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interviewFrançois Ruffin· 15 mars 2022 20 min

#BDR106 : Pourquoi Mélenchon (à fond)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

le 10 avril au soir moi je veux pas de regret 10 avril c'est le soir du 1er tour de l'élection présidentielle est-ce que tu connais la différence Dimitri entre regret et remords pour moi un regret c'est un truc que tu as pas fait et tu regrettes de pas l'avoir fait un remord c'est un truc que tu as fait et tu regrettes de l'avoir fait bon et moi dans ma vie j'ai choisi je veux bien des remords il y a des trucs que je fais mal que je fais pas au bon moment que je suis pas comme il faut que j'aurais dû faire autrement mais je veux pas de regret c'est à dire être resté juste figé à pas avoir fait et à me dire après quand même tu aurais dû essayer même à me tromper je préfère essayer tu vois et je pense que là il nous reste moins d'un mois pour pas avoir du regret et se dire qu'on aura tout fait pour pousser le candidat de gauche Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour de la présidentielle même si c'est à la faveur de circonstances parce que ça sera dupe pour beaucoup à la division entre deux extrêmes droites bon mais ça se prend il nous file l'occasion c'est eux les plus bêtes cette fois-ci bah tant mieux donc on y va si on peut se glisser on se glisse et puis il sera toujours temps ensuite de se demander comment ça se fait que la gauche elle est si bas qu'est-ce qu'on a raté qu'est-ce qu'on doit mieux faire pour réconcilier gauche et populaire pour moi c'est la clé tu sais c'est la clé dans les quartiers mais c'est la clé dans les campagnes et déjà quand j'avais fait une analyse du vote de Jean-Luc en 2017 j'avais vu que ça votait très bien pour lui dans les métropoles ça a voté pour lui dans les quartiers mais qu'en revanche dans la France périphérique grosso modo la France des gilets jaunes il y avait un gros décrochage c'est pour ça que moi je m'applique avec mon bâton de pèlerin aujourd'hui à aller à Ploufragan à Quimperlé au Mans Épinal à Belfort à la vallée que je sais pas où c'est à Cambronne tu vois Aubenas à Givors donc en une France invisible peuplée souvent de métiers invisibles et donc essayer de rattacher ça à gauche et populaire c'est mon but moi dans cette campagne et donc alors on peut se dire mais bon Mélenchon deuxième tuyau vu la hauteur stratosphérique de Macron là dans les sondages de toute façon ces données c'est plié ça change rien je veux dire d'abord une élection c'est pas moi tu sais en 2017 au premier tour de ma législative j'avais 10 points de retard sur le candidat en marche et j'avais presque pas de réserve de voie j'étais cuit et puis de faire des manifs dans l'entre-deux tours allez continuer à Tokyo porte qu'est-ce qu'on a entendu on a entendu des gens qui étaient éloignés de la politique depuis très très longtemps et qui dit ah cette fois-ci on a peut-être une chance de gagner on va y aller et on la vérifier dans sur les listes électorales il y a eu un gros gros turnover et les gens qui sont venus voter pour le deuxième tour c'était pas ceux qui étaient venus votez pour le premier tour et on sait pas ce que la présence Jean-Luc Mélenchon deuxième tour de la présidentielle pourrait réveiller comme strat endormi dans le pays donc ça il faut l'essayer tu sais un peu comme avec le bâton de sourcier qui vient pour pointer qu'il y ait une source et peut-être que ça jaillit bon peut-être peut-être mais peut-être faut l'essayer et la deuxième raison c'est que un débat Macron Mélenchon parce que moi je pense que dans le pays au fond sur ce qui me préoccupe les questions économiques sociales écologiques il y a deux visions il y a la vision Zemmour Le Pen Pécresse Macron sur les impôts sur le travail sur l'écologie il raconte à peu près la même chose avec des feuilles de papier à cigarette entre les deux faut travailler plus il faut payer moins d'impôts pour les riches tu vois bon grosso modo et la deuxième vision c'est la nôtre donc je pense que ça aurait du sens d'avoir ce choc vision contre vision et aussi surtout c'est le moment