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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 23 juillet 2026 66 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

La France brûle, les pompiers peuvent-ils tenir ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    La France a-t-elle vraiment les moyens de faire face à des feux de plus en plus précoces, fréquents et violents?

  • 2:00RelanceRéponse directe

    Sur le vent tourbillonnant, que vous disent les collègues sur place?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    700 pompiers sur place. Sont-ils suffisamment nombreux?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment ça se passe, sur place? Comment on évite que tout le monde s'affole?

  • 8:00ComplaisanteRéponse partielle

    Vous restez avec nous pour la suite de l'émission. On va venir vous revoir régulièrement.

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes surpris par l'ampleur de ces incendies?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00E.BrocardiFait
    « La stratégie opérationnelle a été mise à rude épreuve. Les événements climatiques, les aléas du vent, les niveaux de température portent préjudice à une attaque stabilisée des sapeurs-pompiers. »
  • 4:00E.BrocardiFait
    « On n'est plus dans le schéma des années 2000-2010, où il s'agissait de faire appel à des sapeurs-pompiers du Nord. »
  • 6:00E.BrocardiFait
    « Il faut anticiper et partir dans le calme. Ce sont toujours des évacuations préventives. »
  • 10:00P.DessertineFait
    « La maison brûle et nous regardons ailleurs. »
  • 12:00B.MuschChiffre
    « On est dans un record absolu, à cette date, du nombre de feux de plus de 10 ha qu'il a pu y avoir en France. »
  • 14:00A.GoutardFait
    « Ce qui est intéressant, c'est que oui, ils étaient anticipés... On s'était préparé. »
  • 22:00E.BrocardiFait
    « Le pourtour méditerranéen, la côte atlantique et, malheureusement, tout ce qui contourne le Pays de la Loire. »
  • 24:00E.BrocardiFait
    « Les sautes de feu vont être projetées par des effets de surpression du feu à l'intérieur des végétaux qui souffrent, qui sont en stress hydrique intense du fait de la chaleur. »
  • 26:00A.GoutardChiffre
    « Un bombardier d'eau, un canadair, c'est 16 000 euros l'heure de circulation. »
  • 28:00P.DessertineFait
    « Quand vous regardez le coût global, vous vous dites qu'il faut mettre des moyens pour limiter les incendies. »
  • 30:00B.MuschFait
    « Depuis les incendies de 2022, il n'y a plus eu de suppression de postes. L'Etat a donné plus de moyens à l'établissement à travers une mission d'intérêt général pour déployer une défense contre les feux en forêt. »
  • 36:00P.DessertineFait
    « Une personne sur un chantier qui va avoir besoin de sa meuleuse ne pense pas à l'idée de la propagation dans la forêt. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

c'est simple comme pschittez, essuyez, terminé ! - S.Brakhlia: Bonsoir et bienvenue.

Les images sont impressionnantes. Des murs de flammes se sont dressés aujourd'hui en Gironde. Voix radio.

Une montée en puissance rapide qui a dévoré la forêt. 3100 ha partis en fumée. Plus de 20 000 personnes évacuées.

Les habitants et les vacanciers étaient sur la zone. 28 départements sont en vigilance orange, 5 en rouge. Les incendies continuent et les secours sont à la peine.

La France a-t-elle vraiment les moyens de faire face à des feux de plus en plus précoces, fréquents et violents? Comment prévenir ces phénomènes climatiques extrêmes? En plateau pour en parler, P.Dessertine, économiste, professeur à l'université Paris-Panthéon-Sorbonne.

Vous êtes l'auteur de "L'Horizon des possibles". B.Musch, bonsoir.

Vous êtes cheffe du département ressources génétiques forestières à l'ONF. A.Goutard, vous êtes grand reporter à France Télévisions.

F.Denhez, vous êtes journaliste spécialiste des questions environnementales à "Marianne". Bonsoir et bienvenue à tous les 4.

On se rend dans les Hautes-Alpes, où nous attend E.Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. 700 pompiers ont été déployés aujourd'hui en Gironde, dans cette commune du Lège-Cap-Ferret, pour affronter les flammes.

Quelle est la situation? - E.Brocardi: La situation est, dans l'enfer des flammes, d'essayer de redéployer la stratégie parce que c'est un vent tourbillonnant.

La stratégie opérationnelle a été mise à rude épreuve. Les événements climatiques, les aléas du vent, les niveaux de température portent préjudice à une attaque stabilisée des sapeurs-pompiers. Il s'agit d'anticiper, d'avoir une lecture de la météo au travers de la cellule d'anticipation qui constitue le poste de commandement, d'anticiper les enjeux, ce qui est délicat.

Tout ce qui a été évoqué, une évacuation à titre préventif de certaines zones, en anticipant les bouchons sur la route qui rendraient difficiles les accès pour les sapeurs-pompiers... - S.Brakhlia: Sur le vent tourbillonnant, que vous disent les collègues sur place? - E.Brocardi: C'est très complexe.

Quand il y a du vent tourbillonnant, il y a aussi des rafales de vent qui constituent des projections permettant des sautes de feu, rendant très difficile tout cet aspect de stratégie et de stabilisation de la stratégie. La cellule anticipation, constituée des officiers dans le poste de commandement, a l'objectif d'essayer de tenir l'incendie à tel endroit en fonction des horaires. C'est ce que va définir la cellule anticipation.

Seuls Météo-France, les officiers à l'intérieur, peuvent essayer de déterminer cela. Ca rend délicate la mission. Ces vents tourbillonnants provoquent ces anticipations d'évacuation des personnes. - S.Brakhlia: Une stratégie claire à mettre en place... 700 pompiers sur place.

Sont-ils suffisamment nombreux? - E.Brocardi: Vous le voyez, dans le Var, il y a des incendies, comme en Loire-Atlantique.

Les pressions incendiaires sont importantes. Il y a aussi l'ensemble des départements qui peuvent être touchés par l'incendie. On n'est plus dans le schéma des années 2000-2010, où il s'agissait de faire appel à des sapeurs-pompiers du Nord.

Si on donne des moyens, en retour, on en aura dans le cadre des inondations ou des feux de forêt. Mais on ne peut plus distribuer les secours de la même manière qu'il y a 20 ans au regard des conséquences du dérèglement climatique. - S.Brakhlia: Vous parliez de la volonté des pompiers d'anticiper l'évacuation de 20 000 personnes en 24 heures.

C'est énorme. Comment ça se passe, sur place? Comment on évite que tout le monde s'affole, que les routes soient bloquées, que tout le monde ait peur? - E.Brocardi: Déjà, il faut écouter.

C'est la 1re chose. Il faut anticiper et partir dans le calme. Ce sont toujours des évacuations préventives.

Les sapeurs-pompiers sont toujours à pied d'oeuvre. Les images sont impressionnantes, c'est une certitude. C'est pour ça qu'il faut appliquer le cadre stricto sensu de ce qui est évoqué par les autorités ou par les directeurs de camping, qui sont déjà compétents dans ce domaine pour dire à quel moment il faut évacuer.

Ils reçoivent aussi des ordres. Il y a des plans d'évacuation. Il y a des niveaux de préparation.

Les gens doivent entendre et écouter. Il y a 48 heures, une amie m'appelle pour savoir si sa famille doit évacuer. Je lui dis qu'il faut évacuer parce qu'il n'y a pas d'urgence pour le moment, mais ça permet, quand la situation devient critique, de ne pas se retrouver bloqué par les interventions.

