Virginie Lemoine, de la télé au théâtre
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Notre invitée est une amoureuse du théâtre comme comédienne mais surtout comme metteuse en scène. [musique] Mettez-la au fond de la salle un soir de représentation. Laissez-la observer les réactions du public et vous en faites la femme la plus heureuse du monde.
Un moment de jubilation. Pourtant, elle est dans l'ombre dans ces moments-là. Pourtant, elle ne dit pas un mot.
Elle laisse la [musique] réplique aux autres. Et bien après des années sur le devant de la scène dans des pièces, des séries, des téléfilms ou dans un duo comique et tendre avec Laurent Gérard, après des années dans la lumière avec Jacques Martin, Michel Drucker et Laurent Ruquier, après tout ça, son talent, [musique] elle le met au service d'un art qui attire chaque année entre 11 et 12 millions de Français, mais sans se montrer ou rarement ou dans des petits rôles. C'est ce qu'elle préfère aujourd'hui.
En ce moment, c'est sa mise en scène de Dolores que l'on peut voir au théâtre actuel La Bruyère. Bientôt, ce sera le guide du parfait gentleman assassin au théâtre du [musique] palais royal. Du théâtre musical, chantant et dansant comme souvent.
Pourquoi le genre de la comédie musicale d'ailleurs ? Pour la légèreté qu'il apporte au sujet difficile. Est-ce que nous le connaissons bien en France ce genre de la comédie [musique] musicale ?
Posons-lui toutes ces questions. Bienvenue dans un monde à regard. Bienvenue Virginie Lemoine.
Merci d'avoir accepté notre invitation au Sénat. On va commencer avec Dolores que j'ai vu au théâtre actuel la Bruière, encore à l'affiche pour quelques jours. L'histoire vraie d'une vengeance, celle de Sylvin Rubinstein, danseur de flamenco juif qui rejoint la résistance après la déportation de sa sœur.
Et la nuit, il se travestit en femme et il tue des nazis, un sujet lourd. Et le soir où je suis venu, vous étiez dans la salle au fond. Pourquoi cette envie de connaître les réactions du public ?
Mais je effectivement je trouve ça tout à fait jubilatoire quand on était petit. Euh le le compte était très important. L'histoire qu'on nous racontait, l'histoire qu'on nous lisait, c'était c'était absolument formidable.
Et je trouve que de se muer euh dans la personne qui raconte l'histoire, qui emmène, qui fait voyager, pour moi c'est une il y a pas d'émotion plus forte au théâtre. Pour moi, c'est risqué aussi parce que si le public ne réagit pas comme vous l'imaginez, ça vous est arrivé de Oui oui oui. Parfois, parfois je suis très [grognement] inquiète.
En fait, ça se passe très bien. [rires] Parfois, je sens très contente, donc enfin bon. Oui.
Oui, il y a toutes sortes de réactions et c'est très très sain et c'est un sujet grave et lourd hein, je le disais dans cette pièce qui tranche un peu avec l'image que l'on a de vous, de l'humoriste, de la comédienne dans des univers plutôt drôles. Et vous dites d'ailleurs que vous aimez rire, comment rendre compatible rire et gravité ? Est-ce que d'ailleurs c'est les c'est oui, c'est deux ces deux sœurs jumelles qui dansent la même la même danse en fait, l'émotion. le rire, le le la violence, la nostalgie, tout tous ces sentiments-là, il mais il rentrent dans un récit.
Ils appartiennent à même récit. Ouais. Donc euh je m'en occupe pas du tout.
Je je ne me fais pas de raisonnement par rapport au fait que j'ai une carrière de d'humoriste avant, de comédienne. J'en fais pas un raisonnement, je vais juste je me laisse guider par mon appétit. Et vous aimez mettre de la légèreté quand même dans des sujets lourds ?
Oui, je crois qu' il faut Oui, toujours. Oui, il y a toujours de la de la légèreté dans les dans les les situations on s'est senti le plus accablé. Il y a il y a toujours un moment on rigole.
