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interviewC à vous (sur YouTube)· 31 mars 2025 52 min

Marine Le Pen inéligible : un scandale démocratique - C à Vous l’intégrale - 31/03/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Edition spéciale consacrée au séisme provoqué ce matin par la décision du tribunal correctionnel de Paris: la lourde condamnation d'une figure majeure de la politique française. 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, de quoi priver M.Le Pen de 2027, à moins d'une décision favorable en appel avant cette échéance. - Le jugement de ce matin résonne comme un séisme. - Un séisme politique. - Un choc pour ses soutiens. ...

Les juges ont voulu que ce ne soit pas M.Le Pen. - C'est la 1re fois au bout de 40 ou 50 ans que je vois cela. - C'est très grave. - On va résister. - Il n'est pas sain que dans une démocratie une élue soit interdite de se présenter. - A partir de combien dans les sondages on estime qu'on est au-dessus des lois? - Le meilleur moyen de ne pas être condamné, c'est de ne pas commettre de crime. - Je veux remettre les pendules à l'heure.

M.Le Pen n'est pas victime. Elle est coupable. - A.-E.Lemoine: Dans un instant, l'Edito de P.Cohen, la réaction de J.-P.Tanguy, député RN de la Somme.

La réponse de l'avocat du Parlement européen aux accusations de procès politique. Le regard des journalistes T.Berteloot de "Libération" qui a suivi les 3 mois de procès.

Merci de votre présence. Retour sur ce jour qui marquera l'histoire de la Ve République. - L.Sénéchal: Avec un enjeu posé dès ce matin sur les plateaux télé et sur les matinales radio. - On retient son souffle. - Dans ce cas, la peine d'inéligibilité de M.Le Pen s'appliquerait immédiatement. - Pour le RN, ce serait une peine de mort politique. - L.Sénéchal: La foule au tribunal atteste de l'importance de la décision.

M.Le Pen arrive au tribunal. Elle fait partie de 24 prévenus en plus du RN jugés pour détournement de fonds publics.

L.Aliot risquait de perdre son fauteuil de maire de Perpignan. - Vous êtes inquiet? - L.Sénéchal: La tension monte.

A la mi-journée, le tribunal annonce qu'il condamne l'ensemble des prévenus à quelle peine? C'est l'exécution immédiate ou non. - M.Le Pen et des eurodéputés coupables de détournement public. - La question, c'est de savoir s'il y aura une exécution provisoire. - L'inéligibilité est prononcée. - L.Sénéchal: Le mot fait déflagration.

M.Le Pen quitte la salle d'audience avant même de connaître la peine à laquelle elle va être condamnée. - M.Le Pen quitte le prétoire.

M.Le Pen part sans un mot. - L.Sénéchal: Notre reporter était dans la salle.

Elle a vu l'expression de M.Le Pen au moment de son départ. - Elle avait le visage fermé, sans un mot, sans un regard pour le public et pour les journalistes.

Une attitude qui tranche avec celle de son arrivée ce matin. Elle était très détendue. Elle affichait une sérénité. - L.Sénéchal: La peine tombe enfin. 5 ans d'inéligibilité qui s'appliquent dès maintenant. - C'est un événement politique majeur: M.Le Pen ne sera pas candidate à la prochaine présidentielle. - La fin d'une grande partie de sa carrière politique. - Un séisme dans la vie politique française. - L.Sénéchal: La route de M.Le Pen vers l'Elysée existe encore mais n'est plus qu'un trou de souris.

Elle se rend au siège du RN pour une réunion de crise. - L.Sénéchal: Elle est bientôt rejointe par sa garde rapprochée, notamment J.Bardella, potentiel plan B pour l'Elysée. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen, coupable et hors-jeu.

C'est un coup de tonnerre. - P.Cohen: Une déflagration inattendue que le RN n'avait pas anticipée.

D'où la sortie théâtrale de M.Le Pen quand elle prend conscience qu'elle va subir une élimination politique et que sa riposte médiatique n'est pas prête. Ce déni manifesté par le RN explique la sévérité du jugement, même si les juges n'ont fait qu'appliquer la loi. - A.-E.Lemoine: C'est ce système de défense qui est sanctionné? - P.Cohen: En quelque sorte.

Vendredi dernier, L.Jacobelli nous expliquait qu'entre le RN et le Parlement européen, il ne s'agissait que d'un désaccord sur les fiches de poste des assistants. Le tribunal a expliqué ce matin au contraire que tous les contrats d'assistants étaient dépourvus d'objets réels, conduisant à un enrichissement au préjudice du Parlement européen et du contribuable français.

Les 4,5 millions d'euros encaissés ne sont pas tombés...

Les juges considèrent que M.Le Pen était au centre d'un système de détournement optimisé que son père avait mis en place en 2004. Elle l'a poursuivi avec autorité et détermination.

Ils affirment qu'elle ne pouvait ignorer qu'elle était en infraction. Elle en a toujours contesté la réalité. Pour le tribunal, devant ce mépris des faits, cette impunité revendiquée, le risque de récidive est objectivement caractérisé.

Seule l'exécution provisoire sera de nature à prévenir ce risque. Les juges disent avoir pris en considération le trouble à l'ordre public et le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée. D'où cette exécution provisoire, fatale à une nouvelle candidature. - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de recours possible? - P.Cohen: Si.

Les prévenus vont faire appel. Ce n'est pas une certitude. Pour une affaire normale, le délai avant le procès d'appel, c'est minimum 1,5 an.

