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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 12 juin 2026 64 min

Iran, Epstein, santé : happy birthday Mr. President ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ZzzQuil Sommeil ... - A.Casse: Bonsoir et bienvenue.

C'est un président américain acculé qui va fêter ses 80 ans dimanche. L'octogone de MMA installé devant la Maison-Blanche apparaît aujourd'hui comme le symbole d'un D.Trump puncheur qui prend coup sur coup et qui frôle le KO face à un régime iranien qu'il devait pulvériser hier soir et qui est toujours debout.

Face aux questionnements sur son aptitude à gouverner, pourquoi 22 médecins ont-ils été mobilisés pour faire son bilan de santé? Il est aussi face à l'affaire Epstein, qui ressurgit. C'est un combat pour lui, mais aussi pour son entourage.

L.Menget, bonsoir. Vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales.

On peut retrouver vos reportages et analyses dans "Carnets de terrain". J.André, bonsoir.

Vous êtes grand reporter pour France 24. Vous êtes allé plusieurs fois en Iran et vous avez couvert l'élection de Trump en 2016. D.Trinquand, bonsoir.

Vous êtes un ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur de "D'un monde à l'autre". M.Khadra, bonsoir.

Vous êtes enseignante et éditorialiste à "La Revue politique et parlementaire". On va commencer par ce qui a rendu fou D.Trump: un accord en 14 points dans lequel l'Iran garderait le contrôle du détroit.

C'est une façon pour le régime iranien de dire "on va gagner"? - L.Menget: Depuis quelques jours, il montre qu'il est beaucoup plus calme et prudent que D.Trump.

Aux 39 annonces de victoire de D.Trump, dont on est un peu las, les Iraniens répondent avec un calme olympien "on s'approche d'un accord", tout ça en continuant les échanges de tirs de missiles. Les Iraniens disent qu'un accord n'a jamais été aussi proche tout en disant "attention, les médias spéculent", incluant les leurs. "Attention, on verra au moment où l'accord sera vraiment signé." Ce qui est sûr, c'est que si jamais il y a dans l'accord le fait qu'ils gardent le contrôle du détroit d'Ormuz, c'est une victoire indubitable des Iraniens.

Ca voudra dire que ce détroit d'Ormuz, qu'ils ne contrôlaient pas il y a 2 mois, ils en ont repris le contrôle. - A.Casse: On a cette dépêche qu'on vient de nous donner.

Un accord Etats-Unis-Iran n'a jamais été aussi proche, dit le chef de la diplomatie iranienne. On a l'habitude de D.Trump qui nous dit que l'accord est proche.

Il l'a déjà dit 39 fois depuis le début de ce cessez-le-feu flottant. Là, c'est le régime iranien qui le dit. Ca change quelque chose? - J.André: Chacun a sa version des faits.

Si vous regardez les médias américains, ils ont une autre version de cet accord de paix, dans laquelle ils expliquent qu'il va y avoir une ouverture du détroit d'Ormuz, qu'il va y avoir une dilution potentielle de l'uranium extrêmement enrichi des Iraniens. Il s'agit d'un mémorandum d'accord...

Ce n'est pas non plus un accord. On a un cadre pour commencer à négocier. D'après Axios, qui sont souvent très bien informés, il y aurait une fenêtre de 60 jours entre le début de ce mémorandum et des négociations qui devraient inclure le désarmement nucléaire.

Ce qu'obtiennent les Américains, c'est la réouverture d'un détroit qui était ouvert avant. Les Iraniens obtiennent de la part des Américains 60 jours de levée des sanctions, un dégel des avoirs que les Iraniens veulent immédiat et que les Américains veulent progressif. Dans cette même information, on apprend aussi que 4 cargos américains sont partis en direction de Genève avec du matériel pour une potentielle signature avec J.D.Vance, qui serait sur place.

Qui dit vrai? On est dans quelque chose qui relève de part et d'autre d'une forme d'enfumage. - A.Casse: La dernière chose que vous dites, c'est qu'il y aurait des avions envoyés en Europe parce que c'est l'Europe qui serait le théâtre de l'accord? - J.André: C'est ce que disent les Américains, D.Trump.

Il dit: "On va le signer ce week-end, en Europe." Ca a été négocié au Pakistan. En Europe, pourquoi pas.

Ce week-end, on a le G7, une visite de D.Trump potentiellement programmée. Il est question qu'il soit reçu à Versailles par E.Macron.

Pour l'instant, on n'a pas la date, pas les détails. Le G7 va être réuni à Evian. Evian et Genève, c'est pas loin.

Genève, c'est là où le fameux accord sur le nucléaire iranien a été signé en 2015. Symboliquement, c'est assez fort. Mais une fois de plus... - A.Casse: Que faire de tous ces signaux?

L'accord en 14 points publié par une agence iranienne, D.Trump dit "c'est n'importe quoi, c'est un faux". Ces avions qui viennent en Europe, où l'accord pourrait être signé...

Tout pourrait s'accélérer ou on est encore dans la partie de poker? - M.Khadra: On est dans la partie de poker.

On est dans une forme de statu quo au niveau des négociations, en plus. Cette histoire d'accord imminent dont a parlé le ministre des Affaires étrangères, ça me rappelle un peu la stratégie de Trump. Ils ont très bien compris la stratégie trumpienne.

Ils commencent à faire du chantage et à donner du fil à retordre en reproduisant exactement la même méthode de chantage. Ca me rappelle D.Trump en Chine.

Avant sa visite en Chine, il a parlé pour la 1re fois d'un mémorandum d'entente. Avant, on parlait de deal. La 1re fois que ce mémorandum est entré dans les éléments de langage, c'était avant la visite de Trump en Chine.

Aujourd'hui, il veut arriver à ce mémorandum d'entente avant le G7. C'est toujours un papier qu'il essaye d'obtenir avant un grand rendez-vous. - A.Casse: Et notamment pour son anniversaire. - M.Khadra: L'anniversaire aussi de l'indépendance des Etats-Unis.

Tout ça ne mène à rien. Il n'y a pas de bonne foi de part et d'autre pour arriver à un deal. - A.Casse: La stratégie des Iraniens de publier cet accord, de dire "on a la copie"...

L'ambassadeur G.Araud dit: "Si c'est vrai, c'est le triomphe iranien." Est-ce que les Iraniens font ça pour faire vriller Trump? - Gal D.Trinquand: Ils sont totalement à la manoeuvre dans cette affaire.

On a inversé les données. C'est pas les Etats-Unis qui proposent un accord aux Etats-Unis mais l'inverse. Ca a inversé la donnée.

Ils savent que le président Trump a toutes les échéances qu'on vient d'évoquer. Il veut donc faire quelque chose et ils jouent là-dessus. D'une certaine façon, eux n'ont pas d'opposition, chez eux.

Même s'ils ont besoin, économiquement, de débloquer un peu les choses. Mais ils font semblant d'avoir le temps face à un D.Trump qui est pressé par son anniversaire, l'anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis, les midterms...