C'est ce qui nous sauve d'ailleurs. Oui. J'ai un document à vous proposer cher Virginie Lemoine.
Je vais le mettre entre vos mains et je vais le décrire pour les gens qui nous écoutent et je crois que vous l'avez déjà reconnu. Il s'agit d'une page d'un manuscrit d'un roman d'Irène Nemirovski suite française. Un roman sur l'exode des Français en juin 40 lors de la débacle.
Elle y décrit les petites lâchetés, les petites mesquineries d'une population alors en pleine des routes. Un livre qui lui vaudra à titre poste le prix Renaudo en 2004 et un énorme succès en librairie qu'elle écrira avant d'être déportée elle-même à Aushwitz où elle mourra en août 42 et je vous en parle parce que cette femme et son œuvre vous ont souvent inspiré. Vous avez mise en scène pas mal de ces enfin adapté sur scène pas mal de ses œuvres.
Pourquoi ? Alors, je la trouve très novatrice. Déjà, elle a une une écriture qui se prête parfaitement à l'oralité.
C'està-dire j'ai vraiment mis un point d'honneur à toujours garder son texte à elle. Alors, j'ai pu couper sûr pour que ça rentre dans le dans un horaire possible au théâtre. Mais sinon, je j'ai jamais rien rajouté à son écriture.
Ça cette écriture, elle est elle est parfaitement ciselée, elle est très riche et en fait quand on la la porte à l'oral, elle est très très drôle. Et puis euh c'est très raturé hein, vous avez vu pas ce que ça dit d'elle. Et ben en fait, elle écrivait directement.
Alors ça, elle l'a écrit à l'évêque quand elle était pendant l'occupation, elle était en zone occupée et puis au départ, elle écrivait dans les bois. finalement lui a dit la maîtresse d'école lui a dit "Mais venez écrire le jeudi à l'école, vous serez mieux." Donc elle écrivait ça directement et puis après elle raturait et elle a fait elle a écrit directement deux tomes de suite française.
Donc ça je ça doit être le premier tome tempête en joie des bacs. Ensuite elle a écrit Dolch et elle elle avait prévu d'écrire cinq tomes qui se terminent en 1945 avec la paix. Ouais.
Et ouais. Et vous le connaissiez ce document ? Vous avez eu même l'original je crois.
C'est ça. Entre j'ai eu l'original en main parce que j'ai l'immense bonheur, c'était la rencontre de ma vie, de faire la connaissance de sa fille Denisstein et je l'ai eu en main le c'était une émotion incroyable. Et là encore, on n'est pas vraiment dans le rire, on est encore dans l'histoire lourde.
Oui, mais quand même, elle sait parfaitement faire euh euh s'entrechoquer euh les les les il y a pas plus dramatique que l'exode, la Seconde Guerre mondiale et puis des situations euh de ridicule. Oui, absolument. Ouais. qui me font beaucoup rire.
L'autre pièce que vous avez mise en scène et qui sera jouée cette fois à partir du 21 août au théâtre du Palais Royal, c'est le guide du parfait gentleman assassin. Je vais lire le pitch officiel comme ça ce sera fait. Londres 1906, un jeune homme sans le sous apprend par accident qu'il est légataire d'une immense fortune et d'un titre de compte.
Seul ombre au tableau, huit héritiers le précèdent. Cassentienne, il entreprend méthonique méthodiquement mais toujours avec panache de les éliminer un par un. Encore une histoire d'assassinat méthodique quand même.
Oui. Alors c'est tout [rires] on est tout à fait dans autre chose là parce que les héritiers sont pire les uns que les autres donc on rigole beaucoup et puis alors c'est de la BD à la façon dont il les élimine. Alors il il n'étrangle pas.
Il c'est pas des coups de couteau, c'est de l'imagination. Donc par exemple il y a un apiculteur donc qui met de l'huile essentielle de lavande dans son casque d'apiculteur et il est attaqué par les abeilles qui le tuent. Voilà il y en a qui font du patin à glace donc il fait un petit trou dans la glace.
