David Cormand veut "réconcilier la problématique de la fin du monde avec celle de la fin du mois"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse partielle
La nomination du successeur de Nicolas Hulot, c'est qui votre candidat ?
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Quel profil il faut aujourd'hui ?
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Pascal Canfin, dont le nom revient avec insistance, le directeur général de WWF France, ça ferait un bon ministre de la Transition écologique ?
- 1:57RelanceÉludée
Est-ce qu'il pourrait revenir aujourd'hui sans renier ce qu'il avait dit il y a quelques années ?
- 2:59RelanceRéponse partielle
Ne faisons pas diversions.
- 3:52OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas aussi parce que leur parole est davantage audible aujourd'hui dans l'opinion que la vôtre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Ce départ d'ailleurs était un départ très politique et je voudrais insister sur ce point. »
- 0:37Invité politiqueFait
« Ça faisait très longtemps qu'à une matinale, il y en a beaucoup, on n'avait pas eu un récit implacable de la situation dans laquelle est notre planète, dans laquelle est notre pays et l'inertie des politiques sur le fait d'agir. »
- 1:17Invité politiqueFait
« il était le seul qui n'était pas, si j'ose dire, remplaçable au même niveau de notoriété, de capacité à faire, sur le domaine qui était le sien, à savoir l'écologie. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Il avait d'ailleurs quitté, avec Cécile Duflo, le gouvernement à cause du manque d'ambition écologique précédent du gouvernement Valls. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Il y a eu un appel de 200 personnalités, je crois, sur l'urgence à agir au niveau de la planète. »
- 9:34Invité politiqueChiffre
« Je crois que c'est 78% des Françaises et des Français interrogés qui disent que ce soit le sujet prioritaire. »
- 9:48Invité politiqueFait
« Il faut réconcilier la problématique de la fin du monde avec la problématique de la fin du mois. »
- 13:10Invité politiqueChiffre
« Si on veut avoir une planète qui reste vivable, 80% des ressources carbone aujourd'hui dans le sol doivent y rester. »
- 14:25Invité politiqueFait
« Tous les deux jours, il y a un suicide d'agriculteurs. »
- 14:27Invité politiqueChiffre
« Depuis les années 50, il y a 5 millions d'emplois dans l'agriculture. »
Temps de parole
- David Cormand62 %
- Présentateur12 %
- Présentateur 212 %
- Locuteur non identifié8 %
- Auditeur3 %
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C'est les spectateurs de France Info, canal 27, qui nous rejoignent à l'instant en étant direct jusqu'à 9h. L'invité ce matin de France Info, c'est le secrétaire national d'Europe Ecologie, Les Verts, David Cormand et les questions de Renaud Delis. Bonjour David Cormand. Bonjour. Alors ça fait une semaine que la France vit sans ministre de l'Environnement, mais ça y est, c'est pour aujourd'hui. La nomination du successeur de Nicolas Hulot, c'est qui votre candidat ?
Écoutez, mon candidat, c'est le changement de ligne politique de ce gouvernement depuis le départ de Nicolas Hulot. Ce départ d'ailleurs était un départ très politique et je voudrais insister sur ce point. Ça faisait très longtemps qu'à une matinale, il y en a beaucoup, on n'avait pas eu un récit implacable de la situation dans laquelle est notre planète, dans laquelle est notre pays et l'inertie des politiques sur le fait d'agir. Donc pour répondre à votre question, au-delà de la personne, la question fondamentale, c'est la question de la ligne politique.
Quel profil ? Nicolas Hulot avait un profil bien particulier, une personnalité médiatique, très populaire, venant de la société civile. Quel profil il faut aujourd'hui ?
C'est toute la difficulté du gouvernement depuis une semaine, parce qu'au sein de l'ancien gouvernement où il y avait Nicolas Hulot, il était le seul qui n'était pas, si j'ose dire, remplaçable au même niveau de notoriété, de capacité à faire, sur le domaine qui était le sien, à savoir l'écologie. Donc on voit bien qu'il y a des atternoiements, parce qu'ils se retournent de tous côtés et se disent, comment remplacer le symbole Hulot sur une question qui était censée être, pour Emmanuel Macron, un sujet fondamental de son quinquennat.
Pascal Canfin, dont le nom revient avec insistance, le directeur général de WWF France, ça ferait un bon ministre de la Transition écologique ?
