Iran, carburant, municipales... L'interview de Jordan Bardella en intégralité
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Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour Madame. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement National, vous êtes député européen, deuxième semaine de guerre, dernière semaine avant le premier tour des municipales, dimanche prochain, hausse historique des prix du pétrole, fermeture du détroit d'Ormuz, impact sur les prix de l'énergie, peut-être même sur la croissance et sur l'inflation, on va y revenir. D'abord, c'est pris à la pompe avec cette demande hier du Premier ministre de mettre en place des contrôles exceptionnels.
Un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, voilà ce qu'il promet, dans toutes les stations-services. Il parle de pratiques abusives et il veut lutter contre. Est-ce que vous dites que c'est une bonne mesure ?
Il n'y a pas besoin de contrôle pour se rendre compte que nos compatriotes voient déjà à la pompe une augmentation significative des prix des carburants. Le sans-plomb 95 avait pris 10%. Les centimes à date de vendredi, le gasoil frôle les 2 euros. Il y a beaucoup de nos compatriotes qui sont évidemment extrêmement inquiets, beaucoup de gens qui ont besoin de leur voiture, soit pour se déplacer dans les territoires ruraux notamment, ou évidemment pour travailler, je pense à nos chefs d'entreprise ou à nos artisans.
Donc, il faut évidemment que cette guerre qui revêt des enjeux multidimensionnels et des conséquences importantes pour les intérêts français, et d'abord pour l'énergie et pour évidemment la facture de carburant de nos compatriotes, qu'on puisse protéger au maximum les Français, le pouvoir d'achat des Français. Donc, les contrôles, je veux dire, c'est la bureaucratie dans toute sa splendeur. Il n'y a pas besoin de contrôle pour se rendre compte que les prix ont déjà flambé. Il faut des mesures. 60% des prix des carburants sont des taxes.
Et moi, je demande au gouvernement de ne pas s'enrichir sur le dos d'une crise, sur le dos de nos compatriotes, parce qu'évidemment que l'effet de base que vous allez taxer est beaucoup plus grand. Le prix du pétrole augmente. Il a encore augmenté de manière significative ce matin. Il y a très certainement une augmentation des prix du gaz à prévoir dans les prochains jours.
Donc, à partir du moment où une grande partie de ce qui est vendu à la pompe relève de la fiscalité d'État, il faut évidemment que nous baissions les taxes sur le carburant pour que l'État ne s'enrichisse pas durant la crise et redonne ces gains qui sont des gains anormaux liés à un contexte de crise directement à nos compatriotes. Nous avons formulé cette demande en début de semaine et nous avons été les premiers à le faire.
Vous êtes prêts à mettre 17 milliards sur la table ? Il va falloir les trouver quelque part.
Qu'est-ce qui coûte 17 milliards ? 17 milliards.
C'est Bercy qui dit que si on baisse ces deux taxes que vous demandez, c'est-à-dire la TICPE et la TVA, c'est 17 milliards d'euros que ça coûtera.
Mais c'est faux. C'est faux. 17 milliards.
Donc le ministre de l'économie ment ?
Oui, il ment. Mais enfin, quand on voit les chiffres...
Il dit que c'est une mesure qui coûte 17 milliards d'euros. Il qualifie votre proposition de politicienne.
Oui, mais quelle mesure ? À partir du moment où le prix du pétrole augmente, l'assiette taxable, c'est-à-dire la base que vous allez taxer, a 60 %, puisque 60 % de ce qui est vendu à la pompe sont des taxes. Tout à fait. Mécaniquement, les recettes de l'État vont augmenter. Donc moi, ce que je demande, c'est de neutraliser la hausse et de faire en sorte que ce qui va être capté en plus dans les caisses de l'État soit rendu à nos compatriotes. Ce qui coûte 17 milliards, d'abord, ce n'est pas 17 milliards, c'est 12. Mais enfin, ils sont fâchés avec les chiffres sur un certain nombre de dossiers budgétaires. C'est 12 milliards la baisse de la TVA de 20 % à 5,5 %.
Ça, c'est un sujet dont on peut débattre dans le cadre d'un budget d'État et que nous avons réitéré au Parlement ces dernières semaines, que nous avions largement... Et nous étions les seuls à avoir présenté un contre-budget qui, non seulement, baissait la mauvaise dépense publique, mais qui rendait aussi du pouvoir d'achat à nos compatriotes. Là, ce que je demande ce matin et ce que j'ai demandé en début de semaine avec Marine Le Pen, c'est qu'on neutralise la hausse et que l'État ne s'enrichisse pas sur le dos de l'augmentation des prix du pétrole.