le plus politique tous les 5 ans ce deuxième tour de la présidentielle qu'à ce moment-là à la place de regarder vers l'extrême droite identité insécurité sur ces thèmes là le débat il soit posé sur les questions de santé de travail de justice d'égalité ça rebat les cartes dans la tête des gens possiblement un petit peu pour les mois et les années à venir donc ça se prend viament j'entends mais Mélenchons il est passé ceci mais Mélenchon il est trop cela d'ailleurs bien souvent il est trop cela puisque pas assez ceci moi je dis aux gens le bulletin Mélenchon c'est un outil tu as là tu veux offrir tu veux ouvrir tu veux ouvrir un pot de miel ça marche pas tu prends un tournevis tu te demandes pas si tu aimes le tournevis si tu vas passer ta nuit avec lui ou alors toute ta vie bon est-ce que tu vas te mirer dans son miroir non tu t'en fous c'est un tournevis il ouvre le pot tu es content moi je considère que le bulletin Jean-Luc Mélenchon est un outil un outil pour ouvrir l'avenir et pour ouvrir l'espoir tu vois que là où on est quelque part comme écrasé et nous veulent écraser bon donc et en plus pour moi cet outil là l'outil bulletin Jean-Luc Mélenchon ça dépend ce que nous en faisons le tournevis tu le prends comme si tu prends comme ça c'est pas le même outil tu vois ce que je veux dire bah derrière est-ce que derrière l'élection on se rendort on retourne chez soi devant nos écrans rester chez vous ou bien est-ce que on agit dans notre entreprise dans notre famille dans dans la rue est-ce qu'on secoue et bien pour moi au soir du deuxième tour de toute façon les gens ils doivent pas s'endormir ils doivent pas rester chez eux faut voir que même le meilleur dégât ou la meilleure définition avec son équipe dans les ministères mais s'il y a que ça ça changera rien parce que derrière il y aura toujours la Banque centrale européenne la commission la presse de Bernard Arnault les sondages le Sénat bref il y aura pour venir répéter c'est quoi la chanson de Zelda je crois que ça va pas être possible je crois que ça va pas être possible je crois que ça va pas être possible ils vont te répéter ça en boucle tout le temps tout le matin et si jamais tu as pas des millions de gens qui sont dehors il dit mais si ça va être possible parce que nous on le veut ça va être possible parce que nous on le veut et que le gars ou la fille est pas tout seul là-haut mais qu'elle peut s'appuyer sur cette volonté populaire ça change la donne mais c'est la seule chose qui changera la donne donc voilà l'outil c'est le jour J mais derrière il doit ça dépend ce que nous en ferons et je veux le dire dans ce que je considère alors je sais bien le mec il est dans sa crise cuisine avec un pot de miel un tournevis il s'agit comme ça mais je considère comme étant un moment tragique dans l'histoire de l'humanité t'as pas lu le rapport du GIEC moi non plus parce qu'en fait c'était lectures qui sont tellement décourageantes mais il suffit d'en lire des résumés sur les conséquences d'un monde toujours plus chaud vertigineuse etc et tu as un papier derrière qui paraît à propos de la France qui dit des spécialistes regrettent que la réponse aux événements extrêmes ne se traduisent que par des actions dispersées sans vision globale voilà donc on vit un temps pour moi tragique et quelle est la réponse à ça dans la lettre de Macron ce que tu sais que moi l'année de Macron il faut la lire il y a un projet pour l'école il y a un projet de régression il y a un projet pour le travail il y a un projet pour le temps des hommes il y a un projet pour les impôts il y a un projet sur de d'injustice bon mais ce qui me paraît le plus terrible c'est sur l'écologie je veux te le lire ces quelques lignes il nous faudra continuer d'investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui comme les énergies renouvelables le nucléaire les batteries l'agriculture le numérique ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande nation écologique pour moi c'est terrible là au fond je considère que même c'est un choix suicidaire et criminel qui est en filigrane opéré là par le Président de la République candidat