Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 mai 2017 10 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & électionsSolidarités & famille

Stéphane Le Foll : "Emmanuel Macron a réussi son entrée de manière incontestable"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Un regard d'abord sur la journée d'hier, celle d'Emmanuel Macron. Il a réussi son entrée.

  • 0:55OuverteRéponse partielle

    A quoi êtes-vous le plus sensible ? A la volonté de rassemblement ou à celle du renouvellement ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Vous avez plaidé, dès l'élection d'Emmanuel Macron, pour une attitude ouverte à l'égard du nouveau pouvoir, pour qu'on ne passait pas d'emblée dans l'opposition. Est-ce que l'éventuelle nomination d'un homme de droite ou de centre-droit à Matignon pourrait vous faire changer de point de vue ?

  • 2:59ComplaisanteRéponse directe

    Vous en parlez comme un partenaire de la majorité, Stéphane Lefort.

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Alors, François Hollande a-t-il réussi, lui, sa sortie ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    François Hollande, hier, il a choisi d'aller rue de Solferino, au siège du Parti Socialiste, il a fait un discours en même temps que le nouveau président, ce qui est un choix curieux, et il a dit, je laisse la France dans un état meilleur, dans lequel je l'ai trouvé. Est-ce qu'il avait raison de dire cela ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « Il a réussi son entrée de manière incontestable, à la fois sur l'attitude qui a été la sienne au moment de la passation de pouvoir, »
  • 0:23Invité politiqueFait
    « et puis ensuite dans ce qu'il a souhaité donner comme image en tant que président de la République, que ce soit dans les différentes cérémonies et à chaque fois dans les discours avec cette parole forte sur l'envie de faire réussir la France et les Français. »
  • 5:30Invité politiqueChiffre
    « Quand on arrive, on est avec un déficit budgétaire de plus de 5%, un déficit de la balance commerciale, je le rappelle, de plus de 70 milliards d'euros. »
  • 5:39Invité politiqueChiffre
    « On est avec une sécurité sociale, de manière générale, tout régime confondu, qui a un déficit de plus de 20 milliards, enfin 17 milliards et demi, autour de 20 milliards. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « Et un nombre de chômeurs ? On a des chômeurs et un taux de chômage important, »
  • 6:25Invité politiqueChiffre
    « La preuve, c'est que l'an dernier, on a créé plus de 200 000 emplois, »
  • 6:53Invité politiqueChiffre
    « 500 000, 550 000. »
  • 7:34Invité politiqueFait
    « La question du chômage est restée le sujet majeur. »
  • 7:38Invité politiqueFait
    « Mais en même temps, on ne peut pas nier non plus que les dynamiques de création d'emplois sont reparties à la hausse, »
  • 8:29Invité politiqueFait
    « C'est le bilan de l'exercice du pouvoir qui n'est jamais facile, surtout quand on est dans une période difficile. »

Temps de parole

  • Stéphane Le Foll75 %
  • Présentateur25 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Stéphane Le Folle, ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement pour quelques heures encore. Un regard d'abord sur la journée d'hier, celle d'Emmanuel Macron. Il a réussi son entrée.

0:14
Stéphane Le Foll

Il a réussi son entrée de manière incontestable, à la fois sur l'attitude qui a été la sienne au moment de la passation de pouvoir, et puis ensuite dans ce qu'il a souhaité donner comme image en tant que président de la République, que ce soit dans les différentes cérémonies et à chaque fois dans les discours avec cette parole forte sur l'envie de faire réussir la France et les Français. Donc je pense que ça c'est un point important et sur lequel il faut faire le constat que je viens de faire. Cette entrée en tant que président de la République, élu avant et maintenant pleinement président de la République, a été, je le trouve, réussi.

0:55
Présentateur

A quoi êtes-vous le plus sensible ? A la volonté de rassemblement ou à celle du renouvellement ?

1:01
Stéphane Le Foll

Moi je me dis, depuis le temps que j'écoute beaucoup d'hommes et de femmes politiques parler du renouvellement, je veux dire, la question du renouvellement ne peut pas être dissociée de l'ambition qu'on a. C'est pas en soi une politique le renouvellement. Et donc moi, sur ce sujet, je suis pas peut-être comme tout le monde, mais je le regarde avec ce regard, avec beaucoup de recul. Je n'ai tellement entendu ceux qui faisaient de la politique pour dire qu'ils faisaient du renouvellement. Derrière le renouvellement, certes, et il faut changer de visage, faire en sorte qu'on retrouve des dynamiques nouvelles, c'est absolument nécessaire.

