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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 10 mai 2026 28 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleInstitutions & élections

Face à la hausse des prix du carburant, quelles options ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Parmi tout ce qui est proposé politiquement, quelles options vous semblent adéquates et pourquoi ?

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la stratégie de Total Energie ?

  • 8:57OuverteRéponse directe

    La France insoumise est assez seule à réclamer le blocage des prix. Pourquoi ?

  • 10:04RelanceRéponse directe

    Ce serait la bonne option, la taxe sur les super profits ?

  • 11:41OuverteRéponse directe

    Michel Cotta, de vous entendre parler de nationalisation en 2027, ça vous rappelle des souvenirs ?

  • 14:42OuverteRéponse directe

    Votre avis sur l'européanisation de Total Energie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57InvitéFait
    « A ce stade, le gouvernement s'en tient à sa ligne. Aides ciblées pour les professionnels les plus touchés, agriculteurs, pêcheurs, taxis, une indemnité de 50 euros pour les grands rouleurs, 3 millions de particuliers modestes concernés, comme les infirmières, aides à domicile, salariés vivant loin de leur lieu de travail, décrétés début mai pour une application à la fin du mois. »
  • 1:22InvitéChiffre
    « Montant pour le budget de l'État, selon le ministre des Comptes publics David Amiel, 180 millions d'euros au mois de mai, compensé, selon Matignon, par la hausse des entrées fiscales liées au prix du carburant pour l'État. »
  • 2:11InvitéChiffre
    « Depuis le début de l'année, les ventes de voitures électriques ont bondi de 48%, avec 148 000 véhicules vendus. »
  • 2:17InvitéChiffre
    « La consommation de pétrole, elle, a baissé de 18% en avril sur certains carburants. »
  • 9:37PrésentateurFait
    « Total n'a pas payé un euro d'impôt à la France depuis plusieurs années. »
  • 9:54PrésentateurChiffre
    « Ils ont fait un milliard à un coût spéculatif sur le fait que la guerre allait se déclencher. »
  • 10:25PrésentateurFait
    « Total a été condamné l'an dernier par la justice française pour greenwashing. »
  • 10:30PrésentateurFait
    « Total produit 97% d'énergie fossile et 80% de ses investissements sont dans l'énergie fossile. »
  • 20:13InvitéChiffre
    « L'inflation va franchir le seuil des 2% en mai, que donc le SMIC devrait être revalorisé de 2% au mois de juillet, c'est-à-dire 29 euros à peu près par mois. »
  • 20:24InvitéChiffre
    « Un budget qui va être amputé d'après Sébastien Lecornu de 6 milliards d'euros à cause du coût de la guerre cette année. »
  • 21:23PrésentateurChiffre
    « Sous ses deux mandats, il y a eu un million et demi de pauvres en plus dans la rue. »
  • 21:27PrésentateurChiffre
    « Il y a 350 000 SDF, c'est deux fois plus qu'au début de sa prise de fonction en 2017. »
  • 21:32PrésentateurChiffre
    « Il y a 2,4 millions de personnes qui ont recours à l'aide alimentaire, c'est trois fois plus que quand il est arrivé au pouvoir. »
  • 21:41PrésentateurChiffre
    « Les 500 plus riches de notre pays sous M. Macron leur fortune est passée de 500 milliards à 1200 milliards. »
  • 22:22PrésentateurChiffre
    « Le patrimoine moyen des gens qui nous gouvernent aujourd'hui est de 2,9 millions d'euros, c'est 16 fois plus que le patrimoine médian des français. »

Temps de parole

  • Invité23 %
  • Invité 222 %
  • Invité 320 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 414 %
  • Présentateur 23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

La géopolitique, elle est rentrée dans le réservoir de carburant des Françaises et des Français. Elle ne va pas en sortir maintenant. Et donc nous allons vivre avec cela. Ça nous ramène à nos stratégies énergétiques globales. Et on ne pourra pas opposer le court terme et le long terme. Comme malheureusement, et j'en prends parfois aussi ma part pour être ministre depuis 9 ans, nous avons pu le faire. Cela va durer. C'est systémique. Et la question énergétique fait partie des guerres hybrides qui seront menées à un continent comme l'Europe et singulièrement à la France. Et donc il va falloir en permanence marcher sur deux jambes. Les aides de court terme, je vais y revenir dans un instant.