Concrètement, ça veut dire quoi ? TVA, TICPE, les deux ?
Oui, il faut baisser l'assise. L'assise, c'est ce qu'on appelait la TICPE pendant longtemps, qui maintenant s'appelle les assises sur le carburant. À partir du moment où... Sur un litre qui est vendu de gasoil à 2 euros, vous avez quasiment 1,20 euro de taxes. Il faut évidemment rendre ce pouvoir d'achat à nos compatriotes.
Donc ça, c'est sur le volume et la TVA, c'est sur le prix. Donc c'est surtout la TVA, en réalité, qui pourrait permettre à l'État d'engranger pas mal d'argent.
Absolument. Et on l'a vu par le passé, à partir du moment où, évidemment, que le pétrole augmente, où le gaz augmente, vous avez toujours une partie modulable dans ce qui est vendu à la pompe qui doit être rendue à nos compatriotes. Les contrôles, il n'y a pas besoin de contrôles. Et pardon, madame de Malherbe. Non, madame, ce qui coûte 12 milliards, c'est de baisser la TVA de 20% à 5,5%. Ça, c'est une mesure qu'on a défendue pendant les élections législatives parce que je considère que se chauffer et se déplacer est aujourd'hui en train de devenir un produit de luxe dans un pays où vous avez des millions de Français qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler.
Et mettez-vous à la place des gens qui sont extrêmement inquiets de la dégradation de la situation au Moyen-Orient et qui savent très bien que c'est eux qui vont payer. Donc moi, je demande qu'on protège le pouvoir d'achat des familles françaises et qu'on protège notamment la compétitivité. C'est la première mesure que j'ai demandée. La deuxième mesure que nous demandons, c'est de sortir tout de suite des règles européennes de tarification des prix de l'électricité.
Vous savez qu'il y a un différentiel de quasi 5 entre la production énergétique française et le coût de vente qui est vendu à nos compatriotes par un renchérissement artificiel et injustifiable des prix de l'électricité à cause des règles européennes qui fait que la France est empêchée de profiter des gains de sa filière nucléaire qui devrait nous assurer. C'est une des énergies non seulement les plus décarbonées, mais les moins chères d'Europe. Et ça, c'est très important pour nos boulangers qui ont vu leur facture multipliée par 3, 4 ou 5 ces derniers mois, pour nos artisans, pour nos commerçants, pour nos industriels et évidemment pour les familles françaises.
Avec cette mesure, madame, en quelques mois, on fait baisser de 20 à 30 % les factures d'électricité en France.
Alors vous savez que sur les factures d'électricité, il y a un mécanisme désormais de bouclier qui fait que l'impact ne sera pas immédiat. Vous avez parfaitement raison sur la question du mécanisme de fixation des prix. Ça, c'est tout à fait juste. C'est quand même frappant de se dire qu'il y a, au moment de la guerre en Ukraine, les ministres, à l'époque c'était Bruno Le Maire, je me souviens très bien, avaient dit plusieurs fois à ce micro qu'on allait sortir de ce mécanisme comme l'ont fait l'Espagne ou le Portugal. À ce jour, on ne l'a pas fait. En revanche, on a diversifié également nos prix, ce qui fait qu'on est moins impacté. L'impact est moins immédiat.
Et par ailleurs, la facture elle-même des Français, vous ne pouvez pas dire que la facture des Français et des entreprises va augmenter de 30 %. C'est faux. En tout cas, à court terme, c'est faux.
Mais parce qu'elle a déjà augmenté.
Non mais à court terme, c'est faux.
Madame, moi j'ai vu. Mais d'abord, on n'en sait rien. Elle a augmenté et elle a rebaissé. Madame, on n'en sait rien. Et le véritable problème pour nos entreprises...
On sait en tout cas que les mécanismes ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Non, Madame, le problème... L'impact ne sera pas immédiat. Non mais je veux dire, il ne faut pas non plus angoisser outre mesure la situation déjà suffisamment difficile pour ne pas qu'on en rajoute.