c'est déjà un truc alors là il vient d'y avoir une édition de poche qui vient de sortir de leur progrès le nôtre et je regrette de pas y avoir fait un avant-propos parce que il y avait une intuition là-dedans dans l'analyse des discours d'Emmanuel Macron fasse notamment aux startupeur et je montrais que le mot écosystème il l'employait à tout rompre mais jamais pour parler de l'eau de la terre de l'air mais toujours pour parler de la technologie et du capital et au fond ce qui était un début de réponse là à ce moment-ci ça c'est devenu évident c'est à dire tu as le choix face à la crise climatique entre deux réponses il y a un sondage qui est paru là-dessus d'ailleurs qui demandait aux Français qu'est-ce que vous pensez qu'il faut faire est-ce qu'il faut changer la société et tu avais 55% des Français qui disaient oui c'est par des changements dans la société comment s'en sortir et où est-ce qu'il faut changer la technologie tu avais 20% des Français qui pensaient qu'on s'en sortirait par le changement technologique donc une large majorité pour les changements de la société mais pour moi Emmanuel Macron c'est 100% par la technologie et ça je l'avais perçu de manière encore plus forte quand il a présenté sa stratégie France 2030 alors non la stratégie France 2030 avec ce grand défi qui est l'écologie tu as pas une seule fois le mot nature je mens il y a une fois le mot nature c'est quand il parle des natures des dépenses publiques il y a pas une seule fois le mot haut alors qu'on risque de souffrir d'un manque d'eau tu vois quand je passe là le long de la Somme et qui a des Rieux qui sont à sec j'espère que c'est pour des raisons artificielles quoi mais bon pour les curés ou je sais pas trop mais je sais que j'ai toujours l'angoisse que les rivières de France deviennent des ouènes tu vois bon l'air est absent du discours des manuels sauf quand il parle dans son discours de l'armée de l'air il y a pas de poisson il y a pas d'oiseaux il y a pas d'abeilles en revanche il y a la technologie 23 fois il y a les innovations 84 fois il y a les ruptures 35 fois l'accélération 36 fois bref la solution au grand défi climatiques c'est la technologie la technologie avec des ruptures dans la santé des ruptures dans les fonds dans les fonds marins des ruptures dans la gestion des déchets nucléaires moi je dis là tu sais dans la tragédie grecque il y a le deus ex machina c'est Dieu qui tombe du ciel et qui vient punissant les uns récompensant les autres rétablir l'harmonie entre les hommes bon et bien maintenant c'est la maquinadeus c'est la machine qui devient Dieu et qui devrait nous permettre de rétablir une harmonie sur terre au fond Emmanuel Macron en l'adaptant mais il reprend la pensée si on peut appeler sa pensée des grands maîtres de la Silicon Valley qui ont des projets de captation de CO2 partout de grand n'importe quoi de couches de zone au dessus de la couche d'ozone enfin bon mais je pense que c'est criminel et suicidaire pour deux raisons la première raison c'est que c'est quand même un pari extrêmement incertain plutôt que de changer la société maintenant mais pourquoi il le fait pas parce que changer la société maintenant ça veut dire baisser le taux de profit ça veut dire verser moins de dividendes ça veut dire remettre en cause le capital repaître en cause la concurrence et un certain nombre de dogmes comme mais c'est quand même un pari extrêmement incertain que de penser que il va nous arriver des technologies qui vont tout résoudre mais en plus je pense que c'est creuser notre propre tombe en prétendant en sortie c'est à dire que quand on voit le bilan de la 5G dont on utilise que ça aiderait à résoudre par la transition numérique les problèmes climatiques c'est une surconsommation de téléphone portable qui se produit depuis un an et c'est une surconsommation de données avec l'énergie qui est liée donc c'est une catastrophe ça ne résout pas du tout le problème écologique ça entraîne encore plus vite dans la chute et on peut faire le pari que toute cette technologie elles vont entraîner plus vite dans la chute plutôt qu'elles ne vont la ralentir donc voilà