Najat VALLAUD-BELKACEM : Conseillère Régionale d'opposition et Présidente du Groupe "Socialiste, Ecologique et Démocrate"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 28 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour votre émission politique.
- 0:30OuverteRéponse directe
Bonjour, Anajad Vallaud-Belkacem.
- 0:57OuverteRéponse directe
On a été frappé ces derniers jours par l'actualité à notre porte.
- 2:17RelanceRéponse directe
Et pourtant, c'est des violences qu'on a connues le week-end dernier.
- 3:44OuverteRéponse partielle
Dès 99, aussi, un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Chevènement, avait parlé de sauvageons.
- 4:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a fait déborder le vase en cette rentrée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37Invité politiqueFait
« je crains que demain on ne vive face à face. »
- 2:58Invité politiqueFait
« tout ce qui ne va pas en banlieue, à un moment donné, finit par atterrir, y compris dans vos centres-villes. »
- 3:15Invité politiqueFait
« le narcotrafic fait des morts, le narcotrafic est gravissime. Et aujourd'hui, on se rend compte qu'il s'étale dans tous les territoires. »
- 5:01Invité politiqueFait
« C'est une angoisse absolue. On n'est pas dans « Allez, laissez-nous respirer plus grand pour être plus libres et plus joyeux ». »
- 5:25Invité politiqueFait
« un marché du travail dont ils sentent bien qu'il va être de plus en plus bouché, et notamment même avec diplôme du fait de l'intelligence artificielle. »
- 5:40Invité politiqueFait
« orientation devenue extrêmement sélective dans les études, et pas de place pour tout le monde, à cause de tous les systèmes malthusiens, parcours sup, non-création de place dans l'enseignement supérieur. »
- 15:01Invité politiqueChiffre
« on avait un chiffre précis. On disait, on veut 60% d'une classe d'âge qui valide l'enseignement supérieur. »
- 15:46Invité politiqueChiffre
« le nombre d'étudiants a augmenté de 20% mais il n'y a pas eu de nouvelle place. »
- 18:44Invité politiqueFait
« il y a une question de répartition des richesses. »
- 20:06Invité politiqueFait
« nous avions rétabli l'équilibre de la sécurité sociale sans procéder à des déremboursements. »
- 24:46Invité politiqueFait
« on sent que cette année 27 va être l'année de tous les dangers, on sent que l'extrême droite est aux portes du pouvoir. »
- 29:45Invité politiqueChiffre
« mis bout à bout les heures qu'on y consacre en fait c'est 27 ans de nos vies »
- 30:05Invité politiqueFait
« à qui profite le crime de nous maintenir à ce point à paix addict à ses contenus à ses applications à ses réseaux sociaux »
- 31:03Invité politiqueFait
« les élèves de toute façon vont vivre dans un monde numérique on parlait en plus d'IA tout à l'heure et donc il faut qu'ils sachent utiliser et ne pas être eux-mêmes les jouets de tous ces réseaux de cette économie du numérique »
- 36:06Invité politiqueFait
« tous ces programmes-là ont été plutôt déshabillés »
- 39:08InvitéChiffre
« l'année dernière en 5 jours on a fait plus de 5 000 spectateurs »
Temps de parole
- Invité politique48 %
- Présentateur28 %
- Invité11 %
- Invité 28 %
- ?4 %
≈ 13,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
A Lyon, vous
écoutez
Lyon Première. Lyon Première, l'invité politique du samedi, Wilfried Delacour. Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous une nouvelle fois samedi 11h midi pour votre émission politique. C'est l'expérience que nous avons invitée ce matin au micro de Lyon Première, l'expérience de l'action municipale, départementale, régionale et ministérielle, l'éducation nationale. Bonjour, Anajad Vallaud-Belkacem.
Bonjour, merci de l'invitation.
Bienvenue, alors je rappelle que vous êtes président du groupe socialiste, écologiste et démocrate au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, président de l'association France Terre d'Asile. Vous étiez ministre de l'éducation nationale sous François Hollande entre 2014 et 2017, ancienne ministre des droits des femmes de la ville, de la jeunesse et des sports également. Et vous étiez dans l'équipe de campagne de Ségolène Royal pour la présidentielle 2007 et de François Hollande en 2012. On va évidemment revenir sur toutes ces étapes. Mais bien sûr, on a été frappé ces derniers jours par l'actualité à notre porte. On y est, Anajad Vallaud-Belkacem
? On
y est,
au face-à-face annoncé par Gérard Collomb, votre mentor en 1998, quand il a quitté le ministère de l'éducation, le 3 octobre 2018,
il
y
a
donc 8 ans. On y est, il a dit à cette occasion, aujourd'hui on vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face.
Oui,
oui,
déjà à l'époque où il avait prononcé cette phrase, je l'avais trouvée très forte et en réalité très prémonitoire. mais il n
'y
avait même pas besoin de dons de divination pour voir les ferments de la polarisation, de l'ultra-polarisation dans nos sociétés et de la grande violence vraiment qui sévit partout. Je ne parle pas simplement des casseurs et des pilleurs dont il a été beaucoup question ces derniers jours et qui nous scandalisent tous, mais aussi de la violence sur les réseaux sociaux, de la violence sur les médias, de l'affrontement au sein de l'Assemblée nationale. Enfin, je veux dire, il n'y a plus aucun endroit où une espèce de paix peut régner. On peut ne pas être d'accord et pour autant ne pas se détester immédiatement. Moi, en tout cas, je suis très attachée à cela.
Et c'est vrai que ça m'inquiète beaucoup parce que c'est dans cet univers-là que grandissent nos enfants. En
tout cas, il
évoquait cette situation, cette hypothèse. Et en plus, il évoquait cette hypothèse en banlieue et pas dans les centres-villes. Et pourtant, c'est des violences qu'on a connues le week-end dernier.
C
'était dans le centre-ville, notamment de Lyon, de Paris, de Limoges.
Mais de toute façon, je vais vous dire, en fait, ceux qui croient que les méfaits que l'on constate en banlieue, je pense par exemple à certains problèmes de maintien de l'ordre, de débordement, d'érapage policier parfois, etc., que ces méfaits-là pourront être cantonnés uniquement à la banlieue et ne concerner que ces gens qu'on ne veut pas voir, se trompent, se mettent un doigt dans l'œil. C'est-à-dire que tout ce qui ne va pas en banlieue, à un moment donné, finit par atterrir, y compris dans vos centres-villes, dans les centres-villes. Et c'est pour ça qu'il faut s'y confronter, y apporter des réponses politiques. Typiquement, le narcotrafic, mettons.
