Compte rendu du Conseil des ministres du 8 avril 2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
L'horizon de sortie de crise fixé à mi-mai est-il encore tenable ?
- 15:00OuverteRéponse partielle
Quand débutera la vaccination des professeurs ?
- 20:00OuverteRéponse directe
La France partage-t-elle l'avis de l'Allemagne sur l'achat de Spoutnik ?
- 25:00RelanceRéponse directe
La vaccination est-elle ralentie les jours fériés ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Un vaccinodrome à Paris est-il envisagé ?
- 35:00RelanceÉludée
La Cour européenne des droits de l'homme recommande la vaccination obligatoire. Le Gouvernement envisage-t-il cette option ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Chiffre
« Nous sommes déjà passés à près de 8 000 lits armés en réanimation et nous continuerons à monter progressivement jusqu'au-dessus de 10 000. »
- 4:00Chiffre
« Le taux d'incidence dans notre pays reste très élevé, plus de 400 cas pour 100 000 habitants. »
- 5:00Chiffre
« Depuis le 16 janvier 2021, plus de 4 400 000 contrôles ont été réalisés et plus de 480 000 verbalisations ont été dressées. »
- 6:00Chiffre
« Nous avons vacciné plus de 90 % des résidents des EHPAD, nous avons vacciné plus de 60 % des personnes âgées de 75 ans et plus. »
- 7:00Chiffre
« La semaine du 15 mars, 1 200 000 injections avaient été réalisées sur la semaine et la semaine du 29 mars ce sont 1,9 millions d'injections. »
- 11:00Fait
« Le vaccin, c'est notre chemin direct vers la liberté. »
- 12:00Fait
« Nous recevons davantage de doses. Nous allons continuer à recevoir davantage de doses. Ce mois-ci, nous recevrons autant de doses que nous en avons reçues depuis le mois de décembre dernier. »
- 14:00Promesse
« Ce texte crée des dispositifs qui permettront de rénover 4,8 millions de passoires thermiques. »
- 16:00Fait
« L'école n'est pas un lieu où le virus circule davantage que dans le reste de la société mais c'est un lieu où le virus circule. »
- 17:00Fait
« Nous avons commandé beaucoup de doses de vaccins, qu'elles arrivent progressivement, qu'il y en a de plus en plus. »
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Mesdames et Messieurs, bonjour. Ce Conseil des ministres s'est tenu alors que la situation sanitaire reste extrêmement tendue dans notre pays et le président de la République a rappelé, dès le début de ce Conseil des ministres, les grandes priorités vis-à-vis de l'épidémie pour le Gouvernement aujourd'hui. D'abord c'est anticiper l'arrivée du pic en réanimation, en continuant à armer davantage de lits de réanimation, en mobilisant encore davantage les ressources humaines à l'hôpital pour accueillir les patients.
Ensuite, c'est poursuivre l'accélération de la campagne de vaccination, en ouvrant davantage de centres de vaccination à mesure que des doses supplémentaires arrivent dans notre pays, en permettant à davantage de professionnels de santé de vacciner à mesure, là aussi, que les doses sont plus nombreuses à arriver dans notre pays. La troisième priorité, c'est de poursuivre l'accompagnement des secteurs économiques qui sont impactés par la crise en continuant à adapter nos dispositifs et, à ce titre, les ministres de Bercy ont eu l'occasion d'annoncer récemment une nouvelle disposition pour la question des stocks, notamment dans les secteurs de l'habillement. Et, quatrième objectif, c'est évidemment celui de la continuité pédagogique, qu'il s'agisse de l'école à distance cette semaine ou de la préparation de la rentrée, et je vais revenir dans le détail sur ces différents objectifs et ces différentes priorités.
À l'heure où nous parlons, près de 31 000 Français sont hospitalisés, dont 5 746 sont en réanimation du fait de la Covid. 5 746, c'est 102 de plus que la journée précédente et ce chiffre devrait continuer à augmenter dans les prochains jours. Dans certaines régions jusqu'ici un peu plus épargnées, la situation est extrêmement préoccupante.
Par exemple, en Auvergne Rhône-Alpes, le nombre de patients admis en soins critiques a ainsi augmenté de 25 % en une semaine. La situation hospitalière est grave. Elle nous impose de poursuivre notre mobilisation collective.
Je veux saluer ici tout le travail des soignants qui se battent jour et nuit contre l'épidémie, qui nous aident à pousser les murs, à augmenter nos capacités pour accueillir tous les Français qui en ont besoin à l'hôpital. Conformément aux annonces du président de la République, nous sommes déjà passés à près de 8 000 lits armés en réanimation et nous continuerons à monter progressivement jusqu'au-dessus de 10 000 à chaque fois que ce sera nécessaire, et vous savez que cette montée en puissance se fait de manière progressive pour avoir à déprogrammer ou reprogrammer des soins vraiment quand c'est nécessaire et donc avoir une montée en puissance progressive. C'est rendu possible notamment, je veux le dire à nouveau, grâce à l'engagement de tous les soignants, y compris des étudiants, des retraités ou des soignants de la réserve sanitaire, et je veux une nouvelle fois, au nom du Gouvernement, les en remercier.
À l'heure où nous parlons, le virus circule encore fortement. Le taux d'incidence dans notre pays reste très élevé, plus de 400 cas pour 100 000 habitants. Nous avons de premiers signaux encourageants dans les seize départements où les mesures de freinage supplémentaires ont été prises, le 20 mars dernier.
Les mesures semblent fonctionner et donc ce n'est pas le moment de lâcher prise. Depuis le 16 janvier 2021, plus de 4 400 000 contrôles ont été réalisés et plus de 480 000 verbalisations ont été dressées, dont 3 641 à des établissements recevant du public. La semaine dernière, les contrôles ont augmenté de près de 20 % et les verbalisations de près de 30 % par rapport à la semaine précédente.
Tous les moments où nous baissons le masque, où nous baissons la garde, font courir des dangers vis-à-vis de cette épidémie, pour l'hôpital et pour un retour à la normale, et il faut donc avoir une vigilance permanente. À ce titre, le président de la République a rappelé que dans cette période les Français attendent de l'exemplarité. Tous ceux qui ont des responsabilités doivent être exemplaires, qu'il s'agisse de responsables politiques, de responsables médiatiques, de responsables économiques.
