Présidentielle 2027 : "Si la primaire a lieu, Bruno Retailleau la gagnera", estime François-Xavier Bellamy qui appelle à une confrontation avec Édouard Philippe
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Dans une semaine, François-Xavier Bellamy, les républicains, les militants républicains vont faire un choix pour la présidentielle. Bruno Retailleau, le patron du parti candidat, ou une primaire fermée, ou alors une primaire ouverte. Tout d'abord, première question, qu'est-ce que vous voterez, vous, dans une semaine ?
Moi, je voterai pour que le président de notre famille politique puisse être notre candidat. Je pense que ça fait partie de la tradition de la droite française. Et je crois aussi qu'elle est d'autant plus justifiée par le fait que nous avons aujourd'hui, à la tête de notre parti, un homme qui peut représenter nos idées à l'élection présidentielle et qui peut gagner l'élection présidentielle.
Vous pensez que Xavier Bertrand, par exemple, ou Laurent Wauquiez, pour ne citer que deux noms, se rangeront derrière cette décision ?
J'espère que quand on est un parti politique, on a le sens du collectif, et que quand les militants vont choisir...
Mais aujourd'hui, pardon, François-Xavier, combien de militants LR sont à jour de cotisation ? C'est-à-dire, combien de personnes sont en capacité, aujourd'hui, de voter samedi prochain ?
Eh bien, il était possible d'adhérer jusqu'à hier, donc on n'a pas encore les chiffres... En tous les cas, je n'ai pas encore les chiffres consolidés, mais vous les aurez dans les jours qui viennent.
On était autour de 70 000, c'est ça ? Est-ce que ça va suffire à donner, finalement, une légitimité ? C'est ça la question qui est derrière, à Bruno Rotaillot, si c'est lui qui est désigné par le vote samedi prochain ?
Vous savez, on n'a jamais eu une méthode de désignation aussi transparente et aussi démocratique au sein de notre formation politique. Quand Bruno Rotaillot a été élu président du parti, il a dit, je ne confisquerai pas ce débat, je proposerai aux adhérents de choisir la manière dont notre candidat sera proposé...
En matière de démocratie interne, il y avait eu une primaire.
Oui, mais là, on propose aux adhérents, s'ils veulent une primaire, ils peuvent la choisir. Le vote est dans quelques jours, et si vous vouliez participer à la désignation de notre candidat, tous les Français pouvaient le faire, nous avons largement communiqué sur cette échéance. Tous les électeurs de droite qui voulaient dire comment le candidat de la droite serait désigné pour l'élection présidentielle pouvaient prendre leur carte pour décider de la manière dont son parti interne choisirait son candidat.
Le vote, samedi prochain, au sein de votre famille LR, soit si peu soutenu par les grands ténors de votre parti. Voir même, certains ont claqué la porte, on a vu David Lissnard.
Vous savez, nous, ce qui compte, c'est d'abord de réunir nos électeurs et de faire en sorte qu'ils puissent avoir voix au chapitre pour dire qui sera leur candidat. Et dans quelques jours, ils vont choisir la manière dont notre candidat sera désigné. Moi, je vous ai dit quelle était mon hypothèse. D'autres ont d'autres options et les ont fait valoir dans le débat, c'est le cas de David Lissnard. Ma conviction profonde, c'est que David, pour lequel j'ai une profonde estime et qui est un grand ami, sera avec nous dans l'élection présidentielle. Je ne vois pas de monde possible dans lequel nous avons tant d'idées en commun.
Je ne vois pas comment nous pourrions ne pas être unis ensemble dans le moment de cette élection qui sera un rendez-vous décisif pour l'avenir du pays. Et c'est de ça qu'il faut parler. Parce que ce dont les Français attendent, c'est qu'on leur parle de leur...
Pour bien comprendre, François-Xavier Delavis, si Bruno Retailleau, dans une semaine, est désigné candidat officiellement des Républicains, ça veut dire que toute porte sera fermée à une éventuelle primaire ou est-ce qu'une primaire sera encore possible ?
Non, Bruno Retailleau l'a dit. Le fait est que nous ne savons pas encore quelles seront les étapes qui nous séparent de ce moment de l'élection présidentielle. Si parmi les grands candidats qui aujourd'hui prétendent incarner la droite tous se déclaraient favorables à une primaire, Bruno Retailleau l'a dit et répété, il est tout à fait disposé à y participer s'il devait être désigné dans quelques jours par nos adhérents pour les représenter, y compris dans une échéance intermédiaire. Mais le plus important, c'est qu'on ne va pas attendre. Aujourd'hui, Edouard Philippe ne veut pas de primaire.
Ça, c'est un petit peu nouveau. On entendait jusque-là Bruno Retailleau dire qu'il était plutôt opposé à une primaire.