Il n'est pas question d'abandonner les gens, mais sans leur mentir, évidemment, sur le long terme.

0:49
Invité

Sébastien Lecornu, le Premier ministre, à l'Assemblée nationale, mardi 5 mai, lors de la séance de questions au gouvernement largement marquée par la crise du pétrole et la hausse durable des prix du carburant à la pompe depuis la guerre en Iran, entrée dans sa dixième semaine. A ce stade, le gouvernement s'en tient à sa ligne. Aides ciblées pour les professionnels les plus touchés, agriculteurs, pêcheurs, taxis, une indemnité de 50 euros pour les grands rouleurs, 3 millions de particuliers modestes concernés, comme les infirmières, aides à domicile, salariés vivant loin de leur lieu de travail, décrétés début mai pour une application à la fin du mois.

Montant pour le budget de l'État, selon le ministre des Comptes publics David Amiel, 180 millions d'euros au mois de mai, compensé, selon Matignon, par la hausse des entrées fiscales liées au prix du carburant pour l'État. Justement, faut-il la réduire, cette TVA sur le carburant, et la passer de 20 à 5,5%, comme le suggère le Rassemblement national, qui diffère en son sein sur la taxe des surprofits proposées par la gauche, mais largement contestée par Total Energy. Le groupe français qui prévient, il arrêtera ses prix plafonnés en cas de surtaxe. La CGT et le Parti communiste soutiennent l'idée de nationaliser l'entreprise et prévoient un large service public de l'énergie.

Démagogie crie le modem, pendant qu'écologistes et socialistes promeuvent les mobilités douces et le télétravail. LFI souhaite le blocage des prix, mais à quel prix ? Depuis le début de l'année, les ventes de voitures électriques ont bondi de 48%, avec 148 000 véhicules vendus. La consommation de pétrole, elle, a baissé de 18% en avril sur certains carburants. Hausse des prix de l'énergie, quelles sont les options ? On en parle avec vous, Natacha Valla. Vous êtes doyenne de l'école du management et de l'impact de Sciences Po. Vous siégez au conseil d'administration de LVMH et de Vinci Autoroute.

Avec vous également, Manuel Cervera-Marsal, sociologue, professeur à l'université de Liège, chercheur au Fonds national de la recherche scientifique belge. Avec vous, Michel Cotta, éditorialiste politique, et Raphaël Yorca, essayiste, expert associé à la Fondation Jean Jaurès. Parmi tout ce qui est proposé politiquement, quelles options vous semblent adéquates et pourquoi ? Natacha Valla. Alors, il y a des options court terme, moyen terme et long terme, on le voit bien. Les options ont d'ailleurs été un peu explorées par la plupart des pays européens, dans des modalités très différentes et on y reviendra peut-être. Il faut quand même garder en tête ce à quoi on fait face.

On fait face à un choc qui est un choc d'inflation importée, donc c'est un choc d'offres négatif qui est lié à des facteurs qui ne nous concernent pas à l'origine. Ce choc-là, il a un impact, on commence à le voir de façon très très claire, sur le revenu disponible des ménages et sur certains processus du système de production, en particulier industriel, mais pas seulement. Donc, on a quand même une diffusion qui est finalement assez rapide de ce choc importé sur lequel on ne pouvait pas grand-chose aider par.

Et puis après, on a le risque, et c'est là qu'on est aujourd'hui, c'est pour ça que la discussion sur ces différentes options, elle doit prendre en compte ce schéma général, c'est qu'on a le risque d'un ralentissement de l'activité économique lié soit au choc lui-même, l'exemple type, ça coûte plus cher, donc je dépense moins. On le voit d'ailleurs dans les élasticités de consommation au carburant. Il y a beaucoup de ménages, par exemple, qui ne sont pas partis en long week-end parce que ça aurait coûté cher, ou qui ajustent de façon un peu plus drastique que par le passé leur consommation. Donc, un effet négatif sur l'activité qui est largement possible.

Et toute la difficulté pour le gouvernement et pour la Banque centrale aujourd'hui, j'allais dire, c'est qu'il faut faire en sorte d'adoucir ce choc sur le pouvoir d'achat et sur le processus productif sans ni entretenir l'inflation à long terme ni dégrader les finances publiques de façon trop, trop marquée. Et c'est là qu'on en arrive à la discussion sur les options sur la table. Alors, les options sur la table, celles que vous avez évoquées à l'instant, il y a celles qui sont à court terme en général assez pratiques, assez faciles, pas excessivement coûteuses quand elles sont bien ciblées et quand elles sont bien quantifiées.