S'agissant du Gouvernement, le président de la République a rappelé à la fois sa confiance et son exigence vis-à-vis des membres du Gouvernement, évidemment aucune complaisance. Il a rappelé évidemment aussi son attachement à ne pas rentrer dans une société de la délation et de la calomnie permanentes. Mesdames, Messieurs, nous savons combien les mesures nationales annoncées mercredi dernier par le président de la République sont exigeantes.
Ces mesures de freinage étaient rendues nécessaires par la situation que je viens de vous exposer. Elles étaient aussi guidées par plusieurs principes. D'abord, l'efficacité.
Il nous faut au maximum limiter les flux et les interactions à risque. Concrètement, cela signifie que nous devons redoubler de vigilance dans le respect des gestes barrières, que l'obligation du télétravail doit être scrupuleusement respectée et que, malheureusement, nous devons provisoirement limiter nos déplacements et l'ouverture de certains commerces. Ces dernières semaines aussi, beaucoup de voix se sont élevées pour se faire l'écho de préoccupations concernant l'école.
L'école n'est pas un lieu où le virus circule davantage que dans le reste de la société mais c'est un lieu où le virus circule. Nous devions donc trouver une solution d'équilibre pour limiter les risques tout en préservant l'éducation et donc en garantissant la continuité pédagogique. Nous avons donc dû réaménager le calendrier scolaire pour les prochaines semaines et je veux dire que je sais les efforts que nous avons demandés aux familles ces derniers jours : les efforts d'adaptation, les efforts d'anticipation, les efforts dans un contexte où, nous le savons, beaucoup de familles s'étaient organisées en fonction du calendrier scolaire habituel et du calendrier des vacances habituelles.
Je veux aussi leur dire que nous avons appris depuis un an, nous avons fait en sorte de pouvoir accueillir au maximum les enfants dont les parents ont des professions qui exigent leur mobilisation face au virus. Vous le savez, une liste de professions prioritaires, notamment les soignants évidemment, a été établie. Je pense donc aux enfants des soignants ou des forces de l'ordre.
Nous avons ainsi été en mesure d'accueillir, je vous l'annonce, dès hier, 125 000 enfants dans près de 17 000 structures d'accueil. 125 000 enfants, c'est quatre fois plus que lors du premier confinement où évidemment cet accueil s'était mis en place de manière tout à fait progressive. Pour les enfants qui sont restés chez eux, je le sais, mardi l'école à la maison n'a pas bien fonctionné partout et ce n'est pas normal.
Les services du ministère de l'Éducation nationale ont travaillé d'arrache-pied et ont permis de régler rapidement la plupart des problèmes rencontrés. Le président de la République a demandé que soient clarifiées la nature et l'origine de ces difficultés. Il a également demandé à ce que la rentrée soit préparée dès à présent, la rentrée en classe le 26 avril pour les élèves de maternelle et de l'élémentaire, et le 3 mai physiquement pour les collégiens et les lycéens.
Enfin, autre objectif, les mesures doivent rester vivables. Nous ne pouvons pas réagir après un an de crise comme aux premiers jours de celle-ci. Nous ne pouvons pas ignorer les conséquences psychologiques, sociales, économiques, de nos mesures.
C'est la raison pour laquelle nous faisons le choix de la confiance, confiance dans la littérature scientifique que nous avons depuis un an, et notamment sur le fait que nous savons désormais que nous nous contaminons moins quand nous sommes en extérieur et que nous respectons les mesures barrières ; confiance dans la responsabilité des Français aussi, avec ce week-end de Pâques ; confiance dans leur compréhension des enjeux, en n'imposant pas d'attestation pour les déplacements à moins de 10 kilomètres de son domicile. En novembre, à Noël, et j'en suis sûr encore ces jours-ci, à chaque fois que nous avons choisi la voie de la confiance, les Français nous ont donné raison. Nos mesures sont là pour piéger le virus, pas pour piéger les Français, et évidemment cela reste un objectif extrêmement fort.
S'agissant de la vaccination maintenant, évidemment nous demandons aux Français de respecter un certain nombre de règles et notre responsabilité à nous, c'est de nous battre pour accélérer la vaccination. Il y a quelques semaines, la semaine du 15 mars, 1 200 000 injections avaient été réalisées sur la semaine et la semaine du 29 mars ce sont 1,9 millions d'injections qui ont été réalisées, soit une augmentation de près de 60 % en deux semaines. Nous recevons davantage de doses.
Nous allons continuer à recevoir davantage de doses. Ce mois-ci, nous recevrons autant de doses que nous en avons reçues depuis le mois de décembre dernier. Des méga centres de vaccination se mettent en place et nous allons vers les plus fragiles pour leur proposer le vaccin.
C'était déjà le cas avec des centres Ad Hoc, c'est désormais encore davantage le cas avec des infirmières, des infirmiers qui peuvent se rendre au domicile de personnes fragiles, de personnes isolées, pour les vacciner. Nous avons hier commencé à produire des doses de vaccins sur le sol français. Nous ne le nions pas, nous avons commencé la campagne vaccinale trop progressivement, trop tardivement, mais aujourd'hui la cadence s'est accélérée pour de bon même si nous restons, comme tous les pays dans le monde, soumis à des aléas de livraison par des laboratoires qui peuvent intervenir.
Le vaccin, c'est notre chemin direct vers la liberté et, entre nos efforts collectifs et la vaccination, le virus ne peut nous échapper et cela justifie d'autant plus nos efforts collectifs. Mesdames et Messieurs, ce Conseil des ministres a permis d'examiner un certain nombre de textes. Tout d'abord, le Premier ministre a présenté un projet de loi et un projet de loi organique relatif à la régulation et à la protection de l'accès aux oeuvres d'art et vous vous imaginez bien que, si le Premier ministre a présenté ces textes, c'est en l'absence de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, à qui je veux adresser une amicale pensée puisqu'elle est en convalescence chez elle, vous le savez, suite à son hospitalisation du fait de la Covid.
