L'invité politique Sud Radio - Avec Eric Zemmour, président de Reconquête et auteur de "Le suicide français" (Fayard)
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Sécurité, immigration, sondage, politique, évidemment, c'est l'heure du grand rendez-vous politique ce matin sur Sud Radio. Jean-François Aquili, vous recevez Éric Zemmour, président de Reconquête. Bonjour M. Zemmour et bonjour Jean-François.
Bonjour Éric Zemmour, vous publiez chez Fayard Pluriel une nouvelle édition de votre Suicide français, c'était le best-seller de 2014. Vous nous direz s'il est là, ce nouveau pavé pour lancer votre campagne 2027. Mais tout d'abord les violences survenues en marge de la victoire du PSG samedi soir, vous êtes fan de foot, comment est-ce que vous les avez vécu ?
D'abord j'ai vécu le match comme tous les amoureux du foot, c'est-à-dire entre souffrance et soulagement. C'est-à-dire que vous aviez compris, tous ceux qui connaissent un petit peu le foot ont compris qu'Arsenal n'était pas venu pour jouer, mais pour empêcher le PSG de jouer. Ils ont ressuscité d'ailleurs par une organisation absolument admirable, le catenaccio du bon vieux Eleno Herrera dans les années 60. Mais malgré tout, le PSG a gagné, donc on était quand même contents. En plus c'était une équipe vraiment qui méritait.
Il y a un seul hommage à rendre, je veux le faire et rendre hommage à Luis Enrique, l'entraîneur, qui est un type absolument exceptionnel, qui a transfiguré cette équipe en lui insufflant, vous savez, l'esprit du football total de Johan Cruyff et de Barcelone. Oui à la victoire, oui à la fête. Mais on n'est pas là pour parler de foot, je pense. Évidemment, mais pourquoi je vous parle de foot en une minute ? C'est pour vous dire que ce qui s'est passé après n'a rien à voir avec le foot. Il faut arrêter de dire c'est le foot, il faut de ressusciter les vieux souvenirs des hooligans. Il y a 30 ans, 40 ans, le SL, c'est en 86, 85. Qui est dans la rue, Rizemmour ?
C'est très simple, comme à chaque fois. C'est-à-dire, vous savez, l'année dernière, déjà pour la victoire du Paris Saint-Germain, c'était la même chose. Il faut dire les choses crûment, il faut arrêter de dire des circonvolutions. C'est une jeunesse arabo-musulmane venue des banlieues et qui déferle sur Paris et sur d'autres villes de France d'ailleurs pour prendre possession de la ville par la violence, piller et conquérir la ville symboliquement. Je pense que la violence n'est jamais gratuite, elle n'est pas seulement liée au pillage. Elle est aussi une symbolique qui est la conquête de Paris et la conquête de la France.
La situation a été globalement sous contrôle, a déclaré la ministre de l'Intérieur. Laurent Nunez, commentaire ?
Écoutez, je pense qu'il a un humour noir. Laurent Nunez d'ailleurs, je ne vais pas l'accabler, il fait exactement la même chose que ses prédécesseurs. L'année dernière, j'ai reposté une vidéo que j'avais enregistrée l'an dernier, le lendemain du match de la belle victoire de l'année dernière du PSG où il y avait eu les mêmes violences et les mêmes pillages et les mêmes agressions. Et si vous voulez, c'était M. Rotaillot qui était ministre de l'Intérieur. Donc c'est exactement la même chose. En fait, ces gens sous couvert de maintien de l'ordre font du maintien de la horde. C'est-à-dire qu'ils laissent, ils encadrent une horde de pillards.
Et je ne vois pas vraiment, si vous voulez, même le maintien de l'ordre est dépassé. Parce qu'en fait, c'est une sorte de guérilla. Il faut mater l'ennemi intérieur. C'est ça la vérité. Donc il faut une brigade spéciale peut-être, ou peut-être pas d'ailleurs. Peut-être que les CRS suffisent, mais il faut leur donner des bons ordres. Et surtout, il faut qu'après, les sanctions tombent. Parce que, si vous voulez, il faut bien comprendre le contexte de tout ça. Ce n'est pas la première fois que cela se passe. On savait que ça allait arriver. C'est régulier, c'est récurrent.