Plein de dates s'ajoutent. Ils sont à la manoeuvre. Ils présentent des choses.

Aujourd'hui, honnêtement, qu'y a-t-il dans ce mémorandum? En gros, c'est "on va commencer à négocier, mais avant, vous allez nous donner de l'argent". C'est sur un détroit d'Ormuz que les Iraniens n'ont pas l'intention de lâcher.

Quel va être le prix du baril qui passera par le détroit d'Ormuz? On en est là. Les Iraniens sont à la manoeuvre.

Le président Trump s'est mis dans un guêpier...

Il est dans une impasse. Il cherche à en sortir. Comment va-t-il en sortir?

Le plus important pour lui, ça va être le show qu'il pourra faire, peut-être à Genève. Il pourrait dire: "J'ai gagné. On est d'accord.

On va négocier." On n'aura pas beaucoup progressé, en fait. - A.Casse: Est-ce que ce n'est pas Jouer à un jeu dangereux que de le rendre fou? - L.Menget: Il ne faut jamais humilier D.Trump.

Les Iraniens jouent sur une corde très fine, mais ils sont pour l'instant très bons. Ils n'ont jamais prononcé un mot, en dehors du vocabulaire militaire qui fait partie de cette négociation...

Ils n'ont jamais cherché à blesser D.Trump. Ils le font via les réseaux sociaux, via des images faites par IA, mais ce ne sont pas des officiels iraniens qui le font de manière brutale et offensive.

Ils savent très bien que D.Trump déteste être humilié, apparaître comme faible. Donc ils jouent sur cette petite corde, très finement, en ce moment.

Ils savent que Trump, en termes d'affichage, pour son anniversaire, pour toutes les raisons qu'on a invoquées, a besoin de dire qu'il est le gagnant. Les Iraniens se fichent un peu de ce que va dire D.Trump.

Ce qui compte pour eux, c'est la réalité. Est-ce qu'ils vont récupérer 24 milliards de dollars dont ils ont désespérément besoin? Est-ce que les Gardiens de la révolution vont pouvoir rester à la manoeuvre en Iran?

Auront-ils une partie du contrôle du détroit d'Ormuz? Comment vont se jouer les relations avec les pays du Golfe? L'Iran, dans ce conflit, a récupéré une place qu'il n'avait jamais complètement perdue de grande puissance régionale.

Ce qu'on voit aujourd'hui, et peut-être que je serai démenti demain, c'est que les Iraniens laissent faire une partie de la communication de D.Trump en disant: "Il joue son truc. On va le laisser faire son anniversaire et pendant ce temps-là, on continue à discuter..." Ce qui se passe est important.

D.Trump dit qu'il a parlé aux Iraniens. Il ne parle jamais aux Iraniens.

Il parlera à des émissaires qataris et pakistanais, aux ambassadeurs à Washington. Eux-mêmes ont des comptes rendus toute la journée des négociateurs qui sont effectivement sur place. Mais il ne parle jamais aux Iraniens. - A.Casse: Pas directement, mais par des intermédiaires. - L.Menget: Qui sont redoutables, notamment les Pakistanais, soutenus par la Chine.

Les Qataris sont les émissaires de toute la région. - A.Casse: Ce sont eux qui ont dit à D.Trump de ne pas frapper fort la région? - L.Menget: Il y a eu une réunion à Washington et une à Riyad.

Des pays du Golfe ont envoyé les Qataris dire...

Il est beaucoup plus proche des Qataris, en ce moment. Ils ont envoyé les Qataris dire à D.Trump "cette guerre, cette reprise des combats, l'intensité qui avait été annoncée, il faut surtout pas". - A.Casse: Question.

De quoi a-t-il eu peur? - M.Khadra: On parlait des pays du Golfe.

Il y a aussi la réunion du quintette: Turquie, Qatar, Pakistan, Arabie saoudite et Egypte. Ce se sont les mêmes pays qui se sont réunis avant la déclaration de la trêve. C'était juste avant Islamabad.

On se disait que le Pakistan était dedans. Le Pakistan a été élu comme pays accueillant les négociations entre Américains et Iraniens. Il y a cette pression de la part de 5 grands pays musulmans, qui essaient de calmer les choses.

Premièrement, au niveau des pays du Golfe, ils ont peur de ces frappes. Ils ont eu des pertes. Dans les déclarations de D.Trump complètement erratiques...

On voit une double peur. Une peur découlant de son inexpertise militaire...

Ce n'est pas un militaire. Il cherche à signer des deals. Une 2e peur: celle de ses partenaires au Moyen-Orient. - J.André: Je pense qu'il y a une stratégie. - A.Casse: Ah! - M.Khadra: Il y a une stratégie, mais il doute beaucoup. - J.André: Je pense que ça ne s'est pas passé comme prévu.

C'est une certitude. Il pensait qu'il allait s'en sortir rapidement. D'après les renseignements israéliens, ça allait très bien se passer.

Maintenant, on est dans une autre phase. Ce sont les Iraniens qui se prennent des bombes sur la figure et pas les Américains, si on parle du peuple lui-même. Il y a une stratégie qui consiste à laisser traîner, pourrir, même psychologiquement, le peuple iranien... "C'est la guerre, c'est plus la guerre"...

Quand il dit que M.Khamenei a accepté sa proposition, qui peut vérifier? Les Iraniens disent que c'est pas vrai.

Il met les Iraniens dans une situation politique intérieure très difficile. Vous êtes un brave Iranien qui a un business, qui voit ses affaires tomber et qui se retrouve dans une situation catastrophique...

Si les Américains disent qu'il y a un deal, ils vont se dire "ça va mieux". Finalement, ça ne va pas mieux...

Ils reviennent en contre-attaque avec leurs 14 points. La question, c'est: est-ce que D.Trump en est vraiment à son anniversaire?

Il a tout à gagner. Si un mémorandum est signé ce week-end, le jour de son anniversaire, à Genève, génial. Sinon, pas grave, on continue, mais on continue à donner signal au marché américain que "attention, c'est la guerre".

Bim, les actions descendent et le pétrole monte. "Ce n'est plus la guerre", donc le pétrole descend et les actions montent. Ce qui sort de l'Iran, c'est: "On en a marre." Comment voulez-vous mobiliser un peuple quand c'est la guerre, ce n'est plus la guerre...

C'est là qu'il y a un autre souci. Quelle est la crédibilité des Américains aux yeux des Iraniens? Les Iraniens vont signer un truc avec les Américains.

Est-ce qu'ils y croient eux-mêmes? Les Israéliens disent "on n'est pas au courant et on n'est pas d'accord avec ce mémorandum". On a une situation...

L'alignement américano-israélien n'est pas clair. Les Iraniens jouent aussi la montre en se disant qu'il y a les midterms. C'est une grande partie de poker avec une horloge sur la table.

