Marine Le Pen veut continuer à défendre les Français ! - Aleksandar Nikolic (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:40OuverteÉludée
Est-ce que ce soir, Marine Le Pen est abattue ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Si elle est touchée, c'est qu'elle a été surprise ?
- 2:12RelanceRéponse partielle
C'est étonnant d'aller sur ce terrain-là de comparaison ?
- 3:45OuverteRéponse directe
La manière dont vous organisez votre riposte avec cette pétition ?
- 4:19OuverteÉludée
Est-ce que vous pouvez nous dire combien de signataires ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Parlez des soutiens inattendus du RN dans cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57InvitéFait
« Quand vous avez des réquisitions plus politiques que judiciaires qui vous interdiraient, si elles sont suivies, de pouvoir vous présenter à la présidentielle »
- 1:06InvitéChiffre
« Dans un sondage aujourd'hui de Cluster 17-Le Point, vous êtes la personnalité politique préférée des Français, comme c'est le cas de Marine Le Pen, que vous êtes donné vainqueur »
- 2:18InvitéFait
« S'il y a plus de deux tiers des Français qui n'ont pas confiance en la justice, c'est qu'il y a aussi une raison. »
- 2:50InvitéFait
« L'accusation qui vient de Martin Schulz, qui est quand même un politique au Parlement européen »
- 3:59Invité politiqueFait
« Les réquisitions du parquet ont pour but d'affaiblir le RN, de faire taire l'opposition et d'écarter la candidature de Marine Le Pen. »
- 4:36InvitéFait
« Les Françaises se sentent privées du droit de voter pour la candidate qui représente leurs idées. »
- 5:38PrésentateurFait
« Il serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible et ainsi ne puisse pas se présenter devant le suffrage des Français. »
- 5:49PrésentateurFait
« Combattre Mme Le Pen se fait dans les urnes. »
- 6:41PrésentateurFait
« Une peine d'inéligibilité ne doit pas être appliquée avant expiration de tous les recours prévus par la loi. »
- 7:29InvitéFait
« Nous parlons de réquisition, c'est-à-dire de la position du parquet qui est une partie à l'audience et pas d'un jugement qui sera prononcé dans plusieurs mois. »
- 7:41InvitéFait
« Le fait qu'il y ait une inéligibilité avec exécution provisoire est quelque chose d'extraordinaire, précisément parce que ça va à l'encontre de cet effet suspensif. »
Temps de parole
- Présentateur34 %
- Aleksandar Nikolic17 %
- Invité16 %
- Invité 215 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
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Alexandre Nicolique, merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes député européen à Rassemblement National. On a vécu un drôle de moment, nous, hier soir, puisqu'au moment où nous avons pris l'antenne, les réquisitions du parquet sont tombées. On a parlé d'inéligibilité pour Marine Le Pen. Bien évidemment, tous les journalistes politiques qui étaient là se sont dit inéligibilité. 2027, elle ne figurera peut-être pas au banquet des survivants, au second tour de la présidentielle 2027. Et on a vu les premières images au début de cette émission hier. Il y a 24h, Marine Le Pen qui sort du tribunal, les yeux rougis, manifestement très émus et qui semblait abattu.
Est-ce qu'avant de parler de politique, est-ce que vous, vous avez senti, humer ça, la chef du parti, est-ce que ce soir, elle est abattue ?
Ah non, elle est loin d'être abattue, elle est combative. Évidemment, elle a été touchée par ses réquisitions. Enfin, écoutez, quand vous avez des réquisitions plus politiques que judiciaires qui vous interdiraient, si elles sont suivies, de pouvoir vous présenter à la présidentielle, alors que dans un sondage aujourd'hui de Cluster 17-Le Point, vous êtes la personnalité politique préférée des Français, comme c'est le cas de Marine Le Pen, que vous êtes donné vainqueur, qu'il n'y a jamais eu une telle défiance envers Emmanuel Macron, évidemment qu'avec l'espoir qu'elle peut incarner, elle se dit, non mais s'ils suivent ça, ce serait inadmissible.
Et je pense qu'elle est touchée pour la démocratie dans notre pays. Et elle est touchée, mais toujours combattie. Vous savez, Marine Le Pen, elle en a vu d'autres. Et je peux vous dire qu'elle continue à avoir envie de défendre les Français. Elle est prête, évidemment. Et on peut avoir l'espoir que la justice ne suivra pas cette absurdité qu'on a vue hier.
Mais donc si elle est touchée, c'est que d'une certaine manière, elle a été surprise. Elle ne s'y attendait pas.
Écoutez, mais je vous donne un exemple. Il y a une semaine, je regardais ça comme ça, dans l'Ariège, il y a eu un viol, enfin un procès pour un viol au tribunal de foi, pour un viol, deux ans avec sursis, donc pas de la prison ferme. Marine Le Pen est condamnée à la prison ferme. Et juste une amende pour payer les dommages et intérêts pour un viol. Marine Le Pen, on l'accuse de quoi ? Il faut rappeler quand même les faits. Il n'y a pas de... Il n'y a aucun...