Toutes les fêtes désormais, de la fête de la musique au Nouvel An, 14 juillet, au grand match du Paris Saint-Germain, sont l'occasion de ces déferlements, de ces hordes. Deuxièmement, vous avez vu, il y a quelques jours, on devrait rapprocher tous ces événements. La déferlante, d'une même type de horde, avec les mêmes, sur la plage de La Baule, sur la plage de Deauville, pour crier mort aux Juifs, pour crier mort aux Français, etc. Non mais je veux dire, tout ça est peut-être un contexte. La violence est utilisée pour une marque de conquête.
Il y a aussi des jeunes issus de l'immigration, on va le dire comme ça, qui vont voir le match, qui font la fête et qui ne cassent rien. Est-ce que l'explication est un peu courte ? Non, j'ai dit que les hordes arabo-musulmanes, d'accord, mais vous avez des jeunes issus de l'immigration,
et tout se passe très bien. Oui, on peut le dire. C'est évident qu'il y a des jeunes de la immigration arabo-musulmane qui vont voir le match sans casser. Ça existe. Maintenant, ceux qu'on voit casser sont aussi leurs cousins, leurs frères, etc. Que je sache, il n'y a pas de grande manifestation, comme il y eut, vous savez, du temps du Parti Communiste et du terrorisme d'extrême-gauche, pour dire « not in my name ». Pas en mon nom.
Il y a une vidéo qui vous montre qu'ils ont votre domicile vraisemblablement, et pourchassé, poursuivi, qu'est-ce que s'est-il passé ?
Écoutez, moi, vous savez, j'ai voulu aller dîner après le match avec un ami. Je croyais que nous étions encore à Paris et en France, et qu'on pouvait aller dîner librement quand on voulait. Apparemment, moi, je ne le peux plus vraiment. Mais bon, mon service de sécurité m'a très bien protégé, et tout s'est bien passé, il ne m'est rien arrivé.
Emmanuel Macron a dit devant les joueurs du Paris Saint-Germain, « ça, ce n'est pas le foot, ce n'est pas le sport, ce n'est pas ce qu'on aime, on ne veut plus voir ça, fini, on en a ras-le-bol », dit le chef de l'État. Qu'en pensez-vous ? Lui qui présente Chousse France, avec la France attractive aujourd'hui, à coup de milliard.
Ah, écoutez, c'est deux sujets différents. D'abord, sur sa réflexion, écoutez, je ne sais pas, il va peut-être se présenter à l'élection présidentielle pour changer ça, non ? Je ne sais pas, il est président depuis 9 ans, il faut arrêter de plaisanter, quoi. Si vous voulez, c'est assez simple, tant que vous aurez 500 000 immigrés, pour la plupart venus de ces contrées arabo-musulmanes, qui rentreront légalement, je ne parle même pas des illégaux, vous aurez une accumulation de ces gens qui viennent piller, casser, ou eux, ou leurs enfants, ou leurs petits-enfants, etc. Ça, c'est la première chose. Donc, si vous voulez, il faut être sérieux, il faut donner des... qu'est-ce qu'il faut faire ?
Parce que c'est quand même ça le sujet, c'est ce qu'on me demande à chaque fois, vous savez, on en parlera pour le livre. Il y a quelque chose de très frappant, quand j'ai sorti ce livre il y a maintenant 12 ans, on me disait, ah non, c'est pour raconter n'importe quoi, c'est excessif.
Vous dites, tous les sujets que j'ai traités dans ce livre se retrouvent aujourd'hui au cœur de l'actualité.
Aujourd'hui, on me dit, ah oui, vous aviez raison, mais c'est foutu. Donc, il y a 12 ans, je combattais le déni, aujourd'hui, je veux combattre le fatalisme. Donc, je vais vous dire ce qu'il faut faire, d'après moi. D'abord, sanctionner vraiment ces jeunes. Vous vous souvenez, on exhibe un nombre d'inculpations, un nombre d'arrestations, etc. L'année dernière, on a fait la même chose, M. Retailleau faisait la même chose, mais c'est du cinéma, parce que ces gens-là ne sont à peine condamnés, et au mieux, à des travaux d'intérêt général.
