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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 19 juin 2018 64 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleImmigration & asile

Y a-t-il un problème Wauquiez ? #cdanslair 18.06.2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 21 %Attaque 53 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:55OuverteRéponse partielle

    Comment en arrive-t-on à limoger sa numéro 2 six mois après son arrivée ?

  • 4:04OuverteRéponse partielle

    Lui perd aussi dans cette histoire ?

  • 4:57RelanceRéponse partielle

    Pourquoi est-ce que c'est compliqué pour Wauquiez de rassembler ?

  • 6:36OuverteRéponse directe

    Pourquoi Jean Léonetti récupère-t-il le poste de numéro 2 ?

  • 9:10OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce limogeage est positif pour clarifier la situation à la tête des Républicains ?

  • 17:04RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a un problème de méthode avec Laurent Wauquiez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18PrésentateurFait
    « Six mois après son élection à la tête des Républicains, Laurent Wauquiez affronte sa première grosse crise. »
  • 0:23PrésentateurFait
    « La numéro 2 de son parti, Virginie Calmels, a dit tout le mal qu'elle pensait de sa ligne politique et de sa méthode à la tête du parti. »
  • 0:34PrésentateurFait
    « L'ancienne juppéiste censée incarner l'aile pro-européenne et modérée a donc été limogée. »
  • 0:55PrésentateurFait
    « Les ténors l'accusent de faire le jeu du FN et jouent en solo. »
  • 1:04PrésentateurFait
    « Les sondages ne sont toujours pas très encourageants pour la droite. »
  • 1:33PrésentateurChiffre
    « Selon le dernier sondage IFOP pour votre magazine, Laurent Wauquiez est largement devancé par Valérie Pécresse. »
  • 1:45PrésentateurFait
    « Selon votre dernier sondage, l'image de Laurent Wauquiez se dégrade encore davantage auprès des sympathisants de droite. »
  • 3:33InvitéFait
    « Il faut quand même incarner un visage de la droite qui soit un peu plus libéral, européen, ouvert ou centriste, qu'on est en train de perdre. »
  • 4:44InvitéFait
    « Il lui faut donc mettre la barre plus à droite, essayer de récupérer des gens du côté du Front National. »
  • 7:35InvitéChiffre
    « Une élection avec 75% des suffrages, quelques partiels dont il faut relativiser l'importance, mais quand même qui donnaient plutôt un signe positif. »
  • 8:21InvitéChiffre
    « On a aujourd'hui que 21% des Français considèrent que Laurent Wauquiez est sincère. »
  • 8:52InvitéFait
    « La ligne n'est pas parfaitement exécutée par Laurent Wauquiez, mais aussi parce que le Front National, au moins son socle électoral, résiste et n'est pas retourné vers la droite. »
  • 10:02InvitéFait
    « Il descend dans les enquêtes d'opinion. »
  • 13:48Invité politiqueChiffre
    « D'après un récent sondage, une majorité de Français le trouvent inquiétant, autoritaire. Seuls 29% le trouvent sympathique et 25% sincère. »
  • 18:51InvitéChiffre
    « 55% de la droite attend de Macron quelque chose. »
  • 24:04InvitéFait
    « J'ai regardé le nombre d'interventions de Laurent Wauquiez extrêmement faible depuis qu'il est président. »
  • 28:47InvitéFait
    « La France doit rester la France et il faut faire une campagne là-dessus. »
  • 30:45InvitéFait
    « Moi, j'ai théorisé l'idée qu'il y avait deux droites et qu'elles étaient réconciliables. »
  • 32:11InvitéChiffre
    « Il récolte 21% d'opinions favorables devant Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. »
  • 33:37InvitéFait
    « Le chef, il ne tue pas tout le monde, c'est pas vrai ? Qu'est-ce que tu crois ? On ne tue pas en politique, on rassemble. »
  • 34:50InvitéChiffre
    « Elle gagne 9 points dans le sondage IFOP, personnalité. »
  • 35:30InvitéFait
    « Il essaie de réinventer une droite qui serait moins bourgeoise, peut-être moins européenne, moins libérale. »
  • 39:48InvitéFait
    « Laurent Wauquiez a pris le pouvoir, il faut le rappeler, ses cinq ans. »
  • 43:54InvitéChiffre
    « 8 sympathisants de droite sur 10 ont une bonne opinion de Nicolas Sarkozy. »
  • 45:05InvitéFait
    « Il a aimé des sympathisants de droite mais il pèse moins à l'intérieur du parti. »
  • 48:23InvitéChiffre
    « Une enveloppe de 5 milliards d'euros répartie entre 222 communes. »
  • 48:30InvitéChiffre
    « 75% sont dirigés par des maires de droite. »
  • 49:51InvitéFait
    « Moi, je veux que le gouvernement réussisse en s'appuyant sur nous. »
  • 50:18InvitéFait
    « Les Républicains, c'est un peu devenu le parti du Trocadéro. »
  • 56:30InvitéFait
    « on dira qu'on vous soutient. »
  • 57:02InvitéFait
    « Président de l'association des maires, il se bat sur les questions locales, mais il est plutôt en fin de carrière politique puisqu'il a décidé après les prochaines municipales d'arrêter la vie politique. »
  • 57:22InvitéChiffre
    « Il a la deuxième personnalité préférée des sympathisants de droite après Nicolas Sarkozy. »
  • 58:10InvitéFait
    « Il a donné des verges pour se faire battre sur cette question. »
  • 59:37PrésentateurFait
    « Hortefeux, Ciotti, Morano, n'est-ce pas une garde rapprochée un peu légère en vue de 2022 ? »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 29 %
  • Laurent Wauquiez3 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le calme n'aura été que de très courte durée. Six mois après son élection à la tête des Républicains, Laurent Wauquiez affronte sa première grosse crise. La numéro 2 de son parti, Virginie Calmels, a dit tout le mal qu'elle pensait de sa ligne politique et de sa méthode à la tête du parti. Une liberté de ton immédiatement sanctionnée. L'ancienne juppéiste censée incarner l'aile pro-européenne et modérée a donc été limogée. La tension montait depuis des semaines. Ce matin, Alain Juppé a félicité son ancienne protégée pour son courage et ses convictions.

Nicolas Sarkozy, lui, a appelé tant bien que mal au rassemblement. Le nouveau chef de file de la droite ne parvient pas à redresser la barre. Les ténors l'accusent de faire le jeu du FN et jouent en solo. Les élus locaux, eux, sont soumis au numéro de charme d'un Premier ministre déjà en campagne pour les municipales. Et les sondages ne sont toujours pas très encourageants pour la droite. « Y a-t-il un problème, Wauquiez ? » c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol. Vous êtes politologue, vous êtes directeur du centre d'études et d'analyse de CETAN.

Votre dernier livre, « Les raisons de la colère, l'élection de la dernière chance » est publié aux éditions Grassez. Catherine Ney, vous êtes éditorialiste politique sur Europe 1. On peut également vous lire dans les colonnes de Valeurs Actuelles. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Je rappelle votre dernier édito, « L'ascension de Valérie Pécresse ». En effet, selon le dernier sondage IFOP pour votre magazine, Laurent Wauquiez est largement devancé par Valérie Pécresse. Nous y reviendrons. Enfin, Bernard Sananès, vous êtes politologue, vous êtes président d'ELAB, cabinet d'études et de conseils.

Selon votre dernier sondage, l'image de Laurent Wauquiez se dégrade encore davantage auprès des sympathisants de droite. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce « C'est dans l'air en direct ». Alors, comment on en arrive à virer, limoger, chacun choisira ses mots, sa numéro 2, six mois seulement après son arrivée aux responsabilités, Roland Kérol ? Tout était écrit à l'avance au moment où elle est arrivée ?

2:09
Invité

Je pense que oui. Je pense que Madame Calmel, ce n'était pas gérable par Laurent Wauquiez. Mais il l'a prise avec joie dans sa campagne parce qu'il n'avait pas grand monde sur son côté modéré et il était très content d'afficher cette personne qui s'était illustrée auprès d'Alain Juppé. Même si, à la vérité, elle s'en était éloignée à ce moment-là. Mais enfin, ça permettait d'afficher une juppéiste comme vice-présidente. Ça l'a aidée, je pense, dans la conquête du parti. Et à partir de là, elle a un peu navigué. Elle s'est demandé si, au fond, elle n'était pas beaucoup plus d'accord avec Wauquiez qu'avec Juppé pendant toute une première partie.

Et puis, elle a été sans doute un peu choquée par un certain nombre des propos, par le côté abrupt de Wauquiez, par son côté autoritaire, son côté « j'ai raison, il n'est pas question de discuter autour de moi ».

3:08
Présentateur

Il est vraiment comme ça ? C'est ce qu'elle dit dans l'interview qu'elle accorde aux Parisiens ?

3:11
Invité

Il y a un côté autoritaire ? C'est ce qu'elle connaît, savent qu'il est comme ça. Il n'est pas seulement comme ça à Paris, il est comme ça dans sa région, et même plus encore dans sa région qu'à Paris. Oui, c'est un type qui sait ce qu'il veut, qui est sûr d'avoir raison, et qui est assez autoritaire dans la gestion des hommes et des femmes. Donc, elle a plusieurs fois, revenant plutôt sur une position modérée, je pense qu'elle s'est dit que les prochaines élections, c'est des élections européennes. Il faut quand même incarner un visage de la droite qui soit un peu plus libéral, européen, ouvert ou centriste, qu'on est en train de perdre. Et donc, elle a remis de la gomme de ce côté-là.

Il l'a recadrée, une fois, deux fois, il a vu que ça continuait. Et la méthode Wauquiez, c'est dans ces cas-là de se séparer des gens, comme on dit, de les limogés. Elle se retrouve donc à Limoges. Et lui, c'est pas bon pour son image de rassembleur.

4:04
Présentateur

Lui, il perd aussi dans cette histoire. Elle perd son poste, il perd aussi.