Voilà un exemple dont longtemps, on a l'impression que nombre d'observateurs ou de pouvoirs
politiques se
sont dit...
On
a
l
'impression
que ça arrive depuis quelques années,
simplement. Ben
voilà, se sont dit, finalement, c'est un sujet de banlieue, etc. Ben non, en fait, le narcotrafic fait des morts, le narcotrafic est gravissime. Et aujourd'hui, on se rend compte qu'il s'étale dans tous les territoires, y compris dans des territoires ruraux ou périurbains, dans lesquels on ne les attendait pas du tout. On
va revenir évidemment sur les causes de cette situation, mais ça en fait partie, effectivement.
Donc, ce que je veux dire, c'est qu'en fait, une société qui se satisfait et se complait de ses inégalités sociales, c'est une société qui est perdante à la fin parce qu'elle ne voit pas venir les vrais dangers et elle ne s'est pas s'y confronter.
En tout cas, on revenait sur le propos de Gérard Collomb. Dès 99, aussi, un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Chevènement, avait parlé de sauvageons pour les délinquants qui polluaient déjà les banlieues ou les centres-villes. Ce sont leurs enfants, finalement, qu'on retrouve aujourd'hui. Ceux-ci expliquent peut-être cela
?
Oh là là ! Moi, je pense qu'il ne
faut
pas forcément faire de raccourcis dans le mouvement auquel on assiste en ce moment. Parce que je pense que le mouvement lycéen, c'est un mouvement... Alors,
ce n'est pas
que le mouvement des lycéens, évidemment, le week-end dernier. C'était aussi
un certain nombre de gens qui luttent
contre la vie chère.
Même les phénomènes, en effet, de mobilisation sociale. Mais je voudrais commencer par le mouvement lycéen, puis après, je reviendrai sur la mobilisation sociale. Mais le mouvement lycéen,
pour
moi, il n'est pas l'héritier d'autres mouvements du passé. Je sais, tout le monde pense à mai 68. Mais je veux dire, pour moi, ce n
'est
pas du tout la même chose. En mai 68, on voulait décadenasser une société aux normes trop contraignantes pour la jeunesse, qui ne trouvait pas vraiment sa place dans les sphères de pouvoir, qui voulait plus de liberté de mœurs, etc. Donc,
c
'était comme une espèce d'appel à respirer plus grand, etc.
C
'était la soupape, quoi.
Exactement. Cette fois-ci, ce que dit le mouvement lycéen de ce qu'on appelle la Gen Z en 2026, c'est vraiment complètement autre chose. C'est une angoisse absolue. On n'est pas dans « Allez, laissez-nous respirer plus grand pour être plus libres et plus joyeux ». Mais ils s'adressent à nous, adultes, collectivement, en nous demandant ce qu'on a fait pour les mettre dans la nasse. Tiens, je vais employer un terme qui se retrouve dans les manifestations.
C'est un policier, oui.
Dans la nasse, on les a mis dans la nasse, sans issue, sans possibilité de sortir. C'est comme ça qu'ils perçoivent les choses, avec un marché du travail dont ils sentent bien, qu'il va être de plus en plus bouché, et notamment même avec diplôme du fait de l'intelligence artificielle, avec une orientation devenue extrêmement sélective dans les études, et pas de place pour tout le monde, à cause de tous les systèmes malthusiens, parcours sup, non-création de place dans l'enseignement supérieur, etc., décision de ces dix dernières années, et avec des conditions d'enseignement au lycée qui se dégradent parce que les mauvaises décisions ont été prises ces dernières années.
Donc en fait, ces jeunes, ils nous disent, « Mais vous nous mettez dans cet état-là, alors qu'il y a un changement climatique, la canicule, qu'il y
a les guerres
de retour à nos portes, potentiellement qui vont nous concerner demain, les guerres, parce qu'on ne sait pas où va le monde, les nouvelles technologies incontrôlables. »
Donc
moi, je pense que cette mobilisation lycéenne, c'est la mobilisation du désespoir, et que franchement, on devrait la prendre très au sérieux, parce que quand les gens sont désespérés,
–
Vous
pensez
qu'aujourd'hui, c'est pris
au sérieux au niveau
de l
'État ?
– Non, ils ne sont absolument pas pris au sérieux. Enfin, je veux dire, il a fallu au moins 15 jours pour que le ministère de l'Éducation, qui était quand même le premier concerné par les revendications, se réveille et se rappelle que ce n'était pas à son collègue ministre de l'Intérieur de gérer ça. Parce que vraiment, pendant les 15 premiers jours, tout se passait à Beauvau. Ça n'était qu'une question de maintien de l'ordre. À aucun moment, visiblement, la question s'est posée au gouvernement de recevoir les organisations lycéennes, d'écouter ce qu'elles avaient à
dire.
–
Alors, ça
sera le
cas
maintenant, puisque déjà, Emmanuel Macron a reçu des lycéens hier,
effectivement. – Oui, mais
ça fait quasi un mois
que ça a commencé.
–
On
va en reparler dans une minute.
–
Ça
fait
d'ailleurs plus d'un mois, parce que si mes souvenirs sont bons, c'était le 23 septembre, le tout premier déclenchement en Seine-Saint-Denis. –
Avec des solutions, on aura l'occasion d'y revenir qui ne sont pas faciles à trouver, en tout cas à financer. Mais vous avez souhaité, effectivement, qu'on en parle et que vos propos, j'imagine, soient confirmés par une lycéenne. –
Oui, parce que
vous avez eu la gentillesse de me proposer d'inviter quelqu'un à la table de cette interview. Et plutôt que d'inviter des gens qui ont déjà accès au micro facilement, je voulais vraiment qu'on entende une lycéenne ou un lycéen.
–
Ça va être le cas avec Eileen Huyn-Bourret. Bonjour à vous. –
Bonjour.
– Voilà, vous êtes lycéenne en terminale au lycée Frédéric Faïs de Villeurbanne. Vous avez entendu les propos, évidemment, de Najat Vallaud-Belkacem sur les constats et les causes de tout ce que vous vivez, finalement. Alors, est-ce que c'est ça, finalement, le contexte et les inquiétudes que vous avez pour l'avenir qui sont à l'origine de ce mouvement ?
– Je
pense qu'il y
a
une partie, justement, qui est née par la peur, mais il y a aussi cette, je pense, cette éclair de conscience
où
on s'est rendu compte, tous,
avec
des vidéos ou
des
propos d'autres élèves que nos conditions n'étaient pas normales. Elles étaient déplorables. Et je pense qu'on peut parler, rien que du bâtiment, de tous nos lycées, qui a, par exemple, pour le nôtre, des moisissures et qui a, pendant des années, eu des chutes.
