Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 14 novembre 2023

L'interview politique intégrale de Clémentine Autain sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Parce que depuis une semaine, à chaque fois que je reçois un élu du Rassemblement national, au fond, je me suis dit, pourquoi je ne vous poserais pas cette question pour Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon est antisémite ? Non, Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite.

Et je trouve d'ailleurs que le déplacement dans le débat public de savoir qui est antisémite, qui est porteur d'un discours antisémite, qui peut protéger les juifs durablement ou qui ne les protège pas, il y a un brouillage qui est absolument phénoménal. Mais de la part de qui, le brouillage ? Il y a un brouillage général dans le débat politique.

Tout le monde doit balayer devant sa porte, que les choses soient claires. Mais on observe une trumpisation de la vie politique, du débat médiatique, qui est très préoccupant. Et au fond, on perd les repères, qui sont des repères historiques, qui sont des repères de principes et de valeurs également.

Est-ce que ce n'est pas précisément pour cette raison qu'on ne peut pas se permettre d'être ambigu dans la période ? C'est la raison pour laquelle il faut en effet peser ces mots. Et quand on a Jean-Luc Mélenchon qui parle d'un prétexte antisémite pour la marche, une marche des amis du soutien inconditionnel au massacre, qui ont donc désormais leur rendez-vous, quand il cite systématiquement Yael Bron-Pivet, repris d'ailleurs par Tahabouhaf, ancien élu de chez vous, ancien candidat de chez vous, qui dit une certaine Yael Bron-Pivet, qui est à chaque fois citée, alors qu'on pourrait citer Gérard Larcher, qui n'est pas cité.

Quand on dit à propos de journalistes qui minimiseraient le nombre de manifestants au soutien à la Palestine, Jean-Luc Mélenchon dit deux qu'on minimise, il parle des journalistes de Libération et de BFMTV, parce qu'on aurait le même patron. Et il sait bien qu'il fait référence à Patrick Drahi, un juif qui contrôlerait donc les médias. Est-ce que ce n'est pas faire preuve au minimum d'ambiguïté ?

Je vous le redis, je pense qu'il faut en effet peser chaque mot, et je ne suis pas d'accord avec un certain nombre de formulations de Jean-Luc Mélenchon dans ses tweets. Est-ce qu'il s'agit de formulations à tendance ou à connotation antisémite ? Je pense qu'il faut faire attention.

Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite. D'ailleurs, notre électorat, nos sympathisants, nos militants, sont non seulement heurtés d'entendre parfois du matin au soir sur les médias l'idée que nous pourrions être complices de l'antisémitisme. Moi, je n'adorerais pas avoir à vous poser cette question, Jean-Luc Mélenchon.

Je me réjouirais de ne pas avoir appris cette question liée aux unes et aux autres. Moi, je trouve ça insensé, pour vous dire les choses, je trouve ça insensé. Mais je me réjouirais que cette ambiguïté ne soit pas écrite.

Je trouve insensé qu'on ait ri ce débat aujourd'hui. Et que Yael Brown-Pivé porte une responsabilité, avec Gérard Larcher aussi, d'avoir introduit le Rassemblement national dans la manifestation, en étant incapable de répondre à la simple question sur TF1, qui était est-ce que le Rassemblement national est bienvenu dans la manifestation ? Elle ne sait pas répondre non.

Et ça fait un moment que ça dure, puisque la banalisation, la respectabilité de l'extrême droite, elle a été aussi donnée par la Macronie. Donc vous estimez qu'ils ont une responsabilité ? Ils ont une responsabilité dans le brouillage du paysage politique, des valeurs, des principes.

Et ils ont une responsabilité dans la notabilisation et la respectabilité nouvelle. Vous vous rendez compte ? Ils l'intègrent dans le champ républicain.