Il y a des personnes qui ne veulent pas écouter. Il faut insister et faire comprendre qu'une évacuation n'est pas un drame, c'est une solution. C'est tout l'intérêt d'avoir l'éducation du concitoyen face au risque.

Il faut comprendre que c'est une question de précaution. C'est des mesures de précaution. C'est l'intérêt.

Il faut écouter. Si la maison a une obligation légale de débroussaillement qui est appliquée, si les maisons sont entretenues, il n'y a pas de risque de ne pas revoir sa maison en bonne et due forme. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

Il y a un sujet d'aménagement de territoire. Ma collègue de l'ONF va en parler mieux que moi. - S.Brakhlia: Vous restez avec nous pour la suite de l'émission.

On va venir vous revoir régulièrement. Je voulais vous montrer cette carte de France avec les points roses qui correspondent aux incendies ou départs de feu déclarés depuis le 1er juin, le début de l'été. Près de 11 000 feux comptabilisés par la Sécurité civile et 35 000 ha touchés par les flammes.

Vous êtes surpris par l'ampleur de ces incendies? Philippe? - P.Dessertine: Quand on parle de cette situation, il faut rappeler que du point de vue scientifique, ça fait de nombreuses années qu'on dit qu'on va vers des incendies associés au dérèglement climatique.

Pas seulement...

Il y a eu des rapports du Giec. Il y a eu un rapport spécial en 2012, un autre en 2021, en 2022...

Il faut rappeler la phrase de J.Chirac en 2002: "La maison brûle et nous regardons ailleurs." Ce n'est pas une surprise.

On sait que ce qui se passe aujourd'hui, si on ne fait rien, c'est une évolution qui va vers des feux de plus en plus importants. Ces dernières années, il y a eu des feux gigantesques ailleurs. On a eu des feux, on avait l'impression, comme autrefois.

Cette année, il y a eu un feu à Fontainebleau, beaucoup plus au nord que d'habitude. Dans le bassin d'Arcachon, qui est mon pays...

Ma mère ne voulait pas partir. Je lui ai dit qu'il fallait partir. - S.Brakhlia: Votre mère est dans le bassin d'Arcachon? - P.Dessertine: Elle a 92 ans.

Elle ne veut pas partir. Je lui dis qu'elle doit partir. On est face à une situation qui n'est pas inattendue, mais qui, malheureusement, correspond au scénario qu'on envisage depuis longtemps.

C'est important de comprendre que vous avez des gens qui disent qu'il n'y a pas de réchauffement climatique, que d'autres disent que c'est la fin du monde...

On est dans quelque chose de prévu, donc il faut réagir. Il faut investir. Ces feux nous rappellent que notre approche ancienne va devoir être complétée par une approche radicalement nouvelle à tout point de vue.

Les soldats du feu...

On a 700 personnes. Je connais des gens qui sont pompiers. Vous avez des pompiers professionnels et des pompiers bénévoles.

Notre système de pompiers en France s'appuie sur un grand nombre de bénévoles: des électriciens, des chefs d'entreprise volontaires...

Ils sont tout l'été sur les feux. On ne met pas assez d'argent dans les finances publiques. On ne réfléchit pas à la manière dont ces gens risquent leur peau.

En Gironde, 2 soldats du feu sont morts. Dans mon pays! Il y a une réflexion à avoir là-dessus, comment lutter contre les incendies et ce que ça veut dire par rapport aux gens qui sont au front. - S.Brakhlia: Peut-on parler d'une épidémie de feux? - B.Musch: Une épidémie de feux, je ne sais pas, mais en tout cas, on est dans un record absolu, à cette date, du nombre de feux de plus de 10 ha qu'il a pu y avoir en France.

Il y a eu un accroissement. Ce qui nous frappe, c'est qu'on a des feux au nord. Fontainebleau a été touchée.

C'est la première fois où il y a eu d'aussi gros incendies, un peu plus de 2000 ha. - S.Brakhlia: Ces feux étaient-ils anticipables? - A.Goutard: Ce qui est intéressant, c'est que oui, ils étaient anticipés...

On s'était préparé. Quand je vois les feux en Gironde...

En Gironde, depuis des années, il y a un travail financier énorme qui est fait de débroussaillage. Il y a eu des scandales dans les années 90 sur des communes qui ne débroussaillaient pas. C'est terminé.

Il y a un travail énorme de la part des pompiers. On a fait beaucoup de reportages sur la prévention des incendies, avec des vigies de pompiers qui surveillent les massifs, qui sont présents...

Ce n'est plus du tout la prévention façon années 90, mais façon aujourd'hui, avec des pompiers alertés, des spécialistes de la forêt qui savent qu'il y a un réchauffement climatique. On a quand même mis le paquet, même si on ne met jamais assez d'argent. Mais on a mis le paquet dans la prévention.

Journalistiquement, j'ai entendu des pompiers, des spécialistes dire qu'ils ont fait un énorme effort de prévention. Ils n'étaient pas sûrs d'être prêts, mais ils ont fait le maximum. En ayant fait le maximum, ça ne marche pas.

Ce n'est pas suffisant. J'ai été reporter dans les années 2000 et j'ai couvert les incendies de feux de Gironde. J'ai l'impression de revoir les mêmes images.

Rien n'a changé. En plus, c'est beaucoup plus tôt dans l'année. - S.Brakhlia: C'est la 3e vague de chaleur la plus longue jamais enregistrée depuis 1947.

Cette sécheresse agit comme un combustible pour ces incendies. - F.Denhez: Ca n'aide pas.

Tout ce qu'on voit était prévisible, sauf à Lège-Cap-Ferret. Même dans le plan communal de sauvegarde de la mairie, il n'y a pas de risque incendie. Dans l'arrêté national du 26 avril, qui définit les forêts soumises à un risque incendie, Lège-Cap-Ferret n'y était pas.

C'était imprévisible. Mais à l'échelle de la France, même dans le nord...

J'ai coutume de dire que dans le nord, la forêt de Mormal est humide...

Il y a des pompiers prépositionnés au cas où. La sécheresse n'aide pas. Elle rend les sols secs et il n'y a rien de tel pour assoiffer les arbres.

Il n'y avait rien d'imprévisible. Je suis le premier à mettre le doigt dans la plaie et dire ce qui ne va pas. Je ne sais pas si la France est exemplaire, mais ça aurait été pire...

Il y a de la prévention, des plans de sauvegarde, une lutte contre les incendies qui est assez remarquablement faite. Ce serait bien pire si les finances publiques...

N'avaient pas fait cet effort. - S.Brakhlia: Brigitte, vous pouvez nous expliquer pourquoi...

On l'a vu toute la journée, en voyant la progression de ce feu en Gironde, pourquoi les incendies se propagent-ils aussi rapidement aujourd'hui? - B.Musch: On a un début d'été très sec. - F.Denhez: Et précoce. - B.Musch: Il a plu cet automne, mais ça fait plus d'un mois, dans le Sud-Ouest, à Bordeaux, qu'il n'est pas tombé une goutte d'eau.

Les sols sont secs. A ça, on ajoute des conditions de chaleur énormes. On a des arbres...

Le sous-bois, en particulier...

Les fougères sont brûlées, sèches. On n'a plus cette atmosphère humide qu'on a dans les forêts, qui protège quand même les arbres, cette ambiance forestière d'humidité. La moindre étincelle provoque un feu. - F.Denhez: Et il y a le vent. - P.Dessertine: J'avais une réunion de ma chaire avec des gens de la sylviculture.