4:07
Invité

Vous savez, moi, je suis de ceux qui pensent, je l'ai dit plusieurs fois ici, mais tant pis, je le redis. Je pense qu'il a adopté une ligne qui est probablement la seule ligne possible pour les Républicains. Il y a aujourd'hui, dans l'électorat, je parle sous le contrôle de Bernard, il y a dans l'électorat républicain une grande attraction pour Macron, les réformes de Macron, l'électorat des Républicains actuel. Il accepte l'essentiel de la politique économique et sociale de Macron. Et dans ces conditions, il n'a pas d'espoir de retrouver des gens de ce côté-là. Il lui faut donc mettre la barre plus à droite, essayer de récupérer des gens du côté du Front National.

Seulement, seulement, en même temps, quand on est à la tête d'un parti, comme les Républicains, c'est ce que Nicolas Sarkozy lui a encore rappelé aujourd'hui, il faut en même temps montrer qu'on est un personnage rassembleur. Et ça, il faut bien reconnaître qu'il n'a pas su le faire jusqu'à maintenant.

4:57
Présentateur

– C'est pour ça que cette affaire est compliquée, Catherine Ney, pour cette raison-là exprimée par Roland Quairol, c'est l'idée de dire, eh bien, il n'y arrive pas à rassembler.

5:05
Invité

– Oui, mais moi, je pense aussi que ça rappelle aussi une rupture, que c'est quand Nicolas Sarkozy qui avait pris le parti et qui s'était séparé de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui était son numéro 2 et qui passait son temps à dire le contraire de ce qu'il disait, qu'il prenait des positions beaucoup plus libérales que sa ligne à lui, qui était plus à droite. C'est presque un remake, sauf que Nathalie Kosciusko-Morizet a été un élu, un ministre, c'était déjà quelqu'un qui avait un ancrage et qui avait des amis dans le parti, qui la soutenait.

Donc, il s'en est séparé comme numéro 2, parce qu'après tout, la politique, c'est comme une entreprise, quand vous avez un président et son directeur général qui ne sont pas d'accord, il y en a un qui saute et c'est le directeur général, ce n'est pas le président. Donc, il s'est séparé d'elle, mais il donnait à Nathalie Kosciusko-Morizet, à la fois il la faisait entrer au bureau politique, il la nommait à la commission d'investiture, donc c'était, il y avait un petit peu, elle était traitée selon son rang. Vous voyez-ce que là, Virginie Calmel, bon, elle a été la dauphine de Juppé à Bordeaux. Bon, elle ne l'est plus parce qu'elle ne s'est pas implantée à Bordeaux.

Il faut le dire, les Bordelais n'avaient pas envie et donc, et ça tombe bien parce que Juppé a envie de se représenter. Donc, elle est toujours conseillère municipale, elle est conseillère régionale, mais c'est une femme qui est talentueuse et qui a des envies de première place. Donc, elle avait envie d'être ministre, elle a pensé être ministre de Juppé quand on a cru qu'il gagnait, elle a pensé être ministre de Fillon quand elle a cru qu'il allait gagner. Quand Macron a été élue, elle a fait des offres de service. Alors là, j'en ai été, on me l'a dit, et puis ça n'a pas marché, elle s'est rabattue sur Wauquiez qui était le numéro 1.

Et là, je crois que c'est un cas de double méprise parce que là, Wauquiez a pensé que, eh bien, elle était son numéro 2 tellement contente d'avoir quand même un poste pour quelqu'un qui n'a pas d'ancrage. Elle lui serait fidèle et soumise. Et elle, elle a pensé qu'avec le caractère qu'elle a, eh bien, elle dominerait Wauquiez. Eh bien voilà, c'est la fin d'une histoire. Mais je pense que ça ne marquera pas longtemps les esprits parce que Madame Calmel, qui est une personnalité, elle n'avait pas de relais dans le parti, elle n'avait pas de circonscription, elle n'a jamais été élue. Donc maintenant, c'est...

7:07
Présentateur

Ça écrit une histoire. Alors peut-être qu'effectivement, à droite, certains vont effectivement tourner la page assez vite. Ça écrit cette histoire, et c'est pour ça qu'on a choisi d'en parler ce soir. Ça écrit quand même l'histoire d'une prise de fonction qui ne se transforme pas en dynamique pour l'envoquer. Ça écrit un président de parti qui a bien du mal à rassembler. C'est un épisode sans doute d'une histoire qui part peut-être un peu de travers.

7:32
Invité

Une histoire qui pourtant avait bien démarré. Une élection avec 75% des suffrages, quelques partiels dont il faut relativiser l'importance, mais quand même qui donnaient plutôt un signe positif, en tout cas où LR pouvait s'y raccrocher. Une émission télé avec plutôt des résultats positifs. Et puis une rupture dans cette ascension, dans cette gestion, qui sont les événements de l'EM Lyon. Vous savez, ces fameux propos rapportés ou pas de Laurent Wauquiez. Dont on n'aurait pu penser, et moi je dois vous dire que je pensais que ça n'aurait pas beaucoup d'impact. Que ça aurait un impact court-termiste.

8:10
Présentateur

Et vous vous êtes trompé.

8:11
Invité

Et je me suis trompé. Parce que sur l'image de Laurent Wauquiez, ça a déclenché chez un certain nombre, même des lecteurs de droite, chez des Français aussi, un doute notamment sur sa sincérité. Et on le voit dans notre enquête, vous avez évoqué tout à l'heure, on a aujourd'hui que 21% des Français considèrent que Laurent Wauquiez est sincère. La sincérité aujourd'hui, c'est une valeur très importante dans l'appréciation qu'on porte de la politique. Et puis tout avait aussi bien commencé, parce que Roland Kérol l'évoquait, la stratégie de Laurent Wauquiez semblait la seule positive.

Se dire que finalement, après l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, le Front National allait à peu près s'effondrer. Et donc il suffirait de se baisser pour ramasser les électeurs de la droite qui étaient partis vers le Front National. Et ça, ça n'a pas fonctionné aujourd'hui, on va sans doute y revenir, parce que, peut-être que la ligne n'est pas parfaitement exécutée par Laurent Wauquiez, mais aussi parce que le Front National, au moins son socle électoral, résiste et n'est pas retourné vers la droite. Et ça, évidemment, ça prive aussi Laurent Wauquiez de cette dynamique.

9:10
Présentateur

Alors depuis ce matin, on essaie de savoir si c'est positif parce qu'il y aura une forme de clarification à la tête des Républicains, ou est-ce que c'est un accro de plus, encore une fois, dans des débuts qui sont compliqués pour le patron des Républicains, Bruno Jeudy ?

9:23
Invité

C'est forcément un accro de plus, c'est au moins perdant-perdant. Alors pour Virginie Calmel, ça a été dit, Virginie Calmel se pèse peu, elle n'a pas de relais.

9:33
Présentateur

Elle fait le 20h de TF1 ce soir.

9:34
Invité

Oui, elle fait le 20h de TF1 ce soir, les Français la connaissent assez peu, et d'ailleurs, dernière dans notre classement des personnalités qu'on teste tous les mois avec l'IFOP, c'est, j'allais dire, c'est beaucoup plus embêtant pour Laurent Wauquiez, qui accumule les accrocs depuis six mois qu'il est à la tête de ce parti, et pour la première fois, peut-être, un président de parti, qui normalement, au début, est sur une trajectoire montante, il descend.

10:00
Présentateur

C'est vrai qu'il descend dans les enquêtes d'opinion.

10:02
Invité

Il descend dans les enquêtes d'opinion. C'est un phénomène assez nouveau pour des chefs de parti qui viennent juste d'arriver dans les fonctions. J'ai regardé, à peu près tous progressent, alors de manière plus ou moins importante, mais lui, c'est vrai qu'il baisse. Donc, sa ligne, qui est claire, il a été élu sur une ligne absolument claire, qui est une ligne de droite identitaire, sans doute, et c'est là qu'il y a peut-être eu une des méprises, c'est que Virginie Calmes a cru que ce serait un conservatisme libéral, alors qu'en fait, Laurent Wauquiez, il n'est pas sur un conservatisme libéral.

C'est un conservateur, affirmé, mais qui est sur une ligne identitaire, sociale aussi, un peu, il faut le dire, mais pas du tout à la sauce calmesse. Et c'est là, sans doute, que la fracture est là, même si Laurent Wauquiez, j'ai passé une semaine avec lui en Irak, et avant les événements, il sentait bien que ça allait être compliqué avec Virginie Calmes, parce que Virginie Calmes n'était pas aimée par les autres membres de l'équipe dirigeante. Et c'est vrai qu'il y a peut-être une affaire de ligne, mais il y a aussi une affaire de personne. Et la semaine dernière, il l'a vue avant cette réunion qui s'est mal passée, espérant qu'elle ne mettrait pas tout ça sur la table.

Et puis, en fait, d'elle-même, elle a mis tout ça sur la table.

11:08
Présentateur

C'est une réunion où le ton est un peu monté, il lui a reproché de voir...

11:12
Invité

Le ton est monté, et ensuite, on a eu les jours suivants, jusqu'à cette interview.

11:16
Présentateur

Alors, ça faisait bien longtemps, en tout cas, que la droite n'avait pas eu droit à une réaction le même jour de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Les deux anciens patrons de la droite ont réagi au limogéage de la vice-présidente. Virginie Calmes a donc été sanctionnée pour avoir dit ce qu'elle pensait de la méthode et de la ligne défendue par Laurent Wauquiez. Depuis quelques semaines, on l'a bien compris, le ton était monté entre le leader des Républicains et l'ancienne Juppé. C'est un divorce qui l'a pris la forme d'un communiqué un peu sec, en trois lignes, Gladys Laffitte, Walid Beressoul et Thomas Veillet.

11:50
Laurent Wauquiez

Entre Laurent Wauquiez et Virginie Calmes, le mariage politique aura duré moins d'un an. Hier soir, le numéro 1 du parti Les Républicains, Limoges, sa vice-présidente, par le biais d'un communiqué laconique, sans même la citer.

12:07
Invité

Après consultation de l'équipe dirigeante, Laurent Wauquiez, président des Républicains, nomme Jean Léonetti, maire d'Antibes et président du Conseil national, vice-président délégué des Républicains.

12:17
Laurent Wauquiez

L'épilogue de deux semaines de désaccord avec pour point d'orgue le tract de la discorde. Un slogan pour que la France reste la France et des propositions trop centrées sur les questions identitaires pour Virginie Calmes, trop à droite de la droite.

