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interviewBFMTV· 16 juillet 2025

Budget 2026: l'interview en intégralité de Sophie Primas, porte-parole du gouvernement

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Les Français sont d'accord avec le diagnostic, mais c'est le remède du docteur Bayrou qui ne passe pas. Il est jugé trop sévère. L'ordonnance est trop sévère.

L'ordonnance, comme vous dites, elle se base d'abord sur une situation qui est une situation que le Premier ministre a parfaitement décrite hier. Et que les Français partagent. Les Français partagent la nécessité pour notre pays d'entamer un redressement de nos finances publiques pour ne pas tomber dans une notion de dépendance au marché financier.

Ce qui clairement peut être un sujet. Et d'ailleurs, je note que les marchés financiers accueillent plutôt favorablement l'architecture du budget tel que le Premier ministre les a présentés. Donc c'est un plan qui est fait pour rassurer avant tout les marchés financiers.

Mais c'est très important de rassurer les marchés financiers parce que les marchés financiers sont nos prêteurs. Donc c'est ceux qui décident si on est fiable ou pas fiable, si notre trajectoire est réaliste ou si elle ne l'est pas. Et c'est eux qui décident des taux.

Et donc ça, c'est extrêmement important de rassurer nos prêteurs. C'est plus important que d'obtenir l'adhésion des Français ? Alors c'est important aussi d'obtenir l'adhésion des Franceurs.

C'est la raison pour laquelle dans l'architecture globale de ce que propose le Premier ministre aujourd'hui et le gouvernement, c'est de demander un effort qui soit un effort collectif, qui sera marqué, plus ou moins marqué en fonction évidemment de sa situation, mais qui doit être un effort partagé. Et cet effort partagé, il commence par dire...

Mais qui est jugé injuste par les Français. Je comprends parfaitement ce qui ressort. Mais la stratégie qui est prise aujourd'hui par le Premier ministre, c'est de dire clairement, nous allons tous ensemble nous en sortir et nous allons tous ensemble faire un effort.

L'État, dans son sens de fonctionnement, va faire un effort. Et pour la deuxième année consécutive, c'est lui qui va apporter la réduction des dépenses les plus importantes. Nous allons revisiter l'efficience de notre modèle social et nous allons mettre du carburant dans le moteur de la croissance en travaillant un peu davantage.

C'est bien sûr la question des deux jours fériés qui soulèvent des réprobations. Alors justement, 75% des Français sont contre la suppression des deux jours fériés. Travailler 14 heures de plus, c'est ça, deux jours fériés supprimés, c'est que les Français vont devoir travailler 14 heures de plus sans être payés plus.

Vous qui avez travaillé avec Nicolas Sarkozy, vous êtes à l'aise avec ça ? Eh bien écoutez, je suis plutôt à l'aise avec ça. En fait, les forces que nous demandaient...

Travailler plus, en gagner plus. Alors on demande des efforts à ceux qui sont salariés, on en demande à toutes les autres catégories également. La question, c'est la question du temps de travail et du quantum de travail dans notre pays.

Nous travaillons moins que tous les autres pays européens. Mais c'est parce que des gens ne travaillent pas ? Et c'est nous...

Alors, il y a deux raisons. Là, vous faites travailler plus les gens qui travaillent déjà, mais vous ne faites pas travailler forcément ceux qui ne travaillent pas avec cette mesure. Alors, vous avez raison.

Il y a deux sujets. Il y a deux sujets. Il y a le sujet de ceux qui travaillent, et nous travaillons en moyenne 100 heures de moins que les Allemands, par exemple.

Donc, ceux qui travaillent...

On dépend qui sont les salariés, les indépendants en moyenne. Voilà. Allez dire ça aux artisans.

Et ceux qui ne sont...

Mais les artisans, vous savez, ils travaillent les jours fériés. Vous avez tous affaire à des artisans, ils travaillent les jours fériés. Mais ceux, en fait, qui travaillent, ne travaillent pas assez, en moyenne, bien sûr, je parle en moyenne de tout cela.