C'est la case justice qui compte pour vous, maintenant.
Oui, bien sûr, mais vous savez, on sait que les policiers disent depuis longtemps, le problème de la police, c'est la justice. On le sait depuis 20 ans que ça dure. Donc, il faut évidemment rétablir les peines planchées, construire des prisons, tout ça est la base. et sanctionner. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Il faut expulser ces gens-là quand ils ont des HLM, quand ils sont mineurs, expulser leurs parents, supprimer les allocations sociales, puis, puis, surtout, surtout, l'objectif, c'est la remigration, c'est-à-dire le renvoi de ces gens.
Il faut, un, je sais ce que vous allez me dire, ils sont français, il faut, un, prévoir l'extension du domaine de la déchéance de nationalité pour trafic de drogue, viol, etc., crime, et deuxièmement, les renvoyer chez eux. Je rappelle que tous ces jeunes sont doubles nationaux parce qu'on ne perd jamais la nationalité de leurs parents ou de leurs grands-parents, qu'elles soient algériennes, tunisiennes ou marocaines. Donc, il y a une sortie.
Vous réclamez, Éric Zemmour, un choc d'autorité. Je reviens au sujet de Français, tout ce qu'il contient. Vous aviez évoqué tout cela il y a 12 ans déjà, et nous retrouvons les mêmes sujets sur la table. C'est ce que demandent également les candidats du Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella aujourd'hui, et qui caracolent en tête des sondages d'intention de vote.
Alors, écoutez, moi, j'ai écouté, comme toujours...
Vous avez servi de laboratoire idéologique au Rassemblement national ?
Écoutez, dans ce cas-là, déjà, ça sera noble. J'ai surtout servi de laboratoire idéologique aux Français. Moi, je ne suis pas un affidé ni un vassal du Rassemblement national. Mais j'ai écouté ce qu'ils ont dit. Eux, ils parlent de maintien de l'ordre. C'est le minimum. J'ai écouté Jordan Bardella, j'ai écouté Marine Le Pen. Je ne les entends pas parler de remigration. Et pour cause, puisque quand j'ai parlé de cela pendant la campagne présidentielle, Mme Le Pen a dit que ce n'était pas républicain. Vous les trouvez tièdes, alors ? Je ne les trouve rien du tout. Ils sont le Rassemblement national de Marine Le Pen. C'est-à-dire un parti patriote, mais socialiste. Un parti étatiste.
Un parti qui pense que l'islam est compatible avec la République. Un parti qui pense que l'islam n'est pas l'islamisme. Nous avons des différences de fonds. Un parti qui refuse de voter pour que les gens qui ont le RSA travaillent. Un parti qui vote 34 milliards d'impôts lors de la dernière loi de finances. Vous voyez ? Le Rassemblement national est reconquête. C'est deux partis différents. Sinon, il n'y en aurait qu'un seul. Maintenant, moi, ce que je dis, vous avez raison, il caracole dans les sondages. D'abord, j'ai connu, je fus comme vous, journaliste politique, et j'ai connu beaucoup de candidats qui caracolaient un an avant et qui, finalement, n'ont même pas été au second tour.
Deuxièmement, je dis simplement aux électeurs de droite de bien regarder les candidats, d'abord, leur caractère, ce qu'ils ont fait, ce qu'ils n'ont pas fait, et ce qu'ils pourront faire. Vous savez, il y a une phrase d'Auguste Comte que j'aime beaucoup qui disait, il faut savoir pour prévoir afin de pouvoir. Je pense que c'est lié, tout ça. Donc, vous repartez en campagne avec Zemmour, clairement, pour le 2017. Ce qui est sûr. Avec le thème de la remigration, notamment. Vous repartez en campagne. Et aussi, le thème qui est porté par Sarah Knafou de façon tout à fait remarquable, qui est la baisse massive des dépenses budgétaires, des dépenses de l'État, la baisse des impôts, etc.