C'est étonnant d'aller sur ce terrain-là de comparaison. Je ne sais pas si c'est le meilleur exemple.
Ah non, non, désolé, parce que vous savez, s'il y a plus de deux tiers des Français qui n'ont pas confiance en la justice, c'est qu'il y a aussi une raison. Et les Français peuvent se dire quand même qu'à un moment où il n'y a aucun profit personnel dans cette affaire, la condamner à de la prison ferme à ce point-là et faire en sorte qu'elle soit inéligible et que tous les prévenus soient inéligibles, alors qu'encore une fois, il n'y a aucun emploi fictif, aucun des prévenus qui a tiré un profit personnel de tout ça, c'est juste un problème administratif avec une différence de vision.
Et je rappelle juste l'accusation qui vient de Martin Schulz, qui est quand même un politique au Parlement européen, et on nous a accusé de ça, donc on a regardé un peu les autres, et là on a vu que le modem c'était pareil, donc la majorité, parce que le modem est dans la majorité, et la gauche avec LFI c'était pareil. Donc au final, il y avait une habitude de pratique, c'est-à-dire de considérer, c'est pas fou, de considérer que quand on élit un député européen, eh bien les collaborateurs travaillent pour ce député européen, mais sont aussi des militants politiques
et qui défendent les idées des députés que les Français ont élus. Alexandre Nicolique, restez sur ce plateau. Dans quelques instants, nous allons avoir ce débat qui vous tient à cœur, qui est celui du deux poids deux mesures, ou d'une justice anti-RN. On va l'avoir, parce que figurez-vous qu'on a un ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel qui dit que c'est extrêmement sévère, il n'est pas le seul, donc on va en parler, de la sévérité de la peine, on va en parler des gens ici, dans la diversité des éditorialistes, qui ont des points de vue différents, donc on ne va pas éluder ce débat, on va y aller. Mais d'abord, un mot...
La manière dont vous organisez votre riposte avec cette pétition qui a été lancée, annoncée aujourd'hui, accompagnée de ces mots, les réquisitions, c'est sur les réseaux sociaux, avec le compte du Rassemblement national, les réquisitions du parquet ont pour but d'affaiblir le RN, de faire taire l'opposition et d'écarter la candidature de Marine Le Pen. L'heure est grave, montrons à ceux qui voudraient contourner la démocratie que la volonté du peuple est plus forte, avec cette petite flèche, donc qui indique aller signer cette pétition. Alors, on a tout essayé ce soir, nous, dans l'équipe de l'émission, pour essayer de voir combien il y avait de signataires, c'est impossible.
Est-ce que vous, vous pouvez nous le dire ?
Je n'ai pas regardé à jour, en tout cas, au regard du nombre de messages qu'on peut recevoir, on sait qu'il y a un engouement par rapport à ça, parce que les Françaises se sentent privées du droit de voter pour la candidate qui représente leurs idées. Et je le dis vraiment, on peut vraiment...
Mais vous avez quelques chiffres, on est à 1000, on est déjà... Non, moi je n'ai aucun chiffre, je réponds honnêtement. Je ne suis pas, mais...
Non, mais je réponds honnêtement. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'au regard de l'engouement, je le disais, on peut voir sur les réseaux sociaux aussi, où d'ailleurs les hashtags « Je soutiens Marine » font partie des premiers hashtags aujourd'hui. — Vous avez lancé, vous, hein ? — Oui, bien sûr, mais ce n'est pas nous qui sommes derrière chaque personne. — Non, non, mais c'est une opération de communication que vous avez lancée d'ailleurs.
— Non, non, parce que c'était une demande aussi populaire. — Je voudrais qu'on parle, avant d'entamer le débat, je voudrais qu'on parle des soutiens inattendus. Des soutiens inattendus du Rassemblement national dans cette affaire depuis que ces réquisitions ont été prononcées hier, en fin d'après-midi, peu avant 20h, voilà, des peines de prison ferme, vous l'avez rappelé, des amendes très élevées pour Marine Le Pen, mais pour des tas de personnalités du Rassemblement national. et l'inéligibilité. D'abord, tout à fait inattendu, celui qui vous combat depuis des années, l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
Je ne sais pas si on peut montrer le tweet de Gérald Darmanin, mais alors moi, j'en suis tombé de ma chaise. Il serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible et ainsi ne puisse pas se présenter devant le suffrage des Français. Combattre Mme Le Pen se fait dans les urnes. Par ailleurs, si le tribunal juge qu'elle doit être condamnée, elle ne peut l'être électoralement sans l'expression du peuple. N'ayons pas peur de la démocratie et évitons de creuser encore plus la différence entre les élites et l'immense majorité de nos concitoyens. Ça, c'est Gérald Darmanin. Je voudrais maintenant vous montrer, dans un autre registre, Jean-Luc Mélenchon.