Pascal Canfin, indéniablement, a des qualités. On le connaît bien, Europe Écologie Les Verts, je rappelle que c'est le ministre sous M. Héros. Il avait d'ailleurs quitté, avec Cécile Duflo, le gouvernement à cause du manque d'ambition écologique précédent du gouvernement Valls.
Est-ce qu'il pourrait revenir aujourd'hui sans renier ce qu'il avait dit il y a quelques années ?
Vous lui poserez la question s'il est nommé. Moi, je ne suis pas dans les discussions s'il y en a à ce sujet. Permettez-moi simplement de dire que je doute que ce que Nicolas Hulot n'a pas réussi à obtenir, avec sa force de frappe médiatique et sa popularité, que Pascal Canfin ou toute autre personne puisse l'obtenir. Encore une fois, vous savez, je suis un peu ennuyé avec la discussion que nous avons, parce qu'on réduit la politique à une question de casting. Il y a eu un appel de 200 personnalités, je crois, sur l'urgence à agir au niveau de la planète.
Il y a un autre appel que j'ai signé d'Alter Eco, sur le fait qu'il faut maintenant réorienter l'investissement dont nous sommes capables, vers la transition énergétique et réduire la question qui est celle-ci, qui est de savoir est-ce qu'on arrive à pouvoir continuer de vivre sur cette planète ou pas ? Pas seulement en France, pas seulement pour les années qui viennent, mais pour les décennies qui viennent. Et on est en train de faire, je crois, diversions sur le sujet par rapport au sujet de la mentale.
Justement, ne faisons pas diversions. David Cormand vous évoquiez à l'instant cet appel pour sauver la planète, signé par plus de 200 personnalités, beaucoup de people, beaucoup d'artistes et aussi des scientifiques. On va écouter celle qui est l'une des initiatrices de cet appel, Juliette Binoche. C'était ce matin sur France Info.
C'est vrai que la démission de Nicolas Hulot, c'est quand même un énorme événement parce qu'on avait quand même l'espoir qu'il y ait des choses qui se passent avec lui parce que c'est quelqu'un du terrain, il a consacré toute sa vie à l'environnement. Donc il y a quand même une envie de dire que ce n'est pas possible, le pouvoir politique doit se réveiller, doit mettre la priorité sur l'environnement parce que sinon on ne pourra plus s'occuper des autres choses. Il y a des solutions concrètes à prendre au niveau de l'agriculture, des transports, de l'économie.
Il faut que les politiques travaillent dans le même sens et en attendant, nous on tourne les pouces et on regarde les catastrophes arriver. On ne peut pas être aussi passif, ce n'est pas possible, on ne peut pas rester comme ça. Il faut changer d'attitude.
David Cormand, dans cet appel, il y a des acteurs, des actrices, des metteurs en scène, des chanteurs. Il n'y a pas, si j'ai bien regardé, pas un seul ou une seule homme ou femme politique.
Et oui, mais je crois que c'était le protocole qu'il souhaitait.
Est-ce que ce n'est pas aussi parce que leur parole est davantage audible aujourd'hui dans l'opinion que la vôtre ?
Si vous voulez, vous savez, le sujet qu'on a par rapport à la question politique, vous savez, dans l'écologie politique, moi je trouve que le mot le plus important en réalité c'est politique. L'écologie c'est important mais la question politique. Aujourd'hui, et je crois que c'est une des raisons pour lesquelles beaucoup de citoyens et de citoyens se désintéressent du politique, c'est que ça fait des décennies qu'on nous explique qu'il n'y a qu'une seule politique possible. C'est le tinase et raisonneux alternatif de Margaret Thatcher. Vous savez, il n'y a qu'une seule économie possible. Il y a des lois de l'économie qui s'imposent à nous. Il faut faire la croissance aveugle.
Il faut faire le libéralisme et la concurrence libre et non faussée. Il faut accepter la libération, pardon, la mondialisation libérale, etc. Et vous n'avez pas le choix. Vous devez vous y résigner. Et donc il faut réduire les droits des salariés. Il faut baisser les salariés, etc. Et donc face à cela, il y a une forme de résignation par rapport à la politique. Est-ce que la politique peut encore quelque chose pour nous ? Moi, je crois que oui. Je crois que même le seul contre-pouvoir possible, même le seul pouvoir possible pour lutter contre les intérêts privés, c'est précisément la politique. C'est même pour ça qu'on l'a inventé. C'est pour ça que la démocratie sert à ça.