Je ne vais pas vous reposer la question, est-ce qu'elle serait une meilleure candidate que vous ? Je vois à peu près la réponse que vous allez donner. Quoique... Je ne sais pas, je vais répondre aux questions que vous me posez. Je vais répondre aux questions que vous ne me posez pas. Chaque fois, on vous pose la même question, mais je vais vous poser une autre question. La proposée de Sarah Knafou, qui est votre compagne dans la vie, est-ce qu'on peut penser qu'il puisse y avoir, là, pour la campagne qui arrive, un ticket Éric Zemmour et Sarah Knafou ? Ça existait en Argentine.
Les institutions de la 5e République ne prévoient pas cela, contrairement aux États-Unis. Dans un ticket politique. Mais évidemment... Je veux en parler de tickets. Non, mais le ticket, c'est ça, aux États-Unis. Mais évidemment qu'elle sera aux premières loges de ma campagne et qu'elle aura un rôle éminent. Ça me paraît évident, vu ses qualités, et son talent. Tout ça est assez évident. Donc, vous êtes candidat pour 2027, c'est officiel ? Vous savez, je vais vous dire. J'ai déjà répondu à cette question. Je pense qu'une annonce de candidature, c'est quelque chose de sérieux, qui doit être soigné. J'ai vu encore récemment, et on en a vu jadis, beaucoup d'annonces de candidature ratées.
Moi, si j'étais candidat, j'essayerais de réussir mon annonce.
Alors, une dernière question, puis les auditeurs auront la parole avec vous. C'est important, Éric Zemmour. Si vous avez gagné la bataille des idées, c'est ce que vous dites, au fond, dans le suicide français, dans cette version augmentée, pourquoi est-ce que vous avez perdu la bataille électorale ? Parce que vous êtes crédité de peu de points, même si vous avez dépassé les 5%, vous avez fait un joli score la dernière fois. Mais reconnaissez que Jordan Bardala est caracole loin en tête, et vous, vous êtes pour l'instant très minoritaire dans cette histoire. Les idées s'est gagnées,
mais les élections s'est perdues. Si vous voulez, on ne va pas refaire l'histoire de la campagne présidentielle de 2022, que j'ai beaucoup faite, et j'avais écrit un livre à ce propos. Donc on ne va pas la refaire, et on sait bien que ça s'est joué un peu, et que l'Ukraine a faussé cette campagne présidentielle. Mais depuis lors, vous avez raison. Je pense qu'il n'y a... C'est ce que je vous ai dit. Les sondages, un an avant la campagne présidentielle, ne veulent rien dire. C'est des votes d'attente, c'est des votes... On ne sait pas encore qui sont vraiment les candidats, on ne sait pas comment s'engage la campagne.
Donc écoutez, moi je crois que si vous me dites que j'ai gagné la bataille des idées, ça veut dire que je vais gagner finalement la bataille électorale. Parce qu'on n'a jamais vu dans l'histoire de France et dans l'histoire politique, quelqu'un qui gagne la bataille des idées et qui ne gagne pas la bataille électorale.
Alors justement, si Éric Zemmour a gagné la bataille des idées, eh bien on vous pose la question à vous, 0826 300 300. Vous restez avec nous, Éric Zemmour, dans ce studio de Sud Radio. On ouvre une nouvelle page avec vous tout à l'heure. Vous nous appelez, chers auditeurs. Il faut supprimer les allocations. Il faut inciter à la remigration. Je suis pour la déchéance de la nationalité. Voilà quelques-uns des thèmes que vous venez d'aborder, M. Zemmour. Je vous poserai également cette question. L'islam, c'est l'islamisme ou pas ? Vous dites qu'il y a une différence avec le Rassemblement national. Apparemment, vous tenez à marquer cette différence.
On se retrouve dans un instant avec Jean-François Aquili, bien entendu. A tout de suite. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz. Éric Zemmour est resté dans le studio de Sud Radio. A-t-il gagné la bataille culturelle, la bataille des idées, nous disait Jean-François Aquili, il y a un instant ? Vous nous appelez 0826 300 300. Quelques-unes des idées d'Éric Zemmour qui peuvent éventuellement vous faire réagir. Il veut supprimer les allocations familiales, inciter à la remigration et augmenter la déchéance de la nationalité ou en tous les cas l'appliquer de façon plus large. Alors n'hésitez pas à nous appeler.