Il n'était pas, il faut préciser les choses, Clémentine Autain, il n'était pas, et on a bien vu les images, moi-même j'y étais, donc je peux en témoigner de manière vraiment de visu. J'ai couvert cette manifestation pour BFM TV, je n'ai pas vu d'élus du Rassemblement national dans le carré de tête qui était effectivement l'espace officiel. Les élus du Rassemblement national se sont joints à la manifestation, mais au fond… Je pense que le message, si nous sommes allés à Strasbourg, avec François Ruffin, Alexis Corbière, Raquel Garrido, nous étions, vous le savez, avec le député de la circonscription à Strasbourg, Emmanuel Fernandez, si nous étions dans cette manifestation, c'est précisément parce que j'estime que les initiateurs, Yael Brande-Pivet et Gérard Larcher, ont manqué de clarté dans l'éviction de l'extrême droite de ces manifestations, de dire très clairement qu'ils ne sont pas les bienvenus, et je pense également que dans l'appel, que les Français n'ont pas vu, puisque c'était une marche qui disait non à l'antisémitisme, mais si moi j'ai marché, si nous avons marché avec mes collègues, et si nous sommes allés à Strasbourg, c'était pour dire ce message, simple, stop, il y a une recrudescence des actes antisémites en France, ce problème est sérieux, et nous voulions exprimer notre solidarité et notre empathie à l'égard de tous les Juifs qui aujourd'hui ont peur, qui subissent des insultes, des menaces, des actes concrets, des agressions antisémites.

C'est important de pouvoir le dire, mais j'estime que les initiateurs n'ont pas permis la concorde nationale… Vous avez utilisé le mot, ils ont une responsabilité dans le fait de ne pas avoir fait preuve de clarté, je vous repose la question, Jean-Luc Mélenchon devrait-il faire preuve de davantage de clarté et ne pas jouer avec les mots comme il le fait ? Je vous le redis, je pense qu'il faut peser les mots, il ne faut pas jeter d'huile sur le feu, et il faut être capable d'exprimer de l'empathie… Il faut ou Jean-Luc Mélenchon doit ? Je ne veux pas personnaliser, je ne veux pas… Facile !

Oui, parce que là, en l'occurrence, ce sont des tweets qui sont signés, donc c'est très personnel. Je ne veux pas vous le dire, mais bien, voilà, je vous réponds très clairement. En tout cas, ce sont des tweets dont vous vous désolidarisez.

Il faut faire attention aux mots que l'on emploie. Pourquoi vous n'allez pas au bout ? Je pense que c'est difficile d'être plus clair que ce que je suis en train de dire.

Si, si, en franchement. Non, c'est très clair, je pense que celles et ceux qui nous regardent ont compris ce que je voulais dire. Mais comprenez les choses, c'est que pendant ce moment-là, où effectivement, par des tweets qui manquent, qui ont des mots qui ne sont pas bien choisis, et que nous avons ces mots… Ceux qui sont tout à fait choisis.

Non, mais c'est là, pardon, c'est là qu'on est dans un dialogue. De mon point de vue, ils sont très bien choisis, pardonnez-moi. C'est là qu'on est dans un dialogue de dupe, de sourds, c'est que Jean-Luc Mélenchon, et vous en conviendrez avec moi, est un homme intelligent, cultivé, qui sait manier le verbe, et qui donc sait parfaitement choisir ces mots.

J'entends tout à fait. Il s'agit donc de mots qui ont été choisis. J'entends tout à fait.

Mais je veux juste insister sur un point. C'est qu'il y a l'histoire et il y a la philosophie générale des formations politiques et des grandes familles de la gauche et de l'extrême droite. Dans l'histoire, jamais, absolument jamais, l'extrême droite n'a été du côté du combat contre l'antisémitisme, de façon concrète.

En revanche, je vous parle aussi d'aujourd'hui. Ce qui est important aussi, c'est aujourd'hui. Oui, je suis d'accord avec vous.

Mais ce qui est important, c'est que le Rassemblement national n'a jamais fait sa mise à jour par rapport à son histoire. De quoi parle-t-on ? On parle d'une histoire de collaboration avec Vichy.

Vichy est complice du nazisme. Et le nazisme, c'est 6 millions de Juifs qui ont été tués dans une industrie qui est une industrie absolument monstrueuse. Mais Clément Tiney, aujourd'hui, les dirigeants ont mis une semaine à le dire, mais on commençait par dire que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite avant, au bout d'une semaine, de dire qu'il y avait une maladresse et qu'en réalité, il était bien antisémite.