et donc évidemment l'autre choix notre choix c'est de changer la société ici et maintenant tu prends un truc tout con tu vois tu prends les bâtiments j'entends la radio là on a un problème c'est notre dépendance à l'égard du gaz russe moi ça fait cinq ans en commission des affaires économiques que je dis qu'il faudrait un grand plan rénovation du bâtiment et je dis ça serait gagnant-gagnant gagnant-gagnant pourquoi ça serait gagnant pour les factures des gens ce serait gagnant pour la planète avec moins de d'émissions de CO2 ça serait gagnant pour l'emploi avec des filières entières à créer et ça serait évidemment gagnant pour l'indépendance du pays puisqu'on aurait moins à apporter de pétrole et de gaz bon face à ça qu'est-ce qu'ils font le seul truc qu'ils font c'est ma prime rénove tu vois et là on est passé donc il disait Macron que il rénoverait 80000 bâtiments par an alors sachant qu'il y a 5 millions de passoires thermiques non le pays bon en vérité ils sont passés à un objectif de 20 000 donc déjà je calculé que il faudrait deux siècles et demi 250 ans pour rénover les 5 millions de passage thermique à ce rythme là mais en vérité la fondation à bié de Pierre viendront d'un rapport disant avec ma prime rénov il y a seulement eu 2500 passoires thermiques en mur moi ça veut dire qu'il faudrait 2 millénaires pour en finir avec les passoires thermiques sachant que pour moi il y a pas que les passeurs thermiques qui doivent être rénovés je pense que tous les bâtiments grosso modo devraient l'être mais on voit là comment en mettant juste un petit adjuvant au marché tu vois une petite goutte de rénove on voit comment on échoue puisque il faudrait compter qu'il faut le drer le même temps entre la naissance du Christ et aujourd'hui pour sortir des passoires thermiques tu vois un peu la nullité la nullité de ça et donc évidemment face à ça qu'est-ce qu'il faudrait il nous faudrait un plan je pense qu'il nous ferait des gens par exemple parce de village en village dans les quartiers et qui viennent faire un relevé de qu'est-ce qui est une passoire thermique qu'est-ce qui n'est pas qu'on ait une vision de ça qu'on est la construction d'une filière en donnant envie aux jeunes aux gens d'être dedans tu sais très bien quand on fait nos petits reportages ensemble comment on les jeunes sont dégoûtés quand ils ont aujourd'hui dans les métiers du bâtiment bah non en leur disant voilà vous aurez 2000 euros minimum peut-être que vous pourrez prendre votre retraite à 55 ans enfin un certain nombre d'avantages pour inciter à aller dedans et ainsi se dire vous serez respecter dans ces professions là bon il y a pas de vision ça on construit pas ça alors tu sais moi mon mon modèle en la matière je le répéter c'est Roosevelt vous êtes en 1940 un peu avant son entrée en guerre la part de l'armée dans le but américain c'est 2% en 44 ça sera 42%. donc il fait exploser le budget militaire il fixe des objectifs il dit qu'il faut 125 000 avions 75000 temps 35000 canons entière 10 millions de tonnes de navire etc etc etc et en posant ce principe l'économie doit être dirigée c'est-à-dire pas nationaliste des guidez et guide il dit l'État fédéral de ce programme il doit en être l'organisateur l'État en assure le financement moyen de l'impôt et de l'emprunt l'état oriente les productions vers les besoins a prioritaires de l'armée l'état contrôle l'affectation des matières premières bon en pointant se disant ceci quand même cet état ne se substitue pas à l'entreprise privée voilà c'est à dire qu'il y a une vision de l'État qui doit canaliser vers l'armée à la fois la main d'oeuvre le la richesse du pays le capital le savoir-faire mais qui dit pas qu'il faut tout nationaliser je le dis parce que pour nous c'est important aussi pour moi je pense que l'État pour rôle de canaliser mais il a pas pour rôle de venir dire on nationaliste tout on va tout faire nous-mêmes avec une espèce de nouvelles technocratie alors que je crois moi au rôle de l'initiative privée qu'elle soit autre open royale qu'elle soit associative qu'elle soit individuelle pour participer à apporter des solutions mais en