Je
pense que la question aussi du réchauffement climatique et des températures qui peuvent aller de très haut à très bas nous affectent énormément dans nos études. –
C'est ce qui a fait
déborder
le vage,
j
'allais dire, parce que j'imagine que ce n
'est
pas d'hier, vous êtes en terminale, ça fait trois ans que vous êtes au lycée, ce n
'est
pas d'hier que vous reconnaissez que les conditions des lycées qui, d'ailleurs, sont gérées par la région, les bâtiments sont dans un mauvais état. Mais qu'est-ce qui a fait déborder le vage en cette rentrée ?
–
Je pense qu'il y a déjà eu une mobilisation des professeurs qui a été totalement ignorée par l'État. Ce
qui
a causé une frustration de notre part aussi parce qu'avec le mouvement qui est né à Saint-Denis, on s'est rendu compte que nos combats étaient les mêmes. Et je pense qu'il y a eu une solidarité entre les élèves et les professeurs où ils ont pu nous montrer aussi que
ces
problématiques-là n'étaient pas
normales et
qu'il fallait en fait se battre pour nos droits. Et je pense qu'on a aussi un mouvement qui est très solidaire dans un sens où on ne se bat pas que pour nos revendications en tant qu'établissement, mais aussi pour les autres et pour le futur des élèves, que ce soit des secondes, des premières et puis des générations après.
Oui. Il y
a
une véritable mobilisation au lycée Frédéric Faïs de Villeurbanne
?
Il y a eu justement une première semaine après une...
Est
-ce
que finalement le mode de grève, de blocus est le seul mode de lutte ou est-ce qu'il
y a
d'autres moyens, j'allais dire, plus pacifiques ou plus d'échanges finalement avec les différentes instances
?
Alors, il faut savoir que les blocus ont été plutôt pacifiques dans la globalité. Il y a eu surtout une frustration, je pense, justement, avec les réponses de la direction de l'établissement qui ont été juste de nous ignorer. C'est à ce moment-là que je pense que la frustration a pu dégénérer les choses et pourtant, je pense que globalement, dans les blocus, il y a une solidarité, une protection des autres élèves qui est très forte. Donc, oui, on a essayé énormément de dialoguer. Le
dialogue qui
commence
à s'instaurer, après, avec quel espoir de solution ? Parce que c'est évidemment des choses qui vont être à la fois coûteuses et on sait qu'on est dans un contexte difficile sur le plan budgétaire. Quels sont les espoirs ? Enfin, ce que vous attendez, c'est quoi ? C'est véritablement tout de suite qu'il y ait un dialogue et peut-être des solutions à moyen ou long terme, mais en tout cas, qu'il y ait ce dialogue ?
Oui, c'est ça. On veut être écouté, je pense, et on veut que ça ne soit pas juste qu
'on
vous écoute, bien sûr, et puis ne pas avoir de réelles réponses après ça. Et je pense que c'est quelque chose qui... On n'attend pas à ce que l'État sorte des millions tout de suite ou des milliards. Non, on veut qu'il y ait réellement des annonces, des réflexions de l'État par rapport à nos problématiques.
Lille, ce que
je
vous
propose, c
'est qu'on en parle dans quelques minutes. On va se retrouver dans la deuxième partie de l'émission. On passe quelques pubs sur Lyon 1ère ce matin. Et puis, on revient tout de suite avec Najat Vallaud-Belkacem, notre invitée aujourd'hui, présidente du groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes et présidente de l'association France Terre d'Asile. A tout de suite et merci d'être avec nous ce samedi matin sur Lyon 1ère. C'est le retour de l'invité politique ce samedi matin avec notre invitée du jour.
On
a plaisir à la recevoir, Najat Vallaud-Belkacem, présidente du groupe Socialiste, Écologiste et Démocrate au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes, également présidente de l'association France Terre d'Asile et ancienne ministre de l'éducation nationale sous François Hollande entre 2014 et 2017. Et
puis,
nous avions également au téléphone, avant la pub et avant la pause, Hélène Huyn-Bourret. Vous êtes toujours avec nous ? Oui. Voilà, qui est étudiante, enfin plus exactement lycéenne, en terminale au lycée Frédéric Faïs de Villeurbanne. On commençait à parler avec vous, évidemment, de la situation que vous connaissez à l'occasion du mouvement lycéen qui est là depuis un mois maintenant. Rappelez-nous quels sont vos espoirs, effectivement, qu'il y ait une solution maintenant. Et enfin, qu
'est
-ce qu'il peut faire encore une fois que rapidement ce conflit s'arrête même si les solutions ne seront pas forcément mises en œuvre immédiatement
? Je
pense que c'est donc des réelles annonces qu'on attend de l'État et des institutions. Par exemple, on en a discuté avec certains, la réhabilitation du mode de REP. Je ne sais pas si vous connaissez, mais ça nous permet d'avoir en tant qu'établissement de zone de banlieue plus de moyens pour favoriser notre éducation. Et on attend aussi d'avoir peut-être plus de personnel et plus de renforcement du bâti.
Mais ça, sous quel délai ? Parce qu'évidemment, ça ne pourra pas être amélioré. Alors, il y a 3000 professeurs ou en tout cas, personne qui pouvait intervenir assez rapidement pour suppléer aux absences des professeurs habituels. Mais encore une fois, on est aussi dans un contexte difficile sur le plan budgétaire. Le budget justement est en négociation, en tout cas en discussion à l'Assemblée nationale et au Parlement. Est-ce que vous attendez quelque chose qui soit rapide quand même ou pour les prochaines rentrées ?
Je ne pense pas que ça soit le terme de rapidité. On n'attend pas à ce que des professeurs surgissent de nulle part, mais on attend que l'État le comprenne. L'État fasse des annonces plutôt, je pense. Ce n
'est
pas juste qu'on attend que ça se fasse sur le moment. On veut que notre problématique et que nos inquiétudes soient réellement comprises et qu'elles puissent réellement être...
C'est ça, c'est véritablement de la
considération que la prise en compte de vos difficultés avec en ligne de mire quand même Parcoursup.
C
'est ça ? Ça pourrait être... Et je pose la question à l'ancienne ministre de l'Éducation nationale. Ça pourrait être supprimé à plus ou moins rapidement quand même d'ici la prochaine rentrée Parcoursup où c'est un processus assez long aussi, Najat Vallaud-Belkacem.