Comme cette histoire n'a rien de normal, il serait possible de l'audiencer et de la programmer dès décembre pour que la cour d'appel rende son arrêt au 1er semestre 2026. Ca aurait l'avantage de purger le dossier un an avant la présidentielle. - A.-E.Lemoine: Cette accélération dépendra de qui? - P.Cohen: Du parquet général de la cour de Paris, lui-même dépendant du garde des Sceaux.

G.Darmanin avait trouvé "profondément choquant" que M.Le Pen ne puisse pas se présenter.

Le ministre ne peut pas donner d'instructions dans des affaires individuelles, mais il est le garant d'une bonne administration de la justice. - A.-E.Lemoine: Les réactions indignées se multiplient.

Beaucoup pensent que M.Le Pen est victime d'une justice d'exception. - P.Cohen: Le jugement est discutable.

Il fait se confronter 2 principes, la souveraineté populaire, la liberté de choisir son élu et l'égalité devant la loi. Elle subit un jugement qui n'a rien d'exceptionnel, ni pour l'exécution provisoire en 2023. 58 % des peines d'emprisonnement ferme ont été mises en oeuvre immédiatement...

Ni pour l'inéligibilité. Les chiffres ont explosé. Plus de 9000 personnes ont été rendues inéligibles en 2022.

Le législateur a durci l'arsenal législatif après chaque scandale, même si, contrairement à ce que l'on dit, l'inéligibilité prononcée ce matin ne résulte pas de la loi Sapin 2. Les contrats litigieux ont pris fin avant l'entrée en vigueur de cette loi en 2016. - A.-E.Lemoine: Elle n'était pas automatique? - P.Cohen: Non, c'est le choix des juges.

Le FN a longtemps accompagné ce mouvement. C'était l'un de ses arguments. "Tête haute, mains propres." Et il a réclamé une sévérité accrue sur les condamnés. - M.Le Pen: On ne tire jamais les leçons.

Est-ce que vous trouvez...

DSK, A.Juppé, Guérini, B.Tapie, J.Chirac...

On ne tire pas les leçons. Quand allons-nous tirer les leçons et mettre en place l'interdiction de l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat? - P.Cohen: A l'époque, c'était dans son programme, l'inéligibilité à vie.

En 2017, les députés unanimes avaient voté l'interdiction pour tous les détenteurs de casier judiciaire de se présenter à une élection. Une proposition qui figurait dans le programme présidentiel d'E.Macron.

Dans les 2 cas, l'idée n'est pas allée plus loin à cause d'un risque d'inconstitutionnalité. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen n'a pas voulu écouter le verdict jusqu'au bout.

Elle quitte la salle après l'annonce de son inéligibilité immédiate, sans attendre sa peine. C'était pour marquer quoi? Sa colère?

Sa défiance à l'égard de la justice? Le fait qu'elle estimait qu'elle était victime d'une justice d'exception? - J.-P.Tanguy: Tout à fait.

M.Le Pen a bien fait de sortir. On ne peut pas accepter l'inacceptable.

M.Le Pen et tous ceux qui ont assisté au procès ont reconnu...

Les juges avaient de toute évidence décidé avant d'entendre la défense de M.Le Pen et des autres prévenus de ce qu'ils allaient rendre contre elle. Dans le délibéré, c'est dit que c'est parce que M.Le Pen est candidate qu'il faut la rendre inéligible. "Sa présence serait un trouble à l'ordre public." - A.-E.Lemoine: Parce que les juges l'estiment coupable. - J.-P.Tanguy: Quel rapport?

A partir du moment où vous faites appel, vous retrouvez votre présomption d'innocence. M.Le Pen est donc privée de son droit à la peine.

Parce qu'elle serait candidate, elle ne peut plus être présumée innocente des faits qui lui sont reprochés? Elle fait Appel, mais elle n'est pas présumée innocente sur des faits qui lui sont reprochés. On prive, au nom de l'Etat de droit, une justiciable comme une autre de son droit principal. - A.-E.Lemoine: Une sévérité exemplaire à l'égard de ceux...

Elle suggérait une inéligibilité à vie. En l'occurrence, il ne s'agit que de 5 ans. - J.-P.Tanguy: Le juge n'a reconnu ni corruption ni enrichissement personnel.

Un détournement de fonds est une formule qui veut tout et rien dire. C'est pour faire croire que M.Le Pen se serait enrichie, qu'il y aurait de la corruption...

Vous avez passé des extraits avec monsieur Cahuzac, monsieur Chirac...

C'était de l'enrichissement personnel. Monsieur Cahuzac, ce n'était pas de l'enrichissement personnel? Les frais de bouche de J.Chirac, c'était quoi? - A.-E.Lemoine: On n'a passé aucun de ces extraits depuis le début. - P.Cohen: Il n'a pas été condamné pour ça. - J.-P.Tanguy: Il faisait partie du système.

Je suis plutôt fier de ne pas faire partie du système... - A.-E.Lemoine: De quoi a été reconnue M.Le Pen? - T.Berteloot: De détournement de fonds et de complicité de détournement de fonds pour un système planifié et organisé qui a duré pendant des années, avec 40 contrats fictifs pendant 12 ans. 4 millions d'euros en violation totale de toutes les règles du Parlement.

Elle connaissait très bien ces règles. Elle est avocate de formation. - J.-P.Tanguy: On ne parle pas de F.Bayrou ni de Mélenchon. - T.Berteloot: Mélenchon a eu un rapport...