Et Jordan Bardella a dit clairement qu'il n'était pas...

Non, écoutez, excusez-moi, mais...

Ah non, non, non, je vous reprends simplement ce qui s'est passé pendant une semaine. Il a commencé par dire qu'il pensait que Jean-Marie Le Pen n'était pas antisémite avant de dire...

Excusez-moi, Pauline de Malère, mais là, pour celles et ceux qui nous écoutent...

Il s'était trompé. Pour celles et ceux qui nous écoutent...

Allez-y. Voilà. L'histoire de la gauche, c'est la fierté, en 1789, d'avoir été capable de donner la citoyenneté aux Juifs contre les réactionnaires qui ne voulaient pas la donner et qui même ont interprété la Révolution française comme étant un complot judéo-maçonnique.

Ensuite, quand il y a eu l'affaire Dreyfus, d'accord ? Qui s'est élevé ? Quelle grande voix s'est élevée ?

C'est celle de Jaurès. Dans les années 30...

Il y a eu une partie de la gauche qui n'a pas su au début. Il y a eu longtemps, mais il y a eu longtemps, Proudhon, Marx...

Vous pouvez trouver des propos antisémitifs d'époque, comme vous pouvez trouver des propos...

C'est pour ça que je préfère m'intéresser à ce qui se passe aujourd'hui. Non, non, non, écoutez-moi bien. Il y a, dans l'histoire, eu un antisémitisme à gauche.

Mais pas d'antisémitisme de gauche. Ceux qui ont théorisé l'antisémitisme, qui l'ont porté officiellement, publiquement, c'est Maurice Barès, c'est Édouard Drummond, c'est Charles Morage. Ce sont des personnalités d'extrême droite.

Et Vichy, et les années 30, il y avait deux côtés, vous savez. Qui était du côté de Vichy ? Et qui a combattu dans la résistance ?

Là, on voit l'extrême droite, la gauche. Et par ailleurs, aujourd'hui...

Clémentine Autain, aujourd'hui, est-ce que vous estimez qu'il n'y a pas d'antisémitisme à gauche ? Non, je vous réponds sur aujourd'hui. Aujourd'hui, le problème, c'est que ceux qui pensent que l'extrême droite va protéger les Juifs, ce leur, parce que dans le logiciel idéologique, les principes qui les portent, c'est le rejet de l'autre.

D'accord ? Et ce rejet de l'autre, cette haine de l'autre, elle est au fondement de tous les racismes, et donc potentiellement d'un nouvel antisémitisme. Parce que le fameux nouvel antisémitisme dont on nous parle, qu'est-ce qu'il vise à faire ?

Il n'existe pas, ce nouvel antisémitisme ? L'antisémitisme a toujours été protéiforme, il n'y a pas une raison, et c'est très ancien. L'antisémitisme n'est pas né aujourd'hui, c'est très ancien.

Mais par contre, à chaque fois, il est nourri par la haine et le rejet de l'autre. Donc quand on appelle aux valeurs de la République, au respect des principes fondateurs de notre humanité, alors on ne peut pas intégrer l'extrême droite, et on ne peut pas compter sur les frères droits de défendre les juifs en France aujourd'hui. Clémentine, quand vous parlez de ce nouvel antisémitisme, ce serait un nouvel antisémitisme qui viendrait, notamment, dit-on, des quartiers qui seraient justement, qui se nourriraient à ce qu'il se passe au Proche-Orient.

Le journal Le Monde, hier soir, dit...

Le journal Le Monde, hier, dit, à propos de Jean-Luc Mélenchon, il croit préserver ses parts de marché électorale. En 2017, il a réalisé de très bons scores dans les quartiers où la cause palestinienne est embrassée par une jeunesse issue de l'immigration. C'est électoral.

Écoutez, moi, je pense que notre responsabilité, elle est d'abord, justement, par rapport à...