On a eu un hiver très pluvieux et ça a développé les sous-bois et les fougères. Ils ont commencé à sécher. Vous avez du combustible parfait qui s'est préparé.

Quand une forêt brûle, ce n'est pas l'arbre qui prend feu, c'est d'abord le sous-bois. - F.Denhez: Comme les feux en Californie.

Les pluies avaient fait pousser le sous-bois et le sous-bois était devenu tellement sec qu'il s'était transformé en facteur d'incendie. - S.Brakhlia: Les flammes détruisent tout sur leur passage, que ce soit en Gironde ou dans le Var.

Le récit des dernières 24 heures. - Des vacances qui virent au cauchemar. En Gironde, le feu, aux portes du Cap-Ferret, avance très vite. - Dans les airs, un ballet continu d'hélicoptères et d'avions bombardiers d'eau appuient les 700 pompiers qui combattent les flammes.

Déjà 20 000 personnes ont été forcées de partir. *-Merci de quitter les lieux dans les plus brefs délais. - On a déjà évacué la nuit dernière. - C'est dès la nuit dernière que les gendarmes demandent aux vacanciers, déboussolés, de quitter les lieux rapidement. - Vous êtes combien à l'emplacement? - Deux. - Vous prenez votre mari, votre véhicule et vous partez. - Je ne vais pas faire cramer le camping-car non plus. - Prenez le véhicule que vous souhaitez. - Quelle tristesse! - On prend 2 matelas, de quoi se couvrir et on va essayer de se loger dans une salle des fêtes. - Un mur de flammes qui a déjà dévoré 3400 ha en quelques heures. - On a eu la même chose il y a 3 ou 4 ans.

On est un peu plus préparés que les autres fois. - Ces feux ravivent le traumatisme des incendies dans le massif des Landes de Gascogne à l'été 2022. Plus de 30 000 ha de forêts ravagés et 50 000 personnes évacuées. - E.Macron: Nous avons face à nous l'un des plus grands feux de notre histoire. - Avant-hier, 2 soldats du feu sont morts piégés dans leur camion en luttant contre cet incendie aux abords de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. - L.Nunez: J'ai rencontré les familles cet après-midi.

Sur le plan national, on en est à près de 44 000 ha brûlés. C'est beaucoup plus que l'an dernier. En nombre de départs de feu, on en est à 12 500.

C'est plus. La saison est exceptionnelle du point de vue des départs de feu. - Un record depuis 20 ans.

Dans le Var aussi, depuis mardi, un incendie fait rage. 2500 ha carbonisés. Une dizaine de maisons détruites.

La France brûle depuis plusieurs semaines déjà. Il y a 10 jours, près de Paris, en pleine fête nationale, 10 % de la forêt de Fontainebleau partait en fumée. Face à ces incendies dévastateurs, la question des moyens se pose.

Le gouvernement a-t-il assez anticipé? Pourquoi les canadairs n'ont pas été livrés? Ce matin, la porte-parole du gouvernement assure l'arrivée de nouveaux moyens de lutte. - M.Bregeon: L'A400M viendra en appui des autres moyens.

C'est l'équivalent de 3 canadairs. - Même spectacle de désolation ailleurs en Europe. Au sud de la Sicile, un incendie s'est propagé juste à côté des habitations.

Plus de 1000 départs de feu sur l'île depuis le week-end dernier. L'Espagne est le pays le plus durement touché en Europe. Face à cette situation dramatique, le gouvernement espagnol veut agir. - P.Sanchez: Nous devons agir en amont, sensibiliser le public sans banaliser les effets de l'urgence climatique. - L'Europe du Nord n'est pas non plus épargnée.

Ces images nous proviennent d'Ecosse. Alors qu'il n'a pas plu depuis plusieurs semaines, les pompiers luttent contre ce feu juste à côté du centre-ville d'Edimbourg qui se ravive sans cesse. - S.Brakhlia: 44 000 ha brûlés sur le plan national cette saison.

Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur. C'est 4 fois la ville de Paris, pour se rendre compte de quoi on parle. E.Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, quelles sont les régions les plus exposées aux incendies? - E.Brocardi: Le pourtour méditerranéen, la côte atlantique et, malheureusement, tout ce qui contourne le Pays de la Loire.

Forcément, il y a un véritable sujet. On a parlé des enjeux dans les Hautes-Alpes. On parle aussi des enjeux dernièrement au niveau de l'Ain.

C'est tout le territoire qui s'embrase. En 2022, on parlait déjà des monts d'Arrée, de la forêt des Vosges, du Jura...

Il y a des feux partout en France. Votre carte l'a montré. On parle du spectaculaire qui risque de devenir une norme. - S.Brakhlia: On en parlait avec nos experts en plateau, ce qui est propice aux incendies, c'est la sécheresse, la chaleur.

Il y a le vent aussi. Vous avez fait référence à des sautes de feu. Qu'est-ce que c'est? - E.Brocardi: C'est ce qui permet de définir les surfaces brûlées des surfaces parcourues.

Les sautes de feu vont être projetées par des effets de surpression du feu à l'intérieur des végétaux qui souffrent, qui sont en stress hydrique intense du fait de la chaleur et vont créer ces effets de surpression sur le combustible végétal, comme les pommes de pin qui deviennent des projectiles. Le feu peut se répandre de plusieurs moyens: projection, rayonnement...

C'est l'un des sujets qui permet de rendre difficile l'action des sapeurs-pompiers. Ce n'est pas un allié. Parfois, vous faites des lignes de front devant la ligne des flammes qui arrivent sur vous et forcément, vous pensez l'avoir éteint, mais non.

Quand vous vous retournez, le feu a repris de plus belle 100 m derrière. Il y a le phénomène des vents internes au feu, plus le vent météorologique classique qui projette des flammes incandescentes qui sont transportées et vont déposer des cendres chaudes un peu plus loin. - S.Brakhlia: Ca rend la mission des pompiers encore plus difficiles.

Face à ce genre d'incendies spectaculaires, a-t-on les moyens matériels de les affronter? - A.Goutard: Oui et non.

Oui, si on avait eu des incendies habituels. Les pompiers demandent toujours plus de moyens. Il y a eu des manifestations de pompiers au cours des 2 dernières années qui ont été assez fortes pour demander plus de moyens.

Effectivement, les pompiers, les spécialistes aimeraient beaucoup plus de moyens, mais jusque-là, bon an mal an, on s'en sortait. A l'évidence, ça ne suffit plus. Même la coopération européenne...

Depuis quelques années, les Européens se donnent la main pour intervenir dans un pays particulièrement touché par les incendies. - S.Brakhlia: L'UE déploie 3 bombardiers d'eau en Gironde. - A.Goutard: Sur les moyens les plus onéreux.

Un bombardier d'eau, un canadair, c'est 16 000 euros l'heure de circulation. Ca coûte cher. Le fait d'avoir fédéré nos moyens, c'est utile.

Mais l'Espagne est touchée, l'Italie...

Un pompier italien est mort dans un incendie cet après-midi. C'est tellement tous azimuts que les moyens qu'on avait prévus, programmés, ne sont pas suffisants. On a montré dans votre reportage ce fameux avion militaire. - S.Brakhlia: L'A400M. - A.Goutard: Un avion de transport de troupes aménagé pour pouvoir transporter de l'eau.

