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interviewBFMTV· 6 juin 2024 20 min

Gabriel Attal, Ukraine, impôt européen... L'interview en intégralité de Valérie Hayer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Valérie Hayer

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Valérie Ayet. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes la tête de liste Renaissance aux élections européennes, les élections qui sont bien sûr dimanche. Vous êtes déjà, déjà députée européenne. Vous avez bien fermé la porte ? La porte de ? La porte du studio. Pourquoi donc ? Parce que je me dis qu'à tout moment, il peut débouler. Ah, vous commencez par ça.

Non, mais en fait, je me dis, c'est vrai, qu'est-ce qu'on pense quand on est vous, Valérie Ayet, quand on est sur cette scène, lundi matin, qu'on s'apprête à prendre la parole, à être interrogé sur sa campagne et qu'en fait, on a tout d'un coup le Premier ministre qui déboule, qui prend le micro et qui parle pendant 4 minutes sans vous laisser la parole.

0:40
Présentateur

Bon, j'ai eu l'occasion de m'exprimer lundi, mardi et hier encore sur cette question. Je vous le redis. Moi, je suis très fière d'avoir Gabriel Attal à mes côtés. C'est une chance. Ensuite, qu'est-ce qu'on pense ? Moi, je suis consternée par la manière dont mes adversaires font des polémiques sur Rien. Je vois particulièrement cette semaine Marine Le Pen très présente sur les plateaux. Elle était chez vous hier soir, je crois. Elle fera encore des médias d'ici à la fin de la semaine. Personne ne se pose la question de savoir si Marine Le Pen, elle ne prend pas du temps de parole à Jordan Bardella. Mais là, on parle du Premier ministre. Non, mais en fait, c'est juste…

Non, mais j'en ai assez de ces polémiques. Moi, je suis là devant vous. On est bien là. Et quand mes adversaires essaient de faire des coups politiques sur des choses qui n'existent pas…

1:26
Valérie Hayer

Mais précisément, vous êtes là ce matin. Vous allez répondre à mes questions. Mais Valérie Rélier, en vrai, de vrai, vous n'avez pas ressenti de malaise. C'est-à-dire qu'on le sent bien, ce moment-là. D'ailleurs, les journalistes eux-mêmes, à un moment, finissent par dire… Vous allez peut-être nous laisser l'interroger ? Je vous le redis.

1:40
Présentateur

Moi, je suis très fière et très heureuse d'avoir le Premier ministre à mes côtés. Je veux qu'on parle du fond. Pendant qu'on parle de la forme et qu'on répond aux polémiques des oppositions, moi, on ne parle pas de la réalité des enjeux de ces élections-là. De ce que moi, je porte pour les Français. Le fait que je veux qu'on bâtisse ensemble une défense européenne. Mais pour moi, ça fait partie du fond.

1:59
Valérie Hayer

Parce qu'il va parler justement du fond ce soir, Emmanuel Macron. Mais il va en parler en tant que président de la République. Et cette question, elle ne vient pas que de moi. Elle vient aussi par mail de Ludovic, qui habite à Évry-Courcouronne, et qui vous pose cette question. Madame Meillet, pourquoi M. Attal et le Président interviennent concernant les européennes ? Est-ce que ce n'est pas un conflit d'intérêt et inconsciemment du mépris pour votre campagne européenne ?

2:19
Présentateur

Cette élection, elle est majeure. Le Président de la République a eu l'occasion de le dire. D'ailleurs, l'Europe, elle est mortelle. Et en fait, on a devant nous des défis qui sont colossaux. Le retour de la guerre en Europe. Le changement climatique qui s'accélère. La révolution de l'intelligence artificielle. Le risque de décrochage économique dans la compétition mondiale entre les États-Unis et la Chine. Ça, c'est le constat qu'il faut faire. Et c'est ce qui fait que ces élections, elles sont importantes.