Et donc aujourd'hui, qu'il y ait ce que vous appelez des people qui sonnent le signal d'alarme, c'est une bonne nouvelle. Après, c'est une politique de s'en saisir également.
Est-ce que c'est seulement, David Cormand, de la résignation, comme vous dites ? Ou est-ce que ce n'est pas de la méfiance, de la défiance à l'endroit des politiques qui n'inspire plus confiance, pour le coup, à ceux qui veulent changer ?
C'est les deux. C'est les deux symptômes d'un même mal. À force de dire...
C'est encore plus grave, la défiance. On ne croit plus les politiques et on ne croit plus...
Je ne sais pas ce qui est le plus grave, parce que quand il y a de la défiance, quelque part, on peut reconstruire la confiance. Quand il y a de la résignation, quand il y a de l'indifférence, je ne sais pas comment on reconstruit les choses. Tout le propos qui est le nôtre, en tout cas pour les écologistes que nous sommes, c'est de dire qu'aujourd'hui, les différentes offres politiques qu'on a sur la table sont des offres politiques qui ont toutes un point commun. C'est qu'elles ne prennent pas conscience que la Terre, la planète Terre, a des limites physiques qu'il faut accepter. Que vous ayez l'offre de Donald Trump, qui est incroyable. Donald Trump, il a quasiment quitté la Terre.
Quand il dit « je sors de l'accord de Paris, je m'en fous du changement climatique », c'est une façon de dire « la Terre n'existe plus ». Je ne sais pas si vous avez vu le patron d'Amazon, dont j'ai oublié le nom, qui est l'homme le plus riche du monde, qui a fait une déclaration incroyable. Jeff Bezos. Oui. Il dit « il y a un problème de limites terrestres, mais ce n'est pas grave. On va construire les usines dans l'espace, et comme ça, on pourra continuer à produire et continuer à grandir indéfiniment ». Vous avez Emmanuel Macron et ce qu'on appelle les libéraux, mais quelque part, ce n'est pas le libéral qui m'intéresse dans cette histoire.
C'est de dire « faites-moi confiance, on peut continuer ce modèle de développement tel qu'il est, on va l'aménager à la marge, mais vous verrez, ça va finir par ruisseler et vous en sortirez ». Mais une croissance infinie dans un monde fini, ça ne marche pas. Et l'autre façon de quitter la Terre, c'est ce à quoi on assiste en Europe et dans les pays occidentaux, et même ailleurs, qui est le repli nationaliste. De se dire « on va s'occuper de nos petites affaires à l'intérieur des États ». Et cette façon de voir le monde est une folie.
Donc il faut réinventer un nouvel imaginaire, d'avoir conscience que nous sommes tous sur cette même communauté de destin qu'est la Terre, et comment réinvestir en même temps les territoires.
On va poursuivre cette discussion, David Cormand, si vous voulez bien, dans quelques instants, juste après l'info à 8h40 en direct, c'est avec David Doba.
La RIC n'avait pas duré plus d'une minute le 5 juin 2013. Clément Méric, militant antifasciste, décédé sous les coups de trois skinheads. Ils sont jugés à partir de ce matin par la cour d'assises de Paris. Après le drame, plusieurs mouvements d'extrême droite avaient été dissous par Manuel Valls. Deux décisions attendues d'Emmanuel Macron. La première qui, évidemment, pour succéder à Nicolas Hulot. La deuxième portée sur le prélèvement de l'impôt à la source. Le chef de l'État retrouve ce matin Edouard Philippe et Gérald Darmanin. Réunion, nous dit-on, décisive qui ne sera pas pour autant conclusive. Les talibans annoncent la mort du chef du réseau Akhani.
C'est un groupe qui avait été fondé dans les années 80 proche d'Al-Qaïda et qui combat actuellement les forces de l'OTAN en Afghanistan. Et puis cette élimination surprise en huitième de finale à l'US Open de Roger Federer battu en 4-7 par John Hillman, 55e joueur mondial. Et puis autre surprise, élimination également cette nuit. Toujours à l'US Open de Maria Charapeau.
Merci David, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts et l'invité de France Info. Jusqu'à 9h, on va revenir sur les déclarations de Nicolas Hulot. Oui, parce que David Cormand, en démissionnant la semaine dernière, Nicolas Hulot a lancé un vrai cri d'alarme. Il a tiré, vraiment, il a lancé un appel lui aussi. Et il s'est notamment indigné de l'indifférence de l'opinion, en quelque sorte, face aux enjeux climatiques. On écoute Nicolas Hulot.
