Réforme des retraites : "Le Sénat a voté cette réforme, je pense que nous la rétablirons"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
immédiatement avec votre invité la sénatrice union centriste Elisabeth Douan rapporteur général du budget de la sécurité sociale alors que l'Assemblée nationale s'apprête à débattre de la suspension de la réforme des retraites. Bonjour Ellisabeth Doanau. Bonjour Alexandre.
Alors l'Assemblée nationale s'apprête à voter la suspension de la réforme des retraites. Est-ce que vous dites même si cette suspension est adoptée de toute façon la réforme des retraites sera rétablie au Sénat par la majorité de droite et du centre ? Ben écoutez, c'est probable puisque c'est ici qu'elle est né cette idée qu'il fallait réformer euh les retraites euh quand on est face à la pyramide des âges que l'on connaît euh au défis démographique euh au problème de la base du nombre d'actifs par rapport au nombre de retraités.
Euh c'était en tout cas une réforme que nous souhaitions ici au Sénat, que nous avons voté au Sénat. Alors je dis pas qu'elle a été votée dans toute la sérénité que qu'on peut imaginer, mais néanmoins, elle a été votée ici à une très large majorité. Donc je pense que ici au Sénat, nous rétablirons cette réforme.
Mais quand même dans le contexte politique qu'on connaît, dans la crise politique actuelle, cette concession faite au Parti socialistes, est-ce qu'elle n'est pas nécessaire pour éviter une nouvelle dissolution qu'on s'enfonce encore dans cette crise politique ? Je suis d'accord avec vous, mais en réalité, est-ce que beaucoup de Français et de Français nous interpellaient encore sur cette réforme ? Pas tellement.
En réalité, tout le monde a plus ou moins compris que le système ne pouvait pas tenir parce que c'est un coup de canif qui est fait aux génération future pour aujourd'hui. En tout cas, le déficit, il reste néanmoins existant, hein. Et et donc on voit bien que finalement les Françaises et les Français avaient compris que il fallait absolument réformer le système.
Et en tout cas, ce que je peux dire ici au Sénat, c'est que nous avons voté cette réforme. Je ne pense pas que nous allons nous renier. dans les prochaines semaines.
Alors en tout cas, vous parlez des Français, si on regarde les sondages actuels, il y a quand même encore une majorité de Français favorable à cette suspension et à l'époque, en 2023, on le rappelle, une grande majorité de Français était contre cette réforme des retraites à 64 ans. Est-ce que cette suspension, c'est aussi une manière de les écouter, d'apaiser le débat le débat public ? Moi, j'entends l'idée de de l'apaisement.
Ça c'est une réalité, il faut apaiser. Mais néanmoins, il faut être aussi face aux réalités. On peut pas être devant un déni de réalité.
Il faut quand même les uns les autres qu'on se disent que en France le départ de l'âge à la retraite est quand même moindre que dans d'autres pays européens qui sont avec des majorités plus à gauche. Donc c'est une réalité, je dirais de l'hémisphère nord. Et donc, est-ce que euh en France, on pourrait se permettre de partir plutôt à la retraite mais surtout de laisser à penser que les jeunes générations n'auront pas de retraite du tout puisqu'on leur laissera la facture.
Alors, pour financer cette suspension, les députés ont voté la hausse de la CSG sur le patrimoine. Vous en tant que rapporteur sur le budget de la sécurité sociale ici au Sénat. Etabeth Doana, qu'est-ce que vous pensez de cette mesure qui peut apporter des recettes à la sécurité sociale ?
Euh certes, ça apporte 2,5 milliards d'euros, mais encore là, on voit bien que c'est une mesure ponctuelle. Une fois qu'on aura usé de cette mesure, euh les années euh qui viennent montreront que ce ne sera pas suffisant. Ce ne sera pas suffisant.
Donc on reporte le problème encore un peu plus loin. Alors euh l'Assemblée a jusqu'à minuit aujourd'hui pour terminer l'examen du budget de la sécurité sociale avant de le renvoyer au Sénat. et le gouvernement a assuré que tout ce qui a été voté par les députés, tous les amendements votés seront transmis au Sénat.
En tout cas, c'est l'intention du gouvernement. Est-ce que du côté du Sénat, on va être dans une démarche de compromis avec l'Assemblée sur ce budget de la sécurité sociale ? En tout cas, on va montrer de l'intérêt pour certains amendements qui ont été déposés par l'Assemblée, mais encore là, nous ne serons pas dans la surenchère des taxes, des impôts parce que notre pays aujourd'hui montre justement que on est au bout de ces solutions là.
Il faut trouver euh euh dans la prévention, dans euh euh comment dirais-je dans d'autres mesures euh la transformation de notre système de santé. En fait, moi je pense qu'on travaille pas assez sur euh l'efficience. L'efficience, on voit bien que il y a des redondances de soins.
Donc c'est sur les mieux de dépenses qu'il faut travailler et c'est sur moins de dépenses de toute façon. Et moi, je vous rappelle que aujourd'hui euh pour payer euh les retraites notamment euh il nous faut euh avoir des recettes et euh c'est la COSEs donc l'Ursaf qui paye aujourd'hui l'ensemble des prestations. Elle nous dit bien qu'elle est dans une zone à risque et comme nous pouvons pas euh reporter de la dette de la sécurité sociale sur la CADES puisque finalement voilà ce n'est plus possible ou peut-être à la marge et bien il faut faire très attention une caisse d'amortissement de cette dette de la sécurité sociale.
Exactement. Et si on ne fait pas attention en fait en cas de crise demain et bien nous n'avons absolument aucune capacité à régler les les problèmes. Dernière question rapidement.
Est-ce que vous allez rétablir le gel des aides sociales qui a été abandonné par le gouvernement ? C'est une mesure que nous avions proposé à François Bairou et donc effectivement nous allons proposer d'y revenir. Merci beaucoup Isabelle Doana d'avoir répondu à mes questions.
Merci. Merci beaucoup Alexandre pour cette interview tandis que l'on Moi je [musique]
Elisabeth Doineau