais ce qui me faisait sourire en vous entendant, c'est quand vous avez dit jusqu'à avril. Parce que les Français auront bien compris qu'avec Emmanuel Macron, l'addition, c'est après les élections, vous voyez. Donc, ça fait stratagème. Donc, ce que je propose, c'est de revoir en profondeur notre politique de prix d'énergie. D'ailleurs, notre politique d'énergie tout court, avec un triple pilier, souveraineté énergétique, écologie et pouvoir d'achat. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut revoir les fixations du prix de l'énergie.

On a accepté que les prix de l'énergie soient fixés en fonction des prix du gaz, alors que nous produisons du nucléaire. Il faut revoir les modalités de fixation de ces prix qui devraient être plus bas en France. Ensuite, il faut qu'on arrête de mettre de la taxe sur la taxe. Vous savez que dans les factures d'électricité, vous avez des taxes et vous avez de la TVA sur les taxes. Donc, on enlèvera la TVA sur ces taxes. C'est ubuesque d'avoir ça. Et puis, il faut négocier à Bruxelles la possibilité pour EDF, lorsqu'il y a des pics comme ça, comme aujourd'hui, des pics de prix du pétrole et du gaz, que EDF puisse vendre davantage d'électricité nucléaire à ses concurrents.

Vous voyez, il y a des solutions très concrètes à cette crise, des solutions qui nécessitent évidemment de passer par Bruxelles. Et sur le long terme, je le dis, parce que j'ai vu le programme de Yannick Jadot hier dans le journal du dimanche, on ne peut pas passer au tout électrique pour les voitures, c'est-à-dire augmenter de 50% notre consommation d'électricité d'ici 2035, et en même temps dire qu'on arrête le nucléaire.

17:20
Présentateur

Alors vous, vous êtes résolument pour le nucléaire.

17:22
Valérie Pécresse

Le nucléaire et les renouvelables, les deux, mais parce qu'il faut qu'on produise de l'électricité.

17:27
Présentateur

Mais vous voulez lancer de nouveaux EPR si vous êtes élue présidente. Aujourd'hui, 70% de l'électricité en France provient du nucléaire. D'ici 2035, Emmanuel Macron veut que cette part descende à 50% pour faire place aux énergies renouvelables. Si vous êtes présidente, est-ce que vous reviendrez sur ce calendrier-là ?

17:47
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, le vrai calendrier, le calendrier qui est le plus important, celui qui est essentiel pour la planète, c'est 2050, une France décarbonée. Ça veut dire en 2050, une France qui n'a plus aucune dépendance au pétrole, au gaz, au charbon. Et c'est ça l'objectif que je poursuis. Alors après, savoir si on peut atteindre cet objectif en sacrifiant le nucléaire, ma conviction, et elle s'est forgée en regardant la réalité des faits, c'est qu'on n'y arrivera pas. On n'arrivera pas à baisser la part du nucléaire dans l'électricité française à 50%, et en même temps à décarboner complètement la France. Donc vous restez à 70% sur ce calendrier, parce que c'est important.

Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on élargisse et on diversifie notre mix énergétique. Dans ma région et partout en France, ça veut dire qu'on développera les énergies renouvelables, mais ça veut dire qu'il faut réinvestir le nucléaire aussi. Et les Français qui vivent aujourd'hui, Madame Salamé, la hausse de leur... Non, mais vous ne répondez pas à ma question.

18:50
Invité

Xavier Bertrand, il est clair, il dit « je ne descendrai pas la part du nucléaire à 50%. » Est-ce que vous restez à 70% ?

18:58
Valérie Pécresse

Mais moi, je ne reste pas à 70%, j'élargis, je diversifie. Donc vous descendez à 60% ? Oui, je dis que 50%, ce n'est pas atteignable. Donc oui, on va petit à petit diversifier, on va petit à petit développer les énergies renouvelables, le solaire, l'éolien, dans une certaine limite, c'est celle de la protection des paysages et des zones de pêche, mais aussi les réseaux de salaire, la biomasse. Il faut continuer à développer le renouvelable, mais on ne pourra pas passer à 50% de nucléaire.

19:26
Présentateur

Le temps file. Retournons au standard où nous attend Nadine. Bonjour.

19:30
Auditeur

Bonjour à France Inter. Bonjour Madame Pécresse. Bonjour. Madame Pécresse, les salles de shoot que je crois que vous n'appréciez pas, et à moi, il me semble qu'elles paraissent être une solution humaine qui serait apportée à des jeunes en très grande souffrance. Notre devoir, Madame Pécresse, n'est-il pas de les ramener dans le cercle de la vie sociale et non pas seulement de les surveiller, de les punir ou les exclure, comme le dénonçait Foucault. Alors, vous qui avez tant de solutions, que proposez-vous pour lutter contre la drogue et ramener la paix à ces jeunes et dans les quartiers ?

20:07
Présentateur

Merci Nadine. Merci pour cette question. J'ajoute, Nadine, dans le prolongement qu'une mission de l'Assemblée nationale a conclu que les salles de consommation de drogue, que notre auditrice appelait les salles de shoot, étaient utiles et efficaces. Olivier Véran dit qu'il faut en créer au moins deux nouvelles de ce type par an. Ça évite, dit-il, l'insécurité, l'insalubrité, que ça permet d'accompagner vers le sevrage. Est-ce que vous êtes contre, archi contre ?

20:33
Valérie Pécresse

C'est bien la dernière partie de votre déclaration qui pose problème. Moi, je crois que notre devoir, et je le dis à Nadine, notre devoir, c'est d'aider au sevrage, c'est de conduire au sevrage. Et ce n'est pas du tout ce qui se fait dans les salles de consommation à moindre risque. Il n'y a pas d'étage de sevrage au-dessus de ces salles. Ça n'est pas vrai. Aujourd'hui, dans ces salles, on fait de l'accueil et on donne un environnement qui permet de se droguer. Moi, ce n'est pas ma conception. Ma conception, c'est que nous devons tout faire pour sortir ces jeunes et moins jeunes de la drogue.

Et donc, pour moi, une salle de ce type doit être tournée vers le soin, doit être tournée vers le sevrage, doit être tournée vers la lutte contre les addictions. Et c'est ça le sujet. C'est comment on les en sort. Je vais vous parler des craqueurs. Parce que nous, nous avons aujourd'hui un espèce de problème lancinant qui est cette arrivée massive de craqueurs maintenant d'Europe, de l'Europe entière, qui arrivent à Paris pour être abandonnés dans la rue. Aujourd'hui, il faut de la lutte contre les addictions et peut-être de l'injonction de soins. Aujourd'hui, si votre fils tombait dans le krach, M. Demorand, vous essayeriez de le sevrer, pas de le faire consommer à moindre risque.

21:50
Présentateur

Merci Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, candidate LR à l'élection présidentielle. Merci encore d'avoir été à notre micro.