Mais pendant la pause, on a appris une information politique importante avec le décès, la disparition d'André Santini. Il avait 85 ans. Jean-François, vous qui connaissez la vie politique très très bien, André Santini, il était notamment maire d'ici les Moulinons.
Oui, c'est une personnalité étonnante de la vie politique française, de ceux qu'on ne voit plus aujourd'hui. On n'en fait plus des comme ça. Éric Zemmour à Kiesp, c'est l'ancien journaliste politique aussi. Et vous l'avez bien connu, Éric Zemmour. Il avait toujours un mot aussi, beaucoup d'humour. Très truculent. Un homme aussi qui menait sa ville d'une main de fer, il faut le dire. Il a littéralement transformé ici les Moulinons. Il en a fait une ville qui est sûre, agréable à vivre, une ville extrêmement dynamique. Et surtout, il a attiré tous les investissements. Tous les investisseurs étaient là. Les bâtisseurs.
Des grandes chaînes de télé, des médias, de la publicité, etc.
Sa dernière candidature a été rapidement controversée. Il était apparu très amégré, très affaibli. Je l'avais rencontré récemment. Il était très malade depuis des années. Il était très malade. Très malade. Et il savait qu'au fond, ça n'allait pas durer si longtemps. Il restait philosophe malgré tout, André Santini.
Et en tous les cas, il avait rendu cette ville aussi qui n'a jamais été dangereuse. Mais elle est très sûre, Issy-les-Moulinons, puisqu'on parle beaucoup de sécurité ce matin. Et on dit souvent que, voilà, effectivement, Issy-les-Moulinons est une ville où il fait bon vivre. Alors, une question parmi ce que vous disiez tout à l'heure, Éric Zemmour, moi, qui m'a frappé. Il y a une différence avec le Rassemblement National qui, lui, pense que l'islam, ce n'est pas l'islamisme. Vous, vous pensez que l'islam, c'est l'islamisme ? Oui.
Si vous voulez, nous avons un désaccord de fond, mais on en a discuté malheureusement. C'est évident de dire ça parce que pour les musulmans,
il y a des musulmans qui font la différence eux-mêmes entre l'islam et l'islamisme.
Des musulmans qui connaissent leur religion ne font pas la différence. Ils le savent très bien. D'ailleurs, étymologiquement, vous savez, le mot islamisme a été inventé au XVIIIe siècle uniquement pour faire contrepoids à christianisme, judaïsme, vous voyez, pour une espèce de cohérence. Mais vous voyez, tous les auteurs du XIXe siècle, ils utilisent les deux mots indifféremment. Ce n'est que depuis la révolution iranienne en 79 qu'on a fait ce faux distinguo. Pourquoi pourrais-je dire que c'est la même chose ? C'est tout simple. L'islamisme, ça ne veut pas dire le terrorisme. D'accord. Comprenez ? En revanche, le djihad, puisque c'est ça, c'est le djihad, c'est la guerre sainte.
Le djihad est dans le Coran. C'est un des préceptes de Mahomet. Vous savez, le problème des gens du Rassemblement National, mais pas seulement, c'est que, selon le très beau mot de Rémi Braque, le philosophe Rémi Braque, il croit que l'islam est un christianisme des Arabes. Il projette ce qu'ils savent du christianisme, c'est-à-dire, vous savez, j'ai écrit un livre récemment, La messe n'est pas dite, pour expliquer justement à quel point le christianisme avait façonné nos pensées et façonné notre conception de l'individu, de l'individu libre. Il pense que l'islam, c'est la même chose. Non. Le christianisme repose sur la foi.
L'islam repose sur un texte juridique, la charia, qui impose des règles très strictes, par exemple le voile, par exemple la façon de manger, la façon de boire ou de ne pas boire, même de traiter sa femme de façon assez brutale, etc. Mais au sein de la communauté musulmane, vous allez trouver des gens qui vont prendre des distances aussi avec ces règles-là. Bien sûr.
Et donc, dans ce cas-là, vous ne faites plus la différence entre l'islam et l'islamisme.