En 2021, on parlait déjà de cet avion. Il y avait eu des tests en Espagne. Ca marche très bien.

On parlait de préparation ou d'impréparation. On se demande pourquoi ça n'a pas été mis en place, pourquoi attendre fin juillet...

C'est annoncé de façon positive par la porte-parole du gouvernement, mais en même temps, on se dit qu'on aurait peut-être pu y penser avant. Ce n'est pas être grand clerc que d'envisager qu'un système aussi malin, qui fonctionne si bien, soit mis en place plus tôt. - F.Denhez: Ca fait 5 ans que l'armée de l'air, les pilotes, le fabricant Airbus de l'A400M, revendiquent qu'il peut contenir de l'eau et surtout 20 t de retardant.

C'est comme de l'engrais. Les zones retardées poussent un peu plus vite après un incendie. C'est des phosphates, comme de l'engrais.

Est-ce qu'on manque de moyens? Oui. On va encore dire que le gouvernement n'a pas fait ce qu'il fallait... - S.Brakhlia: E.Macron avait annoncé un investissement massif il y a 3 ans pour changer tous les canadairs.

Il devrait y en avoir 4 de plus. - F.Denhez: Il va falloir y aller...

Ce sujet, comme tous les autres sujets liés au changement climatique, montre qu'à force d'avoir attendu, arbitré, considéré que c'était moins important que tel ou tel sujet, on est au pied du mur et on n'a plus un rond. Les arbitrages vont être compliqués. Comment justifier l'achat de canadairs alors que le risque est encore contenu? - S.Brakhlia: Il suffit de demander au professionnel qui est avec nous en ce moment même.

E.Brocardi, quand on dit qu'il n'y a pas suffisamment de moyens, vous confirmez, sur le terrain? - E.Brocardi: Je vous fais remonter les relations qu'il y a avec le terrain, avec les casernes que je rencontre tous les jours quasiment.

Il n'y a pas suffisamment de moyens. Dans un camion-citerne feu de forêt, vous allez devoir mettre 4 personnes. On ne pourra pas mettre un sapeur-pompier en bas de chez soi sur toutes les maisons.

On ne pourra pas mettre un camion-citerne devant chaque forêt. Mais la question de l'anticipation est une donnée très importante à prendre en compte. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France avait sorti un manifeste en 2022 et tout est écrit: ce dont nous avons besoin, le nombre et les conclusions qui en découlent pour essayer de faire face à ce dérèglement climatique et à ses conséquences.

Ca nous pose un bras de fer monstrueux vis-à-vis de nos capacités à pouvoir répondre. Notre stratégie d'attaque massive sur feu naissant peut être mise à mal si on n'a pas le volume nécessaire. L'A400M est en cours de déploiement et c'est une bonne nouvelle.

Les commandes ont été passées. Les rapports sont différents quand on parle du fond du sujet, du problème. Quand la société qui crée ces fameux canadairs n'a pas suffisamment de commandes pour ouvrir les lignes de production, c'est parce que les Européens, les Français, les Grecs, les Italiens sont les seuls à en commander.

Il y a aussi un problème dogmatique lié à une logique d'intervention. Vous voyez très peu de canadairs intervenir sur le sol américain parce que pour eux, ce n'est pas forcément l'outil le plus adapté. Aujourd'hui, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France l'a porté sur des lettres d'intention, il faut favoriser des projets pour construire des avions sur le sol européen.

On espère que d'ici 10 ans, ce sera le cas. Ca deviendra incontournable, une nécessité. Il faut inverser cette vapeur économique. - S.Brakhlia: Les feux sont en train de ravager nos forêts françaises.

Comment ça se passe, concrètement? On sait bien qu'il y a une cellule de crise à Beauvau, au ministère de l'Intérieur. Comment ça se passe?

Qui décide qui va où et quand, surtout quand on n'a pas suffisamment de matériel et d'hommes pour agir? - P.Dessertine: On a vu toute l'organisation française, une organisation centralisée et décentralisée.

Le préfet de région ou de département joue un rôle très important. La question des moyens...

En économie, on peut dire qu'il y a des moyens insuffisants et il y a le coût de l'incendie. C'est tellement gigantesque, quand il n'est pas contenu. Le coût humain est le plus tragique.

Quand vous regardez le coût global, vous vous dites qu'il faut mettre des moyens pour limiter les incendies, comme on doit mettre de façon massive...

Autant, dans la gestion du moment, on est organisés, jusqu'à un certain point...

Il y a des éléments qu'on n'avait pas prévus, qu'on n'avait pas anticipés. Cette forêt ne doit pas prendre feu et elle prend feu. Là, on n'est pas préparés.

Il y a cette avancée de plus en plus rapide. Il y a tout un tas d'environnements sur lesquels on n'a pas encore d'entraînement. Mais ça, c'est réagir au feu, dire que le feu, quand il part et qu'on ne le contient pas, les coûts sont gigantesques.

On pourrait parler des coûts des feux en Californie. L'incendie de 2018, c'est pas loin de 200 milliards. Quand on a des montants comme ça, on n'ergote pas sur l'heure de canadair.

C'est rien à côté de ce que représentent les coûts d'un incendie. Tout l'investissement que le lieutenant-colonel a évoqué, c'est-à-dire la prévention, un énorme travail de résilience...

Il faut investir massivement dans la résilience. Comment faire pour que ça ne se produise plus? Ce sont des investissements gigantesques, mais quand on les compare aux coûts de l'incendie, ça n'a rien à voir.

Il n'y a aucun doute. Il faut investir massivement. Il faut une vraie réflexion économique pour inventer un nouveau monde, qui va correspondre au réchauffement climatique et pas cet ancien monde qui essaie sans cesse de lutter mais qui n'est pas préparé. - S.Brakhlia: Vous qui êtes à l'ONF, vous avez l'impression d'avoir cette considération de la part des pouvoirs publics? - B.Musch: Depuis les incendies de 2022, il n'y a plus eu de suppression de postes.

L'Etat a donné plus de moyens à l'établissement à travers une mission d'intérêt général pour déployer une défense contre les feux en forêt. Ce sont des hommes qui vont patrouiller en forêt tous les jours. Tous les départements...

Ce n'est plus uniquement dans le Sud-Est ou le Sud-Ouest. Il y en a aussi dans le Jura, en forêt de Mormal...

Ces patrouilles permettent d'alerter les gens, en leur disant de ne pas fumer, de ne pas faire de barbecue...

C'est aussi des moyens pour avoir des réserves d'eau en pleine forêt, de vérifier qu'elles sont bien remplies, qu'elles ne fuient pas, avoir des pistes en bon état avec une circulation qui est bonne. Vous parliez des obligations légales de débroussaillement, qui sont très importantes. - S.Brakhlia: Ces agents font un travail de vérification qui est très important. - F.Denhez: Quand on a un doute sur une parcelle forestière, on se demande quelle va être la probabilité qu'elle entre en combustion.

J'en reviens aux finances. Il y a des obligations...

Les maires sont responsables de la prévention du risque incendie, notamment du fait qu'ils doivent mettre à disposition des réserves d'eau pour les pompiers, des réserves de 30 m3. C'est ce qu'on voit de part et d'autre des départementales, des gros coussins de 30 m3. Mais pour beaucoup de communes rurales, ce gros boudin, c'est 20 000 euros.

