Situation internationale : Macron accuse Trump
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron prend-il ses distances avec Donald Trump, alors que la perspective d'une sortie de crise n'a jamais semblé aussi loin ?
- 2:13OuverteRéponse partielle
La France peut-elle vraiment prendre ses distances avec les États-Unis ?
- 4:21FerméeÉludée
Est-ce l'annonce d'un retrait à venir des forces américaines du Moyen-Orient ? Si oui, quand ?
- 6:37OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est vraiment Titi contre Grominet pour filer la métaphore de Christine O'Krentz ?
- 8:54OuverteRéponse directe
Est-ce que Donald Trump est fâché ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:38PrésentateurFait
« Les États-Unis ont bloqué pendant plusieurs semaines l'agrément du nouvel ambassadeur français à Washington. »
- 1:42InvitéFait
« Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits humains, ce n'est plus le cas. »
- 3:41Locuteur 5Fait
« Le Canada a toujours été un partenaire commercial épouvantable. »
- 3:47Locuteur 5Promesse
« Si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, je vais imposer des droits de douane très lourds. »
- 10:12InvitéChiffre
« Le Pentagone n'aurait pas révélé le véritable bilan de cette guerre, qu'en fait il serait beaucoup plus lourd, il y aurait 22 morts et non pas 18. »
- 12:05InvitéFait
« Carney et Macron, ce sont deux libéraux-démocrates. »
Temps de parole
- Invité21 %
- Présentateur16 %
- Invité 214 %
- Présentateur 212 %
- Invité 311 %
- Invité 48 %
- Invité 58 %
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- Locuteur 63 %
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Pendant longtemps, il n'avait osé le nommer directement. Hier, Emmanuel Macron a décidé de ne plus ménager l'allié américain. Et parfois, même dans la bouche d'un chef d'État, les mots ont du mal à sortir.
Cette situation,
elle
est due intégralement aux
guerres et
à la situation internationale. Et aux conséquences
des
attaques qui ont été lancées par les États-Unis d'Amérique et Israël en Iran.
Ça, c'est dit. Pour le reste, c'est plus simple.
La situation que nous vivons aujourd'hui sur les prix à la pompe,
comme
sur l'ensemble des prix des hydrocarbures fossiles, n'est pas la conséquence de décisions gouvernementales.
Elle
est la conséquence de la situation géopolitique. Il faut avoir l'honnêteté de le rappeler.
Si
ce n'est pas la faute de Paris, c'est donc celle de Washington. Emmanuel Macron prend-il ses distances avec Donald Trump, alors que la perspective d'une sortie de crise n'a jamais semblé aussi loin ?
Aujourd
'hui encore, le prix du baril de pétrole reste au-dessus des 100 dollars.
Au
Moyen-Orient, l'Iran continue de frapper des navires.
Le
trafic maritime se réduit drastiquement dans le détroit d'Harmouz et de Babel Mondeb.
La
situation se dégrade et avec elle, la relation franco-américaine, déjà fragilisée par un incident diplomatique inédit. Fait rarissime, les États-Unis ont bloqué pendant plusieurs semaines l'agrément du nouvel ambassadeur français à Washington, à cause d'un message pour le moins inhabituel publié par la mission française auprès de l'ONU en juillet.
Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits humains, ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie isolés, et le monde ne les écoute plus.
Colère des États-Unis, la France finit par faire son mea culpa.
Une
position de regret, non pas d'excuse, d'humiliation ou d'auto-flagellation a été publiée comme un correctif, comme cela arrive très régulièrement. La relation entre les États-Unis et la France, qui passe parfois par des moments de confrontation d'idées et des désaccords, va bien au-delà de ce micro-épisode.
La France peut-elle vraiment prendre ses distances avec les États-Unis ? Emmanuel Macron semble en tout cas s'y préparer en se rapprochant de l'homme qui tient tête à Donald Trump, Mark Carney. Le premier ministre canadien rejoindra demain le président français à Saint-Pierre-et-Miquelon, petit bout de France aux portes des États-Unis.
