20 ans après le référendum de 2005, quel bilan pour cette victoire populaire ? | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh bonsoir euh à toutes et tous. On va pouvoir euh commencer. Je suis vraiment très heureuse euh de vous retrouver pour cette conférence importante sur les 20 ans après le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel.
Alors l'idée c'est de vous faire une petite introduction et après je laisserai la parole à mes deux brillants intervenants et je suis très heureuse qui qu'il nous aiit rejoint aujourd'hui pour cette conférence que je présenterai plus en détail mais déjà vous donner quelques éléments de contexte pour cette conférence. Alors évidemment je trouve que elle est particulièrement importante. Pourquoi ?
Et bien parce que c'est l'occasion de revenir sur un moment décisif pour notre démocratie puisque c'était quand même le dernier référendum et je dis bien le dernier référendum sur lequel les Françaises et les Français ont pu se prononcer puisque depuis aucun président et pourtant on leur a soumis l'idée à plusieurs reprises mais aucun président ne s'est aventuré à demander au peuple son avis sur leur sur les sujets qu'il nous intéressent. Alors, ce moment, il est politique et il est particulièrement aussi important au niveau de la gauche française. Pourquoi ?
Parce que vous le savez, les questions européennes ont toujours divisé au niveau de la gauche, mais à la différence c'est que ce vote a marqué vraiment une sission. Et une sission entre quoi ? et bien une suition entre d'un côté euh cette mouvance néolibérale, cette héritée de cette social démocratie allemande et britannique qu'on a qui incarné Hollande lors de la campagne de 2005.
Et de l'autre côté, ben vous avez les souverainistes, ceux qui avaient à cœur de laisser la à la puissance publique le rôle d'arbitre en matière économique et commerciale. Et on a pu voir à ce moment de 2005, alors je dis on a pu voir mais moi c'est vrai que j'avais 15 ans. Donc on était on m'a on m'a souvent demandé est-ce que vous étiez dans la campagne ?
À cette époque, j'étais pas particulièrement impliqué dans la campagne mais effectivement c'était un moment fort de la démocratie et c'était quelque chose dont on parlait beaucoup. euh à la maison, mais probablement vous dans le public, certains pourront nous faire part aussi euh de l'expérience qu'ils ont vécu lors de cette cette campagne de 2005. Alors comme je vous le disais effectivement c'est le TCE a mis en lumière la proximité idéologique entre Hollande d'un côté mais aussi Sarkozy puisqu'il s'affichait ensemble pour faire campagne et ça a participé aussi à la fin du bipartisme.
À l'époque d'ailleurs, c'était nommé l'UMPS, donc que j'aime beaucoup comme Alors, ce moment historique a contribué aussi donc de notre point de vue à créer le Parti de gauche qui a été créé 4 ans après le référendum sur le traité constitutionnel et ce parti de gauche, il se définissait comme l'autre gauche, celle qui n'a pas trahi les classes populaires, c'est celui qui incarne le vote contre au TCE. Alors, sur quoi les Français se sont prononcés en 2005 ? Il faut pas résumer la question du référendum en disant est-ce que c'était plus ou moins d'Europe ?
C'était vraiment de quelle Europe veut-on qu'il s'agissait ? Effectivement parce que si dès 2000 des 1996 et Mastrich on avait commencé avec une dérive néolibérale et bien là on entérine avec ce référendum de 2007 la dérive néolibérale de l'Union européenne en privant les États de leur levier d'action et en ouvrant à la concurrence de nombreux secteurs avec les conséquences dramatiques qu'on a pu connaître par la suite et j'en parle notamment pour mener la le combat sur l'énergie au niveau européen. C'est à partir de 2007 que nous avons les libéralisations notamment du secteur énergétique.
C'est aussi l'Europe qui accélère la concurrence entre les travailleurs puisque vous avez ce fameux marché unique et la concurrence des travailleuses et des travailleurs au niveau au niveau européen. Donc c'est de tout ça qu'on a débattu en fait en 2007 et pas si on voulait plus ou moins d'Europe à tout cela, à cette Europe de la concurrence, à cette Europe antidémocratique parce qu'on mettait une superstructure qui allait dépasser les compétences étatiques, et bien les Français se sont clairement positionnés puisque le 29 mai 2005 à 55 % ils ont voté non à ce traité constitutionnel et parmi d'ailleurs ces 55 % je tiens à mentionner que 80 % était 80 % de vote non chez les ouvriers. À partir de cela, que peut-on tirer ?
Bien et nous allons revenir évidemment en détail avec nos intervenants, mais ce référendum c'est une victoire populaire, une victoire populaire d'autant plus qu'il y avait une campagne médiatique extrêmement forte en faveur du oui dont tu reviendras en détail. Et donc cette mobilisation populaire a permis quand même d'aboutir à une leçon d'éducation populaire et nous a permis de de nous dire collectivement que on est capable d'obtenir de belles victoires collectives. Que s'est-il passé après le nom à ce référendum ?
Et bien, ils sont passés en force. Vous connaissez l'histoire. C'était le traité de Lisbon.
Donc concrètement, c'était l'essentiel du TCE qui a été signé en 2007. C'est les élites européennes qui ont offert un nouvel habillage politique au TCE en négociant le traité de Lisbonne dans une grande opacité. Et c'est bien sûr bah toujours les mêmes, ceux qui trahissent.
C'est-à-dire euh vous avez bien les parlementaires français avec euh notamment le Parti socialiste en tête qui est allé euh ratifier ce nouveau traité, donc le traité de Lisbonne et donc entériner tout ce que le peuple avait dit non. C'est un débat important sur la démocratie représentative qui est toujours d'actualité puisque vous le savez comme toutes et tous ici quand on dit non, quand on a des élections et bien encore aujourd'hui on ne respecte pas les résultats et je pense notamment évidemment aux élections législatives. Alors que que peut-on tirer de tout ça ?
Et bien, nous allons en débattre avec nos deux intervenants que je remercie euh que à qui je remercie vraiment de de participer à cet échange. Je vais vous les présenter. Donc, Nils euh Solari qui est journaliste indépendant chargé de mission à à CRIMED et donc spécialiste du traitement médiatique des sujets politiques.
Il interviendra notamment sur la campagne médiatique orchestrée pour imposer le oui en étouffant toute opposition critique. Et d'un autre côté, nous avons Marline Rosano Grange qui est chercheuse en sciences politiques et qui est autrice du livre La fin de l'Europe, une histoire mondiale aux éditions Amsterdam qui devrait paraître en début d'année et qui pourra elle de son côté donc intervenir sur les perspectives de ce vote fondateur, les mettre en perspective avec ce qui s'est passé au niveau de la construction de l'Union européenne et comment on a confisqué comment on a confisqué qui est la souveraineté populaire. On arrive à la fin des amphies, c'est un peu plus.
En tout cas, Nils, je te donne la parole pour commencer. Donc, dans quelle mesure finalement la population a souffert un véritable matraquage médiatique en faveur du oui dès la campagne de 2007 dans le cadre du débat ouvert en amont du référendum ? Est-ce que je sais que tu as beaucoup travaillé sur le sujet, tu il y a même un livre qui est sorti sur le sujet.
Donc est-ce que tu peux justement avec donc le livre qui s'appelle Média en campagne média en campagne et donc peux-tu nous dire exactement ce qu'il s'est passé en 2005 et comment le le rôle des médias dans cette campagne sur le TCE ? Alors merci pour cette invitation, merci pour cette introduction. Alors moi je n'ai pas travaillé directement sur ce cet ouvrage he cet ouvrage c'est le produit c'est le fruit du d'un travail collectif de l'association Arimed dont je veux dire juste rapidement quelques mots pour celles et ceux qui n'auraient pas encore le bonheur de nous connaître.
Acè, c'est une association, enfin c'est l'acronyme de action critique média, une association loi 1901 qui aura 30 ans en 2026. Je précise qu'on a un stand au village associatif, donc n'hésitez pas à venir nous voir. Petite introduction avant de revenir sur justement le contenu de cet ouvrage, sur quel de quelle manière les médias dominants traitent la question de l'Europe.
C'est vrai que depuis nous depuis 30 ans à Acrimè, on s'emploie à dénoncer ce que l'on appelle la concentration et la financiarisation. La concentration, vous pouvez la voir au travers notamment de cette carte que vous connaissez déjà peut-être que nous réalisons en partenariat avec le monde diplomatique, hein, et qui retrace la propriété des médias traditionnels euh sous l'effet justement de la propriété des grands groupes industriels financiers, voire militar-industriel ou des grandes fortunes. Or forcé de constater que depuis 30 ans et bien cette cette concentration et cette financiarisation, elles ont des conséquences directes sur le pluralisme dans le débat public ou plutôt sur l'atrophie du pluralisme dans le débat public.
Cette atrophie du pluralisme, il s'illustre par un traitement médiatique biaisé, partiel et partial des question économique, politique, environnementale et forcé de constater que en matière de enfin ce qu'il est en ce qu'il en est de du traitement médiatique de la construction de l'Union européenne et bien ça n'échappe pas à un tel constat. Alors bien sûr euh il serait illusoire de dire que euh on pourrait prétendre observer tout ce qui s'est écrit ou tout ce qui euh c'est dit sur ce sujet. Ceci dit, euh on a de nombreux travaux, des analyses, des articles, des statistiques qui ont permis de rendre compte du climat de cette campagne référendaire et notamment un peu du bruit médiatique.
Et à nouveau hein, forcé de constater que de du traité de MRIFT jusqu'à celui de Lisbonne, en passant par le TCE, ce bruit médiatique opère en quelque sorte dans ce qu'on pourrait appeler un périmètre établi. Lequel est-ce ? Alors déjà rappeler que le travail journalistique opère sous l'effet d'une subordination structurelle au champ politique et que ce travail journalistique et le discours médiatique dominant qui en résulte à propos de l'Union européenne, il s'avère globalement aligné sur les orientations néolibérales.
Ces orientations néolibérales, elles sont elles-mêmes soutenues par des élites et politiques économiques qui en font évidemment la promotion. Je vous donne un exemple. En 1992, donc à l'époque du traité de Mastricht, le journaliste économique Jean Boissona euh déclarait déjà à l'époque, je cite "Ce n'est pas un hasard si la construction européenne doit plus au raisonnement des élites qu'aux impulsions des peuples." C'était dans l'expansion le 3 septembre 92.