Un maire m'a dit que les pompiers lui demandaient 4 réserves d'eau. 80 000 euros, c'est son budget d'investissement à l'année et il ne peut pas. Il n'y a pas d'aide locale. - A.Goutard: On voit bien qu'il y a un effort massif.

Les gens de l'ONF sont très concernés par ce qui se passe et font le maximum. En Gironde, il y a eu des efforts massifs pour essayer de débroussailler, d'organiser, de prévenir, de surveiller avec ces gens qui patrouillent dans les forêts. Pourtant, on n'empêche pas ces incendies.

L'avenir, ça va être quoi? C'est ce qui se fait aujourd'hui. On va interdire l'accès des massifs forestiers à nous, concitoyens.

On va décider de fermer. Dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Gard, les massifs forestiers ont été fermés pour prévenir les risques d'incendie. On ne pourra plus circuler dans la nature parce qu'on devient des vrais dangers pour la nature.

Cette nature est fragilisée. Même avec toute la prévention du monde, on n'arrive pas à s'en sortir. - S.Brakhlia: On reviendra sur les différentes causes, les origines des incendies.

Il s'est passé quelque chose de dramatique il y a 2 jours, mardi. 2 pompiers ont perdu la vie alors qu'ils intervenaient sur un incendie près de l'aéroport de Bordeaux. Ils ont été piégés dans leur camion.

Normalement, ils ont un système de protection quand ils sont cernés par les flammes. Le plus grave est arrivé. - A.Goutard: C'est pour ça qu'on les appelle les soldats du feu.

Un soldat en mission, ce n'est pas quelqu'un qui ne prend pas de risques. Ils prennent des risques contrôlés. Ils font le maximum.

Ils sont très bien formés. La formation des pompiers du feu, c'est une formation exemplaire, reconnue partout en Europe. La formation des pompiers, de nos pompiers, est reconnue partout en Europe.

Malgré tout, c'est une fonction à haut risque. Vous l'avez dit tout à l'heure, il y a des professionnels et des citoyens qui prêtent main-forte aux pompiers, des pompiers volontaires. Ils prennent des risques.

C'est pour ça que les citoyens doivent faire attention. Quand on leur dit de partir, il faut partir. Sinon, c'est risquer la vie de nos pompiers. - S.Brakhlia: Depuis les Hautes-Alpes, E.Brocardi...

Vos collègues sur le terrain vous font part de leur inquiétude? Ils ont l'impression de se mettre plus en danger, cette fois-ci? - E.Brocardi: Je vais être clair.

J'ai une pensée pour mes collègues girondins, avec notamment le chef de centre, qui est un ami et qui a perdu ses 2 hommes. Une pensée très forte au niveau des familles, des proches et des collègues. Il ne faut pas oublier le 3e pompier décédé en Savoie.

Ce sont des gens très courageux, qui sont allés au bout de leur engagement. Le sujet par rapport à ce que vous évoquiez, c'est l'engagement. On parle d'hectares brûlés.

On a parlé de la valeur du sauvé, à la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Il y a des choses qui ne seront pas remboursées. Quelle rétribution gagnent les sapeurs-pompiers au regard de toutes les forces qu'ils emploient pour sauver des quartiers?

Cette ressource n'est pas prise en compte. Je vais parler de la valeur et de l'engagement. On évoque aujourd'hui, malheureusement, des soldats du climat parce qu'ils sont en première ligne face au dérèglement climatique.

Ces soldats ne méritent pas ce qui s'est passé. Ils veulent continuer à exercer dans les meilleures conditions et sous contrôle. Il faut peser la valeur de l'engagement par rapport aux risques encourus.

Notre collègue de Savoie, malheureusement décédé suite au décrochement d'un rocher lorsqu'il progressait dans la montagne...

Il n'y a pas d'hectare qui vaille une vie humaine. L'engagement a un coût, mais la vie n'a pas de prix. Le sujet, c'est d'apporter une véritable réflexion sur le sujet d'un engagement qui soit efficace, appuyé par la défense des maisons.

Il faut mettre en place une ceinture de "défendabilité" pour mieux protéger les pompiers. Cette mesure de "défendabilité", cette ceinture, c'est des obligations légales de débroussaillement. Il faut faire des choix sur l'implantation des végétaux.

Il faut un aménagement du territoire propice. - S.Brakhlia: Il faut tout faire pour empêcher que ces feux dévastent tout sur leur chemin et il faut faciliter le travail des pompiers.

Dans quel état sont vos collègues? On a entendu les syndicats dénoncer un manque d'effectif. Ils alertent sur l'état de fatigue extrême de vos collègues.

Expliquez-nous en 2 mots comment ça se passe pour que les rotations se fassent au mieux, sachant qu'il y a plusieurs feux sur le territoire? - E.Brocardi: Il y a 2 choses.

Que ce soient nos collègues de la sécurité intérieure ou nos collègues hospitaliers, on est tous impactés par le manque d'effectif. Le sujet, c'est...

On doit faire en sorte de faire du renouvellement sur le terrain, de remplacer le personnel sur le terrain et de faire appel, grâce aux officiers de proximité...

On demande de rentrer en caserne pour partir en colonne le lendemain ou de venir prendre des gardes. Il faut cette plasticité entre les gens qui sont disponibles, de les relever sur le terrain directement...

Malheureusement, on est contraints de faire très attention au rythme d'engagement de travail. Il faut faire comprendre à l'administration qu'un engagement de sapeur-pompier est un engagement citoyen. Dans ce cadre, même si on doit tout paramétrer pour protéger cet engagement en termes de sécurité liée au feu, il faut forcément assouplir et donner un vrai cadre de directives pour permettre de les employer plus facilement sur le terrain des interventions. - S.Brakhlia: De mieux les déployer. - E.Brocardi: Aujourd'hui, on a des gens pleinement engagés et qui veulent continuer à lutter malgré leur situation professionnelle, personnelle et touristique.

Ils ont grillé leurs vacances... - S.Brakhlia: Merci.

A chaque départ de feu, la même question: quelle en est la cause? Une équipe a suivi des gendarmes enquêteurs qui remontent dans le sens inverse de progression des feux pour en déterminer la cause. - Ils sont parmi les premiers à enquêter après le passage des pompiers lors d'un incendie.

C'est les gendarmes de l'identification criminelle. - Quand on voit tout ce qui a brûlé, c'est impressionnant. - Le rôle de cet adjudant-chef et de cet adjudant, c'est de faire parler tous les indices possibles pour retrouver les origines d'un feu, comme sur ce rocher. - Sur toute cette face du rocher, c'est noirci.

La suie a dû se déposer. Le feu est allé dans ce sens. On va aller dans l'autre sens pour remonter la zone d'origine. - Ici, près de Perpignan, le feu a parcouru 4900 ha début juillet. 12 000 personnes évacuées et plus d'une semaine de lutte pour les soldats du feu. 1re étape pour les enquêteurs: identifier le sens de propagation de l'incendie qui laisse des traces un peu partout. - Au niveau de ce petit arbuste, on voit bien que les épines sont encore présentes.

Quand on regarde à peu près à la même hauteur, on n'en a plus du tout. Tout a brûlé. On a un feu, quand il a progressé, qui est allé comme ça.

Les flammes sont venues dans ce sens. Ca fait un biseau. - Analyse confirmée un peu plus loin grâce à un indice insoupçonné. - J'en ai vu un.

