Glucksmann : star des plateaux, pas des élections
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans... Et aujourd'hui on cherche un homme politique, l'indice apparaît sur vos écrans pour vous à la maison. Et c'est parti, top ! Je suis, je suis l'exploit de la gauche pour la droite, la copie conforme de Macron pour les autres. J'ai l'exposition médiatique de Sarah Knafo et à peu près autant d'existence politique. Je parle beaucoup, je donne des leçons à LFI, mais dès qu'il s'agit de commenter mes propres résultats, je deviens muet comme une carpe. J'aime les autocrates géorgiens, la guerre et l'Europe, je suis, je suis... Jospin ? Ah bah non, Raphaël Glucksmann.
Ah putain.
Bah presque. Bonjour et bienvenue dans le récap, nous sommes le mardi 24 mars et j'ai une bonne nouvelle pour vous. Raphaël Glucksmann n'était sur aucune matinale ce matin. Bah ouais, je sais, ça fait du bien. C'est un peu comme le petit filet d'air qui vient vous caresser la nuque en pleine canicule. Bah ouais, je dis ça parce qu'on suffoque un peu pendant l'entre-deux tours des municipales. Il était absolument partout, il a squatté tous les plateaux, deux télés, deux radios, la totale. Tout ça pour sans cesse répéter la même chose.
Nous, à Place Publique, on a une ligne qui est très claire, c'est-à-dire que nous excluons toute fusion avec la France insoumise. Il n'y a pas de percée insoumise, c'est un récit qui est imposé et qui est repris par des journalistes paresseux et intériorisés par des dirigeants politiques. Il est fatigué. Eh bien non, non, il n'y a pas de vent insoumis qui souffle sur ce pays. Nous n'avons aucune raison d'avoir peur. Écoutez, qui pense sincèrement qu'il y a une menace fasciste au moment où nous parlons sur la ville de Toulouse, par exemple, quand M. Moudinck est candidat ? Je veux dire, les mots ont un sens.
Bon, vous avez compris la chanson. Dès la fermeture des bureaux de vote après le premier tour, Raphaël Glucksmann s'est mis à répéter comme un disque rayé qu'il ne fallait surtout pas faire alliance avec LFI. Et lundi matin sur France Inter, il a dit ça.
Quand vous jouez sur les non-juifs, quand vous bafouez les principes républicains, vous n'êtes pas la gauche. Ce n'est pas notre famille, ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre tradition. Donc, ça veut dire des gauches irréconciliables ? Mais pour moi, ils ne sont pas de gauche. Enfin, je veux dire, qu'est-ce que c'est que la gauche ?
Si la gauche, c'est la lutte pour l'émancipation, si la gauche, c'est la République, si la gauche, c'est la fin de l'assignation à résidence identitaire, si la gauche, c'est le progrès, si la gauche, c'est d'assumer la construction européenne jusqu'au bout, nous sommes la gauche, nous sommes la gauche qui peut gagner, nous sommes la gauche républicaine, mais ce n'est pas la gauche. Ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre famille. Ils ont quitté les rives de cela. Ils ont quitté les rives de cela et il faut le dire une fois pour toutes.
Raphaël Glucksmann, l'arbitre autodésigné de la politique, le chantre de la pureté idéologique et grand patriarche de la famille. De gauche, c'est exprimé, il a tranché. LFI n'est pas de gauche, rien que ça. Alors, on ne sait pas bien de quoi ni de qui il parle avec ces histoires de famille et de tradition. Et surtout, on ne sait pas bien où il a vu qu'il pouvait s'inclure lui-même dans la gauche. L'ancrage politique de Glucksmann, c'est encore Pierre-Emmanuel Barré qui en parle le mieux.
Il n'est pas anticapitaliste, donc il est capitaliste, donc il est de droite, voilà.
Mais s'il en faut un peu plus pour vous convaincre, on peut demander aux macronistes ce qu'ils en pensent de Glucksmann. Au hasard, le député européen Bernard Guetta est donc collègue de Raphaël Glucksmann à Bruxelles.
Pourquoi est-ce que Raphaël Glucksmann n'est pas avec nous ? Moi, je me le demande, parce qu'on l'a rappelé, au Parlement européen, neuf fois sur dix, ils votent les mêmes textes que nous. Alors, quand on a dit, c'est fâché tout rouge, comment, etc., etc., ben oui, parce que ça l'embarrassait. Mais évidemment qu'ils votent neuf fois sur dix comme nous.