12:37
Invité

C'est vrai que ce tract est peut-être inutilement anxiogène. Moi, je m'interroge parce que je ne suis pas certaine qu'il puisse encore avoir de l'impact pour convaincre des électeurs. Et je crois qu'il faut qu'on soit plus innovants dans la façon même de porter nos idées. Je dois dire que je suis toujours aussi surpris de voir tous ceux qui ont des bouffées d'angoisse quand on met sur un document un drapeau tricolore ou qu'on ose parler de la France.

13:07
Laurent Wauquiez

Hier, c'est encore par voix de presse qu'elle critique ouvertement le président des Républicains.

13:14
Invité

Moi, j'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions car je suis pour un régalien fort. Mais je ne suis pas non plus son clone, je ne suis pas dénaturable. Et depuis son élection, il démontre au fur et à mesure qu'il semble être uniquement là pour défendre sa propre ligne.

13:32
Laurent Wauquiez

Une ligne conservatrice, droitière, opposée à celle libérale assumée de Virginie Calmelz. Mais derrière cette critique, c'est aussi une méthode qu'elle dénonce, trop autoritaire selon elle. Une image qui colle à la peau de Laurent Wauquiez. D'après un récent sondage, une majorité de Français le trouvent inquiétant, autoritaire. Seuls 29% le trouvent sympathique et 25% sincère. Pour les soutiens de Laurent Wauquiez, aucun excès d'autorité dans cette décision, légitime selon eux.

14:06
Invité

Lorsque vous privilégiez les critiques publiques aux remarques privées, il ne faut pas s'étonner que vous ne fassiez plus partie d'une équipe parce que dans une équipe, il y a un minimum syndical, devrais-je dire, un devoir de solidarité.

14:19
Laurent Wauquiez

Une crise interne qui fait réagir jusqu'aux grandes figures du parti. L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, appelle à l'unité.

14:29
Invité

Chacun fait ce qu'il croit devoir faire. Moi, je ne peux dire qu'une seule chose. J'aimerais que tout le monde comprenne cette idée simple que sans le rassemblement, rien n'est possible et qu'il faut se rassembler.

14:42
Laurent Wauquiez

Interrogation sur la capacité à rassembler et déni de démocratie pour les soutiens de Virginie Calmels, en tête Alain Juppé, dont elle est la première adjointe à la mairie de Bordeaux.

14:55
Invité

La loyauté, ce n'est pas l'alignement sur une position unique. La loyauté, c'est parfaitement conciliable avec l'expression d'une certaine diversité. Visiblement, Laurent Wauquiez considère que les Républicains, c'est son parti, qu'il en est propriétaire et qu'il est le PDG et qu'il peut tout décider tout seul. Là, visiblement, le signal qui est envoyé, c'est qu'on ne veut pas de débats d'idées, une seule tête, une seule ligne, circuler, il n'y a rien à voir en dehors de ce que je pense et ce que j'impose.

15:21
Laurent Wauquiez

Le limogéage de Virginie Calmels devra être enterriné le 30 juin prochain, date du Conseil national des Républicains, actuellement présidé par Jean Léonetti, nouveau vice-président du parti.

15:34
Présentateur

Alors d'un coup, pourquoi est-ce que c'est Jean Léonetti qui est Jean Léonetti et qui récupère un poste numéro 2 du parti des Républicains ? Est-ce que c'est fait déjà ?

15:43
Invité

C'est le seul centriste disponible dans l'actuelle direction de Wauquiez. Wauquiez l'avait déjà mis à un poste de potiche important à cause de ça, parce qu'il était un représentant de la sensibilité modérée, que c'est par ailleurs quelqu'un qui a toujours été très respecté dans les différents courants, ses prises de position sur l'éthique, etc. L'homme de la loi Léonetti. Donc, qu'est-ce que vous voulez ? Calmels, il faut la virer et il faut la remplacer par quelqu'un qui ne donne pas l'impression de renforcer encore la droite de la droite dans le parti. Donc, on prend celui qui est idéologiquement le plus proche.

16:21
Présentateur

À qui profite le départ de Virginie Calmels à part à Jean Léonetti et à qui d'autre ?

16:25
Invité

Ça, on va voir qui va monter, mais en tous les cas, ça commence... Moi, je me suis dit en lisant hier le Parisien, je me suis dit qu'elle veut partir. Elle veut partir. C'est qu'elle demande à être chassée. Donc, la question qu'on peut se poser, c'est est-ce qu'elle a un point de chute ? C'est pour aller où ? C'est pour faire quoi ? Est-ce qu'elle a une circonscription ? Ou alors, est-ce qu'elle va quitter la politique ? J'en sais rien. Je ne suis pas certain qu'elle croyait... Parce que c'est aussi une novice en politique. Quelque part, elle s'est dit bon, je vais pousser le rapport de force le plus loin possible en pensant qu'ayant été élue avec...

Je ne sais pas, je fais une hypothèse parce que si elle décide de partir maintenant, sa carrière, c'est sûr, est scellée.

17:04
Présentateur

Est-ce qu'il y a un problème de méthode avec Laurent Wauquiez ? On entendait Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, on va dire un mot sur le rôle de Nicolas Sarkozy qui revient dans ce moment de crise. Nicolas Sarkozy dire il faut rassembler. Alors, habituellement, c'est la première chose qu'on fait quand on arrive aux responsabilités dans un parti politique. On fait une photo de famille, on fait monter tout le monde. Sauf qu'on a l'impression que ça, il n'y arrive pas.

17:26
Invité

Je vais vous donner un chiffre. On a, dans notre dernière enquête, quatre sympathisants de droite sur dix. Quatre sur dix seulement qui considèrent que Laurent Wauquiez est capable de rassembler la droite. Quand on est président de parti, c'est évidemment qu'il y a pour le moins doute, voire qu'une partie de l'électorat de droite s'est déjà fait un avis sur cette question. Alors, il faut rappeler, dans le même temps, revenons y compris à Nicolas Sarkozy, qu'on disait la même chose de Nicolas Sarkozy. Il clive beaucoup. Et Nicolas Sarkozy, petit à petit, a rectifié cette image et il a réussi ce rassemblement et il l'a réussi de manière victorieuse en 2007. Or, aujourd'hui, pas en 2012.

Or, on a plutôt l'impression que Laurent Wauquiez se réaligne sur une stratégie de 2012 que sur une stratégie de 2007. La stratégie de 2007, c'était de parler en même temps, à l'époque, à la fois à des électeurs de centre-droit mais également à des électeurs qui étaient tentés par le Front National. Mais il faut bien comprendre aujourd'hui que l'exercice pour l'envoquer est extrêmement difficile. On a grosso modo une moitié de la droite, des électeurs de droite, qui considèrent que la politique économique qu'il faudrait suivre, c'est celle d'Emmanuel Macron.

Et une autre moitié qui considère qu'en matière d'immigration ou de régalien, c'est la politique de Marine Le Pen qu'il faudrait suivre. Ça rend évidemment l'équation extrêmement compliquée. On n'a jamais eu dans notre dernier baromètre autant d'électeurs de François Fillon à l'élection présidentielle, c'est-à-dire le noyau dur de la droite.

18:51
Présentateur

Qui rejoignent Emmanuel Macron ?

18:52
Invité

Qui disent, non pas qu'ils rejoignent, mais qui font confiance à Emmanuel Macron plus d'un sur deux, 55%. Et ça, c'est sous l'effet notamment des réformes. Pour autant, incontestablement, la stratégie qui était annoncée poursuivie par Laurent Wauquiez est la seule possible. D'ailleurs, l'électorat de droite le suit. Une majorité d'électorats de droite considère même que son parti ne s'oppose pas assez à Emmanuel Macron, qu'il ne s'exprime pas assez. Les Républicains, aujourd'hui, moins de 10% des Français considèrent qu'ils sont le meilleur opposant à Emmanuel Macron. Ce chiffre n'a jamais été aussi bas derrière le Front National.

Donc, je pense que le sujet n'est pas tant la ligne politique ou la tactique choisie par Laurent Wauquiez. C'est bien la manière dont il l'exerce, son style et sans doute aussi une forme de gouvernance. Laurent Carole. Vous avez repris tout à l'heure sous forme de question une phrase très connue du vocabulaire communiste qui est « le parti se clarifie en s'épurant ». À la vérité, l'histoire du Parti communiste a montré que chaque fois qu'il a fait ça, il a perdu. Et là, ils sont en train de faire la même chose. Il y a dans l'électorat de droite, il y a un attachement extrêmement important vérifié dans les enquêtes depuis des décennies pour l'unité.

On croit que ce qui est la vertu première, c'est l'autorité. Ça n'est pas le cas. La vertu première pour un chef de parti, c'est d'incarner l'unité. L'électorat de droite en a soupé des guéguerres de chefs. Il a le sentiment qu'il a payé pour ça. Si c'est pour retourner dans les guéguerres de chefs alors qu'on ne représente pas grand-chose aujourd'hui sur la scène politique, c'est épouvantable. Donc, incarner une ligne, je l'ai dit comme Bernard, en effet, il n'a pas le choix que d'incarner une ligne qui soit une ligne la droite et la droite.

Mais en même temps, il est très important qu'il se forge une personnalité de leader de parti qui fait l'unité à laquelle les électeurs aspirent, y compris quand ils sont en train de se dire « Est-ce que je continue à voter pour eux ? Macron est pas mal ? » C'est une raison de plus pour montrer qu'on est ouvert, rassembleur.

20:55
Présentateur

On vous dit qu'il se forge une personnalité de leader de parti. Je posais tout à l'heure la question sur la méthode. Ça veut dire quoi ? Ça passe par quoi se faire une autorité en réalité ? Ça passe par couper des têtes comme il le fait ? Ça passe par une capacité d'entraînement ou une capacité d'opposition ?

21:11
Invité

Je pense le contraire. Je pense que ça passe par une capacité de montrer qu'il en a assez fait sur l'autorité. On n'a plus de doute à avoir de ce côté-là. Il sait ce qu'il veut. Il le fait. Il coupe les têtes.