Il tombe dans la glace et il meurt comme ça. C'est c'est les morts sont toutes très très drôles. Et là, on est dans une comédie muséicale qui nous vient de Brodou, c'est ça ?
Oui. Elle a été créé aux États-Unis, encore été n'encore jamais été jouée en France. Alors, peut-être que certains téléspectateurs se souviendront de Noblesse oblige, ce film en noir et blanc avec Alex Baldwin qui le il y a il y a le le jeune héritier et puis il y a les tous les autres membres de la famille qu'il faut éliminer.
Et le la tradition c'est que tous les autres sont joués toujours par un seul comédien. Donc là c'est la même chose. C'est Benoît Coden qui joue tous les tous les héritiers à éliminer et Gaborg qui joue le Et comme ça nous vient de Brodois, je me demandais s'il fallait la franciser la mise en scène justement de cette de cette comédie musicale et si oui, comment on fait ?
Alors je pas pris ça en charge en fait euh il y a il y a quelque chose de un peu d'humour anglais. D'accord. Parce que ça se passe en Angleterre et tout est toujours beaucoup de tenu et c'est magnifiquement adapté par Stéphane Laporte.
Vraiment je Et ce qui est intéressant c'est de savoir comment on différencie les comédies musicales à l'américaine ou à l'anglaise ou à la française. Est-ce qu'on a un style particulier nous de comédie musicale ? Et c'est ce que je disais un peu en introduction.
Est-ce qu'on on le connaît ce genre de la comédie musicale en France ? Alors on le connaît bien maintenant et de plus en plus. Et puis on a aussi des communies musicales comme les Misérables qui sont partis aux États-Unis et qui sont revenus hein.
Euh moi je trouve en tout cas que toutes ces comédies musical ont une grande vertu et de montrer quand même qu'en France on a des artistes qui savent absolument tout faire. C'est une légende que en France on n pas que il y a que aux États-Unis c'est pas vrai. En France il y a des gens absolument extraordinaires qui savent chanter danser, jouer magnifiquement.
C'est bien de le dire. Alors, on le disait, vous aimez être au fond de la salle comme vous aimez dans l'ombre aujourd'hui la mise en scène plutôt que la scène. Euh et même quand vous faites de la scène, vous dites que vous adorez les tout petits rôles.
Petite apparition comme ça, ça vous va très bien. Comment vous expliquez ça après avoir été tellement dans la lumière justement ? Vous la fuyez maintenant la lumière ou pas ?
En fait, non, je j'ai jamais non plus pensé en terme d'ombre et de lumière. Je pense qu' que en terme de plaisir. Donc, [rires] d'accord.
Vous prenez plus de plaisir dans l'ombre alors aujourd'hui que Voilà. Exactement. plaisir à en tout cas à concocter une histoire ouais ou à recevoir une histoire à travailler avec les auteurs ou à l'écrire moi-même et puis après à l'élaborer.
C'est toujours mon frère qui fait les décors. J'ai toujours la même équipe et on l'élabore tous ensemble et c'est c'est une très grande jubilation. J'ai et puis maintenant à mon âge, on nous propose alors il y a peut-être moins de rôles pour les femmes de mon âge mais en revanche ils sont très drôles.
Ils sont ils sont ils sont très intéressants. On se le dit beaucoup avec les copines de mon âge. C'est vrai.
Oui. Beaucoup vous ont d'abord connu comme humoriste et comédienne au début des années 90 au côté de Jack Martin sur France Interne dans la classe avec Fabrice dans votre duo à succès évidemment avec Laurent Gérard chez Laurent Ruquier ou encore chez Michel de Rucker. Est-ce que cette époque vous a appris, je sais pas, un esprit de bande, qu'est-ce que vous en retenez de ce moment ?