On
veut montrer ici, ce sera peut-être l'occasion pour la France d'exercer un leadership dans le rapprochement entre le Canada et l'Union européenne.
Mark Carney, qui n'a pas hésité à faire le déplacement jusqu'à Strasbourg. Au Parlement, il est accueilli en rockstar, selfie et grand sourire.
L
'Union européenne va jusqu'à proposer au Canada de devenir le premier membre associé.
Je ne propose pas la création d'un troisième bloc dans le but d'en faire une grande puissance rivale, simplement plus courtoise. Le Canada et l'Europe devraient garantir leur autonomie stratégique grâce à une coopération approfondie dans l'ensemble des domaines stratégiques, notamment les minerais essentiels,
la
défense, l'intelligence artificielle, la
sécurité énergétique, l'espace et les paiements. L'Europe et le Canada sont plus forts
ensemble.
Un
rapprochement loin d'être du goût de Donald Trump.
Non,
je trouve ça ridicule toute cette histoire. Le Canada a toujours été un partenaire
commercial épouvantable.
Et si pour ça, si j'estime qu'il s'agit
d'un acte
hostile, je vais imposer des droits de douane très lourds, ou cesser tout
échange commercial avec l'Europe sur de nombreux produits.
Et
ce soir, dans la défiance à l'Europe, la Maison-Blanche franchit un palier supplémentaire via son secrétaire à la Défense, Pitexet.
Nous
ne comptons pas sur l'Europe, mais elle a bien plus besoin du détroit d'Hormuz que nous. Et elle ferait peut-être mieux d'arrêter de parler et d'organiser des conférences prestigieuses en Europe pour monter à bord d'un bateau. C'est bien plus leur combat que le nôtre.
Est-ce l'annonce d'un retrait à venir des forces américaines du Moyen-Orient ? Si oui, quand ? Les mots, comme les actes, marquent une nouvelle étape dans la défiance entre l'Amérique et l'Europe, et notamment entre Paris et Washington.
Ce
sera la photo demain, Emmanuel Macron avec Marc Carnet, ensemble à Saint-Pierre-et-Miquelon. Est-ce que c'est l'accenti-Trump qui se dessine ?
Il
s'est déjà dessiné, souvenez-vous, d'Avon, c'était en janvier dernier, où le même Premier ministre canadien a fait ce fameux discours sur lequel, évidemment, les Européens se sont rués avec passion pour dire que les puissances moyennes doivent se mettre d'accord contre les méchants, pour aller vite. Néanmoins, il faut bien voir que tout ça, ce sont des mots, et que ce statut de puissance associée reste extrêmement flou, ça n'existe pas. L'Allemagne y avait pensé déjà pour associer l'Ukraine, ce qui avait du sens politiquement, et d'abord pour les Ukrainiens.
Donc, cela reste davantage, me semble-t-il, une démarche déclamatoire pour dire, oui, nous avons des intérêts communs, et nous n'allons pas nous laisser faire
par
gros minets, qui jouent avec les tarifs douaniers,
avec
une telle désinvolture qu'on ne sait vraiment plus où on en est du tout. Sinon que pour le Canada, qui pour des raisons évidentes est extrêmement dépendant de l'économie américaine, c'est un vrai sujet. Et donc, quand le Premier ministre canadien vient dire, nous pouvons développer davantage de relations économiques et politiques avec l'Europe, ça fait sens. Davantage, d'ailleurs, pour le Canada que pour nous, d'autant qu'il faut quand même rappeler, parce que, évidemment, en France, on pense toujours qu'on est les meilleurs, mais la France n'a pas ratifié un accord commercial avec le Canada, conclu entre l'Union européenne et le Canada. Ça n'a pas encore été ratifié.