En fait, la question à travers Parcoursup, c'est davantage la question du nombre de places dans l'enseignement supérieur. Donc
vous
me disiez en préparant cette émission, Eileen, que les places, notamment un master, se réduisent, c'est ça ?
C'est ça. Bien que beaucoup d'élèves aient leur licence et valident leurs premières années, il n'est pas une garantie d'avoir un master et pourtant, ça devrait l'être,
en fait.
Avec des débouchés, effectivement, qui sont peut-être moins nombreux de nos jours, c'est ce que vous commenciez à dire. Najat Vallaud-Belkacem.
En fait, le système est complètement engorgé, mais il est engorgé et ce n
'est
pas une fatalité, il est engorgé parce qu'on n
'a
pas créé le nombre de places dont on avait besoin dans l'enseignement supérieur. Honnêtement, vous avez remarqué que depuis une dizaine d'années singulièrement, on n'entend plus du tout parler de l'ambition que se fixe notre pays en matière d'accès à
l
'enseignement supérieur. C'est quand même, je veux dire, quand on était aux responsabilités, on avait un chiffre précis. On disait, on veut 60% d'une classe d'âge qui valide l'enseignement supérieur. Mais aujourd'hui, vous n'entendez plus jamais parler de ce chiffre.
C
'est-à-dire qu'en fait, il n'y a plus d'ambition. C'est-à
-dire qu
'on est
juste dans
la
gestion
finalement
? On
est dans la gestion et donc derrière, on ne se donne pas les moyens.
Et
donc du coup, vous avez des cohortes entières de bacheliers qui arrivent et qui veulent faire des études supérieures pour lesquelles on n'a pas pensé à développer. Et encore une fois, tout le monde ne veut pas faire la même chose. Tout le monde ne veut pas faire forcément des études longues jusqu'à être docteur à l'université. Tout le monde ne veut pas faire forcément des grandes écoles. Mais par contre, est-ce qu'on a suffisamment d'IUT, de BTS, de licence, de master ? Non,
c'est toute une offre
finalement à revoir.
C'est ça ? En
fait,
c
'est toute une offre à revoir. Et en fait, depuis 10 ans, le nombre d'étudiants a augmenté de 20%. Mais il n'y a pas eu de nouvelle place. Résultat des courses, ils ont été orientés où ces nouveaux étudiants ? Soit ils n'ont pas trouvé de place à cause de tous ces systèmes sélectifs dont on parle depuis tout à l'heure. Soit ils ont été orientés vers l'enseignement supérieur privé. L'enseignement supérieur privé, c'est payant. Tout le monde ne peut pas se permettre de payer de
l
'enseignement supérieur. Surtout quand vous avez plusieurs enfants, etc. Et puis en
plus,
ce n
'est
pas toujours de qualité.
Il y a des
annualités qui sont quand même assez élevées pour certains établissements.
Et
puis ce n
'est
pas toujours de qualité. Aujourd'hui, il y a un manque de contrôle sur la valeur des diplômes qui sont fournis par ce sub privé qui est quand même extrêmement problématique. Donc c'est pour ça que les gens se sentent piégés à la fin des fins.
On se donne bon courage, Aline,
en
tout cas, dans votre combat. Et puis on suivra ça évidemment cet après-midi et éventuellement si la manifestation est peut-être maintenue. Ça dépend. Le maire de Lyon a dit qu'éventuellement il souhaitait une manifestation même si elle est interdite par la préfecture. En tout cas, dans les jours et les semaines qui suivent.
Merci Aline.
Est-ce que je peux simplement pardon Aline, je vous ai interrompu mais je voulais juste vous remercier pour votre témoignage et puis vous dire force à vous tous. Je regrette sincèrement que le lycée Frédéric Faïs qui aurait dû faire l'objet d'un investissement beaucoup plus important de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ce que nous n'avons cessé de demander parce que vous avez rappelé que moi je siège comme président de groupe d'opposition dans la région mais nous avons adressé à de multiples reprises à Laurent Wauquiez à favoris Pancouc des demandes pour que les lycées les plus mal en point de notre région et Frédéric Faïs en fait partie soient mieux lotis et rénovés et tout ce que vient d'évoquer Aline est juste et ça n'a pas été fait parce que la vérité c'est que nous avons accusé un retard considérable dans le financement de la rénovation de nos lycées publics dans cette
région. Donc
c'est aussi un combat de
l'hémicycle
de
la région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est un combat énorme.
Merci en tout cas Aline et bon combat. Merci à vous. La semaine dernière je commençais à en parler tout à l'heure évidemment de ce contexte difficile pour le budget. La semaine dernière les députés socialistes emmenés par quelqu'un que vous connaissez bien d'ailleurs Boris Vallaud président de groupe ont déposé une motion de rejet contre le projet de budget.
Elle
a été repris. Les socialistes aujourd'hui ne veulent plus faire de concessions Najat Vallaud-Belcalcem
?
Alors ça nous permet d'aborder la mobilisation sociale puisque tout à l'heure vous vouliez parler des deux.
Oui voilà parce qu'on l'a dit ça on est bien d'accord qu'il y a tous ceux
qui luttent contre la vie chère.
Il y a ceux qui luttent contre la vie chère. Alors franchement il faut vraiment avoir conscience que notre pays s'est considérablement dégradé sur la question du pouvoir d'achat ces dernières années. Je sais on vit dans un monde où les informations passent il y a parfois de la désinformation on ne se souvient plus de rien. Je voudrais vous donner un chiffre simple. Le taux de pauvreté dans notre pays n'a jamais été aussi élevé cette année
que
depuis 1996.
Avec des crises
énergétiques effectivement. La dernière
fois
qu
'il a été aussi élevé le taux de pauvreté dans notre pays c'était en 1996 c'est des chiffres INSEE. Quand vous comprenez ça vous vous dites mais en fait oui il y a eu une dégradation. Est-ce que sur l'ensemble la France s'est appauvrie ? Non il y a une question de répartition des richesses.
