Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 5 février 2021 8 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSanté

Patrick Martin : "Les chefs d'entreprise n'ont qu'un intérêt, que la santé du pays soit bonne"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse partielle

    Bonjour Patrick Martin.

  • 0:22OuverteRéponse partielle

    Vous représentez une partie du patronat, vous êtes président délégué du MEDEF.

  • 0:25RelanceRéponse directe

    On a quand même l'impression que vous vous êtes fait un peu gronder par la ministre hier soir. Vous n'avez pas assez incité les entreprises que vous représentez à passer au télétravail ?

  • 0:58RelanceRéponse directe

    Et pour vous, ce n'est pas la faute des entreprises, c'est plutôt, voilà, ça vient des salariés qui ne veulent pas télétravailler ?

  • 1:29RelanceRéponse directe

    Dans l'étude quand même sur laquelle s'appuie le gouvernement, 16% des salariés expliquent qu'ils ne peuvent pas télétravailler parce que c'est leur employeur qui refuse. Il y a quand même une part de responsabilité de certaines entreprises.

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Et comment faire alors pour rendre ce télétravail plus important, plus répandu ? Qu'est-ce que vous comptez faire dans les prochains jours ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Il y a un phénomène de lassitude et puis de distanciation qui s'est opéré au fil des semaines de la part des salariés autant et plus que de la part des entreprises. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « Nous, dès l'annonce des mesures de vendredi soir pour le Premier ministre, on a renvoyé un signal à nos adhérents, »
  • 1:40Invité politiqueChiffre
    « Non mais c'est très à charge, ça. Il y en a quand même 84% qui disent le contraire. »
  • 1:51Invité politiqueChiffre
    « Nous, on a 173 000 adhérents. Je suis très affirmatif pour vous dire qu'au moins à 84% des entreprises ont joué le jeu. »
  • 3:39Invité politiqueChiffre
    « Enfin, il y a eu combien de contrôles depuis le printemps dernier ? 65 000. Il y a eu combien de mises en demeure ? 400. »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « Nous sommes parfaitement conscients que la période sanitaire que nous traversons est critique, que les mesures prises par le gouvernement sont, à défaut d'être les meilleures, les moins mauvaises pour l'économie, pour le social. »
  • 6:20Invité politiqueFait
    « Si, si, il y a eu des changements. Il y a un premier changement qu'on attendait avec impatience, parce que la loi l'interdisait jusque-là. C'est la possibilité, le temps qu'il faudra de pouvoir déjeuner sur son lieu de travail. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Les cantines. Donc ça, c'est corrigé. Les distances ont été augmentées. C'est-à-dire que là où il fallait au moins un mètre pour s'en porter un masque, d'aurait d'avancer deux mètres. »
  • 7:19Invité politiqueFait
    « Et puis je ne suis pas techniquement équipé chez moi pour dialoguer le cas échéant avec les 2450 salariés de mon entreprise. »
  • 7:28Invité politiqueChiffre
    « Et s'agissant du MEDEF, on a 80% de l'effectif qui est en télétravail au moins 4 jours par semaine. »

Temps de parole

  • Patrick Martin72 %
  • Présentateur28 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h20, le télétravail s'érode peu à peu en France alors qu'il doit rester la règle pour toutes les activités qui le permettent. Elisabeth Borne a tenu à faire ce rappel hier soir lors du point d'information Covid hebdomadaire du gouvernement. La ministre du Travail appelle à la remobilisation des entreprises. Bonjour Patrick Martin.

0:18
Patrick Martin

Bonjour.

0:18
Présentateur

Vous représentez une partie du patronat, vous êtes président délégué du MEDEF. On a quand même l'impression que vous vous êtes fait un peu gronder par la ministre hier soir. Vous n'avez pas assez incité les entreprises que vous représentez à passer au télétravail ?

0:30
Patrick Martin

Alors si, on ne fait que ça. Il y a un phénomène de lassitude et puis de distanciation qui s'est opéré au fil des semaines de la part des salariés autant et plus que de la part des entreprises. Nous, dès l'annonce des mesures de vendredi soir pour le Premier ministre, on a renvoyé un signal à nos adhérents, mais pas sur ce mode très scolaire, très autoritaire, l'air de dire si ça ne marche pas, ça sera de la faute des entreprises. Enfin, on n'en est pas là.

0:58
Présentateur

Et pour vous, ce n'est pas la faute des entreprises, c'est plutôt, voilà, ça vient des salariés qui ne veulent pas télétravailler ?