Ce sont les questions soit des subventions ciblées, soit de l'ajustement des taxes liées à ce qui pourra avoir un impact sur le prix in fine. Mais ça, ça permet en effet de protéger immédiatement le pouvoir d'achat. Alors, de qui ? Il y a une première question, la question d'équité de ces mesures, et on en vient là. Mais en même temps, il y a l'effet sur les finances publiques qui, aujourd'hui, pour la France, c'est vraiment très compliqué. Je ne vais pas tomber dans la caricature de l'économiste qui a dit pendant des années, attention à la dette, attention à la dépense, mais quand même, là, ça commence à devenir très, très compliqué.

Ne vous inquiétez pas, puisqu'on apprenait aujourd'hui dans la tribune dimanche que 33% des Français, qui sont d'accord avec vous, sont très inquiets par la dette. Ce qui est un grand changement. Vous parlez des évolutions dans le contexte électoral. Je pense que c'est un grand, grand changement par rapport à il y a quelques années, effectivement. Comment analysez-vous, Raphaël Yorca, qui est un spécialiste des marques, la stratégie totale ? Vous avez vu ces 3 500 stations-services qui proposent un prix autour de 2 euros. Ça dépend, évidemment, du gazole ou du sans-plomb. En même temps, une entreprise qui semble détester, en même temps, vers laquelle on se précipite.

Comment voyez-vous ce que certains, à gauche notamment, appellent le chantage aussi à la taxe, en disant qu'ils ne veulent pas la taxe supplémentaire sur les super-profits proposés à gauche ? Puisqu'en disant qu'on a déjà cette taxe des multinationales adoptée l'année dernière, certains font la comparaison en disant que c'est comme si un médecin taxé refusait de soigner les Français. Je vous corrige, Astrid De Villene, c'est Total Énergie. Et c'est le spécialiste des marques qui vous parle, parce qu'effectivement, ils ont opéré il y a quelques années, ils sont de rebrandi pour sortir de cette histoire, d'une image perçue du tout pétrole.

Non, alors moi, ce qui m'intéresse beaucoup dans Total Énergie, c'est que c'est une sorte d'objet politique total. C'est-à-dire que c'est une sorte de condensé de notre rapport contemporain à la politique avec ses valeurs, ses impuissances, ses impensées, etc. Alors, d'abord, il y a une question morale, quand même, avant d'arriver à la stratégie de Total. Quand Marine Tondelier parle de Patrick Poirier-Hené, donc le PDG de Total, comme d'un profiteur de crise, ça pose quand même la question de savoir si des entreprises peuvent ou non faire des profits sur des événements dramatiques, en l'occurrence ici une guerre au Moyen-Orient.

D'abord cette question morale, mais je pense qu'il est important de rappeler.

La deuxième question, c'est effectivement cette question de la taxation des super-profits, et en l'occurrence, je suis très incompétent pour pouvoir me prononcer sur la question, à savoir quand même, et c'est en l'occurrence une excellente émission de C'est dans l'air, qui était très instructive sur le sujet, où Thomas Porcher, l'économiste, rappelait que dans les années 70, les Etats-Unis avaient déjà taxé les majors pétrolières lors du précédent choc pétrolier, et qu'en 2022, l'Union Européenne avait taxé d'un tiers les sur-profits, c'est-à-dire tous les profits réalisés au-delà de 20% par rapport à l'année dernière, et ça avait rapporté tout de même la bagatelle de 28 milliards d'euros, ce qui est tout sauf négligeable.

J'en reviens sur la stratégie de Total Energy. En communication, on appelle ça une stratégie B2C2G. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire Business to Consumer to Government. Je mets les sous-titres. Ça veut dire qu'il y a toute une stratégie de la part de Total à s'adresser directement aux consommateurs en disant, regardez, nous plafonnons les prix, à 1,99€ le litre en l'essence et à 2,25€ le diesel, mais qui est une façon indirecte de s'adresser in fine au gouvernement pour éviter en réalité la question de la taxation. Et dans une interview à Sud Oise, Patrick Poignet a été très explicite.