En fait un certain nombre de mesures politiques qui ont été décidées par les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron malheureusement ont conduit à ce que ça aille dans la poche des uns et pas dans la poche des autres et on a un énorme problème aujourd'hui avec toutes des catégories sectorielles c'est pour ça que dans les manifestations du 17 octobre je ne parle pas des casseurs je parle des manifestants vous aviez aussi bien des infirmières des professeurs naturellement mais aussi des agriculteurs personnes
qui s'en plaisaient bien sûr
mais tellement de personnes des employés ça
veut dire qu'aujourd
'hui à l'Assemblée Nationale notamment mais d'ailleurs dans tous les combats y compris dans la campagne présidentielle les socialistes veulent inverser la vapeur
exactement et c'est pour ça que les socialistes vont être confrontés à une question difficile qui est s'ils n'arrivent pas à inverser cette vapeur c'est à dire vraiment à avoir un budget qui protège les français les plus vulnérables
le
budget
qui est aujourd'hui proposé déshabille toujours plus les plus vulnérables
et pourtant on est bien d'accord qu'il faut quand même faire des économies ou alors les
économies sont mal trouvées il
y a question par exemple de déremboursement de soins de façon absolument considérable je rappelle que moi j'ai appartenu à un gouvernement celui de François Hollande dans lequel
François
Hollande mais avec d'autres premiers ministres évidemment
absolument oui vous avez raison sur la présidence de François Hollande mais durant le quinquennat en question 2012-2017 je vous invite à vérifier nous avions rétabli l'équilibre de la sécurité sociale sans procéder à des déremboursements il
n'y avait
pas eu le Covid il n
'y
avait pas eu de la crise
énergétique
oui
mais comme
quoi c'était possible et pourquoi ? parce qu'on avait d'avant avantages fait contribuer les laboratoires pharmaceutiques donc en fait dans la vie politique tout est question de choix là aujourd'hui le gouvernement va faire le choix
de prendre dans la poche les
vulnérables
c
'est ça ? ben non en fait il faut en effet mettre à contribution les laboratoires pharmaceutiques il y a des solutions pour chacun des problèmes qui se posent en train de dire qu
'il faut creuser il y a par
exemple la solution de Raphaël Glucksmann qui a remporté la première sociale démocrate et que vous soutenez qui veut taxer les plus riches notamment les successions qui dépassent les 2 millions d'euros est-ce que c'est pas de la poudre aux yeux parce qu'on sait très bien que les riches vont trouver les solutions pour avoir une fiscalité moindre et ne pas payer forcément ce qu'ils doivent
mais
vous savez si on avait eu ce type de raisonnement on n'aurait jamais installé dans notre pays l'impôt progressif c'est-à-dire que dès le début on aurait dit ben c'est pas possible d'avoir une progressivité des impôts parce que sinon comme ils vont être plus touchés les plus riches ben ils vont pas rester non je pense qu'à un moment donné l'éthique et l'efficacité commandent de faire contribuer chacun à hauteur de ce qu'il peut et de ce qu'il en vérité reçoit de la société car quand on dit les riches enfin je veux dire ils sont pas devenus riches comme ça par par la grâce de la fée qui s'est penchée sur leur berceau mais bien parce qu'ils ont bénéficié d'un système notamment d'enseignement supérieur de grandes écoles de prépa etc que nous payons
vous
attendez un juste retour des choses
mais bien sûr c'est un
juste retour des choses ils ont bénéficié lorsqu'ils ont monté une entreprise qui est devenue une grande entreprise d'aide aux entreprises
qui
sont
considérables
reconnaissez-le ils ont contribué
beaucoup déjà mais
ce que je veux dire c'est qu'en fait tout ce système mérite d'être remis à plat ne serait-ce que pour que chacun comprenne et qu'on arrête de regarder certains comme étant des assistantes qui ne feraient que bénéficier du système non c'est pas vrai d'abord tout le monde contribue au système même ceux qui ne payent pas d'impôts comme vous le savez payent des impôts
indirects la
TVA par exemple donc tout le monde contribue au système mais surtout que ceux qui finalement sont le mieux lotis dans ce système contribuent davantage que les autres ça me paraît la moindre des choses
alors
je parlais de Raphaël Glucksmann qui est crédité dans les sondages de 14 à 16% d'attention de vote au premier tour de la présidentielle après avoir remporté de la première sociale démocrate quelles sont à votre avis ces capacités à rassembler les électeurs et du coup de gagner l'élection présidentielle
alors
moi je pense qu'on est dans une drôle de situation et pas qu'en France
on
sera moins effectivement
non
non on est vraiment dans plusieurs pays de ce que j'observe on est dans une situation de telle détestation de la politique et c'est terrible pour moi de faire ce constat là car j'aime la politique mais les gens détestent la politique les politiciens en tout cas pas de la politique mais les politiciens que finalement à l'approche d'une élection ce qui aura leur faveur ce sont les candidats qui paraissent le plus éloignés de la politique ce sont les candidats qui finalement c
'est peut-être dans le cas
d'Emmanuel Macron finalement
il y a un peu plus dix ans
absolument les candidats qui tirent leur légitimité soit d'une expertise scientifique soit d'une légitimité on va dire de terrain etc ou associative en fait les gens se mettent à préférer largement ça c'est à dire qu'ils trouvent ces personnalités là plus légitimes que les politiques qui font de la politique depuis
des années et pourtant vous
nous dites que les politiques sont nécessaires du coup
non
mais en fait pourquoi je vous dis ça parce que d'une certaine façon même si Raphaël Glucksmann est élu député européen depuis il en est à son deuxième mandat il n'en reste pas moins qu'aux yeux des gens il apparaît encore comme cet homme extérieur au sérail politique et donc contre toute attente je pense que c'est quelque chose qui plaît considérablement donc je pense que il a des atouts
pour
porter le projet politique qui est celui des socialistes et de la gauche et que finalement ce n
'est
pas le plus mal loti honnêtement dans cette campagne étrange où même des gens qui ont pensé être mieux positionnés je pense à quelqu'un comme Edouard
Philippe
finalement il n'en faut pas grand chose pour que ça
s'effondre il est parti trop
tôt finalement à votre sens
oui on a l'impression qu'il est parti trop tôt que les gens sont plongés dans l'anxiété qu'on évoquait tout à l'heure il
n'y a
pas que les jeunes qui sont touchés par ce mal