Moi, je suis élu de Sevran, Tremblay et Villepinte. Je suis favorable à ce que nous organisions, j'espère cette semaine, peut-être vendredi, avec le maire de Sevran, une marche au flambeau pour la paix et qui permette de dire, et c'est quand même pas très compliqué, de dire à la fois que les crimes du 7 octobre, c'était insupportable, insoutenable, inadmissible, injustifiable. Pourriez-vous faire cette marche au flambeau avec marqué contre l'antisémitisme ?

Est-ce que vous pourriez le faire ? Oui, on peut le dire, bien sûr, contre l'antisémitisme et contre tous les racismes. Et je le dirai.

Mais aujourd'hui, les actes qui se posent, ce sont les actes antisémistes ? Je vous dis la paix, la paix, c'est les actes du 7 octobre et c'est la situation aujourd'hui à Gaza. La situation aujourd'hui à Gaza, elle est inadmissible.

Mais sur ce qui se passe ici, en France, Clément Tiotan ? Il faut un cessez-le-feu, à Pauline de Malherme. Il faut un cessez-le-feu.

Il faut arrêter d'être hémiplégique dans notre regard, dans la souffrance et dans nos principes. Je vous parle aussi de la répercussion. Les gens, ils sont touchés par ce qui se passe là-bas.

Alors, il ne faut pas importer. Il ne faut pas importer le conflit, c'est-à-dire, justement, opposer les uns aux autres, faire une concurrence terrifiante entre les victimes d'un côté et les victimes de l'autre. Moi, j'ai de l'empathie et j'ai envie de pleurer pour les morts du 7 octobre et pour les morts de Gaza aujourd'hui.

Mais c'est pourquoi il faut demander le cessez-le-feu. Donc cette marche, on la fera pour le cessez-le-feu à Gaza, immédiat. Et je regrette que la parole de la France manque de clarté, de force.

Et vous ferez cette marche. Excusez-moi, mais Emmanuel Macron, on ne comprend rien à ce qu'il est en train de dire. On va y revenir, mais là, vous avez cité Sébastien Chenu, qui était effectivement sur ce plateau hier, qui est député RN du Nord.

Mais c'est scandaleux, ce qu'il a dit sur votre plateau. Je voudrais qu'on l'écoute, justement. Scandaleux.

Un jeune juif, il risque plus sa peau dans un environnement islamiste, par exemple en Seine-Saint-Denis, que dans une manif du Rassemblement national. Ça, c'est sûr. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

Je suis scandalisée. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'au fond, pour eux, manifester contre l'antisémitisme, c'est l'occasion de s'en prendre toujours au même public, c'est-à-dire au quartier populaire et au monde arabo-musulman. Voilà, c'est à ça que ça sert.

Ça sert à se donner une respectabilité, mais pour, au fond, en revenir toujours à la même chose. Or, la réalité, c'est que quand on combat l'antisémitisme, ça veut dire qu'on comprend que la haine de l'autre peut amener au pire et que donc, dans le même mouvement, on doit aussi intégrer le fait que nous devons être au clair sur le rejet des musulmans qui existent dans notre pays et nous devons être aussi aux côtés de ces quartiers populaires qui en souffrent terriblement. Est-ce que c'est possible de tenir les deux bouts ?

C'est ça pour moi la gauche. C'est ça l'humanité. C'est ça être progressiste.

Mais il y a un moment où, effectivement, ce sont des semeurs de haine. Ce sont des semeurs de haine. Monsieur Chenu, ce qu'il vient de faire, c'est de la haine.

Mais pardon, quand Jean-Luc Mélenchon dit que la marche, c'est une marche de ceux qui soutiennent un massacre, ce n'est pas un semeur de haine ? Non, mais c'est factuellement faux. Je veux dire, ce qui s'est passé dans la manifestation de dimanche, il est faux de dire qu'il y avait dans cette manifestation que des gens qui soutenaient Netanyahou.

Enfin, il faut quand même qu'on arrive à se dire. Donc, Jean-Luc Mélenchon se trompe. Et quand il dit que la marche était un...

Pour vous, succès ou échec ? Écoutez, je pense que c'est faux de dire que c'est un échec. Non, je ne crois pas que c'était un échec.

Là encore, c'est Jean-Luc Mélenchon qui le dit. Il parle d'un échec. Je pense que ça aurait été davantage réussi si les initiateurs avaient été capables de concordes.