Mais une fois qu'on a fait ça, la seule question qui est posée c'est derrière, et puis qu'est-ce qu'on va faire ? C'est ça l'enjeu.

1:48
Présentateur

Vous avez plaidé, dès l'élection d'Emmanuel Macron, pour une attitude ouverte à l'égard du nouveau pouvoir, pour qu'on ne passait pas d'emblée dans l'opposition. Est-ce que l'éventuelle nomination d'un homme de droite ou de centre-droit à Matignon pourrait vous faire changer de point de vue ?

2:06
Stéphane Le Foll

Non, ça ne fera pas changer de point de vue, ça ne fera que conforter l'idée que j'avais évoquée dès le début, à la fois d'être ouvert et constructif, parce que les Français ont envie que ça réussisse. Il n'y aurait rien de pire que de se mettre tout de suite dans une posture ou une position qui consisterait à contester cette élection d'Emmanuel Macron, et ce qu'il apporte avec le projet qui est le sien. Puis en même temps, selon les choix qui seront faits, ça nécessitera aussi d'être vigilant. Et je pense que dans ce débat politique qui est ouvert, il y a besoin d'avoir une pluralité dans la future majorité.

Il y a besoin d'avoir aussi des capacités à pouvoir débattre et à pouvoir faire en sorte que des sensibilités qui existent puissent avoir aussi la capacité de s'exprimer et de peser sur les choix qui seront à faire.

2:59
Présentateur

Vous en parlez comme un partenaire de la majorité, Stéphane Lefort.

3:02
Stéphane Le Foll

J'en parle avec cette volonté de me dire que moi, au long de ces cinq années qui vont se terminer dans les heures qui viennent, j'ai toujours cherché à la fois à être fidèle à un engagement et à un vote, c'était celui pour François Hollande, et puis à être aussi soucieux du collectif, de la cohérence générale. Eh bien, je suis là pour rappeler cela. Et je resterai à la fois quelqu'un de loyal, et il faut l'être, quand j'ai dit qu'il fallait faire réussir ce quinquennat, parce qu'il fallait faire réussir la France, ça reste la ligne que je défendrai. Et puis en même temps, il y a des points de vigilance sur beaucoup de sujets.

La France a beaucoup de choses à faire, beaucoup de réformes sont à engager, et en même temps, il faut qu'on soit capable aussi de considérer que ce qui a été fait pendant cinq ans, et puis ce que sont les fondamentaux d'une économie, et en même temps d'un modèle social, eh bien ça mérite d'être préservé, adapté, et en même temps, il faut qu'on soit soucieux de cette dynamique nouvelle.

4:06
Présentateur

C'est ce discours ouvert et bienveillant qui vous vaut de ne pas avoir d'adversaire de La République En Marche, l'envoi de circonstruction de la Sarthe ?

4:13
Stéphane Le Foll

Alors ça, je ne sais pas ce qui me vaut de ne pas avoir d'adversaire. Mais pas d'explication. Je n'en ai pas, et je voudrais simplement préciser une chose, c'est que moi, j'avais été désigné par le Parti Socialiste, c'était fin février, qu'ensuite, il y a cette fameuse commission au niveau d'En Marche qui décide, elle décide librement, et moi je n'ai fait aucune demande, mais j'ai rappelé ce que je pense être juste, et ce que je pense au fond, mais vraiment. Ce n'est pas simplement, là encore, une posture, je n'ai pas envie de jouer, je n'ai jamais fait ça, et je ne vais pas commencer à le faire. Donc moi, ce que je pense, c'est ce que je viens de dire.

4:50
Présentateur

Alors, François Hollande a-t-il réussi, lui, sa sortie ? Vous êtes, Stéphane Le Folle, l'un des six ministres à avoir été en fonction, tout au long du mandat de François Hollande, avec Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian et Marisol Touraine. François Hollande, hier, il a choisi d'aller rue de Solferino, au siège du Parti Socialiste, il a fait un discours en même temps que le nouveau président, ce qui est un choix curieux, et il a dit, je laisse la France dans un état meilleur, dans lequel je l'ai trouvé. Est-ce qu'il avait raison de dire cela ?

5:25
Stéphane Le Foll

Moi, je pense qu'il avait, non seulement il avait raison, mais objectivement. Enfin, je veux dire, quand on arrive, on est avec un déficit budgétaire de plus de 5%, un déficit de la balance commerciale, je le rappelle, de plus de 70 milliards d'euros. On est avec une sécurité sociale, de manière générale, tout régime confondu, qui a un déficit de plus de 20 milliards, enfin 17 milliards et demi, autour de 20 milliards. Et un nombre de chômeurs ?