-être François Hollande disait par
exemple cette semaine chez un de nos confrères que lui pensait que la campagne démarrera vraiment au mois de février mars qui n'était pas partisan que ça démarre avant
mais
ce n
'est
pas une raison pour ne pas la commencer tôt parce que la vérité c'est que quand même on sent que cette année 27 va être l'année de tous les dangers on sent que l'extrême droite est aux portes du pouvoir et donc il fallait quand même commencer tôt mais je pense que les gens sont saturés saturés d'informations saturés de désinformations saturés de polarisations et de violences
et ça ne s'arrattra pas évidemment dans les mois qui viennent
et
que du coup en fait pour le moment rien ne prend sur eux et c'est pour ça que les
sondages c'est
que votre expérience finalement de la campagne pour ces collègues royales de 2007 ou avec François Hollande de 2012 finalement n'a plus rien à voir avec celle qu
'on
va vivre cette fois-ci
Ah
oui le monde a profondément changé de toute façon je porte un regard quasi nostalgique sur ce qu'était la politique il
y a
15 ans parce que bien sûr il y avait parfois de l'affrontement et de la brutalité mais on partageait un terreau commun on était quand même capable de parler d'une réalité qu'on constatait et
puis
après on avait des visions différentes sur cette réalité et des projections différentes mais là là c'est les réalités même on est tellement enfermé dans nos bulles cognitives qu'on ne voit que ce qui nous arrange et c'est le sectarisme qui prévaut et plus personne ne s'écoute donc non moi je pense que la période est très particulière
en
tout cas il y a des acteurs on vient de le citer par exemple François Hollande qui a quand même de revenir dans cette campagne présidentielle voir de se présenter lui-même il ira selon vous
enfin honnêtement je ne lis pas dans le marre de café mais ce que je peux vous dire c'est que pour l'instant j'ai le sentiment qu'il y a un candidat légitime qui est Raphaël Glucksmann qui a tout de même obtenu un résultat très important au moment de cette désignation que si pour je ne sais quelle circonstance c'était François Hollande qui devait se présenter honnêtement ce ne serait pas un mauvais choix parce que pour le coup quelqu'un qui a l'expérience qui est la sienne qui a pu démontrer même avec le recul à quel point sur le plan géopolitique il a tenu la barre et pas simplement sur le plan géopolitique mais aussi sur le plan national enfin je vous rappelle qu'au moment des attentats du Bataclan par exemple on a vraiment l'impression que la France allait se défaire et il a tenu la barre il a été à la hauteur donc je pense que dans un
moment c
'est un
homme d'état pour vous et s'il se remettait dans la course vous appelleriez aussi à le soutenir
les hommes d'état sont évidemment plus que les bienvenus dans le débat et dans les courses mais après enfin pour le moment c'est Raphaël Glucksmann qui est le candidat légitime et très honnêtement je ne vois pas pourquoi il se retirerait
et
puis on parlait d'un autre homme d'état au début de cette émission on va terminer par lui aussi cette deuxième partie presque trois ans après sa mort que penserait à votre avis Gérard Collomb de la ville qu'il a espéré pendant 27 ans dans l'opposition et conduite pendant près de 20 ans
loin
d'être conseillère
dans un premier temps et puis ensuite adjointe aux grands événements
notamment
je
ne sais pas
je
ne sais pas ce qu'il penserait de tout ça
vous
pensez qu'il serait déçu par la situation de la ville
c'était
un être tellement complexe comme vous le savez je veux ne conserver de lui que les images lumineuses on va dire mais il avait aussi parfois des tactiques politiques qui me surprenaient enfin je veux dire j
'ai quand
même souvenir
y compris de son alliance avec Laurent Wauquiez au moment des élections municipales de 2020 voilà donc il avait aussi des côtés pas
du tout agréables pour moi
donc je ne sais pas comment il réagirait je dirais que
là où il est
il a sans doute gagné en sagesse et voilà
Najat Malou Belkassane présidente du groupe socialiste, écologiste et démocrate au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes présidente de l'association France Terre d'Asile et haut fonctionnaire est notre invité ce matin et on la retrouve pour la troisième partie et dernière déjà de cette émission dans quelques minutes merci d'être avec nous sur Lyon 1ère c'est le retour de l'invité politique en ce samedi matin sur Lyon 1ère avec notre invité de jour Najat Vallaud-Belkassane haut fonctionnaire président du groupe socialiste, écologiste et démocrate au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes et président de l'association France Terre d'Asile
et
chaque semaine notre invité nous recommande d'un livre dédié à la politique parfois on n
'est
jamais si bien servi que par soi-même surtout quand on vient de sortir un livre et qu'on veut en défendre évidemment ça peut se comprendre les idées c'est donc votre nouveau livre que vous nous présentez alors là je me prends vraiment pour Bernard Pivot dont on vient d'écouter la musique du générique ou encore de nos jours Augustin Trappnard parlez-l'où Najat Vallaud-Belkassane de Sevrage Numérique enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer ça vient de sortir en tout cas c'est sorti au début de l'année aux éditions Talandier
absolument et je vais même faire le lien avec l'actualité lycéenne bien
sûr c'est bien fait pour ça bien sûr
parce
que d'abord de quoi parle ce livre comme vous l'aurez compris de notre rapport aux écrans
et
notamment à notre smartphone
les tablettes les smartphones bien entendu qu'on a quasiment
greffé maintenant dans la paume de la
main
du fait que mine de rien mis bout à bout les heures qu'on y consacre en fait c'est 27 ans de nos vies
les jours arrivés sur
ce
petit écran et
que
en fait rien que d'entendre ça ça donne juste envie de mourir en fait soyons honnêtes
tout
de
suite du coup
non mais sérieusement c'est ahurissant et donc en fait c'est un livre dans lequel j'interroge nos pratiques numériques comment on en est arrivé là à qui profite le crime de nous maintenir à ce point à paix addict à ses contenus à ses applications à ses réseaux sociaux alors
parlez-nous
notamment de ce syndrome FOMO j'ai découvert ça Fear of
Missing Out c'est
-à-dire comment est-ce que à force finalement d'être connecté en permanence de recevoir de l'information tout le temps le fait même de laisser son portable de côté quelques jours de ne pas le consulter on a l'impression de passer à côté du monde de
rater tout
d'accord vous avez le sentiment et moi
