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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 17 mars 2021 11 minFond programmatiqueEurope & internationalSantéÉconomie & entreprisesDéfense

Déclaration conjointe avec Mateusz Morawiecki Président du Conseil des ministres de Pologne.

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronChiffre
    « un plan de relance négocié et conclu en juillet 2020, sans précédent, avec une nouvelle capacité d'emprunt »
  • 0:30Emmanuel MacronPromesse
    « l'Europe sera, d'ici à quelques mois, un des endroits du monde où l'on produit le plus de vaccins »
  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « la mise en place d'un mécanisme carbone aux frontières sera déterminant »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « la Pologne comme la France sont attachées au rétablissement rapide de la liberté de mouvement »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « la réduction de notre dépendance dans des secteurs déterminants »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « la mise en place d'un mécanisme carbone aux frontières sera déterminant »
  • 4:00Mateusz MorawieckiFait
    « le rythme de vaccinations, les campagnes de vaccination, la coopération avec la Commission européenne »
  • 4:30Mateusz MorawieckiFait
    « une partie de production qui a été relocalisée en dehors de l'Europe revienne en Europe après 30 ans »
  • 5:00Mateusz MorawieckiFait
    « nous voulons échanger là-dessus. C'est important pour nous, parce que nous sommes situés sur le flanc oriental de l'Union européenne »
  • 5:30Mateusz MorawieckiFait
    « la collaboration dans l'énergie et le climat, voilà un dossier qui essentiel pour nous »
  • 6:00Mateusz MorawieckiChiffre
    « nous accélérons le rythme des investissements en infrastructures avec un aéroport central, avec tout un nouveau réseau ferroviaire »
  • 6:30Mateusz MorawieckiFait
    « Je crois que la réponse doit être cohérente sur tous les tronçons des frontières de l'Union européenne »
  • 7:00Mateusz MorawieckiFait
    « nous appelons ce plan de relance le plan Nouvelle donne. Il s'agit pour nous de renforcer l'Europe et de la préparer »

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Bonjour Mesdames, Messieurs. Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris, Monsieur le Premier ministre, cher Mateusz, un peu plus d'un an après ma visite à Varsovie. Depuis lors, nous avons eu à affronter une pandémie mondiale, une crise économique et sociale qui en découle.

Mais nous avons su, ensemble avec nos collègues, imaginer une réponse européenne à cette double crise, avec entre autres un plan de relance négocié et conclu en juillet 2020, sans précédent, avec une nouvelle capacité d'emprunt, et il nous revient maintenant la responsabilité de nous assurer de sa mise en œuvre. Notre échange d'aujourd'hui intervient alors que nous devons continuer à nous battre, justement de manière solidaire, contre la crise sanitaire. La pandémie nous a conduits à mettre en place de nouvelles réponses collectives, avec la création, dès cet été, d'une plateforme commune d'achat de vaccins, pour qu'aucun État membre ne soit laissé de côté par les commandes.

Et ce cadre européen, je veux ici redire que nous le défendons. Il permet l'équité, la solidarité, la fiabilité pour nos concitoyens. Il permet aussi de monter en puissance sur la production de vaccins, et l'Europe sera, d'ici à quelques mois, un des endroits du monde où l'on produit le plus de vaccins.

Ce sont donc en effet les semaines les plus difficiles, que nous sommes en train de traverser, nous le savons. Mais il y a clairement des perspectives devant nous, et c'est par l'Europe que nous serons plus forts, sur ce sujet aussi. De la même manière, nous évoquerons aujourd'hui le suivi des commandes en cours.

Et je soutiens les annonces faites par la présidente de la Commission européenne en la matière, et les décisions prises par la présidente et le commissaire Breton visant à exiger de la part de tous les laboratoires d'honorer les commandes sur lesquelles ils se sont engagés avec les européens, et en particulier d'exiger aussi de la réciprocité dans les mesures qui sont prises justement dans l'ensemble du monde. Enfin, je pense que c'est par l'Europe que nous organiserons la réponse solidaire que nous devons aussi aux pays les plus pauvres. Je veux ici réaffirmer ma volonté, via le mécanisme COVAX, et surtout dans le cadre de l'initiative ACTA, d'oeuvrer pour l'Afrique.

C'est ce même cadre européen que nous utiliserons pour développer les futurs certificats communs, et nous allons également l'évoquer, c'est-à-dire coordonner les éléments de sortie de crise. La Pologne comme la France sont attachées au rétablissement rapide de la liberté de mouvement et d'une bonne organisation européenne, et de mécanismes coopératifs pour limiter toutes les entraves aux frontières intra européennes, tout en nous assurant qu'aucun citoyen européen ne soit discriminé ou ne voie ses droits limités. Nous devons aussi renforcer l'Europe de la Santé en augmentant nos capacités de production en matière de vaccins, mais aussi en réimplantant sur notre territoire des sites de fabrication d'autres produits médicaux critiques.

Nous l'évoquerons aussi lors de notre échange. Tout en relevant ces défis immédiats, nous devons préparer la suite, avec des investissements qui doivent nous permettre de renouer avec une croissance plus verte, durable et inclusive. C'est pourquoi, cher Mateusz, nous aurons à évoquer ensemble des projets d'avenir qui permettront de financer notre plan de relance, mais qui sont aussi clés pour nos stratégies de transition.