Pour l'instant, il n'y a pas d'instruction. - A.-E.Lemoine: Monsieur Bayrou n'était pas considéré... - T.Berteloot: Dans une durée très longue, M.Le Pen...

En 1998, elle connaissait très bien les règles. Elle échangeait régulièrement avec le trésorier du parti de l'époque, qui a également été condamné. La juge a dit à certains prévenus qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel, mais ça a été évoqué par le parquet.

Ce sont des gens qui ont bénéficié de cet argent pour maintenir un niveau de vie très élevé, des salaires de 9000 euros pour un garde du corps, des primes de fin de contrat pour un garde du corps et des gens qui sont assistants parlementaires à 5000 euro net pour un mi-temps, des primes de Noël...

Il y a de l'enrichissement personnel... - J.-P.Tanguy: Ca semble très élevé, mais c'est la norme, au Parlement européen.

Vous considérez que le Parlement européen reste l'argent des Français. Quand on le dit, pour d'autres sujets, ce n'est pas vrai. - P.Maisonneuve: C'est l'argent du contribuable européen.

J'ai été représentant au Parlement pour demander...

Je suis là pour vous réclamer ce que m'a accordé le tribunal ce matin: plusieurs millions d'euros que vous allez devoir, le RN, me régler. Il y a aussi l'exécution provisoire. C'est la 1re chose.

En ce qui concerne les déclarations de culpabilité, le tribunal a dit à 2 reprises ce matin...

On a eu pratiquement 3 mois d'audience. On voit ce qu'il s'y passe, on entend. Le tribunal a dit qu'il n'y avait aucun doute sur la culpabilité de M.Le Pen, du RN, de ceux qui comparaissaient.

Le tribunal l'a dit 2 fois. Ce qui m'intéresse, c'est cette déclaration de culpabilité. Sur l'exécution provisoire, on peut en débattre. - A.-E.Lemoine: Vous étiez plutôt hostile, au lendemain des réquisitoires, à l'exécution provisoire? - P.Maisonneuve: De façon générale, l'exécution provisoire, compte tenu des délais d'appel, me semble poser un problème.

Si on passe devant la cour d'appel 2 ans et demi après, la peine est exécutée. La peine perd de son intérêt. Si, du côté du parquet général, on vous dit qu'on peut organiser l'audience dans les meilleurs délais...

M.Le Pen serait favorable à ce qu'on organise une audience dans les meilleurs délais. Lorsqu'on dit qu'on est innocent, on a à coeur de se faire déclarer innocent dans les plus brefs délais. - A.-E.Lemoine: Ce serait faire une exception pour M.Le Pen. - P.Maisonneuve: Quel serait le motif de cette exception?

Je suis partie civile contre le MoDem. Ils ont été condamnés, sauf monsieur Bayrou. Mais il y a un appel du procureur contre lui.

Je n'ai toujours pas de date d'audience. Ca fait plus d'un an. - P.Cohen: Il faudrait faire passer le MoDem et Bayrou avant le RN? - P.Maisonneuve: Ce serait logique, mais tant qu'à faire, on peut le faire à l'automne, sur les financements illicites des uns et des autres. - A.-E.Lemoine: La peine d'inéligibilité n'était pas automatique?

C'est une décision des juges qui vous semblait logique, compte tenu de ces 3 mois d'audience? - P.Maisonneuve: Les pronostics...

On était à 50-50. On ne savait pas ce que le tribunal allait décider. Il y a 2 raisons.

D'abord, il y a les montants. C'est plus de 4 millions d'euros, le fait d'avoir mis un système en place avec une pluralité d'auteurs sur un délai particulièrement long. C'est sur plusieurs années.

Ce côté systémique militait dans quelque chose d'assez rigoureux. Sur les peines d'emprisonnement...

C'est aussi valable sur les peines d'inéligibilité. On le vit au tribunal judiciaire de Paris...

Il y a très souvent la peine d'exécution provisoire, la mesure d'exécution provisoire, qui est prise dans le complément de la peine d'inéligibilité. La décision n'est pas extraordinaire. Elle est extraordinaire parce qu'il y a la candidature à la présidentielle... - J.-P.Tanguy: Il y a beaucoup de choses que je voudrais rectifier. - P.Maisonneuve: La présidente n'a jamais dit qu'elle voulait empêcher M.Le Pen... - J.-P.Tanguy: C'est écrit. - P.Maisonneuve: Elle a répondu à un argument de la défense de M.Le Pen.

Il disait que l'un des arguments pour ne pas prononcer l'inéligibilité, c'était la candidature à la présidentielle. Le tribunal a répondu que quel que soit le citoyen, candidat ou pas candidat, il y a égalité des citoyens devant la loi. C'est valable pour le trouble à l'ordre public.

Arrêtons avec ce complot des juges. - A.-E.Lemoine: La décision politique! - P.Cohen: "Le tribunal a pris en considération le trouble majeur à l'ordre public que représenterait le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance." - J.-P.Tanguy: Ca prouve la déconnexion totale avec le pays.

Le trouble à l'ordre public est évident. Une candidate qui est à 35 % dans les sondages et qui a un lien unique avec les Français ne peut pas se présenter...

On n'a jamais vu ça. Dans les pays de l'Est... - A.-E.Lemoine: Cette décision va engendrer des troubles à l'ordre public? - J.-P.Tanguy: Même les pires opposants de M.Le Pen en viennent, non pas à la soutenir personnellement, mais...