Et elles sont d'autant plus importantes qu'au moment précisément où on n'a jamais eu autant besoin d'Europe, il y a un risque de devoir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe. Et qui feront qu'on ne pourra plus travailler comme on a travaillé jusqu'à présent. qui vont faire que la machine, elle va s'enrayer. C'est hyper concret pour les Français. Je vous donne un exemple. On va rentrer tout de suite dans le jour, même avec la voiture électrique. Sur le mandat qui vient de se terminer. Si on avait eu des gens en nombre suffisamment importants pour bloquer les décisions qu'on a prises sur le mandat qui vient.

On n'aurait pas eu le plan de relance qui a permis de sauver des millions d'emplois en France. C'est probablement les téléspectateurs ce matin qui, au moment de la crise sanitaire, ont pu garder en emploi, garder en salaire grâce à l'aide européenne. On n'aurait pas eu encore récemment une décision de la Commission européenne qui a interdit TikTok Lite. Alors si vous ne savez pas ce que c'est, en fait c'est une nouvelle.

3:35
Valérie Hayer

TikTok Lite, c'est ce système d'application mis en place, qu'a tenté de mettre en place TikTok, et qui rémunérait le temps passé devant l'application.

3:42
Présentateur

Exactement. Donc pour protéger nos enfants, on a dit non. On ne fait pas de la marchandisation de nos ados. Et donc on a dit non. Ça par exemple, c'est quelque chose qu'on n'aurait pas pu faire s'il y avait eu ce qu'on appelle une minorité. C'est le Parlement qui l'a joué, c'est pas la Commission ? Alors c'est la Commission qui a pris la décision, mais sur la base de loi qu'on a votée sur le mandat précédent qui vient de se terminer.

Donc c'est ça, c'est quelques exemples très concrets du fait que si demain, enfin si hier on avait eu une minorité de blocage, des députés qui détestent l'Europe, en nombre suffisamment nombreux au Parlement européen, qui nous auraient empêché de prendre ces décisions majeures, on n'aurait pas pu avoir ces effets-là pour mieux protéger les Français. Et c'est ce qui peut se passer demain au Parlement européen si on envoie un nombre élevé, peut-être même le contingent le plus élevé de députés du Rassemblement national, les amis de Marine Le Pen et de Jordan Bardella demain au Parlement européen.

4:27
Valérie Hayer

On va rentrer dans le très concret avec notamment la question de la voiture thermique, mais quand même encore une question. Je sens chez vous la volonté de dire tout va bien, je suis très heureuse qu'ils me soutiennent. Au fond, on dit beaucoup que si vous arrivez autour de 15, 16 dimanches, alors que le Rassemblement national ferait potentiellement 30 voire 32, ce serait une défaite. Vous pourrez dire que c'est aussi leur défaite et pas seulement la vôtre.

4:48
Présentateur

Moi, je suis en campagne jusqu'à demain, 23h59, je suis mobilisée. 23h59, c'est la fin officielle de la campagne. Le résultat, c'est dimanche soir, c'est un enjeu important. C'est l'avenir de la France qui se joue, l'avenir de l'Europe qui se joue, l'image de la France demain. La France, c'est un pays fondateur de l'Union européenne. Si on envoie beaucoup, massivement, des députés européens qui détestent l'Europe au Parlement européen, quelle image on renvoie, quelle image les Français renvoient et quelle influence. Alors, c'est notre capacité d'influence qui se joue aussi dans les institutions européennes, dans le mandat qui vient de se terminer.

Alors, il y a plein de choses qui ne vont pas encore et il faut continuer de transformer l'Europe. On a déjà commencé, il faut avancer. Évidemment, l'Europe n'est pas parfaite, mais fondamentalement, qui peut imaginer aujourd'hui, face au chamboulement du monde, face aux défis qui sont les nôtres, qu'on pourra y répondre en se repliant sur soi-même ? Et c'est pourtant ce que portent les députés d'extrême droite.

5:40
Valérie Hayer

Les députés et j'imagine que vous parlez en particulier de Jordan Bardella en France. La vente des voitures thermiques, voilà une question. que j'ai posée à tous les candidats aux élections européennes, parce qu'elle est extrêmement concrète pour les Français, aussi parce que c'est la position la plus défavorable, en tout cas à laquelle les Français sont le plus défavorables, c'est la position la plus impopulaire de l'Europe, interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035 en Europe. Est-ce qu'on assume ? Est-ce qu'on ajourne ? Est-ce qu'on annule ?