Parce qu'à gauche, notamment, beaucoup se sont posé la question. On s'est interrogé, faut-il y aller, pas y aller ? Le groupe de la France Insoumise a décidé de ne pas s'y rendre parce qu'il y avait la présence de l'extrême droite.

On l'a bien compris, et vous ? Parce que le reste ne convenait pas. Et vous, avec une poignée, on va y revenir, on décidait d'aller à Strasbourg.

Mais aussi, comprenez-le bien. Pour moi, il n'y a pas à dire ce qui était, c'est scandaleux ou ce qui n'y était pas, c'est scandaleux. Je comprends.

Si vous posez cette question, c'est que vous restez dans la NUPES avec à la tête de la NUPES un Jean-Luc Mélenchon qui dit « C'est un échec. Toute la droite et l'extrême droite ont échoué à produire des mobilisations générales du passé. » Il y a l'un de vos collègues insoumis députés qui dit « On aurait entendu dans le Conseil parisien de nombreux propos islamophobes relayés par les médias. » Oui, mais tant que vous aurez l'étiquette LFI et NUPES, vous parlerez aussi au nom des autres.

Mais oui, mais je pense que le discours que je suis en train de vous tenir est un discours de gauche simple et qui, normalement, rassemble à gauche. Quand je vous dis que les Juifs ne sont pas responsables de la politique de Netanyahou et, dans le même temps, que critiquer la politique d'Israël n'est pas synonyme d'antisémitisme, je pense que ça, c'est très simple et c'est ce qui rassemble à gauche. Ce qui nous rassemble, c'est que nous sommes des humanistes, que nous sommes pour la paix, que nous demandons un cessez-le-feu, que nous sommes évidemment du combat contre l'antisémitisme.

Un cessez-le-feu avec qui ? Et sous quelles conditions ? Est-ce que le cessez-le-feu, c'est sous toutes conditions ?

C'est qu'Israël arrête les crimes de guerre. Et les otages ? Bien sûr qu'il faut libérer les otages.

Bien sûr qu'il faut libérer les otages. Donc, que faire ? Il faut exiger le cessez-le-feu, la libération des otages.

Mais il n'est pas acceptable qu'Israël, pour, comme ils disent, se défendre, faisons attention, parce que normalement, dans le droit...

C'était pas une déclaration de guerre ? Dans le droit...

Le 7 octobre au matin. Mais la guerre, ça fait 75 ans qu'elle existe. Non, mais le 7 octobre, c'est pas...

Le 7 octobre n'est pas...

C'est un tournant. Exactement, c'est un tournant dans la stratégie du Hamas, c'est l'évidence. Mais il y a 75 ans de guerre derrière qu'on ne peut pas non plus balayer d'un revers de la main.

Est-ce que pour vous, le cessez-le-feu est sans condition ou est-ce qu'il faut d'abord exiger la libération des otages ? Il faut la libération des otages, mais même s'il n'y a pas la libération des otages, Israël n'a pas le droit de s'asseoir sur, justement, les normes internationales dans le fait de faire la guerre. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui à Gaza ?

Qu'est-ce qui se passe ? Même les hôpitaux sont arrêtés. Les gens meurent parce qu'il n'y a pas d'électricité.

Il n'y a plus de carburant. Dans 48 heures, l'aide humanitaire ne va plus être possible. Vous imaginez Israël abandonner le sort des otages relancés ?

Je dis juste qu'Israël doit respecter le droit international, doit arrêter les crimes de guerre et que la vengeance aveugle n'est pas possible, n'est pas acceptable. Et qu'au G7, la seule voix qui se soit élevée, c'était Emmanuel Macron pour dire qu'il fallait se cesser le feu puisque l'ensemble du G7 ne dit rien, laisse Israël faire d'une certaine manière. Et cette voix, elle est une voix qui dépend des jours.

C'est celle d'Emmanuel Macron où un jour, il dit cela. Et puis le dimanche, il appelle le président israélien pour lui dire qu'au fond, oui, oui, il est d'accord, Israël doit pouvoir se défendre. Il retire ce qu'il a dit.