Cette vengeance des juges... - A.-E.Lemoine: Vous allez appeler à manifester? - J.-P.Tanguy: On attendra ce que M.Le Pen et le RN décident, mais il ne s'agit pas de manifester.

Il s'agit de se battre pour la vérité et l'innocence de M.Le Pen et pour qu'elle puisse se présenter. - A.-E.Lemoine: Vous considérez que la vérité n'a pas été établie par 3 mois d'audience et un jugement? - J.-P.Tanguy: Non.

La justice française a une grande histoire de l'erreur judiciaire. Quand on regarde dans le rétroviseur de l'histoire de la justice française, il y a plus de scandales que de grandes oeuvres. - P.Cohen: A l'ouverture du procès, M.Le Pen disait qu'elle avait confiance en la justice.

La confiance... - J.-P.Tanguy: La confiance n'excuse pas l'erreur. - P.Maisonneuve: S'il n'y a aucune confiance, ne participons pas à l'audience. - T.Berteloot: A quelle erreur judiciaire vous comparez? - J.-P.Tanguy: Madame Brigitte Barèges, maire de Montauban, exécution provisoire.

Elle a perdu son mandat d'autorité. Finalement, en appel, elle a été reconnue innocente. Elle a perdu son mandat.

Elle a été élue députée. - P.Cohen: Et ensuite, elle a retrouvé ses fonctions en moins de 2 ans. - J.-P.Tanguy: Le jour où vous serez victime d'une erreur judiciaire, peut-être que beaucoup trouveraient que 1 ou 2 ans d'injustice, c'est long.

J'ai donné cet exemple. Tout le monde peut le vérifier. - T.Berteloot: Il faut remettre les choses dans le contexte.

Le procureur l'a rappelé: l'exécution provisoire est toute relative. Elle garde son mandat de députée du Pas-de-Calais. Elle perd celui de conseillère départementale.

Ce n'est peut-être pas le mandat dans lequel elle était le plus active...

Le RN aime rappeler que les juges ont privé les Français de voter pour une candidate qui a déjà perdu 3 présidentielles. Rien ne la force à se présenter. Il n'y a pas d'immunité à être candidat.

Il faudrait une justice d'exception pour M.Le Pen? - P.Maisonneuve: Qu'il y ait un enjeu politique, des turbulences politiques par rapport à la présidentielle, tout le monde peut le constater.

Il n'y a pas de difficultés par rapport à ça. Par rapport aux juges et aux traitements qu'ont fait les juges, qui posent une vraie question sur le plan de notre vie démocratique...

On les met en cause. On dit qu'ils sont partisans, qu'ils participent à un complot. Vous avez même dit que le Parlement européen aurait anticipé tout ça.

En alliance avec C.Taubira, garde des Sceaux à l'époque, il aurait fomenté cette opération pour nuire au RN. Il y a des procureurs, des juges d'instruction, Des magistrats de la cour d'appel de Paris qui ont validé la procédure, 3 juges qui ont statué pendant les 3 mois d'audience.

Le complot des juges...

A un moment, il faut savoir s'arrêter. Si vous n'êtes pas satisfaits, si vous êtes hostiles à l'inéligibilité ou à l'exécution provisoire, faites des propositions de loi. Cessons de faire supporter aux juges l'application de la loi.

Si la loi ne vous convient pas, en tant que parlementaire responsable politique, assumez la responsabilité de dire aux Français qu'il n'y aura plus de risque d'inéligibilité pour les élus. - J.-P.Tanguy: Quand le RN veut encadrer la liberté des juges, les mêmes nous crient au scandale.

Il faut que les juges aient une appréciation d'application de la loi. Là, c'est le cas. Ce n'est pas la loi de 2016 qui s'applique sur l'automaticité.

On est en plein dans le sujet. Quand le RN veut durcir l'encadrement des juges, on nous dit que c'est un scandale, et là, on nous reproche de ne pas le faire. Il y a aussi un mensonge qui se balade comme quoi M.Le Pen, en 2016, aurait voté la loi Sapin.

J'ai vérifié, elle a voté contre. Je suis allé vérifier les archives. Monsieur Schulz aurait pu dire lui-même pourquoi il a défendu cela. - P.Maisonneuve: Un représentant du Parlement européen était là en première instance.

Il était là au moment du MoDem. C'était le directeur financier. Il représentait le Parlement européen. - J.-P.Tanguy: C'est très intéressant.

Le Parlement européen n'est pas représenté par des politiques mais par des fonctionnaires. Nous, on aime encore la démocratie. Ils ne sont pas élus.

Monsieur Schulz était beaucoup moins attentif à protéger le Parlement européen contre les valises de billets du Qatar qui se baladaient... - T.Berteloot: On mélange tout... - J.-P.Tanguy: Je suis seul, je me défends comme je peux...

Il faut informer ceux qui nous écoutent. T.Berteloot fait partie d'une cellule anti-RN. - A.-E.Lemoine: Il y a un complot de "Libération"? - T.Berteloot: A laquelle participe visiblement la cellule de "Libération"... - P.Maisonneuve: Nous nous réunissons dans une cave, la nuit... - T.Berteloot: Chers frères, allons en discuter.

Entendre ce genre de délire... - J.-P.Tanguy: Ce n'est pas un délire. - T.Berteloot: Parce qu'il y a eu un procès...