21:22
Présentateur

Il y a une déclaration qu'il vient de faire, Roland Quairol, pardonnez-moi, je vous coupe. Je dis « Ma détermination est totale. » Ça aussi, on sait.

21:27
Invité

Il n'y a pas d'étonnement. Là où il pourrait étonner en bien son électorat, qui encore une fois est en quête d'unité depuis des années, c'est en montrant que même s'il a sa ligne, tout le monde l'a compris, il est quelqu'un de rassembleur. Il essaye d'aller chercher les autres. Il s'agit justement au sein de ce parti de faire en sorte que ceux qui sont entre deux eaux, qui aiment bien les centristes, qui aiment bien le groupe Agir, qui aiment bien Dieu sait quoi, ils bossent avec nous. Et là, l'affaire Calmelz, il y a en tout cas quelqu'un pour qui ce n'est pas bon, à part Calmelz elle-même, c'est Laurent Wauquiez.

Et évidemment, on va avoir tous les hypocrites de la droite modérée, du centre, des libéraux, qui vont faire semblant tout à coup de découvrir ou d'adorer Virginie Calmelz parce que c'est un moyen de plus de montrer que Wauquiez est un méchant.

22:16
Présentateur

C'est un cas isolé dans le parti Virginie Calmelz, dans la déclaration qu'il vient de faire, il dit en gros qu'il ne peut pas y avoir d'aventure personnelle, etc. Est-ce qu'elle représente des états d'âme d'autres personnalités du parti, ceux qui restent ?

22:30
Invité

Alors, je vous dis ceux qui restent, beaucoup sont partis. On va le voir. Il y a ceux qui sont partis, Xavier Bertrand en tête et puis bien sûr avant tous ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe à Gérald Darmanin et d'autres. Et puis, il y a ceux qui le snobent et qui restent dans le parti mais qui le snobent ostensiblement, Valérie Pécresse, Christian Estrosi et des grands barons des collectivités que gèrent les Républicains et il y en a beaucoup. On en parlera sans doute avec les municipales qui seront sans doute des élections importantes et peut-être clés pour Laurent Wauquiez.

mais au fond, il s'est fait élire sur une ligne assez claire avec une équipe assez homogène sauf Valérie, sauf Virginie Calmetz et c'était un pari quelque part. Il était assez content. Votre photo, on les voyait tous les deux au sommet du mont Mézingue d'emmener cette jupéiste avec lui. C'est un pari.

23:21
Présentateur

Une prise de guerre.

23:22
Invité

Ça n'a pas marché et ça a duré à peine six mois lorsque Catherine Ney évoquait tout à l'heure Nathalie Kosciusko-Morizet. Ça a quand même duré un an. Vous voyez que les histoires d'amour à droite durent de moins en moins longtemps.

23:36
Présentateur

Dans ce que disait Bertrand Salanès, Bernard, à chaque fois, il faut que vous le sachiez, à chaque fois je me trompe, c'est une vieille histoire entre nous, je ne sais pas pourquoi, j'en suis désolée. Donc l'idée, c'est qu'il y a quand même un quart des Républicains qui trouvent qu'ils ne s'opposent pas. Ce sont les chiffres que vous avez donnés. En gros, qu'il n'apparaît pas comme un opposant compliqué pour Emmanuel Macron. Pourquoi on ne l'entend pas ? Mais pourquoi on ne l'entend pas ? Oui, oui, oui.

24:04
Invité

Alors Laurent Wauquiez, on ne l'entend pas. Alors moi, je lui ai posé la question. Je vous disais, j'ai passé quelques jours avec lui et c'est vrai que j'ai regardé le nombre d'interventions de Laurent Wauquiez extrêmement faible depuis qu'il est président. Vous parliez de l'émission sur France 2. Il a fait deux, trois grands rendez-vous mais assez peu, quelques-unes. Et lui, il dit, pour le coup, il théorise, il dit je ne vais pas rentrer dans un concours d'higiaphone avec Mélenchon et Le Pen qui réagissent tous les matins, tous les après-midi aux déclarations du président de la République.

Je ne veux pas être un roquet, citant d'ailleurs assez facilement Jean-François Copé qui était un président de l'UMP très actif médiatiquement. Lui, il ne veut pas être dans cette catégorie-là. Il dit je m'abîmerai, j'ai mon temps, il n'est pas aussi pressé qu'on le dit, Laurent Wauquiez. C'est quelqu'un qui s'inscrit dans une forme de temps long. Il veut avoir une parole plus rare. Au fond, c'est un petit peu comme Macron. Ça peut vous surprendre mais il y a des ressemblances. C'est quelqu'un qui, lorsqu'il a le pouvoir, on le voit en région Ronald-Pauvergne, il l'incarne totalement. C'est un Jupiter, aujourd'hui, Ronald-Pin, mais il est comme ça.

Et il ne veut pas s'user dans des batailles médiatiques inutiles. Par exemple, il dit sur le mois de mai, moi j'étais pour la réforme de la SNCF. Ça sert à quoi ? Que j'aille réagir avec Mélenchon ?

25:19
Présentateur

Donc ça veut dire qu'il laisse Emmanuel Macron faire exactement ce qu'on vient de dire, c'est-à-dire siphonner tranquillement l'électorat de droite qui est séduit. Il fait un autre pari.

25:28
Invité

Il pense que les Français vont se lasser d'Emmanuel Macron à mi-mandat. Comment voulez-vous qu'il s'oppose alors que 55% de la droite attend de Macron quelque chose ? Donc il va attendre que Macron s'use et éventuellement les déçoive. Parce que s'il intervient à chaque, et souvent il est d'accord notamment sur la réforme de la SNCF, donc il vaut mieux qu'il ne dise rien. Et lorsqu'il occupe le créneau qui est proche de l'extrême droite, aussitôt il a une presse déchaînée contre lui. Donc c'est quand même, il est dans un cas de figure très très difficile. Et qu'est-ce qu'il attend ? Qu'est-ce qui va changer les choses ?

Parce que pour l'instant, qu'est-ce qui va structurer peut-être un tournant ? Ce sont les élections. Alors on verra, ça commence par les européennes et après les municipales. Je ne sais pas ce que donneront les élections européennes, je n'en sais rien, on ne sait pas qui seront les têtes de l'IS, on ne sait pas quel sera le succès ou l'insuccès des partis. Mais là, dans cette période où il n'y a pas d'élection, où il y a un pouvoir jupitérien qui à la fois lance des choses, ne les a pas tout à fait toutes concrétisées, c'est très difficile de s'opposer.

Soit on fait comme Mélenchon qui attend le grand soir et qui se plante à chaque nouvelle manifestation et qui est un peu ridicule de trop s'opposer. Soit on ne s'oppose pas assez et on dit « Ah oui, vous ne faites rien ». C'est très, très difficile. Il y a un hoge dans ce calcul. Il y a un hoge. Il y a un autre. Il y a aussi une difficulté. Les électeurs de droite, ils placent deux sujets à égalité dans leurs préoccupations. Les sujets régaliens et les sujets...

26:54
Présentateur

Donc autorité, sécurité.

26:55
Invité

Autorité, radicalisation, sécurité, immigration et les sujets économiques. Sur les sujets économiques, c'est là où l'attraction de Macron se fait le plus sur une partie, pas sur tout, mais sur une partie de cet électorat. Et donc, Bruno le disait, c'est très compliqué pour Laurent Wauquiez ou pour les autres responsables de la droite d'aller solliciter à 20h une émission télé pour dire « Pour la réforme de la SNCF, on était pour ». Parce que ça engrange quoi vis-à-vis de cet électorat ? Pas grand-chose. Donc c'est une vraie difficulté. Il faut noter quand même que dans la période après son élection, Laurent Wauquiez a réussi sur deux points à déstabiliser un peu la communication de Macron.

Sur la thématique du pouvoir d'achat et sur la thématique des territoires. Et là, on s'est dit normalement, ça va profiter à la droite. Eh bien, pour l'instant, ce n'est pas le cas. Parce qu'il y a une question centrale à laquelle aucun des candidats de droite pour l'instant n'a réussi à répondre, c'est comment bâtir une stratégie de reconquête. Espérer qu'il y aura des déçus de Marine Le Pen ou des déçus d'Emmanuel Macron, j'allais dire, c'est assez facile. Mais sur quelle base la droite peut redevenir une force d'attraction ?

28:03
Présentateur

Sur quelle base idéologique ?

28:04
Invité

Sur quelle base idéologique, programmatique ? Sur quelle base sociologique ? Entre un électorat, pour faire simple, de cadre de CSP+, tenté par Macron, un électorat des milieux populaires tenté à la fois par Marine Le Pen ou par Jean-Luc Mélenchon, dans quel territoire sociologique et territoire géographique la droite peut-elle construire sa reconquête ? Et pour l'instant, alors vous me direz, on n'est qu'à 4 ans d'élection présidentielle, c'est encore tôt, mais en tout cas, pour l'instant, il n'y a pas les bases de cette stratégie de reconquête.

Moi, je crois que le problème pour Wauquiez, et je ne sais pas comment on se sort de ça, c'est que sa seule chance, c'est une élection présidentielle. Dans une présidentielle, on peut déplacer les sujets qui sont... Et on peut dire, bon, l'économique, le social, c'est très bien et on peut faire mieux, mais maintenant, ça suffit. La France doit rester la France,

28:48
Présentateur

c'est le titre de son tract.

28:50
Invité

C'est le titre de son tract. La France doit rester la France et il faut faire une campagne là-dessus. C'est l'identité, c'est l'hostilité à l'immigration, c'est le scepticisme envers l'Europe. On ne peut pas le faire

28:58
Présentateur

hors présidentiel, ça, Roland-Carrone.

29:00
Invité

Vous n'allez pas le faire pour les Européennes, si, ça sera le thème des Européennes. Dans des Européennes, il va mordre la poussière parce qu'une grande partie de son électorat préférera la Macronie et que ça sera le cas aussi... Ça dépendra ce que Macron dira sur les immigrés. Ça sera le cas aussi dans les départementales et dans les municipales. Dans les municipales, l'électorat ne s'occupe pas à ce moment-là d'identité, il s'occupe des villes et les villes, elles sont aux mains du centre-droit, dans la plupart des cas, qui ont envie d'une alliance avec les macroniens.