6:10
Présentateur

On assume. Je voudrais dire aux Français qui nous regardent que je comprends qu'ils se posent des questions. Et d'ailleurs, moi j'habite en Mayenne, dans un territoire rural. Je suis attachée à la voiture. Je sais qu'on a besoin de la voiture pour aller au travail et pour aller faire ses courses. Donc premièrement. Deuxièmement, je comprends que les Français se posent des questions, parce qu'aujourd'hui, la voiture électrique, elle est hyper chère, et la voiture électrique, elle est largement produite en Chine. Mais pourquoi c'est important ? Mais est-ce qu'en 2035, on sera prêt pour que ce soit ni trop cher, ni uniquement chinois ? Un, pourquoi c'était important de prendre cette décision ?

Et deux, pourquoi on va y arriver ? La première, parce qu'aujourd'hui, la voiture thermique, ça pollue la planète et donc ça contribue au réchauffement climatique. C'est mauvais pour notre santé. C'est 50 000 morts par an à la cause de la pollution de l'air. Et puis, on est dépendant de puissances étrangères, des pétromonarchies, et il faut dire la vérité aux Français, le prix du litre d'essence, il ne va pas diminuer. Une fois qu'on a dit ça, on s'est fixé un objectif de fin de la vente des véhicules neufs thermiques d'ici à 2035. Ça veut dire qu'après 2035, il va quand même y avoir des véhicules thermiques qui vont continuer de circuler le marché d'occasion.

Et on ne fera pas le switch comme ça du jour au lendemain, ça sera progressif. Et l'enjeu, c'est de pouvoir produire des voitures chez nous à des prix abordables. Donc, un, il faut mettre de l'argent sur la table pour soutenir… Combien ? On verra en fonction de ces plusieurs… Moi, je porte un plan d'investissement de 1 000 milliards d'euros pour soutenir le nucléaire et notamment les industries vertes, dont le développement des voitures électriques chez nous. Donc, c'est des sommes qui sont importantes, mais on investira en Européens. Donc, c'est d'abord aider à se faire sortir de terre des usines qui produiront des batteries et des voitures électriques.

Ça a commencé déjà à Dunkerque, où j'étais au Havre lundi avec Édouard Philippe. Pour la méga factory de… Exactement. Et puis, par ailleurs, c'est des emplois à la clé. Ensuite, donc, un, mettre de l'argent sur la table pour l'implantation d'usines. Deux, aider les Français, évidemment, à pouvoir s'acheter ou louer demain une voiture électrique avec des crédits d'impôt ou avec du leasing social. Moi, j'entends les inquiétudes des Français. Je veux leur dire qu'on a pris cette décision en connaissance de cause et avec du volontarisme. Donc, on va y arriver. Et je veux leur dire, n'écoutez pas ceux qui sont soit les tenants du climato-scepticisme, soit les tenants du défaitisme.

On va y arriver. On va mettre les bouchées doubles. Il nous reste un peu plus de 10 ans aujourd'hui. Et c'est au niveau européen qu'on va le faire.

8:30
Valérie Hayer

Valérie Ayé, est-ce que vous êtes favorable à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne ?

8:33
Présentateur

Alors, si la question, c'est est-ce que l'Ukraine doit adhérer aujourd'hui ou demain matin à l'Union européenne, c'est non. Mais si c'est dans un moyen temps, vous étiez favorable à ce qu'elle pose la question, à ce qu'elle rentre dans le processus. Bien sûr. L'Ukraine a un destin européen. Et d'ailleurs, les Ukrainiens, aujourd'hui, ils se battent pour leur intégrité territoriale. Mais ils se battent aussi pour nos valeurs. Et évidemment, ils ont un destin européen. Après, il faut des conditions pour adhérer à l'Union européenne. La première, c'est qu'ils ne soient plus en guerre.