Vous n'avez pas lu le dossier... - J.-P.Tanguy: Je l'ai lu. - A.-E.Lemoine: La justice française travaille pour le compte du Parlement européen et pour le compte de "Libération"? - J.-P.Tanguy: Je n'ai jamais dit ça. - A.-E.Lemoine: C'est ce que l'on conclut de vos propos. - T.Berteloot: Ca fait 10 ans que votre parti se prépare à ce procès... - J.-P.Tanguy: J'en ai assez qu'on présente des gens sans dire qui ils sont.

Personne dit qu'il est membre d'une cellule qui revendique...

C'est un comité de presse de "Libération". C'est une cellule anti-RN. - T.Berteloot: Vous inventez des phrases. - J.-P.Tanguy: P.Cohen l'a même relu. - A.-E.Lemoine: Il y a un comité de presse... - T.Berteloot: "Libération" a plusieurs journalistes chargés du suivi du RN, et de l'extrême droite en général, comme dans beaucoup de rédactions.

A "Libération", nous sommes 4 très bons journalistes. Il y a une newsletter qui sort. J'espère que vous êtes abonné.

Il ne s'agit pas d'une cellule occulte. - E.Tran Nguyen: On peut peut-être s'intéresser aux arguments de la défense.

Vous dites que vous avez été surpris par la faiblesse de la défense. Exemple: l'ex vice-président du parti avait fourni des revues de presse constituées après coup. Pour prouver le travail de son assistant parlementaire, il a fabriqué... - P.Maisonneuve: Ca a été établi à l'audience.

Il y a un parlementaire...

Un parlementaire RN qui envoie au trésorier: "La réunion que nous avons eue hier, M.Le Pen nous propose de faire des emplois fictifs. Nous allons être mis en cause." Voilà ce qu'il écrit.

Le trésorier va répondre: "Marine sait tout cela." Le tribunal voit ces échanges de mails. On se dit qu'il y a des éléments sérieux qui permettent de dire qu'il y avait bien un système mis en place.

Lorsqu'on dit que M.Le Pen a réuni les nouveaux députés en leur disant: "Vous aurez droit, chacun, à un assistant parlementaire. Pour le reste de l'enveloppe, le complément d'enveloppe, ce sera pour le parti." Plusieurs parlaient de cette réunion.

Ces mails viennent confirmer ce qui a été dit à cette réunion. Je pourrais égrainer tous les éléments qui ont été développés par le parquet. Le tribunal de Paris a parfois été profondément étonné, voire agacé sur le fait qu'on niait autant certaines évidences.

Ils ont l'impression qu'il y a une forme de mépris pour la juridiction. A partir de ce moment là, il y a peut-être des risques. - A.-E.Lemoine: A aggraver les condamnations. - J.-P.Tanguy: Les juges sont des êtres humains qui pourraient être vexés.

On est loin de la statue avec une balance et un bandeau pour cacher ses émotions. - P.Maisonneuve: Arrêtez de parler de complotisme! - A.-E.Lemoine: On a bien retenu... - T.Berteloot: Ce n'est pas celui de la magistrature qui a jugé madame Le Pen. - J.-P.Tanguy: Comment on peut le savoir?

Cette juge s'est engagée par admiration pour madame Joly. - A.-E.Lemoine: Pour le métier de magistrate. - J.-P.Tanguy: Non, pour son parcours.

Tout le monde peut vérifier. - A.-E.Lemoine: Maître Maisonneuve, vous représentez le Parlement européen, y compris dans l'affaire du MoDem et des détournements de fonds du MoDem et que vous avez fait appel de la décision de relaxer monsieur Bayrou.

On imagine que vous n'avez pas été missionné pour détruire le RN. Ou alors, c'est le RN et le MoDem. - P.Maisonneuve: Le MoDem a été poursuivi avant le RN.

Le Parlement européen était partie civile dans le procès contre le MoDem à l'instruction et à l'audience. On n'est pas en service commandé contre le RN. Par contre, le système qu'on a découvert et qui a été entièrement confirmé par le juge nous a laissés pour le moins assez rêveurs. - A.-E.Lemoine: Merci. - P.Maisonneuve: 4 millions d'euros, ce n'est pas rien. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venus sur notre plateau.

On passe à la Story de M.Bouhafsi. - Dégoûtée.

Je suis dégoûtée de ce qui se passe. Ce n'est pas la première fois qu'on la salit. Un coup d'état.

Ils essayent de l'empêcher de passer. - Si on prononce une telle peine à son encontre, c'est mérité. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une condamnation qui provoque un coup de tonnerre dans plusieurs villes et plus particulièrement à Hénin-Beaumont, fief de la fille de J.-M.Le Pen.

Depuis 2022, l'ex-candidate à la présidentielle avait obtenu près de 67 % des voix au 2d tour contre E.Macron. Pourtant, ce midi, les habitants étaient divisés après la condamnation de M.Le Pen. - C'est une trahison. - De la part de qui? - Du gouvernement, de l'Etat. - Ca ne se fait pas de détourner de l'argent.

C'est mérité. La famille Le Pen, c'est une figure importante à Hénin. - Je pense qu'on lui met des bâtons dans les roues.

On fait n'importe quoi pour qu'elle ne passe pas. - Depuis des années, le RN n'arrête pas de critiquer la justice trop laxiste. Bizarrement... - Pour moi, c'est de l'arnaque.

