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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 17 septembre 2026 8 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraites

"La France sous-performe" : sur RTL, le président du Medef Patrick Martin évoque un "décrochage" du pays et alerte sur la "fébrilité" des entreprises

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse partielle

    Jusqu'où seront-elles mises à contribution pour boucler le prochain budget ?

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Comment font-elles face à la crise des carburants ?

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Combien de temps les entreprises françaises peuvent-elles tenir ?

  • 0:22FerméeÉludée

    Le gouvernement a annoncé hier la prolongation des dispositifs d'aide face à la crise des carburants, prolongation jusqu'au 31 décembre. C'était un minimum ? C'est suffisant ?

  • 1:48OuverteRéponse partielle

    Les entreprises françaises, elles résisteraient avec des tarifs pareils ?

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Vous observez déjà des alertes sur de possibles dépôts de bilan liés à cette crise-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43InvitéChiffre
    « les finances publiques sont acculées parce qu'un certain nombre de décisions irresponsables ont été prises ces dernières années, en particulier l'an passé avec la suspension de la réforme des retraites qui pompe 6 milliards d'euros dans les caisses de l'État. »
  • 1:09InvitéChiffre
    « Ma propre entreprise par exemple va supporter 1 million d'euros de coûts de carburant de plus cette année. »
  • 1:29InvitéChiffre
    « Il y a 12 millions de salariés dans les entreprises du MEDEF. »
  • 2:15InvitéFait
    « un rapport sénatorial sorti la semaine dernière qui redit que les entreprises françaises sont les plus taxées au monde. »
  • 3:18InvitéFait
    « la France, les entreprises françaises, sous-performent par rapport à leurs concurrents espagnols, polonais, allemands, hollandais. »
  • 3:37InvitéChiffre
    « On est sur une tendance qui s'accélère de 70 000 dépôts de bilan annuels. »
  • 3:59InvitéChiffre
    « les chiffres ne sont pas si mauvais que ça sur le chômage, même si on est remonté à 8,3% de taux de chômage et que l'INSEE prévoit 8,6% à la fin de l'année. »
  • 4:47InvitéPromesse
    « Ça générerait 300 000 emplois. »
  • 6:15InvitéChiffre
    « On a deux fois plus de jeunes au chômage que dans les autres pays européens. »
  • 6:21InvitéChiffre
    « En Suisse, c'est sept fois moins de jeunes au chômage. »
  • 6:37InvitéPromesse
    « il faut qu'on s'occupe des jeunes. Si on s'occupe des jeunes, on s'occupe de tout. »
  • 7:21InvitéFait
    « on est venu raboter les aides à l'apprentissage, qui, en réalité, sont indirectement déjà financées par les entreprises. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur30 %

≈ 11,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

L'invité d'RTL Matin maintenant. Jusqu'où seront-elles mises à contribution pour boucler le prochain budget ? Comment font-elles face à la crise des carburants ? Combien de temps les entreprises françaises peuvent-elles tenir ? Bonjour Patrick Martin. Bonjour. Vous êtes le président du Medef et vous publiez aujourd'hui Génération empêchée aux éditions de l'Observatoire. Le gouvernement a annoncé hier la prolongation des dispositifs d'aide face à la crise des carburants, prolongation jusqu'au 31 décembre. C'était un minimum ? C'est suffisant

0:31
Locuteur

? C

0:32
Invité

'est suffisant.

0:33
Locuteur

C

0:33
Invité

'est surtout dans la limite des capacités budgétaires du gouvernement qui a été acculée. Les finances publiques sont acculées parce qu'un certain nombre de décisions irresponsables ont été prises ces dernières années, en particulier l'an passé avec la suspension de la réforme des retraites qui pompe 6 milliards d'euros dans les caisses de l'État. Les mêmes qui demandent maintenant des aides devraient faire leur examen de conscience en se demandant s'ils ont eu raison

0:56
Locuteur

de

0:57
Invité

dégrader les finances publiques qui étaient déjà dans un état critique.

1:00
Locuteur

Donc

1:01
Présentateur

les entreprises paient aujourd'hui les responsabilités de nos dirigeants hier

1:04
Locuteur

?

1:04
Invité

Les ménages, les entreprises, on est dans un monde d'illusions et on est rattrapé par les réalités. Ma propre entreprise par exemple va supporter 1 million d'euros de coûts de carburant de plus cette année. Alors il

1:15
Locuteur

y

1:15
Invité

a le coût du carburant lui-même, il y a tout ce qu'on appelle les intrants, nos achats de matières plastiques et d'autres produits à base d'hydrocarbures. Donc on est dans la même situation que les ménages, à part qu'on a nos salariés. Il y a 12 millions de salariés dans les entreprises du MEDEF. Donc il va falloir également qu

1:34
Locuteur

'on

1:34
Invité

traite le plus consensuellement possible, le plus intelligemment possible les augmentations de salaires.