Il a dit, en cas de surtaxe, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement de nos stations en France. Donc là, c'est tout trouvé. Et effectivement, il y a cette question de savoir d'un acteur qui cherche à éviter la régulation en cherchant à jouer la question directement auprès des consommateurs. Ce qui pose tout de même, je le dis d'un mot, la question de l'inéquité. Parce qu'on peut se rendre compte que Total Energy, en faisant tout de même, j'ai les chiffres sous les yeux, au premier trimestre 2026, des bénéfices nets d'un total de 5,8 milliards d'euros qui est en augmentation de 51%. Ça lui permet de perdre un peu d'argent en plafonnant le prix.

Ce que d'autres stations de services indépendantes qui ne sont pas producteurs ne peuvent pas se permettre. Donc, ça pose quand même aussi la question de l'inéquité entre Total Energy, les stations à essence, Total Energy et le reste. Manuel Servéra-Marsat, je rappelle que vous êtes l'auteur du populisme de gauche, sociologie de la France insoumise, que vous avez fait paraître à la découverte en 2021. La France insoumise, elle semble assez seule dans sa stratégie de blocage des prix. Est-ce que vous arrivez à savoir pourquoi ?

Ce qu'on lui rétorque, notamment chez les écologistes, c'est que ce n'est pas une mesure écologiste et même que ce ne serait pas, justement, pour comprendre le mot de Natacha Vala, une mesure équitable puisque même les riches en profiteraient.

9:12
Présentateur

Oui, effectivement, la France insoumise, elle est assez seule aujourd'hui à réclamer des mesures aussi fortes à l'encontre de Total. Et en même temps, moi, j'ai envie de vous dire, ce qui m'étonne, c'est qu'elle n'aille pas plus loin en réalité, la France insoumise parce que Total, c'est la quintessence de tout ce qu'il y a de plus haïssable pour moi dans le monde qui est le nôtre. Vous en avez parlé avant moi, il y a la question de l'évasion fiscale, mais ce n'est pas juste que Total n'a pas payé un euro d'impôt à la France depuis plusieurs années.

C'est pire que ça, c'est que l'an dernier, le gouvernement français a subventionné, il est le sponsor de Total à hauteur de 400 millions d'euros sans aucune contrepartie. Par des aides publiques. Les aides publiques. Le deuxième point, on en a parlé aussi, c'est quand même que c'est des gens qui sont des spéculateurs de guerre. Ils ont fait un milliard à un coût spéculatif sur le fait que la guerre allait se déclencher. Donc ces gens font du profit. Enfin, je suis désolé de le redire, mais parce qu'il faut que ça nous rentre bien profondément.

10:04
Invité

Donc pour vous, ce serait la bonne option, ce serait la taxe sur les super profits.

10:07
Présentateur

La taxe ne serait pas du tout suffisant. Je vais vous dire pourquoi. C'est aussi parce que ça, il faut le mentionner, c'est quand même, Raphaël Lorca a dit Total Energy. Vous savez que Total, moi pour mes enfants qui se baladent dans la rue, Total, c'est quoi ? C'est des éoliennes et des panneaux solaires parce qu'ils sont matraqués de spots publicitaires, des affiches et des spots télé sur les... Alors qu'en réalité, Total a été condamné l'an dernier par la justice française pour greenwashing. C'est une première et c'est très bien parce que Total produit 97% d'énergie fossile et 80% de ses investissements sont dans l'énergie fossile. Donc c'est l'industrie du mensonge.

On nous parle sans cesse de fake news et de désinformation mais elle est là l'industrie des fake news et de la désinformation. Et enfin, c'est tout ce qu'il y a de plus pourri dans le néocolonialisme français puisque parlons en une phrase du Mozambique mais le projet actuellement au Mozambique sur le gaz sous-marin qui va polluer soit dit en passant plus que ce que ne fait l'Union Européenne entière en une année. Ce projet, il se fait en expropriant plus de 500 familles, en finançant une force armée, la Joint Tax Force qui est devant la justice pour des faits de violations de droits humains extrêmement graves, des meurtres de civils, de la torture. On parle de ça en fait.

Donc taxer, enfin moi je veux bien, ça c'est le début en fait, taxer. Ensuite, il faut nationaliser et même nationaliser, j'ai envie de vous dire que ce n'est pas suffisant. Pour une fois, on va ouvrir la fenêtre de Vorton sur la gauche et pas sur la droite. Il faut nationaliser mais sans indemnité parce qu'ils s'en sont mis suffisamment plein les poches et il faut nationaliser mais en mettant l'entreprise sous contrôle des travailleurs parce que trop souvent quand on nationalise, on laisse à la tête de ces entreprises des dirigeants qui sont des hauts fonctionnaires qui font des portes tournantes entre le privé et le public et ça il faut les mettre en fin.