Ce sont les fonctionnaires, les salariés du privé, les salariés du public. Il y a un différencié en moyenne de 100 heures par rapport à l'Allemagne. Et nous demandons un effort de 0,5% du temps de travail.

C'est un effort, je le reconnais. Et qui ne sera pas valorisé, c'est-à-dire qu'on va travailler plus rapidement. Exactement, qui ne sera pas valorisé, mais qui permettra de participer à l'effort collectif, puisqu'en créant de la valeur, on espère créer entre 0,25 et 0,5 de valeur sur la croissance.

Ça veut dire en chiffres, ça donne quoi ? En 4 milliards ? À peu près.

Et ça permettra de nourrir la croissance française et donc d'avoir des recettes fiscales. C'est un peu comme le lundi de Pentecôte, c'est-à-dire que ce sont les entreprises qui vont apporter une contribution à l'État ? C'est ça.

Le diable est dans les détails, parce qu'en fait, la journée de solidarité, elle n'a finalement pas été obligatoire, ce n'est pas forcément le lundi de Pentecôte. On n'y comprend plus rien. Et donc, on n'y comprend pas grand-chose.

Et en réalité, le résultat n'est pas celui escompté. Et surtout, les services publics ne travaillent pas le lundi de Pentecôte. Tandis que là, on demandera à tout le monde.

Les écoles seront ouvertes le 8 mai et le lundi de Pâques. Il y aura école, les administrations seront ouvertes, etc. Et je voudrais juste finir sur la quantité de travail, parce que vous avez raison.

Le déficit aussi, c'est qu'il n'y a pas assez d'activité chez nos jeunes, dont le taux d'activité n'est pas suffisamment important, et chez les seniors. Et donc là, on va mettre en place, avec les partenaires sociaux, des nouvelles réformes qui nous permettront d'améliorer sur l'assurance chômage. Et les discussions vont souffrir.

Mais là, Laurent, je voudrais simplement vous faire découvrir une archive qu'on a retrouvée. C'est Emmanuel Macron en 2019, qui était interrogé justement déjà sur l'hypothèse de la suppression d'un jour férié. Écoutez ce que disait à l'époque le chef de l'État. – Ensuite, est-ce qu'il faut revenir sur des jours fériés ?

Moi, je ne suis pas favorable à cette méthode. Je ne suis pas favorable parce qu'on a déjà essayé, parce que ça n'a pas très bien marché, parce que ce n'est pas clair, parce que c'est une complexité absolument abyssale pour tout le monde, et parce qu'à la fin, ça renvoie à des complexités. Les entreprises ne le font pas de la même manière.

Il faut que ce soit optionnel. Nous adorons les débats, moi aussi, mais si on pouvait s'économiser en plus le débat, de savoir quels jours fériés on choisit, ce serait formidable. Je ne crois pas que ce soit le plus efficace. – Voilà, et on reconnaît le gendarme anin.

Bon, en 2019, ce n'était pas une bonne idée. – Alors, d'abord, on n'est plus en 2019. La question du surendettement de la France est plus aiguë aujourd'hui qu'en 2019.

Personne ne peut contredire cela. Et dans ce que dit le président de la République, dans ce que j'entends du président de la République, c'est de la complexité. Toutes les entreprises ne le font pas de la même façon.

Personne ne comprend plus rien. Et finalement, ça ne donne pas l'effet escompté. C'est exactement ce que je viens de vous dire.

En réalité, le fait de partager les deux mêmes jours, travailler. Alors, on verra si c'est le 8 mai, le lundi de Pâques, etc. – Ah oui, ce n'est pas sûr.

Ce n'est pas figé. Ça peut être d'autres jours fériés. – Mais non, parce que… – Donc, on va discuter pendant des mois sur les jours fériés. – Écoutez, il y aura des… – Par exemple, ça aura une valeur de notre. – Le 15 août, en général, les Français sont en vacances, il y a pas d'école. – Je partage cet avis. – L'avantage du lundi de Pâques, c'est toujours le lundi.