Il y a un escargot intéressant pour nous. Par exemple, on voit cet escargot qui est tout petit. La partie blanche est une zone qui a fortement brûlé.

Là, on a une partie plus noire, moins impactée par le feu. Le feu s'est propagé dans cette direction, comme ça. Ca va nous permettre de trouver une zone de départ, la zone d'éclosion.

Au sein de cette zone, on va essayer de trouver des éléments qui peuvent nous donner la cause de départ de l'incendie. - Les enquêteurs procèdent par élimination parmi les 5 principales causes: origine naturelle, installation présente, travaux agricoles, cause humaine, volontaire ou involontaire. - Si on retrouve un mégot, on le prélève.

On fait des prélèvements pour voir s'il n'y a pas eu de produits accélérants comme de l'essence ou du white-spirit, souvent utilisés pour faire un départ de feu. - Les enquêtes peuvent parfois aller très vite. La semaine dernière, alors que le feu dans la forêt de Fontainebleau est à peine fixé... *-4 personnes sont en garde à vue. *-Un pompier volontaire avoue avoir mis le feu. - Des pistes remontées en seulement quelques heures.

C'est dans ce laboratoire de la gendarmerie qu'arrivent les prélèvements faits sur le terrain. Leur analyse doit permettre d'identifier la présence ou non de produits inflammables. - Chaque pic correspond à un composé séparé par la machine et qui nous donne la réponse.

C'est l'image d'un super carburant, un carburant pour moteur essence qui peut être un sans-plomb 98. C'est l'ensemble de ces pics qui nous donne ce composé. - Des informations qui peuvent être cruciales pour résoudre des enquêtes amenées à se multiplier, avec des incendies toujours plus nombreux. - On traite entre 500 et 600 dossiers par an, ce qui est conséquent.

On en traite toute l'année. Les statistiques donnent à peu près 1 incendie toutes les 2 minutes en France. Pas forcément volontaire, mais quand même, ça fait énormément de dossiers. - Depuis le début de la saison, 128 personnes ont été interpellées en France dans le cadre d'enquêtes ouvertes après des incendies. - S.Brakhlia: On voit bien le travail minutieux mené par les gendarmes pour retrouver les causes de ces incendies.

Dans 9 incendies sur 10, l'origine humaine est suspectée, qu'elle soit intentionnelle ou par manque de prudence. On manque de sensibilisation sur le sujet? Le procureur de Gironde a annoncé des peines plus lourdes pour les comportements à risque. - A.Goutard: Dans l'incendie de Fontainebleau, ça démarre d'un chantier.

Les ouvriers utilisent une meuleuse. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue à l'issue de l'enquête. Ils utilisent une meuleuse.

C'est l'étincelle de trop. - S.Brakhlia: De l'imprudence. - A.Goutard: Mais en même temps, les magistrats ont considéré que ces 2 hommes et leur entreprise devaient être poursuivis.

Ils sont poursuivis parce qu'ils ont été inconséquents, inconscients...

Ils n'ont pas maîtrisé leur environnement comme ils devaient le faire, dans une zone comme celle-là. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Ils sont jugés très sévèrement, les auteurs d'incendie.

Il y a les incendiaires, les pyromanes...

Il faut faire des différences entre les uns et les autres. Les peines sont lourdes. Elles sont tellement lourdes que vous n'avez que 4 % de récidive à l'issue des condamnations.

Ca dissuade et ça fonctionne plutôt pas mal. - S.Brakhlia: Que ce soit par accident ou par imprudence...

Quelles sont les activités humaines...

Comment un feu peut commencer alors que ce n'était peut-être pas voulu, mais c'est l'activité humaine qui le veut? - P.Dessertine: Ca peut être la tondeuse qui va être sur un silex ou la moissonneuse-batteuse.

On arrête, à ce moment-là. Il faut redire qu'il faut réprimer tous ceux qui mettent le feu, mais on doit avoir bien conscience qu'on a dit qu'on allait avoir une croissance des incendies...

Même si on n'a plus un humain dans la forêt, on aura des feux. Le dérèglement du climat fait que vous avez le feu. Il ne faut pas que nos téléspectateurs se disent que si on empêche les humains d'y aller, on n'aura plus de feu.

On doit réprimer ceux qui prennent plaisir, plaisir malade, ou vont mettre le feu. Ca n'arrêtera pas les feux. Vous avez des activités qui vont causer des départs d'incendie, dont les personnes ne se rendent pas compte.

Une personne sur un chantier qui va avoir besoin de sa meuleuse ne pense pas à l'idée de la propagation dans la forêt. - B.Musch: On n'a pas pris conscience de l'importance du dérèglement climatique et de la manière de s'adapter à ce dérèglement.

De l'inconscience de la part de ces 2 ouvriers, peut-être...

Je ne suis pas là pour juger. Ils n'ont pas pris conscience. Leur société aussi, du risque et de l'état de sécheresse qu'on pouvait avoir.

C'est pareil pour le promeneur. Il y avait un barbecue derrière sa voiture, avec des braises...

Les gens ne prennent pas conscience que le monde a changé et que la moindre étincelle peut provoquer des incendies. - S.Brakhlia: Il faut plus sensibiliser?

Ca ne fait pas partie des missions des autorités? - F.Denhez: On sensibilise beaucoup.

Ce n'est pas très tangible. C'est comme le risque climatique. Jusqu'à il y a peu de temps, ça concernait les autres.

On ne peut pas imaginer qu'en balançant un mégot, on va brûler une forêt entière. C'est difficile. Le changement climatique nous ramène à notre statut d'animal, d'être vivant soumis aux aléas de la nature.

On se retrouve tout nus. On pense être protégés, mais on ne l'est pas du tout. C'est déstabilisant, dans notre civilisation écologique, sociale, avec des infrastructures de protection.

Un mégot ou un barbecue...

L'intentionnel, c'est 25 %. Le mégot ou le barbecue, c'est 15. Le bricolage, c'est 35.

Le reste, c'est les transports. L'éclair sur le train qui passe ou le camion sur l'autoroute... - A.Goutard: 25 %, les pyromanes. - S.Brakhlia: Ceux qui prennent plaisir à mettre le feu. - F.Denhez: Le feu, c'est d'autant moins tangible qu'il est fascinant. - S.Brakhlia: C'est tellement fascinant que des pompiers mettent le feu... - F.Denhez: Je peux comprendre qu'un pompier fasse un feu... - A.Goutard: Sur 250 000 pompiers... - F.Denhez: Il n'y a pas un gamin qui n'a pas mis le feu à un bout de papier... - S.Brakhlia: Ce phénomène de pompier pyromane est très minoritaire.

C'est quand même assez intrigant. On l'a vu à Fontainebleau dernièrement. Est-ce que ces profils sont détectables avant de passer à l'acte? - E.Brocardi: On met tout en oeuvre pour essayer de les détecter.

Derrière chaque humain, il y a des faces cachées. Les sapeurs-pompiers représentent toute la société. Il y a les volontaires, les professionnels... 80 % sont des volontaires.

Ils représentent une tranche de notre société. Il faut dissocier l'homme de l'uniforme et faire comprendre que nous mettons tout en oeuvre pour essayer de le détecter. Nous avons des psychologues.

Il faut renforcer le sujet de la détection d'un pompier pyromane ou incendiaire. On essaie de proposer des filtres, mais dans toutes les catégories socioprofessionnelles, dans tous les métiers, il y a des gens qui trahissent leur niveau d'engagement. Chez nous, ils trahissent la charte de l'engagement qui prévoit...