11:41
Invité

Michel Cotta, de vous entendre parler de nationalisation en 2027 pour cette campagne qui s'ouvre, ça doit vous rappeler des souvenirs ? Oui, ça rappelle tout à fait des souvenirs mais à tout le monde je crois. A vrai dire, moi je suis bien embarrassé après vous avoir entendu tous les trois parce que je ne vois pas la bonne solution et je ne vois pas de solution du tout à vrai dire.

D'abord, la nationalisation, franchement, moi je n'y crois pas du tout, je crois même ça contre-productif, ça s'est très mal passé finalement de 80 à 83, on est revenu sur à peu près tout, on n'a jamais vu les avantages exacts de la nationalisation, en revanche, on a vu une déperdition et souvent un échec des nationalisations, donc je ne crois pas.

Baisser la TVA, alors là on rejoint effectivement le problème de la dette en France, alors c'est vrai que François Bayrou est le seul à avoir alerté sur cette dette, mais enfin il y est partiellement parvenu puisque maintenant les Français en sont conscients, mais baisser la TVA, ça veut dire baisser les ressources de la France et donc on retombe sur la dette. C'est 10 milliards d'euros de recettes en moins, c'est d'ailleurs le RN qui l'a chiffré.

Au bout du compte, pour retourner au débat avec Jean-Luc Mélenchon, quand on dit, Jean-Luc Mélenchon dit mais non la dette on ne la paye jamais, mais si, on la paye tout le temps en réalité puisqu'on paye les effets de la dette et qu'on emprunte de plus en plus cher, c'est en ça que la dette est dramatique et en tout cas elle condamne à mon avis la TVA.

Enfin les super profits, moi je suis tout à fait d'accord moralement, vous avez tout à fait raison sur Total Energy, d'accord, c'est pas bien de s'enrichir avec la guerre, c'est pas bien d'augmenter son stock juste avant la guerre comme par hasard, bon c'est d'accord mais on ne peut pas taxer les taxes financières françaises ne s'imposent pas à l'étranger. Donc je trouve que c'est une façon extraordinaire d'un populisme incroyable de faire croire qu'on peut taxer Total Energy. Et bien on ne peut pas taxer les sociétés lorsqu'elles ne font pas de bénéfices en France. LVMH peut être taxée parce qu'elle fait des bénéfices en France et elle est taxée.

Quand on ne fait pas de bénéfices en France on n'est pas taxé et on n'est pas dans un endroit où on n'est pas dans un monde où les taxes françaises s'imposent à l'étranger. Et enfin ça ne pourrait être envisagé que dans le cadre européen ou même dans un cadre plus vaste la taxation qui est à discuter et on est loin de savoir qu'on est d'accord. Bref cette situation actuelle me pose à moi des problèmes que je trouve insolubles. Un chiffre pour aller dans votre sens et pour nos auditeurs cher Michel Cotta 51% de profit en plus depuis janvier pour le groupe Total Energy mais en effet pas en France.

Votre avis là-dessus Natacha Valla et peut-être aussi d'un mot à tous les quatre sur cette proposition d'européaniser Total Energy est-ce que ce serait comme une nationalisation européenne ? C'est une proposition des écologistes puisque eux souhaitent qu'on réoriente les bénéfices de Total vers la transition énergétique. Natacha Valla Au moins ça a le mérite de faire le pont sur les thématiques de long terme qu'on doit aussi traiter à court terme. Je ne pourrais être plus d'accord avec ce qu'a dit Michel Cotta sur la dimension européenne.

Tout ça il ne faut pas faire croire aux Français qu'avec une petite taxe par-ci ou une grosse taxe par-là on va réorienter complètement l'équilibre des finances publiques et la capacité de la gestion des fonds publics à faire de la redistribution parce que ce n'est pas vrai parce qu'on est sur des quantités infinitésimales en réalité par rapport à l'ensemble de ce que ça doit représenter comme réflexion.