1:38
Présentateur

Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de

1:40
Locuteur

l

1:40
Présentateur

'énergie qui était à votre place ici même mardi, nous disait qu'un litre d'essence à 2,50

1:45
Locuteur

euros,

1:45
Présentateur

c'était tout à fait possible à court terme. Les entreprises françaises, elles résisteraient avec des tarifs pareils ?

1:50
Invité

Non mais ça dépend des secteurs d'activité, puis il

1:52
Locuteur

y

1:52
Invité

a l'essence à proprement parler, mais je le redis, il y a tout ce qui est à base d'essence on va dire, et qui impacte considérablement les prix de revient dans la chimie, dans le bâtiment, etc. Donc c'est très difficile de dire que 2

2:02
Locuteur

,50 euros... Vous observez déjà

2:03
Présentateur

des alertes sur de possibles dépôts de bilan liés

2:06
Locuteur

à cette

2:06
Présentateur

crise-là ?

2:06
Invité

Bien sûr, alors pas seulement liés à cette crise-là, à nouveau c'est lié aussi à des errements, je dirais, dans les politiques publiques françaises qui chargent de plus en plus les entreprises. Il y

2:15
Locuteur

a

2:15
Invité

un rapport sénatorial sorti la semaine dernière qui redit que les entreprises françaises sont les plus taxées au monde.

2:20
Locuteur

Mais

2:21
Invité

on bat des records de faillite, je vous le confirme.

2:23
Présentateur

Alors justement, vous parlez des taxes, des finances publiques, le gouvernement se réunit en séminaire aujourd'hui pour plancher sur le budget, budget qui doit être ficelé dans les jours qui viennent et présenté à l'Assemblée à la fin du mois. Est-ce que vous êtes inquiet, vous Patrick Martin, de la copie que rendra le gouvernement Lecornu ? Est-ce que vous avez obtenu suffisamment de garanties

2:39
Locuteur

?

2:40
Invité

On est inquiet mais pas de son fait, on est inquiet parce que la conjoncture est ce qu'elle est, et ça ne se résume pas au prix des carburants. Et on est inquiet parce qu'il

2:48
Locuteur

y a

2:48
Invité

un panorama politique absolument ingérable. Le Premier ministre nous a envoyé il y a quelques jours une lettre aux entrepreneurs qui est plutôt rassurante en s'engageant à ce qu'il n

2:57
Locuteur

'y ait

2:57
Invité

pas d'augmentation d'impôts. On regarde ça avec beaucoup de précision parce que ça ne

3:01
Locuteur

veut

3:01
Invité

tout et rien dire. Mais quand même, c'est plutôt bien. Ça c'est le point d'entrée, semble-t-il, du budget au Parlement. Ça ne nous dit rien du point de sortie. Donc tout ça surajoute une forme de fébrilité dans nos rangs. Ça se traduit dans les investissements, dans les emplois. Et ça se traduit surtout dans le fait que, alors qu'on est confronté aux mêmes situations internationales, la France, les entreprises françaises, sous-performent par rapport à leurs concurrents espagnols, polonais, allemands, hollandais. Donc il

3:25
Locuteur

y a

3:25
Invité

un décrochage de la France. Il faudrait quand même que tous nos politiques s'en rendent compte et se ressaisissent.

3:29
Présentateur

Ce décrochage, vous parliez du nombre record de faillites. C'est combien d'emplois supprimés ? C'est combien d'entreprises qui tombent les unes après les autres ?

3:37
Invité

On est sur une tendance qui s'accélère de 70 000 dépôts de bilan annuels. Ça s'accélère, j'insiste, et ça touche maintenant des tailles d'entreprises plus importantes et des secteurs d'activité plus divers, notamment l'industrie et le bâtiment. Donc voilà, moi je ne

3:51
Locuteur

veux

3:51
Invité

pas être totalement

3:53
Locuteur

alarmiste. Ça veut dire que le chômage

3:53
Présentateur

va continuer à monter ?

3:54
Invité

Bien sûr, mais le chômage continue à monter. J'insiste sur un point, les chiffres ne sont pas si mauvais que ça sur le chômage, même si on est remonté à 8,3% de taux de chômage et que l'INSEE prévoit 8,6% à la fin de l'année. Mais enfin, c'est quand même un peu fort de café. C'est dans le privé qu'il

4:09
Locuteur

y a

4:09
Invité

des destructions d'emplois. On continue à créer des emplois dans le secteur public alors qu'on n'a plus un rond.

4:15
Présentateur

Vous, vous proposez, pour aider à redresser les comptes publics, d'augmenter la TVA, cette taxe qui touche biens et services, de l'augmenter de 2,3%. Ça revient aussi indirectement à réduire un pouvoir d'achat qui est déjà bien renié par l'inflation, la flambée des prix du carburant. Est-ce que vous allez pouvoir augmenter les salaires en face

4:30
Locuteur

?