La deuxième, c'est qu'ils se réforment et qu'ils se mettent à niveau d'un point de vue social, d'un point de vue économique, d'un point de vue de la lutte contre la corruption aussi. Ils font beaucoup en ce moment. Mais clairement, il y a une marche qui est grande et ça prendra des années et des années avant qu'ils n'atteignent le niveau. Mais vous y êtes favorable.

9:16
Valérie Hayer

Si je vous pose la question, au-delà de la question du timing, si je vous pose la question, est-ce que pour vous, l'Ukraine a vocation à rentrer dans l'Union européenne ? Vous dites oui.

9:23
Présentateur

Qu'en est-il de la Géorgie ? Alors, pardonnez-moi, juste pour terminer sur l'Ukraine, parce que je dis oui, mais je ne dis pas demain matin et pas à n'importe quelle condition. Et troisième condition, et ça vaudra aussi pour d'autres. Troisième condition, c'est qu'il faut qu'on se réforme. Nous, on voit bien qu'à 27, parfois le processus de décision, il est compliqué. Et donc, ça veut dire que nous aussi, on doit améliorer nos processus de décision pour être plus efficaces. Donc, c'est ces trois conditions sine qua non. Sur la Géorgie, quand vous dites que ça vaudra aussi pour d'autres, vous pensez à la Géorgie ? Non, mais vous citez la Géorgie, donc je vous réponds sur la Géorgie.

La Géorgie, on a aussi ouvert, il y a la Moldavie aussi, on a ouvert le processus. Je le redis, ça prendra des années et des années. La difficulté aujourd'hui avec la Géorgie, c'est que le pays, en fait, il y a le gouvernement géorgien, qui est très pro-russe, et qui a adopté plusieurs lois qui vont dans le sens du Kremlin. Et puis, il y a la présidente de Géorgie, qui est pro-européenne. Et il y a les Géorgiens qu'on a vus en masse, des milliers de Géorgiens manifester contre le gouvernement avec des drapeaux européens. Et donc, évidemment, la situation, elle est compliquée. Il faut continuer d'aider le peuple géorgien.

Mais là encore, il faut être extrêmement vigilant parce qu'on voit que le gouvernement, aujourd'hui, a des accointances avec la Russie. Donc, on va voir comment la situation politique va évoluer. Mais moi, je le dis, il faut aider le peuple géorgien. Et là encore, sur tous ces sujets-là, ça ne se fera pas demain matin, c'est un processus de très, très, très long cours.

10:38
Valérie Hayer

Il y a Ali qui nous envoie à l'instant une question par mail. Ma question sur l'élargissement de l'Europe. Qu'apportent des pays comme la Hongrie, la Roumanie, Chypre ou encore Malte à l'Union européenne ? L'élargissement n'a-t-il pas affaibli l'Europe et noyé la France ?

10:53
Présentateur

Alors, l'élargissement, on le voit encore plus aujourd'hui avec l'influence de la Chine et de la Russie. L'élargissement, c'est aussi un outil au service de notre puissance politique. Trop longtemps, on a vu l'élargissement comme un levier économique. Je vais caricaturer un petit peu. Les Allemands, à chaque fois qu'on élargissait, ils se disaient, bon, on ouvre le marché unique et c'est autant d'opportunités commerciales pour nos entreprises, dont on a bénéficié par ailleurs, dont nos entreprises ont bénéficié par ailleurs. L'Europe, c'est un processus politique. C'est un processus qui est inédit au monde, qui n'existe nulle part ailleurs.

Et on se dit, eh bien, on est des pays frères, membres d'un continent avec des valeurs démocratiques qui sont partagées. Mais je vous repose la question très précise, Dali.

11:34
Valérie Hayer

Il demande, la Hongrie, la Roumanie, Chypre et Malte, qu'ont-ils apporté à l'Union européenne ?