Non, non, mais d'abord, je n'angoisse rien du tout. Ce qui est angoissant, c'est la situation au Moyen-Orient. Donc moi, j'essaie d'apporter des réponses et j'essaie d'agir en regardant le passé. Et je regarde que lors du déclenchement et l'agression de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022, dans les quelques mois qui ont suivi ces tensions aux portes de l'Europe, les factures d'énergie de nos compatriotes ont augmenté. Ils ont augmenté. Pourquoi ? A cause de ce mécanisme européen. Aujourd'hui, évidemment, si vous me posez la question, l'électricité doit être autour.
Ça bouge toutes les heures, mais on doit être globalement autour de ces fameuses 50 euros le mégawatt-heure, qui est le coût de production historique du nucléaire. Il n'a pas bougé. Mais le sujet, si vous voulez, c'est la stabilité à terme. Et l'idée, c'est de protéger la France de turbulences mondiales. Nous allons vivre dans un monde de plus en plus incertain, où les tensions économiques et géopolitiques seront de plus en plus nombreuses.
Et moi, je propose que la France retrouve cet agenda de puissance qui est basé aussi sur un prix de l'électricité français pour se protéger des incertitudes et pour se protéger d'une instabilité qu'on ne sait pas dire pour l'instant dans les prochains mois.
À moyen terme, parce que la TVA, comme la question d'un mécanisme du prix, ça peut prendre un peu de temps. À moyen terme, vous êtes d'accord que là, les prix augmentent à la pompe, mais ça n'est pas encore une conséquence immédiate. Donc quand ils disent qu'il faut quand même vérifier qu'il n'y a pas des gens qui se servent au passage, ce contrôle, il n'est pas inutile.
Mais le contrôle, madame, moi je veux bien qu'on fasse des contrôles. Mais dans une économie de marché, la fixation du prix, elle est libre. Donc la conséquence qu'on pourrait éventuellement discuter le matin, c'est quel serait l'effet du contrôle si toutefois, par la répression des fraudes, il devait être négatif. C'est décrit comme abusif. Ce que je note, et encore une fois, je ne veux pas paraître alarmiste.
La parole du gouvernement a d'ailleurs dit que l'option de sanction était sur la table.
Oui, il y a trois mois de réserve. Dans une démocratie française, on fait trois mois de, comme la nôtre, on fait trois mois de réserve, trois mois de stock, en cas de crise énergétique, notamment sur les carburants. Le carburant que nous stockons depuis trois mois, il a été acheté à un prix beaucoup plus faible que le prix qu'on retrouve aujourd'hui à la pompe. On a pris quasiment 30% par rapport au mois dernier. Évidemment, la hausse devait se prolonger. Et quand on regarde l'actualité géopolitique et les frappes récentes ce week-end, on se dit qu'il va potentiellement y avoir de nouvelles hausses sur le carburant.
Moi, je demande encore une fois qu'on protège le pouvoir d'achat de nos compatriotes, qu'on protège la compétitivité de nos entreprises, à la fois par le levier fiscal. L'État, c'est 60% de taxes sur le carburant. Et éventuellement, en utilisant les réserves, ce qui va nous permettre non seulement de rassurer les marchés et de limiter la hausse des coûts, mais de faire bénéficier à nos compatriotes.
Vous demandez à ce qu'on utilise les réserves, si on utilise ces trois mois de stock.
Ça doit faire partie des hypothèses qui sont sur la table. Je veux dire, la crise, encore une fois, elle va peut-être durer. Nous n'en savons rien. Quel est l'avantage ?
C'est de pouvoir utiliser un pétrole que l'on a acheté, enfin une essence, un carburant qu'on a acheté avant qu'il n'augmente.
Absolument, à un prix beaucoup plus faible.
Le gel des prix, c'est ce que demande LFI. Ça, ce n'est pas une option qui vous intéresse ?
Je ne suis pas pour le gel des prix. On est dans une économie ouverte, on est dans une économie de marché. Et je veux dire, la dernière fois, qu'on a mis en œuvre et les économies qui mettent en œuvre les mesures communistes ou les mesures de la France insoumise, c'est le Venezuela ou c'est Cuba. Et ça se traduit par des inflations qui sont absolument délirantes. Et ce sont toujours les classes populaires et les classes moyennes qui finissent par trinquer. Donc, dans une économie de marché, on agit sur notamment la fiscalité et potentiellement, je l'ai dit, sur les réserves qui ont été achetées à des prix beaucoup plus faibles. Ça, c'est les mesures que je mets sur la table.