À cette époque, lors du traité de Mastri, pardon, le CSA, donc ancêtre de l'Arcom, le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait déjà dû admettre que le oui en faveur du traité de MRIT avait déjà disposé d'un temps d'antenne très largement supérieur au nom. Quelques chiffres : 40 % de plus sur TF1, 53 % de plus sur antenne 2 ancêtre de France 2 et 191 % de plus sur France 3. Depuis lors, la proximité euh alors tu as parlé de la proximité entre l'UMP et le PS, l'UMPS mais nous on pourrait aussi parler de la proximité encore une fois entre les élites médiatiques et politiques avec une homogénéité idéologique qui se traduit par exemple une surreprésentation des invités. plutôt euh favorable au libre marché dans les programmes de débat, que ce soit dans les matinales radio, de télévision, euh mais également aussi un recours aux mêmes experts, aux mêmes éditorialistes et évidemment une instrumentalisation outrancière de la logique sondagière, hein, des sondages et en parallèle une disqualification récurrente des critiques de l'Union européenne qui sont souvent caricaturées ou réduites à des positions démagogiques assimilées au populisme ou à l'ext extrémisme.
Or à cet égard, le le traitement médiatique de la campagne référendaire, il est il est vraiment véritablement un épisode emblématique de de du verrouillage médiatique et il répond à une tendance structurelle dans les médias traditionnels qui consiste à voir la construction européenne que sous l'angle d'un apparent consensus économiste ou technocratique et qui rend effectivement difficile d'envisager cette même construction européenne sous d'autres angles, en tout cas de l'interroger sous d'autres angles notamment des enjeux sociaux socio démocratiques ou géopolitique. Pour autant, comme ça a été rappelé par Marine à Mesure, en dépit des artifices de propagande que je vais m'employer à à dégager les principaux aspects, effectivement ça s'est traduit par le nom dans les dans les scrutins. Et ce qui ce qui est important alors non seulement d'un point de vue de la victoire populaire mais aussi d'un point de vue de la critique des médias c'est que cela démontre que des avancées sociales sont possibles en dépit ou ou plutôt malgré le débat organisé par les médias enfin sans sans les médias ou malgré les les médias et malgré la manière dont ils ont structuré le débat public.
Alors, je vous l'ai dit, hein, ce le contenu de mon intervention est à retrouver plus largement et plus en détail dans cet ouvrage média en campagne qui est aujourd'hui épuisé, il date de 2005, il y a 20 ans, mais je signale que nous sommes en train de le republier chapitre par chapitre sur le site d'Acrimè et que vous pouvez le retrouver en accès libre chapitre par chapitre en PDF. C'est le fruit, je vous l'ai dit, d'un travail collectif, hein, de l'observation que l'on mène au sein de l'association et également euh du travail qui avait été fait par des correspondant d'un journal qui aujourd'hui a disparu qui s'appelait Pour lire palu euh que vous connaissiez peut-être he qui avait été fondé par notamment Pierre Carles. Alors, je vais m'attacher à des à des enf je sais que j'ai plus de 15000 minutes donc je vais essayer d'aller vite mais vous montrer en fait comment durant le le référendum de 2005 les médias d'opinant ont on ont à imposé sous couvert d'équité de prétendu pédagogie et de démocratie à nouveau un pluralisme tronqué une propagande masquée et un débat démocratique très largement amputé.
Quelques chffres tout d'abord, les chiffres du CSA euh alors qui seront évidemment contestables aussi hein mais mais bon ça donne déjà un point de vue. Entre le 4 et le 29 avril 2005 sur l'ensemble des chaînes généralistes de télévision, les défenseurs du Wii ont disposé de 63 % du temps d'antenne contre 37 % pour leurs adversaires. Dans la période suivante, du 4 avril au 13 mai, le déséquilibre est quelques est un peu moindre.
Euh le temps d'antenne est réparti entre 57 % pour le camp du oui et 43 % pour celui du non, mais ça reste un déséquilibre. L'émission Arurimage que vous connaissez peut-être qui aujourd'hui opère sur euh internet à l'époque qui était encore sur euh le secteur public sur France 5 avait comptabilisé le nombre des intervenants à la télévision. Entre le 1er janvier et le 31 mars 2005, près de 70 % des intervenants à la télévision se situaient dans le camp du Oui.
Et là, je parle des journaux télévisés, des émissions politiques et des émissions de divertissement. En avril 2005, 73 % des invités des principaux des principaux JT pardon, étaient favorables au oui, au mois de mai, ils étaient encore près de 61 % et la disproportion est encore particulièrement flagrante dans certaines émissions de débat. Je pense notamment à France France Europe Express animé par Christine Okrent sur TF1.
Selon un décomte que nous avions opéré au sein d'Acrimed euh le temps de parole était de 59 % pour le oui, 41 % pour le non. Même chose à la radio où là c'était le journal PLPL qui avait décompté notamment les intervenants à France Inter entre le 1er mars et le 28 avril notamment dans l'émission Question directe de Stéphane Paoli avec 23 personnalités favorables au oui et seulement quatre pour le non. Entre le 7 mars et le 27 mai 2005 sur Europ l'émission de Jean-Pierre El Cabache le déséquilibre est encore pire. 45 partisans du traité constitutionnel contre seulement 12 opposants.
Enfin, sur RTL, entre le 1er février et le 27 mai, Jean-Michel Apati avait interrogé 40 dignitaires du oui contre seulement 22 défenseurs du non. Donc à l'évidence ces chiffresl ce qui se permettent de montrer c'est qu'il y a effectivement un traitement journalistique quantitativement très différent mais qui ne ces chiffres ne disent assez peu de du de la question qualitative en fait aussi parce que ça ne prend pas en compte ces chiffres et il ne reflètent pas les conditions d'expression qui sont très souvent différentes entre les intervenants ni la place occupée par d'autres acteurs qui sont très importants, très influents dans le champ médiatique aussi que sont les experts. les éditorialistes et qui sont pourtant omniprésents à la radio et à la télévision et qui étaient indébutablement engagés en faveur de la ratification du projet de constitution.
Parmi ces interviewers, comment ne pas citer l'inénarable Jean-Pierre El Cabache hein qui par exemple quand il s'adressait au porte-parole du Parti socialiste justement François Repsamen qui était favorable au traité pourquoi vous dites je cite pourquoi vous dites qu'il y a un oui pédagogique et un non démagogique c'était le 11 février 2005 à Bertrand de la Noé à nouveau je cite est-ce que la France peut vaincre ses peurs le 22 mars 2005 même chose pour Manuel Vals. Quels arguments faut-il utiliser pour convaincre que l'Europe avec sa Constitution à 25 est bonne pour les Français, qu'elle garantit l'égalité des chances et aussi leur avenir c'était aussi le 21 mars 2005. Je sais pas si vous vous rappelez mais à l'inverse au Parti socialiste à l'époque Laurent Fabus avait pris position pour le nom et voyez comment cab reçoit je cite "Est-ce que vous croyez vraiment ce que vous dites ?" Et donc Fabus était un peu excédé à l'époque et lui répond "Mais vous êtes injurieux" le 4 mai 2005.
Ce à quoi quelques jours plus tard El Kabache dans sa neutralité journalistique qu'on lui connaît bien déclare enfin il ne résiste pas à afficher ses convictions en déclarant je cite "Moi, je suis pour le Oui, je ne devrais pas le dire mais je suis pour le oui mais je suis objectif". C'était sur Europein le 8 février 2005. Donc ça c'est pour les interviewers.
On pourrait parler également des experts. Alors, je vais aller un peu plus vite par qu'on est déjà à la moitié, mais les experts, ils ont aussi un rôle particulier. Je vous renvoie au film Les nouveaux chiens de garde où il y a tout un chapitre justement où on détaille un peu le le mélange des genres un peu parce que souvent ces experts, on nous les présentent comme justement de simples universitaires mais on nous dit pas par ailleurs qu'ils sont engagés dans des conseils d'administration de grandes banques ou de compagnies d'assurance par exemple.
Euh et souvent le rôle de ces experts, c'est justement de légitimer ou de préparer le choix des gouvernants et d'avaliser les représentations dominantes, notamment quand elles vont dans le sens des réformes néolibérales. Un exemple sur Séd dans l'air animé par Il Calvi sur France 5. Au premier semestre, il a consacré 11 émissions à la question de l'Europe.
Sur 45 à invités, ont compté 18 invitations pour des journalistes, 17 pour des sondeurs, 8 pour des experts en question européenne et enfin deux pour des hommes politiques étrangers. J'ai parlé des interviewers, j'ai parlé des experts, comment ne pas parler des éditorialistes ? Et là, je vous renvoie à une série de papiers qu'on avait fait notamment sur la matinale de France Culture.
Alors, je sais pas, c'était il y a 20 ans, hein, mais à l'époque, elle était animée par un certain Nicolas de Moron. Peut- que ça vous parle ? Et parmi les éditorialistes ont compté Alexandre Adler, Olivier Duamel, Alain Gérard Slama, tous les trois très engagés en faveur du oui au référendum.
Quelques morceaux choisis notamment d'Alexandre Adler hein. Je cite "Je continue ma campagne et hontée pour le oui au référendum du 29 mai." Je cite encore, "Je voudrais encore convaincre nos auditeurs ici que le vote oui à la Constitution européenne s'impose.
Et lorsque paraissent les premiers sondages qui commence à donner le nom gagnant euh notamment lors de la venue de Paul Alè qui était un opposant euh au traité, il déclare enfin Alexandre Atler déclare si la France se permet de voter non, et bien vite d'abord ce sera la déstabilisation complète du gouvernement de gauche allemand qui se retrouvera sans alliés, sans perspective et sans sans possibilité de se projeter. 3 jours plus tard, il réitère, je cite à nouveau, "Voter non, demain, je m'excuse de ce petit rappel de propagande SIC, c'est non seulement mettre en danger les tierces et les bonnes sœurs, mais c'est aussi probablement ne pas arranger cette équation qui paraît elle-même bien difficile. Il faut voter oui".
Et là, je ne dis rien en plus du temps d'antenne que les éitorialistes ont puisque pas face à un opposant éventuel, un invité qui se déclarerait opposant au traité comme Paul Alè par exemple, les éditorialistes, eux ont tout loisir de déployer leurs éditoriaux sans être coupés, là où un invité va être systématiquement interrompu par l'animateur en l'occurrence Nicolas de Moron. Ça c'était pour l'équité. en matière de pédagogie.