Donc j'aimerais qu'on ait une parole de la France équilibrée, forte et qui soit capable d'affirmer nous voulons le cesser le feu, nous voulons la paix. Et pour qu'il y ait la paix durable dans cette région, alors il faut que les Israéliens qui sont un peuple aient un État et que les Palestiniens qui sont un peuple aient un État. Or aujourd'hui, ceux qui n'ont pas d'État, ce sont les Palestiniens.

Si nous ne comprenons pas cela, alors nous sommes à côté de l'histoire. Et je pense que c'est possible de tenir tous ces bouts-là. Et ça, c'est un discours de gauche et ça rassemble la NUPES.

Vous étiez à cette marche à Strasbourg et vous y étiez avec François Ruppin, Alexis Corbière et Raquel Garrido. C'est les quatre frondeurs de la NUPES. Je n'aime pas ce terme.

Excusez-moi. Alors, trouvez-en un autre. Comment vous définiriez-vous ?

C'est venu. Je n'aime pas parce que Frondeurs, ça fait référence à une histoire, celle récente du Parti Socialiste, qui était très honorable, puisqu'ils ont dit non à la politique qui était menée par François Hollande et qui a amené au désastre. Vous avez un peu la même attitude.

Parce qu'elle était un petit logique de marché. Non, mais ça correspond à une histoire. Je pense que nous, c'est autre chose.

Alors, c'est quoi ? En effet, nous disons que nous disons plusieurs choses. Nous sommes très attachés à la NUPES.

Nous pensons que pour gagner en 2027, il faut chérir ce rassemblement. Et nous pensons qu'en termes d'orientation politique, de profil politique, on a besoin de davantage de solennité et de ne pas être dans l'outrance ou le clash. Voilà.

C'est deux...

Je le dis avec mes mots comme ça, simplement ce matin, mais j'ai l'impression qu'en effet, c'est ce qui nous rassemble. Nous avons été d'accord sur la façon...

Est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui doit porter ses idées ? Quand vous avez Raquel Garrido qui a tenu ses propos en disant « Le candidat peut changer, partir à la retraite, changer de rôle, la France insoumise peut se passer de Jean-Luc Mélenchon », est-ce que vous pourriez signer ces mots ? Non, mais c'est juste que Jean-Luc Mélenchon n'est pas éternel et que la NUPES, la France insoumise, ne se réduit pas aux seuls propos de Jean-Luc Mélenchon.

Donc là, ça fait quand même un moment que vous m'interrogez là-dessus. Est-ce que la France insoumise peut se passer de Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que ce serait même souhaitable ?

Je peux vous dire que, par exemple, sur toute la séquence, quand on regarde précisément les programmes des uns et des autres, quand on écoute attentivement ce que disent les uns et les autres, il est faux que sur tous les sujets que nous avons traversés, très épineux, très polémiques depuis ces dernières semaines, il est faux de dire que nous ne pourrions pas être rassemblés à gauche, la gauche et les écologistes, sur l'ensemble de tout cela. Je ne le crois pas. En tout cas, vous n'étiez pas rassemblés en l'occurrence dimanche.

Donc c'est vrai que c'était même physiquement, chacun avait choisi...

Donc il faut arrêter de mettre de l'huile sur le feu. Mais qui met de l'huile sur le feu ? Ou stop ?

Je ne vais pas moi-même dire ah c'est un tel, etc. Non, stop. Non, en fait, je trouve que vous dites beaucoup il faut, il faut, mais qui ?

Comment ça il faut ? Qui met de l'huile sur le feu ? Qui manque d'ambiguïté ?

Mais je ne vais pas vous faire la liste, parce que vous, vous me parlez de Jean-Luc Mélenchon, mais je pourrais aussi citer d'autres...

Mais je n'ai pas envie, je ne suis pas là pour donner des leçons aux uns et aux autres et pour rentrer en polémique avec tel ou tel. Ce n'est pas mon projet ce matin. Je suis venue vous dire quel peut être et quel doit être, à mon sens, le message de la gauche et que ce message-là, il est rassembleur à Poulogne de Malerbe et que les militants, les sympathisants qui nous regardent...