Alors l'esprit de bande, je l'adore parce que j'adore l'esprit de troupe, ce qu'on retrouve au théâtre et sinon ce que j'ai appris et particulièrement avec Claude Villerre à France Interre, c'est la rigueur, c'est simplement travailler, savoir ce qu'on a envie de dire. Enfin, on travaillait tellement tellement vite que il m'a vraiment appris, je sais pas si j'ai réussi à le faire mais en tout cas, il m'a appris à structurer mes texte et euh ça c'est vraiment une chose que que et puis après avec Jacques Martin et Michel Drucker et bien ils m'ont appris aussi à accepter que quand on quotidiennement au au fond de cré quotidiennement et ben forcément on n'est pas tous les jours inspirés. toujours très consol [rires] et puis des moments d'immense liberté aussi j'imagine non votre duo avec Laurent Gera où vous traitiez de l'actualité vous vous sentiez complètement libre de d'aller sur tous les terrains. jamais peur alors alors moi j'avais assez peur mais leur nom quand on recevait un courrier quand on avait appris qu'on avait blessé quelqu'un moi je j'étais par terre parce que je faisais ça pour rigoler moi si quelqu'un se moque de moi et les ma guignote de l'info sont moqué de nous mais moi ça me faisait tellement rire je trouvais que c'était un exercice très sain et quand c'était reçu que comme une moquerie par les gens ça faisait vraiment mal donc j'ai arrêté et vous auriez pu le faire aujourd'hui avec l'époque des réseaux sociaux vous auriez supporté ce genre de retour parce que pour le coup ils sont quotidiens et instantané coup moi je suis pas sur sur les réseaux.
Alors, il y a mon nom sur des trucs mais c'est pas moi. Je suis pas du tout sur les réseaux. Je pense que c'est c'est trop de violence pour moi.
Je préfère J'aime bien le l'univers. Voilà, de la réalité tactile autour de nous. Voilà, le concret.
Et et vous diriez que l'époque manque de second degré ou je ne sais pas ou non, je pense pas. Il y a En tant que mteuse en scène, vous êtes particulièrement précise. C'est votre marque de fabrique mais ouverte aux propositions, dites-vous.
Je n'ai qu'un principe, c'est qu'on essaie toujours tout. Je n'ai pas du tout d'ego, dites-vous. J'essaie de Oui, j'essaie de pas en avoir du tout et je vous précisez ça parce que c'est le cas de plein de mteurs en scène.
Oh non non non. Et après il y a des il y a différentes façons de travailler. Il y a des mteurs en scène qui arrivent et puis euh voilà, ils ont un un établi très précisément ce qu'ils veulent, ce qui est aussi mon cas.
Mais après, il leurs pensées peuvent être dérangées par trop de propositions. Moi pas du tout. Moi, je il y a une seule chose qui est vraiment interdite avec moi, c'est de pas dire ce qu'on pense.
Donc voilà, chacun s'exprime et puis en fonction, on est tous là finalement pour le pour le même projet. Donc après, en revanche, je tranche parce que c'est mon c'est mon rôle mais j'écoute toujours. Et puis vous adorez les comédiens, vous les comprenez à tel point que vous dites il y a des moments d'incertitude, d'angoisse, on a besoin de silence, on a besoin de s'isoler.
Je le comprends parfaitement. J'aime prendre soin d'eux. Oui, vous les décrivez comme des êtres à part presque des êtres sensibles d'une grande fragilité.
On est à part quand on est comédien parce que vous l'êtes aussi. Non non non, je pense pas mais comme je c'est moi qui les amène, c'est moi qui les guide, du coup j'en prends vraiment soin. Euh je peux comprendre tout à fait qu'un comédien à un moment il soit complètement dans la brume, soit perdu et cetera.
Je le comprends ça. Je je comprends toutes ces étapes qui sont assez nécessaires. Je comprends le débat.
Je comprends pourquoi on remet en question un mot. Pourqu on remet en question une émotion, pour qu'on remet en question voilà le principe d'une scène. Je le comprends très bien.