Elle a arnaqué les gens et son parti. - Même si on est politicien, on est assujetti à des règles. Pour moi, aujourd'hui, elle mérite cette peine. - M.Bouhafsi: Un des cadres Du RN nous a confié: "C'est une catastrophe.

On ne peut pas dissoudre parce qu'on perd Marine à l'Assemblée...

En 2026, ce sera plus dur..." Le maire préfère utiliser la méthode Coué. - Pour moi, c'est une méthode très surprenante.

M.Le Pen, on la connaît, qu'on l'aime ou pas. Elle s'est investie ici depuis plus de 20 ans. - Vous avez peur que ça ait des conséquences aux municipales? - Pour nous, ici?

Vous verrez bien. Notre victoire sera nette en un seul tour. Il n'y a pas de souci.

Pour les élections présidentielles de 2027, ça ne pourra que renforcer la candidature d'un membre issu du RN. - M.Bouhafsi: Alors qu'on ne voulait pas évoquer de plan B ces derniers jours au sein du RN, il porte désormais le nom de J.Bardella.

Certains partisans du RN à Hénin-Beaumont ont déjà acté leur décision. - Je voterai pour Bardella, c'est tout! Je resterai là.

C'est du grand n'importe quoi. - C'est purement politique. - M.Bouhafsi: Quid de l'électorat politique de M.Le Pen en 2027?

Est-ce que tous les électeurs de M.Le Pen se tourneront vers J.Bardella ou est-ce qu'ils choisiront l'abstention? - Le socle électoral de M.Le Pen se transfère Plutôt bien vers le socle électoral de J.Bardella, qui fait de meilleurs scores auprès des jeunes, des cadres supérieurs, des milieux économiques.

Le rejet catégorique du nom Le Pen ne s'appliquera pas pour Bardella, mais d'un autre côté, un candidat à la magistrature suprême de 31 ans, ça va aiguiser des critiques. On peut imaginer plusieurs scénarios, des gens qui ne le trouvent pas crédible... - A.-E.Lemoine: Bonsoir, B.Jeudy.

Merci de votre présence aux côtés de A.-C.Bezzina.

Vous êtes maître de conférences en droit public. Quelques questions, J.-P.Tanguy...

Est-ce que, depuis ce matin et depuis la décision du tribunal, le RN se cherche un plan B, un candidat de secours pour la présidentielle de 2027? Est-ce naturellement J.Bardella? - J.-P.Tanguy: C'est naturellement M.Le Pen qui est candidate.

Pour avoir assisté à l'ensemble des réunions et des échanges depuis ce matin, je ne l'ai rarement vue aussi déterminée. C'est une véritable cheffe lionne dont je suis fier. - P.Cohen: Ca veut dire que vous pensez pouvoir trouver une issue juridique qui permet à M.Le Pen d'être candidate? - J.-P.Tanguy: Absolument.

D'ailleurs, je pense que J.Bardella est très fier d'être lui-même...

D'avoir été choisi, d'avoir eu la confiance de M.Le Pen et de constater que, jusqu'au bout, notre cheffe se battra pour la France et les Français. Je suis très fier.

Son stoïcisme force l'admiration. - A.-E.Lemoine: Y a-t-il une voie judiciaire pour permettre à M.Le Pen d'être candidate pour l'élection de 2027? - A.-C.Bezzina: La plus fiable...

C'est à discuter avec sa défense. Ses avocats doivent être en plein travail sur la question. L'appel est la voie à laquelle on pense tout de suite.

C'est la seule voie de rejugement. Mais il faut que l'appel arrive avant que la candidature à la présidentielle ne soit possible, pour que cet appel puisse lever cette exécution provisoire, notamment. En contentieux, il y a cette question d'une possibilité du relèvement de la simple voie de l'inéligibilité, mais il faut une décision définitive.

Ca dépendra du sort de l'appel. C'est une voie parallèle d'exécution qui est possible devant le président de la chambre qui a rendu le jugement. - P.Cohen: Attaquer spécifiquement l'exécution provisoire. - A.-C.Bezzina: Est-ce que ça peut être avant ou après l'appel... - A.-E.Lemoine: Quel regard vous portez sur ce jugement?

Quand J.Bardella écrit immédiatement: "Aujourd'hui, ce n'est pas seulement M.Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée." Est-ce que ce jugement est de nature à mettre en péril ou à fragiliser la démocratie? - A.-C.Bezzina: Je vais avoir une réaction de maître de conférences en droit public.

Je réagis en tant que juriste. J'appelle à réagir avec distance et humanité aussi. C'est une décision lourde, dure, c'est quelque chose que le parti et que la responsable politique doivent encaisser.

Après, quand on dit que ça fait du mal à la démocratie, j'ai tendance à penser que dans une démocratie, il y a 3 pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire...

Quand un pouvoir judiciaire peut s'exprimer librement, c'est plutôt que la démocratie va bien. On se rend compte que dans les démocraties libérales, dès lors qu'on essaie de museler les pouvoirs des juges, c'est à ce moment que les démocraties faiblissent. Ca a été pareil dans toute notre histoire.

On n'est pas plus valeureux que les autres sur la question. - A.-E.Lemoine: B.Jeudy, vous avez eu M.Le Pen au téléphone samedi.

Dans quel état d'esprit était-elle? Elle vous disait qu'elle était convaincue que les juges n'iraient pas jusqu'à la "mise à mort" de son mouvement? - B.Jeudy: Oui.