Vous savez, je dis ça depuis le début. Je dis, il n'y a pas de différence entre l'islam et l'islamisme parce que ça, c'est une question de conceptuel. En revanche, j'appelle les musulmans à se détacher de la charia. C'est tout l'enjeu. Et vous avez raison, il y en a qui le font, en particulier d'ailleurs, mes amis kabiles qui ont une conception un peu distanciée de la religion. En revanche, vous avez vu les derniers sondages il y a quelques mois qui prouvent que la jeunesse arabo-musulmane, elle, considère que la charia est leur règle de vie et qu'elle compte bien l'imposer à la France. C'est ça l'enjeu. Et ce n'est pas plus compliqué que ça.
Donc, c'est pour ça qu'il faut exiger des musulmans qu'ils évidemment, si vous voulez, se détachent de la charia et, en fait, c'est le vieux précepte, vous savez, de Clermont-Tonnerre, le révolutionnaire en 1790 qui s'adressait aux juifs et qui disait rien aux juifs en tant que nation, tout en tant qu'individu. Il faudrait répéter la même chose aux musulmans. Et aujourd'hui, l'État, depuis 40 ans, le fait le contraire.
Alors, tout autre sujet, puisque vous nous appelez au 0826 300 300, Jean-François, on est avec un auditeur qui veut nous parler de Jean-Luc Mélenchon. C'est à vous. Vous avez la parole, c'est Luc. Bonjour Luc.
Bonjour Jacques. Bonjour Jean-François. Bonjour Monsieur. Éric Zemmour vous écoute. Bonjour Monsieur Zemmour. Bonjour Monsieur. D'une part, je voulais vous dire que j'adhère tout à fait à ce que vous venez de dire concernant l'islam et l'islamisme. Merci Monsieur. Il est temps de, comment dirais-je, de remettre en question le dévoiement du suffixisme en ce qui concerne l'islamisme. Ça, je n'ai jamais compris pourquoi, effectivement, ce qui était positif... Vous avez trop bien compris, Monsieur. Ce qui était positif dans le christianisme devenait négatif dans l'islamisme. Ça, j'avoue que j'ai du mal à comprendre.
Malgré mon souhait de pouvoir accéder à la candidature à la fonction suprême, il s'avère que le duel qui va se faire ce qui se fait jour est un duel entre Monsieur Mélenchon et le Rassemblement National. On a vu avec la victoire de Monsieur Bakaynoko cette espèce d'élan complètement incroyable qui pourrait mener Monsieur Mélenchon au pouvoir. Qu'en pensez-vous ? Et en avez-vous peur ? Alors, d'abord, je ne suis pas d'accord avec votre analyse, non pas sur l'islam et l'islamisme, je suis d'accord avec vous. Je l'ai dit précédemment. En revanche, sur l'affrontement inéluctable entre Monsieur Mélenchon et le Rassemblement National, je ne suis pas d'accord avec vous.
Je pense que je vous répète que la présidentielle n'a pas vraiment commencé et que quand la présidentielle commencera, on s'attachera non pas aux étiquettes partisanes mais aux hommes. Et là, ça sera autre chose. La présidentielle, c'est une question d'hommes, d'incarnation. Ce n'est pas une question d'étiquette. Et là, on verra les différents candidats tels qu'ils sont et non pas affublés de leur étiquette. Deuxièmement, Marine Le Pen elle-même vous a répondu, cher Monsieur, puisqu'elle a déclaré il y a quelques semaines que son adversaire privilégié était non pas Monsieur Mélenchon mais Monsieur Édouard Philippe.
Parce que, vous savez, on se définit, et c'est une autre différence que j'ai avec le Rassemblement National, on se définit beaucoup par le clivage qu'on instaure et l'adversaire qu'on désigne. Le Rassemblement National, par Marine Le Pen et par Jordan Bardella, décide que c'est Édouard Philippe. Comme Emmanuel Macron. C'est-à-dire, dans une logique qui a été théorisée par un des conseillers de Marine Le Pen, Jérôme Saint-Marie, de l'affrontement entre le bloc populaire et le bloc élitaire. C'est leur terminologie. Si vous voulez, moi, je ne suis pas d'accord avec ce clivage. Je pense que le clivage, c'est entre Monsieur Mélenchon et moi.