Et vous pensez qu'on peut être mteur en scène ou un bon mteur en scène si on n pas été comédien ou si on n'est pas comédien ? Il y a des d'excellents mteurs en scène qui je crois mais je pense que la plupart des mteurs en scène quand même sont ou ont été comédiens. Il y en a très peu qui qui n'ont jamais pratiqué la scène et c'est quasi l'étape obligatoire pour justement mieux les comprendre et mieux les guider.
Il me semble. Je pense qu'il y a des gens qui n' fait que de la mise en scène et qui sont tout à fait capable de se glisser dans les sentiments des autres. Mais il me semble quand même que le la majorité des metteurs en scène un moment ont envie de de passer de l'autre côté.
Ouais. Mais c'est beau cet amour que vous décrivez pour pour les comédiens. Alors dans cette émission pour mieux comprendre notre invité, on aime bien aussi se pencher sur son passé, son histoire personnelle, d'autant plus que chez vous, et vous l'avez un petit peu dit, le théâtre et l'art en général est une affaire de famille.
Votre père était architecte, votre mère était peintre, l'un de vos deux frères Grégoire est le décorateur de tous vos spectacles. Il était l'enfant qui transformait de bouts de carton en robot, dites-vous tout le temps. Et puis il y a Étienne, le frère aîné, le musicien de la fraterie.
C'est lui qui vous emmène voir une pièce à la comédie française et c'est le déclic pour vous. Je crois que c'était la puce à l'oreille en vos v de féo. Oui.
Oui, exactement. Absolument. C'est pourquoi ce déclic qu'est-ce qui se passe ce jourl ?
Alors, mon frère aîné était organiste, il donnait des cours d'org à Alain Fedu, le petitfils de George Fedu. Et on a eu l'immense privilège de pénétrer dans les coulisses de la comédie française. Il nous a montré les loges, les ascenseurs qui étaient dévolu au robe acrinoline.
Il est venu dîner à la maison, il nous a expliqué le fonctionnement de la comédie française qui dieu sait était drastique. Mais moi ça m'a fait rêver. Je me suis dit "Ah quel univers ?
J'y avais jamais pensé." Et ouais. Et le lendemain matin, au petit-déjeuner, j'ai dit à mon frère aîné que j'aimerais bien faire du théâtre.
Et il se présentait au conservatoire de gouant. Il faisait de l'orgue déjà au conservatoire. Il voulait se donner une tenue de scène, il prenait des cours d'ins dramatique.
Il m'a dit "Écoute, tu peux t'inscrire, l'examen est dans 3 semaines pour rentrer. Alors, inscrivons-nous ensemble et on l'a fait ensemble." Bon coup.
Alors qu'au départ, vous vouliez plutôt euh être danseuse hein, je crois, mais vos parents avaient refusé alors que même étent artiste. C'est bizarre. Oui.
C'est alors la plupart des copains qui ont des parents artistes ont vécu la même chose, hein. C'estd qu'ils sont dans le enfin ce qui concerne mes parents, ils étaient un peu dans la frustration de carrière pas tout à fait aboutie, donc de vie donc qui se dessinait pas tout à fait comme il l'aurait voulu. Ils étaient vraiment là-dedans et il nous entendaiit pas.
Donc mon frère aîné à 10 ans est allé tout seul. Je cherchais une professeur de piano dans Oui, il a pris le beau teint et après la dame a appelé maman lui disant écoutez je vais donner gratuitement des cours de piano à maman a dit non non non et puis moi elle a jamais jamais entendu le fait que je voulais être danseuse alors que tous les trois vous êtes devenus artiste finalement c'est incroyable de l'avoir refusé ça l'a presque provoqué ou mais c'est grâce à mon frère aîné parce que j'avais cette grosse frustration de pas avoir pu danser et et le fait de faire du théâtre ça ça a comblé et puis une éducation très strict à la maison. On pouvait écouter que de la musique classique, dites-vous.