Le 8 mai, si ça tombe un dimanche, ça ne vous rapportera rien. – Je pense qu'on peut partager autour de cette table le fait qu'au mois de mai, le mois de mai ressemble d'un point de vue productif à quelque chose qui n'est justement pas très productif en termes de travail. – Néla Latrousse. – On entend les partenaires sociaux depuis hier, et notamment la CFTC, expliquer que vous en demandez beaucoup aux actifs et pas beaucoup aux entreprises.

Le premier ministre a semblé ouvrir une porte en évoquant les 211 milliards chiffrés par le Sénat sur les aides aux entreprises. Il dit, bon, on pourrait imaginer un pacte, moins de subventions, plus de libertés. Est-ce que ça veut dire que vous dites, par exemple, aux oppositions, si vous voulez toucher à des aides aux entreprises, là, effectivement, il y a peut-être des choses à aller chercher, il y a peut-être quelques milliards supplémentaires à aller récupérer ? – Écoutez, il y a un rapport très intéressant du Sénat qui a été fait.

Il a été fait par un rapporteur qui s'appelle Fabien Guay, qui est communiste de Seine-Saint-Denis. – J'étais étonné d'ailleurs que François Bayrou cite un rapport. – Par un président et par un président de la délégation des entreprises qui est l'air, qui s'appelle Olivier Rittmann.

Donc, ces deux sénateurs ont fait ce rapport et des propositions qui sont communes en disant, un, il y a une multitude de dispositifs de soutien aux entreprises. Je crois qu'il y en a 2400 et quelques. Enfin, bon, c'est incroyable de difficulté.

Il y en a qui ne sont pas probablement efficaces. C'est comme les niches fiscales sur lesquelles on regarde également. Il y a des niches fiscales dont l'existence a été créée.

Il y a quelquefois 10 ans, quelquefois 15 ans, avec un objectif. Il faut qu'on regarde celles qui sont efficaces. – Le premier, c'est très flou sur les niches fiscales.

On ne sait pas lesquelles sont concernées. – Oui, on ne sait pas lesquelles. – Pourquoi ? – On sait celles qui ne sont pas concernées.

On sait que, par exemple, l'aide aux personnes pour les gardes d'enfants, l'aide aux personnes âgées, l'aide aux personnes handicapées, celles-ci ne seront pas touchées parce qu'elles sont d'utilité publique. – Alors, quelle niche fiscale pourrait être touchée, par exemple, à l'imprime ? – Et bien, on fait le parallélisme des formes.

Je n'ai pas encore l'état des lieux. Ça viendra dans la discussion parlementaire. Car c'est ça, maintenant, le travail qui nous attend, dans les semaines et dans les mois qui viennent, c'est de travailler avec les parlementaires et avec chacun pour trouver l'efficience des dispositions. – Si les parlementaires trouvent quelques milliards supplémentaires sur des niches fiscales et sur des aides aux entreprises, il y a des mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre qui peuvent être retirées pour rester dans cette enveloppe de 43 milliards ? – Quelquefois, il faut faire confiance au Parlement.

Et moi, je fais confiance au Parlement. On va regarder les propositions qui seront faites par le Parlement. – C'est très intéressant parce qu'il y a les sondages et puis il y a ce que vous recueillez quand vous parlez un peu avec les gens.

Et il se trouve que tous les matins, je commence ma journée au bar, au café, avec des gens. Et ce matin, ils m'ont fait deux remarques et je vous les soumets. La première, c'est de dire, c'est drôle, ils ont été extrêmement précis sur les mesures qui concernent les retraités, les actifs, les jours fériés.

Mais par contre, pour les entreprises ou pour les plus riches, là, c'est le flou absolu. Comment voulez-vous qu'on ait le sentiment que l'effort est partagé ? Deuxième remarque, mais elle est liée à la première, c'est qu'ils disent, tous ceux qui nous gouvernent, ils nous annoncent des décisions, des mesures et donc des efforts à faire.

Mais eux, les efforts, ils n'en font pas. Il n'y a pas la moindre mesure symbolique qui pourrait montrer que les ministres, leur train de vie, les députés font le même effort que celui qui nous est demandé. Vous leur répondez quoi sur ces deux points ?