Et nous aurons l'occasion d'en discuter avec le Premier ministre qui reçoit les chefs des formations politiques.
Qui vous reçoit ?
Mercredi, nous avions aussi... Nous avions aussi formulé cette demande pour clarifier la situation.
Justement, Jordan Bardella, vous, président, Israël et les États-Unis attaquent l'Iran. Vous faites quoi ? Vous dites quoi ? Vous condamnez ? Vous soutenez ? Vous envoyez le Charles de Gaulle ? Vous utilisez les rafales ? Qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous dites ?
D'abord, le régime iranien est un régime abominable qui use de la terreur à l'intérieur contre son peuple et qui est un sponsor du terrorisme international. On a beaucoup parlé du rôle de l'Iran dans les attaques terroristes qui ont été commises contre Israël en octobre 2023, même si, là encore, on est aux confins de mouvements chiites et de mouvements sunnites avec le Hamas. Mais je n'oublie pas non plus l'attentat du Drakkar qui, dans les années 80, sous la responsabilité directe du Hezbollah, de ce qui était le Hezbollah à l'époque et de l'Iran, près de 58 soldats français ont trouvé la mort à Beyrouth dans un attentat qui a été l'un des plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale.
Vous condamnez le régime des Moula ? Le régime, je n'ai aucune sympathie pour le régime, des Moula, et personne, peut-être à part M. Mélenchon, n'ira pleurer sur la mort du guide suprême. Même si on voit bien que la situation est beaucoup plus complexe que cela sur place, et que son remplaçant, son successeur qui est son fils, est non seulement plus jeune, mais très certainement encore plus radical
que l'était déjà son père.
D'abord, il faut préserver les intérêts français. On a 400 000 ressortissants français qui sont dans la région. Nous devons non seulement leur prêter assistance et sécurité, nous devons également assurer la défense de nos bases aériennes. Moi, j'ai eu l'occasion d'être reçu, à la base d'Abu Dhabi au mois de juin dernier, il y a 900 militaires français qui sont sur cette base d'Abu Dhabi, et qui assurent notamment, et qui honorent des partenariats de sécurité avec les pays du Golfe. Donc, nous devons, dans un premier temps, préserver la sécurité de nos ressortissants, et évidemment, assurer la sécurité de nos partenaires et de nos alliés.
La France contribue, au moment où je vous parle, à des opérations de défense, notamment à l'interception de missiles qui visent des pays alliés comme les Émirats. Et ça, ce sont évidemment des mesures nécessaires que nous devons soutenir.
Donc, au fond, vous faites exactement ce que fait Emmanuel Macron. Vous dites les mêmes mots, c'est-à-dire, Emmanuel Macron, lors de son allocution à 20h la semaine dernière, a commencé par dire que l'Iran était responsable en n'ayant pas respecté, notamment, les négociations. Deux, il a tout de même dit que l'intervention était illégale, vous le diriez aussi ?
Oui, enfin, je pense que pour l'instant, la réaction de la France est plutôt la bonne, et que la réaction de la France va dans le bon sens. Ce n'est pas parce que c'est Emmanuel Macron qui le dit que j'ai nécessairement m'inscrire en faux, et de dire le contraire.
Vous considérez que la position de la France aujourd'hui, elle est la bonne, elle est celle en tout cas que vous auriez ?
Oui. Deuxièmement, on protège la libre circulation du commerce. Parce que, comme on le rappelle, et c'est un peu l'objet de la discussion que nous avons depuis un quart d'heure, le détroit d'Hormuz, c'est 20% du passage du pétrole, 20% du gaz, et je rappelle aussi qu'un tiers des matériaux chimiques qui sont utilisés, vous savez, pour produire l'urée, c'est-à-dire les engrais qui sont indispensables à la production alimentaire, transitent par le détroit d'Hormuz. Donc, on a des missions.
Aujourd'hui, dans la région, notamment des coopérations européennes avec la mission Aspides en mer Rouge et des missions dans le détroit d'Hormuz avec un certain nombre de partenaires européens, il faut évidemment honorer ces partenariats pour sécuriser au plus vite et au plus tôt l'intégralité des navires qui traversent ce détroit et qui sont évidemment stratégiques pour la région. C'est ce qui est fait. Le déploiement du Charles de Gaulle est évidemment une bonne mesure parce qu'à partir du moment où un allié comme Chypre est attaqué, c'est un état de l'Union européenne, la France doit évidemment une assistance, en tout cas une bulle de protection autour de Chypre.