Je ne comprends pas que nous assistions, globalement, les uns et les autres, à la gestation d'une tragédie bien annoncée, dans une forme d'indifférence. La planète est en train de devenir une étuve. Nos ressources naturelles s'épuisent. La biodiversité fond comme la neige au soleil. Et ça n'est pas toujours appréhendé comme un enjeu prioritaire.
Ce n'est pas appréhendé comme un enjeu prioritaire par les politiques, mais pas non plus par l'opinion publique. Pourquoi est-ce que l'opinion ne se mobilise pas davantage ?
Je ne sais pas si ce n'est pas pris au sérieux par l'opinion publique. Moi, je n'ai pas le sentiment que ce soit le cas.
Quand vous interrogez, pardon, je vous interrompe les Français, sur la priorité qui devrait être celle d'Emmanuel Macron, ce n'est pas l'environnement, en premier. C'est la sécurité ou c'est le chômage. Ce n'est jamais l'environnement.
Pardon, mais depuis la sortie de Nicolas Hulot, la question leur a été posée. Je crois que c'est 78% des Françaises et des Français interrogés qui disent que ce soit le sujet prioritaire. Mais là où vous avez raison, et c'est tout l'enjeu de l'écologie, c'est qu'il faut réconcilier la problématique de la fin du monde avec la problématique de la fin du mois, si vous voyez ce que je veux dire. C'est qu'aujourd'hui, beaucoup d'entre nous sommes pris dans des contingences d'urgence matérielles. Comment s'occuper de nos enfants ? Comment gagner le minimum pour pouvoir vivre ou survivre ?
Comment manger bio quand c'est plus cher ?
Et comment manger tout simplement ? Comment manger ce qu'on a envie de manger tout simplement ? C'est-à-dire que le truc de dire oui, mais en plus... D'ailleurs, c'est tout le paradoxe de l'écologie politique. Et c'est que, en fait, l'écologie et la prise de conscience écologique n'ont rien de plus consensuel.
Mais ça coûte trop cher.
C'est pas qu'une question de sous. C'est que, comment dire... Donc ça, c'est consensuel. La prise de conscience écolo, elle est consensuelle. Mais quand il s'agit de prendre les décisions et de changer les habitudes que l'on a pour être en cohérence avec ça, là, ça devient très pénible. Qu'est-ce qui croit ? Et quand on est écolo, c'est très terrible. C'est compliqué d'être écolo. C'est qu'en fait, on passe notre temps à dire aux gens la façon dont vous avez de vivre, tout ce que vous aimez bien faire, en fait, il faut arrêter. Il faut faire autrement.
Justement, est-ce que ça signifie que les politiques doivent avoir le courage de prendre des mesures coercitives ? Non. D'imposer et de restreindre les libertés ?
Non. Non, ça ne marchera pas. Moi, je pense qu'il y a deux... Vous savez, parce qu'on vient de dire tout ça, mais en même temps, dans la société, il y a beaucoup de gens qui changent d'habitude. Il y a le film Demain, vous vous en rappelez peut-être. De Mélanie Laurent, sur les bonnes initiatives
pour s'en sortir.
Absolument. Et donc, il y a une prise de conscience dans la société fière, dans les pays du Nord, mais pas seulement. Également dans les pays du Sud. Moi, ma conviction, c'est que pour pouvoir bouger, ça ne pourra pas se passer qu'avec les initiatives citoyennes. Ça ne poussera pas non plus se passer que parce que les dirigeants décideraient. Il faut une articulation des deux. Et l'enjeu politique, peut-être, la nouvelle forme de militance politique du XXIe siècle, c'est de marier, vous voyez, ces différents leviers. Le levier de l'utopie concrète et le levier de la régulation.
Vous dites le punitif, ça ne fonctionne pas, David Cormand. Par exemple, ce que fait Anne Hidalgo à Paris, bannir les diesels plus vite que le fait le reste de la France, ce n'est pas une bonne idée. On ne doit pas punir...
Non, mais vous rigolez. Non, mais retirer le diesel, là, ce n'est pas restrictif. Ce qui est restrictif, c'est de respirer un air qui rend les gosses malades.
Vous savez qu'on n'achète pas, qu'on n'est pas forcément le polveur par plaisir. Il y a des gens qui ont des diesels parce que pendant 20 ans, on leur a dit d'en acheter, que c'est moins cher, qu'ils ont de la route à faire le matin. Là, on est dans une partie de punitif.