Chacun a son horloge et chacun est persuadé que l'autre ne peut pas se permettre de continuer. - A.Casse: Est-ce qu'il y aura un accord ce week-end?

Ca fait 39 fois qu'on se pose la question. Peut-être qu'à un moment, ce sera la bonne. L'Iran a frappé fort en abattant un hélicoptère Apache.

On va vous raconter l'histoire du sauvetage des pilotes américains grâce à un drone marin. - Ca vient de tomber. Le président Trump vient d'annoncer l'annulation d'une nouvelle série de frappes prévue cette nuit. - Malgré ce plan de frappes très puissantes contre l'Iran et la menace de prendre le contrôle de l'île de Kharg, il a décidé de tout annuler. - Hier, énième revirement du président américain.

Le matin même, D.Trump promettait pourtant à la télévision de frapper très fort l'Iran. - D.Trump: Il y aura davantage de bombardements cette nuit.

Ils seront plus importants et encore plus importants. - Il menaçait même de prendre le contrôle total du pétrole iranien en s'emparant de l'île de Kharg. Dernier épisode d'une semaine d'escalade de tensions entre Etats-Unis et Iran.

Téhéran frappe le Koweït et détruit un hélicoptère américain Apache de ce type, à près de 40 millions de dollars, dans le détroit d'Ormuz, à l'aide d'un simple drone Shahed. - P.Hegseth: Les pilotes de l'Apache sont en pleine forme.

Ils ont réalisé un travail exemplaire. Ce sont de grands Américains, incroyablement compétents. - Sauvetage réussi des 2 pilotes opéré par un bateau drone télépiloté comme celui-ci.

En retour, Washington cible un tanker qui tentait de franchir le détroit malgré le blocus. Les Iraniens semblent sortir de la séquence en position de force et posent leurs conditions. Selon une agence de presse officielle, Téhéran entend défendre son droit à enrichir l'uranium.

Une autre agence publie ce qu'elle présente comme un projet d'accord-cadre. 14 points parmi lesquels le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoir iraniens gelés, la réouverture du détroit d'Ormuz sous 30 jours selon les modalités définies par l'Iran et un délai supplémentaire de 60 jours pour parvenir à un accord final portant sur les questions nucléaires. Du côté des officiels, rien n'est confirmé.

Interrogé hier soir à la télévision, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères temporise. *-Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas encore parvenus à une conclusion définitive sur un accord. Il s'agit d'un enjeu très important qui est actuellement examiné par les instances compétentes. - Il y a quelques minutes, le président américain a démenti les informations diffusées par les agences de presse iraniennes. ...

Au coeur des pourparlers, depuis des semaines, le démantèlement du programme nucléaire iranien. Un point que D.Trump disait pourtant avoir réglé il y a encore quelques heures. - D.Trump: Nous avons mis fin à la guerre avec l'Iran aujourd'hui.

Ils ont accepté de ne jamais avoir d'armes nucléaires. C'est quelque chose que nous avons exigé. C'était 95 % de l'accord et ils l'ont fait de la manière la plus puissante qui soit. - Version que Washington maintient à nouveau à l'instant.

Alors que la Coupe du monde vient de commencer et à quelques jours des festivités pour les 80 ans de D.Trump à la Maison-Blanche, le compteur tourne pour le président américain, qui espère toujours pouvoir signer dès ce week-end en Europe un accord dont il a plus que jamais besoin. - A.Casse: Arrêtons-nous sur cette opération iranienne qui a abattu un hélicoptère américain Apache.

Ca aurait pu mener à une reprise de la guerre? - Gal D.Trinquand: J'y crois pas trop.

La guerre, il y a des pertes...

Un hélicoptère qui tombe...

On parle de 1, 2 ou 3 avions...

C'est pas énorme, sur 3 mois de guerre. A chaque fois, on en fait un événement médiatique. Vous vous souvenez de la récupération du pilote?

Ils ont perdu 4 ou 5 avions pour récupérer un pilote. On en fait un truc médiatique, avec des opérations incroyables et remarquables, y compris celle-là. Pour la 1re fois, on voit un drone marin venir récupérer les pilotes.

C'est extraordinaire. On en parlait beaucoup pour l'Ukraine. On ne savait pas trop que les Américains...

De plus en plus, on voit, entre le drone marin et le drone qui a descendu l'avion...

On s'aperçoit que les éléments automatiques, pilotés, prennent de plus en plus de place dans la guerre. Mais je ne pense pas qu'un incident de ce type amène...

C'est une bonne excuse pour faire quelques frappes sur des radars, sur des sites... - A.Casse: Je me projetais sur la mort éventuelle des soldats américains.

Dans le "Wall Street Journal", la semaine dernière, on nous disait que dans les conditions d'une reprise de la guerre, il y avait la mort de soldats américains. - Gal D.Trinquand: Je n'y crois pas trop.

Trump ne raisonne pas là-dessus. Quand il y a eu des morts sur les bases, il a fait, pour la 1re fois, des cérémonies... - A.Casse: On était dans la guerre ouverte, encore. - Gal D.Trinquand: Oui.

Qu'il y ait des pertes...

Là où je pense que ceci a un impact important et c'est pour ça qu'actuellement, il est dans une impasse, c'est le fait qu'il n'envoie pas de troupes au sol. La semaine dernière, on parlait de Kharg. Il y a une brigade au Koweït qui pourrait être employée pour reprendre l'île de Kharg, mais ça veut dire des pertes au sol.

Les "body bags" qui reviennent, une dizaine, une vingtaine, ils n'en veulent pas. Le jour où le président Trump décidera de faire ça, il faudra mobiliser beaucoup plus de soldats qu'actuellement. Il prendra un risque social considérable. - A.Casse: Que sait-on du sauvetage de ces pilotes américains?

Ils sont dans cet hélicoptère Apache. Il leur est impossible de s'éjecter. - L.Menget: On ne s'éjecte pas d'un hélicoptère, à la différence d'un avion.

Il y a des pales au-dessus. Ce serait une condamnation à mort immédiate. L'appareil s'est écrasé en mer.

Ce sont des procédures d'urgence qu'ils maîtrisent parfaitement. L'hélicoptère n'a pas été détruit en vol, mais il a perdu sa capacité à voler. Un hélicoptère, ça ne plane pas, mais il y a des procédures qui permettent un amerrissage le moins brutal possible et des procédures répétées d'extraction dans l'eau.

C'est extrêmement compliqué, mais ils sont très entraînés à ça. L'hélicoptère se retourne et il faut pouvoir ouvrir les portes, sortir de son siège et réussir à sortir. Les procédures ont été parfaitement respectées.

L'histoire aurait été différente si les 2 pilotes...

Ca fait partie des risques de la guerre, mais en l'occurrence, il y a encore une fois un aspect héroïque. - A.Casse: Vous êtes déjà monté dans un tel appareil? - L.Menget: En Irak et en Afghanistan, oui.