Euh comment ne pas citer aussi cette autre figure des médias traditionnels, hein, Alain Duamel, hein, qui qui justement vient de d'annoncer qu'il prenait sa retraite euh et qui déclaré en janvier 2005, je cite, "Il y a beaucoup de partisans du Oui, c'est le cas de la majorité des éditorialistes, mais c'est le propre de la majorité des élites françaises comme au sein de tous les pays européens d'ailleurs. Ce qui ce qui ne signifie pas qu'il y ait une domestication de la pensée. Il bénéficient simplement d'une meilleure information que les autres et suivent de plus près les débats, c'est leur métier.
C'était dans sur le site Expression publique he janvier 2005, ça a été cité par PLPL justement. Donc ce que l'on voit par exemple avec cette citation de d'Alain du DUAMEL, c'est que euh en s'attribuant le monopole de la raison euh celle des dominants, les nos élés prescripteurs d'opinion s'arrogent aussi celui du monopole de la propagande euh enfin plutôt de la de la pédagogie plutôt, euh sans véritablement la distinguer finalement d'une pure et simple propagande. J'entends par là que la raison des dominants s'est opposé aux passions entre guillemets dont serait affublé le peuple.
Euh c'est ce qu'on pouvait lire par exemple dans l'Express hein, comme quoi au enfin c'est c'est l'Express qui l'écrivait le 21 mars 2005. Le non se nourrit de la colère, le oui de la raison. Euh c'était également Jean-Marie Colombani, donc l'ancien directeur du monde qui s'exclamait sur l'antenne de France Culture.
Je cite "On voit bien que les arguments du non sont des arguments simples, non à c à ça et que les arguments du oui font plus appel à la réflexion." C'était le 26 mars 2005. Jean-Michel Ténard, à l'époque éditorialiste à Libération, tenait à peu près le même langage.
Je cite "Le oui de gauche aurait fait le pari du rationnel contre le passionnel". C'était le 19 mars 2005. dans la presse écrite, c'est du même du même Acabi.
Le nom est associé au je cite au trip ou un ralbol anarchique. Ça c'est ce que déclaraient les enfin ce qu'écrivait plutôt les dernières nouvelles d'Alsace notamment le 11 mars 2005 euh ou Paris Match qui parlait également de démagogie à nouveau. J'ai plus trop de temps.
Donc je vous renvoie également autour de cette propagande un éditor un article qu'on avait fait aussi sur un éditorial de Michel Fitocy dans le magazine L. hein, qui n'est pas exent non plus, enfin tout magazine féminin qu'il soit, il n'est pas exent aussi de relayer euh une propagande néolibérale. Cette pédagogie, elle bien bien évidemment elle s'accompagne aussi donc je l'ai mentionné, je vais aller un peu plus vite mais sur le fait qu'il y a une un rythme outrancier de publication des sondages he qui rythme aussi cette campagne et qui instrumente enfin qui qui donne un peu le qui est un peu le comble de la pédagogie d'une certaine manière ou de cette pédagogie assimilée plutôt à une forme de propagande.
Je vais finir par le l'aspect de la démocratie, la démocratie des bienvotants bien évidemment puisque cette ce qui ce qui est intéressant c'est justement de constater aussi ce qui a opéré après cette campagne de référendo au soir du nom et dans la au soir du du scrutin plutôt et dans la foulée dans les jours suivants. Ce qui est intéressant, c'est que le soir de la victoire, donc du nom va s'engager lors de la soirée électorale puis les jours suivants. une véritable lutte d'interprétation sur le sens des résultats du scrutin et sur le les leçons à en tirer pour l'avenir.
Et dans cette lutte, les journalistes dominants vont poursuivre malgré tout leur grande œuvre pédagogique et en conserver le monopole avec deux effets continuer d'imposer continuer pardon d'imposer des conditions biaisées au débat démocratique et faire prévaloir leurs propres analyses des résultats. C'était par exemple le cas le soir du 29 mai sur France 2 où la directrice de l'information, une certaine Harlette Chabau, refuse tout simplement de laisser entrer plusieurs représentants du nom de gauche que la chaîne publique avait pourtant invité au motif et pour cause que du fait que le plateau était déjà encombré des partisans du Oui. Au matin du 30 mai, donc le lendemain du scrutin, sur France Interre, on compte cinq défenseurs du traité contre trois opposants. sur repin.
Le le déséquilibre est encore plus flagrant. Jean-Pierre El Cabache reçoit neuf invités 7 en faveur du oui de en faveur du non. Dans la matinale de France Culture on reçoit si oui contre un seul nom.
Tel est vous l'aurez compris la conception de l'équité hein et de la démocratie selon ces ces interviewers. Ça a été encore pire même lors à la télé hein le soir du 30 mai aussi sur France 2. À nouveau on retrouve Harley de Chabo qui reçoit au total h partisans du oui contre seulement quatre pour le non.
Bon, je vais pas continuer. Ce qui résume peut-être le mieux cette soirée, c'est cette déclaration d'Harle de Chabo qui s'exprime alors au sec face au secrétaire général de la CGT Semino, je cite "Didier Lecnez une France un peu repliée sur elle-même qui défend ses avantages acquis, qui n'est pas ouverte au travailleurs étrangers, ouverte à l'Union européenne ?" On renvoie ce que tu disais sur le fait qu'en fait il n'y avait pas de débat sur la nature de la construction européenne mais qu'en gros les partisans du nom étaient réduit à une position antie-européenne, ce qui est largement fallacieux.
Autre sujet, tu l'as mentionné également, le caractère très largement socialement marqué de ce vote, hein. Le monde à l'époque, le 19 juillet 2005, avait rappelé que 82,5 % des électeurs de la de la ville bourgeoise de Neï avaient voté oui et que 81,2 % des électeurs de la ville ouvrière du Grand Keville avaient voté non. Autre exemple, 76 % des personnes gagnant plus de 4500 € par mois ont voté oui contre 37 % parmi celles qui gagnent moins de 2000 €.
Dans ce cadre là, comment ne pas parler de vote de classe ? Donc ce que l'on voit c'est que ce scrutin du 29 mai, il est peut-être l'un des plus polarisés de l'histoire contemporaine en tout cas dans les 20 dernières années. Et pourtant sur le plateau de l'émission France Hor Express à nouveau animé par Christine Crent, c ce le politologue Pascal Perinot que vous connaissez peut-être puisqu'il officie toujours qui travaille aussi pour des institutions sondage s'emporte et déclare je cite "On nous dit les élites et le peuple excusez-moi c'est un peu plus compliqué et il ajoute quelques temps plus tard quand on est analyste épargnoons épargnons-nous les raisonnements binaires et forçons-nous d'être un peu plus subtil sur France 3 le 31 mai le 31 mai 2005.
Bref, je vais abréger un peu cet exposé, tout ça pour conclure et de dire que rarement, en tout cas à cette époque, au début des années 2000, dans ce passé récent, la rarement la contestation de l'ordre médiatique dominant avait été aussi forte et notamment qu'elle le fut à l'occasion de cette cette campagne référendaire. Pour autant, une fois de plus, les médias dominants ou plutôt leur porte-voie les plus influents ont ont continué d'imposer leur arrogance face aux défenseurs des opinions qu'il réprouvent. Et pourtant, comme on l'a dit hein, loin de se confondre avec le TUBU orchestré par les médias traditionnels et que j'ai tché de vous décrire un petit peu, le débat politique s'est déployé dans la société sans eux, malgré eux et n'a pas respecté le choix de la dite seule force politique, seule option politique possible.
Euh donc ce que l'on voit c'est que les médias traditionnels dans ce cadre-là étaient sous l'effet d'une d'un relative échec. Euh et pour autant euh ça n'est pas ça alors ça a été une relative victoire dans les urnes, mais ça n'est pas une victoire démocratique totale. Pourquoi ?
Et bien parce que en dépit de cela, ces médias dominants, bien qu'ils soi désavoués, restent dominant et que le combat politique pour les médias, pour la réappropriation démocratique des médias reste encore à mener 20 ans après. même peut-être encore pire hein puisque quelque part 20 ans après cette ces traverses se sont accentué et c'est d'ailleurs ce qu'on développe dans un dernier ouvrage les médias contre la gauche où l'on montre que par exemple l'autoproclamé cercle de la raison aujourd'hui en dépit qu'il reste à nouveau désavoué reste dominant et continu continue pardon d'invisibiliser de disqualifier voire d'ostraciser toute option dissidente ou contestataire Et ça sous l'effet de ce que nous nous appelons un journalisme de classe. Euh donc c'est pourquoi aujourd'hui peut-être encore plus qu'il y a 20 ans et plus que jamais le combat pour la réappropriation démocratique des médias est un combat politique.
Il faut faire de cette question des médias une politique comme nous cessons de le répéter depuis 30 ans. Il ne peut y avoir de transformation écologique, politique, sociale ou économique sans se poser la question de du rapport au médias et de la manière dont ils sont structurés et dont ils structurent le débat public. Je vous remercie.
Merci beaucoup Nils pour ces éléments extrêmement intéressants et assez sidérant. Comme tu le dis euh à juste titre, le combat pour la réappropriation des médias est un combat essentiel. Et en même temps, c'était intéressant de voir dans le cadre de ce référendum que même si on a essayé tenter de museler la voix du peuple finalement dans les urnes au moment du vote, c'est celle qui a c'est une victoire populaire et effectivement ça nous renvoie nous au même débat d'actualité, c'est-à-dire que une forme de musellement de la voix du peuple et en même temps la possibilité de la même manière d'obtenir ces victoires populaires.
Je vais laisser la parole puisqueaprès vous aurez un temps aussi d'échange avec les intervenants, mais directement la parole à Marlè Rosano Grange qui nous offrira son éclairage concernant les moyens justement utilisés par les institutions pour confisquer structurellement la souveraineté populaire puisque nous avons pu le voir notamment avec le TCE en 2005. comment concrètement l'Union européenne continue à à entraver cette souveraineté populaire pour mettre en place finalement son ordre néolibéral ? Bien, bonjour à toutes et à tous et merci merci beaucoup de l'invitation.
Je suis ravie de pouvoir parler donc de ce sujet qui peut être parfois un peu difficile, c'est j'ai fait ma thèse dessus et j'ai aussi militer en fait à l'époque du plan A, plan B sur ces questions. Donc j'espère pouvoir vous apporter un éclairage un éclairage intéressant. Donc ma communication s'intitule Union européenne, pourquoi les classes populaires ne veulent pas en être ?