Là, vous allez en parler de Paris.
Oui. Je vous cite ça en exemple.
Non, mais moi qui suis normand, je peux vous dire que beaucoup de gens en France ont moins de transports en commun qu'il y en a en Ile-de-France et à Paris. Pour le coup, ils sont prisonniers de leur voiture. Prisonniers de leur voiture.
Il y a des gens en grande banlieue, sans parler uniquement de Paris, en grande banlieue, qui sont prisonniers de leur voiture.
Oui, le pire, c'est banlieue à banlieue, quand même, en Ile-de-France. Mettons ça de côté. Le problème, c'est que votre point de vue, c'est la liberté de la personne qui roule en diézé.
Non, non, c'est pas mon point de vue. C'est une question que je vous pose. Mon point de vue, on le laisse en dehors de ça. C'est pas votre point de vue personnel,
excusez-moi. D'où vous parlez, c'est la personne qui veut utiliser sa voiture. Vous voyez ? Moi, je vois la personne, la liberté de la personne qui a le droit de respirer un air simple, ce qui est aussi un point de vue qui se respecte. Donc ça, c'est pas restrictif. C'est en tant que politique, on arbitre entre l'intérêt collectif et d'autres intérêts. Donc là, pour moi, on n'est pas dans l'ordre du restrictif. Ce qui serait restrictif, ce serait de limiter les naissances, ce serait d'obliger les gens, je sais pas quoi, à pu manger.
Vous vous prenez l'interdiction du diesel concrètement, tout de suite maintenant ?
Tout de suite maintenant, le plus vite possible. On ne va pas confisquer les voitures des gens qui viennent de l'acheter, qui ont pas de sous pour en racheter une autre. Ce ne serait pas juste. Mais des gens n'arrêtent d'en vendre alors ? Bien sûr, il faut sortir du diesel. Mais il faut sortir à terme d'ailleurs du carbone. Aujourd'hui, si on veut avoir une planète qui reste vivable, 80% des ressources carbone aujourd'hui dans le sol doivent y rester. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait le contraire. On donne l'autorisation à Total de fourrer au large de la Guyane pour aller chercher de plus en plus profond dans les océans les ressources pétrolières.
Et donc c'est là que c'est les limites du « et » en même temps. Soit on pense qu'il faut faire un nouveau modèle et donc il faut opérer ce grand virage, soit on pense qu'on peut continuer le même et on va dans le mur. Nous, ce que nous préconisons, c'est de faire ce grand virage. On pourrait parler, si vous le souhaitez, de l'agriculture parce que c'est un sujet, vous parliez d'alimentation tout à l'heure, de manger bio, etc. On est de ce point de vue-là. On le voit concrètement
avec le cas du glyphosate. La France prône l'interdiction du glyphosate dans trois ans. Elle le prône mais elle ne le vote pas. Oralement, effectivement, c'est un engagement oral qui n'est pas présent dans le texte de loi. Mais on voit que toute la difficulté c'est de trouver une alternative, d'offrir aux agriculteurs une alternative au glyphosate. Là aussi, on tombe sur la question de la fin du mois que vous évoquiez tout à l'heure.
Est-ce qu'on peut
priver du jour au lendemain les agriculteurs français d'utiliser du glyphosate ?
J'entendrai votre argument ou votre façon de poser les choses. C'est votre question. Si aujourd'hui, les agriculteurs en France étaient heureux s'ils vivaient de leur production. Aujourd'hui, tous les deux jours, il y a un suicide d'agriculteurs. Depuis les années 50, il y a 5 millions d'emplois dans l'agriculture. Et dans le même temps,
vous savez qu'il y a des grands céréaliers qui vivent très bien dans ce pays et qui font des très gros profits. C'est un détail qui ne va pas échapper.
Mais ce n'est pas vers eux que porte mon souci. Le glyphosate, c'est le symptôme de quoi ? C'est que depuis les années 60, on a développé en Occident, en Europe, et singulièrement en France, un modèle économique autour de l'agriculture qui est le suivant. C'est-à-dire qu'on fait tout entre l'agro-industrie, c'est Bayard-Monsanto, l'agro-alimentaire, ces grands groupes dont il y a des groupes français qui captent la valeur ajoutée en transformant les produits, la matière première, et la grande distribution qui, par ailleurs, c'est la grande distribution, artificialise des hectares de terre et est en train de tuer les commerces de centre-ville et de centre-bourg.