1:04
Patrick Martin

Mais ça ne s'analyse pas en termes de faute, c'est ce qui me fait dire que c'est scolaire. C'est qu'on sait dorénavant que beaucoup de salariés vivent mal le télétravail pour toutes sortes de raisons, que ça peut d'ailleurs avoir des conséquences médicales, en tout cas psychologiques. Et donc voilà, au fil du temps, la discipline qu'on s'était auto-imposée les uns et les autres, l'esprit de l'accord national interprofessionnel qu'on a signé en fin d'année, tout ça, c'est un peu dissipé. Bon, il est temps d'y revenir parce qu'on n'est pas moins responsable que d'autres.

1:29
Présentateur

Dans l'étude quand même sur laquelle s'appuie le gouvernement, 16% des salariés expliquent qu'ils ne peuvent pas télétravailler parce que c'est leur employeur qui refuse. Il y a quand même une part de responsabilité de certaines entreprises.

1:40
Patrick Martin

Non mais c'est très à charge, ça. Il y en a quand même 84% qui disent le contraire. Voyons également cet aspect. C'est possible. Je suis incapable de vous dire dans quel type d'entreprise ça se produit. Nous, on a 173 000 adhérents. Je suis très affirmatif pour vous dire qu'au moins à 84% des entreprises ont joué le jeu. Nous, on s'occupe, mais je le redis sans manier la baguette, on s'occupe des éventuels 16% qui effectivement ne seraient pas au rendez-vous. Voilà, il n'y a pas lieu de médiatiser, de perorer sur ce sujet-là. On va le faire. Les chefs d'entreprise n'ont aucun intérêt, c'est que la santé du pays soit bonne.

2:19
Présentateur

Et comment faire alors pour rendre ce télétravail plus important, plus répandu ? Qu'est-ce que vous comptez faire dans les prochains jours ?

2:28
Patrick Martin

On va appliquer les protocoles qui ont été signés en entreprise, très largement. On va, comme la ministre nous y a encouragés, et c'est le cas dans l'immense majorité des entreprises, déjà dialoguer avec les partenaires sociaux dans l'entreprise. Je le redis, dans l'esprit de l'accord national interprofessionnel de décembre dernier. Et puis tout le monde va se ressaisir là où c'est nécessaire. Mais j'insiste, dans l'immense majorité des cas, les salariés eux-mêmes, les entreprises elles-mêmes sont au rendez-vous.

2:57
Présentateur

Mais quand vous dites dialoguer avec les partenaires sociaux, c'est sur quel point en particulier, parce que ça fait quasiment maintenant un an qu'on vit avec cette épidémie, et donc que le gouvernement nous incite à télétravailler, un an plus tard, qu'est-ce qui coince encore ?

3:11
Patrick Martin

Mais c'est pas exactement ça, c'est précisément l'inverse. C'est qu'au fil du temps, là où initialement il y avait une espèce d'emballement, tout le monde disait, dans les entreprises, à l'extérieur des entreprises, « Le télétravail, c'est la panacée, c'est l'avenir de l'humanité ». À l'expérience, en particulier les salariés, un bon nombre d'entre eux ont considéré qu'être en télétravail systématique, ça ne leur convenait pas, pour des raisons d'organisation pratique, pour des raisons de sociabilité, et donc ça s'est érodé. Enfin, il y a eu combien de contrôles depuis le printemps dernier ? 65 000. Il y a eu combien de mises en demeure ? 400. Donc ça situe les proportions.

Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est que Mme Borne n'a pas à brandir la baguette et menacer les entreprises. Nous sommes parfaitement conscients que la période sanitaire que nous traversons est critique, que les mesures prises par le gouvernement sont, à défaut d'être les meilleures, les moins mauvaises pour l'économie, pour le social. Et donc, là où c'est nécessaire, les entreprises vont se remettre à niveau très vite.

4:08
Présentateur

Et comment les entreprises peuvent-elles faire pour rendre ce télétravail plus supportable ? On a effectivement des témoignages de salariés qui disent « Je suis dérangé maintenant matin, midi et soir. J'ai le droit à la déconnexion, ça n'est pas appliqué. Est-ce que vous mettez en place des règles vraiment très strictes ? » Et peut-être aussi, je ne sais pas, du soutien psy pour les salariés qui se trouvent un peu tout seuls et à qui le contact des collègues manque.