Je pense notamment à l'investissement dans la transition énergétique afin d'atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés en matière climatique. Á cet égard, la mise en place d'un mécanisme carbone aux frontières sera déterminant, mais aussi l'investissement dans l'hydrogène, les énergies renouvelables, le transport durable, les batteries, le nucléaire. Cette relance passera également par le développement d'une véritable stratégie industrielle à l'échelle européenne, et la réduction de notre dépendance dans des secteurs déterminants.

Nous sommes l'un et l'autre attachés en la matière, sur le numérique et d'autres secteurs, à porter ce message. C'est celui, d'ailleurs, que nous aborderons la semaine prochaine lors du Conseil européen. Enfin, nous échangerons naturellement sur les questions de défense, sur les grands dossiers internationaux, tant s'agissant du flanc est de l'OTAN, que de la poursuite de la construction de l'Europe de la défense, grâce à l'adoption prochaine d'une boussole stratégique européenne.

Voici quelques uns des sujets qui occuperont notre agenda, de même que l'Europe de la culture, l'Europe des valeurs et des droits, et les sujets bilatéraux. Mais je vous remercie, Monsieur le premier ministre, dans cette période si difficile, tendue, d'être présent aujourd'hui à Paris, d'honorer l'amitié entre nos deux pays, et de poursuivre ce dialogue privilégié qui est le nôtre, dans un moment où la relation bilatérale, comme l'Europe, ont besoin d'avancer sur les quelques sujets que je viens d'évoquer rapidement. Merci à vous !

Monsieur le Président, cher Emmanuel, merci de nous avoir invités ici en France, dans ces journées et ces semaines très importantes. C'est vrai, devant nous, il y a des décisions clés qui s'annoncent. C'est aussi vrai que le temps de la pandémie vérifie nos approches, des approches de coopération, et la capacité de cette coopération.

Merci alors d'avoir poursuivi si fructueusement ce dialogue, que nous avons relancé avec votre visite l'année dernière à Varsovie, et où nous avons fait des progrès. Il y a un an, l'Europe, la Pologne et la France étaient dans une autre position. C'était avant Covid.

Aujourd'hui, nous passons à la revue de nos capacités de réponse face à cette crise, la plus grande depuis des décennies, ou même depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est vrai, le rythme de vaccinations, les campagnes de vaccination, la coopération avec la Commission européenne, et aussi la pression sur les laboratoires producteurs, sont nécessaires pour accélérer le rythme de vaccinations et le rythme de livraison. Et c'est une tâche que nous réalisons ensemble.

Nous nous rendons compte des difficultés objectives qui existent, mais nous soulignons que l'Europe doit donner une réponse solidaire face à cela. Toutes ces évolutions montrent à quel point il est important d'européiser certains éléments de production, certaines filières de production. Emmanuel l'a évoqué à plusieurs reprises, et je soutiens fermement la France.

Je veux aussi qu'une partie de production qui a été relocalisée en dehors de l'Europe revienne en Europe après 30 ans, qu'elle revienne en Europe, en Pologne ou en France. C'est important, c'est essentiel pour l'autonomie industrielle, l'autonomie de la production de l'Europe. Il s'agit là de la production des vaccins, de la recherche et le développement en matière de vaccins, de la coopération entre des filières industrielles, et puis également de la filière de coopération dans le domaine de la défense que, Monsieur le Président, vous venez d'évoquer.

Nous voulons échanger là-dessus. C'est important pour nous, parce que nous sommes situés sur le flanc oriental de l'Union européenne. Je crois que la réponse doit être cohérente sur tous les tronçons des frontières de l'Union européenne, et nous voulons agir ici dans un esprit de solidarité.

Il y a également des dossiers bilatéraux qui sont importants pour l'Union européenne tout entière. La collaboration dans l'énergie et le climat, voilà un dossier qui essentiel pour nous. Et puis les investissements infrastructurels.

Nous sommes en train de rattraper le retard pris au cours du communisme. Nous accélérons le rythme des investissements en infrastructures avec un aéroport central, avec tout un nouveau réseau ferroviaire. Nous connaissons les acquis et les accomplissements de la France dans ce domaine, et nous sommes ouverts et disponibles à coopérer étroitement.

C'est aussi le réseau 5G, c'est aussi l'infrastructure numérique. Là, je vois également de très grandes opportunités de coopération avec les entreprises françaises. Après l'entretien avec le président, j'aurai une réunion avec les représentants du monde des affaires français pour parler un peu plus en détail de ces investissements.

Je tiens à remercier tous les investisseurs français qui sont présents en Pologne, et je me réjouis de voir beaucoup de Polonais qui investissent en France aussi. J'ai eu l'occasion de parler avec un qui, justement, travaille ici en France, en partenariat avec les entreprises françaises. Donc la géopolitique, la défense, l'énergie, et bien d'autres dossiers, sont des dossiers partagés pour la Pologne et la France.

Mon ami Emmanuel vient d'évoquer le plan de relance, et chez nous, nous appelons ce plan de relance le plan Nouvelle donne. Il s'agit pour nous de renforcer l'Europe et de la préparer, de la rendre plus résiliente face à des chocs futurs. Je crois que ça peut être le dénominateur commun dans tous les domaines.

Je crois que c'est pour nous une opportunité pour renforcer l'Union européenne. Je crois profondément en la coopération européenne, en la coopération transatlantique, en une amitié entre le peuple français et le peuple polonais. Je suis sûr que nous allons trouver une plateforme, un moyen pour une relance et le redressement rapide, pour une très belle nation française et une très belle nation polonaise.