Ils ont envie de la droite comme les macroniens qu'on ne sache pas qui a gagné les municipales parce qu'ils vont être ensemble. Et du coup, ce malheureux Wauquiez, il n'a pas tort sur le fond, mais il n'a pas l'occasion de déplacer le sujet des Français sur le sujet qui est pour lui le sujet essentiel parce qu'il n'a pas une bonne élection pour ça.

29:42
Présentateur

Et puis, il a parfois le vent de face avec des anciens camarades qui jouent en solo. C'est un parti où les ténors ont pris le large avec l'arrivée de Laurent Wauquiez aux manettes. Nombreux sont ceux qui ont choisi de se mettre en retrait. C'est le cas de Xavier Bertrand sur ces terres des Hauts-de-France ou encore de Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France et restée dans le parti, elle, mais elle n'aura jamais une occasion de dire ses désaccords publiquement avec Laurent Wauquiez. C'est ce qu'elle a fait encore une fois ce matin sur l'Europe. Mathieu Lignot, Victoria Rouxel et Dominique Lemarchand.

30:11
Invité

Valérie Pécresse n'en espérait pas tant. Des dizaines de journalistes ce matin pour la présentation de son projet européen sur fond d'exclusion de la numéro 2 des Républicains, Virginie Calmels. Dans une famille politique divisée, Valérie Pécresse profite du moment pour réaffirmer son désaccord avec la ligne Wauquiez. Je me suis inquiétée il y a 6 mois du rétrécissement de notre famille politique. C'est un danger, c'est une menace pour la droite française. Moi, j'ai théorisé l'idée qu'il y avait deux droites et qu'elles étaient réconciliables. Et je pense que ce projet patriote et européen est de nature à rassembler nos deux droits.

Réconcilier les droites derrière son projet, le projet Pécresse. C'est une concurrente, certains disent une alternative à Laurent Wauquiez. Comme un pied de nez, elle présente d'ailleurs ses idées 15 jours avant le congrès national du parti. Ses lieutenants arrondissent les angles. Depuis le début, elle le dit, je pense que c'est la bonne solution, c'est de dire moi, je veux apporter des idées, des propositions fortes, apporter ma pierre. Je ne quitterai pas le parti, contrairement à ce qu'ont fait certains en décembre dernier. Juste après l'élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains, plusieurs figures historiques de la droite ont claqué la porte.

à commencer par Alain Juppé en janvier dernier. Je n'ai pas renouvelé ma cotisation, je n'ai pas l'intention de le faire, je ne siège plus dans les instances dirigeantes du parti, je suis membre de droit et puis j'ai souhaité ne pas continuer à présider la fédération LR de la Gironde. Voilà, je me suis mis en position de recul et je vais observer ce qui se passe dans les prochains mois, en particulier dans la perspective des élections européennes. Xavier Bertrand, lui aussi, a pris ses clics et ses claques et quitte les Républicains. Avec son franc-parler et son ancrage local dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand pourrait devenir une autre voie pour la droite.

Un candidat idéal pour 2022 à en croire un sondage. Il récolte 21% d'opinions favorables devant Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. Le cheval de bataille de Xavier Bertrand, l'opposition claire à l'extrême droite. Je vois bien la tentation qu'il y a que l'extrême droite et qu'une partie de la droite fassent un bout de chemin en commun. C'est clairement la mise en avant des populistes. Regardez ce qui se passe en Italie. Regardez ce qui s'est passé également en Allemagne avec le poids de l'extrême droite. Vous ne gagnerez jamais quand vous commencez à mettre de côté vos valeurs. Avec un chef de parti en difficulté, certains mouvements veulent devenir des réservoirs raïdés pour la droite.

Plusieurs personnalités ont créé leur groupe d'influence. La manufacture de Xavier Bertrand, libre, de Valérie Pécresse, la France audacieuse de Christian Estrosi ou encore la force républicaine de Bruno Retailleau. Pour cet ancien soutien de François Fillon, les républicains doivent se réinventer. Il faut une réflexion beaucoup plus générale de la droite. Il y a une refondation beaucoup plus globale parce que le monde a changé. Il ne sera plus jamais comme avant et parce que la situation politique en France, elle est inédite. Nicolas Sarkozy pourrait aussi jouer les juges de paix chez les républicains. Il est toujours à la manœuvre en coulisses.

L'ancien président ne se prive pas de donner des conseils à Laurent Wauquiez. Selon le Figaro, voici ce qu'il lui aurait dit lors de leur dernière rencontre. Le chef, il ne tue pas tout le monde, c'est pas vrai ? Qu'est-ce que tu crois ? On ne tue pas en politique, on rassemble. Même moi, je t'ai supporté, c'est pas vrai Laurent ? Un avertissement que Laurent Wauquiez n'a pas vraiment suivi. Le 30 juin prochain, le Conseil national des Républicains s'annonce d'ores et déjà mouvementé.

33:58
Présentateur

Cette phrase de Nicolas Sarkozy est assez culte. Même moi, je t'ai supporté, on ne tue pas en politique et donc ça sous-entend qu'il a quand même eu parfois la tentation, sans doute avec Laurent Wauquiez. Cette question, pourquoi Virginie Calmes ne rejoindrait-elle pas Valérie Pécresse ?

34:11
Invité

C'est-à-dire que Virginie Calmes, c'est vrai qu'elle va devoir chercher une nouvelle adresse, elle en a déjà utilisée quelques-unes. Catherine a fait l'énumération de Juppé à Fillon, puis Wauquiez. À un moment, c'est un peu compliqué. En plus, elle est très récente en politique, donc peu d'implantations, c'est compliqué pour elle. Mais est-ce qu'il y a

34:29
Présentateur

une force d'attraction maintenant chez Valérie Pécresse ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui est en train se mettre en place ?

34:33
Invité

Valérie Pécresse, c'est une autre affaire. Oui, quelque chose se met en place autour de Valérie Pécresse, qui est bien installée en Ile-de-France, qui a un bloc en Ile-de-France. La plupart des grandes fédérations sont en Ile-de-France. Clairement, Valérie Pécresse est en train de conserver quelque chose en même temps qu'elle transforme son image. On l'a vu cette semaine, elle gagne 9 points dans le sondage IFOP, personnalité. Elle est presque au niveau de Juppé. Il y a une sorte de jupéisation de Valérie Pécresse, parce que c'est vrai qu'elle gagne surtout des électeurs sur la gauche, à gauche, à En Marche, et à droite, elle a un assez bon socle. Du coup, elle est assez haute.

Alors, c'est de la popularité pour le coup d'image. Est-ce que c'est une alternative à Vauquiez à droite ? Sans doute. Maintenant, le parti Vauquiez s'est fait élire sur une ligne assez très différente de celle de Valérie Pécresse. Il ne faut pas se tromper. C'est vraiment deux droites différentes. Autant Vauquiez... C'est ce qu'elle avait dit. Vauquiez dit Macron nous oblige à nous réinventer. Et au fond, lui, il essaie de réinventer une droite qui serait moins bourgeoise, peut-être moins européenne, moins libérale. Lui, il veut une droite plus populaire, plus souverainiste, plus conservatrice.

Alors que Valérie Pécresse, elle est vraiment, j'allais dire, sur la ligne tracée par Juppé pendant la campagne présidentielle. Est-ce que ça permet de gagner ? Je ne suis pas sûr que ce soit une stratégie aujourd'hui qui fonctionne. Je suis d'accord avec l'euro. Gagner quoi ?

35:53
Présentateur

C'est ça la question. Est-ce que ça permet de gagner la région L de France, de gagner une force suffisante en interne du parti ? Gagner quoi ? Parce que Valérie Pécresse, elle ne fait autre chose.

36:03
Invité

Si elle ne quitte pas le parti, c'est aussi parce qu'elle se dit une primaire de la droite dans lequel l'électorat de l'île de France est très important. On l'a vu dans la dernière primaire. L'île de France, il ne faut pas l'oublier, c'est un bastion de la droite. Et Valérie Pécresse peut se dire que sa popularité, justement, peut permettre de faire venir un électorat qui n'est pas l'électorat du noyau dur des Républicains, qui est plutôt sur la ligne Wauquiez, Bonneau l'a dit, mais un électorat plus large. Mais effectivement, ça n'a pas marché la dernière fois.

Mais l'affaiblissement de Laurent Wauquiez remet aussi, encore une fois, on est très loin, évidemment, du calendrier présidentiel, remet aussi en avant l'hypothèse de la primaire. Parce que s'il n'y a pas de leader qui se détache de manière incontestable, l'électorat de droite ne considère pas que c'est la primaire qui a battu François Fillon. La primaire, ça a été un succès pour la droite. François Fillon, j'allais dire, il a perdu tout seul. Ceux qui disent qu'on ne va pas refaire la primaire parce qu'on a perdu à cause de ça, c'est un argument qui risque de ne pas tenir longtemps s'il n'y a pas de leader incontesté. C'est sans doute un bout du calcul de Valérie Pécresse.

Oui, au fond, Valérie Pécresse et Virginie Calmel, elles sont un peu sur la même ligne, sauf qu'il y en a une qui a un passé derrière elle et une autre qui arrive. Et alors, on peut se poser la question, est-ce que Valérie Pécresse a besoin de Virginie Calmel ? Non. Mais est-ce que Virginie Calmel a besoin de Valérie Pécresse ? Oui, parce que pour se donner une nouvelle visibilité, seulement deux femmes ambitieuses, vous savez, ça fait penser aux baignoires sabots, il y a l'eau, ou vous, mais pas les deux en même temps. Il y en aurait une de trop. Ça vous fait rire de l'enquête. Oui, c'est une très belle image.

En effet, j'ai beau me dire que politiquement, ça pourrait se faire, je ne vois pas humainement comment c'est possible.

37:47
Présentateur

Est-ce qu'il y a un front anti-Vauquiez qui est en train de s'installer ? On a vu, c'était bien fait dans le reportage, le fait que chacun, en ce moment, Jacques Ténor, qui ne se sent pas très raccord avec l'Annie, monte sa petite entreprise, alors ça s'appelle Libre. Ils ont chacun leur petite entreprise.