Alors là, je n'en suis pas tombé de ma chaise, je suis tombé de 10 étages. Jean-Luc Mélenchon, je ne sais pas si on a son tweet, la France insoumise, voilà ce qu'il a dit. Mme Le Pen et le Rassemblement national seraient condamnés pour les délits que la justice leur reproche, mais qu'elles soient décrétées inéligibles restent à l'appréciation du juge. C'est bien, contrairement au RN, nous sommes contre les peines automatiques. Voilà, enfin, il y a en France et dans le monde un doute sur l'action de la justice dans le champ politique. Ces décisions devraient donc s'appuyer sur des principes constants.
Une peine d'inéligibilité ne doit pas être appliquée avant expiration de tous les recours prévus par la loi. Sinon, la crise politique serait aggravée sans aucun avantage pour la société. Mélenchon et Darmanin disent, cette peine d'éligibilité, c'est too much. Qu'est-ce que vous en pensez, M. Le Borgne ?
Écoutez, moi je ne veux pas me placer dans un jugement de valeur, mais il est clair qu'il y a un principe, c'est qu'en matière pénale, l'appel est suspensif. Alors j'explique ce que ça veut dire, c'est que si on fait un appel, la peine prononcée par les premiers juges n'est pas appliquée jusqu'au moment où la décision sera définitive, où les recours auront été épuisés. Et je veux d'ailleurs au passage, parce qu'on l'a dit, mais peut-être que ce n'est pas clair pour tout le monde, nous parlons de réquisition, c'est-à-dire de la position du parquet qui est une partie à l'audience et pas d'un jugement qui sera prononcé dans plusieurs mois.
Alors le fait qu'il y ait une inéligibilité avec exécution provisoire est quelque chose d'extraordinaire, précisément parce que ça va à l'encontre de cet effet suspensif. D'ailleurs, il n'y a pas que la candidature éventuelle de Marine Le Pen, enfin éventuelle, en 2027 à la présidentielle, il y a son actuel mandat parlementaire. Et là, le Conseil constitutionnel juge, contrairement à d'autres d'ailleurs, mais juge que lorsqu'il y a une inéligibilité, cette inéligibilité doit faire abandonner le mandat lorsque tous les recours ont été épuisés. Ce qui fait que cette notion, cette précipitation... Je crois qu'il faut quand même penser à une chose. Le parquet a deux rôles.
Dire ce qu'il pense de la gravité des choses, requérir une peine, et peut-être aussi une sorte de point de vue moral qui consiste à demander une peine lourde, ce n'est pas lui qui la prononce, c'est le juge qui décide. Et ne disons pas, parce que ça c'est quand même un point important, que les juges jugent avec un arrière-fond politique.
Et on va en parler de ça, mais restons quand même sur ces deux prises de parole de Jean-Luc Mélenchon et Gérald Darmanin. Vous l'aviez vu venir, vous, ces deux hommes, en première ligne, pour défendre d'une certaine manière le Rassemblement national ?
Non. Après, une fois la surprise passée, les dix étages chutés, la chaise cassée dans le salon, on peut se poser aussi la question de se dire... Jean-Luc Mélenchon, il a une affaire aussi sur le Parlement européen, qui est un peu différente de celle du RN, mais qui est dans le même esprit. Il se dit aussi, si on décide tout d'un coup de l'exécution provisoire pour ce genre de peine, à quoi sert la présomption d'innocence ? Parce que j'explique, vous êtes condamné, vous faites appel, donc vous êtes présumé innocent jusqu'à la fin de l'appel. Sauf qu'avec l'exécution provisoire, vous êtes quand même puni.
Et si vous gagnez en appel, c'est trop tard, on vous aura privé de votre mandat, et les dégâts qui auront été causés par cette décision seront irréversibles. Qu'on soit ou pas pour l'inigibilité, il y a une discussion en se disant, est-ce que l'inigibilité, comme en Suisse, ça a été développé par Sarah Knafo hier soir, la Suisse a supprimé en 2007 l'inigibilité en peine complémentaire. Moi, je ne suis pas contre l'inigibilité, mais je ne comprends pas cette volonté d'exécution provisoire. Que l'inigibilité soit un fait et une décision, une fois que tout a été épuisé, comme vous le disiez, M.
Lebois, c'est-à-dire la Cour de cassation, la plupart du temps, en vérité, une fois que la Cour de cassation a décidé de terminer, la personne rend son mandat. Ce que développe l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel est intéressant. Il dit que, un, on a eu une vision extrêmement...