Donc comme ça ça a été dit en 2005, 55 % des 70 des 70 % de participants au référendum rejettent le traité constitutionnel européen. Et malgré cela, en en 2009 entre en vigueur le traité de Lisbon qui reprend en réalité la majorité des du contenu de ce traité. Et euh bah quelques années après, Jean-Claude Junker, donc président de la Commission européenne euh en 2015, euh confirme en fait cette analyse d'une Union européenne qui est antidémocratique en déclarant il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens.
Donc il y a une une certaine sincérité en fait de sa part euh selon laquelle effectivement euh l'Union européenne n'est pas démocratique. Et donc c'est euh ce que je vais euh essayer de vous montrer. Donc je vais vous montrer euh pourquoi euh l'Union européenne est antidémocratique.
Euh d'abord d'un point de vue de la prise de décision mais aussi d'un point de vue des intérêts écé économiques qu'elle représent. Donc ceux du patronat et ceux du patronat transatlantique. Et dans un second temps euh nous verrons les conséquences de l'Union européenne sur le paysage politique français.
Et surtout un bilan qu'on peut d'ors et déjà retenir, c'est que la gauche proeuropéenne perd sur la question européenne. Et la et ce que je vais essayer de montrer plus globalement, c'est que l'opposition à l'Union européenne peut être un récit structurant, un nouveau bloc historique. Donc bloc historique dans le sens de Gramchi, c'est-à-dire non pas seulement la somme des différentes fractions de classe populaire, mais bien mais bien un récit qui permet d'un justement ces différentes classes populaires et j'ai montré que c'est un bloc historique qui est favorable à la France insoumise et qui fait largement écho à la Nouvelle-Fance de Jean-Luc Mélenfou.
Donc tout d'abord, on va voir un peu la prise de décision et à quel point elle est elle est antidémocratique. Et en partant pour cela du traité de Lisbonne, donc celui qui a remplacé donc le fameux TCE. Donc si on regarde un peu les articles, les articles donc de ce traité, on voit que les compétences exclusives, c'est-à-dire donc les compétences sur lesquelles l'Union européenne est seule amenée à prendre des décisions sont les suivantes : l'Union douanière, la concurrence, la politique monétaire et la politique commerciale parmi d'autres.
Donc des compétences essentiellement économiques qui intéressent les les patronats. À l'inverse, si on regarde quelles sont les compétences que maintiennent les États, qu'ell soi donc seulement à leur à leur disposition ou partagé avec l'Union européenne, il s'agit donc des compétences qui intéressent beaucoup plus les travailleurs et les classes populaires. Donc par exemple la politique sociale, la politique de cohésion, l'agriculture, l'environnement, la protection des consommateurs, les transports et cetera et cetera, c'est-à-dire les services publics.
Et donc, on voit déjà qu'en regardant la répartition des compétences entre l'Union européenne et les États, on voit que l'Union européenne s'adresse directement aux intérêts des patrons. Donc, on l'a mentionné, le commerce, la concurrence et la monnaie surtout. alors que les États eux conservent les politiques sociales.
Et euh ce qui m'amène à dire et là j'emprunte un concept au euh j'emprunte un concept au euh marxiste euh grec Nicos Poulanzas qu'il y a une sélectivité structurelle à la faveur des intérêts du patronat au sein de l'Union européenne qui est largement défavorable aux classes populaires. Et donc cette sélectivité structurelle, elle se maintient par différents mécanismes institutionnels à commencer par la supériorité du droit européen sur le droit national. Ce qui veut dire aujourd'hui que le droit de la concurrence essentiellement donc les privatisations et l'austérité budgétaire tê telle qu'elle est contenue dans la politique monétaire, c'est-à-dire un déficit public inférieur à 3 % du PIB et une dette inférieure à 60 % du PIB ainsi qu'une inflation en dessous de 2 % donc c'est-à-dire l'austérité.
On a donc ces politiques droits de la concurrence et austérité pour le dire vite qui prim sur les politiques sociales et notamment des mesures sociales, donc les services publics qui pourraient se retrouver par exemple dans le programme de la France insoumise. On voit aussi que le Parlement européen est la seule institution qui est élue au suffrage universel direct et c'est une institution qui n'a presque aucun pouvoir ou en tout cas c'est une institution qui n'a pas l'initiative législative. Et enfin donc la Banque centrale européenne qui condense un peu les politiques néolibérales.
Les les politiques néolibérales, elle est indépendante des États. C'estàdire que les États ne peuvent pas lui donner des recommandations. Donc on a cette sélectivité structurelle qui s'incarne à travers les institutions même de l'Europe.
Et la question que je vais poser, c'est comment est-ce qu'on peut expliquer que les intérêts des travailleurs et des classes populaires en général ne se condensent pas dans l'Union européenne ou en tout cas ne sont pas représentés euh dans euh les différentes euh compétences euh de l'Union européenne ? Et donc là, je vais faire je vais faire rappel à un autre penseur marxiste euh après Poulise, donc c'est Léon Trotky. euh qui donc dans son histoire de la de la de la de la Révolution russe et notamment dans dans son introduction parle de développement inégal du capitalisme.
C'est-à-dire que le capitalisme en fait, il est pas homogène mais il est largement hétérogène et donc il crée des temporalités différentes dans les luttes. Et donc là, je vais prendre l'exemple de la crise de 2008 euh pour montrer que finalement il n'y a pas eu de mouvement social européen qui aurait pu être coordonné et qui aurait pu viser directement euh la Commission européenne. Donc on voit que la crise de 2008, elle commence donc à la fin de 2008 euh dans euh en Allemagne, donc dans les pays riches de l'Europe.
Ensuite fin 2009, on observe au contraire une reprise de l'économie allemande et en même temps un effondrement de l'économie des pays de l'Est. Pourquoi ? Parce que les capitaux allemands sont simplement rapatriés en Allemagne.
Donc on a fin 2008, pque de la crise en Allemagne, fin 2009, pic de la crise dans les pays de l'Est et euh et fin 2010, pique de la crise dans les pays du sud. Donc on a on a on a des mouvements sociaux qui ne sont pas donc synchronisés et qui suivent en fait ces différentes temporalités en fonction de l'économie et de la place que l'économie a dans la division européenne du travail. Mais c'est pas que une question de de de synchronicité, c'est aussi une question de subjectivité politique.
Et donc si on regarde en fait euh ce qu'ont donné les différents mouvements sociaux à l'échelle européenne, on voit que dans les pays de l'Est, c'est plutôt une subjectivité à droite. Donc il y a il y a le donc par exemple en Hongrie en 2010, en Pologne en 2015 alors que dans les pays du sud qui donc qui arrive bien plus tard donc en 2015 les subjectivités politiques elles sont beaucoup plus à gauche. On a Siiza en Grèce avant avant la avant la trahison.
On a Podémo en Espagne, on a le on a le bloc en au Portugal. Donc partant de là, on voit que il n'y a pas vraiment de mouvement social européen qui arrivent à se constituer pour viser les institutions européennes étant donné que les mouvements sociaux ne sont pas synchrones et qu'ils ont en plus des subjectivités politiques différentes. Et c'est la raison pour laquelle le fameux projet d'Europe sociale n'a jamais pu aboutir en réalité et c'était déjà le cas dans les années 70.
Euh voilà. Donc on a on a vraiment cette incapacité pour les mouvements sociaux à se traduire dans les institutions européennes. Donc ce qui veut dire que l'Europe est une autoroute pour la bourgeoisie.
Mais la question c'est quel type de bourgeoisie on parle ? À la différence du mouvement social européen, le le patronat a très bien su s'organiser à l'échelle européenne. Il a même été largement sollicité par les institutions européennes.
Et là, je vais prendre l'exemple du plus grand lobby à l'échelle européenne qui s'appelle la table ronde des industriels qui a été fondée en 83, en 1983 par la Commission européenne. Donc c'est les institutions européennes qui qui créent carrément en fait un lobby pour demander des conseils lors de la rédaction donc du traité de l'acte unique européen en 1986 qui est le traité qui a entraîné le basculement de l'Europe dans l'ère néolibérale. Et donc si on regarde en fait cette table ronde des industriels européens aujourd'hui, on voit que non seulement il ne s'agit pas du secteur industriel mais en plus qu'il ne s'agit qu'il ne s'agit pas d'un d'une bourgeoisie européenne.
Et donc dans ce dans ce dans ce lobby où il y a donc de nombreuses entreprises L'Oréal, Total, Inditex et cetera et cetera, on voit que 25 % des investisseurs institutionnels, donc des acteurs financiers en fait qui donnent qui qui donnent de l'argent à à ces à ces entreprises, ces investisseurs, ces investisseurs institutionnels sont États-uniens. Donc qui crée déjà en fait un rapport de dépendance ou en tout cas une certaine intégration de l'industrie européenne dans la finance états-unienne. Mais donc Niikos Pouanas, le le marxiste grec que j'ai cité tout à l'heure, il a un un autre indicateur qui mesure réellement l'intégration transatlantique euh à l'échelle de l'économie.
Donc c'est les investissements directs à l'étranger qui ne cessent d'augmenter depuis déjà les années 50 mais qui s'accélère à partir donc de l'acte unique européen en 86 où on voit donc je vais vous donner un chiffre entre 1982 et 2020 mais on pourrait dire jusqu'à aujourd'hui la part des investissements directs à l'étranger donc États-Unis qui se dirige vers l'Europe elle passe de 44 % à 60 % et donc c'est c cette indic Atur mesure en réalité la solidarité qu'il y a entre les différentes bourgeoisies à la fois européennes et États-Uiennes. Donc ce ce ce ce chiffre est colossal. Donc on a vraiment cette intégration de l'Europe, de l'Union européenne dans le capitalisme États-Unis.
Et donc c'est la raison pour laquelle il y a aussi une solidarité politique, une solidarité politique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis. Donc qui se traduit par évidemment le fait que tout enfin que que de nombreux pays plus enfin la grande majorité des pays de l'Union européenne appartiennent à l'OTAN, mais aussi des positions des positions similaires. Donc là, on l'a vu assez récemment avec le deal qui a été conclu entre Trump et Ursula Vanerleen fin juillet où l'Union européenne accepte les droits de douane.
Ils ils acceptent d'acheter plus d'armes aux États-Unis et plus de gaz. Donc on a vraiment cet alignement et qui se traduit évidemment aussi par un alignement euh sur la position états-unienne, donc de soutien à euh au sionisme. Donc, on a vu que l'Union européenne, elle est elle est antidémocratique parce qu'elle ne représente pas les intérêts des travailleurs et aussi parce que c'est muselé d'un point de vue institutionnel et que l'Union européenne représente à l'inverse les intérêts d'un patronat transatlantique.