Le seul petit espace de liberté, c'était Jango Renart, guitariste de jazz. Est-ce que vous savez pourquoi lui il était autorisé ? C'était la petite folie.
Oui, parce qu'il y a quand même un un univers musical très riche, absolument magnifique que quand même mes parents entendaient. Mais sinon Ouais, ça suffisait àors Dieu. C'était Et [grognement] votre mère est décédée quand vous étiez très jeune à l'âge de 10 ans et elle a su passer un message que j'ai trouvé beau.
Vous dites "Ma mère s'est beaucoup employée à développer chez nous l'imagination." Oui. Elle nous disait "Vos résultats scolaires, je m'en contrefous." Mais qui n'a pas d'imagination passe à côté de sa vie.
Oui, c'est vrai. On a été élevé comme ça et elle avait raison. Elle avais Oui, je pense je pense que je j'ai réussi à faire un petit bout de chemin en tout cas grâce à mon imagination.
J'ai énormément d'imagination avec le les bons côtés, les mauvais côtés de d'un excès d'imagination. C'est quoi par exemple, je sais pas, je vais avoir un bouton sur la jambe, je j'imagine les pire maladie. [rires] Voilà, je suis un peu atteinte du syndrome du chien devant la boulangerie. ch voir la boulangerie, il il sait bien que le maître va revenir, il le voit mais il a l'impression qu'il est là pour tout pour toujours.
Il va il va rester desséché devant la boulangerie. Moi, j'ai un peu ce syndrome là. J'ai l'impression quand j'ai une une émotion joyeuse et gay, j'ai l'impression que c'est pour toute la vie.
Quand un truc va passer pour toute la vie. Donc je je me fais des des des scénarios comme ça. Mais qui n'a pas d'imagination passe à côté de sa vie.
Vous le pensez aussi ? En tout cas, quand on a un problème ou quand on a une situation difficile, le fait d'avoir de l'imagination, ça nous donne des tas d'idées pour s'en sortir. Ouais.
Ouais. Après sa sa mort, votre père est un peu perdu et c'est votre frère qui qui prend le relais, donc le grand frère Étienne et vous dites d'ailleurs, je lui dois tout. Oui, c'est vrai.
Cette fraterie, elle a été essentielle pour vous et très structurante. Oui. Oui.
Oui. C'est d'ailleurs ma grande passion de ma vie, ce sont mes deux frères. C'est vrai.
Oui, on est très proche. Et oui, oui, il m'avait dit ce principe magnifique. Il m'a dit "Préfigure-toi ce que doit être un rapport humain et tu t'y tiens." Et ça m'a Je sais pas si j'en suis dit mais en tout cas c'est une phrase je me suis toujours dit ça.
Ça m'a beaucoup aidé à me structurer. Et à la lueur de celle que vous êtes aujourd'hui, quel conseil donneriez-vous à la petite fille que vous étiez ? Qu'est-ce que vous lui diriez avant qu'elle ne se lance dans la vie ?
Fais-toi confiance, avance et ose. Parce que ça n'a pas été le cas. pas toujours.
Ben je crois que j'ai j'étais assez euh c'est un mélange toujours un sentiment de nourrir toujours l'autre mais je pense qu'il y a eu toujours un grand mélange en moi de grandes incertitudes et d'immenses doutes et puis de mon dieu de de de besoin de vertige et de rigueur oui alors qu'on se lance un peu. Mais le manque de confiance l'un de vos frères dit que c'est une force qu'il faut le garder au contraire. Absolument.
Ouais. Ouais. [rires] Oui, il m'a dit un jour c'est lui qui est Grégoire qui fait tous mes décors, qui fait beaucoup de décors à la télévision, il a fait Burger quiz, il a fait beaucoup de décor pour les marionnettes de de l'info.
Il m'a toujours dit ça, m'a dit "Mais n'ai pas peur du doute, c'est très douloureux mais c'est nécessaire et ça te ça te fait envisager en fait la situation sous plein de prismes différents et c'est très enrichissant et c'est comme ça que tu vas avancer et que tu vas te mettre à la place qui est la tienne." J'ai des photos à vous proposer Virginie le mois. [musique] La première, la voici.