Et je pense que le déploiement du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale est évidemment une mesure qui était nécessaire. Et enfin, il faut évidemment protéger le pouvoir d'achat des familles françaises.
Le nucléaire avancé, c'est-à-dire la déclaration aussi d'Emmanuel Macron, le fait que nous protégions, en réalité c'était déjà dans les plans du général de Gaulle, on garde le bouton nucléaire, mais on partage la protection ?
Mais ça, c'est de la communication, madame. Parce qu'en réalité, dans l'annonce faite par le président de la République, il n'y a pas de changement fondamental de la doctrine française.
C'est pour ça que je vous dis que c'était déjà ce que disait Charles de Gaulle. Donc sur le fond, là encore, vous êtes plutôt d'accord.
L'instruction qui avait été donnée par le général de Gaulle au début des années 60, qui indiquait que la défense des intérêts vitaux de la nation française ne s'arrêtait pas aux seules frontières de l'Hexagone, naturellement. En revanche, ce qui m'apparaît critiquable dans le discours du président de la République, c'est qu'en évoquant des sujets de dissuasion nucléaire, ou à minima de dissuasion conventionnelle auprès de nos partenaires européens, il n'évoque à aucun moment le choix fait par nos partenaires européens d'acheter du matériel américain.
Parce qu'à partir du moment où les Etats-Unis d'Amérique accordent, par exemple, à l'Allemagne ou à un certain nombre de pays d'Europe de l'Est, le bénéfice du parapluie nucléaire, la contrepartie, c'est que ces Etats s'engagent à acheter du matériel américain. Donc moi, je souhaite qu'on puisse développer la préférence européenne pour faire en sorte que nos partenaires européens, si demain ils souhaitent bénéficier d'une dissuasion, je ne dis pas nucléaire, mais à minima conventionnelle de la France, comme c'est le cadre aujourd'hui des traités de l'OTAN et de la clause d'assistance mutuelle de l'Union Européenne, puissent acheter du matériel français.
Enfin moi, je dis à mes partenaires européens, achetez des Rafales et arrêtez d'acheter des F-35 si vous souhaitez que la France puisse demain assumer un leadership sur la scène européenne. Ce sujet m'apparaît fondamental.
Jordan Bardella, dimanche, premier tour des élections municipales dans ce contexte, avec notamment une question qui est la question des alliances, le PS qui a annoncé ne plus vouloir d'alliance avec LFI. Du côté des LR et du RN, est-ce que cette union des droites dont certains parlent autour de vous, est-ce qu'elle existe dans les faits ? Est-ce que vous vous parlez avec des élus de LR par exemple ? Est-ce que vous commencez à parler de ce qui va se passer, j'allais dire, dimanche à partir de 20h01
ou 20h02 ? On ne parle pas spécifiquement de ce qui va se passer dimanche soir parce que chaque candidat, chaque mouvement politique est engagé avec sa liste, ses candidats. Nous avons nous plus de 650 candidats partout en France qui défendent des listes de rassemblements sur lesquels il y a évidemment des gens du Rassemblement National, mais sur lesquels nous avons souhaité tendre la main aussi des divers droits, soit des gens qui viennent d'autres formations politiques.
Je vous rappelle que l'alliance que nous avons constituée avec Marine Le Pen et Éric Ciotti lors des dernières élections législatives, elle demeure et qu'il y a beaucoup d'orphelins aujourd'hui à droite et aux Républicains qui ne se reconnaissent plus dans la façon dont M. Retailleau et l'ensemble du parti ont été dilués dans le macronisme. Et donc moi
je les appelle à travailler à mes côtés. Est-ce que certains LR viennent sur des listes RN ou est-ce que certains RN aillent sur des listes LR ?
D'abord, les listes sont déposées. Mais je veux dire, au second tour, d'abord, je ne peux pas, m'exprimer sur le second tour avant que les Français aient voté. Mais encore une fois, s'il y a possibilité, d'abord, je n'exclus rien, et s'il y a possibilité évidemment de l'emporter ou éventuellement de faire barrage à des candidats incendiaires de la France insoumise, eh bien moi je dis, travaillons ensemble sur un projet d'intérêt commun.