Et la question que que je vais poser maintenant, ça va être quelles sont les conséquences de l'Europe sur le paysage politique français ? Si on regarde les enquêtes d'opinion, on voit que la France est le pays le plus eurosceptique avec la Grèce avec 36 36 % seulement de Français qui ont confiance en l'Union européenne. Voilà.
Donc avec la Grèce, je je sais pas si je l'ai dit, donc avec voilà ce qui se comprend tout à fait vu ce qui s'est passé et ces proportions sont bien entendu les plus élevées chez les classes les classes populaires. Et donc un très bon indicateur, c'est évidemment le rejet du référendum en 2005 et et et Marinette a commencé à dire que c'était 80 % des ouvriers qui avaient rejeté le traité constitutionnel européen. Donc et il n'y a pas que les ouvriers, il y a aussi plus de 65 % des employés qui le rejettent, plus de 55 environ 55 % des professions intermédiaires.
Chez les agriculteurs, on est à presque 60 % et chez les chômeurs, on est à plus de 70 %. Donc là, il y a clairement un clivage un clivage de classe euh qui a qui a été qui a été dit euh tout à l'heure. Et quand on regarde toujours les enquêtes d'opinion, on peut se demander en fait quelles sont les raisons de cette de cet euroscepticisme.
Et les enquêtés mentionnent par exemple le rejet du libéralisme, de la concurrence, de la mondialisation. Donc on a à 60 % les Français n'ont pas confiance dans les institutions européennes parce qu'en fait ils font l'équivalent avec la mondialisation. Et à l'inverse, les sondages européens montrent que les questions d'immigration, d'insécurité et de terrorisme qui sont des questions évidemment portées par la droite et par l'extrême droite, elles arrivent en dernière position parmi les préoccupations des classes populaires au sein de l'Union européenne.
Et on peut se demander maintenant comment est-ce que ces ces sondages d'opinion se traduisent dans les urnes. On voit que les classes populaires lorsqu'elles votent, parce que des fois bien sûr elles s'abstiennent, le fameux 4e bloc, lorsqu'elle vote, elle vote pour des partis eurosceptiques. Donc la France est un des pays où les les les où ces citoyens votent le plus pour des parties eurosceptique.
Donc là donc là j'ai des chiffres qui sont un peu datés mais entre 2013 et 2018 on est entre 27 et 35 %. C'est-à-dire que les que les que les classes populaires donc qui sont donc les les plus eurosceptiques, elles ne votent pas pour la gauche proe européenne et d'ailleurs la gauche proe européenne c'est largement fracturé sur la question de l'Europe. Et là je vais prendre un exemple un peu daté mais qui a qui à mon sens est assez assez significatif.
Donc lors lors lors des élections donc post Mastrich ou par exemple en France il a eu ce ce mouvement social en 1995 où la figure de Jospin a pu émerger avec même à l'époque Dominique Stroska donc son ministre de l'économie ce ministre de l'économie on a en même temps on est en Allemagne il y a Schroder aussi donc du SPD qui gagne les élections un peu au même moment avec son ministre de l'économie aussi la Fontaine. qu'ensemble Jospin et Schroder avec d'autres mettent en avant le retour de l'Europe sociale. Et évidemment comme on comme on a pu le montrer avec des luttes qui ne sont pas synchronisées et qui ont du mal en fait à toucher à toucher les institutions européennes en dehors d'un mouvement social, ce projet échoue encore une fois aussi.
Pourquoi ? parce qu'en fait on est la veille, on est à la veille de l'entrée en vigueur de l'euro et en fait c'estes partis donc le parti socialiste et le SPD pour l'Allemagne se plie largement au dictat de Bruxelles et mettent en place les réformes. Et qu'est-ce qui se passe ?
En fait, ils perdent les élections après. Donc, on est on est on est en 2002 Jos Pimpère face à Chiraak et pour Schroder, il ne perd pas directement les élections. Donc en en 2002, il gagne de justesse mais la CDO remonte mais surtout il perd en 2005 après avoir mis en place les réformes arts justement qui visent à attirer encore plus de capitaux dans le cadre dans le cadre de l'Union européenne.
Donc on voit que que la gauche quand elle est proe européenne, elle se fracture sur cette question et parce que pourquoi ? Parce qu'elle perd sa base populaire. Donc les classes populaires lorsqu'elles votent, comme je l'ai dit tout à l'heure, elles votent pour des partis eurosceptiques.
Donc il y a il y a une recomposition en réalité du du paysage politique, non plus sur un axe gauche droite mais sur un axe pro ou antiUnion Union européenne. Et les partis qui représentent la critique la critique de l'Europe, bah aujourd'hui qui est-ce qu'on a ? on a la France insoumise bien sûr et le Rassemblement national avec des positions assez ambigues.
Et si on regarde lors des dernières élections européennes, la spécificité de la France dans le paysage dans le paysage européen, c'est que Macron a Macron et et les Républicains donc qui qui concentrent en fait cette force de droite proe européenne ont perdu lors de ces élections à la faveur de qui ? À la faveur du RN. Sauf qu'en fait, ce n'est pas les classes populaires qui se sont reportées.
Donc, il y a pas eu de transfert de voie du côté des classes populaires vis-à-vis d'ERN, mais c'est pour le coup l'électorat bourgeois, l'électorat pro-européen qui a considéré que le bloc bacroniste était pas assez stable et qu'en fait qui et qui s'est reporté sur euh sur l'extrême droite. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que aujourd'hui l'extrême droite est un parti donc enfin le RN est un parti transclasse parce qu'il attire aussi la bourgeoisie transatlantique proeuropéenne.
Mais ça veut dire aussi que comme les autres, il est possible que le RN se fracture sur la question de l'Europe euh ou alors que s'il ne se fracture pas, il mettra en avant toujours plus la distinction raciale, toujours plus de racisme et cetera. Et donc c'est la raison pour laquelle il me semble important que la France insoumise lui conteste sa base populaire sur une opposition donc à partir à partir d'un d'un récit d'opposition à l'Europe qui est donc fidèle au plan A plan B de l'époque et également sur la base d'un discours évidemment antiraciste tel qu'il est représenté aujourd'hui dans la Nouvelle-Fance. [Applaudissements] Et donc en conclusion donc j'ai une bonne conclusion.
OK. Ben c'est c'est c'est un peu c'est je vais je en conclusion, bah on a vu que l'Union européenne représentait majoritairement la bourgeoisie transatlantique et qu'elle ne compensait pas les intérêts des classes populaires. On a vu aussi que la gauche a perdu sa base populaire sur la question européenne car toute mesure sociale est incompatible avec les traités européens.
On a vu aussi aux dernières élections européennes que la bourgeoisie transatlantique a choisi l'extrême droite pour sauvegarder ses intérêts européens et que par conséquent il est possible qu'elle perde sa base populaire face à la France insoumise sur cette question. Et voilà pour pour finir, il me semble il me semble important de dire que l'opposition à l'Union européenne et donc à cette bourgeoisie transatlantique peut la condition d'un nouveau bloc historique donc dans le sens dans le sens de Gramchi qui permet donc d'unir les différentes classes populaires donc celles qui se sont opposées notamment au traités constitutionnel européen donc les ouvriers les employés les les le salarié intermédiaire les petites PME victimes de la mondialisation les agriculteurs et cetera et cetera, mais aussi les noms blancs qui subisent l'impérialisme des États-Unis et le racisme de l'extrême droite et de la droite. Je vous remercie.
Merci. Merci beaucoup Marlè, c'était extrêmement important et intéressant ta démonstration implacable sur ce que l'Union européenne est euh en en ce qu'elle est antidémocratique et en ce qu'elle ne représente pas les revendications populaires. Ce que je vous propose, c'est qu'on passe directement aux questions commentaires.
Je cherche Est-ce que Pauline est dans le coin ou pas ? Ah d'accord, je cherchais pour le micro. Merci.
Donc on va prendre quelques plusieurs questions et après je laisserai la parole aux deux intervenants pour vous répondre. Merci. Là il y avait il fonctionne normalement là là-bas.
Merci pour votre intervention. Euh c'est très très intéressant. Alors, j'ai eu l'occasion lors d'une autre conférence sur le sujet de voir Anne Cécile Robert parler du sujet et donc elle parlait du fait que la méthode de l'engrelage avec tous les traités européens ça empêchait de revenir en arrière sur les traités en question alors que la France insoumise enfin on propose notamment de revenir sur les traités européens de réformer les traités européens.
Euh qu'est-ce que vous en pensez de de ça ? Bonsoir. Merci beaucoup et merci d'avoir osé aborder frontalement un sujet qui est parfois malheureusement un peu trop tabou y compris euh jusqu'au dans des sphères de gauche critique.
Enfin moi je dirais de de gauche tout court parce que tout le reste ce sont des des droits honteuses. On parlait du MPS tout à l'heure. Euh moi j'ai une question justement sur la question du plan A et du plan B.
Euh je pense que la formule est intéressante puisque elle fait un pari stratégique, là on parle de stratégie politique qui est assez intéressant qui consiste à dire de toute façon nous allons appliquer notre programme si on arrive par euh ce qui pour moi relèverait d'une forme de magie quand on connaît bien la machine européenne à faire bouger à plusieurs pays tout de suite un certain nombre de choses dont acte on prend et autrement on prépare de toute façon autre chose pour rompre et refonder comme on disait à l'époque du fron de gauche. Moi ma question, elle est assez elle est assez concrète, elle sera peut-être un peu technique, je vais la faire simple et courte. dans les premières semaines quand on aura gagné l'élection présidentielle parce qu'on va être optimiste dans notre propos. euh il va falloir prendre un certain nombre de décrets et notamment il va falloir poser la question euh peut-être par voie effendaire tout de suite sur remettre en cause l'article 14 de la Constitution qui est de dire que le droit européen, vous l'avez dit un petit peu, prime sur euh le droit le droit communaut le droit euh national puisque'autrement tous les décrets qui seront pris par un gouvernement d'union populaire seront non pas contestés tant par l'Europe. les amendes, on les paye pas, c'est pas grave, mais par des tribunaux administratifs français.