Le but de ces textes est simple, continuer à adapter notre droit aux nouveaux usages et à protéger artistes et créateurs contre la contrefaçon du 21ème siècle, facilitée par les sites de streaming, de téléchargement direct ou de référencement. C'est un texte important car il apporte des réponses concrètes à trois enjeux majeurs dans le domaine de l'audiovisuel : D'abord la protection des droits, ceux des auteurs, des producteurs, des diffuseurs, des fédérations sportives qui sont encore aujourd'hui trop souvent bafoués en ligne, ce qui détruit une part significative de la valeur économique créée par le secteur culturel. Il nous faut donc muscler notre arsenal de lutte contre le piratage en ciblant, plutôt que les internautes, les sites Internet qui tirent un profit commercial de la contrefaçon.
C'est le sens des dispositions qui instaurent un mécanisme de liste noire, qui améliorent la lutte contre les sites miroirs et qui créent un référé spécial en matière de piratage sportif. Deuxième enjeu majeur, l'organisation de notre régulation qui doit être rationalisée, modernisée et adaptée à la convergence progressive de l'audiovisuel et du numérique. Il nous faut un régulateur plus puissant, mieux armé et compétent sur l'ensemble du champ de la régulation des contenus audiovisuels et numériques, qu'il s'agisse de lutter contre le piratage, de protéger les mineurs ou de défendre les publics contre la désinformation et la haine en ligne.
C'est tout l'enjeu de la fusion d'Hadopi et du CSA pour créer l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Dans un contexte où la demande d'œuvres n'a jamais été aussi forte, ce texte défend l'accès du public aux oeuvres cinématographiques et audiovisuelles françaises qui constituent, je le dis, notre patrimoine et qui forgent l'identité culturelle de l'Europe et que les spectateurs français ont le plus souvent contribué à financer par le biais, par exemple, des aides qui sont financées par le CNC ou des crédits d'impôt. Ce texte, enfin, protège la production française des achats prédateurs en garantissant son exploitation continue.
Troisième texte adopté lors de ce Conseil des ministres, une ordonnance relative à l'autorité organisatrice des mobilités des territoires lyonnais. Il s'agit de créer un établissement public local à partir du 1er janvier 2022, qui remplacera le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise. Cet établissement public offrira aux territoires lyonnais une organisation plus moderne, plus efficace et plus adaptée aux mobilités locales.
Ensuite, nous nous sommes penchés sur une ordonnance relative au transport fluvial et à la navigation intérieure. Ce texte permet une rénovation globale et des ajustements utiles à notre cadre juridique en matière de transports fluviaux. Quelques exemples : Cette ordonnance va permettre de dématérialiser la perception des péages par voies navigables de France.
Elle clarifie le cadre des contrôles et des sanctions pour les usagers des voies d'eau. Elle va faciliter aussi la vie des acteurs du secteur en simplifiant considérablement l'obligation de calculer la capacité de chargement maximal pour les bateaux à passagers et les bateaux de plaisance. Ce texte nous conduit naturellement au cinquième texte que nous avons examiné ce matin et qui portait sur les missions de voies navigables de France.
L'idée de ce texte est de permettre à certains projets d'émerger plus facilement en renforçant la capacité de voies navigables de France à acquérir des parcelles en bord de voies d'eau et en l'autorisant à créer des filiales afin de promouvoir le tourisme. Sixième texte, c'est un décret concernant les dispositions du Code de la défense relatives à l'outre-mer. C'est un décret qui améliore l'intelligibilité et l'accessibilité du droit.
Dernier texte de ce Conseil des ministres, un décret sur le traitement indiciaire des agents de la catégorie C de la fonction publique. Enfin, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'une communication sur la rénovation énergétique des logements. Comme vous le savez, la rénovation énergétique est un des grands enjeux de notre action.
C'est une question de protection de l'environnement, alors que nous savons que les logements représentent 15 % des émissions de gaz à effet de serre. C'est une question de justice sociale aussi, parce que ce sont toujours les plus précaires qui subissent la vie dans les passoires thermiques. C'est une question d'emplois et d'aides aux entreprises enfin car chaque rénovation énergétique, ce sont des emplois locaux et ce sont des PME locales qui travaillent.
Pour réussir ce défi, il fallait un dispositif à la fois simple et ambitieux et ce dispositif, vous le connaissez, c'est Ma Prime Renov qui concerne l'ensemble des propriétaires et peut prendre en charge jusqu'à 90 % du montant des travaux de la rénovation. Ces aides rencontrent un succès croissant et nous avons déjà reçu 185 000 demandes de primes depuis le début de l'année. C'est presque autant que l'ensemble des demandes qui ont été reçues en 2020, sur toute l'année 2020.
Je veux revenir sur la mission qui a été confiée à monsieur Sichel s'agissant de la question des rénovations, vous le savez, cette mission et le rapport qui a été remis, qui ouvrent la voie à la généralisation de l'accompagnement vis-à-vis de la rénovation, avec un dispositif d'audit, avec un dispositif d'appui au suivi des travaux et avec un nouveau dispositif financier pour accompagner les ménages concernés. Des engagements concrets ont également été pris avec l'interdiction, dès le 1er janvier prochain, de l'installation de nouvelles chaudières au fioul qui sont à la fois plus chères et plus polluantes. Nous nous sommes fixés des ambitions fortes aussi, qui sont notamment inscrites dans le projet de loi Climat et résilience qui est actuellement discuté à l'Assemblée nationale.
Ce texte crée des dispositifs qui permettront de rénover 4,8 millions de passoires thermiques. Il s'agit notamment d'interdire la location de ces logements et de rendre possible financièrement la rénovation pour les propriétaires occupants. C'est ce que j'évoquais à l'instant, notamment avec les travaux de la mission Sichel.
Notre idée est simple : La rénovation doit être rendue accessible à tous les ménages et ces travaux qui ont été menés, les propositions qui sont faites, vont nous aider à y parvenir. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais vous dire de ce Conseil des ministres ce matin et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour, Mathieu Coache, BFMTV.
Une première question sur l'horizon de sortie de crise que vous aviez d'abord fixée à mi-avril dans un premier temps, puis le président l'a fixée à la mi-mai. Est-ce que ça vous semble encore tenable étant donné l'évolution de la situation ? Je l'ai dit, la situation est préoccupante dans notre pays et très tendue à l'hôpital.