Cette espèce de triangle terrible qui sert le kiki des agriculteurs, nous, nous souhaitons y substituer un autre, celui de circuit court où il y aura plus de paysans qui vivront de leurs revenus, où on fermera les grandes surfaces. Moi, je suis pour qu'on mène une guerre à la grande distribution, pour qu'on reconstruise des réseaux, y compris, parce qu'on parle beaucoup du problème des services publics, notamment dans le milieu rural ou dans les bourgs et dans nos villes. C'est aussi le manque de commerce et la distanciation de commerce. Quand vous voyez, David, comment, par exemple,
un grand groupe français comme Carrefour qui a annoncé hier qu'il allait lancer une filière verte, plus respectueuse de l'environnement, des salaires, des agriculteurs, elle ne peut pas venir de là aussi, la révolution ? On ne peut pas faire confiance au grand groupe ? Vous dites qu'il faut fermer les grandes surfaces.
Excusez-moi, mais la réponse est dans votre question. Aujourd'hui, Carrefour s'est gavé avec le CICE, vous savez, ce crédit d'impôt pour les entreprises et en échange à licencier des centaines de personnes. Aujourd'hui, ce que font ces grands groupes, c'est de remplacer les personnes, les caissiers ou les caissières par des caisses automatiques. Leur enjeu, ce n'est pas de faire le bien commun. Leur enjeu, c'est de faire du profit. D'ailleurs, ça ne me pose pas de problème, c'est logique.
C'est leur raison d'être.
Est-ce qu'à chaque fois qu'on crée un emploi dans la grande distribution, ce sont trois autres emplois qui disparaissent ? Vous parliez tout à l'heure du souci du...
C'est inconciliable. Le profit et la défense du gouvernement, c'est inconciliable.
Oui, je le pense.
Donc il faut sortir du capitalisme pour sauver la planète ?
Je pense que l'écologie est un chemin pour sortir du capitalisme. Si vous voulez, mon approche du capitalisme, elle n'est pas idéologique, elle n'est pas théorique. Ce n'est pas parce que, moi d'ailleurs, je n'ai pas une formation politique marxiste. C'est que je constate que cette façon de voir l'économie fait exploser les inégalités et est en train de tuer notre planète. C'est quand même une bonne raison pour en sortir. Ce n'est pas une question de dire c'est le grand soir ou que sais-je. Vous savez, la spécificité, je pense, de l'écologie par rapport à d'autres projets politiques qui aussi souhaitaient s'attaquer au capitalisme, c'est que l'écologie, ce n'est pas qu'un point d'arrivée.
C'est, comme je vous le disais, également un chemin. Et donc, moi, c'est de ce côté-là... En fait, ce n'est pas très idéologique ce que je raconte. C'est assez pragmatique. En tout cas, moi, c'est comme ça que je le disais. C'est une autre idéologie aussi. Comment ?
C'est une autre idéologie aussi. Enfin, l'idéologie...
Oui, mais ce n'est pas l'idéologie dogmatique. Pourquoi je vous dis ça ? C'est que souvent, on renvoie aux écologistes le fait d'être utopiste, d'être idéaliste, etc., etc. Moi, je pense vraiment que c'est ceux qui pensent que ce modèle actuel peut perdurer qui sont des dangereux utopistes pour le coup. La réalité et le concret, le monde réel, c'est celui que nous sommes en train de vivre avec un effondrement qui est en train de nous arriver dans le but. Ce qui me fatigue, c'est que s'il n'y avait pas de solution, on dirait tant pis. Mais il y a des solutions.
Elles existent. Et les solutions, on va continuer d'en parler dans un instant. David Cormand avec vous, 8h50 sur France Info, l'actualité avec David Dobar.
Feu vert, report ou abandon, trois possibilités et une décision à prendre. Pour Emmanuel Macron, le chef de l'État devrait annoncer l'avenir du prélèvement de l'impôt à la source. Et puis, autre annonce attendue également, le remaniement ministériel et le nom du remplaçant ou de la remplaçante de Nicolas Hulot. À ce propos, ce cri d'alarme de quelques 200 personnalités du cinéma, de la musique et des sciences, Isabella Djani, Charles Aznavour, Pedro Almodovar ou bien encore Juliette Binoche appellent les politiques à changer d'attitude face aux problèmes liés à l'environnement. Donald Trump et ses traditionnels coups de gueule.