On a des chômeurs et un taux de chômage important, et on a des plans de licenciement, avec des fermetures d'entreprises, qui arrivent, je m'en souviens très bien, que ce soit sur PSA, qui est ce qui a été le plus emblématique, mais moi, ministre de l'agroalimentaire et de l'agriculture, je me souviens de Doubs, je me souviens de GAD, je me souviens de tout un tas d'entreprises, qui annoncent, lorsque nous arrivons, des fermetures, et donc des licenciements. J'en ai parfaitement le souvenir des difficultés qu'on a rencontrées. Donc c'est vrai que cette situation-là, c'est pas la même aujourd'hui.

La preuve, c'est que l'an dernier, on a créé plus de 200 000 emplois, que selon les prévisions qui sont celles qui sont données par l'INSEE et par d'autres instituts, on est dans une phase de création d'emplois qui est forte, et il faut qu'elle soit forte pour arriver à faire diminuer le chômage, puisque vous le savez, avec la démographie, et c'est un atout pour la France, on a besoin de créer plus de 200 000 emplois par an pour pouvoir faire baisser le chômage.

6:47
Présentateur

On est resté en chômage de masse, Stéphane Le Folle, 600 000 chômeurs de plus sur le quinquennat, est-ce que vous...

6:53
Stéphane Le Foll

500 000, 550 000.

6:54
Présentateur

2,9 millions à 3,5 millions, ça fait à peu près ça, 600 000. Les Français ne pensent pas que le pays soit en meilleur état qu'il y a 5 ans.

7:02
Stéphane Le Foll

Mais que les Français aient une perception négative, j'en ai parfaitement conscience. La preuve, c'est que François Hollande ne s'est pas représenté. Ça, je l'ai entendu. Mais objectivement, on peut toujours dire que les Français ont une perception négative, mais pour le prochain président Emmanuel Macron, la situation d'aujourd'hui, je rappelle ce qu'était la situation quand nous sommes arrivés, elle est meilleure. Et ce n'est pas la situation pour l'un ou pour l'autre, c'est la situation du pays tout entier. La question du chômage est restée le sujet majeur.

Mais en même temps, on ne peut pas nier non plus que les dynamiques de création d'emplois sont reparties à la hausse, que la baisse du chômage, ça a été à la fin de l'année, malheureusement, 2016, et ça aurait dû être avant. J'en ai parfaitement conscience.

7:46
Présentateur

Quant au Parti Socialiste, on peut en dire un mot ? Est-ce que vous pouvez convenir que le Parti Socialiste n'est pas en meilleur état qu'en 2012 ?

7:52
Stéphane Le Foll

Je peux tout à fait convenir de cela, Pierre Cohen. C'est parfaitement juste et objectif aussi.

7:58
Présentateur

Le Parti Socialiste qui en 2012 avait tout. L'Assemblée, le Sénat, les régions, les grandes villes, l'Elysée, Matignon, qui a tout perdu.

8:06
Stéphane Le Foll

D'abord, sur les collectivités locales, je ferai référence aux victoires de 2004 et puis de 2010, mais quelquefois, certains oublient ce qui était, par exemple, le nombre de régions qu'on avait avant ces élections de 2004. Trois. On en a un peu plus aujourd'hui. Mais on a perdu. Pour le PS, ce n'est pas le bilan de François Hollande ? C'est le bilan de l'exercice du pouvoir qui n'est jamais facile, surtout quand on est dans une période difficile. Et en même temps, nous avons perdu, bien sûr, beaucoup. Mais nous avions gagné énormément après 2002. Je me rappelle de 2004. Tout le monde a oublié ces élections régionales où toutes les régions avaient basculé à gauche.

Il y avait un effet retour, surtout sur l'attitude qu'avait eue la droite à l'époque, après avoir appelé à voter pour Jacques Chirac. C'était la volonté de faire disparaître la gauche et le Parti Socialiste. Donc, la gauche et le Parti Socialiste ont effectivement beaucoup perdu pendant ce quinquennat. Mais c'était aussi lié à tout ce qu'on avait gagné avant.

9:07
Présentateur

Stéphane Le Foll, invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes. On marque une courte pause avant d'entendre la revue de presse. Sous-titrage Société Radio-Canada

Stéphane Le Foll : "Emmanuel Macron a réussi son entrée de manière incontestable" — Stéphane Le Foll · Pourquijevote