Il y a encore beaucoup de contaminations dans notre pays, avec un taux d'incidence national supérieur à 400 pour 100 000 habitants. Et nous commençons à observer de premiers effets positifs des mesures de freinage qui ont été mises en place le 20 mars dernier dans les 16 premiers départements qui les ont connues, et vous savez que ces mesures ont été étendues au reste du territoire national et renforcées encore avec l'adaptation du calendrier scolaire. Nous commençons à mesurer que les efforts supplémentaires qui ont été demandés aux Français dans 16 départements le 20 mars dernier portent leurs fruits.
Nous savons que ces mesures ont été étendues à l'ensemble du territoire et donc, évidemment, nous avons toutes les raisons d'espérer et de croire que ces mesures auront un impact suffisant sur l'épidémie pour la faire régresser dans notre pays et pour faire baisser la pression sur nos hôpitaux. Le président de la République l'a dit, un horizon du 15 mai pour commencer à rouvrir un certain nombre de lieux, et le président avait cité certains lieux culturels et certaines terrasses, et c'est cet objectif et ce cap qui mobilisent aujourd'hui le Gouvernement dans la préparation de cette échéance. Bonjour, Bastien Augey, TF1/LCI.
J'ai une question sur la vaccination des professeurs. Jean-Michel Blanquer avait dit espérer pouvoir commencer à vacciner prioritairement les professeurs à partir de la mi-avril, Olivier Véran a été beaucoup plus prudent. Est-ce qu'aujourd'hui vous êtes en mesure de donner une date pour le début de la vaccination des professeurs et est-ce que d'autres corps de métier, ceux qu'on appelle parfois la deuxième ligne, vont aussi avoir le droit à une vaccination prioritaire et si oui lesquelles ?
Merci. Je n'ai pas de date précise à vous annoncer aujourd'hui. Ce que je peux vous dire, c'est qu'évidemment notre première objectif est aujourd'hui de vacciner les personnes qui sont les plus à risque de développer une forme grave ou de décéder de la Covid.
Et, je ne suis pas revenu sur ce point d'ailleurs, mais vous savez que nous avons observé une diminution sur le taux d'incidence du virus sur les personnes âgées, sur les hospitalisations de personnes âgées, par rapport à l'augmentation nationale que nous constatons, qui est immédiatement liée au développement de la vaccination. Nous avons vacciné plus de 90 % des résidents des EHPAD, nous avons vacciné plus de 60 % des personnes âgées de 75 ans et plus. Sur les un peu moins de 40 % restants de ces personnes âgées de plus de 75 ans, un certain nombre d'entre elles, la plupart d'entre elles, ont un rendez-vous pour les prochaines semaines.
D'autres n'ont pas encore été vaccinées, et c'est pour ça que le président de la République a demandé à l'Assurance maladie de passer des appels pour que chaque personne concernée soit appelée pour garantir qu'elle ait un rendez-vous. Une fois cet objectif atteint, évidemment, alors que nous étendrons la vaccination au grand public, le président de la République l'a dit, il y aura des campagnes de vaccination spécifiques pour des professions particulièrement exposées. Le président de la République avait cité l'exemple évidemment des enseignants, celui des forces de sécurité intérieure, mais d'autres professions peuvent être concernées.
Vous comprenez donc bien que le premier objectif est de vacciner les personnes les plus âgées, les plus à risque, parce qu'elles sont âgées ou parce qu'elles ont une maladie, ce qui ne nous empêche pas de commencer à travailler sur ces campagnes et peut-être même d'en démarrer certaines puisque, comme l'on dit à la fois Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran, l'objectif c'est, dans les prochaines semaines, de démarrer une première campagne qui s'adressera aux enseignants qui sont au contact, qui travaillent avec des enfants en situation de handicap, je crois que c'est 80 000 enseignants qui sont concernés, et vous savez que les enseignants qui sont au contact d'enfants en situation de handicap ont évidemment plus de difficultés à respecter les mesures barrières et les gestes barrières dans ce cadre-là et donc c'est par eux que la vaccination dédiée à des professions plus exposées va démarrer. Bonjour, Ania Nussbaum de Bloomberg. Pour poursuivre sur le sujet de la vaccination, un des États allemands, la Bavière, a pré-commandé des doses de Spoutnik.
Est-ce que la France partage toujours l'opinion de monsieur Thierry Breton qui est que l'Europe n'a pas besoin des vaccins Spoutnik pour le moment ? La France continue à s'inscrire, comme d'ailleurs l'Allemagne, l'essentiel des pays européens, dans le cadre de coordination européenne vis-à-vis du vaccin. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on a une Agence européenne du médicament qui étudie les candidats vaccins pour garantir qu'ils sont sûrs et efficaces avant de les proposer aux citoyens européens et vous savez que le vaccin Spoutnik est en cours d'examen par l'Agence européenne du médicament, dans la procédure qu'on appelle de rolling review sur ce vaccin, et ensuite c'est ce cadre européen, cette coordination européenne, qui est chargé de la commande des vaccins et ensuite chaque pays a une quote part. Ce que je veux dire et redire, c'est que nous avons commandé beaucoup de doses de vaccins, qu'elles arrivent progressivement, qu'il y en a de plus en plus, évidemment que nous souhaiterions en avoir plus tout de suite, mais qu'aujourd'hui l'ensemble des capacités de production tournent à plein régime, que nous continuons à en ouvrir davantage. Je vous disais qu'hier a démarré sur le sol français la production de vaccins, pour être plus précis le flaconnage de vaccins sur le sol français pour augmenter le nombre de doses que nous pourrons recevoir, et encore une fois je redis la position qui a toujours été la nôtre, qui a toujours été celle que j'ai portée en tant que porte-parole du Gouvernement, c'est que, quand il y a des candidats vaccins, nous ne regardons pas leur nationalité, nous regardons leur efficacité et leur sécurité.
C'est la seule chose qui nous importe et, dès lors que les agences de santé indépendantes nous disent qu'un vaccin est sûr et efficace, évidemment que nous nous donnons les moyens d'en faire bénéficier la population. Et pour rebondir très rapidement, quel jugement porte le Gouvernement français sur cette décision de la Bavière ? Moi, en tant que porte-parole du Gouvernement, je n'ai pas aujourd'hui de jugement à porter sur ce que vous indiquez, mais peut-être que d'autres collègues pourront vous répondre.