Elle disait que les juges avaient droit de vie et de mort sur son mouvement mais qu'elle pensait qu'ils n'iraient pas jusque-là. Quand J.Pecnard nous a raconté son entretien avec M.Le Pen, ça nous a surpris.

On s'est dit que visiblement, elle ne prenait pas en compte cette possibilité. Etait-elle dans le déni? Ce n'est que ces dernières semaines qu'elle a, visiblement, commencé à discuter et à mettre les hypothèses sur la table.

Mais manifestement, elle ne s'était pas préparée à ce qu'il y ait cette exécution provisoire. J'ai commenté ce matin la décision. J'ai eu la même sensation qu'en 2003, lorsqu'A.Juppé a pris 10 ans.

Tout le monde, y compris chez les journalistes politiques, se disait: "Pas possible! 10 ans? Il a pris 10 ans!" Finalement, 1 an plus tard, après l'appel, ça a été réduit à 1 an.

C'est pour ça qu'il y a encore une petite fenêtre pour M.Le Pen pour 2027. C'est très compliqué, il y a beaucoup de "si", mais il y a une possibilité. - A.-E.Lemoine: Les électeurs RN qu'on a entendu, c'est légitime qu'ils estiment qu'on leur vole une élection présidentielle, si l'appel confirme cette condamnation? - B.Jeudy: Beaucoup de Français ne vont pas comprendre cette histoire d'exécution provisoire.

Je suis plutôt contre ça, mais c'est la loi. Les juges doivent appliquer la loi, même s'ils ont une faculté de discernement qu'ils n'ont peut-être pas eue dans ce jugement. Ils pouvaient aussi envisager le quantum de la peine.

Tout est possible. Mais c'est le jugement. Après tout, les politiques votent des lois et après, ils râlent et s'étonnent qu'elles soient appliquées.

Beaucoup de Français ne vont pas comprendre et vont faire un mélange, ils vont se dire...

Les sondages qui vont sortir de tout ça...

A mon avis, les sondages vont plutôt s'interroger sur la justesse de cette décision. - A.-E.Lemoine: La remettre en cause. - B.Jeudy: Hou là là, oui! - P.Cohen: Les électeurs du RN sont ceux qui font le moins confiance en la justice, selon la dernière enquête Ipsos, fin de l'an dernier.

Le niveau de confiance des électeurs du RN en la justice est de 28 %, quand ceux du PS et de Renaissance approchent de 60 %. C'est un écart considérable. - B.Jeudy: Tous les partis ont été touchés par une décision de justice.

Ils ont tous pris des décisions très lourdes. - A.-E.Lemoine: Ca ne va pas s'arranger, alors. - J.-P.Tanguy: La moyenne de ce sondage est plus proche du score du RN que du score socialiste.

Il faut vérifier, mais je ne crois pas qu'ils atteignent la majorité, nos amis les juges. - A.-E.Lemoine: Est-ce que ça va galvaniser l'électorat du RN? - J.-P.Tanguy: Lors des réquisitions du procureur...

Le procureur adjoint avait déploré...

Sa garde avait été baissée et elle avait déploré qu'on puisse émettre une peine... - A.-E.Lemoine: Je crois que je dois vous libérer parce que vous allez accompagner madame Le Pen sur le plateau du 20h de TF1.

Savez-vous quelle sera la teneur de sa prise de parole? Combative? - J.-P.Tanguy: Elle est impératrice en son royaume. - A.-E.Lemoine: Elle décide de ce qu'elle va dire et elle ne vous a pas mis au courant. - J.-P.Tanguy: Elle n'a pas besoin de conseiller.

Elle a raison. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup d'être venu ce soir pour réagir à cette décision. - P.Lescure: Le tribunal a également condamné le vice-président du RN, L.Aliot, à une peine de 18 mois de prison dont 6 mois ferme.

Avec une amende de 8000 euros et une inéligibilité de 3 ans sans exécution immédiate. Le tribunal avait dit qu'il s'agissait de préserver "la liberté des électeurs" dans la ville de Perpignan. Comment expliquer, pour ceux qui nous écoutent, la différence de traitement avec M.Le Pen qui a aussi des électeurs? - A.-C.Bezzina: Le temps est le premier élément qui peut l'expliquer.

Les municipales sont plus proches que les élections présidentielles. De plus, il faut rappeler que, pour un conseiller municipal en titre, L.Aliot aurait perdu son mandat en cours alors que M.Le Pen ne perd pas son mandat en cours.

Elle est députée et le reste. Il y aurait eu une inégalité entre les 2 sachant que, pour les conseillers municipaux, quand vous êtes déclaré inéligible avec une exécution provisoire, vous perdez votre mandat dans la minute. L'idée de la proximité de la campagne, avec en plus cet effet très dur de perte de mandat en cours, a justifié une différence de traitement...

Les montants fraudés ne sont pas les mêmes. Il y a le temps de l'appel qui est ménagé, déjà par la décision du juge qui n'est pas définitive, même si elle s'applique directement. Je conçois qu'il y ait une confusion, mais pour un jury, ce n'est pas définitif.

Il peut encore y avoir appel. Il y a ce temps pour la liberté de l'électeur. Là, c'est 2027.

En droit, la campagne ne commence qu'à partir de mars 2027. - E.Tran Nguyen: Vous disiez que les Français n'allaient sûrement pas comprendre la décision.