Les Apache volent rarement seuls. Il y avait un 2e hélicoptère qui a vu ce qui se passait. Les pilotes d'hélicoptères, quand ils sont dans l'eau, leurs moyens de communication sont perdus.

Il faut que quelqu'un signale leur position. Le 2e hélicoptère a signalé leur position en mer. C'est là qu'est intervenu, pour la 1re fois dans l'histoire connue, un sauvetage mobilisant uniquement un drone naval.

Ca évite les surpertes si les Iraniens avaient décidé de continuer à tirer. - A.Casse: La nuit est tombée. - L.Menget: Ils ont passé 1 heure 30 ou 2 heures dans l'eau.

Ce sont des eaux relativement chaudes. Ils pouvaient tenir longtemps. Ils sont très entraînés.

La grande surprise, c'est qu'on leur envoie un drone marin. - A.Casse: Piloté à distance? - L.Menget: Oui, depuis les airs, le sol, depuis 1000 km, depuis un avion équipé de moyens de transmission...

Ils sont montés dans ce bateau sans pilote et le bateau est revenu sur une base ou un bateau américain. L'histoire ne l'a pas dit. Une fois de plus, les Américains...

Perdre un hélicoptère, ça fait partie des risques. Un hélicoptère qui en vaut 40 ou 50 millions a été touché par un drone à 50 000 dollars. Il y a toujours ce décalage.

Les Américains peuvent assumer ce genre de pertes. En revanche, c'est une démonstration de l'immense technicité américaine, de leur supériorité militaire, y compris dans des catastrophes et des crashs. Les 2 pilotes sont rentrés sains et saufs et ils seront décorés d'une très belle médaille américaine pour un acte de bravoure. - A.Casse: Un haut responsable américain dit que c'est un miracle.

Ca fait partie du récit de la guerre? - L.Menget: Les Américains aiment beaucoup les belles histoires, en particulier D.Trump.

C'est presque encore plus spectaculaire que pour les pilotes de chasse. C'est un apprentissage des Ukrainiens. Les drones navals, les Américains, les Français en ont, mais la capacité est déployée sur des théâtres d'opérations.

C'est ce que les Ukrainiens font. - A.Casse: Qu'est-ce que ça montre des capacités iraniennes?

Apparemment, ils ne visaient pas spécifiquement l'appareil. - Gal D.Trinquand: Ce qui me surprend, c'est que le rôle de l'hélicoptère, c'était d'abattre des drones.

C'est un peu surprenant. C'est un éclat du drone dans sa course qui a frappé le cockpit de l'hélicoptère. Ca veut dire que l'action militaire dans le détroit d'Ormuz...

Les Iraniens sont toujours présents. Les Iraniens sont toujours présents et ils le font. Ils tiennent toujours ce détroit d'Ormuz, qui était libre avant le 28 février.

Maintenant, il est pris en tenaille, avec les Iraniens qui veulent faire payer des droits de douane, des "services pour navigation", comme ils disent...

Au passage, j'ai découvert que dans le Bosphore, depuis 1930, c'est la règle. On peut se poser la question pour le détroit d'Ormuz. Même si, dans le détroit d'Ormuz, il y a 2 Etats, alors que dans le Bosphore, un seul.

Le détroit est pris en tenaille entre les moyens militaires iraniens, qui restent présents, et les Américains. On l'a bien vu avec les bateaux qui ont été tirés hier. Les Américains veulent maintenir le blocus. - A.Casse: Question. - M.Khadra: On ne sait pas vraiment s'ils reconstituent leur armement.

Beaucoup d'usines De sidérurgie ont été frappées dans le cadre des 13 000 cibles. Des rampes de lancement ont été neutralisées. On sait qu'il y a à peu près un tiers du stock de missiles balistiques qui est maintenu par les Iraniens.

En termes de ressources financières, on peut très bien parler d'un étranglement économique du régime. Même au niveau du détroit d'Ormuz, quand les Iraniens ou les Gardiens de la révolution ont pu obtenir certains droits de péage par cryptomonnaies, la semaine dernière, il y a eu un nouveau bouquet de sanctions du Trésor américain contre les chaînes de cryptomonnaies dont bénéficieraient les Gardiens de la révolution. Il y a une politique générale d'étranglement, en passant par le contre-blocus, les sanctions sur la flotte fantôme, qui existe déjà depuis longtemps.

Il ne faut pas oublier les sanctions européennes qui ont été déclenchées, avec la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, on peut pas vraiment parler de reconstitution de l'arsenal militaire. - A.Casse: C'est intéressant de voir à quel point les 2 camps essaient de nous dire "s'il y a un vainqueur, c'est moi".

On a parlé de cette démonstration de force faite par les Iraniens. D.Trump raconte aux journalistes qu'il y a eu une mission secrète, le mois dernier, qui a permis de sortir 2 millions de barils via le détroit d'Ormuz. ...100 millions de barils via le détroit d'Ormuz. - J.André: Il semblerait qu'ils aient réussi à faire passer un certain nombre de bateaux.

Une fois de plus, je pense qu'il s'adresse au marché, en disant "on est capables de faire passer du pétrole". Le fait est que les Iraniens ont besoin de dire qu'ils sont en train de gagner. Les 2 camps voudront le dire.

Il n'y a pas eu de victoire décisive américaine. Pour l'instant, les Américains sont dans l'impasse. Certes, il y a cette stratégie de pourrissement, mais pour l'instant, si on prend le constat, il y avait un détroit ouvert, il est fermé.

Il y avait un régime en place, il l'est toujours. Les Iraniens tiennent. Ils continuent à faire des dégâts.

Des tirs sont partis d'Iran. Ca continue de fonctionner. Il y a toujours cette pression des Iraniens pour que le Hezbollah fasse partie des négociations et de ce mémorandum.

Les Iraniens peuvent dire qu'ils ont tenu. Ils tiennent le détroit d'Ormuz. Ca va être très compliqué de leur faire lâcher.

Quand bien même il n'y aurait pas de péage stratégique, ils tiendraient toujours le détroit d'Ormuz. Avec quelques lance-missiles, vous tenez le détroit d'Ormuz. Personne ne prendra le risque de passer si vous dites que vous allez tirer sur les tankers. - Gal D.Trinquand: Tous les armateurs sont prêts à payer.

C'est pas vraiment un sujet. La propagande iranienne placera évidemment la victoire qu'ils ont par rapport aux Américains. Trump pourra faire le show qu'il veut pour dire qu'il a gagné.

Pour nous tous, c'est un échec majeur américain. La puissance américaine, stabilisatrice dans le monde, a reconvoqué une guerre qu'elle n'est pas capable de gagner. Le meilleur exemple, ce sont les images de monsieur Trump en Chine.

Devant monsieur Xi, c'était un petit bonhomme. Il avait perdu. Pour nous tous, on a beau ne pas aimer monsieur Trump, on aura peut-être pas voté pour lui, cette alliance transatlantique était un facteur de stabilisation.