11:39
Présentateur

Mais on est plus forts ensemble. On est tous membres très proches de ce continent. Alors, si on parle de la Hongrie aujourd'hui, c'est intéressant parce que la Hongrie, quand elle a adhéré à l'Union européenne, elle respectait nos valeurs fondamentales. Et aujourd'hui, on a un gouvernant qui piétine l'État de droit. Un pays dans lequel les juges ne sont plus indépendants. Mais c'est ça le sujet. En fait, c'est ce que je vous disais sur les conditions nécessaires pour adhérer à l'Union européenne. Vous n'avez pas de garantie sur l'évolution ensuite du pays ? Une fois que vous l'avez fait rentrer, vous n'avez pas fait rentrer le loup d'un à la vergerie ?

Mais ça, ça fait partie des sujets qu'il faut qu'on fasse évoluer sur le mandat prochain. Ce qui s'est passé sur la Hongrie et sur d'autres pays...

12:13
Valérie Hayer

Est-ce qu'il faut ouvrir la question ? Et au fond, je tire un peu le fil de la question d'Ali. Quand vous dites, bon, écoutez, oui, mais quand la Hongrie est rentrée, elle cochait toutes les cases. Si, par la suite, un pays qui est rentré ne coche plus les cases, est-ce qu'il faut lui dire, au moins pour un temps, tu sors de l'Union ?

12:29
Présentateur

Alors, en fait, on a des... Ou est-ce que ça y est, c'est fichu une fois qu'ils sont rentrés, même si ils ne correspondent plus ? On a des leviers. On a des leviers. Je vais vous expliquer. Alors, on a un levier juridique qu'on n'a pas pu mettre en œuvre. Parce que, en fait, l'Europe, c'est le Parlement européen, c'est nous, c'est pourquoi vous allez voter. Et puis, c'est aussi les États qui discutent entre eux. Et on négocie ensemble les lois européennes. Et la Hongrie, par exemple, elle a le droit de vote au Conseil. Et donc, on a une règle qui dit qu'un pays qui ne respecte plus nos valeurs fondamentales n'a plus le droit de vote au Conseil.

Sauf que pour la mettre en œuvre, il faut l'unanimité des autres. Et donc, évidemment, à chaque fois qu'on a examiné le cas hongrois, à l'époque, les Polonais ont dit, non, nous, on veut protéger nos copains hongrois, et vice-versa. Donc ça, cette règle, il faut la changer. Et malgré ça, on a réussi, sur le mandat qui vient de se terminer, à utiliser le levier budgétaire. On a dit, on ne donne pas d'argent au gouvernement qui ne respecte pas nos valeurs fondamentales. Et donc, Victor Orban, il attend encore l'argent du plan de relance européen, de l'aide européenne dont on a bénéficié, nous, Français.

Il attend encore l'argent européen, du budget européen, qu'on ne lui a pas versé parce qu'il ne respecte pas. Donc, c'est un levier budgétaire qu'on a. Mais je suis d'accord avec vous, aujourd'hui, sur le prochain mandat, il faut qu'on aille plus loin, probablement avec une réforme des traités, pour faire que la situation qu'on connaît aujourd'hui ne se reproduise pas. Et donc, la fin du véto, la fin du droit de véto. Exactement, pour être beaucoup plus efficace et pour ne pas dépendre de se retrouver dans ces situations-là.

13:51
Valérie Hayer

Valérie Ayé, il n'y a jamais eu autant de riches et jamais aussi riches. Est-ce qu'il faut taxer les riches au niveau européen ?

14:00
Présentateur

Alors, que chacun doive contribuer au budget européen, à nos dépenses communes, et ce qui nous permettra de ramener de la justice fiscale, oui, bien sûr. Moi, par contre, je pense qu'il faut porter le débat à l'échelle internationale. Pourquoi ? Parce que les ultra-riches… Donc, une taxe mondiale. Exactement. Vous y êtes favorable ? Oui, j'y suis favorable, mais pas au niveau européen. De quoi ? De 2% pour les méga-riches ? Écoutez, ça, ce sera l'objet de la discussion à l'échelle internationale, déjà sur le principe. Moi, j'y suis favorable, mais pas à l'échelle européenne. Parce que qu'est-ce qui va se passer si on la met à l'échelle européenne ?