38:05
Invité

Vous avez raison, on a parlé de Libre, Valérie Pécresse, qui est probablement aujourd'hui la principale force des anti-Vauquiez, tous déclarés comme, et puis il y a des gens qui réagissent au doigt à l'œil dès qu'il se passe quelque chose, parce que Valérie Pécresse systématiquement, elle prend le contre-pied de... Valérie Pécresse. Valérie Pécresse prend le contre-pied de Laurent Wauquiez aujourd'hui même avec la question européenne. Mais il y a aussi, dans un genre moins agressif, Bruno Rotaillot qui a repris le flambeau de Force républicaine qui était le club politique de François Fillon. Donc ça, ça compte.

Vous avez Xavier Bertrand qui, même en étant en dehors du parti, a son club politique, La Fabrique, et puis il y a aussi Christian Estrosi qui, lui, essaie de fédérer les grands-mères les grands-mères M.A.R. M.A.R.E. autour de lui, en tant que maire de Nice, il se dit qu'il y a quelque chose qui peut partir des villes contre Laurent Wauquiez, évidemment. Alors vous ajoutez à ces quatre clubs forcément Virginie Calmel qui, d'une manière ou d'une autre, voudra avoir le sien. Et là, vous avez un front qui s'organise contre Wauquiez et qui, à mon avis, exaspère à droite parce que Roland l'a dit, à droite...

39:10
Présentateur

Exaspère les électeurs, les sympathisants ?

39:12
Invité

Les sympathisants, parce que vraiment ils veulent à la fois un chef qui s'est chefé pour reprendre cette expression toute shirakienne et en même temps ils veulent l'unité. Et là, aujourd'hui, la droite, elle part à un confetti.

39:25
Présentateur

Vous avez utilisé tout à l'heure le mot est-ce qu'il est affaibli Laurent Wauquiez ? C'est ce que vous voyez dans les enquêtes d'opinion par rapport à la fois à son électorat et à l'ensemble des Français. Est-ce qu'il pourrait ne pas aller au bout de son mandat ? Est-ce qu'il pourrait déstabiliser au point qu'une partie de la droite se dise « c'est une erreur de casting, on s'est trompé, il faut faire monter quelqu'un d'autre ? » Est-ce que ça, c'est possible ? Non.

39:48
Invité

D'abord, Laurent Wauquiez a pris le pouvoir, il faut le rappeler, ses cinq ans. Il a mis en place une équipe dirigeante qui est très soudée, a fortiori maintenant et qui n'a plus Virginie Calmel. il a verrouillé le bureau politique qui est l'instance qui peut le détrôner. Souvenez-vous du cas de Jean-François Copé qui avait été viré par son propre bureau politique. Donc ça paraît assez compliqué et je pense qu'il anticipe même sans doute des élections européennes qui seront difficiles.

On voit bien dans les sondages, aujourd'hui, ce ne sera pas la fête, ça n'a jamais vraiment été la fête pour la droite sur ce scrutin, rarement, ça l'a été en 2009 avec l'époque de Sarkozy, mais en général, c'est un scrutin qui ne se passe pas très bien pour la droite. Donc, il a déjà quelque part enjambé cette échéance et je pense qu'il ira au bout de son mandat. Maintenant, la route est longue, comme disait l'autre.

40:35
Présentateur

Et la pente est forte.

40:37
Invité

Il doit son mandat aux militants. Et les militants, ils sont sur sa ligne. Il n'y a pas l'ombre d'un doute. 75% sur le fond, sur le contenu, sur l'idéologie, sur la façon de faire, sur l'autorité, sur l'hostilité aux immigrés. Là-dessus, il sait qu'il peut compter sur son parti. Première chose, donc, il n'a aucune raison de partir. Deuxième chose, tous ces gens que vous avez cités, tous ces clubs, c'est un peu le cartel des noms. Ça ne fait pas une proposition de quelqu'un qui pourrait se dresser en disant « Je te défie, j'ai mes petits camarades qui sont avec moi. » Ils ne seront jamais ensemble. Qu'est-ce que vous voulez ?

Donc, lui, il ne partira pas et je ne vois pas comment il pourrait être victime d'un quelconque putsch, fusil démocratique, puisque ces gens-là, ils se battent entre eux autant que contre lui. il y a quelque chose de nouveau en politique depuis l'avènement de Macron, c'est que c'est la poussée des autonomistes. Parce que vous voyez, chez les En Marche, où il n'y a pas de frondeur, il y a des gens qui ont des idées différentes, mais ce n'est pas des coalitions ensemble pour fronder comme c'était les socialistes du temps de Hollande.

Mais c'est des gens qui ont une idée, qui l'expriment, mais ils ne sont pas d'accord et ils le seront de moins en moins parce qu'on ne peut pas les rattraper en leur disant « Tu n'auras pas ta circonscription » puisqu'ils vont perdre des circonscriptions. Mais je dirais que dans les opposants qu'on vient de citer et à tous ces petits fiefs et tout ça, c'est des autonomistes aussi. Donc vous avez Bertrand Valéry Pécras qui sont est-ce que c'est l'ère des autonomistes et donc on n'est pas plutôt au rassemblement, on est à la dispersion. Aujourd'hui, c'est un phénomène très nouveau. Alors il y a l'autonomie dont parle Catherine Nes, c'est la version positive.

Il y a aussi sans doute un degré, alors on connaît tous les amitiés dans les partis politiques et les inimitiés, il y a sans doute un degré d'hostilité, de rancœur à droite qu'on n'a pas vu depuis longtemps entre différentes à l'intérieur de formations politiques. On voit bien que non seulement le ciment idéologique est affaibli, la perspective pour l'instant de victoire, ça reviendra peut-être, qui est quand même toujours un moteur en politique. Quand vous savez que vous avez une chance de gagner à ce moment-là, c'est plus facile de faire le rassemblement. Mais il y a aussi des inimitiés personnelles qui sont quand même structurantes.

Après, il y a les deux échéances qui arrivent, les deux échéances électorales. L'échéance des élections européennes, elle sera très importante. Bruno l'a dit, ce n'est pas un scrutin favorable pour la droite, mais ce sera quand même un test pour la stratégie de Laurent Wauquiez de se dire est-ce qu'il peut ou pas faire mieux ou rivaliser avec le Front National. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Rien ne nous dit que dans un an, le score de LR ne sera pas au même niveau que le Front National. Et puis, il y a les élections municipales.

Les élections municipales, une droite affaiblie, un parti de droite affaiblie, c'est aussi un risque pour des élus de droite qui voudraient aller passer des accords avec la Macronie.

43:15
Présentateur

On va en parler dans un instant. Juste un mot, c'est Nicolas Sarkozy. Alors là, il a fait sa petite phrase, sa leçon, sûr, maintenant c'est le grand rassembleur. C'est vrai, je ne sais pas lequel d'entre vous rappelez que ça n'a pas toujours été le cas. Il a su aussi couper des têtes quand il le fallait. Est-ce qu'il a vraiment encore un poids au sein du parti ? Il y a eu un rendez-vous entre lui et Laurent Wauquiez qui a été vraiment mis en scène. On a dit, alors voilà, il va voir Laurent Wauquiez, est-ce qu'il pèse encore au point d'infléchir la ligne par exemple, de faire des leçons à Laurent Wauquiez qui soient avec des conséquences et qui soient entendues par Laurent Wauquiez ?

43:52
Invité

D'abord, il pèse parce que 8 sympathisants de droite sur 10 ont une bonne opinion de Nicolas Sarkozy et il reste le préféré chez les sympathisants de droite devant tous les autres. Donc, sa parole, ses apparitions, sa compte, après, une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'il pèse sur les décisions à l'intérieur du parti ?

Alors Laurent Wauquiez qui n'entretient pas de bonne relation avec lui depuis toujours, au fond, ça a toujours été compliqué des hauts débats et puis là, depuis les fameux enregistrements de l'école de Lyon où Wauquiez attaquait Sarkozy en l'accusant d'espionner ses ministres, enfin, un truc invraisemblable, bon, évidemment, ça s'est gâté entre eux et Nicolas Sarkozy est rancunier et je l'ai dit ici à l'époque, je pense qu'il lui fera payer et d'ailleurs, on voit bien que ce qui se passe aujourd'hui, alors, sur la tâchette presse, elle dit non, ça visait pas Laurent Wauquiez, mon oeil, évidemment, qu'il va lui savonner la penche quand il dit à tous ceux qui viennent le voir, les jeunes députés, non, mais il faut que Laurent y aille comme tête de liste aux européennes, ben voyons !

44:57
Présentateur

Ce que vous avez dit à l'instant, c'est que les chiffres seraient mauvais et que ce sont des exemples difficiles.

45:01
Invité

Bien sûr, donc, de toute façon, c'est vrai qu'il a aimé des sympathisants de droite mais il pèse moins à l'intérieur du parti parce que Laurent Wauquiez est le chef et il partage pas le pouvoir et qu'il a été assez malin pour verrouiller avec des Sarkozy, s'il a fait entrer dans la direction trois ou quatre des principaux Sarkozy, Brice Hortefeux, Rachida Dati, Nadine Morano et quelques-uns. Écoutez, il y a bien 8 électeurs de droite sur 10 qui aiment Jeanne d'Arc et ça va pas faire de Jeanne d'Arc l'arbitre des affaires au sein du parti. Oui, mais enfin, Nicolas Sarkozy est vivant contrairement à Jeanne d'Arc.

Vous voyez, ma question justement était pour mettre ça en doute sur le plan politique. Moi, je crois qu'il y a deux personnes que les Français ne voulaient plus voir à l'Elysée. C'est Hollande et Sarkozy et je crois que ça reste vrai quoi qu'ils fassent l'un et l'autre.

45:47
Présentateur

Et quoi qu'ils pensent peut-être l'un et l'autre encore aujourd'hui. Allez, pendant que la droite se divise, Edouard Philippe a entrepris une campagne électorale à bas bruit. Le chef du gouvernement travaille, les élus de terrain de droite avec en ligne de mire les municipales, l'objectif rallié des maires, y compris les républicains, dans le giron présidentiel. Nous avons suivi le Premier ministre il y a quelques jours et il était en déplacement à Toulouse. Vous allez le voir, Edouard Philippe n'a aucun mal à poursuivre le dialogue avec ses anciens amis de droite, Jérémy Normand et David Lemarchand.