aussi je le confirme ah
ben oui absolument et donc d'être un peu inutile c'est absolument terrible on nous a piégé
mais attendez j'ai quand même lu que quand vous étiez ministre de l'éducation nationale vous aviez tout fait justement pour que chacun possède un moyen numérique à sa disposition en permanence
alors non pas du tout en fait ce que j'ai fait et j'y tiens et il faut que ça continue d'être
fait ce qui a le
sens de l'histoire aussi bien entendu c
'est de
faire une
éducation
au numérique à l'école oui
ce qui n'empêche pas l'éducation parallèle
bien sûr absolument c'est-à-dire que les élèves de toute façon vont vivre dans un monde numérique on parlait en plus d'IA tout à l'heure et donc il faut qu'ils sachent utiliser et ne pas être eux-mêmes les jouets de tous ces réseaux de cette économie du numérique et donc ça s'apprend à l'école mais là où je voudrais faire un lien avec le mouvement lycéen si vous me permettez donc en gros le livre il dit pour résumer les
lycéens d'ailleurs qui n'ont plus le portable depuis
leur entrée
donc le livre ce vrage numérique en gros ce qu'il dit c'est hé réveillons-nous nous avons un énorme problème de passer autant de temps devant
nos écrans donc
vous donnez les chiffres le constat cela
a un impact sur à la fois notre bien-être personnel mais aussi sur notre débat démocratique puisqu'on est enfermé dans des bulles on se hyper polarise sur ces écrans etc donc réveillons-nous et surtout dit le livre arrêtons de considérer que ce n'est qu'un problème de mineurs de jeunes d'enfants que le temps d'écran passé c
'est ça
parce que les parents qui suppriment les portables de leurs enfants sont là à consulter
en permanence et
que nous autres adultes nous sommes également concernés même les premiers concernés parce qu'il se trouve que nous les adultes nous sommes par ailleurs citoyens donc si notre citoyen devient complètement médiocre du fait de l'utilisation de ces écrans H24 c'est un énorme problème or pourquoi je fais le lien avec le mouvement lycéen parce que j'ai trouvé ça très intéressant que notre débat public il y a un an deux ans de cela commence à s'intéresser aux écrans en faisant justement l'erreur que je disais de
ne pas
faire c'est-à-dire en ne regardant que les mineurs les jeunes et les élèves et donc très vite les seules mesures annoncées ont été l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans et l'interdiction du portable dans les lycées mesure avec lesquelles je serais plutôt d'accord parce que moi je pense qu'il faut qu
'on
crée des sanctuaires numériques un peu partout et je pense que quand on est mineur il faut qu'on soit plus protégé dans l'accès à ces réseaux sociaux mais
moi
j'aurais dit c'est l'ensemble de la société qui doit faire l'objet de mesures à défaut les lycéens se
sont sentis par exemple à
défaut les lycéens se sont sentis agressés par ces mesures
discriminés
parce qu'en fait ils ont bien vu que s'agissant du numérique et des écrans et des réseaux sociaux on ne parlait que de on ne les jetait la pierre qu'à eux qu'à leurs pratiques qu'à leurs usages et donc on retrouve dans les mobilisations lycéennes un propos parmi d'autres qui consiste à dire en plus la seule chose ce qui nous permettait un petit peu de nous évader etc c'était nos portables et vous nous les avez retirés et donc en fait j
'en reviens
on pense
expliquer le
conflit évidemment c'est quelque chose qui là aussi peut-être a fait déborder le vase
exactement
certains
disent que ça a fait déborder le vase mais moi j'en reviens au livre sevrage numérique que je vous invite peut-être à lire si vous le pouvez dans lequel je dis c'est notre société toute entière la régulation des acteurs du numérique il faut la faire tout de suite pour nous tous pour nous
protéger c'est
un combat là à court terme
exactement et vraiment il faudrait que les pouvoirs publics se saisissent ce sujet
bon ben voilà une bonne occasion effectivement de quitter les écrans pour votre livre donc je rappelle sevrage numérique enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer vos éditions Talendier c'est sorti en janvier dernier est-ce que les écrans de cinéma sont aussi dangereux d'ailleurs
?
non pas du tout et d'ailleurs c'est terrible parce que les petits écrans nous éloignent aussi du cinéma alors
pas
du tout d'un écran à l'autre bonjour Frédéric Borgia
bonjour
vous êtes depuis deux ans le directeur du cinéma Le Zola au 117 du cours du même nom à Villeurbanne un cinéma centenaire qui n'est plus en odeur de santé d'ailleurs auprès de la région Auvergne-Rhône-Alpes puisqu'elle vient de lui retirer la subvention de 17 000 euros qu'il avait l'habitude de lui confier pour le festival du film court dont la 47ème édition se tiendra du 8 au 15 novembre prochain d'ailleurs Frédéric Borgia rassurez-nous l'édition 2026 du festival n'est pas remise en cause ?
Ah non puisque tout était prêt tout était prêt au moment où on a su le 12 octobre par un mail laconique de deux lignes que la région ne nous soutiendrait pas C
'est quand même terrible si je peux me permettre juste un commentaire là-dessus parce que à travers ce témoignage on voit vraiment la façon dont la région traite ses acteurs culturels Alors
j'appelle
Najal Vallaud-Belkassam que vous avez été vice-président délégué à la culture entre 2004 et 2008 Absolument
ça
ne
serait
pas reproduit Ah
non ça ne se serait
absolument jamais produit Aujourd'hui on a vraiment une gestion de la culture en fait en gros il y a de la part de l'exécutif régional une espèce d'hostilité de principe à l'égard des acteurs culturels dont ils déplorent la trop grande liberté créatrice
On va en parler
mais le budget n'est pas remis en cause sur le plan global de la culture au niveau de la région c'est simplement qu'il est réattributable
En fait un certain nombre de structures culturelles ces dernières années ont vu leur budget baisser je vous rappelle que pour 2025 cette région c'est moins 3 millions d'euros pour la culture malheureusement pour l'année qui vient donc en fait ce qui a gagné comme vous dites ça a été un peu réparti différemment ce qui a gagné c
'est
le patrimoine c'est par exemple tout ce qui concerne les projets comme Gergovi des choses comme ça mais c'est pas le spectacle vivant c'est pas les festivals
ce
sont des choix en tout
cas
tous ces programmes-là ont été plutôt déshabillés et c'est terrible parce que en fait c'est une forme d'hostilité je le disais à l'égard de la liberté de création
Frédéric Bourgette donc vous nous le disiez qu'est-ce qu'on vous a écrit le 12 octobre à quelques semaines du festival ?