Je vous réponds deux choses. Effectivement, dans le plan qui est annoncé par François Béroud, il y a aussi, puisque l'effort doit être partagé, il y a aussi une demande qui est faite à ceux qui le peuvent le plus. Donc on va faire perdurer la contribution sur les revenus les plus élevés qui avaient été créés l'année dernière.

Qui devait être temporaire. Alors qui devait être temporaire. Mais on n'en connaît pas les contours.

Je vais finir. Tant que le déficit est au-dessus de 4%. C'était le deal qui avait été passé.

Donc comme on est au-dessus de 4%, on le fait perdurer pour qu'effectivement ceux qui peuvent le plus contribuer...

Mais ça n'a rapporté moins que prévu. Ce qui montre d'ailleurs que le taxer les riches, on entend quelques fois le slogan sur les trottoirs, n'est pas toujours aussi efficace qu'on veut. Mais symboliquement...

Si vous vouliez un meilleur rendement, il suffisait de monter le taux. Et deuxièmement, le Premier ministre veut absolument regarder ceux qui font tout à fait légalement, mais de l'optimisation au travers, par exemple, de SCI ou avec des holdings, etc. Et qui évite l'impôt qu'il devrait payer.

Donc on est en train de travailler. Donc je n'ai pas de mesure extrêmement précise. Parce que Bercy n'est pas encore totalement calée.

Mais la taxe sur les hauts patrimoines, par exemple, c'est non. La taxe Zuckman. Non, la taxe Zuckman, c'est non.

Pour une raison très très importante. C'est que dans la taxe Zuckman, vous intégrez le patrimoine productif. C'est-à-dire qu'un chef d'entreprise qui a une entreprise dans son patrimoine, qui est sa propriété, qui l'a créée, ou qui l'a achetée, ou qui fait développer, la valeur de son entreprise rentre dans son patrimoine.

Et ça, ce qui veut dire qu'on peut être amené à devoir vendre une partie de son entreprise pour payer ses impôts. Totalement, totalement improductif. Pourquoi dans votre plan ?

Et surtout, ça ne marche pas. Parce que partout où il a été promu, ça ne marche pas. Pourquoi dans votre plan, les retraités sont les premiers ciblés ?

Non, ils ne sont pas les premiers ciblés. Ils sont parmi les personnes qui nous aident. Pourquoi eux ?

Pardon ? Pourquoi eux ? Parce qu'ils sont mieux lotis que les autres ?

Chacun doit contribuer. Et je dis aux retraités qu'il n'y a pas de cible sur les retraités. Ce n'est pas comme ça qu'ils le vivent.

Oui, mais bien sûr. Mais comme tous les Français, ils doivent participer au redressement de nos comptes publics. Parce qu'aujourd'hui, nous vivons sur les revenus de nos enfants et de nos petits-enfants.

Et nous, ce que nous voulons, c'est dégager des marges de manœuvre pour investir dans ce qui fera la nation de demain, la nation de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Alors juste, je reviens sur les retraités. En fait, nous changeons le système.

On a un abattement aujourd'hui de 10% qui s'applique sur les revenus des retraités, qui est une des niches fiscales les plus onéreuses de notre budget. Qui avait été décidée dans les années 70. Voilà, 70.

Et nous la transformons, ou disons qu'en fait, nous enlevons cet abattement du 10% et nous le remplaçons par un abattement forfaitaire de 2 000 euros. Ce qui permet quoi ? Ça permet de préserver les retraités les plus modestes, qui d'ailleurs, pour certains, verront leurs impôts baisser, paradoxalement.

Et ça permet de contribuer, de demander une contribution aux retraités qui sont un petit peu plus. Vous confirmez que c'est 2 000 euros ? Oui, c'est 2 000 euros pour l'instant, dans le cadre du plan qui est mis sur la table.

C'est qui un retraité aisé ? Alors, je n'ai pas les chiffres là, donc je ne peux pas vous donner exactement...

À quel moment on est un retraité aisé ? Eh bien, on est un retraité aisé quand le seuil des 2 000 euros vous permet de payer plus d'impôts. Une question, parce que je l'ai oublié, c'est le taux de l'ivraie A.