Le stabilisateur maximum n'arrive pas à se récupérer. - A.Casse: J'aimerais parler de révélations qui sont importantes et dont on ne parle pas en France.

Les derniers soubresauts de l'affaire Epstein, des révélations du "New York Times"...

Certains font le parallèle avec le Watergate. - L.Menget: On n'en est pas là, encore.

Ce sont des révélations importantes du "New York Times" aujourd'hui. Ce sont des extraits d'une très grosse enquête qui va être publiée par la presse américaine, notamment le "New York Times". Ca raconte une réunion de crise l'été dernier, une série de réunions de crise, au moment où la Maison-Blanche s'aperçoit que des listes de noms vont sortir, des listes de "clients", comme ils disent, qui sont des gens qui ont bénéficié des largesses, des générosités du milliardaire Epstein.

On comprend que la Maison-Blanche s'organise autour de 2 personnes essentiellement, pas forcément en présence de D.Trump...

J.D.Vance et S.Wiles, la directrice de cabinet de la Maison-Blanche, une très proche de D.Trump.

C'est la panique. Ils se sont rendu compte que ça peut faire vaciller la présidence Trump. La personne qui apparaît la plus fragilisée dans cette enquête, c'est J.D.Vance.

Il espère être l'incarnation future du monde MAGA. Il est le plus proche du monde MAGA idéologiquement, beaucoup plus que D.Trump.

Il se voit comme l'héritier. Il espère capitaliser sur cet héritage, une Amérique populaire, bien-pensante, contre toute forme d'orgie sexuelle ou morale. J.D.Vance apparaît comme le pire bureaucrate américain paniqué, qui organise l'étouffement d'une affaire.

Au début, il dit "il faut qu'on soit transparents", mais c'est une manoeuvre. Il se rend compte que toute la presse va sortir l'histoire. Les révélations sont spectaculaires.

Il envisage de faire publier par le Congrès pour que la presse soit prise de court. Il apparaît comme un gigantesque manoeuvrier et donc comme un politicien très habile qui va mentir au monde MAGA pour protéger D.Trump.

Cette histoire, je pense, ne va pas fragiliser Trump. Quand on compare au Watergate, il faut être très prudents. C'est une autre ampleur et ça concernait directement un président qui avait menti... - A.Casse: Vous parlez de la Maison-Blanche qui essaye d'étouffer une affaire. - L.Menget: Avec tous les moyens, une réunion avec le procureur... - A.Casse: Dans la situation room. - L.Menget: Tout ça se passe dans une salle de guerre, là où D.Trump et ses chefs d'état-major prennent des décisions militaires.

Je pense qu'il apparaît comme quelqu'un qui a tenté de manipuler l'opinion. Quand le monde MAGA va s'approprier cette histoire qui sort dans le "New York Times", c'est-à-dire son opposé...

J.D.Vance et son équipe envisagent de faire interviewer G.Maxwell par T.Carlson, un des podcasteurs les plus proches du monde MAGA, dans sa prison.

Si elle accepte, elle aurait des conditions de détention beaucoup plus agréables. Vous imaginez que le vice-président des Etats-Unis demande au ministre de la Justice s'il est possible d'envoyer un copain de Trump pour interroger quelqu'un en prison? Surtout, à condition qu'elle dise...

Le "New York Times" explique que J.D.Vance veut qu'elle dise que D.Trump n'a rien à voir avec cette affaire. - A.Casse: Là, c'est écrit noir sur blanc, c'est le fruit d'une enquête de plusieurs mois.

Il s'agit de décortiquer plusieurs réunions qui ont eu lieu à la Maison-Blanche l'été dernier. On s'est demandé si la guerre en Iran était une diversion pour étouffer cette affaire. Est-ce qu'on est en train de recoller les morceaux? - J.André: On le saura peut-être un jour.

Les dossiers sont complètement caviardés. Pour moi, cette histoire d'Epstein, c'est un cours magistral en noyage de poisson. C'est extraordinaire, la manière dont Trump a géré ça.

Durant la campagne, il a dit "je vous dirai tout". Finalement, il a dit "on va attendre un peu". On va avoir un 1er lot de révélations.

Il n'y a rien, dans ces dossiers. Toutes les photos potentiellement intéressantes sont grisées. Il y a des têtes qui tombent.

Il y a des choses qui sont sorties. L'histoire de B.Gates est très intéressante.

Il a été entendu par le Congrès sur cette affaire. Il raconte comment il a été mis en relation avec Epstein. Dans un premier temps, il dit qu'il aurait dû faire des recherches pour savoir ce qu'Epstein avait fait.

Finalement, il ne fera pas de business avec Epstein. Epstein le menace en disant: "Si vous prenez de la distance avec moi, je vais vous dénoncer pour ce que vous avez pu faire en matière de relations extraconjugales." Il raconte que ça a détruit son mariage. "Je regrette amèrement de m'être approché de ce monsieur." Ca montre aussi la technique d'Epstein.

Je pense que la Maison-Blanche a joué...

C'est le fruit de ces réunions. "On va balancer une pile de documents." Le site est inutilisable.

A chaque fois qu'on regarde quelque chose, il faut revenir en arrière, se re-logger. C'est impossible à exploiter. Il y en a pour des mois, sinon plus, pour trouver quelque chose.

Vous trouvez de tout, là-dedans. - A.Casse: On n'a pas encore fini de tout lire, aujourd'hui.

On va s'arrêter sur d'autres révélations qui, cette fois-ci, nous ramènent vers la guerre en Iran. On se demande comment B.Nétanyahou va réagir, alors que le projet d'accord serait sur le point d'être signé entre l'Iran et les Etats-Unis.

On a vécu, ces derniers jours, les coulisses d'une conversation explosive entre les 2 hommes, qui a fuité dans la presse. Le Premier ministre israélien aurait dit cette semaine à son gouvernement: "Nous ne sommes pas subordonnés aux Américains. Nous sommes leurs alliés." - Rien ne va plus entre D.Trump et B.Nétanyahou.

Le président américain tient à le faire savoir. ... - Le président Trump a précisé ceci au "Financial Times". - Il tient manifestement à préciser qui, selon lui, tient les rênes dans cette relation. - D.Trump veut montrer qu'il reprend la main, alors que la situation semble lui échapper.

Le week-end dernier, Téhéran menace de frapper Israël si l'Etat hébreu poursuit ses bombardements au Liban. En vain. L'Iran lance alors une trentaine de missiles balistiques sur Israël.

La fin de 2 mois d'accalmie entre les 2 pays. Pour tenter de freiner l'escalade, Trump exhorte B.Nétanyahou à ne pas riposter, mais rien n'y fait. - B.Nétanyahou: Je vous le dis, chers citoyens d'Israël, comme je le dis avec estime et respect dans mes excellents échanges avec mon ami, le président Trump.