4:30
Invité

D'abord, on n'est pas les seuls à le proposer, si j'ai bien lu. Ensuite, ça serait contrebalancé par une baisse des cotisations sociales pour les salariés. Nous, on a fait chiffrer ça par des économistes qui ne sont pas des salariés du MEDEF. Ça aurait un impact positif sur la croissance, sur le pouvoir d'achat. Ça générerait 300 000 emplois. Ça nous rendrait de la compétitivité. On taxerait beaucoup plus les importations. Donc, on parlait de SEB. Vous parliez de SEB tout à l'heure. Ça consoliderait les entreprises qui produisent en France. Donc, tout ça est assez vertueux. Il ne faut pas, autour de cette histoire de TVA, une fois de plus, être dans des postures, des dogmes, des anathèmes.

Nous, on est pragmatique. On veut que le pays réussisse.

5:09
Présentateur

Et les biens de première nécessité seraient épargnés,

5:10
Locuteur

d'ailleurs, dans votre position. Pardon,

5:11
Invité

oui, oui, j

5:12
Locuteur

'aurais

5:12
Invité

dû le dire. Et j'insiste, les deux postes principaux de dépense des ménages modestes,

5:17
Locuteur

c

5:17
Invité

'est le logement. Il n

5:17
Locuteur

'y a

5:17
Invité

pas de TVA et des produits de première nécessité qui sont sur une TVA à taux réduit, à laquelle on ne toucherait pas, effectivement.

5:23
Présentateur

On a parlé de la colère des pêcheurs au début de cet entretien, Patrick Martin. Est-ce que vous craignez, vous aussi, les appels à la mobilisation au retour des gilets jaunes le 17 octobre prochain

5:31
Locuteur

? Oui,

5:32
Invité

on les craint, tout en étant convaincus que ça ne réglerait rien. Et on est très inquiets de tout ce qui pourrait, d'auprès ou de loin, ressembler à une instrumentalisation politique.

5:46
Présentateur

Patrick Martin, la situation, elle est critique, on le comprend à vous entendre. Plus encore, peut-être, pour la jeunesse à qui vous dédiez ce livre, Génération en péché, qui sort aujourd'hui. Des jeunes frappés de plein fouet par le chômage et qui ont de plus en plus de mal à s'émanciper à partir de chez leurs parents.

5:59
Locuteur

On

5:59
Présentateur

en parlait dans le journal de 7h, plus de 4 millions de jeunes de 23 à 34 ans qui vivent, ont vécu chez leurs parents à l'âge adulte. Comment on l'aide, cette génération tanguie, souvent malgré elle ? Vous parliez du logement.

6:10
Invité

Moi, je tape surtout du point sur la table. Il

6:12
Locuteur

y

6:12
Invité

a un scandale français dont les politiques ne parlent pas beaucoup. On a deux fois plus de jeunes au chômage que dans les autres pays européens. On a sept fois plus de

6:21
Locuteur

jeunes. C'est plus

6:21
Présentateur

20% de taux de chômage

6:22
Locuteur

en

6:22
Présentateur

moins de 25 ans, mais ça ne concerne que 40% de la tranche d'âge. On le rappelle parce que les autres sont...

6:27
Invité

Non, mais on compare des choses comparables. En Suisse, c'est sept fois moins de jeunes au chômage. Ça tient à quoi ? Ça tient au fait qu'on n'a pas réussi en France à développer l'apprentissage autant qu'il le faudrait, à casser ces barrières entre l'enseignement et l'entreprise. Donc, il faut regarder ce qui se passe autour de chez nous, ce qui se passe aussi à l'autre bout du monde, à Singapour, en Chine, au Vietnam, ou même en Afrique, si on va au Maroc. Donc, il y a des schémas complètement figés. Il faut qu'on s'occupe des jeunes. Si on s'occupe des jeunes, on s'occupe de tout.

On s'occupe d'eux-mêmes, d'abord, dont leur logement, mais on s'occupe aussi de la croissance, des compétences, du pouvoir d'achat, de la santé mentale. Moi, le Medef sera peut-être tout seul à le faire, mais il s'occupera des jeunes.

7:06
Présentateur

Mais l'entreprise, elle peut vraiment jouer ce rôle en période de crise ? On sait que quand les carnets de commandes se vident, les apprentis, les alternants, c'est les premiers à en faire les frais, on gèle souvent les embauches.

7:14
Locuteur

Je

7:15
Invité

vous le confirme, d'autant plus que, par souci d'économie budgétaire sordide, on est venu raboter les aides à l'apprentissage, qui, en réalité, sont indirectement déjà financées par les entreprises. Ça crée de l'incertitude, ça crée de l'instabilité sur ce dispositif, en plus de ce qu'on a évoqué sur la conjoncture. Donc, moi, j'appelle nos 240 000 entreprises adhérentes à ne pas arrêter de recruter des jeunes, des apprentis, de prendre des jeunes en stage, parce que c'est notre avenir, par définition, c'est leur, et on leur doit ça, et c'est l'avenir du pays qui est en cause, les politiques devraient bien s'en occuper.

7:45
Présentateur

Patrick Martin, président du MEDEF, qui publie donc aujourd'hui Génération empêchée, pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale aux éditions de l'Observatoire. Lui, il n'est plus tout à

7:54
Locuteur

fait...