Oh ben, la grande surprise, dites donc. Raphaël Glucksmann qui vote comme les macronistes. Oh ben, les bras m'en tombent. Qui aurait pu prédire ? Ben, en fait, un peu tout le monde. Enfin, tous ceux qui ne gobbent pas aveuglément les pseudos-analyses des éditorialistes de plateau de télé et qui s'intéressent un peu plus en détail à la politique. D'ailleurs, nos collègues du Monde Diplomatique, dès 2018, à la création de Place Publique, eh ben, ils titraient « Un autre Macron est possible ». On pouvait d'ailleurs y lire. Après la formation d'Emmanuel Macron, voici Place Publique, fondée en novembre par l'essayiste Raphaël Glucksmann.
L'un domine le centre-droit, l'autre investit le centre-gauche où la désintégration du Parti Socialiste laisse un vide et des classes moyennes cultivées désemparées. Alors voilà, petit point sémantique très rapide. C'est pas parce qu'il y a gauche dans l'intitulé, centre-gauche, que ça veut dire que c'est vraiment la gauche. Il y a une aile gauche et l'air, par exemple. Ça veut pas dire qu'on est de gauche. Et on a déjà parlé du cas de Villepin ici. N'y revenons pas tout de suite. Eh ben, l'aile gauche du centrisme, c'est pareil.
C'est toujours pas la gauche, surtout à une époque où la fenêtre d'Overton s'est tellement déplacée que le programme de LFI, désormais classé à l'extrême-gauche par le Conseil d'État, on le rappelle tout de même, c'est l'équivalent de celui de Mitterrand en 1981, donc des socialistes. Je me contenterai de citer les camarades de Contre-Attaque pour conclure, sur un nichiquier politique normal, ce pitre de Glucksmann et ses copains seraient considérés comme appartenant à la droite radicale, libérale, autoritaire et militariste. J'avais pas mieux sur ce coup-là. D'ailleurs, c'est pas pour rien que Raphaël Glucksmann a fait ses armes politiques en léchant les bottes de la droite.
En 2003, quand il soutient Bush et la guerre en Irak. En 2008, avec Sarkozy, qu'il décrit comme quelqu'un qui brise les tabous en faisant preuve de liberté et d'insolence. À peu près au même moment où il est le conseiller d'un président autoritaire en Géorgie, Michael Chakashvili, qui mène une politique néolibérale effrénée et résolument pro-occidentale. Le tout, évidemment, en sabrant les droits des travailleurs et en réprimant au passage ses opposants. Faut pas s'étonner que quelques années plus tard, en 2014, Glucksmann déclare au magazine du Monde « ça ne m'a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites ».
Et après, on se demande pourquoi il se fait virer à chaque fois qu'il met les pieds en manif. Faut pas s'étonner, encore une fois, c'est juste les gens qui vibrent. Un an plus tard, en 2015, c'est la grande bascule. D'un coup, l'affreuse chenille libérale a mué en jolis papillons gauchistes pro-révolution. Ça doit être sûrement parce qu'il a vibré en Ukraine juste avant pour renverser le pouvoir au sein du mouvement Euromaïdan. Il a gagné ses galons, comme dirait l'autre, tellement que le monde écrit qu'il a fait des soulèvements nationaux, son fonds de commerce. Avec Glucksmann, évidemment, tout se vend, tout s'achète, même la révolution.
Et alors, après ça, c'est un nouvel homme qui revient en France. Dommage, on ne lui avait rien demandé. Mais enfin, ce n'est pas nous qui choisissons. Il tourne donc le dos à Sarko, déçu de son œuvre, et il déclare s'être rallié à la gauche par dépit. D'ailleurs, il répète, à qui veut bien l'entendre, qu'il n'était pas de droite jusque-là, mais juste athée en politique à ses débuts. Encore une fois, toute ressemblance avec le locataire actuel de l'Elysée n'est absolument pas fortuite. C'est juste une autre version du ni de droite ni de gauche, dont on connaît désormais les effets.
D'ailleurs, en 2017, Glucksmann se dit fier de l'élection de Macron, tout en disant avoir soutenu le socialiste Benoît Hamon. Alors, je ne vais pas vous retracer tout le parcours de Glucksmann. Je ne ferai jamais mieux que ma collègue Gwen dans son émission. Ce n'était pas mieux avant. Foncez la revoir sur la chaîne YouTube du Média. Mais je lui laisse quand même la primeur pour vous expliquer comment Place Publique est passée d'un simple satellite arrimé sur l'aile droite du Parti Socialiste à une vraie fausse composante de la gauche.