Le président américain met en garde la Syrie, la Russie et l'Iran contre une éventuelle offensive à Idlib, dernière région syrienne encore contrôlée par les rebelles. Selon lui, une action militaire pourrait être à l'origine humaine et responsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. Plus d'un milliard d'euros approvisionnés par la Société Générale pour solder un litige avec les autorités américaines. Washington reproche d'anciennes transactions avec des pays faisant l'objet de sanctions économiques et notamment l'Iran. Et puis des règles qui évoluent dès l'été prochain. Seuls 214 alpinistes par jour pourront partir à l'assaut du Mont-Blanc.
Décision prise face à une trop grande fréquentation mais également face à des comportements jugés irrespectueux.
France Info David Cormand le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts et l'invité de France Info jusqu'à 9h. Hier à votre place c'est le nouveau président du MEDEF qui était notre invité. Écoutez ce qu'il disait vous avez un nouvel ami.
Un mot juste sur l'écologie sur la transition. Moi je veux en faire un point central du MEDEF. Les entreprises ont complètement évolué depuis quelques années sur ce sujet là. Alors d'abord si vous voulez il y a le fait qu'on est tous citoyens et qu'avant d'être chef d'entreprise on est redevable de cette planète comme tout citoyen pas plus pas moins mais surtout elles ont compris ce que peut-être n'existait pas il y a 3-4 ans que ça fait partie
de leur intérêt et c'est toujours une bonne chose. David Cormand on est tous citoyens disait Geoffroy Haut-de-Bézieux et on est tous écolos donc du patron des patrons du président du MEDEF à Jean-Luc Mélenchon.
Eh bien tant mieux. Je vais vous dire
Vous croyez à cette conversion elle est sincère pour vous ?
Je ne suis pas juge des âmes je prends pour argent comptant ce qu'il dit il vient d'arriver je ne serais pas charitable si je faisais autrement mais vous savez contrairement à l'idée reçue l'écologie n'est pas l'ennemi du fait d'entreprendre. La maladie que nous avons aujourd'hui en matière économique c'est que nous sommes dans une économie qui est à l'envers. C'est une économie financiarisée qui n'est pas dans l'économie réelle. Et moi je le dis tranquillement l'écologie et ce grand virage dont je parlais laissez-moi finir là-dessus a besoin d'entrepreneuses et d'entrepreneurs. Elle a besoin de personnes qui prennent l'initiative de créer de l'activité d'inventer une activité.
Mais ça veut dire
que l'écologie peut être source de profit pour ses patrons pour ses chefs d'entreprise ?
Laissez-moi finir là-dessus. Le problème c'est que les intérêts que représente le nouveau président du MEDEF n'est pas forcément celui des ceux et celles qui veulent entreprendre mais plutôt de ceux qui sont les rentiers de la situation actuelle. Aujourd'hui de qui fait-on le jeu quand il y a la politique actuelle de ce gouvernement et d'autres ? C'est ceux qui sont déjà en situation dominante. Je vous parlais tout à l'heure des grands groupes de la grande distribution. Je pense que ces gens-là bénéficient d'une situation de monopole de fait. On peut parler également des délégataires d'autoroutes. Je pense que ces grands groupes bénéficient d'une situation de monopole de fait.
Ce ne sont plus des capitaines d'industries qui entreprennent réellement. Ils gagnent, ils touchent de l'argent sur une rente. L'écologie, c'est l'ennemi des rentiers. L'écologie, c'est dire celles et ceux qui veulent inventer d'autres façons d'entreprendre, celles et ceux qui veulent inventer d'autres façons de gagner leur vie en inventant des choses, bienvenue. Mais cela doit être toujours en cohérence avec l'intérêt collectif.
Il y a un mystère politique, David Cormand, au regard des enjeux et de l'ampleur des enjeux environnementaux des écologistes d'être verts aujourd'hui. En matière de biodiversité politique, l'espèce en vue disparition, c'est les verts.
Oui, on dit ça. Vous savez, si à chaque fois qu'on m'avait dit ça, on m'avait donné un euro, je serais très riche. David Cormand,
vous avez un petit peu de mémoire en 2012. C'est vous, c'est votre parti qui a écarté Nicolas Hulot lorsqu'il voulait être président de la République
et candidat chez vous. Non, non, non, mais je me rappelle d'autant mieux que j'étais avec lui à ses côtés.
C'est quand même fabuleux parce que le même parti qui aujourd'hui dit Nicolas Hulot est irremplaçable a écarté Nicolas Hulot de la course à l'Elysée.