Mais je l'ai dit, il faut que la classe politique, si vous voulez, prenne ses responsabilités et arrête d'ouvrir ses bords, notamment à l'Assemblée nationale, puisque je vous rappelle que dans plusieurs circonscriptions aux dernières élections législatives, Emmanuel Macron et Gabriel Attal ont retiré leurs candidats pour faire élire des députés de la France insoumise, qui ont fait rentrer la brutalisation et la violence à l'Assemblée nationale. Il faut arrêter tout cela.
Donc, les Français doivent voter parce que l'alternance, elle n'attend pas 2027 et le changement, il commence dans les communes et partout où nous aurons des maires, nous renforcerons de manière significative les effectifs des polices municipales, nous agirons contre l'insécurité et les incivilités, et il n'y aura pas, je le dis et j'en fais la promesse ce matin, pas un centime d'augmentation de la fiscalité dans les villes qui seront dirigées par le REN.
Pas un centime d'augmentation. Une question aussi sur ce qu'on appelle les brebis galeuses, c'est le titre du journal Libération. Mes confrères qui disent, plus de 10% des listes investies par le REN aux élections municipales accueillent des personnes ayant diffusé des propos antisémites, racistes, complotistes, violents. Alors j'ai regardé,
il s'agit souvent... Je crois que Libération ne vend plus beaucoup de journaux. Je ne sais pas si vous avez vu que M. Krétinsky est obligé de mettre une rallonge parce que les gens n'achètent plus Libération. Mais la question n'est pas savoir. Non, non, non, mais je le dis
quand même, il faut savoir qui parle, c'est bien. Leur enquête est-elle vraie ou fausse ? Et la question d'ailleurs, c'est le plus souvent, ils sont dans des positions inéligibles, j'ai vérifié, mais reste une question. Pourquoi vous attirez ces gens-là ? Non, madame, pardon. Pourquoi vous attirez
ces gens-là ? Non, non, non, madame, pardon. Le Rassemblement National, dans ses élections municipales, a plus de 25 000 candidats sur toute la France. Bon. Donc, qu'on aille chercher les tweets de la grand-mère de la boulangère d'un candidat il y a 15 ans, pour les exhumer sur la place publique, quand on le fait, il faut le faire pour toutes les formations politiques. C'est tout à fait juste. Moi, j'ai une position de principe.
Et je vous demande, madame... Mais s'ils l'ont fait pour vous, qu'est-ce que vous répondez à ça ? Pourquoi vous les attirez ?
Madame, je vous demande de croire en ma bonne foi. À partir du moment où, au Rassemblement National, et ça a toujours été la position de Marine Le Pen comme présidente du parti, et désormais, de moi-même depuis que je suis président en 2022, qu'il y a des gens qui veulent venir se greffer à notre mouvement politique, qui ont des propos qui ne correspondent ni à nos valeurs, ni à notre éthique, ni à notre ligne politique, nous les mettons à la porte. La différence, c'est que nous, on fait ce boulot.
Dans les autres formations politiques, non seulement cette politique de l'asiatisme, hasériser, je dirais, les différents candidats de les mettre à nu sur 10 ou 15 ans n'est faite que pour le Rassemblement National. Je veux dire, on ne voit pas des articles qui sont faits sur les autres formations politiques. Je peux vous assurer que si vous faites le boulot à la France Insoumise, à LR ou à Renaissance, vous allez aussi en trouver, vous voyez, en allant chercher les gens qui sont sur les listes et qui ne sont pas en position légitime. Donc, moi, je défends mes candidats.
Nous avons des candidats de talent, des candidats convaincus qui représentent la société civile, qui sont à l'image du peuple français. On a des étudiants, des salariés, des fonctionnaires de police, des médecins, des chefs d'entreprise, on a tout ce que la France compte de force vive et je suis très fier de mes candidats et j'appelle les Français à ne pas céder à ces intimidations qu'on voit à chaque fois ressortir cinq jours avant les élections. La différence, c'est que nous, quand on a quelqu'un qui ne correspond pas à nos valeurs, on le met à la porte. À la France Insoumise, il est fait député, porte-parole, et il est fait Dieu par M. Mélenchon.
Jordan Bardet, la présidente du Rassemblement National, merci d'avoir répondu à nos questions.
Jordan Bardella