Oui, alors là, je le dis parce qu'on est perdus. On est en train de parler des soutiens qui ont été exprimés vis-à-vis de Marine Le Pen après cette réquisition du parquet, soutien de Jean-Luc Mélenchon, qui dit l'inéligibilité bof, et soutien de Gérald Darmanin, qui a toujours ardemment combattu le Rassemblement national et Marine Le Pen, qui dit, de la même façon, il faut que les juges s'en sortent avec une décision de justice, mais pas d'inéligibilité. Ça, c'est au peuple de statuer. Donc voilà, c'est soutien inattendu. Et nous avons Jean-Éric Schöttl, qui est un ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, qui publie une tribune ce soir dans le Figaro.
Le parquet veut-il exclure Marine Le Pen du jeu démocratique ? Encore une fois, ce n'est pas un pantin.
Il pose la question.
Ce n'est pas un élu, ce n'est pas un chef liot de canton. C'est un ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, et qui dit qu'en requérant, outre la peine de prison, l'exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité, le parquet de Paris a fait preuve d'une sévérité excessive, selon ce monsieur du Conseil constitutionnel. Je vous rends le micro. J'aimerais, Carole Barjon, vous entendre là-dessus aussi.
Oui, alors, juste un mot sur Jean-Éric Schöttl, que vous venez de citer. Et il ne discute pas le détournement de son public. Dans son texte, il dit, ça, je ne le discute pas. En revanche, ce qui le choque, c'est la lourdeur des peines qu'il juge disproportionnées. Pour en revenir juste quand même à Gérald Darmanin et Jean-Luc Mélenchon. Bon, Jean-Luc Mélenchon, il y a deux ou trois messages, là, dans son tweet ou dans son communiqué. Oui, il y a à la fois, je suis contre l'automaticité des peines, et c'est assez logique, puisqu'il est contre les peines planchées que réclame la droite. Donc ça, c'est déjà un premier message qu'il glisse au passage.
Deuxièmement, Arnaud Stéphane l'a rappelé tout à l'heure, lui aussi a quelques soucis sur le plan judiciaire, même s'ils ne sont pas exactement de même nature. Et puis par ailleurs, il y a le côté anti-système de Marine Le Pen. Et Jean-Luc Mélenchon, il est anti-système aussi. Donc, je pense que ça fait quelques raisons pour lesquelles il peut... Voilà. Et Gérald Darmanin ? Et Gérald Darmanin ? Et Gérald Darmanin ? C'est autre chose. Tout le monde veut parler de Gérald Darmanin. On peut peut-être revoir ses mots, d'ailleurs. Les voici. Il est un élu du Nord.
Il serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible et ne puisse pas se présenter devant le suffrage des Français. Combattre Mme Le Pen se fait dans les urnes. Si le tribunal juge qu'elle doit être condamnée, elle ne peut l'être électoralement sans l'expression du peuple. Voilà.
En tout cas, au cas où la justice, les juges, confirmerait ou reprendrait les réquisitions du parquet et où Marine Le Pen serait inéligible, là, Gérald Darmanin a pris un petit coup d'avance. C'est-à-dire que, voilà, il semble, pas la défendre, mais enfin, il est choqué par la violence des réquisitions à son encontre. Et évidemment, on sait très bien que Gérald Darmanin veut une droite populaire et qu'il veut récupérer un électorat. Oui, mais attendez. Donc il s'adresse. Non, mais il y a un électorat. Charles Sapin, il s'adresse d'une certaine manière aux électeurs de Marine Le Pen.
En fait, Gérald Darmanin, c'est exactement... Moi, je vais aller dans le sens de ce que vous venez de dire. C'est-à-dire qu'il a créé un parti politique qui s'appelle Populaire. Or, Gérald Darmanin, c'est un message envoyé aux électeurs de Marine Le Pen parce qu'il voit très bien ce que le Rassemblement National fait depuis ce matin, depuis même hier soir. C'est une logique populiste dans le sens où, dans sa défense, le Rassemblement National va mettre en sête une opposition sempiternelle entre peuple et élite. Un peuple qui est rêvé comme pur et qu'il faut laisser s'exprimer de la façon la plus directe possible.
Et des élites qui, aujourd'hui, dans cette décision de justice, a le visage de juges qui détourneraient l'intérêt général à leur intérêt propre pour maintenir une supposée caste au pouvoir. Or, Gérald Darmanin donne finalement le point. Il essaye de maintenir des ponts avec des classes populaires parce qu'il est dans une entreprise politique et, à mon avis...
– Alors, finalement, moi, je m'étais figuré que dans un élan de pureté pour préserver la démocratie, voilà, Mélenchon et Darmanin soutenaient Marine Le Pen et, en fait, vous me dites que c'est du bas calcul électoral. – Mais c'est dégueulasse !