4:33
Patrick Martin

Mais bien sûr, du soutien psychologique, les entreprises, pour un certain nombre d'entre elles, en ont organisé. Les pouvoirs publics l'ont fait également. Le MEDEF, les chambres de commerce l'ont fait de la même manière. Après, sur les conditions d'exercice du télétravail, ça renvoie exactement à ce que je vous disais. C'est très difficile à organiser. Le droit à la déconnexion, il existe. Il est dans les textes. Donc, s'il n'est pas respecté, qu'il le soit.

Mais réciproquement, nous, ce qu'on observe, et je ne juge pas, c'est qu'on a beau bon nombre de salariés qui, pour des raisons d'organisation personnelle, suspendent leur travail pendant la journée, parce qu'ils ont des enfants à demeure, etc. Et reprennent, par exemple, après le dîner, le travail. Qu'est-ce qu'on leur dit dans ce cas-là ? On leur dit « on va contrôler vos horaires chez vous ». C'est impossible et ça n'est pas souhaitable.

5:16
Présentateur

La ministre dit que les inspecteurs du travail vont renforcer les contrôles. Mais on est d'accord qu'il n'y a aucune obligation à mettre en place le télétravail. Le gouvernement ne fait que vous inciter.

5:26
Patrick Martin

Écoutez, ça se fonde sur un protocole qui n'est pas à proprement parler. Ce n'est pas une loi, ce n'est pas un règlement, ce n'est pas un arrêté. Mais, à nouveau, moi, je pense qu'il ne faut pas tomber, sauf à l'extrémité absolue, dans ce type de rapport de force. L'intérêt des entreprises est que leurs salariés, et que la population globale, et que les chefs d'entreprise eux-mêmes soient en bonne santé. On n'est pas ennemi de nos intérêts, jusqu'à preuve du contraire. Ce sera une grande découverte. Donc, on va jouer le jeu là où ce n'est pas déjà le cas.

5:54
Présentateur

Et à propos des règles sanitaires, vous avez entendu évidemment les différentes interventions des ministres et du Premier ministre hier. Il n'y a pas de changement sur ce point ? Ni allègement, ni renforcement, ça vous convient ?

6:07
Patrick Martin

De quelles règles sanitaires parlez-vous ?

6:09
Présentateur

Dans les entreprises, l'obligation de porter le masque, la distanciation physique à appliquer dans des espaces partagés, par exemple ?

6:19
Patrick Martin

Si, si, si, il y a eu des changements. Il y a un premier changement qu'on attendait avec impatience, parce que la loi l'interdisait jusque-là. C'est la possibilité, le temps qu'il faudra de pouvoir déjeuner sur son lieu de travail. C'était interdit. Alors qu'il est constaté par ailleurs que les entreprises ne sont pas essentiellement un lieu de contamination, sauf les restaurants d'entreprise. Voilà, les cantines. Donc ça, c'est corrigé. Les distances ont été augmentées. C'est-à-dire que là où il fallait au moins un mètre pour s'en porter un masque, d'aurait d'avancer deux mètres. Donc ça pose des vrais problèmes d'organisation dans le bâtiment, dans l'industrie, mais ça sera appliqué.

Voilà, c'est quand même des changements très pratiques, mais c'est ça la vérité. C'est dans l'opérationnel, c'est pas dans les textes, c'est pas dans les prises de parole.

7:04
Présentateur

Et une dernière question. Vous, Patrick Martin, vous travaillez, vous télétravaillez à 100% ?

7:09
Patrick Martin

Alors moi, j'ai deux vies, si vous me permettez. Dans mon entreprise, non, parce que de par mes fonctions, il y a lieu où je rencontre un certain nombre de personnes. Et puis je ne suis pas techniquement équipé chez moi pour dialoguer le cas échéant avec les 2450 salariés de mon entreprise. Et s'agissant du MEDEF, on a 80% de l'effectif qui est en télétravail au moins 4 jours par semaine. Ça se passe très bien, mais on est sur des tâches, enfin sur des métiers tertiaires qui se prêtent mieux au télétravail. Dans mon entreprise, je ne l'ai pas précisé, on a à peu près un quart de l'effectif qui est en télétravail.

Je ne vous cache pas que le personnel de nos plateformes logistiques n'est pas en télétravail. Vous comprenez bien pourquoi.

7:47
Présentateur

Patrick Martin, président délégué du MEDEF et invité du 5-7.