Néanmoins, c'est, me semble-t-il, une démarche de bonne alloi
que
ce rapprochement entre des pays qui partagent quand même énormément de valeurs et d'intérêts. Est-ce que c'est vraiment Titi contre Grominet pour filer la métaphore de Christine O'Krentz ? Parce qu'il
y
a cette guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. C'est vrai qu'on disait, c'est David contre Goliath, ça ne pourra pas durer longtemps. On en est où aujourd'hui ?
Là,
c'est vrai que c'est très intéressant parce qu'il
y a
une complémentarité qui peut naître entre le Canada et l'Union européenne, parce qu'il faut savoir que le Canada a énormément de ressources, notamment du pétrole. Là, le pétrole, dans un premier temps, ce n
'est
pas intéressant parce qu'ils ont du pétrole lourd et ça ne correspond pas aux raffineries qu'on a, donc c'est du pétrole bitumeux. Mais ils ont beaucoup de minerais critiques, notamment beaucoup d'uranium, beaucoup de potasse. Et en Europe, on a la capacité de traiter ces minerais. Donc il peut y avoir une véritable complémentarité entre ces deux, aujourd'hui, puissance moyenne, comme on les appelle. Après, dans quelle mesure est-ce que ça va se faire ? Quelle serait la réelle organisation derrière les effets d'annonce ? Comment est-ce que ça pourra avancer ? On aura plus d'informations dans les jours qui viennent. Mais là,
c
'est plus un message politique,
c
'est plus un symbole qu'une réelle capacité d'action encore à ce stade. Mais le message est fort par rapport aux États-Unis. Après, il faut faire attention parce que la France et les États-Unis, ou en tout cas Emmanuel Macron et Donald Trump, qui ont un peu cohabité entre guillemets, entre deux mandats, ont toujours adoré se détester. Depuis le début, on peut se rappeler de la poignée de main où Emmanuel Macron a carrément imprimé son pouce sur Donald Trump, à Donald Trump qui se moquait d'Emmanuel Macron en indiquant que ce qu'il disait était « very nasty ». Il y a toujours eu un peu ce jeu de ping-pong au niveau déclaratif.
Après, au niveau des actions, ça n'a pas vraiment suivi en réalité.
Oui.
Est-ce que c'est que du théâtre ? Est-ce que ça peut finir par faire mal à Donald Trump ? Est-ce que c'est vraiment une nouvelle crise pour lui alors que l'émiteur,
c
'est dans six semaines ?
De la part de Ursula von der Leyen, c'était un joli coup géopolitique. Lancer cette idée, même si elle est tout à fait floue, ça a été dit, même si pour l'instant ce statut n'existe pas, il est à bâtir. Mais le faire dans le discours sur l'état de l'Union en présence du Premier ministre canadien qui le lendemain s'est exprimé, c'était assez habile. Après, la grande question quand même, et le grand problème de cette Commission européenne, c'est qu'elle promet beaucoup, mais qu'il faut concrétiser. Et c'est ça le sujet, il va falloir concrétiser. Si vraiment on est sérieux, on doit offrir un statut au Canada.
On doit se réunir rapidement, enfin les diplomates européens et canadiens doivent se réunir et discuter de ce que pourrait être ce statut et ce sur quoi il pourrait porter. Est-ce que Donald Trump est fâché ? Il pourrait le devenir, mais vu l'état des relations avec le Canada, bon, bien évidemment il dit qu'il boycottera le commerce avec l'Europe, mais le Canada est déjà dans la nasse Trump d'une certaine manière, et Marc Carnet essaye de desserrer les taux le plus possible. Mais pour l'instant, ce qu'il faut, à mon avis, c'est très vite s'atteler à la tâche et voir si, oui ou non, le Canada et l'Union européenne sont sérieux pour avancer vers un partenariat.