– C'est aussi une façon de se préserver, parce qu'on ne sait jamais de quoi fait l'avenir. – Non, mais moi, je pense que... – C'est de la politique ! – Carole Barjon a expliqué quelque chose qui me paraît très intéressant par rapport au système. C'est-à-dire, il faut voir que dans l'entreprise de dédiabolisation du Front National, en devenant notamment Rassemblement National, par moment, les historiques, c'est-à-dire les électeurs historiques du Rassemblement National, se sentaient un petit peu perdus. Là, c'est une manière de dire, nous restons le parti dont ne veut pas le système politico-médiatico-judiciaire. C'est aussi un petit coup de...
Je pense que si c'est bien joué d'un premier de communication, ça peut être une séquence intéressante pour la Rassemblement National. – Excusez-moi d'être naïf, mais est-ce que ce n'est pas impossible juste que Darmanin, Mélenchon, M. Schottel trouvent effectivement que c'est un petit peu lourd comme sanction et qu'interdire... – Ce n'est pas une sanction, c'est des réquisitions, pardon. – Non, mais des réquisitions, c'est important, parce que... – Regardez ce qui s'est passé avec le modem. Vous avez des réquisitions qui étaient extrêmement importantes. – Oui, ça peut être suivi. – Il y a même eu, dans les réquisitions, des peines d'inéligibilité avec des exécutions provisoires.
Et au final, lors des condamnations, en effet, vous avez eu de l'inéligibilité, mais avec sursis. – Non, mais alors, effectivement, c'est des réquisitions, mais il ne peut pas se dire que le lourd. – Vous voulez en venir, vous voulez en venir. – Je dis juste qu'il faut arrêter, au Rassemblement National ou ailleurs, de prendre des réquisitions du parquet comme une condamnation. – Non, mais Charles, cette chambre, c'est la chambre de l'affaire Big Malion. L'affaire Big Malion, tout le monde a ramassé très très fort. – Vous voulez dire les juges ? – Non, les dernières décisions que j'ai eu, c'est la chambre. – Je ne fais confiance en la justice, je pense qu'ils ne suivront pas.
Mais rien que d'avoir ce type de réquisition, ça en dit long quand même. On voit cette procureure qui dit, pour M. Jalc, qu'elle ne peut pas demander la relaxe, parce que ça lui ferait trop mal, enfin si ce n'est pas vraiment une position qui est politique,
pour Jean-François Jacques j'ai été précis. – C'est un seul pour lequel on a dit ça.
– Excusez-moi, mais juste, je ne sais pas pour qui elle a voté dans des élections syndicales, mais quand vous avez un tiers des magistrats dans notre pays qui votent pour le syndicat de la magistrature, qui prend une position à présidentiel et qui dit qu'il faut lutter absolument contre le Rassemblement National, et qui est même contre la prison, donc qui est en train d'une radicalité sur l'application de la justice, on peut quand même aussi se dire qu'évidemment que beaucoup de magistrats ont une vision politique, et que la vision politique, elle s'exprime par ses exécutions provisoires dans les réquisitions, parce qu'elle ne laisse même pas la possibilité de faire appel, c'est-à-dire que même s'il y a un appel, les personnes qui seraient condamnées à l'inéligibilité perdraient leur mandat, et Marine Le Pen donc perdrait son mandat de députée, comme tous les autres, M.
Alliot perdrait son mandat de maire, et si on suit cette inéligibilité, il ne pourrait même pas se représenter à Perpignan, Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter à la présidentielle, est-ce que vous connaissez une autre démocratie, où le principal favori, mais qu'est-ce qu'on aurait dit si c'était en Russie, ne peut même pas se présenter à l'élection, alors qu'il n'y a aucun enrichissement personnel, je veux dire, les affaires graves récemment, je suis désolé parce que ça vient du PS au Parlement européen, excusez-moi de rappeler quand même que Mme Kayili, du PS, vice-présidente du Parlement européen, elle, on lui a retrouvé 150 000 euros chez elle, qui venait vraisemblablement du Qatar, et ça, c'est de l'enrichissement personnel, je pense que les électeurs du PS qui ont élu des députés européens, qui au final s'enrichissent, ont beaucoup plus de regrets que les électeurs du Rassemblement national qui ont élu des députés européens, avec des collaborateurs qui ont travaillé pour leurs députés, et qui ont ensuite milité, parce que oui, chez nous, on défend des idées, et ces idées, elles nous amèneront au pouvoir, parce que c'est des idées qui sont majoritaires aujourd'hui dans l'opinion.
Je voudrais d'abord qu'on écoute des gens qui sont interviewés dans la rue à Hénin-Beaumont, dans le fief de Marine Le Pen, parce que, bien évidemment, ça n'est qu'un micro-trottoir, et si jamais cette décision de justice, cette réquisition a été confirmée par une décision de justice, ce genre de réaction, nous l'entendrions davantage. Écoutez.