Voilà ce retrait pose problème sur le fond et la forme sur le fond en effet retirer des financements à des festivals dynamiques qui créent les événements culturels de la région qui font vivre aussi les acteurs culturels et dans notre cas le court-métrage donc de jeunes réalisateurs
on
va en parler
bien sûr sur
la forme informée et j'allais dire c
'est
moi qui suis allé chercher l'information
on vous a
envoyé un
mail pour avoir l'édito du président de la région et là ils ont été obligés le 12 octobre de me dire par un mail de deux lignes qui n'aurait pas de soutien et donc pas d'édito
on vous
a bien donné
une raison un
motif
non non zéro discussion zéro dialogue et zéro argument
alors que c'était un partenaire quand même habituel alors je ne sais pas depuis combien de temps mais c'était un partenaire quand même actif du
festival
depuis 20 ans la région soutenait ce festival donc c'est la 47ème édition un festival reconnu par le CNC un festival de classe A au même titre que Clermont que Brest donc un festival reconnu par les pouvoirs publics et par le public
la région dit encore une fois que son budget à culture est sanctuarisé qu'il ira au festival du cinéma documentaire et du livre Grand Bivouac d'Alberville c'est quoi cette nature à créer une sorte de concurrence malsaine entre festivals
voilà
c'est une sorte enfin une volonté de redéployer pourquoi pas c'est une collectivité territoriale elle a le choix de sa politique culturelle mais c'est inquiétant sur un festival c'est le seul festival consacré au court-métrage de la métropole lyonnaise c'est un festival important reconnu qui amène beaucoup de public donc là c'est une incompréhension de notre part
et d'ailleurs quelles sont les conséquences concrètes Frédéric Borgia quelles sont les conséquences concrètes pour le prochain festival il y aura moins de petits fours non c'est pas ça c'est
quoi
non puisque les petits fours sont déjà commandés non je plaisante mais par contre toutes
les
dépenses étaient engagées au moment du 12 octobre les dépenses les dépenses de communication d'impression du catalogue les dépenses d'accueil de tous les cinéastes qui viennent présenter leur film
donc ça veut dire vous avez des économies j'allais dire comment ça va se budgéter tout ça ce manque à gagner
si c'est un
danger financier de l'association comment ça se budgète bah voilà on essaie là actuellement de faire quelques économies mais quand tout est lancé il y aura un déficit du festival c'est très clair
vous attendez combien de spectateurs pour positiver cet événement pour
ces quelques jours
du 8 au 15
l'année dernière en 5 jours on a fait plus de 5 000 spectateurs et cette année
avec
une seule salle il faut le préciser
oui avec une seule salle évidemment cette année on passe de 5 à 8 jours on accueille une nouvelle compétition consacrée aux films d'école et aux autoproductions c
'est la compétition que
du feu je crois
oui
on grandit et c'est l'année où il
y
a la volonté vraiment de grandir que la région qu
'on
vous
coupe les ailes quoi
et
puis je crois la fête du clip également un clip musical c'est ça ?
tout à fait donc le clip l'autoproduction les films d'école on était en train de faire grandir enfin on est en train de faire grandir parce que j'ai envie de parler au présent le festival grandit c'est le seul événement de la métropole qu'on s'acte fait au court-métrage donc j'allais dire nous on est prêts on est à fond et le public est derrière nous
et puis le film court qui est souvent le tremplin pour des réalisateurs pleins d'avenir à travers la sélection d'ailleurs qui sont les stars de la réalisation ou de la comédie de demain selon vous à travers la programmation qui arrive
j
'avais demandé à Pierre Salvadori qui a fait l'ouverture du festival de Cannes cette année de faire partie du jury mais il n'était pas disponible on m
'a
répondu gentiment en me disant oh là là oui le festival de Villers-Bains je m'en souviens j'ai présenté mon premier film là-bas
donc ça veut tout dire effectivement
voilà
ça veut tout dire c'est une compétition qui accueille de nombreux cinéastes français mais c'est une compétition internationale donc c'est un état du monde et du cinéma à travers le court-métrage
qui
compose le jury cette année
? alors cette année on a Bertil Zenobi qui est le grand prix du festival de l'année dernière on a une scénariste qui est présente et on a un jeune réalisateur aussi qui vient d'avoir le prix le prix Jean Vigo du court-métrage donc voilà ce sont des des professionnels reconnus qui vont juger ces 38 films
les nouveaux talents quoi en tout cas c'est l'année des sous-brossons on peut dire pour le cinéma le zola puisque ce secteur est en pleine mutation à Villeurbanne il y a en effet un projet ou une réalisation à l'horizon 2028 la création de 4 nouvelles salles dans le nouveau quartier des gratte-ciels quel est ce projet au gratte-ciel d'ailleurs
?
alors tout à fait Villeurbanne est une anomalie après avoir eu 17 cinémas dans les années 60 il n'y en a plus qu'un avec un seul écran pour une ville de
117
actuellement
habitant c'est une aberration et donc la ville je sais que le projet existe dans les têtes des élus depuis bien 10-15 ans mais ça y est il est en construction il ouvrira au mois de septembre 2028 normalement
alors là vous nous parlez des murs mais qui va organiser qui va exploiter ces salles ? alors
nous
le saurons en 2027 et évidemment notre association est candidate à la prise en main de ces 4 salles
l'association pour le cinéma qui gère depuis les années 80 c'est ça le cinéma le zola ?
et donc il va y avoir un appel un appel à projet une DSP normalement et donc nous y répondrons et je sais que c'est-à
-dire qu'aujourd
'hui Frédéric Borgiane vous n'avez pas la certitude que ce sera l'association que vous dirigez pour le cinéma
qui
sera retenue pour ce projet
?
non non puisque juridiquement la ville a souhaité faire un appel mais après nous sommes confiants on a je pense la population derrière nous et un beau projet d'animation et de 4 salles orientées vers l'art et essai l'animation et les festivals
Votre
expérience pourrait faire la différence ou des organismes comme l'Urfol qui s'est mis à gérer les cinémas notamment de Saint-Priest de Rieux pourraient vous passer devant j'allais dire
?
Oui enfin en tout cas il y aura une saine concurrence mais je pense que nous Votre
expérience fera
la différence tout de même à Villeurbanne ? On a l'expérience locale qui fait qu'on connait parfaitement la ville de Villeurbanne ses acteurs le monde associatif qui fera de nous un plus
Merci
Frédéric Borgia je rappelle que vous êtes le directeur depuis deux ans du festival du film court et puis également du cinéma Le Zola au 117 du cours du même nom et le festival du film court de Villeurbanne qui va avoir lieu du 8 au 15 novembre prochain on sera
parmi les spectateurs
on y va ensemble Najat Vallaud-Belkassam si
vous voulez Merci à
vous Frédéric et merci à vous Najat Vallaud-Belkassam merci d'avoir été notre invitée
Merci c'était vraiment un plaisir mais je voudrais vraiment terminer en attirant l'attention de ceux qui nous écoutent sur le fait que c'est pas normal de mener de tels types de politiques publiques quand on est la région Auvergne-Rhône-Alpes que la politique en fait ça devrait pas être un sujet de clientèle de donner toujours plus à ceux qui sont de son bord politique et toujours moins à
ceux qui ne sont pas de son bord
Merci à vous Najat
Vallaud
-Belkassam président du groupe socialiste, écologiste et démocrate au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes et président de l'association France Terre d'Asile Christian était à la réalisation de l'émission aujourd'hui on le remercie N'oubliez pas que le site www.lionpremière.fr ou l'appli Lyon Première bien sûr vous accueille pour écouter tous nos programmes Pas de vacances pour l'émission On se retrouve donc samedi prochain dans un environnement pacifié On l'espère Bon samedi Bon appétit
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