Non, non, encore une fois, il n'a jamais dit ça. Il a simplement dit qu'à partir du moment où vous prenez un Edouard Philippe qui, de toute évidence, dit qu'il incarne la droite et le centre et qui ne veut pas participer à une primaire, on ne peut pas proposer à nos adhérents LR de voter pour contraindre Edouard Philippe à un processus auquel il ne se soumet pas.
Cette primaire, dans votre esprit, elle irait de où à où ? On sait que, par exemple, Laurent Wauquiez l'a définie d'Edouard Philippe jusqu'à Sarah Knafow.
Moi, je pense que cette primaire, elle doit rassembler tous ceux qui prétendent incarner la droite. Et ensuite, les personnes qui voteront dans cette élection primaire pourraient départager. Qui incarne la droite, pour vous ?
Elle irait de où à où, alors, cette primaire ?
Moi, je pense que la droite, c'est Bruno Retailleau qui l'incarne aujourd'hui le mieux. Et donc, je voterai pour lui s'il y avait une primaire. Mais, encore une fois, je pense qu'il faudrait, si cette primaire devait avoir lieu et si cette primaire rassemblait. Tous les candidats qui prétendent incarner ce camp-là, il faudrait qu'elle puisse... Alors, à vous écouter, Edouard Philippe n'est pas un vilain macroniste. Moi, je ne pense pas qu'il faudrait que cette primaire ait lieu pour soutenir Edouard Philippe, mais pour se confronter à lui. Et je crois qu'Edouard Philippe ne peut pas incarner la droite dans cette élection.
Le principe d'une primaire, ça veut dire que vous soutenez le gagnant. Donc, ça veut dire que vous pourriez... L'idée ne serait pas totalement exclue de pouvoir soutenir Edouard Philippe. C'est pour ça que je vous pose la question. Ce n'est pas un affreux macroniste, Edouard Philippe.
Non, mais je pense que Bruno Retailleau gagnerait cette élection primaire. Et précisément parce qu'Edouard Philippe devra assumer le bilan d'Emmanuel Macron. Et parce qu'au moment où il rentrera dans l'atmosphère, il faudra bien qu'il réponde de son héritage à Matignon. C'est pour ça que, dans cette élection primaire, l'idée ne serait pas de se rallier à lui, mais au contraire, de confronter non seulement nos projets, mais aussi nos actions passées. Pendant dix ans, nous avons été des opposants au macronisme. Et j'ai été de ceux... Vous avez aussi participé à un gouvernement de Emmanuel Macron. Bruno Retailleau a été ministre. Nous sommes rentrés dans un gouvernement de cohabitation.
Et chacun aura pu constater que la ligne que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'Intérieur n'était pas vraiment celle qu'Emmanuel Macron n'avait cessé de favoriser à travers ses ministres. Le gouvernement de François Bayrou n'était pas exactement un gouvernement de cohabitation. Si, bien sûr, c'était un gouvernement dans lequel nous ne sommes rentrés que pour une seule et unique raison.
Le gouvernement de François Bayrou était un gouvernement de cohabitation ?
Encore une fois, il n'y avait rien en commun... La ligne historique d'Emmanuel Macron depuis 2017. Il n'y avait rien en commun...
Et Bruno Retailleau était son ministre de l'Intérieur.
Il n'y avait rien en commun entre la ligne qu'Emmanuel Macron a portée pendant des années, y compris sur les sujets régaliens, et celle que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'Intérieur. Et chacun le constate aujourd'hui. C'est parfaitement clair. D'ailleurs, quand vous voyez le ministre de l'Intérieur actuel, qui sans doute bien plus proche d'Emmanuel Macron, aujourd'hui explique qu'il faut, en réalité, ne pas appliquer la circulaire de Bruno Retailleau parce qu'elle conduit à éviter trop de régularisation...
On voit bien la différence. Dans le Figaro, ce week-end, Bruno Retailleau se dit prêt à participer à une primaire à condition qu'Edouard Philippe y participe. Ça veut dire donc que vous êtes prêt à vous rallier à un éventuel gagnant. Quand on participe à une primaire, on est prêt à se rallier à l'éventuel vainqueur qui pourrait être Edouard Philippe dans ce cadre-là.
En fait, vous envisagez la primaire uniquement à partir du principe que nous la perdrions. Pardonnez-moi de corriger cette impression. Ma conviction profonde, c'est que si la primaire a lieu,
Bruno la gagnera. Et d'ailleurs... On adhère à un espace politique et à des idées politiques en commun qui permettent un ralliement éventuel derrière. Il y a une chose
qui est un fait. C'est qu'aujourd'hui, Edouard Philippe, qui est candidat à l'élection présidentielle, prétend représenter la droite dans cette élection présidentielle. Bruno Retailleau dit représenter la droite dans cette élection présidentielle. Le fait est que les électeurs de droite vont légitimement être inquiets de voir une pluralité de candidatures à l'intérieur d'un même espace politique. Et donc, la question qui se pose est qui peut incarner nos idées, qui peut apporter l'alternance dont la France a tellement besoin.
dans les intentions de vote dans les différents sondages.