— Il y a quand même 11 millions de Français qui ont voté pour elle. — Ce serait dérangeant de l'enlever du paysage politique, parce qu'on est vraiment habitués. Elle est quand même mieux que son père.
— Ils sont après elle, c'est tout. — Ouais, bah. De toute façon, ils veulent tous la détruire. — Alexandre Nicolique, nous sommes avec un magistrat qui s'appelle Aurélien Martigny. Je vous prie de m'excuser. Aurélien Martigny est vice-procureur du tribunal judiciaire de Melun, secrétaire adjoint de l'Union syndicale des magistrats à l'USM. Merci d'être avec nous. Je voudrais, et ainsi que Jean-Yves Leborgne qui est avec nous, je voudrais vous faire écouter un petit bout de notre émission d'hier soir. L'avocat Charles Consigny en a eu marre à un moment donné.
On disait « Oui, mais enfin, vous savez, arrêtons toujours d'accuser les juges, la justice, les magistrats d'être de gauche ou d'extrême-gauche. Tout ça est ridicule. » Et on a dit « Bon, finalement, les juges appliquent la loi ». Et Consigny a dit cela, je voudrais vous le faire écouter, et après on commente, on parle bien évidemment de la partialité des juges, car c'est un petit refrain qu'on entend beaucoup depuis hier.
Il faut faire attention aussi à ne pas diviniser les magistrats. À entendre certains, on a l'impression que le juge, parce qu'il ne fait qu'appliquer la loi, est un être exempt de tout défaut, de tout biais et de toute position politique. Quand on lit les communiqués des syndicats de magistrats, on a quand même un petit doute sur ce sujet-là. Le juge, heureusement, a une marge d'appréciation. Sinon, on a des peines automatiques. Et il est de toute éternité pénale qu'on adapte évidemment les sanctions aux faits et à la personnalité de la personne qu'on juge. Donc, heureusement, il n'y a pas de peine automatique. Donc, le juge a sa marge d'appréciation.
Et moi, je pense que quand même, dans l'ensemble, je ne parle pas de ce tribunal-là, mais je pense que dans l'ensemble, il y a dans la magistrature française un énorme biais, qui est plutôt un biais de gauche, avec des juges qui sont socialement et politiquement très homogènes et qui vont tous dans une certaine direction. Ce sont des auditeurs de France Inter pour schématiser à l'excès, parce que vous l'avez demandé.
Qui écoutent plus, disait-il, la matinale de France Inter que les autres matinales. Bon, voilà. Il le disait de façon assez douce. Il ne dit pas que les juges sont tous des gauchistes et qu'il faut prendre.
Mais quand même avec beaucoup de conviction. On va peut-être faire répondre Aurélien Martigny à ce que disait Charles Consigny. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
– Non, mais il a raison sur un point. Je suis un magistrat et j'ai des défauts. Je ne suis pas parfait et je ne suis pas un être divin. Et les magistrats ne me sont pas non plus. Mais simplement, moi, je suis le scolaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats, qui représente 63% des magistrats de ce pays. Et dans nos statuts, il y a la politique. Et donc je défie quiconque de nous classer à droite ou à gauche. Et pour vous dire les choses, nous avons des adhérents dont les convictions politiques sont à droite, d'autres dont les convictions politiques sont à gauche. Mais notre ligne, c'est la politique.
Ça n'est pas la ligne de tous les syndicats dans la magistrature, j'entends bien, mais vous avez ce soir face à vous quelqu'un qui est le représentant d'un syndicat majoritaire, ultra majoritaire, je ne sais pas combien d'autres syndicats d'une profession donnée font 63% aux élections, qui est à politique. Donc moi, ce procès des magistrats qui seraient politisés, je ne peux pas l'entendre parce que précisément, j'ai dans mon ADN, j'ai dans l'ADN de mon organisation syndicale, la politiste. Et nous ne prenons pas position politiquement.
Mais c'est toujours facile, ça, Aurélien Martini ? Je pense que c'est une question que pas mal de gens se posent en nous regardant. Est-ce que c'est toujours facile de faire fi un de ces convictions politiques lorsqu'on prend des décisions de justice et de faire fi de la personne que l'on a en face de nous ?
Alors, non, c'est difficile. C'est difficile, mais nous, nous considérons que c'est le devoir du magistrat, ça. Que l'indépendance qu'il doit... L'indépendance, ce n'est pas un droit pour le magistrat, c'est un devoir. L'indépendance qu'il doit aux citoyens, c'est justement que quand il juge, le citoyen ne puisse pas se dire « j'ai été jugé par un juge de droite ou par un juge de gauche, on a requis contre moi, c'est un procureur de droite, c'est un procureur de gauche ». Pour nous, c'est essentiel à l'œuvre de justice. Donc, si vous voulez, c'est pour ça que je reçois assez mal ce procès en politisation, d'abord parce que nous sommes, encore une fois, apolitiques, est-ce que c'est facile ?