En 2022, après l'élection présidentielle, il soutient l'union de la gauche et la création de la NUPES, malgré ses réserves vis-à-vis de la France insoumise. Il leur reprochait déjà, en 2018, une porosité à la propagande du régime syrien de Bachar el-Assad. Et en vrai, au-delà de ça, c'est surtout que LFI est un parti très critique de l'Union européenne et de ses institutions, alors que Glucksmann est un fédéraliste européen et convaincu. C'est finalement l'explosion de la NUPES qui permet à Glucksmann de revenir sur le devant de la scène à la faveur des élections européennes de 2024.
Je m'en souviens très bien parce que la reconduction de Glucksmann comme tête de liste par l'EPS n'allait pas du tout de soi. Initialement, le Parti Socialiste soutenait une liste commune de la NUPES avec LFI aux européennes de 2024. Une liste qui aurait probablement pu être menée par une figure des écologistes, comme le souhaitaient d'ailleurs les insoumis. Mais face au refus des écologistes et aussi des communistes, l'EPS a finalement décidé de réinvestir Glucksmann. À ce moment-là, les sondages prédisent trois parties de gauche grosso modo à égalité. Les insoumis, les écologistes et les socialistes ayant des intentions de vote aux alentours de 10% chacun.
Et je me souviens très bien en lisant les articles de presse de cette époque que du jour au lendemain, tout le monde s'est mis à parler que de Glucksmann. L'EPS était alors crédité quelque part entre 9 et 10% dans les sondages. Certes un peu plus qu'en 2019, mais ça restait un score assez faible pour un parti comme l'EPS. Et pourtant, tout d'un coup, on a vu fleurir un peu partout des articles élogieux parlant d'une dynamique Glucksmann. D'un Glucksmann qui avait le vent en poupe. D'un Glucksmann qui allait redresser la social-démocratie. Pour moi, en fait, c'était choquant parce que c'était la première fois que j'assistais en direct à une création médiatique.
Ça ne vous rappelle rien, cette histoire de création médiatique montée de toutes pièces à partir de rien, si ce n'est un rejeton mal fini du Parti Socialiste ? Ben si, quand même, cherchez bien. Enfin, c'est évident. For sure. Ben oui, encore Macron. Décidément, ça fait beaucoup de coïncidences et très peu d'éléments permettant de classer Glucksmann à gauche. Enfin, peu importe, ça n'empêche pas le petit prodige des médias de surfer sur la vague artificielle pour exister. Alors, il s'auto-désigne comme la gauche qui peut gagner dans la matinale de France Inter et il ne parle pas des municipales quand il dit ça. Ben non, parce que ce n'est pas de son rang.
Il vise, lui, directement l'Elysée, un peu comme son mentor non officiel, encore une fois. Mais pourtant, c'est quand même intéressant les municipales. C'est parlant, après tout, c'est le dernier scrutin en date. Et là, Glucksmann, si volubile pour donner des leçons à LFI, devient soudainement très, très discret. Alors, peut-être, peut-être que c'est parce que son parti, Place Publique, ne représente que 0,3% des élus de gauche, des municipales et que, par conséquent, Raphaël Glucksmann et ses alliés, c'est à peu près autant de poids politique que des partis comme Lutte Ouvrière, le NPA ou Révolution Permanente.
Et si vous voulez mon avis, c'est bien dommage que ceci n'est pas le dixième de la couverture médiatique offerte au premier. Et ce n'est pas mieux d'ailleurs si on remonte aux législatives puisque même en profitant des alliances de gauche qu'il trahit systématiquement, évidemment, place publique, c'est toujours pas grand-chose. Deux députés sur 577, 0,34% de l'Assemblée nationale. Elle est belle, la gauche qui peut gagner. Mais si Raphaël Glucksmann est autant médiatisé, c'est parce qu'il incarne une gauche inoffensive, celle qui ne dérange personne. Il est le visage du virage social-démocrate d'un parti socialiste qui n'a d'ailleurs plus grand-chose de socialiste.
Glucksmann, c'est juste un Macron nouvelle version.