Et là, on risque en interne au sein même de la République française d'être remis en cause dans notre politique de rupture. Voilà, c'était pour une question et par ailleurs, je vous remercie encore à double titre parce qu'en tant qu'universitaire, je sais qu'il est très dur de travailler sur ces sujets et d'oser les aborder dans une perspective de gauche critique. Voilà, merci beaucoup.
Oui, moi j'aurais une peut-être plutôt une enfin une remarque ou des des témoignages ou des souvenirs du point de vue des médiatiques et du point de vue des arguments qui ont été développés. Euh en fait, alors c'est des souvenirs un peu un peu un peu brouillons, mais j'avais j'avais changé d'avis. Moi j'étais au départ pour le traité constitutionnel parce que j'étais chez les verts et les verts ils étaient pour le traité constitutionnel et puis j'avais été convaincu par les arguments de Mélenchon et que j'avais découvert à ce moment-là et c'était des arguments de raison.
Et alors que tout à l'heure monsieur a parlé de de on les éditorialistes admettent toujours le peuple dans l'émotion et nous dans la raison. Mais en fait ce qu' ce qu'avait dit à l'époque Mélenchos, il avait pointé le fait que on tous les arguments portaient toujours sur la première partie. Alors, je sais plus, c'était euh il y avait trois parties au traité constitutionnel et tout, je c'est approximatif, hein, tout portait sur la première partie qui était des grandes déclarations d'intention et cetera et que quand on allait dans le corps euh du autres parties, on voyait que tout ce qui était tous les mécanismes qui étaient mis en place contredisaient en réalité les intentions qui étaient des intentions morales en fait.
Et tous les arguments étaient des des arguments moraux ou bien politique à la à la hache du type si vous votez contre le traité constitutionnel, vous votez comme le Front National. Enfin, c'était on s'engueulait avec les gens autour de nous à propos de ça. Et mais et dernière chose, à l'époque, il y avait alors il y avait une une intelligence, comment dire, un peu critique qui s'était mise en place et il y avait notamment pour ce que je connais des des de la linguistique informatique qui avait mis en place un un outil pour interroger dans le corps du texte le par exemple le nombre de fois s'il y avait sécurité sociale, s'il y avait concurrence libre et non faussée, enfin, on pouvait aller enfin voir le contexte et quantifier et je suppose qu'il y a eu d'autres outils qui sont qui ont été développés.
Et donc j'en tire comme enseignement pour maintenant que il faut euh bah par exemple par rapport au 10 septembre ou par rapport à d'autres des tas de choses, il faut se développer nous-même. Surtout que euh bon, il y a plein d'universitaires et cetera, mais il y a pas besoin d'être universitaire pour ça. développer des outils critiques euh mais pas complotistes mais critiques vraiment basé sur du du raisonnement enfin et des et des observations.
Oui, bonjour. Euh alors, je j'avais deux questions. Euh déjà, je me demandais comment est-ce qu'on peut essayer de changer les médias euh de de leur redonner une liberté sans se faire accuser de vouloir les contrôler. et peut-être aussi au niveau des des de la préparation des des européennes.
Est-ce qu'on arrivera à sortir de cette logique de de l'affrontement entre deux parties, un qui serait le champion autodéclaré des eurosceptiques et l'autre parce que je pense que ça fausse beaucoup les résultats. fait gonfler à la fois le RN et les macronistes puisque souvent c'est les instituts de sondage les déclarent comme les champions de l'Union européenne et de l'euroscepticisme et voilà je pense que stratégiquement il y a il y a un problème à ce niveau-là. Merci.
On va peut-être faire laisser les intervenants répondre mais on vous fait un deuxième il y a on a 30 minutes donc on a le temps de faire un deuxième tour de questions après. Ouais. Euh pour ma part, moi je me contentai que à l'aspect média.
Acè, c'est notre objet. Donc je répondrai que sur cette partie-là. Euh enfin oui, effectivement, on a évoqué le encore une fois he cette logique euh comment les les on va dire les les médias dominants et en tout cas le ce que j'ai appelé les leur représentants les plus influents en fait ont opposé ce que ce qu'il ce qu'ils prétendent être leur raison face aux passions du peuple.
Cette raison étant en gros ce que j'ai pas mentionné tout à l'heure le fait que il n'admettent absolument pas toute autre option qui soit en dehors de d'une alternance entre un libéralisme prétendu social ou un socialisme honteusement libéral en dehors de ce périmètre. Point de salut. C'est c'est en ce sens-là que voilà, je décrivais leur prétendue raison qui s'oppose aux passions du peuple qui seraiit donc et et contestataire notamment sur la question de comment changer les médias.
Ça donnerait l'objet d'une conférence ou voire même d'une journée d'étude en tant que telle. Euh je je je vais donc devoir résumer très rapidement. Je vous je me permets quand même de vous renvoyer à notre site euh donc wwwmacrimed.org sur lequel nous avons un onglet euh justement où nous faisons une série de propositions euh qui sont pour partie je crois ont inspiré aussi certains éléments du programme euh de la France insoumise aussi euh mais pas que.
Et donc il y a a y a il y a plusieurs pistes hein. Votre question portée sur comment changer les médias en leur donnant de la liberté sans les contrôler. Euh alors, il y a énormément de chantiers et qui sont des chantiers assez colossaux et qui sont assez interdépendants les uns des autres.
Euh toujours est-il que on peut en citer euh quelques-uns, j'ai commencé par le fait que euh de dire que AKM s'emploie depuis euh 30 ans maintenant à dénoncer la concentration et la financiarisation. Le premier des chantiers, c'est effectivement peut-être euh de questionner cette concentration euh et ça euh ben il s'agit pas forcément d'aller chercher bien loin. dans la législation française au sortir de la de la libération au sortir de la seconde guerre mondiale au moment de la libération on avait un cadre législatif assez strict qui était celui du du proposé par les camarades du Conseil national de la Résistance et qui proposait justement de limiter le fait que pour un média on est un actionnaire et enfin ou plutôt que un actionnaire ne détienne qu'un média et et que un actionnaire majoritaire ne puisse pas détenir une pamilité de médias comme c'est le cas aujourd'hui hein avec notamment un un un grand industriel breton de de sinistre mémoire dont dont vous voyez bien que je n'ai pas besoin de le nommer qui aujourd'hui grâce au fait qu'il bénéficie à la fois de médias de presse écrit de médias radio et de médias télévisés et bien cette nébuleuse de médias peut se permettre en instrumentalisant par exemple des faits divers une idéologie purement xénophobe en en lançant une polémique sur un des médias. le second va la commenter et le troisème va interpeller les politiques.
Et ça a pour effet aujourd'hui que l'ensemble du champ médiatique se sent obligé de commenter le les polémiques lancées par euh par le système Bolloré notamment. Mais Bolloré, c'est l'arbre qui cache la forêt. On c'est pas parce qu'on se on on en finira avec Boloré que on en aura fini avec le problème démocratique de la concentration.
Il faut retrouver un cadre de régulation encore une fois. Et donc, j'ai dit un un un actionnaire immédiat, mais aussi par exemple empêcher que ce même actionnaire ait des intérêts économique euh dans d'autres secteurs. Je pense notamment à un autre grand groupe de presse qui fait par exemple soit de la téléphonie mobile ou de l'accès internet ou de la construction publique dont dont l'économie dépend de l'attribution de marché public et qui possède la plus grande chaîne enfin la chaîne qui a la plus grande part de marché en Europe, j'ai nommé TF1.
Et donc c'est un un énorme levier d'influence hein justement pour ensuite euh auprès du politique justement peut-être pour obtenir justement des avantages économique notamment sur des des marchés publics. La question de la concentration s'en est un mais il y en a plein d'autres. Euh il y a la question de de du contrôle effectivement aussi de de ce qui se publie, ce qui se dit.
Euh la question de la déontologie, euh la question euh du respect des conditions euh de travail, hein, puisque je vous rappelle que le journalisme théoriquement est un est un rapport salarial, mais qui est un rapport salarial qui se précarise justement sous l'effet de la financiarisation. Euh et donc euh pourquoi ne pas réfléchir justement par rapport aussi à l'attribution des fréquences et tout ça à supplanter comme nous le proposons l'actuel ARCOM par un véritable Conseil national des médias qui inclurait notamment une représentation non pas des patrons de presse mais des salariés journalistes qui sont eux-mêmes assez précaires et aussi des usagers et des usagères des médias que nous sommes peu ou prou. Il y a la question aussi de pourquoi pas donner un véritable statut juridique aux rédactions et donc par par la même garantir leur leur véritable indépendance et ne pas permettre ainsi que quand un actionnaire majoritaire arrive et qu'il impose par sa décision le changement d'un directeur de publication comme ça a été le cas au journal du dimanche encore une fois avec Boloré qui a imposé l'ancien directeur de valeur actuelle et ben ça ça prve l'autonomie intellectuelle enfin ça ça prime les journalistes de du contrôle de leur de leur outil de production C'est la question aussi par exemple du droit d'agrément aussi encore une fois justement de la possibilité des journalistes de dire s'ils acceptent justement ce ce nouveau directeur éditorial ou pas, voir du droit de révocation. on en parle très peu.
On avait eu c c ces chantiersl avaient été plus ou moins évoqués lors des états généraux de de l'information lancé par l'exécutif et encore plus par un effort dans lequel nous nous sommes engagés au côté de beaucoup de médias indépendants et de syndicats journalistes qui sont les états de la géné les états généraux pour la presse indépendante. Et donc je vous je vous en plus des propositions d'acrimètes, je vous invite à découvrir les 59 propositions qui ont été formulées à ce à ce moment-là hein et dont l'exécutif ne s'est absolument pas saisi. Et enfin pour l'affaire courte, hein, parce qu' il y en aurait plein d'autres à évoquer en matière de mesure, mais ça serait aussi pourquoi pas interroger le financement des médias qui aujourd'hui notamment dans les médias privés à vocation lucrative repose énormément sur sur la publicité.
Je pense à tout à l'heure la conférence précédente où Siton justement évoquait la la très faible taxe he sur la publicité alors qu'on pourrait justement augmenter le niveau de cette taxe et pourquoi pas réserver à un certain montant issu de cette taxe, voir par exemple réformer les aides à la presse aussi et les flécher plutôt vers des médias indépendants, ce que nous nous appelons des médias du tiers secteur. Donc le chantier est très très vaste. Encore une fois, un chantier ne va pas sans l'autre, mais voilà, le temps va me manquer pour véritablement développer sur d'autant que c'est un chantier qui a parfois est non seulement très technique mais juridique aussi hein.