Les ultra-riches dont on parle, ils sont hyper mobiles. Ils vont aller peut-être aux États-Unis, ils vont peut-être aller à Dubaï, ils vont peut-être aller en Chine, que sais-je. Et donc, moi, je veux, je dis OK, il faut contact les ultra-riches, mais il faut que les ultra-riches, ils restent chez nous. Est-ce que vous estimez d'ailleurs que l'Europe doit pouvoir lever l'impôt ? Aujourd'hui, l'Europe ne lève pas l'impôt. Donc, à ceux qui disent qu'on veut créer des impôts européens, l'Europe ne lève pas l'impôt. Oui, mais est-ce que vous souhaitez qu'elle puisse le faire ?

Moi, je pense qu'il faut que les parlements nationaux puissent continuer à dire on est d'accord, on n'est pas d'accord pour mettre en place telle ou telle taxation à l'échelle européenne. Non, non, mais est-ce que vous, vous y êtes favorable ? Je vous réponds.

15:06
Valérie Hayer

Vous êtes favorable au fait que les parlements puissent s'interroger sur cette question-là ? Moi, je vous interroge sur cette question-là.

15:11
Présentateur

Est-ce que vous voulez que l'Europe puisse lever l'impôt ? Alors, matériellement, ce ne sera pas possible dans tous les cas, mais je pense qu'il faut qu'on avance sur la question de la taxation et que les parlements doivent pouvoir continuer à dire on est d'accord ou on n'est pas d'accord. Donc, simplement, la question de lever l'impôt en tant que telle, ça n'existera pas pour l'Europe demain.

15:27
Valérie Hayer

J'ai une question sur les agriculteurs. Elle vous est posée par Adèle. Adèle a 23 ans. Elle est étudiante. Écoutez.

15:34
Présentateur

Bonjour Valérie Ayet. Est-ce que vous continuez à soutenir le Green Deal malgré les protestations des agriculteurs ? Alors, il y a eu beaucoup d'amalgames qui ont été faites entre le Green Deal et les manifestations des agriculteurs. Les agriculteurs, ils ont demandé plus de simplification et ça a été la demande qu'on a faite à l'Europe et on a simplifié quelques règles de la politique agricole commune.

Les agriculteurs, ils ont demandé de meilleures rémunérations et ils ont demandé qu'on mette fin à la concurrence déloyale, c'est-à-dire que les produits qui viennent de l'extérieur de l'Union Européenne ou même qui viennent de l'Union Européenne, de la Pologne ou de la Roumanie, par exemple, respectent les mêmes normes. Évidemment, les agriculteurs doivent apporter des réponses.

16:14
Valérie Hayer

Le Green Deal, tel que vous l'aviez soutenu, est-ce que vous le soutenez encore aujourd'hui ? Oui, je le soutiens encore. Le Green Deal, c'est quoi ? Parce qu'on a parfois l'impression d'un paradoxe aussi sur votre liste, sur des questions comme par exemple la reconnaissance de la Palestine entre vous et votre numéro 2, Bernard Guetta, ou sur la question du Green Deal et de l'écologie, entre vous, qui êtes apparu aussi comme une forme de sauveuse juste après la crise de l'agriculture, revendiquant être issu d'une famille d'agriculteurs, et votre numéro 4 sur la liste, qui s'appelle Pascal Canfin, qui est un écolo qui a lui-même porté le Green Deal.

Il en a été l'un des artisans, puisqu'il était à la tête de la commission qui a mis en place le Green Deal.

16:49
Présentateur

Et depuis 2019, on est au Parlement européen et on n'a jamais opposé agriculture. Mais est-ce que ce n'est pas un problème, le Et en même temps, à ce niveau-là ? Mais non, au contraire. Il ne faut pas opposer agriculture et environnement. Moi, je connais le monde agricole. J'ai grandi dans une ferme et j'ai dans mon entourage ma famille et mes amis qui sont agriculteurs. Les agriculteurs, c'est les premières victimes du réchauffement climatique. Ils sont aussi les premiers acteurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils ont fait beaucoup. On va les accompagner aussi avec des aides financières. Mais la réalité, c'est quoi ? Je vais vous donner un exemple.