Les hommes politiques non plus. L'entourage de F.Bayrou dit que le Premier ministre a été troublé par ce jugement, lui qui, pendant les réquisitions, avait dit qu'il était contre cette exécution provisoire et qu'en démocratie, on doit pouvoir faire appel à toutes les décisions de justice.

Officiellement, il n'a rien dit. Mais "troublé", c'est un peu le mot qu'on pourrait employer pour tous les hommes politiques de droite et du centre? - B.Jeudy: Depuis le début, il apporte plutôt son soutien à M.Le Pen, dans cette épreuve qu'elle traverse.

Il attend l'appel lui-même...

Il a été relaxé en première instance, mais l'affaire du MoDem n'est pas terminée. Il pourrait même aller au tribunal avant M.Le Pen en appel.

Troublé...

A mon avis, ça va encore poser problème à F.Bayrou parce que le judiciaire et l'exécutif, ça ne fait pas forcément bon ménage. - P.Cohen: Il n'est pas représentant de l'opposition.

Sa parole n'est pas aussi libre. Il est membre de l'exécutif. Il y a un vrai problème de séparation... - B.Jeudy: Je pense qu'il va s'attirer des ennuis.

Il risque d'y avoir du charivari demain, à la session de questions-réponses. Ca risque d'avoir des conséquences dans sa propre famille politique. - E.Tran Nguyen: A gauche, ça ne va pas profiter à la gauche? - B.Jeudy: A gauche, ils ont été plutôt à l'unisson pour dire que la justice doit passer et qu'ils se sont plutôt élevés contre les protestations issues de la droite et de l'extrême droite.

Moins chez les insoumis. Ils étaient un peu partagés. J.-L.Mélenchon a redit qu'il préférait la battre dans les urnes que par la justice. - A.-E.Lemoine: Malgré sa condamnation, M.Le Pen restera symboliquement comme la cheffe du RN, même si ce n'est pas la présidente du parti, et fera campagne quoi qu'il arrive? - T.Berteloot: Ce qui est étonnant, c'est de dire que c'est la cheffe, comme le disait J.-P.Tanguy.

Il a répondu "ma cheffe a pris sa décision" et "J.Bardella est très content de servir sa cheffe". On voit quelqu'un qui a été condamné dont les équipes n'ont rien préparé pendant des mois et des mois.

Ils savaient se préparer à ce procès. Quand on a suivi les audiences, on s'est rendu compte de l'énorme décalage qu'il y avait entre la connaissance du dossier de M.Le Pen et des autres prévenus.

Ils arrivaient les mains dans les poches, balbutiants. C'était très étrange de se dire que la seule personne au courant de ce qui se passait était M.Le Pen. - P.Cohen: Elle était très préparée. - T.Berteloot: Très.

Elle connaissait tout. Elle a voulu faire de ce procès une enceinte politique, ce qui a énervé les juges, mais elle était préparée. Ce qui a aussi énervé les juges, c'est le manque de préparation des autres.

On attend depuis 10 ans...

L'instruction a duré 10 ans. On attend depuis 10 ans et le RN n'a aucun plan B. C'est la confirmation d'aujourd'hui, dans ce qu'a dit J.-P.Tanguy, qu'il sera toute sa vie un dauphin, que J.Bardella sera toute sa vie un dauphin.

Peut-être que ça ne suffit pas pour se lancer dans une présidentielle. - A.-E.Lemoine: On a quelques minutes pour un bonus de Lorrain, pour rappeler les condamnations et les inéligibilités du passé. - L.Sénéchal: Je me suis perdu plusieurs fois. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen n'est pas la 1re personnalité politique condamnée à une peine d'inéligibilité. - L.Sénéchal: Vous avez cité tout à l'heure A.Juppé.

Il est encore maire de Bordeaux quand il est condamné à 10 ans d'inéligibilité pour l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Il n'y a pas d'exécution provisoire. Il a fait appel.

La peine est ramenée à 1 an d'inéligibilité qu'il choisit de passer en exil au Québec. - A.Juppé a décidé de prendre du champ.

Il donne des cours à l'Ecole nationale d'administration du Québec. ... - Son inéligibilité prend fin demain et déjà, les supputations sur son éventuel retour vont bon train.

Sur son blog, il explique que cela ne changera rien et qu'il ne prendra pas de décision avant l'été prochain, quels que soient les propos de ceux qui le courtisent. - L.Sénéchal: Il reviendra à la mairie de Bordeaux et au gouvernement, même, de F.Fillon.

Son ancien Premier ministre est aussi rattrapé par les affaires alors qu'il était à l'époque en tête des sondages pour la présidentielle de 2017. - F.Fillon: La séquence des boules puantes est ouverte.

Je ne ferai pas de commentaire. Imaginez qu'un homme dise d'une femme comme dans cet article qu'elle ne sait faire que des confitures. Les féministes hurleraient. - L.Sénéchal: F.Fillon a été condamné à 10 ans d'inéligibilité.

Je voulais vous montrer un montage qui circule beaucoup: M.Le Pen version mugshot de D.Trump.

Certains imaginent maintenant en M.Le Pen une nouvelle Trump. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, T.Berteloot.

Je rappelle votre livre. A.-C.Bezzina, vous êtes maître de conférences en droit public et auteure de ce livre.

B.Jeudy, on attend avec impatience votre prochain édito ou votre prochaine interview dans "La Tribune Dimanche" dont vous êtes le patron. Merci.

Dans un instant, A.Duhamel pour commenter cette décision historique. L'onde de choc internationale de cette condamnation