revanche aujourd'hui de la même manière que Roosevelt met en place une économie de guerre on devrait être en économie de guerre climatique on devrait canaliser tous les savoir-faire du pays toute l'énergie du pays tout le capital du pays toute l'intelligence du pays vers cette guerre climatique bon et donc ça ça demande autre chose que juste mettre un petit adjuvant à la concurrence comme le fait Macron ça c'est une vraie pour tout je pense que c'est vrai pour l'agriculture je réclame des prix plancher tu sais maintenant peut-être qu'il faudra des plafonds avec une explosion des prix agricoles mais quand tu vois même casse-tex là tu crois qu'il est adapté à la situation déjà avoir captexte Premier ministre par temps de guerre quoi mais quand il vient t'agiter son petit chèque c'est même pas un chèque de 9 € par plein - 15 centimes d'euro sans se dire qu'est-ce qu'on va faire au niveau de l'énergie dans le pays tu vois est-ce qu'on doit subventionner de la même manière quelqu'un qui part au Ski pour ses vacances et l'auxiliaire de vie sociale à Advil là qui m'appelle parce que elle doit faire des plains qui sont maintenant plus de 100 euros pour aller aider les mamies est-ce que ça doit être subventionné de la même manière il y a aucune vision il y a pas de plan là-dessus bon et donc voilà c'est pour ça que je crois que dans le le temps tragique que nous vivons il y a ce choix là il y a un choix très fort entre est-ce qu'il faut faire confiance à de nouvelles technologies qui vont arriver où est-ce qu'il faut s'appliquer avec volonté à changer la société dès maintenant et évidemment je pèse de ce côté là et il me semble que c'est Jean-Luc Mélenchon qui incarne ça comme un outil auquel il faudra continuer à donner un sens après l'élection je termine sur un espèce d'état d'esprit parce que quand je vois que tu sais quand j'appelle Valérie Damidot que je fais des blagues tout ça les gens ils me disent oh c'est indécent c'est pas le moment de rire bon mais si c'est le moment de rire tu vois je cite en ce moment là histoire d'un Allemand un jeune gars plutôt de droite juriste dans au moment de la montée du nazisme et qui dit de ses voisins collègues amis de son pays ils ont sombré dans la dépression par millions et il montre qu'au fond le principal allié de Hitler c'était cette dépression cette tristesse découragement cet abattement qui s'est installé et qui fait que les gens ils ont baissé les bras et que ça a laissé la voie libre aux autres et bien je crois que nous on a devoir de joie de colère mais aussi de joie on a le devoir de porter tout ce qui peut être animé le pays tu sais que j'aime ce verbe animé ça veut dire réveiller l'âme toucher l'âme et ben je pense que le rire est un instrument de ça le pouvoir il nous veut résigner il nous veut abattu il nous veut triste il nous veut déprimer et bien nous on doit résister à ça tant bien que mal et continuer à porter de l'énergie et aussi l'énergie du rire d'autant que qu'est-ce que c'est le monde qu'on veut pour demain tiens si on fait des gueules si on fait la tout le temps tu crois que les gens ils vont avoir envie de se dire ah bah tiens c'est avec eux que j'ai envie de construire mon avenir quoi pour que ça ressemble à ça non les gens moi en tout cas demain j'ai envie que mes enfants ils aillent prendre le beau temps là au parc Saint-Pierre et jouer au foot ou autre chose que il rigole tu vois est-ce que tu as quand même plus de moins être à l'image du monde que tu veux construire demain et ben moi je veux qu'il y ait de la joie je veux qu'il y ait des fanfares je veux que ça respire et que ça rigole donc même dans ces circonstances que j'ai décrite comme tragique et auquel je crois alors tu sais c'est encore grave chier le pessimisme de la lucidité l'optimisme de la volonté mais même par ces temps tragique je veux pas que on soit sinistre les jours je suis sinistre je reste couché puis c'est tout bon voilà et le je dirais quelque part le jour où on aura cessé de rire de chanter de et ben c'est qu'on aura abandonné et ben c'est pas venu ce moment là voilà

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