Il s'agit de Laurent Lafit, récompensé au Molière pour son rôle dans l'adaptation au théâtre de la cage au folle. Et je vous en parle parce que son discours a été très remarqué lorsqu'il a reçu ce prix. Il a alerté sur la montée de l'homophobie, des insultes homophobes, des agressions homophobes.
Et je sais que c'est un sujet qui vous touche parce que justement vos deux frères que vous adorez tant vous avez parlé de leur homosexualité et ça vous a même écrit sur le sujet. Il a eu raison d'alerter là-dessus. C'est un vrai de toute façon tout est intolérable.
Soit l'antisémitisme, le racisme, l'homophobie, la misogénie, c'est intolérable de condamner une partie de la population euh pour ce qu'elle est ce qu'elle est, c'est c'est intolérable. Moi, je suis vent debout. Alors, c'est quelque chose qui vous inquiète ?
Alors, ça a toujours été, je pense. Ouais. Mais vos sur vos en tout cas ce qui est bien c'est qu'aujourd'hui c'est c'est la loi qui punit aujourd'h aujourd'hui non se met sous couvert de la loi et ça c'est ça c'est quand même un progrès magnifique.
J'ai une deuxième photo. Il s'agit de la couverture de l'autobiographie du réalisateur Fabien Anthienée. Alors on attend pas Fabien.
Jeu de mot avec le Alors, on attend pas Patrick qui vient de d'un des films qu'il a réalisé Camping, euh parmi lesquels il y a aussi Diso, des comédies populaires qui ont cartonné au cinéma et une des phrases retenues, c'est celle-ci "Au début, on sentait la merguesse pour les critiques." Ce qu'on comprend dans cette phrase, c'est que ces comédies dites très populaires ont été un peu snobé par le petit milieu du cinéma et par les critiques de cinéma en général. Et c'est vrai que ça existe dans le cinéma et je me demandais si ça existait aussi au théâtre.
Oui oui oui bien sûr mais c'est depuis la nuit des temps parce que Aristophane par exemple déjà quand il faisait de la comédie bah c'était pas reçu tout à fait comme il fallait. Donc voilà, je pense que c'est je alors se demander vraiment pourquoi le rire est considéré comme quelque chose de mineur, ça me met toujours énormément de points d'interrogation au-dessus de la tête parce que c'est très complexe de faire rire et c'est très impressionnant de faire rire. Quand on se présente dans une salle, qu'on joue une tragédie, le silence peut-être interprété comme une écoute euh profonde des des du public des spectateurs.
Quand on on monte sur scène pour faire rire, on a besoin de du retour du monde extérieur. Et quand on l'a pas, c'est un écho de mort. C'est c'est extrêmement douloureux et c'est très difficile de faire rire.
C'est très compliqué. On marche sur un fil. même la chose plus difficile, c'est pas difficile parce que autant de personnes dans la salle, autant de sensibilités différentes et il faut essayer quand même d'entraîner les gens avec soi, avec c'est très très difficile.
Vous vous souvenez de moments de de stress, d'angoisse parce que vous sentez que le public ne Oui. Non mais tout le temps. Oui oui, parfois.
Oui oui. C'est pour ça moi j'ai fait des spectacles sol. C'était vraiment c'était trop en souffrance même parce que j'ai l'air j'avais l'air de me gâcher la vie quoi.
Donc quand les gens rient beaucoup, je me disais oui c'était ce soir mais demain ils rieront pas. Et quand il riait pas, je disais bah voilà donc [rires] le doute permanent en fait. Voilà donc j'ai arrêté.
Ah mais c'est à ce pointlà ça vous a fait avancer aussi. Ça vous a fait Mais par rapport à ce que dit Fabia Autoné, je je pense que le meilleur conseil c'est qu'il faut vraiment s'en et puis il faut tracer son chemin. Ouais.