Raquel Garrido, elle s'est quand même fait punir pour ses propos. Je suis en désaccord, je pense qu'on ne traite pas des différents politiques, des désaccords politiques par des décisions bureaucratiques. Je ne le crois pas et je pense que la sanction de ce type n'est pas appropriée et qu'en plus, quand elle semble être avec deux poids, deux mesures que d'autres, si on rentre dans une logique de sanction que je ne partage pas parce que je ne le crois pas, alors à ce moment-là, pourquoi s'en prendre seulement à Raquel Garrido ?

Mais je ne suis pas pour rentrer dans une logique de sanction. Voilà. Je pense qu'il faut qu'on s'écoute et un des problèmes que nous avons à la France Insoumise et ça fait très longtemps que je le dis, très longtemps que je le dis, et vous l'avez dit plusieurs fois à ce micro.

C'est que où est-ce qu'on peut laver notre linge sale en famille ? On nous dit, mais il faut laver le linge sale en famille. Mais très bien.

Mais c'est où le lieu ? Où est la machine à laver ? Où est la buanderie ?

Comme a dit Alexis Corbière. C'est la question que nous posons. Donc, j'estime que la NUPES devrait se ressaisir, avoir des lieux de débat où on peut aplanir les choses et offrir un profil qui donne une perspective.

Vous vous rendez compte que là ? Et vous espérez encore que ce soit possible, Clémentine Notin ? Mais je n'espère pas, je me bats pour que ce soit possible.

Ça doit être possible. Je ne veux pas d'extrême droite à la tête de mon pays et je me battrai jusqu'en 2027 pour qu'on ait une solution. Vous m'entendez à Pauline de Malher ?

Parfaitement. Et les militants, les sympathisants qui nous entendent, ils n'en peuvent plus de ces polémiques. Ils craquent.

Ils se disent, mais c'est quoi ? C'est pas la gauche ça. N'hésitez pas à le dire justement à Jean-Luc Mélenchon et aux autres.

Clémentine Notin, députée de la France insoumise de Seine-Saint-Denis, merci d'être venu ce matin. 8h53 sur AMC et BFM. Merci à Pauline de Malher dans quelques instants.

Le live sur BFM TV. Emmanuel Macron attendu dans le Pas-de-Calais à 11h30 alors que de nouvelles fortes précipitations et donc des crues sont prévues. Je peux monter jusqu'à 20 gigawatts.

T'en fais affaire ? Comparez les offres de gaz et d'électricité pour votre entreprise avec Opéra Énergie, expert de la mise en concurrence. C'est bon de lever le pied après une journée au pas de course.

C'est bon de reprendre pied quand on a perdu les pédales. C'est bon de faire la paix avec ses petons quand on est toujours sur le pied de guerre. C'est toujours bon de prendre soin de ses pieds avec Achilleïne, numéro 1 des soins du pied en pharmacie.

Les grands changements commencent par de petits gestes. Boules de café sans aluminium, sans plastique, 100% pur plaisir et 100% compostable. Coffee Bee.

Payez votre machine 99 euros et recevez 99 boules de café sur coffeebee.fr. Ok.

On va la tourner Michel. Il n'y a pas un peu trop de logos là ? C'est un peu ce qu'on s'était dit Michel.

Et action Michel ! S'il avait mieux géré son épargne, Michel Polnareff n'aurait pas besoin de faire la pub de nos solutions d'épargne. On ira tous chez Yomony.

Même moi. Vous avez du diabète ? Je suis Phil.

Personnalisez-moi. Vous aurez des conseils adaptés à votre alimentation et à votre quotidien, de votre liste de course à votre supermarché jusqu'à votre cuisine. Toujours à vos côtés, je suis là pour vous encourager.

En plus, vous pouvez me connecter à votre lecteur AcuCheck et suivre facilement vos glycémies tout en les partageant avec votre médecin. Phil est connecté au lecteur AcuCheck, guidé et mobile, qui sont des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro. I feel good.

C'est bon de se sentir bien accompagné. Bon, il y a un traître parmi nous. Michel, il est sympa ton téléphone, il est...