Non, c'est difficile parce que nous avons tous des préjugés, nous avons tous des idées, mais il faut aussi savoir penser contre ses opinions et contre ses idées. Alors, encore une fois, oui, c'est difficile, mais nous devons le faire. Et la première chose que nous faisons, nous, pour le faire, c'est que nous ne prenons pas parti dans le champ politique. Nous sommes entendus par tous les parlementaires qui nous demandent notre avis, nous envoyons des courriers pour proposer des choses à tous les parlementaires représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat, sans distinction. C'est pour nous extrêmement important. Donc, vous voyez que... Mais Aurélien Martini, je ne peux pas le recevoir.
Aurélien Martini, très bien. Soit, et vous l'avez dit fort brillamment et avec beaucoup de pudeur, vous avez dit, mon syndicat, notre syndicat fonctionne comme ça. Vous avez même dit qu'il n'y avait pas que votre syndicat, même s'il est ultra majoritaire. Et moi, je suis très impressionné par ce vieux texte que vous connaissez aussi bien que moi, qui s'appelle la harangue de Baudot.
Oscar Baudot, ce magistrat qui, dans les années 60, crée une organisation syndicale de juges, dans laquelle il dit très simplement à ses juges d'être partiaux, de prendre parti, de préférer le pauvre ou riche, de préférer, etc., de prendre parti, avec une pensée qui imprègne toujours une partie des magistrats de gauche. Voilà. Alors, bien évidemment, quand nous, les journalistes, on regarde une affaire dans un tribunal, on ne va pas dire quel magistrat appartient à tel syndicat. Ce serait grossier, inacceptable. Mais quand même, il y a aussi peut-être, j'ai envie de dire, ce risque pour certains prévenus ou condamnés, non ? Oui, vous avez raison, c'est un risque.
Mais la harangue de Baudot, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Ce n'est pas parce qu'on est riche qu'on est coupable, qu'on est pauvre, qu'on est innocent, ou l'inverse. Ça, ce sont des préjugés qui sont inacceptables de la part d'un magistrat. Je ne veux pas être plus clair. Cette harangue de Baudot, évidemment, je ne la reprends pas à mon compte, parce que c'est faire prévaloir ses propres préjugés. Et ça, c'est inacceptable. Quand vous êtes devant un tribunal, vous devez avoir la conviction, sinon il n'y a plus de justice, vous devez avoir la conviction que celui qui vous juge, eh bien, il est impartial. Et il vous juge selon les éléments objectifs du dossier.
C'est pour ça que nous avons dans notre ADN la politice. Et vous comprenez qu'il m'est assez désagréable d'entendre, les magistrats sont politisés, alors que précisément, j'appartiens à une organisation, je suis membre du bureau national d'une organisation qui est ultra majoritaire, qui est l'État politique. J'entends bien que certains peuvent prêter le flanc à la critique, mais ça n'est pas le cas de l'immense majorité des magistrats. Ne faisons pas de cas isolés, parce qu'il peut y avoir des magistrats qui font état de conviction politique, j'en conviens, mais ne faisons pas de cas isolés une majorité. – Merci beaucoup pour votre honnêteté, monsieur le juge.
Merci beaucoup Aurélien Martini, qui, je le rappelle, est vice-procureur du tribunal judiciaire de Molin. Réaction de maître Leborgne.
– Il est clair qu'il y a une certaine tendance à gauche dans la magistrature. Ça, c'est un point. Mais ce qu'il est aussi clair, c'est que les magistrats sont pénétrés d'une sorte d'inquiétude. ils veulent être aussi objectifs que possible. Mais quelle que soit la volonté que l'on ait, vous ou moi et tout le monde, d'être objectifs, d'être neutres, on ne peut pas réprimer des sentiments premiers. Et alors, ce qui me paraît intéressant dans le débat qui est général ce soir, à la suite de ces réquisitions, c'est qu'au fond, on met en cause une sorte de réquisition peut-être excessive, de la part du parquet. Mais le parquet est une partie au procès. Les avocats sont aussi partisans.
Ils sont de l'autre côté. Et finalement, la problématique du juge, c'est précisément de faire attention à ne pas sombrer dans un côté, dans l'autre, dans la passion de s'interdire. – L'avocat du Parlement européen, même lui, disait justement qu'il n'était pas pour l'exécution provisoire. C'est-à-dire que le parquet va encore plus loin. Vous vous rendez compte quand même ? – Oui, mais le parquet émet un avis. – Bien sûr, bien sûr. – On avait le syndicat majoritaire, enfin le syndicat magistratuaire, c'est quand même 30%. Le syndicat du Follum-Mur-des-Cons, quand même, c'est 30%. – L'inéligibilité, il y a deux choses dans ces réquisitions. Il y a le principe de n'inéligibilité.