Une autre question sur la vaccination et sur le rythme de la vaccination. Il est plus lent le dimanche et les jours fériés, 70 000 personnes vaccinées environ dimanche et le lundi de Pâques. Le président avait appelé à Valenciennes à vacciner matin, midi et soir, sept jours sur sept, c'était il y a plus de deux semaines.
On n'y est toujours pas, est-ce qu'il va y avoir une accélération de ce point de vue-là ? Sur ce point, ce qu'a indiqué encore très récemment le ministre des Solidarités et de la Santé, mon collègue Olivier Véran, c'est qu'on vaccine à flux tendu. Dès lors que des doses arrivent sur le territoire national, elles sont immédiatement acheminées dans des centres de vaccination ou chez les professionnels de santé qui peuvent vacciner.
Je pense évidemment aux médecins traitants, aux pharmaciens, aux infirmiers libéraux et à d'autres professionnels qui peuvent vacciner. Et ce qu'avait indiqué Olivier Véran, c'est que les centres de vaccination, les professionnels, reçoivent une dotation pour chaque semaine, qu'ils peuvent ensuite vacciner tout au long de la semaine et que, s'ils vaccinent davantage dans les premiers jours de la semaine, il y a moins de doses pour vacciner dans la fin de la semaine. C'est ce qu'a indiqué Olivier Véran et ce sont les informations dont je dispose mais, évidemment, il y a toujours la même exigence, et vous avez raison de dire qu'elle a été rappelée par le président de la République, à ce qu'il n'y ait pas de jours fériés ou de relâche dans la campagne de vaccination.
Juste une question sur les vaccinodromes. Anne Hidalgo demande à ce qu'il y ait un vaccinodrome dans Paris. Elle dit qu'elle a fait des propositions pour la Bourse du commerce, la Porte de Versailles, et qu'elle n'a pas eu de réponse du Gouvernement.
Toutes les propositions sont examinées, sont étudiées, et je redis ce que je vous disais tout à l'heure : Nous ouvrons évidemment des vaccinodromes à mesure que nous recevons davantage de doses. On pourrait se faire plaisir en ouvrant des vaccinodromes géants un peu partout sur le pays, s'il n'y a pas les doses dans ces vaccinodromes pour vacciner les gens, cela a modérément de l'intérêt. Et donc, évidemment, à chaque fois qu'on reçoit davantage de doses on se donne les moyens, dans ce souci de flux tendu que nous avons, de pouvoir les injecter le plus rapidement possible, d'où l'ouverture progressive des vaccinodromes.
Il y a un vaccinodrome qui a ouvert, vous le savez, au Stade de France, qui ne me semble pas très éloigné de Paris quand même, même si parfois pour certains on a l'impression que ce qui se passe au-delà du périphérique relève d'un no man's land mais, voilà, on ouvre des centres de vaccination, des vaccinodromes, à chaque fois qu'on a les doses qui permettent de vacciner. À nouveau Bastien Augey, TF1/LCI. La Cour européenne des droits de l'homme estime aujourd'hui que dans les pays démocratiques il est nécessaire de rendre la vaccination obligatoire.
Est-ce que cette déclaration peut faire changer l'avis de votre Gouvernement sur ce point ? Est-ce qu'il est nécessaire, notamment aussi au vu des réticences de certaines personnes sur certains vaccins, de rendre aujourd'hui la vaccination obligatoire en France ? C'est une contribution qui vient renforcer, poursuivre un débat qui existe, et notamment un débat scientifique qui existe sur ce sujet-là, notamment avec la question de l'immunité collective qu'il faudra atteindre via la vaccination pour mettre ce virus derrière nous.
S'agissant de la position du Gouvernement, je n'ai pas d'éléments supplémentaires à vous donner aujourd'hui. Je relaie une question de ma consœur Sarah Paillou, du JDD. Les responsables politiques avaient jusqu'à aujourd'hui pour donner leur avis sur un maintien ou non des élections régionales et départementales en juin.
Quand le Gouvernement donnera sa décision finale ? Sarah Pailloux, qui est très bien informée, sait qu'ils ont jusqu'à ce soir pour remettre leur contribution et donc nous ne les avons pas encore toutes reçues. Nous allons les examiner avec beaucoup d'attention et nous avons, je le dis, une attention extrêmement forte à ce que diront évidemment les forces politiques mais aussi les associations d'élus locaux et nous aurons évidemment une attention, une vigilance extrêmement forte, à ce que nous diront les maires, puisque vous savez que ce sont les maires qui sont chargés de l'organisation des scrutins, avec les salles mises à disposition, avec l'organisation concrète des scrutins, avec le recrutement des assesseurs, le personnel communal qui est mobilisé et donc ce que diront les maires sera évidemment très important et central dans la décision que nous aurons à rendre.
Et donc, pour répondre à la question, la décision interviendra assez rapidement, puisqu'un débat aura lieu à l'Assemblée nationale et au Sénat sur ce sujet-là, dans lequel le gouvernement donnera sa position. Un mot de Jean-Rémi Baudot, pour Europe 1 : une réforme va être annoncée cet après-midi par le président de la République. Peut-on réellement parler de suppression ?
On comprend que le nom va être changé mais est-ce que ce n'est pas seulement un coup de peinture, une espèce de coup politique ? Alors, vous l'avez dit, le président de la République va faire des annonces cet après-midi et vous comprendrez bien que je ne les ferai pas avant lui. J'essaye déjà de ne pas le faire quand il s'agit de collègues, mais alors quand c'est le président de la République, je fais encore plus attention à ne pas dévoiler les annonces avant qu'il ne les fasse, mais vous savez, la volonté de briser les corporatismes et d'avoir une haute fonction publique plus efficace, plus attractive, plus souple, plus à l'image de la société, a été exprimée par le président de la République dès le début du quinquennat.