Parce qu'on l'a appris aujourd'hui, il va de nouveau baisser. Mais ce n'est pas une petite baisse, c'est une baisse, l'une des plus spectaculaires depuis ces 20 dernières années, puisque le taux de l'ivraie A est à 2,4, ça a passé à 1,7, l'inflation baisse, donc on fait baisser le taux de l'ivraie A. Enfin, c'est une mauvaise nouvelle, une fois de plus, pour les Français.

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour les Français, c'est une nouvelle qui est, j'allais dire, fluctuante d'année en année. On sait très bien que quand l'inflation augmente, on augmente le taux du l'ivraie A. Et là, peut-être que c'est une bonne nouvelle.

Pas pour le logement social. À moins 0,7 d'un coup. Oui, mais parce que l'inflation nous permet de faire cela.

L'année dernière, il n'avait pas été revalorisé précisément le taux au niveau de l'inflation. Exactement au niveau de la Banque de France. Donc quand ça augmente, ça n'augmente pas de la même façon.

Et vous savez pourquoi, Nélie L'État de France, mais vous savez très bien pourquoi. C'est parce que derrière, en fait, il y a le financement du logement social. Et que nous sommes dans une crise assez grave du logement social.

Et le financement du logement social se trouve sur le livre A. Et donc quand on augmente en suivant l'inflation exactement, ça renchérit le coût du logement social. Et comme on est dans une crise du logement, c'est difficile.

Cette annonce tombe mal au lendemain déjà d'une cure d'austérité annoncée par le gouvernement. Oui, mais le fait que l'inflation soit basse, pardon, le fait que l'inflation soit basse, ça permet aussi, c'est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat. Et ça permet d'amortir l'annonce de l'année blanche que nous avons faite.

Alors regardez quand même la réaction de Marine Le Pen. Ça n'a pas échappé à celle qui dirige les députés RN à l'Assemblée nationale. Encore un mauvais coup porté aux 57 millions de Français et au principe même de l'épargne populaire défiscalisée qui constitue un placement refuge bien utile dans un contexte d'austérité.

Cette nouvelle baisse du rendement du livret A est une mesure sociale désastreuse et confiscatoire pour les classes moyennes et populaires. Que répondez-vous à Marine Le Pen ? Ce n'est pas confiscatoire.

Ça permet au contraire pour les classes moyennes et les classes modestes qui ont besoin de se loger. Dieu sait si on a du retard sur la construction et le logement social dans notre pays. Ça permet d'améliorer l'accès au logement.

Et bien sûr, là aussi, c'est une mesure qui est une mesure face à l'inflation et que nous devons assumer. Alors rapidement, dernière question, Nélia Trousse-Lorand-Nemann. J'avais une question précédemment.

Ça n'enlève de l'épargne à personne. On ne va pas venir puiser dans l'épargne des gens. L'épargne sera moins productive.

Voilà, c'est moins rentable. Je vous pose cette question parce que vous êtes porte-parole du gouvernement, mais vous êtes aussi membre des Républicains. L'an dernier, lorsque Michel Barnier avait souhaité sous-revaloriser les retraites, votre famille politique avait dit que c'est une ligne rouge, il en est hors de question.

Qu'est-ce qui s'est passé en quelques mois pour qu'aujourd'hui, votre famille politique dise « Oui, bon, ok, pas de problème, les retraités, ce n'est plus une ligne rouge ? » Moi, ce que je crois d'abord, nous ne touchons pas aux retraites. Je veux dire aux Français qui nous écoutent, les retraites… Elle n'augmentera pas, alors que l'inflation… La mesure va plus loin que ce que proposait Michel Barnier, alors que c'était déjà trop pour votre famille.

Non, elle ne va pas plus loin parce que les niveaux d'inflation étaient supérieurs. On n'en sait rien pour l'instant. À la fin de l'année, on sera peut-être à 2%.

Et donc, si vous voulez, le fait de geler, je veux dire aux Français et aux retraités en particulier, il n'y aura pas un euro de moins dans votre retraite. On ne touche pas aux retraites. Donc, il n'y aura pas d'euros de moins dans votre retraite.

