L'expo « Vas-y champion » le sport dans les années de Gaulle à Lille
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Quelle est la situation sportive de la France à l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir en 1958 ?
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L'exposition se divise en 5 parties. La première revient sur le sport dans l'après-guerre en France. Puis vous nous proposez de revenir sur les grands événements de cette période gaulliste comme les Jeux Olympiques et le Tour de France.
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Et puis dans cette période, il y a également les Jeux Olympiques de Grenoble.
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Des changements dans le sport vont jalonner ces décennies. Quels sont-ils, ces changements ?
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Un petit bémol, c'est le début également de la période des scandales dans le sport, comme le dopage.
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Comment avez-vous conçu la scénographie de Vasily Champion ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Elle a été brillante, mais en 1958, on sent un essoufflement. »
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« Au sortir de la guerre, au JO de Londres en 1948, la France brille. »
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« On peut citer Michel Nostermayer qui remporte deux médailles d'or. »
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« 1948, c'est l'année du titre de champion du monde de Marcel Serdant face à Tony Zell. »
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« Les Jeux Olympiques de 1960 ne vont pas bien se passer pour la France. »
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« Ils se servent aussi de cet échec pour justement lancer une vaste politique publique sous forme de plans quinquennaux de rééquipement des infrastructures et d'une profonde aussi renouvellement, réorganisation au niveau des institutions. »
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« Les changements sont colossaux. »
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« Ce n'est pas forcément le cas à l'époque, puisqu'on introduit les professeurs d'éducation physique et sportive. »
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« Le sport devient une épreuve au baccalauréat, pendant les 16 années de Gaulle. »
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« C'est à ce moment-là que, justement, ce qu'on appelle la loi Herzog, en 1966, donc on oblige, en fait, l'État commence à mettre un peu son nez dedans et effectue les premiers contrôles. »
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« La mort de Tom Simpson en 1967 va évidemment faire prendre conscience aussi que c'est une question de santé publique. »
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« Les années 60, c'est la fabrique de légendes. »
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« La politique des mille piscines, le développement de la natation. »
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. A l'occasion des Jeux Olympiques de Paris, la Maison Natale de Charles de Gaulle à Lille accueille jusqu'au 22 septembre prochain l'exposition « Vas-y champion, le sport dans les années de Gaulle, 1958-1969 ». Thomas Deschamps, bonjour. Bonjour. Vous êtes le commissaire de cette exposition à la Maison Natale Charles de Gaulle. Quelle est la situation sportive de la France à l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir en 1958 ?
Elle a été brillante, mais en 1958, on sent un essoufflement. Au sortir de la guerre, au JO de Londres en 1948, la France brille. On peut citer Michel Nostermayer qui remporte deux médailles d'or. 1948, c'est l'année du titre de champion du monde de Marcel Serdant face à Tony Zell. La France est plutôt en forme, même si, je parle simplement du sport de haut niveau, le français sportif ou la français sportive. Il y a d'autres préoccupations à la sortie de la guerre. Elles sont évidemment économiques, sociales. Donc voilà, le sport n'est pas forcément en très grande forme. Les équipements ont énormément souffert. Donc le sport, c'est une question un peu compliquée.
Et puis on peut dire que les Jeux Olympiques de 1960 ne vont pas bien se passer pour la France.
Oui, ça ne se passe pas comme Maurice Herzog et Charles de Gaulle l'auraient voulu. Mais ils se servent aussi de cet échec pour justement lancer une vaste politique publique sous forme de plans quinquennaux de rééquipement des infrastructures et d'une profonde aussi renouvellement, réorganisation au niveau des institutions, même si celle-ci a déjà assez bien commencé quand même sous la 4ème République, chose qu'on oublie souvent.
Alors l'exposition se divise en 5 parties. La première revient sur le sport dans l'après-guerre en France. Puis vous nous proposez de revenir sur les grands événements de cette période gaulliste comme les Jeux Olympiques et le Tour de France.
Tout à fait, voilà. La gageur de cette expo, c'est de parler de beaucoup de choses. Mais bon, évidemment, on n'a pas pu évoquer tous les sujets, surtout qu'au fur et à mesure de nos recherches avec mes collègues commissaires d'expo, Marie Lefebvre et Camille Roussel. On a dû se restreindre. C'est un sujet qui est passionnant. Dans un premier temps, c'est vrai que sport et histoire, ce n'est pas forcément une association qu'on fait naturellement, mais c'est un levier, le sport, qui est incroyable pour comprendre l'histoire, notamment du 20e siècle.
On est revenu sur des événements emblématiques comme le Tour de France, le Paris-Roubaix, la discipline qui est l'athlétisme, avec les grands noms de l'époque, Michel Bernard, Michel Jazzy, entre autres.
Et puis dans cette période, il y a également les Jeux Olympiques de Grenoble.