46:17
Invité

Sur la place du Capitole, deux hommes de droite qui regardent dans la même direction. Edouard Philippe, Premier ministre de la majorité présidentielle et le maire les républicains de Toulouse, Jean-Luc Moudinck. Une visite aux aires d'opération séduction pour Matignon qui pourrait soutenir le maire de droite proche du Premier ministre aux prochaines élections municipales. On sait que la meilleure façon d'avancer c'est de fixer un cap commun et ensuite de s'y tenir collectivement. Que lorsqu'on veut faire avancer sa ville, son territoire, on peut faire des choix mais qu'il est toujours mieux d'essayer d'associer des origines, des cultures différentes pour avancer dans un sens commun.

Soutenir un maire de droite plutôt que présenter un candidat de la majorité, c'est la stratégie que pourrait adopter le gouvernement au municipal de 2020. Un moyen de s'implanter dans la quatrième ville de France, là où la République en marche manque encore d'appuis locaux deux ans seulement après sa création. Un appel du pied reçu 5 sur 5 par le maire Jean-Luc Moudinck. La majorité présidentielle par définition est plus forte aujourd'hui. C'est une force politique nouvelle.

Elle doit être respectée comme telle et si elle souhaite venir autour d'un projet municipal, je lui ouvrirai la porte et je n'ai pas de mal à travailler avec le gouvernement actuel, pas simplement parce que je connais le Premier ministre depuis longtemps mais parce que j'apprécie le fait que ce gouvernement fasse des réformes avec audace, avec fermeté également, des réformes que les précédents gouvernements n'ont pas voulu ou n'ont pas su faire. Tendre la main au maire de droite jugé Macron compatible, la stratégie du Premier ministre, lui-même issu des rangs des Républicains, fait les gros titres des journaux depuis plusieurs semaines.

Edouard Philippe en mission pour les municipales, lui qui multiplie les gages de bonne volonté en direction des mairies LR. Fin mars, le gouvernement a dévoilé son plan Action Coeur de Ville, une enveloppe de 5 milliards d'euros répartie entre 222 communes, choisies directement par Matignon. Parmi elles, 75% sont dirigés par des maires de droite. Depuis début juin, la majorité ne fait plus mystère de ses intentions d'alliance aux municipales. Est-ce que ce maire joue le jeu de la démocratie ? Est-ce que ce maire a transformé sa ville ? Si c'est le cas, je me fiche de savoir s'il a été un jour républicain ou pas.

Je lui ferai une proposition de travail, je proposerai un socle de valeur commune, un engagement commun, je demanderai à les marcheurs de l'accompagner si le maire le souhaite et je pourrai parfaitement soutenir, le jeu étant La République en marche, soutenir un maire quelle que soit l'origine de son engagement. Réponse sans détour du patron des républicains Laurent Wauquiez dans une vidéo mise en ligne sur son compte Facebook. C'est hors de question. C'est hors de question parce que précisément, moi, je n'aime pas ces petites alliances, ces petites tambouilles où on s'entend sur le dos des Français et des électeurs pour surtout se partager le pouvoir.

Mais à droite, certains élus locaux n'ont pas attendu les consignes du parti pour faire un premier pas vers la majorité présidentielle. En novembre dernier, une quinzaine de maires LR, UDI et Modem ont lancé la France audacieuse, un mouvement censé porter la voix des territoires. Au premier rang, le maire de Nice, Christian Estrosi, veut jouer les bons élèves de la politique menée par le gouvernement. Moi, je veux que le gouvernement réussisse en s'appuyant sur nous. J'aurais voulu que les gouvernements précédents fassent autant. Pendant cinq ans, le gouvernement socialiste nous a méprisé, mé-pris-é. Voilà.

Un bus Macron-compatible, emmené notamment par Arnaud Robinet, maire Les Républicains de Reims, en quête d'une nouvelle dynamique dans la perspective des municipales, quitte à émailler la direction du parti. Pour moi, Les Républicains, c'est un peu devenu le parti du trocadéro, c'est-à-dire qu'il a un peu quitté l'esprit de l'UMP. Il n'y a aucune raison que je rejoigne en marche. Ce n'est pas mon histoire. Par contre, je suis prêt à travailler avec le président et à lui dire que je suis d'accord lorsque je suis d'accord. Pour l'heure, Christian Istrosi souhaite maintenir son mouvement au sein du parti Les Républicains. Une émancipation à pas feutré qui agace déjà la frange dure du parti.

À Nice, le maire sortant pourrait voir émerger un candidat issu de sa propre famille politique, le très vocaisiste Éric Ciotti.

50:55
Présentateur

Oui, il va falloir inventer un mot. On est sur le problème des LR n'est-il pas Macron plutôt que Vauquiez ? C'est ce que vous nous disiez tout à l'heure. Le problème, c'est ce que tu es en train de faire, Edouard Philippe, et la tentation peut-être de certains élus, comme on l'a vu, de rejoindre l'aventure présidentielle.

51:12
Invité

En tout cas, pour les municipales, c'est sans doute évidemment un risque pour la droite de ne pas pouvoir empêcher des accords locaux alors que la droite a gagné beaucoup de mairies en 2014. Il faut se souvenir que la base qui va nous servir de référence quand on abordera les municipales de 2020, c'est une base très haute avec une progression de la droite qui détient maintenant pour les villes de plus de 30 000 habitants comme pour les villes de plus de 9 000 habitants plus de 60 % des communes.

Donc la droite a beaucoup à perdre en fait paradoxalement dans cette élection municipale alors qu'une élection qu'on dit de mi-mandat ou de mi-terme, c'est toujours une élection défavorable traditionnellement pour le pouvoir en place. Et donc, beaucoup d'élus locaux vont regarder avec pragmatisme parce que certains disent aujourd'hui, on s'alliera peut-être avec des candidats en marche. Si Emmanuel Macron est impopulaire dans un an et demi, ils pourront faire le chemin à l'envers. Ça, c'est le premier risque. Mais je trouve qu'on sous-estime aussi le risque pour l'électorat.

Et là, on ne parle pas d'alliance politique puisque Laurent Wauquiez a été très clair sur cette question vis-à-vis du Front National. Mais le risque, peut-être plus aux européennes qu aux municipales. Les municipales ne sont pas le scrutin le plus favorable pour le rassemblement national, mais qu'un certain nombre d'électeurs de droite déçus par de nouvelles bisbilles, de nouveaux déchirements à droite, continuent à voter pour Marine Le Pen et son parti. Donc, le risque, il est des deux côtés. Macron aussi, Macron d'un côté, Le Pen de l'autre.

52:33
Présentateur

Et il y a un cheval de Troie. Le cheval de Troie, c'est le Premier ministre qui n'est pas la République en marche, qui n'a pas pris sa carte. Et alors là, ça commence à se voir qu'il est vraiment dans cette préparation des échéances qui arrivent pour le président de la République.

52:48
Invité

Au Congrès fondateur de la République en marche, à Lyon, l'automne dernier, il avait eu une expression pour parler de la droite, « Laissons travailler la poutre ». Et donc, la poutre, jolie formule, Édouard Philippe, évidemment, est là pour la faire travailler, la faire bouger. Et on voit que dans ses déplacements, choisis avec soin, il va dans beaucoup de villes dirigées par LR. Alors, c'est vrai qu'il y en a beaucoup, mais quand même, il s'arrête, pas seulement deux heures, il peut y rester deux jours, trois jours.

On l'a vu là, à Toulouse, il est allé à Reims, chez Robinet, il est allé à Angers, chez Béchut, tout ça, d'anciens maires LR, ou encore LR, parce qu'ils travaillent, ils travaillent ses élus dans la perspective des municipales, ils sont choyés, ils sont reçus à déjeuner à Matignon, également à l'Élysée, certaines fois. Donc, il y a tout un travail qui est effectué par le Premier ministre pour essayer, le moment venu, de les détourner de LR vers la République en marche. Alors après, moi, je suis assez d'accord avec Bernard, on verra dans un an où on sera la cote du président de la République et celle du gouvernement.

On verra aussi si pour ces maires LR, il y aurait intérêt à être à la République en marche ou à rester aux Républicains. Parce que le maire de Toulouse, par exemple, il a plutôt intérêt quand même à conserver aussi l'étiquette de droite, plutôt la droite modérée. Parce qu'il n'a pas besoin de voir surgir sur sa droite une liste LR, éventuellement, qui pourrait être poussée au dernier moment par quelques vents porteurs. Il ne prendra aucun risque. Et à mon avis, ces maires ne prendront aucun risque. Ce seront des listes d'intérêt général, ce seront des listes communales, y compris dans certaines grandes villes et ils seront d'abord des sortants.

Et ils essaieront de capitaliser sur leur action municipale. Et là, Wauquiez a quand même quelque chose à jouer. C'est que le programme, il y aura des déclinaisons de ce qu'il veut au niveau national et au niveau local, notamment la question des impôts. Wauquiez la mettra en avant. Et ça, ça peut quand même être, j'allais dire, un plus petit dénominateur commun pour tenir ses élus dans la même famille.

54:55
Présentateur

En tout cas, ce n'est pas le chef du parti La République en marche qui fait ce travail-là auprès des maires. En partie. Il le fait en partie parce que lui aussi

55:03
Invité

visite des maires, mais là, c'est quand même plus facile parce que le Premier ministre est un apatride. Il peut dire aux maires de droite « Je viens de chez vous, on est quand même proche ». Et puis, pour les maires de droite qui savent en général qu'une ville, ça se gagne au centre. Donc, l'insoutien, ils n'ont pas envie d'avoir une liste en marche contre eux. Mais d'un autre côté, si En Marche soutient trop de villes de droite et que les gens sauront très bien que c'est un maire républicain qui est élu, même s'il a eu le soutien, ça veut dire qu'au bout du compte, En Marche dira « On a combien de maires ? » On en a soutenu, mais qui reste toujours chez les républicains.