Celui que vous interrogez ce matin était aux côtés de Nicolas Hulot en 2011 lorsqu'il a mené sa primaire et je vous dirais même plus en 2007, je pensais déjà qu'il devait être candidat. Et c'est Vajonique à gagner finalement avec un score qu'on connaît. Oui, j'ai en la matière une certaine constance. Donc bien sûr, les écologistes français, les écologistes en général ont des responsabilités.
Est-ce que pour paraphraser une vieille formule, on a aujourd'hui les écolos
sur les écolos ?
Il y avait une occasion peut-être unique d'avoir un candidat écologiste au placé au premier tour, pourquoi pas au second tour. Il a été écarté de la campagne. Vous étiez avec lui à l'époque.
Ces formules-là, je les connais par cœur. Si vous voulez, j'en ai d'autres aussi. Donc vous savez, on peut dire ce qu'on veut des écolos, qu'on n'a pas tout fait bien. Moi, il y a une constance. La force politique que je représente, elle vient de loin. Ce sont ceux qui, dès 1973, 1973, au Club de Rome, expliquaient que le modèle de croissance actuel allait nous conduire dans le mur. La famille politique dont je fais partie, ce sont les héritiers de Rachel Carson, qui, dans les années 60, expliquait que le modèle chimique de notre économie, de notre agriculture, était en train de tuer la nature. Donc bien sûr, on a fait des erreurs.
Bien sûr, je préférais qu'aujourd'hui, nous soyons au pouvoir. Mais nous sommes une force politique aussi qui est jeune et on essaye de progresser.
Électoralement aussi marginaux, d'un point de vue arithmétique, simplement, c'est quoi ? Les divisions, les règlements de comptes, les scissions ?
Vous pouvez me citer un pays dans le monde où l'écologie est au pouvoir.
Alors pourquoi ? Donc l'écologie politique plus forte que vous en Allemagne déjà, à côté de Rachel. Et voilà,
un autre pays que l'Allemagne ?
J'en ai pas d'autre. Et ben voilà. Ça veut dire qu'électoralement, l'écologie ne peut jamais accéder au pouvoir par les Européens ?
Mais Inch'Allah, peut-être un jour ça arrivera. Ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'aujourd'hui, la France est un des pays où l'écologie politique ne se porte pas si mal. Et donc, réduire le focus en disant ben c'est vous les verts français qui êtes nuls depuis dix ans, alors que ça devrait... Ben non, c'est pas ça la réalité. C'est que l'écologie, c'est difficile pour les raisons que je vous disais tout à l'heure. Le projet de l'écologie politique, c'est essayer d'expliquer à la société que la façon dont nous vivons, la façon dont nous concevons l'émancipation par la consommation, etc., est un mauvais moyen.
Et aux élections européennes, David Cormand, votre tête de liste, Yannick Jadot, repousse la main tendue par Benoît Hamon. Les verts, veulent faire liste seuls, à part. C'est bien raisonnable de se diviser à ce point-là quand on défend le même enjeu de défense de l'environnement ?
D'abord, moi, je n'ai pas entendu Yannick Jadot dire ce que vous venez de dire. Yannick Jadot, il dit comme je le dis et comme le disent les écologistes que nous voulons de la clarté. Nous voulons un projet qui soit clair. Notre projet politique, ce n'est pas de recomposer la gauche du XXe siècle. Notre projet politique, écologiste, qui a vocation, j'espère bientôt, de gouverner. Toutes celles et tous ceux, toutes celles et tous ceux qui se retrouvent dans ce projet, de dire qu'on fait gagner l'écologie avec le Parti vert européen qui existe depuis des années, ont vocation à se rassembler.
Donc la porte, elle est fermée pour personne, mais le projet et la ligne politique de ces européennes, pour ce qui nous concerne, elle est claire, avec un candidat qui conduit cette liste qui s'appelle Yannick Jadot.
Merci David Corbin, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts. On me souffre dans l'oreillette qui a un président ou une présidente écologiste sur la planète. En Autriche. Et en Lettonie. On vérifiera.
En Autriche avec une majorité parlementaire. Il y en a quand même deux, vous voyez,
ça marche plus parfois qu'en France. Merci, on n'a plus le temps. L'écologie n'a pas en pouvoir en Autriche. Merci. Oui, c'était un candidat au second tour. Merci David Corbin, dans 2 minutes, un nouveau journal sur France Info. A tout de suite.
David Cormand