Je préfère dire que je suis plus fasciné par l'engagement des sapeurs-pompiers que par le feu. - S.Brakhlia: Merci d'avoir pris le temps de nous parler et d'expliquer ce qui se passe sur le terrain aux téléspectateurs de "C dans l'air".

L'été dernier, Marseille a été touchée par les flammes. 750 ha ravagés. 90 habitations parties en fumée.

Un collectif d'habitants a décidé de porter plainte contre X afin de demander des explications à la préfecture. Ont-ils eu des réponses un an plus tard? Les assurances les ont-ils soutenus dans l'épreuve? - Depuis le passage des flammes il y a un an, le quartier de l'Estaque, au nord de Marseille, reste bien vide.

La majorité des 90 maisons touchées par l'incendie est encore inhabitable. - Un an après, on a des étais. La maison a été étayée.

Le plancher a été remis de façon provisoire. On a toujours cette magnifique trouée sur le ciel. - Coralie a vu sa maison détruite par l'incendie.

Elle vit dans l'incertitude depuis. - Il faut savoir ce qui va advenir et si on pourra réellement réintégrer la maison. C'est assez épuisant nerveusement.

On ne vit pas chez nous. On vit dans un endroit qui n'est pas notre endroit, où on n'a pas nos affaires. C'est impersonnel.

C'est ça, être victime, au quotidien. C'est continuer de dire "on a subi ça, on existe, écoutez-nous". - Le 8 juillet 2025... - Les flammes, poussées par un violent mistral, ravagent 750 ha au nord de Marseille.

Dans le quartier de l'Estaque, 97 maisons sont touchées, 50 d'entre elles sont totalement détruites. Par miracle, le feu ne fait aucune victime. Les habitants avaient pourtant reçu l'ordre de la préfecture de rester confinés chez eux.

Juste après le drame, cet habitant nous raconte. - Le feu est sorti du plateau au niveau de la crête. Il est descendu très vite.

Mon fils me l'a raconté. Il était sur place. - Contre la consigne des autorités, il demande à son fils, seul à la maison ce jour-là, de prendre la fuite. - Je lui ai dit: "Va-t'en." Quand il est parti, il n'a croisé personne.

Il n'y avait pas de pompiers, rien. La maison a très certainement brûlé dans le quart d'heure qui a suivi. - Un an après, l'incompréhension des habitants est toujours aussi vive. - Qu'est-ce qui s'est passé?

Ils nous ont envoyé personne. On veut qu'on nous explique pourquoi on nous a laissés comme ça. C'est incroyable, ce qu'il s'est passé.

Plus de 90 maisons touchées. 50 maisons brûlées entièrement. Des vies qui basculent.

Il se gargarise qu'il n'y a pas eu de morts, le préfet. - A la colère s'ajoute l'interminable attente d'indemnisation. Les travaux peinent à se mettre en place car les assurances piétinent ou proposent des remboursements insuffisants. - On a un montant.

Ce montant, on prépare un certain nombre d'arguments pour démontrer à notre assurance que ça ne va pas suffire si on veut reconstruire la maison. - Aujourd'hui, 70 % des sinistrés n'auraient toujours pas reçu de chiffrage final de leur assurance pour assurer la reconstruction de leur maison. - On est victimes du sinistre et du jeu des assurances, qui se tiraillent, par rapport aux difficultés de prise en charge.

Dans des sinistres de cette importance, il devrait y avoir une protection des sinistrés pour assurer un traitement dans des délais raisonnables pour l'expertise et l'assurance, mais aussi pour les victimes et les personnes sinistrées. - Une question d'autant plus cruciale que les feux seront, à l'avenir, plus nombreux et plus intenses avec le dérèglement climatique. - Ce qui m'a frappée, c'est que quelqu'un de l'urbanisme à Marseille a dit: "La question n'est pas de savoir si ça va brûler, mais quand." - L'association de victimes aimerait aujourd'hui comprendre comment un tel drame a pu avoir lieu pour éviter qu'il ne se reproduise. - S.Brakhlia: Des assurances qui traînent les pieds pour rembourser ou qui cherchent la faille pour ne pas rembourser les victimes d'incendie, c'est souvent le cas? - F.Denhez: L'incendie de forêt, pour ce que j'en sais, il n'est pas placé sous le régime des catastrophes naturelles.

Il n'y a pas d'obligation. Une étude a été publiée...

Elle est assez inquiétante. Cela ne prend pas en compte les incendies de forêt. Ce n'est pas considéré comme des catastrophes naturelles.

Les assurances font ce qu'elles veulent. Si vous étiez inquiets, le rapport montre que AXA, Allianz et Generali, les 3 plus grands assureurs, ne se sont jamais aussi bien portés, en bénéfice net...

Sur les inondations qui ont ravagé le Pas-de-Calais, une ville a vu sa franchise d'assurance pour les équipements publics être multipliée par 7. - S.Brakhlia: Question.

On a vu que c'était compliqué. Pour les feux? - A.Goutard: 80 % des forêts ne sont pas assurées.

Elles dépendent de privés, qui n'assurent pas. Cela ne va pas leur coûter très cher. La majorité des forêts ne sont pas assurées.

Quand ça arrive et que ça les touche, vous avez des habitants très démunis. Vous connaissez les contrats d'assurance. Il faut lire les petites lignes.

Il faut cocher les bonnes cases. Pour un contrat d'habitation, il faut, pour être sûrs d'être remboursés, avoir une garantie de reconstruction en valeur à neuf après un incendie total. Il faut avoir une garantie des dommages occasionnés par les fumées et l'embellissement extérieur, les façades.

Il faut avoir une garantie des dommages occasionnés par les sapeurs-pompiers. L'eau envoyée, pleine de produits, ça abîme le bâti. Il est recommandé de souscrire des extensions de garantie pour les biens et installations situées à l'extérieur. - S.Brakhlia: Ce sont des garanties auxquelles on ne pense pas quand on souscrit... - A.Goutard: Les objets précieux, vous ne les avez plus...

Il faut, c'est conseillé par les assureurs, filmer les maisons et avoir les factures pour que vous puissiez ressortir les vidéos après les incendies. - S.Brakhlia: Certaines compagnies d'assurances ont refusé d'assurer des communes et des particuliers.

On peut voir ce même phénomène s'organiser dans ces régions propices à des feux? - P.Dessertine: Notre système ancien ne tient pas par rapport au dérèglement climatique.

Soit vous allez payer des primes astronomiques...

C'est ce qui se passe dans l'agriculture. On vous fait payer une prime tellement importante que vous ne vous assurez pas. On est avec des récurrences de catastrophes qui vont faire que le système de l'assurance, quand vous avez 100 000 personnes qui payent une assurance auto et qui n'ont pas d'accident...

Quand il y en a une qui va avoir un accident, on va la rémunérer par les 100 000 qui n'ont pas d'accident. Quand vous avez 90 000 qui ont un accident, ça ne tient pas. Les Américains ont eu ce problème.

Le grand incendie de 2018 en Californie, vous avez eu 12 milliards payés par les assurances contre 200 milliards de coût. Vous avez 90 % du coût qui n'était pas assuré. Il faut qu'on arrête de payer après la catastrophe.

Il faut qu'on investisse dans la prévention, ce qu'on appelle le "resilience bound". Il y a de moins en moins d'argent public. En revanche, vous avez des sommes astronomiques payées par tous les gens.