Et c'est ça, c'est là où on jugera à la fois de la capacité de résistance du Canada, dont je rappelle que la sécurité militaire est assurée par un commandement américano-canadien, le NORAD, dirigé par un général américain, c'est quand même pas rien. On jugera de la capacité de résistance du Canada et de la puissance européenne, parce que la seule puissance qui vaille, c'est celle qu'on démontre sur le terrain.
Et l'opinion américaine dans tout cela, parce que j'insiste, par rapport au moment qu'on est en train de vivre, on a parlé de la crise du carburant qui touche aussi les Américains, de cette affaire de corruption dont on reparlera tout à l'heure, des guerres commerciales, mais aussi en Iran. Il y
a
un article qui est sorti ces dernières heures du Washington Post qui nous dit que Donald Trump, qui qualifiait cette guerre il y a peu de brouti ou de gnognote, le Pentagone n'aurait pas révélé le véritable bilan de cette guerre, qu'en fait il serait beaucoup plus lourd, il y aurait 22 morts et non pas 18. Oui, alors sur le bilan, ce qui frappe, c'est le manque de transparence, mais qui est la suite logique de la relation nouvelle, qu'en particulier au Pentagone, l'administration Trump a imposée avec la presse, qui est faite de défiance, qui est faite de rejet des organes traditionnels de presse. Sur l'opinion publique, c'est là aussi où il faut apporter de la nuance.
Donald Trump est impopulaire. Il est impopulaire à un niveau, donc dans l'agrégateur RCP, il est aujourd'hui à 39,5 environ pour cent d'opinions favorables et environ 56, 57 d'opinions défavorables. Évidemment, ça ferait rêver, ces chiffres pourraient faire rêver certains chefs d'État européens. Tous. Voilà, donc première nuance. Deuxième nuance, il faut se souvenir que Donald Trump, ça c'est une notion très américaine qui vient en particulier du baseball, depuis qu'il a une histoire électorale, c'est un très bon closer, c'est-à-dire que c
'est
quelqu'un qui finit très bien. Je veux dire que ce soit en 2016,
que
ce soit en 2020, où il est battu par Biden, mais finalement de manière tellement juste qu'il peut finalement contester derrière l'élection faussement. En 2024, on s'en souvient, il a remporté tous les États, comment dire, les États pivots. Et lors des premiers midterms en 2018, il subit une défaite, mais moindre que celle qui était prévue par les sondages, puisque au Sénat, à l'époque, en 2018, alors qu'il était président, les Républicains aient fait des gains. Donc il faut faire attention, il faut rester prudent, surtout dans un pays où, comme on l
'a
déjà vu beaucoup de fois, les sondages ne sont pas très fiables et dépendent beaucoup selon les États.
Ce
qui n'en est pas moins vrai, et si on revient au Canada, et je crois qu
'il
y a aussi quelque chose qui se joue dans l'opposition, dans le projet, le choc des projets politiques. Carney et Macron, ce sont deux libéraux-démocrates, libéraux, on peut les désigner comme ça. Et leur projet politique repose sur le libre-échange, les valeurs libérales, démocratiques, une certaine idée d'un monde avec des frontières plutôt abaissées. C'est l'exact inverse du projet de Donald Trump, du projet politique de Donald Trump. Donald Trump, pour les États-Unis et pour l'Europe, il a un projet nationaliste, hostile à l'immigration, hostile au libre-échange, et c'est ça qui l'a fâché avec le Canada, il est protectionniste au dernier stade.
Et c'est ce qu'il veut imposer en Europe, et c'est pour ça qu'il veut faire exploser l'Union Européenne. Il y
a
une forme de course contre la montre. Certes, le Canada et l'Union Européenne, encore gouvernés par des libéraux, se réunissent, mais on sait qu'on a des grosses échelances électorales à venir, dans de grands pays de l'UE, et dans un an, Donald Trump peut se retrouver dans certains pays de l'UE avec des dirigeants beaucoup plus favorables à sa ligne politique. qui
a
quelqu
'un...