Une loi sur le Green Deal sur laquelle on n'a pas pu aboutir. À cause de qui ? À cause de la droite et de l'extrême droite au Parlement européen et de la droite et de l'extrême droite française. À cause de Jordan Bardella, à cause de François-Xavier Bellamy. On a en France un objectif de réduction de l'usage des produits phytosanitaires, des pesticides. En Europe, il y a seulement trois pays qui ont un plan de réduction des pesticides. Et nous, on a dit qu'il faut que tous les agriculteurs partout en Europe aient un objectif de réduction des produits phytosanitaires. C'est dans l'intérêt des agriculteurs, c'est dans l'intérêt de notre santé à tous.

Et puis, ça permet à nos agriculteurs français d'être sur un même pied d'égalité. On a eu une loi, on a voté, qui a été soumise au vote du Parlement européen il y a quelques mois. Elle a été tuée dans l'œuf à la faveur d'une alliance entre les républicains, la droite européenne et l'extrême droite européenne.

18:02
Valérie Hayer

Entre temps, c'est l'Union européenne toute entière qui a décidé d'abaisser les exigences sur les réductions de pesticides, après la colère des agriculteurs. Ils ont quand même relâché un tout petit peu les taux. Non, non, alors, on a simplifié... On va dire que les agriculteurs, ils vont être déçus si vous leur dites que ça n'a pas été fait. Ils ont le sentiment que ça l'a été.

18:18
Présentateur

Ça ne concerne pas du tout les produits phytosanitaires, pas du tout. Sur la simplification qu'on a demandée au niveau européen, ça concerne, je ne vais pas être trop technique, mais ça concerne le sujet déjà cher. Et globalement, effectivement, les agriculteurs, leur job et leur boulot, c'est d'aller travailler la terre, c'est de s'occuper de leurs bêtes et ce n'est pas d'être toute la journée derrière des ordinateurs. Donc là-dessus, on a négocié une politique agricole commune au début du mandat. Donc on a négocié les règles de la PAC et puis on a négocié le budget. Le budget, c'est 10 milliards d'euros de l'aide européenne qui va chaque année aux agriculteurs français.

C'est à peu près 40 000 euros par exploitation. Et puis il y avait les règles qu'on a votées en parallèle. Et celles-ci, elles nous permettent de faire que la PAC, elle est plus verte, plus rémunératrice et qu'elle garantisse notre souveraineté alimentaire. Et là, sur le volet vert de la PAC, on a juste apporté des simplifications pour répondre à la demande du monde agricole.

19:10
Valérie Hayer

Valérie Ayet, Volodymyr Zelensky sera demain à l'Assemblée nationale, notamment pour parler des besoins de l'Ukraine. Marine Le Pen juge pas respectable cette invitation. Elle accuse Emmanuel Macron d'instrumentaliser la guerre en Ukraine. Manon Aubry dit également, on peut quand même s'interroger sur le timing et la volonté d'instrumentaliser la guerre en Ukraine. Qu'est-ce que vous répondez ?

19:30
Présentateur

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? On est dans un moment historique avec ces commémorations aujourd'hui. Le président de la République invite Joe Biden, il invite Charles III, il invite Volodymyr Zelensky. Que Volodymyr Zelensky vienne en France à l'occasion de ces commémorations, moi je suis fière qu'il vienne à l'Assemblée nationale pour adresser un message aux députés français. Je suis fière, évidemment, que ça doit être source de fierté et pas source de type de polémique minable.

20:01
Valérie Hayer

Merci Valérie Ayet d'être venue dans ce studio ce matin. Valérie Ayet, tête de liste Renaissance aux élections européennes. A ce même micro demain matin, c'est Jordan Bardella qui répondra à mes questions dans cette dernière ligne droite des élections européennes. Il est 8h52 sur AMC BFM TV.