Quand on a une catastrophe, il faut s'assurer. Vous regardez la somme et vous vous dites que vous ne pouvez pas. Il faut qu'on invente quelque chose d'autre.

L'argent qu'on va payer pour l'assurance, il faut qu'il soit utilisé pour empêcher le feu, la catastrophe. Les inondations, ça va être pareil. - S.Brakhlia: Comment on fait la prévention, sachant que ces phénomènes climatiques vont s'amplifier d'année en année?

Comment les personnes qui nous regardent peuvent se dire "je suis peut-être dans une région propice au feu et aux inondations, il faut que je m'informe"? - B.Musch: Il y a eu pas mal de réunions dans le Sud-Ouest, dont on parle aujourd'hui, dans les mairies, où on a de l'information.

Il y a des prospectus qui ont pu être déposés dans les boîtes aux lettres, en partie pour ces questions de débroussaillement autour des forêts. C'est à la charge de celui qui a la maison. Si vous habitez...

Vous allez débroussailler chez le voisin. Il faut que le voisin vous donne l'autorisation. - F.Denhez: Il faut faire une lettre recommandée.

Il ne faut pas s'y opposer. - B.Musch: Il peut aussi vous interdire de couper un arbre, alors que les arbres sont proches.

C'est celui qui a la maison qui doit le faire et investir. - P.Dessertine: La réponse économique est claire.

Dès que vous êtes en train d'espérer que tout le monde va vouloir dépenser sans avoir de revenus, ça ne marchera pas. On est sur des catastrophes climatiques gigantesques. Ce n'est pas 3-4 personnes bénévoles qui vont arrêter les feux.

Sur ce qu'on disait sur les fonds de résilience, c'est très clair. Vous payez des gens à faire ce qui n'est pas rentable économiquement, alors que c'est rentable si on essaie de lutter contre un incendie. En Gironde, on arrache des vignes.

Or, beaucoup d'études scientifiques disent que si vous entourez des forêts avec des vignes entretenues et qui ont une irrigation avec de l'herbe verte, c'est un fantastique coupe-feu. Si ce n'est pas rentable de produire du raisin, c'est très rentable de protéger d'un incendie. C'est la révolution qui est en train de se faire.

Vous avez des assureurs aux Etats-Unis qui payaient des gens à planter des vignes car c'est un coupe-feu. L'assureur, pour lui, ça lui coûte moins. C'est un changement de monde.

On doit le financer différemment. - S.Brakhlia: On en vient aux questions des téléspectateurs.

Question. - F.Denhez: Ca fait des bonnes planches et des bons meubles.

Il y a aussi les résineux, certes...

J'ai pris la liste des laboratoires qui ont travaillé avec des pompiers et qui liste les arbres d'ornement qu'on a autour de chez nous qui sont les pires boutefeux. C'est bambou, eleagnus, certains lauriers...

Il y a aussi les thuyas. Dès lors que ça commence à sécher, ça gêne le travail des pompiers et ça menace votre maison. Les résineux, c'est plein de sève.

C'est des hydrocarbures. - S.Brakhlia: Question. - P.Dessertine: Il faut surtout leur dire que c'est complètement inconscient.

Quand on a quelqu'un qui jette son mégot, il ne se dit pas qu'il va mettre le feu à la forêt. - A.Goutard: Il risque d'être condamné à une très lourde peine.

Ca va jusqu'à 10 ans de prison. Si ça cause la mort d'une personne, c'est perpétuité. Jeter un mégot, réfléchissons avant de le faire. - S.Brakhlia: Question. - B.Musch: Là, c'est un travail mené depuis des années...

Je vais parler pour l'ONF, bien qu'on travaille avec la forêt privée. Comme la forêt, c'est un monde du temps long, il y a longtemps qu'on se prépare à ces questions à travers des modèles, des solutions...

On travaille pour adapter nos forêts au changement climatique, pour savoir quelles sont les zones dans lesquelles il va falloir qu'on intervienne ou pas, qu'on laisse faire la nature ou pas...

Quelles sont les solutions, et surtout pas "la" solution. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Il paraît que c'est une catastrophe.

Dans la forêt de Fontainebleau, on a fait des reportages. Les grands cervidés, les animaux qui courent vite, ont pu partir. Tous les petits insectes, tous les mulots qui vivent dans la forêt n'ont pas pu survivre, à l'évidence.

C'est une catastrophe pour la faune, à une époque où la faune est un vrai sujet lié au dérèglement climatique. - F.Denhez: Ca revient vite, relativement, si tant est qu'il n'y ait pas, tous les 3 ans, au même endroit, un même incendie.

Sur les monts d'Arrée, 6 mois après, ça commençait déjà à repousser. - S.Brakhlia: Question.

Quand le feu brûle tout sur son passage, qu'est-ce qu'on fait des forêts? Est-ce qu'il faut replanter des arbres tout de suite? - B.Musch: Il faut d'abord faire un bilan.

Il ne s'agit pas de se précipiter. Il faut regarder ce qu'il se passe. Il faut faire attention qu'on n'ait pas de tourbières.

Ca continue à brûler pendant une année. C'est ce qu'on a vu dans le Sud-Ouest. Après, on regarde ce qui se passe.

Souvent, la nature revient. Tous les feuillus, si les racines ne sont pas brûlées, vont repartir. Les oiseaux, les animaux vont apporter les graines grâce au vent.

On va avoir un paysage qui redevient vert assez rapidement. - S.Brakhlia: La nature est bien faite.

Question. - F.Denhez: Certaines, oui. - B.Musch: Il y a la sylviculture.

C'est de l'entretien de différents stades forestiers. - F.Denhez: Il faut couper les branches basses, les branches d'un arbre qui joignent les branches d'un autre arbre.

Il faut éclaircir. - B.Musch: Ca, à côté des maisons.

C'est tout le travail du forestier et de la sylviculture. - P.Dessertine: Il faut le répéter, par rapport à la question des mauvaises essences.

C'est le travail sur le sol qui est aussi important. - B.Musch: Le mélange des espèces. - S.Brakhlia: Question. - F.Denhez: Ils sont au courant, oui.

Ils sont responsables de la gestion du risque incendie dès lors qu'ils sont dans une zone soumise à risques. - S.Brakhlia: Ils ont une aide de l'Etat? - F.Denhez: Là, je sèche.

Je pensais que c'était une "lettre". Je ne sais pas. - S.Brakhlia: Question. - F.Denhez: Les feux tactiques. - B.Musch: C'est des méthodes pratiquées il y a quelques années.

L'idée est d'apporter un contre-feu et que les 2 feux se rencontrent et s'éteignent. Avec des vents tournants et des conditions climatiques, c'est très compliqué. - P.Dessertine: Quand on voit la taille des flammes, même si vous faites un contre-feu, ça va très loin de l'autre côté.

C'est ce qui s'est passé en 2022. On avait des grands coupe-feu qui ont été complètement effacés par le feu. - S.Brakhlia: Question. - F.Denhez: Il y a déjà des réserves.

C'est une obligation Par les Sdis. Il y a des réserves de 20 m3 dans les villages. Il y a des accès que sont censés donner aux pompiers les propriétaires d'étang ou de petite piscine. - S.Brakhlia: Question. - B.Musch: Oui.

Pour peu que l'orage se passe au-dessus de l'incendie.