Et si jamais une force progressiste ou sociale ou non populaire arrivait au pouvoir, évidemment, ce sont encore une fois, je le répète, on ne pourra pas faire sans se poser la question de ce rapport aux médias et il faut évidemment le faire hein puisque je pense notamment à ce que disait Frédéric Lordon. Parmi les deux plus grands ennemis face à une union populaire qui arrive au gouvernement, vous aurez les marchés financiers et vous aurez en face les médias. [Applaudissements] Euh du coup, je vais juste répondre sur la question de la réforme des traités qui a été une enfin une plusieurs interventions qui ont été un peu qui ont un peu su poser cette question.
Bah en réalité pour réformer les traités européens d'un point de vue du droit, il faut l'unanimité. Et si on pense à ce que j'ai évoqué sur l'absence de synchronicité des mouvements sociaux et des partis de gauche à l'échelle européenne, il faudrait qu'on ait 27 mélanchons élus au même moment qui veuilleent réformer le les les traités, ce que moi je considérais être une conjoncture politique extraordinaire mais je pense que malheureusement on en est pas là. Et euh euh si on si on si on repense au projets d'Europe sociale qui ont été mis avant mis en avant dans les dans les années 70 puisque c'est déjà la question de don on réforme les traités, on veut des services publics à l'échelle européenne, on veut des mesures sociales, on veut une politique industrielle redistributive et cetera et cetera.
La question de la synchronicité politique s'était posée. Donc on a Willy Brant donc du SPD qui gagne en 69, Harold Wilson du Labor en 74 et Mitteran en 81. Donc on voit vraiment c'est ce ce décalage temporel euh des prises de position euh de la gauche alors que c'était en réalité le moment dans les dans les années 70 où le rapport de force nous a jamais été aussi favorable et le moment où on aurait pu espérer justement euh une une réforme euh de l'Europe avec une véritable politique sociale mais néanmoins en fait d'un point de vue purement matériel et purement politique, ce n'est ce n'est ce ce cela ne s'est jamais présenté.
Euh voilà et juste juste dire un un petit mot quand même sur plan A, plan B euh et sur éventuellement euh euh si euh si le voilà, on fait on fait on on on met en application le programme et si en fait euh les les institutions européennes ne nous suivent pas, si on ne peut pas imposer un rapport de force auprès des autres États, dans ces cas-là, on sort. à l'époque, c'était ça, il me semble. Euh et et je pense que je pense que cette position, il faut pas du tout la penser comme un retour au nationalisme de droite et cetera parce que si on si on regarde un peu les positions de la France insoumise, on voit qu'aujourd'hui on est on est on est sur une lutte antiraciste très forte, une lutte contre l'islamophobie, des politiques quand même d'accueil d'accueil des migrants et aussi tout ce qui est le tout ce qui est la politique étrangère, la solidarité avec la Palestine, avec la Kadekie et cetera.
Donc qui sont des positions qui sont pas du tout de droite en réalité. Donc euh on peut on pourrait on pourrait imaginer une rupture on pourrait imaginer une rupture avec les traités européens mais une rupture de gauche justement qui permett de de lutter contre l'extrême droite, contre le racisme et euh et aussi bah c'est un peu ce que je défendais de de former un nouveau bloc historique euh des des différentes classes populaires. Merci effectivement et c'est je pense qu'on l'a bien rappelé aussi au moment de la de la campagne européenne.
Il y a les choses avec lesquelles nous sommes d'accord et les choses avec lesquelles nous ne le som. Et je pensais notamment, moi je me suis engagé à la France insoumise au moment où j'étais encore à la CGT construction où je menais la bataille sur le travail détaché. le travail détaché qui était justement quelque chose qui est inscrit au cœur de l'Union européenne pour remettre en concurrence les travailleurs entre eux pour exploiter les travailleurs au niveau de l'Union européenne puisque c'est vraiment un système d'exploitation et de discrimination des travailleurs.
Et bien ce qu'on disait bien il y a des choses qu'on appliquera pas. Alors est-ce qu'on le fait de manière concertée ? C'est-à-dire est-ce que tout le monde est d'accord avec le fait qu'on ne l'applique pas ?
Si tout le monde est d'accord bah très bien on ne l'applique plus. Si euh tout le monde n'est pas d'accord et bien dans ce cas on ne la pique plus nous en France et c'était notamment par exemple ben le travail détaché de dire nous on prône l'abrogation de la directive travail détaché si vous voulez tant mieux si vous voulez pas et bien en France nous n'appliquerons pas pour garantir l'égalité des droits entre les travailleurs. Donc c'est vraiment et là je vous donne cet exemple là parce que moi ça a été la un des motifs en tout cas de mon engagement en 2019 et et c'est de cette manière-là en tout cas que nous allons affronter les différentes problématiques que nous pouvons avoir avec l'Union européenne en prenant le pouvoir.
Je pense pour le coup parce que effectivement vous savez à chaque fois on nous rétorque que si nous n'appliquons pas telle ou telle directive européenne nous nous aurons alors des sanctions conséquentes. Manon le mentionnait beaucoup au moment de l'élection européenne. En fait, dans les faits, les sanctions, ils nous en mettront pas. on n'ura pas de sanction euh par rapport au fait de contrevenir aux règles européennes tout simplement parce que nous sommes la 2e puissance économique européenne.
Et donc derrière et bien si vous voulez sanctionner la 2e puissance économique européenne, je pense que euh vous rentrez dans une difficulté euh structurelle au niveau européen. Donc on a un poids au sein de cette Union européenne et donc nous pouvons aussi imposer un certain nombre de choses. C'est de ça en tout cas que nous avons parlé au moment de de l'élection européenne.
Mais c'est clair en tout cas que la bataille est importante. C'est pour ça que dans le discours hier de de Jean-Luc Mélenchon, il mentionnait dès la rentrée, nous allons aussi déposer une motion de censure et ça c'est nouveau, on avait pas encore la dernière mandature, mais une motion de censure contre la commission du Vanerle puisque effectivement depuis alors la difficulté qu'on a par rapport à à l'Assemblée nationale, c'est qu'il nous faut 72 signatures et nous sommes malheureusement que 48. Donc nous allons devoir aller chercher vers les verts et les socialistes pour essayer d'avoir les 72 signatures nous permettant de déposer cette motion censure et faire tomber la commission d'ursula Vanderleyenne.
Mais en tout cas, vous voyez que nous sommes sur les sur tous les fronts au niveau de cette Union européenne telle qu'elle est aujourd'hui parce que vous avez élu bah des député qui siège effectivement dans le seul parlement du monde qui n'a pas l'initiative législative certes, mais qui sont des combattants et qui des lanceurs d'alerte. Mais effectivement les choses changeront quand nous nous prendrons le pouvoir. D'abord en France, nous le savons, mais en tout cas, nous menons aussi les combats au Parlement européen en attendant de prendre le pouvoir en France en 2027. et je vous laisse parce qu'il y avait plusieurs autres questions pour laisser le temps encore aux réponses.
Oui, bonjour, merci pour vos interventions. Moi, c'était une petite réflexion par rapport à la manière dont Marline a chuté dans son intervention sur la question de la mobilisation contre les institutions de l'Union européenne, contre l'Union européenne et quelle forme ça pouvait prendre en vous écoutant et tu évoqué Vlon Marina là à l'instant qui est quand même celle qui a signé en 3 jours les 800 milliards pour Trump he donc notre argent qui va financer notamment les armes et l'économie d'armement. Je pense qu'il y a aujourd'hui euh une bagarre en tout cas commune qui se profile pour les peuples d'Europe, c'est celle contre leur gouvernement qui sont justement des gouvernements euh qui euh déversent des milliards pour la guerre notamment en Ukraine. des gouvernements qui soutiennent le génocide à Gazain et qui livent des armes au gouvernement complice enfin au gouvernement Netaniaou au gouvernement qui sont en train de mettre en place les budgets type Bairou budget d'austérité budget de guerre pour justement trouver les milliards donc en sucrant les services publics et tout l'argent évidemment dont on aurait besoin. les gouvernements qui organisent aussi la clandestinité de centaines de milliers de femmes et d'hommes qui arrivent sur le continent européen pour fuir la guerre dans leur pays et qui sont traités comme des sous-êtres humains et mis au banc de la société et je pense que c'est aujourd'hui les populations en Europe ne veulent pas de ça, ne veulent pas de la guerre, ne veulent pas de de ces conditions de vie là et on voit bien qu'en Europe s'organise des mouvements de rupture politiques, la France insoumise évidemment, mais également d'autres.
Moi, je suis signataire avec d'autres d'un appel européen qui appelle à un meeting contre la guerre le 5 octobre et qui propose de rassembler euh des forces politiques justement qui s'engagent aujourd'hui contre leur gouvernement et contre la guerre. Euh je pense à Podemos, je pense au euh au PTB là, il y a Marc Botenga était là aujourd'hui. Euh je pense au euh aux militants anglais autour de Jérémy Corbin, de Zara Sultana, de Stop the War euh et bien d'autres et tous ces gens-là bah voilà proposent de de matérialiser cette ce combat politique et je pense qu'aujourd'hui euh c'est peut-être une des formes qu'il peut en tout cas prendre dans les prochains mois.
Voilà. Merci. [Applaudissements] Merci.
Euh alors moi je voulais revenir sur sur la question de qui qui est posée par cette conférence. Quel bilan pour cette victoire populaire donc de 2005 ? D'abord, j'ai une petite question quand même.
Euh normalement les journalistes en tout cas les les différents euh médias en Europe sont censés respecter la charte de Munich. Mais je me demande si il a un jour existé un une période après 71 où euh les signataires de la charte de Munique ont été euh euh comptables de euh leur de leurs actions, à savoir que les médias français, par exemple, pour rester en France sont aujourd'hui détenus par un grand nombre de milliardaires, peuvent dans leur page et ses édifiants, la démonstration que vous avez faite au début, peuvent par exemple prendre position assez clairement pour pour ben par exemple là le le oui au référendum européen et ne jamais être comptable en fait des positions qu'il peuvent prendre. Donc un jour quand même, il faudrait que politiquement se pose la question de ça, de comment des les médias qui qui ont qui qui se sont engagés via la charte de Munique peuvent y contrevenir si facilement et ne jamais en fait être comptable devant personne, ni devant les citoyens, devant personne.