Beaucoup de mesures, beaucoup de réflexions ont été lancées. Je pense notamment au rapport Thiriez, je pense à la mise en place, il y a quelques semaines - vous vous en souvenez, le président de la République l'avait annoncée dans un déplacement - la mise en place d'une voie d'accès spéciale pour les boursiers, aux écoles de la fonction publique. Le président avait évoqué, encore une fois, tous ces sujets, et notamment l'ENA, en avril 2019, et donc ce que je peux vous dire - et c'est ce que traduit la réunion de cet après-midi et l'intervention du président de la République - c'est que notre volonté de réformer la haute fonction publique est intacte, et je dirais même que la crise l'a renforcée et l'a finalement décuplée.
Nous devons lever un à un tous les tabous, tous les blocages qui existent en France. Nous devons nous assurer que rien ne sépare l'administration de la société, et c'est pourquoi le président de la République annoncera des mesures supplémentaires, effectivement, sur l'efficacité et l'ouverture de notre haute fonction publique. Parmi les autres sujets de l'actualité, notamment aujourd'hui au Parlement, la question de la fin de vie.
Il y a peu de chances que la PPL Falorni soit votée d'ici ce soir. J'ai une question, je relaie une question de notre consœur Anne Bourse, de France Télé : est-ce que le gouvernement ferme la porte à tout débat d'ici à la fin du quinquennat ? Alors, le gouvernement est très ouvert au débat sur ce sujet-là.
Nous sommes très ouverts au débat sur ce sujet, qui est un sujet fondamental, qui est un sujet de société, qui est un sujet qui, précisément, ne peut se traiter que par le débat, puisqu'il en va de positions, de convictions, convictions intimes, convictions philosophiques, convictions spirituelles, convictions religieuses de chacune, de chacun d'entre nous, et donc ce sujet est un sujet qui mérite profondément un débat. Et donc nous abordons, d'ailleurs, le débat qui doit se tenir à l'Assemblée nationale cet après-midi dans cette optique-là, avec une ouverture à ce que ce débat puisse se tenir. Vous avez évoqué le fait qu'il ne pourrait peut-être pas aller à son terme, en raison d'une volonté, peut-être, d'obstruction, ce qui a été relayé par un certain nombre de médias.
Moi, je ne fais que reprendre ce qui a été dit et je suis attaché à la séparation des pouvoirs, et évidemment, en tant que porte-parole du gouvernement, je n'ai pas à m'immiscer dans ce qui se passe au Parlement, mais ce que je veux dire, peut-être, là, moi, tant qu'en porte-parole du gouvernement, qu'en tant que citoyen, c'est qu'on n'étouffe pas un débat de société à coups d'amendements, pour faire de l'obstruction, et que ce débat, évidemment, doit pouvoir se tenir, et c'est en ce sens que le Gouvernement sera présent aux bancs cet après-midi. Le gouvernement sera présent, vous dites que vous êtes très ouverts mais l'exécutif va émettre un avis de sagesse. C'est une position qui permet de ne pas trancher, pour expliquer aux personnes qui nous écoutent.
La promesse du macronisme, c'était d'accompagner les évolutions de la société. Est-ce que, là, le gouvernement ne passe pas à côté d'un débat qu'il devrait peut-être soutenir ? Alors d'abord, l'avis de sagesse, vous savez, c'est un avis qu'il est possible de rendre quand on est le gouvernement, sur des textes.
Il faut dire un avis défavorable, un avis favorable ou un avis de sagesse. Avis de sagesse, c'est tout sauf dire qu'on veut fuir le débat ou la décision, au contraire. C'est dire qu'on s'en remet à la sagesse des parlementaires et à leurs convictions propres, évidemment, des différents groupes politiques... et même individuelles.
C'est une manière de ne pas trancher, quand-même. Non, encore une fois, c'est un sujet, je le disais tout à l'heure, qui appelle aux réflexions, aux expériences, aux convictions de chacune et chacun d'entre nous, et il en va de même pour les parlementaires. Et donc c'est pour cette raison-là, précisément, que le gouvernement ne va pas donner, entre guillemets, une position qui pourrait être vue comme une injonction dans un sens ou dans l'autre, mais au contraire dire sa confiance aux parlementaires pour avoir le bon débat et prendre les bonnes décisions.
C'est vraiment le sens de ce qui a été dit. Pour revenir sur le deuxième point, s'agissant - puisque vous y avez fait référence - de la campagne présidentielle et des engagements du président de la République, vous aurez noté que le programme de la présidentielle ne prévoyait pas d'étapes ou de lois supplémentaires sur ce sujet-là et par ailleurs, c'est un débat, je trouve, qui mérite d'être posé dans le cadre d'une élection présidentielle et d'être, à ce moment-là, d'une certaine manière, sanctionné par le vote des Français, et donc vous avez fait référence vous-même à la campagne qui n'avait pas abordé ce sujet-là. Lors de votre introduction vous avez dit que le président avait demandé aux membres du gouvernement d'être exemplaires.
Il leur avait rappelé qu'il fallait être sa confiance et son exigence, pardon. Est-ce qu'il faisait allusion à ces dîners clandestins, et est-ce que vous pouvez affirmer aujourd'hui qu'il n'y avait pas de membres du gouvernement dans ces dîners, pour avoir une communication claire, et clore cette polémique ? Oui, évidemment, c'est à cela que faisait référence le président de la République.
Il l'a dit. Il a la conviction que les Français attendent une exemplarité absolue de l'ensemble des responsables, dans la période. Et il a redit : ça vaut pour les responsables politiques, pour les responsables médiatiques, pour les responsables économiques.
Et s'agissant du gouvernement, il a redit sa confiance et son exigence, et évidemment le fait qu'il n'y a aucune complaisance en la matière. Je redis ce que j'ai dit tout à l'heure, dans le début de votre intervention. Sur le deuxième point, je me suis déjà exprimé.
Je ne crois pas un instant que des membres du gouvernement aient pu participer à des dîners clandestins, des soirées clandestines, des fêtes clandestines. Encore une fois, on est tous extrêmement conscients et lucides sur la responsabilité qui est la nôtre, sur le fait qu'on demande tous les jours - et j'en parlais dans mon intervention tout à l'heure - des efforts aux Français, qu'on leur demande de renoncer à un certain nombre d'éléments qui font le sel de leur vie, c'est-à-dire les interactions sociales, le fait de pouvoir faire la fête, de pouvoir aller au restaurant, de pouvoir passer du temps avec ses amis ou sa famille et que, parce que c'est ce que nous demandons aux Français, et je le sais, pour ma part, en tant que porte-parole du gouvernement, puisque je le fais à peu près tous les jours sur les plateaux de télévision. C'est parce que nous avons cette responsabilité, et parce que c'est ce que nous faisons chaque jour devant les Français, que nous avons, pour nous-mêmes, une responsabilité et une exigence à avoir, encore plus fortes.