Ouais, c'est ça. Mais c'est vrai que le rire et la comédie sont souvent l'objet de snobisme un peu. Depuis depuis c'est J'ai une grande passion pour Aristople.
Je trouve que c'était fou ce qu'il écrivait. C'est tellement drôle. Une dernière photo, il s'agit d'Emmanuel Macron dont la paire de lunettes a fait tant coller d'ancre un modèle aviateur qu'il a porté au forum de Davos.
Les ventes ont explosé après son apparition. On croyait que c'était fabrication 100 % française. En fait, non, pas vraiment. vous qui avez pas mal moqué aussi le monde politique il y a quelques années, vous l'auriez moqué, c'est sûr, à l'époque ?
Oui, peut-être. Oui, c'est drôle en tout cas. C'est drôle parce que c'est c'est tellement euh logique, je trouve, avec son personnage.
C'est c'est C'est quoi son personnage ? Mais il a un côté euh très dand séduisant. il a il a un côté très euh euh héros de de de série des années 60 avec sa voiture de sport.
Je trouve qu'il a il y a quelque chose de parfait. Donc avec les les lunettes, ben je trouve que ça accompagne ce personnage là. C'était cohérent au fond.
Oui. Oui, tout à fait. Ouais.
Vous continuez de l'observer la vie politique française ? Alors, je la suis beaucoup beaucoup mais de temps en temps, j'ai des bêtises qui me passent par la tête donc je les envoie à Laurent Gérard. Mais c'est vrai ou vous continuez un peu d'être inspiré et de très rarement mais on est proche.
Oui. Oui. Toujours la dernière que vous luaz envoyé vous l'avez en tête ou pas ?
Oui. C'est parce que j'avais vu des gros titres qui disaient "lourde frappe au Moyen-Orient". Ouais.
Et donc j'ai dit à à Laurent quand j'ai vu ça, j'ai la première image que j'avais c'était que la ville de Lourde frappait le Moyen-Orient. [grognement] Donc je lui ai dit "Ce serait drôle de faire [rires] Et alors il vous a répondu quoi ?" Il m'a dit "Oui, super, on va le garder." Donc voilà, je Donc vous êtes encore en lien avec oui oui ou c'est chouette.
Ouais. J'ai une dernière question qui est en lien avec le décor qui nous entoure. Nous sommes entourés de quatre statues qui représentent chacune une vertu.
Il y a la sagesse, la prudence, la justice et l'éloquence. Est-ce qu'il y a une de ces vertus qui vous parle particulièrement, qui vous caractérise peut-être la justice ? Je pense que le le manque de justice ça ça nous rend ça nous enfin moi ça me met dans des états habissau.
Je trouve que ce que disait la fontaine, selon que vous serez puissant ou mis, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir, mais j'ai on a l'impression de le vivre constamment et je pense que c'est quelque chose de qui peut provoquer des réactions extrêmement violentes. Hm. Par exemple, je trouve que c'est très sain.
En plus, on peut le faire dans notre métier de vivre euh sans privilège, par exemple dans notre métier, mais de pas avoir quand on a le rôle principal une plus grande loge que les autres, des choses comme ça, pas de traitement particulier, de refuser ça. Et ben ça met tout de suite c'est de savoir partager simplement ça, je trouve que c'est extrêmement important et euh on peut tous à notre niveau lutter contre contre l'injustice. Ça ça paraît imponsif mais vraiment je je pas quelque chose d'inaccessible.
C'est quelque chose qu'on est tous appliqué au quotidien. Et on a la sensation quand même quand on suit les actualités, ce qui se passe dans le monde que l'injustice, elle elle est c'est une pièce maîtresse de notre monde et je la trouve très insupportable. C'est beau.
On restera sur cette vertu de la justice qui vous tient à cœur. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci pour ce beau moment et merci à vous de nous avoir suivi comme chaque semaine.
Émission à retrouver en replay sur notre plateforme publicsena.fr. FR.
Merci, à très vite.