Le point fondamental derrière ce qu'on se dit depuis tout à l'heure sur l'énergie c'est que objectivement encore aujourd'hui les énergies fossiles représentent une forte proportion les énergies renouvelables sont en montée en puissance il y a des politiques pour ça mais à mon avis le modèle économique de Total je ne suis pas du tout une experte sur le secteur donc prenez ça avec un grain de salle mais il reflète grosso modo les dynamiques de marché l'état de l'offre et de la demande en fonction de structures existantes des économies qui sont sur ces marchés internationaux du pétrole donc c'est plutôt là qu'il faut agir que sur l'expression finale de cette structure qu'est l'entreprise impliquée dans la production l'extraction la distribution le commerce de l'énergie ça c'est le premier point en fait on est là je pense qu'à trop vouloir se centrer sur la question du pouvoir d'agent et à rendre de façon démagogique en fait ces questions là on s'éloigne et c'est fort dommageable de la nécessité à préserver les incitations à décarboner dans l'économie en fait on n'est pas sur le bon sujet le bon sujet c'est quoi c'est des choses de moyen terme long terme qu'on doit traiter aussi tout de suite qui sont alors il y a la coordination internationale je suis entièrement d'accord qu'on arrive à se coordonner internationalement pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et donc pousser les investissements sur la transition énergétique pour faire vite si on investit sur la transition énergétique moi je préfère investir sur la transition énergétique que d'aller faire de l'économie fiscale en face et puis il y a la question de la sobriété et de l'efficacité de la demande en énergie et là moi ce qui m'interpelle vraiment je vous assure c'est de voir que finalement ces dernières semaines on a vu les français et bien consommer moins parce que le prix était élevé et ça l'économiste aime bien ça parce que ce qui fait du mal à l'environnement ça coûte cher et donc il faut passer à autre chose alors c'est un peu douloureux de dire ça dans une période où le pouvoir d'achat est mis à mal ou en plus c'est une période électorale où c'est tellement facile d'exploiter ces thèmes politiquement mais il ne faut pas garder le thème principal en cap qui est la décarbonation de nos économies Raphaël Yurka je reviens sur cette question de la taxation parce que je pense qu'elle est politiquement très importante Michel Cotta a tout à fait raison de dire qu'en l'état nous ne pouvons pas taxer tout ce qui se passe à l'étranger c'est irrévocable et vous avez tout à fait raison de le dire pour autant est-il impossible de réfléchir à d'autres façons de taxer et là j'en veux pour preuve la proposition d'une économie qui s'appelle Anne-Laure Delatte que je trouve très intéressante où elle dit la chose suivante toute entreprise qui vend en France pourrait être imposée sur attention la part de ces profits mondiaux correspondant à ces ventes françaises parce que ce qu'il faut bien comprendre et ce que les auditeurs doivent bien comprendre c'est qu'il existe des jeux d'écriture comptable qui consistent à faire en sorte de charger de sorte que les profits réalisés sur le territoire français échappent très largement à la question de la taxation donc j'allère juste sur le fait qu'on peut changer des règles du jeu c'était toute la logique de la taxe des géants du numérique qui a été introduite en 2019 qu'on pourrait tout à fait appliquer ce type de proposition à d'autres entreprises ça c'est mon premier point et le deuxième point je voulais peut-être revenir à ce sur quoi Natacha Valla vient de terminer cette question de la sobriété au fond j'ai comparé la proposition de Lecornu 2026 avec celle de Mesmer en 1974 et c'est très intéressant parce que c'est le grand plan Mesmer qui réagit au choc pétrolier et qu'est-ce qu'on avait à l'époque on avait une analyse de la situation qui consiste à dire attention c'est pas juste un choc ça va être quelque chose de durable de un grand récit sur l'indépendance énergétique et donc avec une batterie de propositions j'ai pas la place de toutes les rappeler le plan nucléaire la limitation sur les routes les horaires décalés l'extinction de l'éclairage des monuments des monuments publics le blocage par ses dépris la création de l'agence pour les économies d'énergie ancêtre de l'ADEME qui avait ce slogan rappelez-vous c'est sa grande publicité en France on n'a pas de pétrole mais on a des idées je trouve que là il y a une formidable occasion manquée c'est-à-dire qu'on avait vraiment quelque chose de l'ordre de en 1974 on a su fabriquer une fierté nationale autour de cette question d'indépendance énergétique je regrette que le gouvernement de Sébastien Lecornu au fond l'adresse comme une question de pouvoir d'achat alors qu'en réalité c'est un des choix de société qu'on aurait pu davantage souligner je vous entends tous les deux Raphaël Yorca et Natacha Valla mais force est de constater qu'il y a une sacrée question de pouvoir d'achat dans ce pays en ce moment vous avez vu que l'inflation va franchir le seuil des 2% en mai que donc le SMIC devrait être revalorisé de 2% au mois de juillet c'est-à-dire 29 euros à peu près par mois est-ce que c'est suffisant et puis surtout il y a aussi un budget qui va être amputé d'après Sébastien Lecornu de 6 milliards d'euros à cause du coût de la guerre cette année donc des économies encore à faire sur la sécu et le budget de l'Etat Manuel Cervera-Marsal