Avec unité, détermination et raison, nous défendrons l'Etat d'Israël. - Le président américain tente de garder la face. Il fait même la leçon à B.Nétanyahou sur sa manière de faire la guerre. - D.Trump: Je ne suis pas d'accord avec lui sur certains points.

J'aimerais voir le Liban avoir une meilleure vie. J'aimerais voir une attaque plus chirurgicale contre le Hezbollah. Je pense qu'elles devraient être plus chirurgicales.

Nous pouvons les aider dans ce domaine. - Un bras de fer, car les objectifs divergent. B.Nétanyahou veut affaiblir le plus possible Téhéran et ses proxys.

Trump veut, au contraire, s'extirper au plus vite du conflit. Seule concession de l'Etat hébreu: ne plus frapper Beyrouth, mais les bombardements au sud du Liban n'ont pas cessé, comme ici, à Tur. ...Tyr. - Nous espérons que les choses vont se calmer et qu'il n'y aura plus d'escalade de part et d'autre. - L'acharnement d'Israël met encore plus D.Trump sous pression car sa guerre n'est soutenue que par un quart de l'opinion américaine.

Au sein de la sphère MAGA, certains le soupçonnent d'être la marionnette du Premier ministre israélien. - T.Carlson: Comment est-ce que ça s'est produit?

D.Trump était-il un agent dormant oeuvrant pour le compte de B.Nétanyahou, tout en se faisant passer pour un patriote américain?

C'est possible. - L'alliance D.Trump-B.Nétanyahou survivra-t-elle à des accords?

Aucune raison d'en douter pour l'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis. - Il arrive que les amoureux se disputent. Ils peuvent parfois avoir des échanges un peu vifs, mais ça ne remet pas en cause leur amitié.

Il n'y a aucun autre pays au monde qui ait autant combattu aux côtés des Etats-Unis qu'Israël. - 60 % des Américains auraient une opinion négative de l'Etat hébreu contre 53 % l'an passé. - A.Casse: Vous étiez en Israël quand des déclarations ont été annoncées par la presse.

Comment ont réagi les uns et les autres? - L.Menget: C'était la une de tous les journaux.

Jamais dans l'histoire des relations israélo-américaines il n'y a eu autant de violence affichée. C'est D.Trump qui l'a raconté.

D.Trump ne veut pas être accusé d'être une marionnette dans les mains de B.Nétanyahou.

Pour B.Nétanyahou, ça a un effet dévastateur. B.Nétanyahou et Trump se sont toujours présentés comme des vieux copains.

Ca ne veut pas tout dire de leurs relations. D.Trump dirige les Etats-Unis.

Sans les Etats-Unis, l'armée israélienne est en grande difficulté. Ils le savent très bien. B.Nétanyahou ne peut pas jouer sur cette corde.

Il ne peut pas répondre de cette manière à D.Trump. B.Nétanyahou est en campagne électorale pour des élections qui auront lieu au plus tard en septembre prochain.

La classe politique israélienne...

Le pays est très divisé. La classe politique s'est engouffrée dans la brèche, notamment 2 candidats importants. Ils ont tous les deux dit dans l'heure qui a suivi: "Ce n'est pas un chef de guerre.

Un chef de guerre ne peut pas se faire traiter de cette manière par un président américain. C'est une humiliation, pour nous." Ca réveille tout un tas de questionnements en Israël.

La société israélienne se questionne énormément. Tout le monde soutient la guerre, en Israël. C'est l'existence même d'Israël qui est menacée face au Hezbollah.

Il y a un point commun entre B.Nétanyahou et Trump. Ce ne sont pas des militaires.

Trump n'est pas un militaire. B.Nétanyahou n'a jamais fait de carrière militaire, comme la plupart des dirigeants israéliens.

Pour beaucoup d'Israéliens, il y a ce sentiment...

B.Nétanyahou est un homme adoré par une grande partie de la population. Est-ce qu'en temps de guerre, il est le bon pour diriger le pays? - A.Casse: Je vous vois réagir quand Lucas dit que ce ne sont pas des militaires. - Gal D.Trinquand: La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires, comme disait Rousseau.

Qu'ils ne soient pas des militaires, ce n'est pas un sujet... - L.Menget: Beaucoup de dirigeants l'ont été en Israël. - Gal D.Trinquand: Ils ont tort.

En revanche, qu'il écoute les militaires, c'est un autre sujet. On sait que Trump n'écoute pas les militaires. Il y a un vrai problème.

Sur cette difficulté entre les 2 personnages...

Je comprends la colère de Trump. Il dit: "Bibi, tu m'as entraîné dans un truc et on allait régler le problème rapidement. Tu ne m'aides pas, sur ce sujet, parce qu'en plus, tu tapes au Liban et c'était pas prévu dans notre plan." Je comprends qu'il soit un peu fâché.

Ca met B.Nétanyahou dans une situation difficile. Le président américain est dans une situation difficile aux Etats-Unis.

De plus en plus d'Américains sont anti-israéliens car ils ne comprennent pas dans quel guêpier on les a amenés. - A.Casse: B.Nétanyahou détaille une conversation avec D.Trump. "D.Trump m'a demandé: 'Est-ce qu'on a tué des gens?' Je lui ai dit non." "Nous ne sommes pas subordonnés aux Américains, nous sommes leurs alliés." - J.André: Tous les deux jouent une forme de crédibilité politique dans le pays.

Vous auriez pu prendre des extraits de Joe Rogan. Il dit: "Comment se fait-il que ce soit le Premier ministre israélien qui lance les Américains dans la guerre et pourquoi on perdrait des soldats américains pour aller faire la guerre d'Israël?" C'est toute la sphère MAGA qui est partie dans sa direction.

D.Trump a besoin de montrer que c'est lui, le patron. De manière diamétralement opposée, mais égale, en Israël, il y a le même problème pour B.Nétanyahou.

Il se voit reprocher de stopper les offensives au Liban quand les Américains lui demandent alors qu'il n'a pas atteint ses objectifs avec l'Iran. Si l'accord se fait aujourd'hui tel qu'il est sur l'Iran, c'est une catastrophe pour B.Nétanyahou.

Ce n'est pas ce qu'il voulait faire. Il va potentiellement perdre les élections. - A.Casse: Déclaration du Premier ministre pakistanais: "Un accord sur un texte de paix a été atteint." Je vous vois tous avoir une réaction particulière.

On sentait que c'était en train de s'accélérer. Là, on a une déclaration du Premier ministre pakistanais qui semble affirmer, sûr de lui, que l'accord de paix a été trouvé. - L.Menget: Ce sont eux qui sont à la manoeuvre.

Contrairement à ce qu'on disait sur les coups de com'des Iraniens et des Américains, qui jouent une communication politique, si ça vient des Pakistanais, qui sont au coeur de la négociation avec les Qataris, avec le soutien de la Chine derrière...