Je veux dire, c'est compliqué aussi pour En Marche, non ? Non, ce n'est pas compliqué, je ne crois pas. Bon. Imaginons, vous êtes maire de droite modérée d'une ville moyenne ou grande. Vous avez une visite ou un coup de téléphone d'Emmanuel Macron lui-même, d'Edouard Philippe ou de M. Castaner et il vous dit « Écoute, c'est très bien ce que tu fais dans ta ville, on ne va pas venir t'embêter, en revanche, on veut en être. Donc, tu me donnes 8 ou 10 sièges dans ton conseil municipal et tu considères que l'affaire est faite. » Il y en a un qui m'a dit l'autre jour, un de ces maires d'une assez grande ville, il m'a dit « Vous l'avez dit, je l'ai dit 6.

» Mais de toute façon, ça veut dire que la discussion est commencée. Et elle est commencée sur des bases extrêmement simples. En Marche dit « Moi, je ne demande pas qu'En Marche apparaisse, on dira qu'on vous soutient. Mais vous continuez à avoir l'étiquette que vous voulez. » Oui, bien sûr. Donc, on brouille les cartes. On n'a pas besoin de dire « On a tant de maires. » On va faire le total des maires dans lesquelles on a gagné parce qu'on a 6 ou 8 élus sur une liste sortante. Et le tour sera joué. Et je ne vois pas comment on peut empêcher ça quand on est à droite.

56:51
Présentateur

Et nous passons maintenant à vos questions. Tiens, qui a des nouvelles de François Barouin ? Que devient François Barouin dans la catégorie « Les ténors » ?

57:02
Invité

Président de l'association des maires, il se bat sur les questions locales, mais il est plutôt en fin de carrière politique puisqu'il a décidé après les prochaines municipales d'arrêter la vie politique. Il est parti faire démarrer une carrière d'avocat et puis il conseille une banque. Il reste très haut dans les sondages dans les baromètres où il est testé. Il n'est pas testé partout, mais il reste à un niveau très élevé. Il a la deuxième personnalité préférée des sympathisants de droite après Nicolas Sarkozy. Mais il a pris du champ.

57:28
Présentateur

Juppé et Sarkozy, donneurs de leçons, mais n'ont-ils pas été battus lors des primaires ?

57:31
Invité

Précisément. Ben oui. C'est bien pour ça qu'il ne reste plus qu'à donner leçon. D'abord, l'opposition et les portes-flingues d'Emmanuel Macron ne ratent pas une occasion. Mais là, ils sont dans leur rôle. La presse, une partie de la presse, c'est incontestable.

57:49
Présentateur

Ça existe vraiment, ça ?

57:51
Invité

Oui, dans les émissions où on rigole un peu, les trucs d'amusement. Ok, il est numéro un. Moi, je l'ai vu. On avait fait un reportage avec lui, chez lui. Il avait son cheval. Ils sont allés enquêter pour voir si c'était son vrai cheval. Il faut des trucs invraisemblables.

58:06
Présentateur

Mais parce qu'il crispe l'opinion ?

58:08
Invité

Il crispe. Et puis, il y a ce procès en sincérité. Il a donné des verges pour se faire battre sur cette question. C'est certain. Bernard, il faisait référence. Mais maintenant, ça devient un peu grotesque. On a l'impression que Volké, il est responsable de tout. Quand j'étais en Irak, il y a quand même eu des médias. On fait des articles pour savoir pourquoi il était en costume dans ce déplacement. Alors, on peut avoir son avis. Mais ce n'est quand même pas une question centrale. On en perd.

58:30
Présentateur

C'est plus contre lui que contre les autres. Non, mais Sarkozy a vu sa dose largement. Donc, au bout,

58:38
Invité

certains lui disent « Écoute, ça fait partie du job, tu es chef de partie à droite, donc tu prends ton lot de critiques. » Il y en a sans doute autant que…

58:46
Présentateur

Justement, Volké accepte-t-il la critique et la contradiction ? Alors, la critique, il n'a pas le choix. Et la contradiction en interne, ça, c'est plus compliqué, visiblement.

58:55
Invité

Non, il n'aime pas ça. Il n'aime pas ça. Et en même temps, il voit bien. Il ne peut pas dire qu'il y a un complot médiatif. Il n'y a jamais de ça. Mais vous savez ce que c'est quand quelqu'un est sur la pente savonneuse, c'est trop facile de se moquer de lui. Et les médias aiment bien jouer à ça et ce n'est probablement pas fini. Par ailleurs, ça a privé la petite polémique, enfin la polémique. d'attaques qui commençaient à se développer vis-à-vis de La République en marche, sur ce qui se passait au Parlement, des députés en marche qui prenaient leur autonomie, qui faisaient entendre des différences. Et ça, évidemment, ce qui se passe aujourd'hui rend l'argument un peu moins pertinent.

59:30
Présentateur

Quels sont les soutiens de Wauquiez ? Hortefeux, Ciotti, Morano, n'est-ce pas une garde rapprochée un peu légère en vue de 2022 ?

59:37
Invité

De jeunes élus aussi. Un peu déjà vus, mais il y a des jeunes élus. Il y a des nouveaux députés à l'Assemblée. On ne les connaît pas trop, mais que Wauquiez compte sur eux. Il veut une droite rajeunie et renouvelée, c'est son mot. Mais c'est vrai que ce qu'on voit, c'est encore les anciens ministres de Nicolas Sarkozy. Alors, il faudra voir qui le parti désigne pour être la tête de liste aux européennes. Ce sera quand même une carte assez importante pour Laurent Wauquiez parce qu'il n'aurait quand même pas qu'il tombe dans un score trop trop bas. Alors, est-ce que ce sera l'ancien ministre Jean-Léonetti ? Est-ce que ce sera le porte-parole ou le député Damien Abad ?

Voilà, ça fait partie des noms. Il y en a même certains qui parlent de Luc Ferry.

1:00:15
Présentateur

Il exclut totalement d'y aller lui-même ?

1:00:17
Invité

Luc Ferry ?

1:00:18
Présentateur

Non, Laurent Wauquiez.

1:00:19
Invité

Laurent Wauquiez, oui. Il l'a dit à Sarkozy qu'il a eu. En tout cas, ils veulent attendre. Je crois qu'En Marche désigne son candidat pour se prononcer après.

1:00:29
Présentateur

Tout ceci ne montre-t-il pas qu'un rapprochement ? Laurent Wauquiez-Marion Maréchal est en préparation.

1:00:35
Invité

Je ne crois pas. Je ne crois pas. Je crois qu'ils sont dans une situation de concurrence. Et que c'est plutôt ça qu'on voit. C'est que Marine Le Pen semble lui dire « Tu vois, t'espérais. Ça tient, le Fonds national. » Et que l'autre se dit « Non, la seule stratégie, c'est celle-là. Pour le moment, il y a une habitude acquise. Mais quand je vais être de plus en plus clair et qu'elle, elle ne va être pas meilleure qu'avant, j'ai mes chances. » D'ailleurs, c'est très intéressant parce qu'on regarde dans les enquêtes, les chiffres ont beaucoup varié dans les 20 dernières années.

Mais depuis quelques mois, on est revenu sur une majorité d'électeurs de droite qui assez nettement disent non à des accords avec le FN et la réciproque révé. Il peut y avoir des proximités parfois sur certains thèmes, des électeurs du FN qui partagent les mêmes opinions sur certains sujets. Mais cette idée de concurrence, il ne peut y avoir qu'une seule alternative dans l'esprit de ces électeurs à Emmanuel Macron. Et donc, il y a une vraie guerre et on va le voir aux Européennes. La guerre pour la première ou la seconde place, elle va être très réelle entre le Rassemblement national et LR.

1:01:36
Présentateur

Pour exister vraiment, Wauquiez devra-t-il prendre la tête de liste aux Européennes ?

1:01:41
Invité

Pour l'instant, il l'exclue. Lui, il dit qu'il s'est fait élire président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et il compte terminer son mandat. Il faut reconnaître que les autres, même s'ils avaient été présidents de LR, je pense à Valérie Pécresse, ils auraient sans doute fait le même choix. Là, pour le coup, ce sont des listes nationales et on voit bien que tous les partis ont un problème de casting. Il n'y a pas réellement de tête de liste qui se dégage dans aucun des grands partis. Et il ne faut pas s'exagérer l'importance des élections européennes. Chaque fois qu'il y en a eu en France depuis 1979, chaque fois, les commentateurs et même les politologues souvent ont dit « Ah !

» Il y a une répartition des votes qui change tout. Les prochaines élections s'annoncent très différentes. Et ça n'a jamais été vrai. On vote aux européennes à la proportionnelle et en plus, il y a 60% d'abstention. Ça n'est annonciateur en rien de ce que redeviennent les élections au scrutin majoritaire. Donc ça va faire couler beaucoup d'encre, on va s'amuser beaucoup, on va commenter beaucoup. Mais ne soyons pas dupes, ce n'est pas l'élection qui changera tout, pas plus cette fois-ci que les autres fois.

1:02:43
Présentateur

Est-ce que vous venez de nous expliquer ? On verra. Allez, l'avenir de la droite traditionnelle passera-t-il par Pécresse ou Bertrand plus nuancé ?

1:02:52
Invité

En tout cas, aujourd'hui, aucun ne s'impose. Ça, c'est intéressant. On a 6 Français sur 10 quand on leur soumet cette liste-là et qu'on la complète par Christian Extrosi qui ne nous disent aucun de ces 4 personnalités et même à droite, près de 4 sympathisants de droite. Je pense qu'on testerait encore aujourd'hui Nicolas Sarkozy ou François Fillon. Ils feraient des voix. Donc il n'y a pas un leadership type affirmé de la droite et pour l'instant, Laurent Wauquiez, depuis qu'il est président d'Allaire, n'a pas réussi à le remercier. Il reste orphelin du trio Juppé-Sarkozy-Fillot.

1:03:19
Présentateur

Justement cette question, Laurent Wauquiez ne sera-t-il pas le principal opposant à Emmanuel Macron pour la présidentielle en 2022 ?

1:03:25
Invité

C'est ça le jeu.

1:03:26
Présentateur

C'est ça, ce qui se joue ? Un remaniement ministériel est-il envisagé avant les municipales ? En quoi faire ? C'est loin. C'est loin. Bon, merci à vous tous et la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25.