On comprend que vous ne pensez pas qu'il y avait des membres du gouvernement dans ces dîners, mais pour poser la question autrement : est-ce que vous avez interrogé chaque membre du gouvernement sur leur présence à un dîner et est-ce qu'ils ont tous répondu non, ce qui permettrait de finir, de clore cette page ? Pour être encore plus clair - mais ça, le ministre de l'Intérieur l'avait dit, je crois, dans une matinale, il y a quelques jours - nous n'avons aucune information sur la participation de membres du gouvernement, ou attestant qu'il y aurait une participation de membres du gouvernement à de tels événements, évidemment, sinon vous imaginez bien que des décisions auraient été prises. Je vous ai rappelé ce qu'a dit le président : pas de complaisance.
Bonjour, pour terminer sur cette histoire de dîner, je suis frappée, quand-même, que le président trouve nécessaire d'en parler dans ses propos préliminaires. Est-ce que vous avez l'impression que ce soit pour le buzz que tout ceci suscite ou bien, si je vais plus loin sur la réforme annoncée de l'ENA, est-ce que c'est pour répondre à une sorte de haine des élites ? Est-ce que quoi que ce soit a été résolu, depuis les gilets jaunes, sur ce problème et est-ce que la crise sanitaire a pu, au contraire, l'exacerber ou la faire rebondir de nouveau ?
Je ne vais pas me lancer dans une exégèse des polémiques ou de la polémique. Ce qui est certain, c'est que cette polémique existe, qu'elle a existé. Vous indiquez que vous étiez surprise que le président ait à en parler.
Il faut dire que les médias en ont beaucoup parlé ces derniers jours, aussi, et donc il est normal que le président de la République s'exprime sur ce sujet-là devant son gouvernement. Moi, ce que je veux dire, ma conviction à moi, c'est que s'il y a cette polémique, c'est d'abord parce qu'il y a une exigence. Il ne faut absolument pas s'en dérober, absolument pas la nier.
Il faut adresser tout ce qui circule, des informations qui peuvent circuler. C'est mieux quand c'est des informations que quand c'est des rumeurs sans preuves ou sans éléments factuels et il faut toujours répondre aux questions qui sont posées. C'est ce qu'attendent, aussi, les Français.
Encore une fois, ça fait un an qu'il y a des mesures difficiles qui sont demandées aux Français. Il y a une lassitude très forte et donc, pour les Français, évidemment que l'idée que certains puissent échapper à des règles qui leur sont imposées, est profondément insupportable. Moi, je l'entends parfaitement.
C'est pour cela qu'on doit être extrêmement clairs, extrêmement transparents et qu'on continuera à l'être. Est-ce que vous confirmez que le gouvernement envisage de donner la Légion d'honneur aux dirigeants des aéroclubs de Poitiers ? Est-ce que, le cas échéant, ce ne serait pas une manière d'utiliser la Légion d'honneur dans un conflit avec des adversaires politiques, en l'occurrence Europe Écologie Les Verts ?
Non, il y a eu une polémique, vous le savez, sur cette question de l'aérien. D'ailleurs, certains membres du gouvernement, moi-même, ont eu l'occasion de dire ce que nous en pensions, et notamment le fait que, quand on entend des responsables politiques dire qu'ils veulent s'immiscer dans les rêves d'enfants, ça porte au moins à question. Ça peut scandaliser.
En tout cas, pour ma part, ça m'a scandalisé. Maintenant, il y a une polémique. On ne va peut-être pas faire vivre, pendant des semaines, une polémique.
On a eu l'occasion de répondre et évidemment, la Légion d'honneur n'est pas un outil qui a vocation à répondre ou à clore des polémiques, et je rappelle que le président de la République a renforcé la sélectivité de l'accès à la Légion d'honneur et la question du mérite dans le cadre de la Légion d'honneur, et je n'ai absolument aucune information sur les mérites éventuels des personnes qui gèrent les aéroclubs de la ville de Poitiers. Ils en ont peut-être, mais en tout cas, ce que je vous dis, c'est qu'évidemment, on ne remet pas la Légion d'honneur pour répondre à des polémiques. Une question de Paul Larrouturou, de Quotidien : quel est votre message aux militants CGT Spectacle qui, après l'Odéon, occupent actuellement l'accueil de l'annexe du ministère d'Elisabeth Borne à Montparnasse, et qui demandent le retrait de la réforme de l'assurance chômage et se sentent, je cite, "les oubliés du quoi qu'il en coûte" Je m'interroge sur le fait qu'on puisse considérer que le monde du spectacle, que la culture seraient les oubliés du "quoi qu'il en coûte".
Moi, j'invite ceux qui disent : la culture ou le spectacle sont les oubliés du "quoi qu'il en coûte", à regarder ce qui se passe dans les autres pays comparables à la France, et à regarder si autant de moyens sont mis pour les acteurs culturels et pour le secteur culturel, plus de sept milliards d'euros depuis le début de cette crise, l'année blanche pour les intermittents du spectacle, la compensation des pertes de billetterie pour les acteurs culturels. Encore récemment, il y a quelques semaines, j'étais en réunion avec le Premier ministre, Roselyne Bachelot et les acteurs de la culture, leurs représentants, notamment la CGT Spectacle qui d'ailleurs, dans cette réunion, reconnaissait les dispositifs qui ont été mis en place, qui ont encore été renforcés, notamment sur la protection maladie et les droits à la maternité des intermittentes du spectacle, et notamment le renforcement de l'accompagnement financier, avec vingt millions d'euros pour les artistes-auteurs. Tout ça, on peut le rayer d'un trait de plume et considérer que ça n'existe pas.
Enfin, c'est l'argent des Français, quand-même, plus de sept milliards d'euros ! C'est l'argent des Français qui, légitimement, parce que la culture, c'est non seulement notre art de vivre, mais c'est le sel de la nation, c'est ce qui fait notre ciment. Donc il n'y a pas, pour nous, de questions à se poser sur le fait d'accompagner ou non la culture.