Si l'inflation est plus importante, et dans le contexte actuel, notamment avec les droits d'ouane, rien n'est moins sûr. Pour l'instant, on est sur une perspective entre 1 et 1,5. Elle remonte aux États-Unis en ce moment, l'inflation, par exemple.

Et donc, pour le moment, on garde effectivement, on gèle les retraites. C'est un effort qui est un effort collectif. Et c'est un effort, encore une fois, qui s'accompagne… – Donc, les retraités ne sont plus une ligne rouge. – D'efforts d'autres catégories de personnes, tout le monde, les entreprises, tout le monde va mettre la main à la pâte. – Donc, je découvre ce soir que vous êtes en désaccord absolu avec Bruno Retailleau ? – Non, je ne suis pas… – Ah si, si, parce que je viens de lire le communiqué que les LR ont diffusé.

Il en est le patron des Républicains. Et lui, il veut carrément qu'on revoie la question, justement, de cette niche fiscale de 10% sur les retraités que vous venez très bien de défendre il y a quelques instants. Et puis, il y a d'autres mesures, dit-il, dont il faut améliorer ce budget.

Il veut qu'on revoie les conditions de l'AME. L'allocation sociale unique, il dit d'accord, mais 70% du SMIC, je pourrais faire la liste. Mais sur les retraités, il lui dit non. – Mais ce n'est pas du tout, on est désaccord avec ce que je viens de vous dire. – Vous venez de dire que c'était bien. – Nous sommes sur l'architecture globale de ce budget.

Et maintenant, le débat va aller à la sommeil. – Tout est négociable ? – Et donc, tout est négociable, sauf le 43,8 milliards d'économies. – Donc, si on trouve d'autres économies, on peut les proposer. – Voilà ce qui n'est pas négociable. – Pardon, ça fait un peu désordre.

La porte-parole du gouvernement dit, cette règle sur les retraités, elle est très bien, je la défends, mais elle a sa raison d'être. Et le patron de votre parti, qui par ailleurs est quand même ministre de l'Intérieur, dit non, non, non, non, cette mesure, il faut qu'on la revoie absolument. Ça fait un peu désordre dans le même gouvernement. – Ce que dit aussi Laurent Wauquiez. – Moi, je suis pour que tous les Français soient dans cette aventure.

Parce que, de quoi parlons-nous ? Nous parlons de l'avenir de notre nation. Et donc, je pense que chacun doit, dans la mesure de ses possibilités, aider à ce redressement collectif.

C'est très important. On a trois ou quatre années pour redresser notre pays. Pour nous permettre quoi ?

De faire les investissements d'avenir ? On a besoin de ces investissements. Donc, tout le monde doit contribuer, y compris, me semble-t-il, ceux qui le peuvent et qui seraient retraités.

Donc, ça, c'est ma position, c'est la position du gouvernement. Et moi, j'entends dans les propos que vous me rapportez de Bruno Retailleau qu'il y a maintenant des dispositions à l'intérieur des ministères qui peuvent être discutées. Il a parlé de l'AME, il a parlé d'un certain nombre de sujets.

Regardons. Et puis, le projet, il peut être amélioré. On est dans la discussion aujourd'hui avec le Parlement. – Les Français ne pensent pas que ce budget passera.

Ils l'ont dit très clairement dans notre sondage. Et les oppositions sont déjà prêtes à vous censurer. Donc, là, on discute de quelque chose qui, peut-être, ne passera jamais.

Vous risquez de tomber sur ce budget ? – Eh bien, nous, nous faisons le pari inverse. Nous faisons le pari de présenter cette architecture de projet au mois de juillet, ce qui n'est jamais fait.

Ce qui n'est jamais fait, je le redis. On présente cette architecture, on se donne tout le mois de juillet, – Vous pensez que ça passera ? – De août, de septembre, d'octobre, novembre, décembre, pour discuter avec le Parlement, trouver les voies.

C'est une question existentielle pour notre nation. Et nous devons absolument obtenir la confiance des marchés financiers et des entrepreneurs pour que la croissance reprenne. – Merci, Sophie Primat.

Budget 2026: l'interview en intégralité de Sophie Primas, porte-parole du gouvernement — Sophie Primas · Pourquijevote