20:32
Présentateur

je vous remercie Astrid De Vienne parce que vous me lancez exactement comme j'espérais ce n'est pas préparé ce n'est pas préparé évidemment non cette cette affaire des prix à la pompe qui augmente en fait c'est la goutte d'eau qui vient faire déborder le vase d'une crise sociale qui était déjà là avant et qui était latente et ça je pense qu'il est important de faire ce geste que vous venez de prendre de prendre un peu de recul y compris historique par rapport à ça parce que sinon on a l'impression que la crise sociale là qui couvre elle est causée par la guerre de Donald Trump contre l'Iran mais en réalité cette crise il faut déplacer le regard elle a été causée par la guerre d'Emmanuel Macron contre le peuple français et là je vais lier la discussion sur le carburant au premier dossier puisque dans le premier dossier on était sur Mélenchon et de la politique générale ça fait désormais bientôt dix ans que le président est au pouvoir on peut en tirer un bilan on peut constater que sous ses deux mandats il y a eu un million et demi de pauvres en plus dans la rue on peut constater qu'il y a 350 000 SDF c'est deux fois plus qu'au début de sa prise de fonction en 2017 on peut constater qu'il y a 2,4 millions de personnes qui ont recours à l'aide alimentaire c'est trois fois plus que quand il est arrivé au pouvoir c'est la crise c'est une crise sociale c'est évidemment pas la crise pour tout le monde puisque les 500 plus riches de notre pays sous M.

Macron leur fortune est passée de 500 milliards à 1200 milliards donc tout à l'heure on cherchait 10 milliards quelque part on les a largement j'ai envie de dire les dividendes du CAC 40 l'an dernier c'était 107 milliards tout ça c'est pas la crise pour tout le monde c'est plutôt moi ce que j'appelle une arnaque qui a été sciemment mise en place année après année à coup de suppression de l'ISF de flat tax de casse du code du travail de report du départ de l'âge à la retraite de baisse d'impôt sur les sociétés etc. on a un gouvernement aujourd'hui je finis là-dessus qui est un gouvernement qui roule pour les ultra-riches mais pourquoi ?

parce qu'on a 22 ministres sur 30 qui sont des millionnaires le patrimoine moyen des gens qui nous gouvernent aujourd'hui est de 2,9 millions d'euros c'est 16 fois plus que le patrimoine médian des français comment voulez-vous dans ces conditions que les gens qui sont au pouvoir agissent dans l'intérêt de la majorité de la population ?