Moi, je m'étonne simplement que certains balaient ça d'un revers de la main alors que c'est un investissement colossal, qui n'a, je crois, pas ou peu d'équivalent dans le monde et qui, encore une fois, correspond à l'argent des Français, qui est investi parce qu'on a cette conviction que notre secteur culturel doit être soutenu. Vous l'avez évoqué brièvement tout à l'heure, une question sur les dysfonctionnements de l'école à la maison, du logiciel. Est-ce que vous savez si c'est plutôt une cyberattaque ou bien un bug technique ?
Est-ce que l'enquête actuelle penche vers une piste ou l'autre ? Il y a une enquête, merci de l'avoir rappelé, qui est en cours. Donc, je n'ai pas de commentaires à faire sur le contenu de cette enquête qui est en cours.
Ce que je peux vous dire, c'est que le président de la République s'est exprimé ce matin, que dans les quatre grandes priorités du gouvernement, en ce moment, il a indiqué que la continuité pédagogique en fait évidemment partie, que la situation est compliquée pour énormément de familles dans notre pays, qui ont dû s'adapter, et que le fait de pouvoir avoir cette continuité pédagogique à distance est absolument essentiel. Il y a eu, encore une fois, un démarrage mardi, qui ne s'est pas fait dans de bonnes conditions, ce qui n'est pas normal. Le ministère de l'Éducation nationale a beaucoup travaillé pour résoudre ces problèmes le plus rapidement possible et je vous ai dit que le président de la République avait demandé à ce que soit clarifiée la source de ces problèmes, évidemment, pour que nous continuions à tirer des enseignements de ce qui se passe dans de telles situations.
Jean-Rémi Baudot, Europe 1 : puisqu'on parlait de l'école, à l'instant, vous avez dit tout à l'heure : 125.000 enfants ont été accueillis à l'école. Vous dites que c'est quatre fois plus que lors du premier confinement.
On sait que certains enfants handicapés ne sont pas accueillis dans le médico-social toute la journée. Le président la République en avait parlé et l'avait spécifié la semaine dernière, mais en fait il y a un peu, entre guillemets, des trous dans la raquette. Les enfants, en fait, qui sont, par exemple, au sein de classes classiques ou dans des crèches, ne sont plus accueillis actuellement.
Est-ce qu'il faut revoir le dispositif ? Ça met beaucoup de familles dans des situations parfois très délicates. Je vais regarder, avec ma collègue Sophie Cluzel, ce point, évidemment avec beaucoup d'attention, puisque vous l'avez dit, parmi les publics prioritaires, le président de la République l'a dit lui-même, nous avons un attachement absolu à ce que les enfants en situation de handicap puissent continuer à être accueillis.
C'est le cas dans le médico-social, évidemment, puisque les structures sont ouvertes, et sur le point que vous évoquez, je vais regarder cette question, et dans quelle mesure les solutions sont mises en oeuvre pour les accueillir. Et peut-être une dernière question pour moi en tout cas, la question que j'ai déjà posée ici : on arrive malheureusement bientôt au seuil triste des 100 000 morts du Covid. Est-ce qu'un hommage sera éventuellement rendu aux Français qui sont morts du Covid depuis plus d'un an ?
Oui, vous l'avez dit, nous sommes proches d'un seuil terrible, qui est celui des 100.000 personnes décédées du fait de la Covid 19. Ce sont 100 000 personnes qui sont décédées de cette pandémie qui, depuis un an, frappe le monde entier.
Ce sont 100 000 familles qui ont été frappées par ce deuil, de voir partir un proche du fait de cette épidémie, et évidemment, à chaque fois que nous en avons l'occasion, il faut leur rendre hommage, et évidemment leur rendre hommage en saluant aussi la mobilisation des soignants, chaque jour, qui les ont accompagnés jusqu'au bout et qui aujourd'hui, soignent des Français, des dizaines de milliers de Français à l'hôpital, pour les sauver vis à vis de cette épidémie. Et pour répondre à votre question très précise, le président de la République a été très clair. Évidemment que le moment d'un hommage national, collectif et d'un deuil viendra, évidemment.
Aujourd'hui, évidemment, nous sommes dans la gestion de cette épidémie et dans l'application des mesures pour faire en sorte qu'il y ait le moins de personnes contaminées possible, le moins de formes graves possible, le moins de décès possible, même si nous continuons à déplorer plusieurs centaines de décès chaque jour, mais évidemment que ce moment viendra. S'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie et je vous dis à la semaine prochaine. Ah non !
Monsieur Augey a changé d'avis. Non, juste un mot ! Quelle est votre réaction aux images que l'on a vues, de la présidente de la Commission européenne qui était priée de s'asseoir sur un canapé un petit peu en retrait, lors d'une rencontre avec le président turc ?
Quelle est la réaction diplomatique de la France ? Est-ce qu'il est nécessaire, aussi, d'agir pour montrer ce soutien à la manière dont a été traitée la présidente de la Commission européenne ? Je vous remercie.
Je vais vous faire une réaction qui n'est pas, comme vous l'avez évoqué, la réaction diplomatique de la France, puisque ça voudrait dire que j'ai demandé une autorisation pour tenir les propos que je vais tenir à mes collègues du Quai d'Orsay, ce qui n'est pas le cas. Donc, il y aura peut-être une réaction spécifique, mais si vous me posez la question à moi, Gabriel Attal, j'ai trouvé ces images assez terribles et choquantes, voilà. Je le dis.
L'égalité entre les femmes et les hommes, c'est quelque chose auquel je crois profondément. Le fait que des femmes puissent accéder à des postes à très haute responsabilité au niveau politique est pour moi un progrès majeur de ces dernières années. Le fait que nous ayons une présidente de la Commission européenne est un élément fondamental dans ce combat-là, puisque c'est encore un combat que l'égalité entre les femmes et les hommes.
C'est un combat dans notre pays mais c'est aussi un combat à l'international, on le voit avec cette situation. Et donc j'ai trouvé cette image triste, d'abord, et personnellement, elle m'a choqué, mais je crois que, par ailleurs, la Commission européenne a eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet-là. Merci beaucoup.
Gabriel Attal