Permettez-moi d'aller au bout de ma phrase. Parce que ce dont la France a besoin en 2027, c'est d'une alternance et pas d'une continuité. Et donc, moi, je crois qu'une primaire serait utile si elle permet, en effet, de se confronter à Edouard Philippe, par exemple, parce que ce serait l'occasion pour lui d'avoir à répondre de son bilan. Et à le rallier s'il gagne. Mais de gagner, surtout. Nous gagnerons cette élection primaire. Et c'est peut-être la raison pour laquelle Edouard Philippe n'a pas très envie son vote un an avant la présidentielle et il y a la réalité des élections.
C'est une image aujourd'hui de la classe politique.
En effet, c'est une image aujourd'hui.
C'est une photo à l'instant T.
À l'instant T.
Qui est peut-être importante aussi pour les électeurs de droite qui pourraient voter les primaires.
Mais vous m'accorderez que dans les élections passées, il est rarement arrivé que ceux qui étaient en tête un an avant l'élection soient les gagnants un an plus tard. Et donc, la question qui se pose pour nous, c'est aussi, d'ailleurs, si Edouard Philippe est si certain de pouvoir incarner la droite dans cette élection. Pourquoi aurait-il peur d'une primaire qu'il y vienne et que le débat ait lieu ? Et d'ailleurs, le débat peut avoir lieu le plus rapidement possible, primaire ou non. Nous, nous y sommes prêts parce que notre conviction profonde c'est que la France attend le changement et que ce changement, nous pouvons l'incarner.
Et Bruno, j'en suis convaincu, peut apporter les ruptures profondes dont la France a tellement besoin.
Vous comprenez les réserves de Jean-François Copé, de Xavier Bertrand, de Valérie Pécresse, de Michel Barnier sur les choix que fait Bruno Retailleau pour sa famille politique ?
Mais ces choix, ils sont parfaitement transparents. Nous les avons discutés en bureau politique il y a quelques jours. Je ne sais pas exactement quelle est la source de cette espèce d'éternel procès d'intention que certains cherchent à livrer contre leur propre camp en permanence, comme si la meilleure manière de nous renforcer c'était de jouer le jeu éternel de ces divisions qui ont tant fragilisé la droite. Moi, je ne crois pas à ça. Je ne passe pas mon temps à accuser mon propre camp. J'essaye de commencer par apporter les solutions dont la France a besoin. Et si tout le monde pouvait se comporter de cette manière-là, je pense que le débat public s'en porterait mieux. Mais tout de même,
qu'est-ce qui s'est passé depuis quelques mois pour que Bruno Retailleau qui rassemblait une grande partie de votre famille politique ait perdu à ce point-là de crédit auprès des différents ténors des Républicains ?
Mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse ce n'est pas les ténors comme on dit. Ce qui m'intéresse, c'est les Français. Et les électeurs de droite aujourd'hui, je crois qu'ils continuent. On le verra dans quelques jours. Les cadres du parti,
ils représentent aussi, ils font remonter peut-être des sensibilités qui s'expriment
loin de l'image qui peut être donnée parfois dans les médias. Nous avons un débat interne chez LR qui est un débat démocratique, ouvert, qui est un débat de confiance. Et d'ailleurs, dans le dernier bureau politique que nous avons eu, c'est de manière quasi unanime que nous avons décidé des étapes qui viendraient pour préparer l'élection présidentielle. Les votes qui ont été faits ont été emportés à la quasi-unanimité. Donc, je souhaite à tous les partis politiques en France d'être aussi transparents, aussi démocratiques, ce qui veut dire aussi libres et du coup aussi pluriels. Parfois, c'est vrai, mais aussi confiants dans leur unité que nous ne le sommes aujourd'hui.
Et maintenant, je le redis, la seule chose qui compte, ce n'est pas de parler indéfiniment des problèmes d'arrière-boutique, c'est de parler de ce qu'attendent les Français, de ce qu'attend le pays. Parce que le pays traverse une inquiétude profonde, il connaît une crise existentielle aujourd'hui et mon sentiment, c'est que notre devoir, notre responsabilité, et on l'a vu au moment des élections municipales où nos candidats ont été ceux qui ont pu faire barrage contre l'alliance entre la gauche et l'extrême-gauche. Notre responsabilité, c'est d'être à la hauteur du rendez-vous présidentiel qui nous attend pour pouvoir réunir les Français autour d'un projet clair et préparer notre avenir.
François-Xavier Bellamy