D'ailleurs, nous l'avons vu lors de la présidentielle de 2022. Vous vous projetez au second tour face à Jean-Luc Mélenchon ? Je ne le projette pas du tout. Vous savez, ça serait ridicule. Je vois l'état des sondages et je ne fais pas de château.
Mais Jean-Luc Mélenchon au second tour, vous n'y croyez pas ?
Je n'ai pas dit ça. Mais il est quand même vraiment pas loin. Mais bien sûr, il peut être au second tour. C'est un vrai danger pour vous ? Vous savez, pour moi, Jean-Luc Mélenchon est l'adversaire que moi, je désigne depuis des années tout simplement parce qu'il est pour moi le parti de l'étranger. Si vous voulez, il y a une tradition en France millénaire qui a été très bien décrite entre autres par l'historien Fernand Brodel dans son livre « Identité de la France » qui est qu'à chaque fois que la France est agressée par un envahisseur, il y a une partie des Français qui se mettent avec cet étranger pour combattre d'autres Français.
Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est la figure de ce parti de l'étranger.
Pour prolonger la question de Luc qui nous appelait à l'instant et qui vous interroge Éric Zemmour, regardez l'offre à droite, vous dites « Ce n'est pas fait, effectivement, on est un an avant, etc. » Mais vous avez Jordan Bardella, vous avez Bruno Retaille, vous avez Édouard Philippe, vous avez d'autres qui se présentent, David Lysnard, qui protiennent le même discours sur le choc d'autorité, sur l'immigration, désormais, qui reprennent les mêmes thèmes. Vous êtes plusieurs sur la ligne de départ. Comment vous départagez
dans cette histoire ? Je me permets de vous dire que je ne suis pas d'accord. Je pense qu'aucun des gens que vous avez cités ne parle comme moi. Même Bruno Retailleau. Même Bruno Retailleau. Mais surtout Bruno Retailleau. Vous savez, Bruno Retailleau, il a été ministre de l'Intérieur, on l'a vu. Je veux dire, on l'a vu à l'œuvre, 380 000 entrées légales d'étrangers, le record absolu de l'histoire de France. On a vu l'année dernière, exactement la même nuit, après les matchs, la finale de la Coupe d'Europe du PSG. On l'a vu, M. Retailleau, on a vu que c'était un ministre d'Emmanuel Macron. C'est tout. Et que c'est un élu de LR, un sénateur de LR.
Moi, je pense que personne, aucun de ces candidats, mais on le verra pendant la campagne. Et ce que l'on ne dit pas, il faut bien comprendre ça, ça vaut pour tous les candidats. Ce que l'on ne dit pas avant, on ne le fait pas. Parce qu'en général, on fait moins que ce qu'on dit. Donc quand on ne dit pas, on verra le détail des programmes, on verra le détail des propos. Les gens que vous me citez, effectivement, parfois, font semblant, mais je pense qu'aucun d'entre eux, et on le verra pendant la présidentielle, ne parle comme moi et donc n'agira comme moi.
Allez, Eric Zemmour, une deuxième question au standard avec Julien, qui est à Paris et qui a une question fou de sécurité, je dirais. Bonjour, Julien. Soyez le bienvenu. Eric Zemmour, vous écoute.
Oui, bonjour, bonjour. Moi, j'ai une question. Enfin, vous n'avez pas toujours eu des mots très tendres avec l'équipe de France. Vous disiez que vous ne vous reconnaissiez pas dedans. Moi, ma question, c'est que ça reste néanmoins quand même le symbole de l'excellence de la formation française de footballistique. ça a transmet à travers le monde et je voulais savoir si vous soutiendrez l'équipe de France. Vous savez, j'ai toujours soutenu l'équipe de France depuis mon enfance, même quand elle ne parvenait pas à se qualifier pour la Coupe du Monde.
Et je pense que vous n'avez pas pleuré comme moi sur la défaite de 1982 de l'équipe de France face à l'Allemagne en demi-finale de la Coupe du Monde. La grande équipe qui, pour moi, reste la plus grande d'équipe française de l'histoire du foot, celle de 82-86 avec Michel Platini. Espagne et Mexique. Exactement. Maintenant, bien sûr que je soutiendrai l'équipe de France. Je constate simplement que les joueurs qui sont dans l'équipe de France, je dirais, ne représentent surtout la banlieue et l'immigration arabo-musulmane. Elles ne représentent pas vraiment la France, mais c'est le produit de ce qui est devenu le football.