Ça c'est juste une petite remarque. Sinon, de ce qu'on peut dire, donc le le bilan à tirer, c'est que finalement il y a quand même quelques réjouissances, à savoir que malgré le rouleau compresseur médiatique qui a pu s'abattre sur les partisans du nom à au référendum sur la Constitution européenne, finalement, ben le oui enfin le le le le non pardon l'a emporté. Donc ça peut permettre de tirer les enseignements pour aujourd'hui à savoir que sur la France insoumise par exemple, on est face à une grande diversité dans les médias et que peut-être que paradoxalement ça peut nous servir pour les prochaines échéances.
Voilà, je je dis comme ça. Et sinon, concernant là les les le bilan politique, ben vous avez donc bien évoquer que ça a été un moment également de clarification à gauche parce qu'on parle du coup de de de rupture à gauche qu'en gros la question européenne que ce soit à droite ou à gauche et ben une question qui peut créer de du de la conflictualité de la rupture, ben finalement ça a permis peut-être à ce moment-là d'une certaine clarification sur ben deux gauches quelque part en tout cas ce qui nous concerne et qu'aujourd'hui le divorce est consommé et que ben une gauche de rupture a pu émerger finalement et que peut-être les le bilan de ce référendum c'est que ben aujourd'hui une force de gauche de rupture est peut-être en passe de l'emporter quoi. Voilà.
Oui. Merci beaucoup pour votre intervention. Euh juste une question, c'est vrai que bon le la question du nom en 2005, moi elle me touche beaucoup puisque c'est le la première fois que j'ai voté et donc j'ai voté non et donc on s'est bah on a quand même perdu du coup puisque on est aujourd'hui on a dans la constitution mais du coup la question de la sortie de l'Union européenne plan A plan B j'ai pas quand même l'impression que ce soit très clair pour moi.
Il me semble qu'on est bien confiant en imaginant qu'on aura pas de sanction. Moi, je pense que si on met en place le programme dans le cadre de l'Union européenne aujourd'hui, on aura vend debout toute la ben le la gouvernance européenne et puis toutes les instances financières et cetera. Si on tire un peu les leçons du Brexit, il me semble que ça s'est pas non plus très bien passé pour eux.
Enfin, leur bilan est quand même le bilan est mitigé. Est-ce que nous on a un autre point en fait qui peut pour moi être assez important, c'est qu'on est dans l'euro. Eux n'avait pas l'euro.
Donc est-ce que moi je pense que la sortie de l'Union européenne, elle va sans doute être nécessaire, mais je pense que faut pas se voiler la face, ça va pas être une partie de plaisir et ça risque d'être très très compliqué pour beaucoup de monde. Donc moi, j'aimerais bien avoir des un programme vraiment très très clair sur ça aussi. Comment on va faire pour proposer une monnaie alternative ?
Comment on va faire pour revenir en fait en arrière sur tout ça ? Et voilà, je sais pas si c'est très clair au niveau du programme pour pour moi. En tout cas, ça allait pas trop.
Voilà. Poser une question. On a plus de 5 minutes, c'est juste pour laisser échapper rebondir.
Ouais, si tu veux. Euh oui, sur le rement de l'Europe, effectivement, je pense que c'est extrêmement c'est extrêmement important ce qui est en train de se passer aujourd'hui à l'échelle de l'Union européenne. Et ce qui est intéressant, c'est si on regarde en fait comment est-ce que l'Union européenne, elle a été présentée d'un point de vue des grands médias et aussi des partis proeuropéens historiquement, donc l'Europe à la base c'était la prospérité.
Bon, ensuite, il y a eu la crise de 2008 et donc c'était un peu difficile de dire que l'Europe c'est la prospérité. Du coup, du coup le discours qu'il a remplacé c'était bah l'Europe c'est l'absence de guerre. Aujourd'hui, on on est on est aujourd'hui, on est en plein en plein en plein dans le rement.
Mais ce qui est tout ce qui est tout à fait un mythe parce que on sait très bien que l'Europe elle s'est construite dans la guerre. Elle s'est construite dans la guerre froide, elle s'est construite avec les États-Unis dans l'OTAN, ils sont intervenus au Kosovo. Euh euh même en Irak, la France, elle est elle est elle est pas intervenue au début et puis elle est intervenue 4 mois après en ratifiant la mission au conseil de sécurité euh de l'OTAN qui devait être en charge donc de la de la une sorte de mission de de de pacification en Irak.
Et donc la euh l'Europe depuis le début, ça a toujours été la guerre. Mais disons que aujourd'hui euh aujourd'hui on est on est on est en plein dedans. Et euh c'est aussi intéressant de voir comment est-ce que les médias présentent le rarement de l'Europe.
C'est-à-dire comme euh enfin je je je lisais la presse et donc tous les grands titres c'était un électrochoc. On a on a en fait une Europe indépendante des États-Unis qui va faire contrepouvoir aux États-Unis. Alors qu'en fait dès le début, il me semble que Jean-Luc Mélenchon avait avait avait déjà dit que c'est que que le rarement de de l'Europe euh consistait essentiellement à acheter plus d'armes aux États-Unis dans la mesure où il y a encore une fois toujours cette intégration transatlantique qui est très très forte avec un alignement politique très fort de de l'Europe sur les États-Unis.
Donc espérer que l'Europe c'est la paix. Bah à partir du moment où ils sont alignés sur les États-Unis déjà on a on a quand même un petit souci. Voilà.
J'imagine qu'il va falloir que je fasse rapide aussi. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la la charte de Munique he qui est une charte qui qui est non contraignante qui renvoie à la déontologie. Effectivement, il y a des aspects qui invitent les journalistes à ne pas faire la confusion entre le journalisme et la communication voir la propagande.
Je crois que là, l'exposé de de ce qui s'est passé en 2005 démontre que malheureusement effectivement elle est absolument pas respectée. La charte précise aussi que théoriquement les actionnaires, les responsables de d'édition sont censés ne pas faire pression. Euh et là sur sur les journalistes même et là ça renvoie aussi bah justement à tous les liens et peut-être la distinction qu'il faudrait peut-être que j'introduise aussi sur le fait que notre critique des médias n'est pas euh une critique antijournaliste, elle est une critique avant tout de l'influence de ce que nous nous appelons l'éditocratie, c'est-à-dire une les élites médiatiques euh responsables de de d'édition, responsable de rédaction et les actionnaires et les les éditorialistes qui effectivement exercent une influence très forte, y compris une influence idéologique. sur toute une euh, j'allais dire une euh toute une armée de de une armée de journalistes précaire.
En fait, le journalisme est un rapport salarial qui se précarise et encore une fois, il y a de moins enfin, les journalistes ont de moins en moins les de bonnes conditions de faire leur travail et ils perdent aussi de plus en plus l'autonomie intellectuelle sur leur travail où parfois les papiers ou les reportages sont réécrits ensuite par la direction pour se conformer à la ligatoriale dictée par ou en tout cas guidé par l'actionnaire. Euh c'est rappeler aussi peut-être que le journalisme n'est pas une profession réglementée, à la différence d'autres où il y a un conseil un conseil professionnel, un conseil de l'ordre qui effectivement pourrait avoir un pouvoir de sanction. Donc tout cela renvoie encore une fois à la question de la régulation.
Est-ce que un organe de régulation comme l'ARCOM ou le Conseil national des médias auquel nous nous aspirons devrait s'investir de déontologie ? C'est beaucoup plus compliqué que ça en fait. Il faudrait que ça la réaction vienne de la profession elle-même.
Or, je vous renvoie aussi à à tout plein de manquements au-delà de la déontologie, au-delà de l'aspect propagandisme et même de la publication de fausses informations, de bidonnage. Euh rappelez-vous Patrick Pavour d'Arvor et son bidonnage de la fausse interview de Fidè Cassero a-t-il été sanctionné pour autant ? Jamais.
Rappelez-vous l'affaire du RD quand l'ensemble des médias traditionnels euh diffuse cette information non vérifiée et c'est triste, mais c'est la FP qui la propage au départ euh d'une jeune fille qui prétend avoir été agressée pour des motifs antisémites et qui déclare au bout de 3 jours que finalement tout elle a tout inventé. On on voit aussi comment l'emballement médiatique et politique a généré en fait une profonde confusion. Y a-t-il eu un un quelconque mais un coup pas de la part de la profession journalistique ?
Jamais. dernière en date, la fausse arrestation de de Xavier Dupig Gones, hein, où finalement le Parisien va renvoyer la faute à sa source en disant que c'est les flics qui les ont qui les ont mal informés, quoi. Donc il y a une réelle réflexion aussi à mener depuis la profession, à mener aussi depuis les usagers pour réclamer une meilleure information.
Mais c'est aussi quand je parlais de réappropriation par démocratique des médias, c'est aussi le combat que les journalistes encore une fois précair ont à mener aussi face à leur chefferie pour gagner en indépendance et être véritablement maître de leur outil de production. C'est un débat qui serait assez long à mener. Merci beaucoup.
Il est déjà 19h. Euh, merci beaucoup à nos intervenants. On peut rester là si jamais pour mais il faut qu'on clôture cette conférence.
Ce sur ce sujet extrêmement important. Euh c'est important d'avoir pu voir quand même avec vous que les victoires populaires et plus largement la voix des peuples euh sont euh renié euh par tous les moyens euh par les gouvernements successifs et que cela soit pour le référendum dont nous avons parlé dans cette dans cette conférence que ce soit pour la victoire du NFP que ce soit à travers les mobilisations contre la réforme des retraites. Malgré cela, il faut continuer la mobilisation parce que malgré tout, chacune de nos victoires populaires fragilise l'oligarchie au pouvoir.
Et c'est en ce sens que nous avons besoin d'accentuer ces mobilisations, de synchroniser aussi, je je retiens le le mot que tu disais sur les mouvements sociaux au niveau européen, de synchroniser ces mouvements sociaux parce qu'il y en a, il y a eu une synchronisation de certains mouvements sociaux, je pense notamment sur les factures, les factures d'énergie puisque'à un moment donné, vous aviez partout en Europe des mobilisations dans la rue assez nombreuses sur dont personne n'a parlé parce que effectivement ça, on en parle pas sur les factures d'énerg énergie qui était devenu absolument insupportable pour les ménages partout en Europe. Donc il y a la possibilité de faire converger nos luttes au niveau européen et de forcer justement qu'adviennent les aspirations populaires aussi jusqu'à ces institutions européennes qui sont aujourd'hui malgré tout extrêmement problématiques et que nous allons ben forcer le changement dès 2027. Merci à toutes et tous. [Applaudissements]
Marina Mesure