22:35
Invité

ce sera pour finir l'un des sujets de cette campagne présidentielle les inégalités réquisitoires sans réponse donc allez-y Michel Cotter c'est un réquisitoire mais j'ai du mal tout de même à mettre sur le même pied la gestion d'Emmanuel Macron ne défend pas je suis d'accord avec beaucoup de vos propositions et la déclaration de Trump à l'Iran qui ne lui a pas été recommandée par ses propres militaires mais qu'il a peut-être cherché ailleurs donc je trouve quand même que c'est difficile de dire que tout ça c'est le summum de l'échec d'Emmanuel Macron et non pas le summum des hésitations et des volte-face de Donald Trump dans mon ravalure cas et puis on va passer à vos coups de cœur projetons-nous dans la campagne présidentielle de 2027 je reviens peut-être à la formule de Sébastien Lecornu la géopolitique est entrée dans le réservoir de carburant des Français ce qui fait écho à une formule que l'Elysée répète beaucoup à savoir que le bureau ovale s'était invité dans le salon de tous les Français donc on a bien le sentiment que les questions internationales qui traditionnellement dans les élections présidentielles pèsent assez peu d'ici un an effectivement il y a beaucoup de raisons de penser que ces questions internationales pèseront beaucoup dans la tonalité de campagne et les propositions qui seront apportées Merci infiniment à tous les quatre d'avoir participé à cet esprit public sur ces deux sujets le prix des carburants et la candidature de Jean-Luc Mélenchon Michel Cotta éditorialiste est-ce que vous avez un coup de cœur pour nos auditeurs je cite votre dernier ouvrage Les derniers grands chez Plon Alors mon coup de cœur c'est pas loin de l'actualité finalement c'est un spectacle du théâtre de poche Montparnasse qui est Antigone d'Anouille où on voit qui a été écrit pendant la collaboration en 1944 et où on voyait déjà des rapports entre la résistance et l'occupation mais là on voit beaucoup de rapports entre la jeunesse anarchiste et qui n'aime peu les compromis et le gouvernement plus modéré plus vieilli et effectivement parfois dépassé Une pièce de théâtre à Paris Natacha Valla doyenne de l'école du management et de l'impact de Sciences Po vous siégez au conseil d'administration de LVMH et de Vinci de route Moi c'est un petit roman ça s'appelle La galerie des modèles par un auteur pas très connu qui s'appelle Raphaël Saint-Rémy mais très talentueux qui avait écrit un magnifique livre sur le Gréco que je recommande aussi et là c'est cinq maquettes de l'école des ponts qui parlent une maquette d'écluse une maquette de ponts un phare ça nous fait voyager tout en restant dans cet espace du sixième arrondissement de Paris Des ingénieurs donc merci beaucoup Manuel Servera-Marsal sociologue professeur à l'université de Liège je cite votre dernier ouvrage pour une démocratie sauvage une sociologie charnelle au coeur des luttes et des conflits ainsi que le populisme de gauche sociologie de la France insoumise les deux à la découverte

25:49
Présentateur

Et mon coup de coeur c'est un livre un petit livre par son épaisseur mais grand par tout ce qu'il contient un couple panafricain Myriam Makeba et Stokely Carmichael en Guinée ce livre il paraît chez une petite maison d'édition indépendante qui fait un formidable travail Robocric et il est signé par ma collègue chercheuse au CNRS spécialiste des littératures africaines Ella Roberto c'est une biographie croisée donc de la chanteuse sud-américaine Myriam Makeba et du militant révolutionnaire Stokely Carmichael mais c'est pas juste une biographie c'est vraiment c'est un livre à la fois qui fait un geste historiographique très fort qui est aussi un geste politique c'est très souvent les luttes antiracistes elles ont été racontées depuis les capitales du nord Londres New York Paris et là c'est depuis la Guinée depuis Conakry qu'elles sont revisitées

26:30
Invité

Merci beaucoup Raphaël Yorca essayiste expert associé à la fondation Jean Jaurès où vous êtes co-directeur de l'observatoire marque imaginaire de consommation et politique votre dernier livre aux éditions de l'aube le roman national des marques Oui mon coup de coeur est un court essai signé Benoît Elbrun il est philosophe et professeur de marketing à l'USCP Europe et il signe le poison de la reconnaissance co-édité aux éditions de l'aube et à la fondation Jean Jaurès qui est un essai très intéressant très estimant très à rebours pour essayer de cerner les risques de faire de la reconnaissance l'ultime horizon politique j'en dis pas beaucoup plus mais c'est quelque chose de très intéressant Et bien moi mon coup de coeur c'est une pièce de théâtre également en quête de famille jusqu'au 17 mai au théâtre La Reine Blanche à Paris et au mois de juillet pendant le festival Off d'Avignon du 4 au 22 juillet dans la cité des papes je pense que vous apprécierez la formidable mise en scène d'Elisabeth Bouchot tirée du livre de Jacques Attali sur l'affaire Paul Chardin le violoniste intitulé Le livre de raison Merci de nous avoir suivis comme tous les dimanches sur France Culture vous venez d'écouter l'esprit public une émission disponible en podcast sur le site de France Culture et sur l'application Radio France Dimanche prochain à 11h nous vous proposons une double émission sur l'état du débat public en France premier volet savons-nous encore dialoguer second volet le 24 mai polémique est-ce un concept qui nous empoisonne merci infiniment au service de documentation de Radio France qui nous a aidé à préparer ces deux émissions très bel après-midi à l'écoute de France Culture merci pour votre fidélité