Oui, là, c'est un peu le point d'orgue de la politique gaulliste en matière de sport, puisque la France est organisatrice et organisateur de ces Jeux d'hiver, pendant lesquels elle va briller d'une façon assez incroyable, avec, évidemment, Jean-Claude Killy, avec les Sœurs Guatchel. Et en matière d'organisation aussi, alors tout ce qui va autour, c'est-à-dire les nouveaux équipements, en fait, de cette région de Grenoble, qui vont être un levier aussi pour amorcer toute cette politique touristique autour des sports d'hiver. C'est le rayonnement de la France au niveau international aussi. Comme aujourd'hui, le monde a les yeux braqués sur la France, et là, sur Grenoble en particulier.
Thierry Deschamps, des changements dans le sport vont jalonner ces décennies. Quels sont-ils, ces changements ?
Les changements sont colossaux. On a du mal à les mesurer aujourd'hui, mais, par exemple, le sport, vous, comme moi, on a fait du sport à l'école, et ça nous paraît tous naturel. Ce n'est pas forcément le cas à l'époque, puisqu'on introduit les professeurs d'éducation physique et sportive. Le sport devient une épreuve au baccalauréat, pendant les 16 années de Gaulle. Et surtout, alors on parle beaucoup de Gaulle, mais je pense qu'il faut parler aussi de Maurice Herzog, qui est le secrétaire général au commissariat de la jeunesse et au sport, qui fait un travail assez incroyable. Alors, il y en a d'autres.
Il est entouré de gens extrêmement compétents, comme Marceau Crespin, plus tard, ensuite, François Missoff. C'est vraiment de Gaulle, en coach, en entraîneur, en sélectionneur qu'il est, va savoir s'entourer des meilleurs.
Un petit bémol, c'est le début également de la période des scandales dans le sport, comme le dopage.
Effectivement, les premiers scandales éclatent. C'est à ce moment-là que, justement, ce qu'on appelle la loi Herzog, en 1966, donc on oblige, en fait, l'État commence à mettre un peu son nez dedans et effectue les premiers contrôles, ce qui va générer, notamment, ce qui peut paraître un peu ubuesque, mais une grève des coureurs sur le Tour de France pendant quelques kilomètres. Ils marchent à côté de leur vélo. Ensuite, la mort de Tom Simpson en 1967 va évidemment faire prendre conscience aussi que c'est une question de santé publique.
Donc ça commence dans ces années-là, même si c'est une espèce, évidemment, d'hypocrisie, en tout cas, de la part de tous, de la part des médias, de la part des coureurs. Mais ça éclate, effectivement, ça commence à ce moment-là. Il y a une préoccupation beaucoup plus importante des pouvoirs publics.
Je vous propose de revenir directement à l'exposition. Comment avez-vous conçu la scénographie de Vasily Champion ?
Alors, on a fait appel à une agence de scénographie nude, qui est une agence locale, qui avait déjà travaillé avec nous sur De Gaulle Officier. Leur façon d'aborder des thématiques qui ne sont pas forcément faciles d'accès nous a plu. Et là, on est dans une scéno très sixties en matière de couleurs, mais on n'est pas dans la caricature. Donc, on a quelque chose de très léger, de très léché, mais en espèce d'immersion avec de très grandes vitrines sous forme de dioramas, avec une accumulation de nombreux objets. Et il y a de l'espace, il y a beaucoup de choses à voir, et c'est vraiment ce qu'on voulait.
Et il y a aussi une place qui est faite aux archives, qu'elles soient audiovisuelles, aux sonores, qui est très, très importante. À l'époque, tout le monde n'a pas la télé. Donc, la radio, par exemple, occupe une place importante dans cette exposition, le son.
Quel est l'héritage de ces décennies dans le sport d'aujourd'hui en France ?
Il est très important. Les années 60, c'est la fabrique de légendes. Beaucoup de sportifs des décennies suivantes sont transportés, ont rêvé avec les héros, s'il faut les qualifier comme ça, des champions de ces années-là. Si on prend le cyclisme, les hangtils, les poulies d'or, je pense que les cyclistes pros des décennies suivantes ont vécu l'oreille collée aux transistors pour suivre les étapes du Tour de France. Donc, ça influe énormément. Les structures aussi, par exemple, la politique des mille piscines, le développement de la natation, et puis des infrastructures comme les stades, les différentes salles de sport. Je parlais de l'enseignement à l'école tout à l'heure.
Les enfants qui ont reçu cet enseignement deviennent parents ensuite. Et souvent, ces parents-là continuent à faire du sport. Donc, ils vont insuffler ça aussi dans l'éducation de leurs enfants. Donc, l'influence de cette décennie, elle est énorme.
Vas-y, champion ! Le sport dans les années de Gaulle à découvrir la maison natale de Charles de Gaulle. C'est à Lille et c'est jusqu'au 22 septembre prochain. Thomas Deschamps, merci. Merci à vous. Au revoir. Sous-titrage Société Radio-Canada