Si ça vient des Pakistanais, on peut le prendre avec plus de sérieux. Il faut être très prudents, parce qu'on peut être démentis dans quelques heures. Le fait que ça vienne des Pakistanais, c'est le signal le plus important.

Ca va être guetté depuis Israël. Si, dans cet accord, il y a le fait que les Israéliens doivent cesser les bombardements au Liban, pour les Israéliens en tant que tels et pour B.Nétanyahou, d'un point de vue politique, ce sera compliqué. - A.Casse: C'est cette question. - Gal D.Trinquand: Je reviens sur le terme "accords de paix".

C'est très lourd. C'est gigantesque. J'y crois pas trop. - A.Casse: "Un accord sur un texte de paix a été trouvé." - Gal D.Trinquand: Sur un texte qui permettrait éventuellement de négocier la paix...

On parlait du Liban. C'est essentiel. Les Iraniens ont bien compris comment ils allaient mettre B.Nétanyahou et Trump sur ce sujet...

J'ai été au Liban. Je me suis occupé du déploiement de la force en 2006. Ils n'ont toujours rien compris.

Chaque fois, ils y vont, ils tapent et ils repartent. On a des questions à se poser sur ces guerres asymétriques. Souvenez-vous de nos applaudissements lorsque le Hezbollah a été décapité avec l'affaire des bippeurs.

Regardez le Hezbollah aujourd'hui. Il fait toujours la guerre. Pareil en Iran.

Le Guide suprême a été supprimé. L'Iran continue à faire la guerre. On doit se méfier de la capacité de nuisance du régime des Pasdaran, qui pilotent aussi le Hezbollah et houthis... - A.Casse: Au début des missions, on n'avait pas tous les éléments qu'on a maintenant.

On se disait que pour une énième fois, D.Trump dit qu'un accord de paix est sur le point d'être trouvé. On a vu cette déclaration de la diplomatie américaine dans le même temps, qui s'avançait plus que d'habitude en nous disant: "Un accord n'a jamais été aussi proche." J'ajoute la déclaration du Premier ministre pakistanais.

Est-ce que ça permet de comprendre un peu mieux ces avions américains qui pourraient aller en Europe? On peut dire que ce sera signé en Europe ce week-end? - M.Khadra: Il faut rester très précautionneux sur cette question.

Je rejoins les autres sur cette nomenclature d'accord de paix. Il ne s'est jamais agi d'un accord de paix. C'était un mémorandum, une feuille d'entente, voire une feuille de route préparant d'éventuelles négociations sur le nucléaire.

Cette déclaration du Premier ministre pakistanais, je trouve qu'elle désarçonne un peu. On a vu que D.Trump est monté sur ses grands chevaux en disant que les Iraniens ne négocient pas de bonne foi. "C'est incroyable..." il y avait ce message très sulfureux sur Truth Social.

Les Iraniens ripostent avec beaucoup de calme à travers le ministre des Affaires étrangères en disant qu'on n'a jamais été aussi proche d'un deal. Ca aurait pu presque être attribué à D.Trump.

Là, les Pakistanais...

Il ne faut pas se fier à ce qui peut être exprimé par les médiateurs pour une simple raison. Il y a eu un épisode il y a quelques semaines quand les Iraniens ont attribué aux Qataris le fait que les Qataris, qui sont aussi des médiateurs, ont accepté de débloquer 12 milliards de dollars. Les Qataris avaient dit: "Non, ce n'est pas vrai." Il se peut qu'il y ait une main iranienne dans cette proposition ou dans cette déclaration pakistanaise.

On n'en est pas encore là, à un accord. - J.André: Si ça se signe...

Je pense que c'est pas impossible. Souvenons-nous, c'est un mémorandum d'accord. Un nouveau compte à rebours démarre.

Tout le monde s'achète 60 jours. Les Américains, pour essayer d'obtenir un truc suffisamment gros qui puisse être vendu au peuple américain comme une victoire. Les Iraniens ont 60 jours pour essayer d'en tirer quelque chose.

Les Israéliens vont se donner 60 jours pour continuer la guerre ou pour torpiller l'accord, ce qui est probablement leur objectif...

Tout le monde est reparti. On signe symboliquement, on discute, mais on se donne 60 jours. Toutes les occasions vont être bonnes pour tous les joueurs autour de la table de pousser leurs pions. - A.Casse: Pourquoi c'est le Premier ministre pakistanais qui annonce cet accord?

à lui de le dire? Il précise maintenant qu'il travaille avec les 2 parties pour finaliser les étapes suivantes. C'est une façon de nous dire "ce n'est qu'une étape, on va vers de nouveaux 60 jours de discussions"?

C'est une façon de donner la mesure de cette étape qui a été franchie, qui n'est pas si considérable que ça? - J.André: C'est considérable.

On commence à discuter sérieusement. Par rapport au texte...

Ce texte diffusé par Axios est intéressant. "On ouvre le détroit, tout le monde se met d'accord pour l'ouvrir..." Les Américains disent qu'ils vont lever les sanctions sur le pétrole.

Les Iraniens veulent une levée partielle des sanctions. Les Américains disent: "On va discuter des modalités." Ce n'est pas retiré de la table.

On a les Iraniens qui récupèrent un peu de cash. On a pour la première fois quelque chose de crédible. On n'est pas sur un commando avec des pelleteuses qui irait chercher de l'uranium enrichi iranien.

On est sur monitoring international, On prend cet uranium et on le dilue. On est sur quelque chose de crédible. Quand vous dites "on va envoyer l'AIEA et on va faire disparaître cet uranium", ça devient crédible.

Tout le monde va se méfier de tout le monde. Il y aura la composante israélienne. - A.Casse: Qu'est-ce que ça change?

Vous allez voir notre reportage sur le rôle que nous jouons, les Français, au Moyen-Orient. Est-on condamnés à être les spectateurs d'un conflit dont nous subissons les conséquences? Vous allez voir comment l'armée française chasse les drones. - Ce sont 2 gardiens du ciel au Moyen-Orient.

L'un pilote un avion de chasse Rafale. L'autre, un hélicoptère Tigre. Leur mission: protéger les pays alliés, détruire les drones Shahed lancés par l'Iran dans la région. - On est partis sur l'est.

Un état d'esprit à la fois d'excitation, mais aussi d'incertitude sur ce qu'on allait rencontrer. - Ces drones ont une taille conséquente, jusqu'à 3 m. C'est semblable à un petit avion d'aéroclub.

Ils sont armés d'une charge explosive qui peut atteindre plusieurs dizaines de kilos. - Le nombre exact de drones abattus est tenu secret par les armées. - On lève la sécurité et on déclenche le tir. - Pour le lieutenant Enzo, tirer un missile Mica n'est pas compliqué, mais il faut quand même se méfier. - Il faut pas trop se rapprocher.

Quand le drone explose, c'est une grosse boule de feu avec des éclats dans tous les sens. La difficulté et le but, c'est de rester en dehors de cette sphère pour ne pas risquer d'endommager notre matériel. - Il n'utilise pas de missiles, mais le canon à l'avant de son hélicoptère Tigre. - Le Tigre n'a pas de radars.