En 2017, une nouvelle loi a dit, lorsqu'il y a une condamnation pour des faits de cette nature, il y a une sorte d'automatisme, d'inéligibilité, sauf si le juge motive son refus de le prononcer. Donc on est dans une situation où le fait de requérir l'inéligibilité n'est pas en ce moment un scandale, c'est conforme à la loi. Que le juge le retienne, ça, c'est une autre histoire, et on verra lorsque le jugement sera rendu. Le problème, c'est cette sorte d'impatience, de précipitation, de volonté d'exécution du condamné immédiatement, nonobstant l'appel qui n'aurait plus aucune importance, et le pourvent en cassation. Alors, il y a un excès.
Attendons de voir si les juges ne sont pas capables de résister à l'excès.
Carole Barjon, vous vouliez réagir aussi à ce qu'on vient en avant ? Non, en fait, j'aurais voulu demander à M. Martigny... Ah, vous voulez carrément poser une question ! Non, mais son avis sur ce qu'a dit la procureure, même si c'est un sous-dossier, dans le gros dossier du Rassemblement national, mais quand même ce qu'a dit la procureure sur le dossier de Jean-François Jalc, quand elle a dit « je n'ai pas d'élément contre vous, mais ça me ferait mal de vous libérer ». Vous demandez la relaxe. Bon, voilà.
Ce à quoi Marine Le Pen a fait référence lorsqu'elle est sortie et qu'elle a pris la parole pour la première fois, c'est un élément, effectivement, sur lequel le Rassemblement national va forcément insister ? Mais parce que ça dit quelque chose. Ça dit quelque chose de ce qu'il y a dans la tête de cette procureure.
Moi, depuis hier soir, je ne peux pas m'empêcher de penser à cette phrase de François Mitterrand, en 1995, lors de son dernier Conseil des ministres, quand il dit « méfiez-vous des juges, ils ont tué la monarchie, ils tueront la République ».
Oui, alors, moi, je ne suis pas forcément d'accord avec ça, parce que, juste, j'ai fait une parenthèse, mais il n'est pas exclu que les... On ne sait pas ce qui va se passer, mais il n'est pas exclu que les juges du tribunal fassent de la politique, et pas du tout au sens où on l'entend généralement, c'est-à-dire à gauche, syndicats de la magistrature, etc., mais mesurent la situation politique et la portée qu'aura leur décision sur la vie politique. Ça n'est pas du tout exclu. Et dans ce sens-là, ce ne sont pas forcément les faits judiciaires qui le retiendront avant tout, mais peut-être leur appréciation de la situation politique et de la vie démocratique.
Est-ce que les juges outrepassent leur périmètre ? Non, c'est une question qu'on peut se poser. Dans l'affaire Fillon, la question, ce n'est pas de savoir si Fillon est innocent ou pas. La question, c'est pourquoi une telle célérité se met en œuvre compte tenu du calendrier politique ? Est-ce que les juges sont mandatés pour juger de toute urgence Fillon ?
Vous avez un avocat qui s'appelle Hervé Léman qui a été juge d'instruction et qui raconte très très bien dans un livre qui s'appelle Le procès Fillon, la manière dont le juge Tournaire attend la fin de la permanence de la juge qui est de permanence pour pouvoir reprendre la main et le dossier en main ensuite ? Méfiez-vous des juges comme vous émettez les affaires. Maître Leban, c'est vraiment le boulot des juges de prendre en compte le contexte politique et la situation dans laquelle Marine Le Pen pourrait se trouver et ses 11 millions d'électeurs ?
Je ne sais pas comment il faut entendre votre question. Qu'ils cèdent à leur préférence politique, ça c'est clair que c'est l'inverse de leur mission. Maintenant, qu'ils considèrent que politiquement, au regard de la démocratie, le prononcé d'une inéligibilité ne serait pas conforme à l'idée qu'ils se font de la liberté et de la capacité de choix des citoyens. Ça c'est tout à fait possible. Moi, je n'exclus pas, alors je suis peut-être d'un optimisme béat, mais je n'exclus pas que les juges, quelles que soient ses réquisitions, prennent une position contraire où la notion politique ne sera pas complètement absente. Il ne s'agira pas d'une notion politique pour sauver Marine Le Pen.
Il ne s'agira pas d'une réaction pro-Rassemblement national. Mais ça pourrait être une réaction. Il est vrai que les faits qui nous sont déférés, alors même qu'ils seraient constitués, alors même que tout le monde serait coupable, ne sont pas de telle nature qu'il faille bouleverser toute la vie politique française. Et au fond, cette vision qui est plus sociologique, plus référencée à une philosophie de la démocratie qu'a véritablement une pensée politique, c'est-à-dire une pensée partisane, me paraîtrait tout à fait respectable. Dans un instant, merci maître.
Aleksandar Nikolic