C'est-à-dire que vous savez, on sait bien que dans les clubs français aujourd'hui et même d'enfance, je veux dire de petits, d'enfants, d'adolescents, il y a une prise de ces clubs par la jeunesse arabo-musulmane qui chasse les petits blancs. Donc vous ne serez pas fier de ces tricolores ? Je suis toujours fier de l'équipe de France. Je vous dis, il y a une gêne quand on voit cette équipe parce qu'on sait qu'elle ne représente pas exactement toute la population française contrairement à ce qu'a dit M. Deschamps. Mais ce sont des joueurs remarquables, je tiens à le dire. Ce sont des joueurs remarquables et qui souvent donnent un spectacle absolument splendide.
Même si Kylian Mbappé dans ses Vanity Fair a dit « Moi ça me touche, je sais ce que signifie, quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays » que lorsque des gens comme eux, c'est le RN ou vous-même d'ailleurs arrivent aux commandes.
Vous savez, je pense que Kylian Mbappé, d'ailleurs j'ai vu que Michel Platini, vous voyez, c'est une autre éducation, lui a vertement sommé de se taire. Je pense que Kylian Mbappé ne devrait pas profiter de sa situation médiatique pour faire de la politique. Ça serait de la décence de sa part. Il a tort, il montre bien d'ailleurs là qu'il est lui aussi le reflet de cette France des banlieues dont je parlais tout à l'heure. Pour préciser justement
cette pensée et prolonger la question de Julien, vous insistez j'imagine sur le symbole que revêt cette équipe de France aujourd'hui. Vous dites que c'est plus l'équipe de France des banlieues finalement que l'équipe de France tout entière.
Je parle des joueurs. Je sais l'équipe de France. Oui, c'est forcément
pas nominatif.
C'est l'image que ça renvoie. Tous les Français qui aiment le foot la soutiendront parce qu'on a l'habitude de le faire. Est-ce que ça veut dire
qu'une France ne se reconnaît pas dans cette équipe de France ? C'est ça le sens
de ma question. Je pense qu'il y a des Français qui sont gênés justement par l'image que donne cette équipe de France. D'ailleurs, vous savez, la presse étrangère se moque régulièrement de nous. Les Africains, la presse africaine dit que c'est une équipe africaine. La presse italienne se moque depuis des années en disant que c'est une équipe africaine. Je veux dire, le monde entier, regarde ça, encore une fois, ça ne veut pas dire que ce ne sont pas des bons joueurs. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas une belle équipe. Tout ça est indépendant. Vous serez derrière l'équipe de France quand même. Évidemment. Merci infiniment. On ne se le fait pas.
Bien sûr. Merci infiniment, Éric Zemmour, d'avoir été l'invité de Sud Radio ce matin. Et un mot, oui, c'est vrai quand même, un mot du suicide français
parce que le livre ressort, vous disiez, enrichi. Oui, c'est une version enrichie. Évidemment, parce que je prolonge les analyses. Vous savez, je crois que l'originalité du livre, c'est de voir l'évolution du pays depuis en gros la mort du général de Gaulle, 70, à travers la culture populaire. Les films. Et donc,
tous les événements qu'on a connus comme ceux de ce week-end,
ça nourrit votre réflexion. Exactement. Les films, les chansons, les matchs de football, les débats politiques, etc., les lois, etc. Tout est analysé à travers ça. Évidemment, j'ai prolongé puisque la première version s'arrêtait dans les années 2010. J'ai prolongé jusqu'à aujourd'hui. Et quand vous vous relisez, vous vous dites, mais j'avais encore plus raison il y a 10 ans. Je vais vous dire, quand je me relis, je me dis, malheureusement, tout s'est passé comme prévu.
Merci Éric Zemmour d'avoir été notre invité. Donc, le Suicide français aux éditions Fayard. Merci Jean-François Akili. Bien entendu, vous revenez demain pour un autre invité politique. Dans un instant, on est avec nos chroniqueurs pour le grand débrief. A tout de suite. Sous-titrage ST' 501
Éric Zemmour