Nous faisons ça exclusivement de nuit. C'est grâce à la caméra thermique. Egalement grâce à nos jumelles de vision nocturne.

C'est relativement gros. Vous êtes dans l'immensité du ciel. On a l'habitude de dire que dans la caméra, on regarde dans une paille.

On a différents niveaux de zooms. On peut facilement passer à côté de quelque chose. - Les drones volent à basse altitude.

C'est un défi. Les alertes s'enchaînent pendant plusieurs semaines. Une pression pour les pilotes. - C'est une mission assez longue.

Il ne faut pas relâcher la concentration. Il peut très bien ne rien se passer pendant plusieurs heures et à 2 minutes de rentrer, il y a une détection. Il y a une technicité de pilotage requise.

On est à proximité du sol. Une erreur pourrait être fatale. - On est concentrés.

Il y a de l'adrénaline. On a un rôle important. Tel ou tel drone qu'on ne va pas détruire va peut-être tomber et faire des victimes, civiles ou militaires. - Des centaines d'appareils militaires peuvent être dans les airs au même moment: avions alliés, missiles ou drones hostiles.

Autant de risques d'erreurs. Sur ces images, la hantise de tout pilote: le Koweït a abattu 3 avions de son partenaire américain au début de la guerre. - Ca a été un doute qu'on a eu au début.

C'était un des risques, le tir fratricide. Le profil de vol d'un hélicoptère peut se rapprocher du profil de vol d'un drone. On avait des procédures pour nous identifier.

Ca a essuyé tous les doutes qu'on avait pu avoir. On décolle en toute sérénité. - Le lieutenant Enzo, 26 ans, a eu là-bas son baptême du feu.

Son engagement a pris un sens particulier. - C'est la concrétisation de plusieurs années de formation. C'est la première fois que toute notre formation, ça sert à quelque chose et qu'on se sent utiles.

Il y a un avant et un après. Même si ce qu'on fait à l'entraînement se rapproche au plus près de ce qu'on fait en opérations extérieures, c'est jamais la même chose. - Des militaires français sont toujours présents au Moyen-Orient.

Les armées annoncent avoir détruit un drone dans la région ce matin. - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - L.Menget: Ces jours-ci, on a l'impression qu'ils le sont.

Ca ne veut pas dire qu'ils le seront toujours et qu'ils le seront dans les négociations, mais ils ont parfaitement compris la manière dont fonctionnait D.Trump. Si l'information que vous donniez Tout à l'heure se confirme, que les Pakistanais annoncent qu'il y a possibilité d'accords sur un texte de paix, que les C-17 envoyés à Genève ne sont pas envoyés pour rien et que D.Trump va signer un accord le jour de son anniversaire...

Et le vôtre, au passage. - A.Casse: Ca compte moins. - L.Menget: Ca veut dire que c'est très important pour D.Trump.

Ils ont parfaitement compris sa psychologie. Ce jour-là est un jour de victoire pour D.Trump.

D.Trump ne fait pas de la stratégie à long terme. Si des négociations commencent à Genève...

Les Iraniens sont des spécialistes de la négociation. Ils vont s'installer avec 80 négociateurs à Genève. C'est parti pour des mois de négociations.

Est-ce que le détroit d'Ormuz va être rouvert ou pas? C'est la question, pour D.Trump. - A.Casse: Est-ce que ça y est, D.Trump a son cadeau d'anniversaire? - M.Khadra: Pas encore.

Il ne faut pas qu'il se réjouisse trop rapidement. Ce n'est pas exclu qu'on arrive à un mémorandum. Ca reste très difficile.

On parlait de l'Iran. Est-ce que c'est vraiment les gagnants de la mise? Au moment où on commencera sérieusement à négocier, ce seront les Iraniens qui seront perdants.

A chaque fois où ils sont mis devant leurs responsabilités par les Européens, l'AIEA, ils se trouvent de plus en plus coincés. Ils ne peuvent pas réduire les conditions et les exigences de la communauté internationale. Ce qui leur permet cette petite marge de manoeuvre qui donne l'impression qu'ils ont gagné, c'est la trêve annoncée par D.Trump, qui leur donne un temps long pour qu'ils exercent leur chantage communicationnel. - A.Casse: On sait qu'il y a cet accord sur un texte de paix qui a été atteint, selon le Premier ministre pakistanais.

On ne sait pas si ce sera signé ce week-end et à quel point le déblocage du détroit d'Ormuz sera immédiat ou pas. - J.André: Les Iraniens ont fait savoir qu'ils voulaient du cash immédiatement à la signature. - A.Casse: 12 milliards dès le début, selon l'accord qui a fuité... - J.André: Peut-être que ce sera 12 milliards, mais la question, c'est: si la victoire de D.Trump était de rouvrir le détroit d'Ormuz, que les Iraniens repartent avec du cash, la promesse de lever des sanctions et qu'on négociera après sur le nucléaire, ça ressemble à ce que les Iraniens sortent de la guerre de manière intéressante.

On va voir ce que vont donner ces négociations. Est-ce que le détroit d'Ormuz est ouvert lundi? J'en doute. - A.Casse: Est-ce que le fait que ce soit l'anniversaire de D.Trump va compter? - J.André: Non...

Sans doute que dans l'administration, ils se disent que ce serait super. Ca lui ferait plaisir. S'il peut avoir son match de MMA sur la pelouse et savourer le fait d'avoir signé quelque chose, il sera très content.

S'il arrive en Europe au G7 en ayant signé quelque chose...

C'est tout bénef pour lui. C'est bon pour lui, s'il arrive à le faire ce week-end. - A.Casse: Question. - M.Khadra: C'est la grande inconnue dans cette équation.

C'est un peuple complètement marginalisé. On a vu les images choquantes de tresses de cheveux à la frontière entre l'Iran et l'Arménie, laissant planer le doute sur des tortures exercées sur les femmes iraniennes. Il y a toujours la peine de mort appliquée contre les opposants.

Il y a une telle opacité sur la couverture de ce conflit sur le terrain, qu'on n'a pas beaucoup d'informations sur ce peuple meurtri. - Gal D.Trinquand: C'est là qu'on revient sur la victoire de la République islamique d'Iran: garder un pouvoir de nuisance.

Quel que soit l'accord, ils auront gardé le pouvoir, le peuple iranien continuera à souffrir, ils auront une capacité de nuisance avec leurs fameux proxys, car ils n'ont pas été neutralisés. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: C'est une évidence.

Il faut qu'on fasse les diagrammes des différentes annonces et des gains que sa famille peut gagner dans cette affaire. C'est une évidence. Une enquête est en cours sur le sujet. - A.Casse: Ca permet de comprendre certaines de ses déclarations? - L.Menget: La presse américaine se demande si ses 39 déclarations n'ont pas permis