C'est quand même pas compliqué l'analyse politique. Si David Pujadas, il chie dans un ramequin et il me répète 500 fois que c'est une île flottante, quand je vais la goûter, je vais dire elle a quand même un bon gros goût de merde ta crème anglaise, David. Glucksmann, il n'est pas de gauche et le caca, c'est du caca.
Et on fait une petite pause avant de continuer avec le reste de l'actualité. Si vous aimez le récap et que vous avez envie qu'on continue de discuter ensemble, de connaître les coulisses de l'émission ou même de choisir et de proposer des sujets, je vous attends sur le canal Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos. Et d'ailleurs, vous le savez, sans vous, pas de récap et pas de média non plus. Depuis plus de 8 ans, notre chaîne télé tient bon en Indé dans un paysage audiovisuel toujours plus concentré, et réactionnaire. Chaque jour, nos plus de 25 travailleurs et travailleuses mènent la bataille de l'info. Mais pour continuer, nous avons besoin de vous.
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Ce matin, sur France Inter, l'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, disait ne pas exclure une primaire et a proposé un comité de liaison avec Renaissance, Horizon et le Modem. Une proposition partagée par plusieurs de ses parties. À droite, Laurent Wauquiez appelle à une candidature unique de la droite et du centre pour 2027. Même son de cloche du côté de Bruno Retailleau, le président des LR, qui estime qu'il sera nécessaire de se rassembler derrière un candidat unique et autour d'un projet qui sera puissant. Pour Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, ce serait Édouard Philippe le mieux placé pour mener cette bataille.
Mais Bréjon appelle elle aussi l'ensemble des chefs de parties du socle commun à se mettre autour de la table, donc de Gabriel Attal à Bruno Retailleau, en passant évidemment par le fameux Édouard Philippe, par le Modem aussi et par François Bayrou. On en reparle dans nos prochaines émissions. Après les pays du Mercosur et de l'Inde, c'est au tour de l'Australie de signer un vaste accord de libre-échange avec l'Union européenne. En début de semaine, la présidente de la commission, Ursula von der Leyen, s'est félicitée de la trilogie commerciale. Ce traité, en discussion depuis près de dix ans, pourrait ouvrir largement le marché à des importations agricoles, notamment concernant la viande.
Les syndicats agricoles européens dénoncent depuis le début des concessions inacceptables faites à l'Australie pour certaines filières sensibles et l'effet cumulatif des accords commerciaux européens. La Confédération paysanne parle même d'un grave danger pour l'élevage français et européen. Ce texte doit encore être validé par les États membres et ratifié par les Parlements avant d'entrer en vigueur. Assiste-t-on à un revers politique pour la première ministre italienne, Georgia Meloni ? Dimanche 22 mars et lundi 23 mars, les Italiens et italiennes étaient appelés à se prononcer par référendum.
Un vote aux urnes donc sur une réforme constitutionnelle de la justice portée par la chef du gouvernement d'extrême droite. Ce projet mettait à mal l'indépendance de la justice du pays en modifiant son organisation et les modalités de désignation des magistrats. C'est finalement le nom qui l'a emporté avec environ 53,7% des suffrages contre 46,3% pour le oui avec une participation record pour ce type de scrutin plus de 59%. Un résultat qui marque une défiance à l'égard du gouvernement de Meloni.
Les Italiens ont tranché et nous respectons cette décision mais cela ne change rien à notre engagement de continuer avec sérieux et détermination à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié a déclaré Georgia Meloni sur X à la suite de ce scrutin. Et on termine ce récap avec l'actualité internationale. Les bombardements israéliens se poursuivent en Iran et au Liban. Israël a annoncé son intention d'établir un contrôle militaire sur une large zone frontalière au sud du Liban. Une stratégie assumée par le ministre de la Défense qui a déclaré ce mardi que les forces armées israéliennes entendent s'emparer d'une ligne de défense avancée.
En réponse, le Hezbollah a affirmé qu'il combattra pour empêcher Israël d'occuper le sud-Liban. Selon le ministère libanais de la Santé publique, 886 personnes ont été tuées et plus de 2140 personnes blessées en une vingtaine de jours de combat. S'ajoute à ce bilan un million de personnes déplacées au sein du pays. Ce mardi, le secrétaire général de l'ONU a de nouveau appelé à une désescalade immédiate. La guerre au Moyen-Orient doit cesser, la diplomatie doit prévaloir, a alerté Antonio Guterres. Et merci d'avoir regardé cette édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé.
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